Venom :
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Premièrement, je voulais dire que moi aussi je suis surpris de combien ce sujet revient spontanément dans mes interviews pour le balado. C'est quasiment un thème récurrent...
Peut-être qu'on en parle plus parce qu'il y a de plus en plus de sujets au départ scientifiques qui se retrouvent au cœur de débats de société (environnement, OGM, nanotechnologie, H1N1). Peut-être qu'on en parle plus parce que quelques uns ont brisé la glace dans des blogues ou des commentaires sur Internet et que d'autres ont réalisé qu'ils n'étaient pas les seuls à penser la même chose.
Cet intérêt pour la qualité de la communication scientifique est peut-être aussi une réaction à la façon dont certains groupes détournent la science pour leurs intérêts. On pourrait penser à des lobbys d'entreprises ou environnementaux, mais, aux États-Unis, surtout à l'administration Bush qui a été pire que toutes les autres.
Une fois que l'intérêt est là, pourquoi ne blâmer que les journalistes? C'est toujours plus facile de blâmer les autres. Surtout que les journalistes font effectivement des erreurs. Et c'est aussi dans leurs articles ou leurs reportages que les erreurs apparaissent, même quand elles se sont produites beaucoup plus en amont. Par exemple, un scientifique qui, par mégarde, induit un journaliste en erreur. Ou un communiqué de presse qui contient des citations d'un chercheur, mais qui exagère l'importance des recherches ou la portée des résultats.
Les scientifiques ont bel et bien une part de responsabilité dans la qualité de la couverture scientifique par les médias. Tout simplement parce qu'ils sont la source de l'information scientifique!
Le bouquin d'Olson ne donne pas vraiment de conseils pour mieux communiquer la science. Il veut surtout faire comprendre aux scientifiques que leur approche, très bonne pour faire de la science et la communiquer entre eux, devient un problème quand il s'agit de communiquer avec le public. Le message d'Olson est plus « Ne faîtes pas ceci » plutôt que « faîtes cela ». Cela s'applique aussi aux sceptiques.
En passant, quelle balado? Sur un blogue? Québécois? Européen?
Zwielicht :
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Le problème est qu'il n'y a pas de mécanisme pour forcer les journalistes à admettre des erreurs scientifiques qui crèvent les yeux. Par exemple : "l'épaisseur de glace a augmenté en Arctique" alors que l'article source ne parle que de la superficie de la glace est précise qu'on ne sait rien d'une augmentation ou diminution associée de son épaisseur.
Dans un autre domaine comme la politique ou l'economie, une bourde équivalente serait vite soulignée par d'autres analystes et le journaliste coupable n'aurait d'autre choix que de se rétracter afin de limiter les dégats envers lui-même et son journal. En science, non, ce n'est pas considéré comme important. Éric Trottier, le directeur de l'information à La Presse par exemple, s'en contrefout.
Ce n'est pas exactement ça, mais ça l'est un peu. Il y aura rétractation s'il y a une erreur qui a des conséquences importantes et immédiates dans la vie des gens. Et les conséquences importantes et immédiates sur le quotidien des gens, ça se produit plus souvent en économie et en politique. Un deuxième aspect à cette question, c'est que l'économie et la politique sont souvent l'affaire de chroniqueurs, contrairement à la science. Une chronique, probablement parce qu'elle est personnalisée, est beaucoup plus scrutée qu'un article et on en laisse moins passer. Un chroniqueur est également un visage du journal. Il est donc plus surveillé. Un autre aspect est que l'économie et la politique font plus souvent les manchettes et les premières pages que la science. Encore là, elles seront plus scrutées que cette dernière.
Tout ça se résume en gros au fait que la science n'a pas la place qu'elle devrait avoir dans la société et dans les médias. C'est déplorable. Mais exiger une rétractation pour avoir utilisé « épaisseur » plutôt « superficie » risque plus de provoquer une réaction négative envers l'image des scientifiques. On parle ici de médias généralistes. Pas de Québec Science, des Années Lumières ou de Découverte. Le public risque de percevoir cette exigence de rétractation comme une forme d'abus d'autorité d'une communauté de scientifiques contre un journaliste isolé qui a fait une erreur que lui-même (le public) aurait pu faire parce que la science, c'est compliqué. Ça risque aussi de donner une image corporative ou establishment de la science. Ce qui n'est pas bien vu non plus par le public.
Ça peut vous sembler étrange. C'est ce qu'on constate. Et c'est ce dont Olson parle justement. Quand il est question de vouloir corriger une erreur scientifique, ce n'est pas une bonne stratégie de le faire uniquement au nom de la vérité. Il faut le faire en expliquant pourquoi c'est dans l'intérêt du public de corriger l'erreur. Il faut donc choisir ses « combats ». D'autant plus que les quotidiens reçoivent énormément de courriels et commentaires les accusant de toutes sortes d'erreurs, vraies ou imaginaires, ou d'être à la solde de tel ou tel parti politique. Au milieu de tout ça, exiger de changer un mot pour un autre quand on n'est pas sûr exactement de l'impact que ça va avoir dans la vie des gens...
Et il faut que je m'interrompe ici, mais c'est déjà assez long.