Berregon a écrit:
Je crois que la collectivité le fait régulièrement sans peut-être vouloir l'énoncer clairement. Dire que la peine de mort ne doit pas être en aucun cas permise pour que la société ne juge pas la valeur d'une vie est une illusion selon moi. On le fait déjà, que se soit une valeur monétaire ou idéologique; nos soldats en Afghanistan, un malade qui aurait des chances (grandes ou petites) d'être guérit par un traitement couteux, un visiteur ou immigrant illégaux qui se fait soigner sans payer au canada, une personne qui se fait justice lui même et a une peine diminuée pour circonstances atténuantes, etc... On juge aussi que le libre arbitre d'une femme est plus important que la vie d'un fœtus d'un certain age... Vaut mieux se pencher pour analyser les situations que d'émettre des valeurs sacrées indéniables.
Je n'ai jamais parler d'une quelconque valeur sacrée de la vie qui serait au delà de tout relativisme.
Je fais simplement le constat de la question que pose la peine de mort, à savoir si la société a le droit de prendre tout à ceux qui en font partie, y compris la vie ou non.
D'un point de vue personnel, je préfère une société qui refuse d'ôter la vie de ceux qu'elle considère comme faisant partie de ces membres (évidement, ça n'est pas exempt de dérive non plus, la limite entre membre et non membre pouvant donner des situation aussi horribles que la limite entre sacrifiable et non sacrifiable.)
Cela dit c'est un point de vue personnel, que je sais tout à fait subjectif et une simple question de goût.
En fait, mon argumentaire visait surtout à dire que ceux qui sont pour la peine de mort devrait réfléchir à cette question, car l'accepter, c'est accepter que la société ait le droit d'ôter la vie de ces membres et donc, qu'il est hypocrite de leur part d'être pour la peine de mort, donc pour ce droit de la société, et en même temps d'ériger une limite à ce droit qui les exclue des sacrifiables.
En gros, ils donnent à la société le droit de tuer ses membres, tant que la société ne tuera que ceux qui sont qualifié par leur point de vue personnel comme nuisible, mais dès lors que la société change cette limite et inclue d'autres personnes qui sont, de leur point de vue personnel, bonnes, dans les nuisibles, ils ne sont plus d'accord (par exemple, je doute qu'un pro peine de mort américain soit pour la peine de mort pour blasphème contre Mahomet, même si cela arrivait dans leur propre société. Pourtant, il devrait être d'accord, dès lors que la majorité décide que les blasphémateurs sont nuisibles à la bonne marche de la société.)
Bien sur, ça ne veut pas dire pour autant qu'il faut être contre la peine de mort, mais si on est pour, il faut garder à l'esprit que l'argument du bien commun reste une mascarade pour rendre objectif une décision motivée par une vision subjective. (l'inverse est vrai aussi, être contre la peine de mort implique de refuser à la société de tuer ses membre, mais la définition des membres sera aussi sujet à la subjectivité)