Sylvain a écrit:
Bonjour,
Sur le cas de Cuba (Wikipedia), après la révolution de 1959, Cuba est devenu un État officiellement athée et a limité la pratique religieuse.
Dans les années 90 avec la crise de l'urss les gens se tournent vers les organisations de charité. En 1992, Fidel Castro renonça officiellement à l’athéisme d’État.
A+
La question intéressante est de se demander quel sont les points communs qui sous-tendent les "athéismes d'état" de divers régimes plus ou moins inspirés du marxisme. Contrairement à beaucoup, je ne crois pas qu'une haine de la croyance en elle-même en soit le moteur (ça se discute pour certains, sans doute aucun), mais qu'il s'agit essentiellement de combattre une menace d'ordre politique et une concurrence sur le monopole de la manipulation des esprits.
Les divers gouvernements de la Chine (et du Japon) avaient, bien avant Marx et Engels ou Lénine, réalisé que la religion était un "opium du peuple", à manier avec prudence et contrôler soigneusement, et se sont par conséquent de tout temps gardé de laisser se développer idées et organisations religieuses suffisamment puissantes pour leur faire ombrage, surtout des religions d'origine étrangère et agissant potentiellement en tant qu'avant-postes d'une colonisation par l'occident. Le communisme n'a fait que confirmer une idée et des pratiques qui avaient été découvertes bien avant lui (et souvent appliquées avec une férocité qui ferait passer les génocidaires contemporains pour de doux agneaux).
Cuba n'échappe pas à ce shéma: moins que la religion elle-même, l'athéisme d'état se veut une barrière aussi étanche que possible envers les menées des diverses églises chrétiennes, considérées, souvent à raison, comme des agents des opposants, ex- grands propriétaires et autres exploiteurs chassés en 1959 (et ne nous leurrons pas: Cuba a été le bordel et le casino des USA jusqu'en 1959, au prix d'une vie absolument misérable pour l'essentiel de sa population et avec le soutien actif de l'église catho envers l'ordre établi alors, comme dans les pires cas dans toute l'Amérique latine).
Dans ces deux cas, et bien d'autres sans doute aucun, le fait que les diverses religions impliquées puissent à l'occasion avoir l'idée soudainement inopportune de (tout à coup) demander des comptes en termes de droits de l'homme et autres justice sociale n'arrange généralement pas leur cas
