Bonjour hermine,
hermine a écrit:
Ptoufle : tu voudrais bien, s'il te plaît, en deux mots, résumer l'idée? j'ai une amie qui suit une formation et qui a plein de bouquins à lire, dont Freud...J'avais été très surprise, alors que ça me semblait loin d'elle, de la voir de plus en plus adhérer à tous ses textes...Ais-je (en plus du reste...Ma copine est un aimant à charlatans, j'ai jamais vu ça!)du souci à me faire pour elle?
Je n'en suis qu'à la moitié.
Mais l'idée est la suivante :
- Freud a pondu sa théorie suivant quelques idées sur la sexualité dans l'air du temps de l'époque.
- il n'a pourtant eu pratiquement aucun succès thérapeutique ou expérimentaux validant un tant soit peu sa théorie. Tout ceci est attesté par sa correspondance épistolaire avec son confident.
- Malgré cela, il a clamé partout sa réussite, et, bénéficiant de certaines opportunité, notamment de soins chez des patients parmi la haute bourgeoisie, a acquis une certaine notoriété, et a permis l'essor de la psychanalyse.
- la psychanalyse n'est donc basée que sur du vent, et elle refuse de se soumettre à des critères objectifs d'efficacité.
- jusqu'à présent, la pratique de la psychanalyse a soulagé bien plus de bourses que de maux...
Ce qui finalement habile dans tout cela, c'est que l'apprentissage de la psychanalyse inclue le fait que l'étudiant la rejette : à partir du moment où l'étudiant commence à penser que tout cela est de la foutaise, son maître lui montre que son rejet est normal et prévu par la théorie.
La théorie psychanalytique se comporte de même avec toute critique, expliquant le rejet de la théorie par la théorie elle même (vous rejetez la psychanalyse parce que vous avez de la haine en vous, cette haine provient de votre enfance, où blabla...)
Je ne peux en dire plus avant d'en avoir achevé la lecture

Ce qui est impressionnant est l'institutionnalisation de la théorie freudienne en France, où tout bon élève en classe de philosophie se doit de disserter sur cette théorie, sans qu'on lui donne les moyens de la critiquer. Pour ma part il m'a ainsi fallu une bonne quinzaine d'années pour m'apercevoir que ce sur quoi j'avais eu mes meilleurs résultats en philo n'était que des billevesées !