BerRegOn a écrit:
ce qui fait qu'une langue est maitrisé c'est surtout la pratique.
Mais pratiquer à faire quoi ? Si je veux pratiquer une langue, je vais exprimer des idées réelles et concrètes. Je ne vais pas par exemple avoir envie de dire des proverbes ou dictons.. je vais vouloir savoir où se trouve ceci ou celà, à quelle heure le train arrive, raconter ce qui m'est arrivé, parler de certains projets, etc. Dans notre langue maternelle on peut exprimer beaucoup d'idées sans faire appel à une métaphore ou une expression (du type
menteur comme un). Par exemple, si quelqu'un m'a menti, je peux dire "il m'a menti" ou "il ne dit pas la vérité". Cela se traduit plus facilement dans une autre langue.
Je vais avoir recours à une expression du type "il ment comme ..." seulement dans un contexte spécial, pour mettre l'emphase, ou pour exprimer un sentiment de frustration devant des proches.
Mais dans la conversation, le premier obstacle est de demander "Bonjour, comment allez-vous". D'abord, ce genre de phrase "d'abordage" n'est pas présent dans toutes les cultures, et quand il l'est, il ne l'est pas de la même manière (déjà en français on a "comment ça va", et "comment vas-tu", deux choses totalement différentes). De plus, même si on se renseigne adéquatement et qu'on trouve la vraie formule "Wie geht es Ihnen" en allemand par exemple; "comment ça va pour vous", il y a des chances que l'usage s'en soit éloigné considérablement, soit en l'abbréviant ("wie geht's ?"; "ça va?") soit en utilisant complètement autre chose (le "Salut !" québécois n'est pas équivalent au "Salut !" français).
Certains glossaires situés à la fin de certains guides de voyage induisent en erreur, parce qu'ils donnent l'équivalent de "Merci" dans une langue étrangère, ils nous laissent entendre qu'on dit vraiment merci dans cette culture dans les mêmes situations qu'ici, alors que ce n'est pas nécessairement le cas. Pas plus que tout le monde a un équivalent pour "de rien" ou "you're welcome" dans la pratique. À force de supposer que tout est pareil, on introduit des abérrations.