Citer:
Je ne peux pas m'empecher d'y voir une incohérence dans le raisonnement; sois il existe, sois pas, là est la question. Le reste de savoir "comment intérargir avec" est secondaire, et dénote une tendance à choisir la première option plutôt que la seconde.
C'est une question de relativisme des connaissances on va dire. En partant du principe que je ne peux pas savoir, je ne privilégie pas pour autant l'existence de ce créateur, je raisonne simplement de façon logique à partir de cette conclusion.
Je détaille un peu.
Actuellement, il y a 3 grandes définitions (quoiqu'un peu floue) du divin.
-Un être créateur
-un être omnipotent, omniprésent et/ou omniscient
-une puissance responsable d'un phénomène naturel concret (les éclairs, le vent) ou d'un principe abstrait se rattachant à une manifestation concrète d'un ou plusieurs phénomènes (le temps,le destin, l'amour...)
La troisième définition est clairement réfutée par ce qu'on connait de l'univers, car on sait que les phénomènes naturels ou les principes abstraits proposés plus haut n'ont pas besoin d'intervention extérieur pour exister.
La seconde est plus complexe, car c'est une hypothèse non scientifique, car non testable. Dans la mesure où Dieu peut tout, on ne peut pas tester son existence, ni la réfuter, faute de pouvoir dire précisement si son absence est sa volonté ou pas (c'est si on part du principe que c'est possible...je ne dis pas qu'il faut considéré l'hypothèse comme valable. Je ne fais qu'une construction intellectuelle à partir de ce postulat non prouvé)
De fait, cette hypothèse étant non scientifique, je ne m'en préoccupe pas et l'exclue de ma vision du monde.
Il reste la première, qui pourrait être scientifique pour peu qu'on arrive à montrer que l'univers ne peut pas être le fruit du hasard.
Celle-ci, est, il me semble, hors de porté de l'humain, car elle présuppose de pouvoir connaître des choses au delà de l'univers ou tout au moins l'univers entier. Or, c'est impossible, à moins d'en sortir, car on ne peut étudier ce qui n'est pas dans un ensemble avec uniquement les données d'un ensemble (pour exemple, il est impossible d'étudier l'infini si on ne connait que l'ensemble des nombres allant de 1 à 10, sans décimaux.)
Comme on est limité par l'univers et qu'un créateur sera forcement au delà ou l'univers lui même, puisque c'est lui qui fixe les règles de départ, ce qui implique qu'il n'y obéit pas (alors que nous, nous sommes limités par ces règles), on ne peut pas l'appréhender ou le connaître s'il existe, donc dans tous les cas de figure, qu'il existe ou pas, considérer son existence comme une réalité ne sert à rien car elle est hors de notre univers, donc hors de notre réalité, donc la réalité qu'on donne à cet être ne sera qu'une représentation erroné de ce qu'il est vraiment, pour peu qu'il existe (et si on peut considérer que le terme "exister" possède un sens hors de l'univers)
En gros, le considérer comme inexistant est une position plus raisonnable si on part du principe qu'on ne peut pas savoir, parce que l'admettre comme existant c'est déjà le rattacher à notre réalité, réalité qui est reliée à l'ensemble dont on fait partit, à savoir l'univers.
Par exemple, en imaginant que vous êtes dans une boite, sans jamais avoir la possibilité de rien connaître d'autre. Vous savez qu'il y a des borne, mais vous ne savez pas s'il y a un extérieur et la représentation de ce qui peut être à l'extérieur, si cet extérieur existe, ne pourra se faire que dans les limites de ce que la boite vous laisse connaître. L'extérieur, s'il existe, est peut-être plein de fleur, mais si vous n'avez jamais vu de fleur, vous ne pourrez pas l'imaginer et si vous imaginer, vous n'imaginerez qu'un extérieur ressemblant à l'intérieur de la boite.
D'où l'intérêt, si vous ne pouvez pas en sortir, de considérer l'éventuel extérieur comme inexistant faute de pouvoir l'appréhender, même s'il existe, au moins jusqu'à ce qu'un fait vous permettent de dire s'il y a un extérieur ou pas.
Au final, la conclusion est quasiment la même que pour l'athéisme, à savoir: Dieu n'existe pas, jusqu'à preuve du contraire.
Mais le raisonnement pour y arriver n'est pas le même. Il est plus tortueux chez un agnostique parce qu'il se pose la question du relativisme de sa connaissance, chose que ne fait pas l'athée.
La réelle question que se pose l'agnostique quand on lui demande si Dieu existe, c'est: y-a-t-il quelque chose au delà de l'univers, qui est une question indispensable, à mon sens, pour se poser la question d'un dieu créateur. Comme il ne peut pas répondre, il ne répond pas non plus pour Dieu. Après, le fait d'y croire ou pas dépend de son pragmatisme vis à vis de cette conclusion.