Poulpeman a écrit:
Je crois que finalement, on a juste un léger désaccord sur les parts de responsabilité des différents acteurs, mais pas sur le fond de la question.
Toutes les discutions entre sceptiques semblent vouées à finir comme ça de toute manière. On est toujours en désaccord uniquement sur les conséquences d'une idée ou sur la responsabilité d'une composante dans un enchainement de fait, mais rarement en conflit fort sur le fond des questions
(d'ailleurs c'est assez désespérant...sur ce forum, soit on est légèrement en désaccord avec des gens avec qui on peu discuter, soit on est en désaccord complet mais avec des gens qui n'accepte aucune contradiction.)
Je pense aussi qu'on est en désaccord sur la notion de responsabilité. Je ne l'entends pas au sens de faute, vu que je n'émets pas de jugement moral dans mon appréciation. Je parle de responsabilité dans le sens 'est la cause de", "est responsable de", sans introduire d'avis sur les bienfaits ou non de cette responsabilité.
Quand je dis que les consommateurs sont aussi responsables, je ne leur reproche pas et il ne s'agit pas de défendre les autres parts du système, simplement d'identifier l'influence respective de celles-ci dans l'ensemble.
Je pense clairement que les consommateurs ont une part forte d'influence sur le système, puisque celui-ci se construit autour de leur décision in fine. Il y a forcement une influence mutuelle entre la tentative d'orientation de la décision d'achat des publicitaire et les changements sociaux globaux de la population que la publicité ne maitrise pas et qui la force à s'adapter (et qui est de fait une influence indirecte.)
Cela dit, l'influence de la pub sur le comportement est tout autant une influence émergent du groupe que l'orientation globale des consommateur en est une pour la publicité.
Individuellement, les publicités n'agissent que vis à vis d'un seul produit, d'une seule marque. C'est l'accumulation de publicité individuelle qui crée l'effet sur l'individu, puis sur la masse, tout comme c'est l'accumulation de choix d'achat des consommateurs qui donne l'orientation des publicitaires (orientation que chaque publicitaire choisi individuellement. Le groupe agissant collectivement sur les individus du groupe en face dans les deux cas).
Les deux mouvements sont aussi aveugles l'un que l'autre puisqu'ils naissent de l'accumulation.
A moins de supposer un vaste de complot des publicitaires pour orienter chaque individus d'une certaine façon, de façon à contrôler la société, bien sur...
C'est d'ailleurs pour ça que ça pose un problème, vu que la seule solution pour le système quand il s'agit de se maintenir, c'est plus d'accumulation, d'où les cercles vicieux que ça entraine.
C'est le même principe pour le libéralisme économique. C'est une très bonne idée tant que les composantes du système suivent le mouvement. Dès lors que certaines décrochent (et ça arrive forcement puisqu'il y a forcement des contraintes extérieures), les autres ne peuvent que compenser parce qu'elle sont faites d'individus qui refuseront quasi systématiquement d'être les premiers à craquer et à envisager la réforme.
Ca ne tient que jusqu'à ce que la dernière composante ait user toute ses cartouches puis ça craque et tout le monde tombe. C'est là qu'une régulation peut jouer un rôle: en forçant la réforme du système que les acteurs ne feront pas d'eux même pour éviter cette écroulement et l'obligation de rebâtir par la suite.