PhilippeL a écrit:
Ce que ça veut dire? Rien du tout. La science n'a rien d'un savoir absolu. Je sais que votre avis est tout autre, pour vous, la science, c'est le chemin vers le savoir, la vérité.
Strawman. Personne, vraiment personne n'a jamais affirmé sur ce forum que la science était la vérité. La science est une méthode de progresser dans la connaissance, pas une vérité. Ce que la science affirme, c'est ce qui est le plus probable, le plus logique à la lumière des faits dont on dispose.
Science is not a sacred cow. Science is a horse. Don't worship it. Feed it.
--Aubrey Eben
PhilippeL a écrit:
Et vous êtes la même gagne qui disent se servir de leur esprit critique pour ne pas avaler des couleuvres. Pourtant, vous laissez la science penser à votre place.
Que voulez-vous dire par "Vous laisser la science penser à votre place" ? Quelle est cette pensée qu'imposerait, selon vous la science? La science, par exemple, apporte une explication qui me semble cohérente et satisfaisante, à la lumière des faits qu'elle a mis en évidence, sur la fonction de l'ADN dans une cellule. En quoi est-ce m'imposer une pensée? Pourquoi devrais-rejeter ces faits et les conclusions qui en découlent? En quoi est-ce laisser penser la science à ma place que d'accepter pour probablement vérididique ce qu'elle me dit sur le rôle de l'ADN? J'attends vos arguments.
PhilippeL a écrit:
Le premier scientifique à croire que la terre tournait autour du soleil n'était pas accepté par la communauté scientifique (pas plus que par la communauté en générale). Pourtant, il avait raison et l'ensemble de la communauté avait tout faux. À cette époque, son explication était ''paranormale''. Il a fallu du temps pour prouver hors de tout doute que la terre tournait belle et bien autour du soleil et non le contraire.
Vous avez une vision bien romatique de l'histoire! Bon sang, allez lire un peu sur l'histoire de ce débat avant de proférer de pareilles âneries. Ceux qui ont rejeté l'héliocentrisme de Copernic, le faisaient au nom d'idées philosophiques et religieuses, pas au nom de la science. Leurs arguments n'avaient rien de scientifiques. Inversement, les rares penseurs qui soutenaient l'héliocentrisme le faisaient au nom de la logique et des faits dont ils disposaient. Ceci étant dit, les scientifiques ne forment pas un bloc monolithique. Ils s'opposent sans cesse entre eux (allez faire un tour à un congrès scientifique, vous verrez, des fois les couteaux volent bas). C'est ça la science, une remise en question qui ne s'arrête jamais. C'est ce qui en fait la beauté à comparer aux systèmes dogmatiques millénaires qui prétendent tout savoir et qui sont incapables de se remettre en question. Allez lire le "Dialogue sur les deux grands systèmes du monde, ptoléméen et copernicien" de Galilée, si vous ne me croyez pas et vous verrez par vous-même(quelque chose me dit que vous ne connaissez à peu près rien de cette histoire).
PhilippeL a écrit:
Pendant ce temps, ceux qui étaient CERTAIN que l'héliocentrisme était une idiotie étaient plongés dans l'ignorance. Tout comme vous, ils croyaient détenir la vérité en plus d'être appuyés par des sources fiables de l'époque (science, Église (qui représentait aussi la croyance populaire)...).
L'exemple que vous avancez montre justement que la démarche scientifique vaut mieux que la religion ou les croyances populaires. Le passage du géocentrisme à l'héliocentrisme est un parfait exemple de démarche scientifique. L'opposition à l'héliocentrisme est, par contre, un bel exemple d'obscurantisme religieux. Les faits l'ont emporté sur les croyances ou le gros bons sens populaire et c'est une démarche parfaitement scientifique qui a permis ce progrès.
PhilippeL a écrit:
De nos jours, la science ne fait pas qu'expérimenter, elle dégage aussi une philosophie scientifique, elle prend position, elle exprime sa façon de penser et elle a même la prétention d'être la seule à pouvoir mener à la vérité. Bref, la science est un endoctrinement au même titre que l'Église l'était à l'époque.
Ah oui? Quelle philosophie? Qu'appelez-vous une "philosophie scientifique"? Que voulez-vous dire par la science prend position ? Elle ne le devrait pas selon vous? Les scientifiques qui dénoncent le réchauffement global ou se prononcent contre le nucléaire, par exemple, devraient se taire? Un scientifique n'a pas le droit d'avoir d'opinion? Et, encore une fois, où êtes-vous allé chercher que la science était la vérité? Pas chez les scientifiques en tout cas (ou alors dites-moi lesquels). Quel est cet endoctrinement dont vous parlez? Expliquer les mécanismes de la photosynthèse, développer une théorie sur l'évolution des étoiles ou expliquer la transmission synaptique, c'est de l'endoctrinement selon vous ? Vous affirmez plein de choses sans jamais les démontrer, sans apporter d'autre argument que votre petite conviction personnelle basée sur votre croyance intime en on ne sait quoi.
PhilippeL a écrit:
Être certain de détenir la vérité est une preuve de fermeture d'esprit effroyable.
Là je suis tout à fait d'accord avec vous. On rencontre justement cette fermeture d'esprit chez à peu près tous les croyants (par définition, la croyance, c'est la certitude de détenir la vérité même si on n'a pas de faits pour la soutenir). Les croyants ont ceci de particulier qu'ils sont CERTAINS de détenir la Vérité (qu'ils écrivent généralement avec une majuscule pour bien marquer le coup).
PhilippeL a écrit:
Donc la science est très loin d'être parfaite et on ne peut donc pas affirmer qu'un argument est intouchable seulement parce qu'il est accepté par l'ensemble de la communauté scientifique.
Tout à fait d'accord et personne ici ne va dire le contraire. Mais de là à admettre n'importe quelle sottise, il y a un pas. Où mettez-vous la ligne de démarcation entre une affirmation bien étayée par une multitudes de faits solidement établis (énoncé scientifique) et une sottise qui ne relève que de la pure spéculation ou du désir de croire en quelque chose pour des raisons philosophiques ou religieuses? Quelle méthode, sinon la méthode scientifique, permet de faire la différence?
PhilippeL a écrit:
En d'autres mots, on ne peut pas dire que le paranormal n'existe pas seulement parce que l'ensemble de la communauté scientifique le rejette.
Mais ce n'est pas du tout parce que l'ensemble de la communauté scientifique rejette le paranormal que je le rejette aussi. Il y a probablement plein de choses que l'ensemble de la communauté scientifique rejette et que moi j'accepte. Si je rejette le paranormal, comme probablement la plupart des scientifiques, c'est parce que rien ne vient le soutenir de façon crédible. Je le rejette pour la même raison que je rejette l'existence des fées ou du dieu Jupiter. En science, on n'a le droit d'avoir raison qu'avec les faits dont on dispose. Sans des faits solidement établis, on demeure dans le domaine des conjonctures et des spéculations sinon des désirs personnels et des croyances religieuses; on a donc 99.99999% des chances de se tromper.
PhilippeL a écrit:
Alors, peut-on prouver l'existence du paranormal hors de tout doutes? Je ne crois pas. Peut-on prouver qu'il n'existe pas? Pas plus.
Il y a des zillions de choses, souvent plus sottes les unes que les autres qu'on ne pourra jamais prouver qu'elles n'existent pas. C'est en fait pratiquement impossible de prouver l'inexistence de quelque chose. Je ne peux pas vous prouver qu'un dragon rose invisible habite mon garage. Est-ce une bonne raison pour prétendre qu'il existe? Doit-on accepter qu'il y a effectivement un dragon rose dans mon garage parce que vous, vous ne pouvez pas me démontrer le contraire?
Isaac asimov a écrit:
Ne croyez-vous pas aux soucoupes volantes? [...]
Ne croyez-vous pas à la télépathie?
Ne croyez-vous pas aux anciens astronautes?
Au triangle des Bermudes?
En l'après vie?
Je réplique : non ! Non, non, non, non et encore une fois non ! Récemment, une personne poussée au désespoir par la litanie monotone de mes dénégations a éclaté: Ne croyez-vous en rien?
Si, répondis-je, je crois en la preuve. Je crois en l'observation, je crois aux mesures et à la raison confirmées par des observateurs distincts. Je crois en tout, peu importe la bizarrerie ou le ridicule, s'il y a une preuve. Toutefois, plus quelque chose sera bizarre et ridicule, plus la preuve devra être ferme et solide.
--Isaac Asimov, "Les moissons de l'intelligence"