Salut. Pour commencer, globalement, je trouve que l'histoire de la quasiturbine ressemble étrangement aux autres histoires d'inventeurs de machine à mouvement perpétuel. La prétention de la quasiturbine n'est pas le mouvement perpétuel mais l'augmentation des rendements actuels mais, pour le reste, les similarités sont impressionnantes :
-Grandes promesses fantasmagoriques sans aucune retenue (tant qu'à promettre n'importe quoi d'invérifiable, autant beurrer épais, très épais!)
-Aucun résultat concret
-Aucune mesure simple et rigoureuse. On utilise des détours, à la manière des illusionnistes
-Appel à la théorie du complot pour justifier son échec
Ils devraient être un peuplus humbles dans leur approche, les résultats risqueraient peut-être d'être meilleurs. Avant de propulser la navette, ce serait bien de pouvoir faire tourner qqch de beaucoup plus simple et plus petit.
DanB a écrit:
St-Hilaire semble travailler depuis longtemps sur ce projet qui a bien peu de chances de réussite, principalement parce que ses hypothèses de base ne sont pas fondées.
urluberlu a écrit:
Les hypothèses de Gilles St-Hilaire sont fondées, il a étudié et mis en perspectives plus de 19 paramètres moteur pour en arriver au concept de Quasiturbine avec chariot d'abords puis "SC": sans chariot. Il y a 15 ans de réflexions et de calculs derrière le premier brevet. Gilles St-Hilaire est un véritable ingénieur scientifique.
Je n'ai pas trouvé de Gilles St-Hilaire membre de l'ordre des ingénieurs. Vous?
En ce qui concerne les hypothèses de St-Hilaire, celle qui semble revenir le plus souvent est qu'un moteur à pistons est inefficace parce que le piston n'est en poussée que 25% du temps. Les faits sont pourtant qu'un moteur à deux temps, qui pousse 50% du temps, est moins efficace qu'un moteur 4 temps qui pousse 25% du temps.
D'ailleurs, le concept même de la quasiturbine, qui utilise elle aussi 4 temps, démontre que l'inventeur lui-même considère que cette hypothèse est fausse.
Quant au % du temps en poussée, il suffit de jouer sur les mots pour avoir le % que l'on veut.
DanB a écrit:
Mais ils ne sont pas en reste puisque leur site déborde d'affirmations mirobolantes. Ainsi, la quasiturbine serait plus efficace qu'à peu près n'importe quoi, pourrait utiliser n'importe quel combustible, etc.
urluberlu a écrit:
En réalité, là Quasiturbine promet de faire mieux là où le piston a atteint ses limites, peu importe le mode utilisé soit en combustion interne, à l'air comprimé ou en mode Stirling.
C'est très facile de promettre n'importe quoi sans livrer quoi que ce soit de concret. Voir les échanges sur l'astrologie et la clairvoyance.
Pour arriver au niveau de la quasiturbine, je n'ai qu'à prendre un moteur de tondeuse, le déguiser pour que ce ne soit pas trop évident, le faire fonctionner à l'air et mettre une petite animation. Par la suite, je prétends n'importe quoi sur les capacités de mon invention, en en mettant plus que moins, sans aucune humilité. Voilà, j'ai réussi en une soirée le travail de tout la gang de la quasiturbine!
Seul problème, mon moteur de tondeuse, lui, contrairement à la quasiturbine, va aussi fonctionner à l'essence!!! On peut aisément faire fonctionner ces petits moteurs au propane ou au gaz naturel aussi avec des petits kits de conversion vendus sur eBay.
DanB a écrit:
Le seul problème qu'ils ont est qu'il ne réussissent à en faire tourner une qu'en lui poussant un gaz sous pression. Avec suffisamment de pression, on peut faire bouger n'importe quoi, mais on peut se douter que le rendement est minime...
urluberlu a écrit:
Tu as raison, on a jusqu'à présent pu voir fonctionné que des Quasiturbine à air comprimé ou a vapeur, mais ce fut le cas également pour les premiers moteur à pistons. Les premiers moteurs à piston ont fonctionné d'abord à l'air chaud (stirling) puis a vapeur, puis à combustion interne et toute cette évolution s'est déroulée sur plus de 2 siècles. Les premiers moteurs à piston efficaces étaient gigantesques.
Il a fallu attendre 40 ans entre l'invention du moteur diesel et son installation dans une voiture de série, c'est extrèmement complexe de développer un nouveau moteur, quel qu'il soit et la Quasiturbine n'y échappe pas...
Diésel n'a pas pris 10 ans entre son idée et un prototype fonctionnel, à une époque où les développements technologiques étaient beaucoup plus lents qu'aujourd'hui. Diésel n'avait pas de centre d'usinage à commande numérique ni de logiciel de simulation, de FAO, de DAO ou de quoi que ce soit du genre. La «fabuleuse» équipe de la quasiturbine fait vraiment piètre figure à côté de ça!
Les patenteux réussissent habituellement minimalement à faire tourner leur bébelle. La quasiturbine n'en est même pas rendue là!
DanB a écrit:
Lors d'une pathétique démonstration à l'émission Découvertes de Radio-Canada, ils avaient tenté de faire tourner un petit moteur à essence... sans succès! Cela veut dire que l'appareil ne dégage même pas assez de puissance, en brûlant de l'essence, pour réussir à combattre sa friction interne. On parle ici d'une efficacité négative! Tout moteur à essence qui fonctionne démontre donc une plus grande efficacité que la quasiturbine!!!
urluberlu a écrit:
Cette démonstration à l'émission Découverte ne servait seulement qu'à démontrer qu'il était possible de l'utiliser en mode combustion interne, il y a une marge entre démonstration, prototypage et produit fini.
Dommage, puisque la démo a surtout démontré qu'il était impossible de l'utiliser en mode combustion interne. Les années qui se sont écoulées depuis sans amélioration du résultat ne viennent que confirmer que c'est un cul de sac technologique.
Puissance produire < friction interne = rendement négatif. La quasiturbine n'a pas un rendement faible, elle a un rendement négatif!!!!
Au moins, les patenteux réussissent à avoir un rendement positif, faible peut-être, mais au moins positif. La quasiturbine a réussi à faire pire!
DanB a écrit:
Il n'ont donc plus d'autre choix que d'utiliser l'imposante puissance que l'on peut transmettre grâce à un gaz sous pression (air comprimé ou dilatation de l'azote liquide, par exemple). Évidemment, on s'en doute, le rendement de la quasiturbine utilisant cette source d'énergie est probablement moindre que n'importe quel autre moteur pneumatique. Rien de miraculeux là-dedans.
urluberlu a écrit:
Avec l'air comprimé, on est pas très loin de la machine a vapeur, et puis l'air comprimé n'est pas difficile à produire. En plus ça délivre beaucoup de puissance!
La question n'est pas à savoir si l'air comprimé est facile à produire ou s'il délivre beaucoup de puissance! Le problème, c'est le rendement. Évidemment, on évite de le souligner, probablement parce que les chiffres ne sont pas très bon.
Tout ce qui réussit à faire fonctionner cette bébelle, c'est de lui pousser du gaz dans le derrière pour qu'elle finisse par réussir à tourner. C'est la seule version qui réussit à tourner. Si c'est si prometteur, il faudrait mesurer la puissance électrique consommée par le compresseur qui compresse l'air nécessaire à la quasiturbine et comparer cela à la puissance fournie à l'arbre par la quasiturbine. Les résultats risquent d'être pathétiques. L'air comprimé est une forme d'énergie pratique mais bien peu efficace.
D'ailleurs, l'air comprimé semble être une solution vers laquelle les gens derrière la quasiturbine se sont tournés face à l'échec de la combustion interne. Il faut vraiment un mauvais concept pour ne pas réussir à faire fonctionner qqch avec de l'air comprimé. Ils réussissent à le faire en quelques heures dans l'émission Cour à scrap!!!
DanB a écrit:
Ça explique probablement pourquoi depuis plus de 10 ans, aucun prototype ne fonctionne et aucun industriel ne s'est intéressé à la technologie. Ce qui ne les empêche pas de promettre mers et mondes au sujet de leur bébelle...!
urluberlu a écrit:
Il faut en général 5 ans et plus de 500 millions de dollars pour une entreprise comme Ford ou GM a développer une nouvelle génération de moteur. Gilles St-Hilaire, lui avec le peu de moyens financier que nos gouvernements lui accordent a réussi à produire 3 types de Quasiturbines fonctionnelles.
C'est quoi les trois types? Pneumatique, hydraulique, azote? Ça revient pas mal au même : pousse-moi! Des étudiants du secondaire sont capables de faire ça en une session! Là où l'on distingue les hommes des enfants, c'est un niveau du rendement. On attends des chiffres rigoureusement mesurés en ce qui concerne la quasiturbine!
Les caractéristiques d'un un moteur de série sont beaucoup plus contraignantes que celles d'un prototype. Pour l'instant, la quasiturbine fait chou blanc dès cette étape, et ça stagne depuis des années.
DanB a écrit:
Ils ont aussi une espèce d'agent de relation publique, Jean Rémillard, qui parle de l'inventeur avec une admiration et un dévouement proche des agneaux qui parlent de leur gourou.
urluberlu a écrit:
N'importequel passionné a des air de gourous quand il parle de ses passions et Jean Rémillard croit fermement en la Quasiturbine.
Dans ma comparaison, Rémillard est l'agneau, St-Hilaire, le gourou. L'admiration de Rémillard semble sans borne, sans critique, sans retenue, sans limite. Son discours parle beaucoup plus de l'inventeur que de l'invention. Faut croire qu'il n'y a rien d'intéressant ni de concret à dire sur l'invention, dont le concept semble le dépasser.
DanB a écrit:
Malgré tout, comme de nombreux autres inventeurs de moteurs révolutionnaires qui ne marchent jamais quand vient le temps des démonstrations, ils réussissent à faire régulièrement parler d'eux...
urluberlu a écrit:
Là, il faudrait voir du coté des lobbys qui contrôlent le financement de la recherche au Québec et au Canada. On dépense des fortunes pour se faire des "partenaires technologiques" partout dans le monde. Et nos gouvernement n'arrivent même pas à financer d'études "scientifiques" sur la Quasiturbine. Hydro-Québec à Shawinigan boude la QT alors qu'ils ont justement pour mandat d'étudier toutes formes d'énergies alternatives pour le Québec. Le Canada a déboursé plusieurs dizaine de millions de dollars en collaboration avec Shell et Petro-Canada pour créé la société Iogen qui produit de l'éthanol à partir de cellulose. Mais quand vient le temps d'aider un chercheur indépendant...
Voilà que la classique théorie du complot ressort. Quel cas classique de patenteux de machine à mouvement perpétuel!
En passant, beaucoup plus de gens sont intéressés à réduire le coût de l'énergie qu'il y en a qui sont intéressés à l'augmenter. Le lobby de l'économie est donc nettement plus gros que celui de la dépense.
St-Hilaire devrait commencer par faire un petit test sérieux, avec un protocole rigoureux, afin d'évaluer le rendement du peu de prototypes qui réussissent à fonctionner à ce jour. Ça ne coûte pas cher. Mais les résultats risque d'être décevants. Il doit le savoir puisqu'il ne l'a jamais fait en 15 ans alors que c'est normalement la première chose qu'il faudrait faire pour démontrer l'efficacité de la machine. Mais, là encore, c'est une caractéristique typique des inventeurs de machines à mouvement perpétuel d'être incapables de tester simplement et efficacement leurs invention. C'est du déjà vu.
Il pourrait aussi approcher une moyenne industrie par exemple qui serait intéressée à réduire sa consommation d'air comprimé ou encore le poids de certains équipements. Si ça marche, vous payez un prix donné, si ça ne marche par, on oublie ça. Puisque la quasiturbine est si merveilleuse, le risque devrait être nul!
Plusieurs industries de dimensions réduites ont tout l'équipement pour machiner le produit.
urluberlu a écrit:
L'ironie, c'est que financièrement parlant, il semble que personne n'ait besoin d'un moteur plus propre, plus compact et moins énergivore...
Le critère premier est d'avoir un moteur qui fonctionne!
Tant que cela n'est pas réussit, le reste des affirmations n'a aucune valeur.
Évidement, un petit moteur qui ne fonctionne pas est très propre et vraiment peu énergivore!!! Faudrait accorder un peu plus de point à la fonctionnalité dans la matrice d'évaluation!!!!!
On considère que le capital de risque abonde sur le marché. Si personne dans tout l'univers ne s'intéresse à ce produit, c'est peut-être un signe assez évident qu'il y a qqch qui cloche.
Je crois que beaucoup d'investisseurs échangeraient les milliers de belles promesses pour un peu de concret. Le problème, c'est que le concret ne semble pas exister, alors que c'est si facile de faire des promesses…
En passant, c'est beaucoup plus facile d'avoir des subventions quand on va chercher un peu de capital privé. Maintenant, si notre produit n'intéresse personne, c'est une autre histoire…
urluberlu a écrit:
Ce qui manque à la Quasiturbine c'est du temps de développement et félicité Gilles St-Hilaire pour son courage à ne pas lâcher!
Ça fait un méchant bout que St-Hilaire a du temps de développement. D'ailleurs, s'il passait moins de temps à inonder les newsgroups, il pourrait probablement en mettre plus sur sa machine, à moins qu'il n'ait lui-même déjà lâché la serviette et que ce soit là le chant du cygne!