Je suis d'accord avec toi, Poulpeman, que les propos de Jefferson doivent être mis en contexte. C'est sûr qu'il n'y rien de constructif à capitaliser sur le côté polémique de son discours sans chercher à aller au-delà de la surface.
Je disais dans cette discussion, il y a quelques jours, que les suggestions de Jefferson pouvaient avoir des conséquences importantes si elles sont vraies. Voici un exemple, basé sur la suggestion qu'il ya une confusion dans les statistiques entre influenza et syndrôme grippal :
Citer:
D'après les chiffres de l'OMS, au 29 novembre 2009, on dénombre au moins 8768 décès confirmés dus au virus A/H1N1.
Si cette année, à cause de l'ampleur médiatique du phénomène, les décès sont rigoureusement vérifiés comme étant dus à la H1N1 mais que, que dans le passé, comme l'affirme Tom Jefferson, cette vérification n'était pas faite et que de nombreux décès découlant des suites du syndrôme grippal avaient tendance à être mis sur le compte de l'influenza, alors il découle que la virulence de la H1N1 par rapport la grippe saisonnière est peut-être
sous-estimée! Dans le sens où si les décès attribuables à l'influenza étaient surestimés par le passé mais ne le sont plus cette année, cela implique que le supplément de virulence de la H1N1 est sous-estimé.
Comme quoi les implications des propos de Jefferson, quand on prend le temps de les analyser, ne sont pas unidirectionnelles.
Pour comparer la virulence de la H1N1 par rapport à la grippe saisonnière, il est nécessaire de savoir :
si tous les décès attiribués à la H1N1 sont rigoureusement validés
si ces tests étaient faits par le passé avec la grippe saisonnière
À ma connaissance, ces informations n'ont pas circulé.
Il y a un autre point que Jeffferson et Brauman on manqué de souligner : puisqu'il semble y avoir un supplément de risque très net pour les adultes en santé avec la H1N1 et que le vaccin contre l'influenza connaît son meilleur taux d'efficacité avec, justement, les adultes en santé, ne découle-t-il pas que les adultes de moins de 50 ans en santé sont ceux qui ont le plus à gagner à se faire vacciner?
À la défense de Jefferson et Brauman, il faut mentionner qu'au moment de leurs interventions datant de la fin de l'été, il n'était peut-être encore pas connu que la H1N1 avait une action étonnament virulente sur les adultes en santé. Peut-être qu'ils jugeaient le vaccin anti-grippe peu efficace en se disant : il est surtout efficace avec la population qui en a le moins besoin (les adultes en santé), donc, dans l'ensemble, il est peu efficace. Un raisonnement valable dans le passé, mais moins pertinent dans le cas de la H1N1, surtout à la lumière de ce qu'on sait maintenant.