Béchar a écrit:
Ce qui est certain est que les européens, entre le 8ème et le 11ème siècle n,avaient pas atteind le niveau de développement atteind par les arabes et les musulmans. Rien qu'en Éspagne, les arabes avaient introduit des techniques d,irrigation que les européens ne connaissaient pas sans parler des mathéamtiques, de l,atronomie, de la médecine, de la chimie et autres domaines scientifiques où les arabes dépassaient les européens.
Ca dépend où l'on situe les frontières de l'Europe. Jusqu'à preuve du contraire, la Grèce étant en Europe, on peut considérer que l'Empire Byzantin a été en Europe aussi et, au moins pour la période 8ème-11ème, possédait des techniques et connaissances au moins équivalentes à celle des grands centres urbains musulmans, dans la majorité des domaines, parce qu'il ne faut pas se leurrer, mais il n'y a pas une énorme différence, par contre, entre le pauvre paysan du beylicat des Artukides et le pauvre paysan du magraviat de brandeboug ou même entre le marchand de Damas et le marchand de Venise, si ce n'est la taille de la ville.
En réalité, l'apport grec et perse obtenu par la conquête de la Région du moyen-orient et, bien avant, par l'influence chrétienne d'orient et perse et plus marginalement juive, sur l'arabie ont été déterminant dans l'éclosion de sciences musulmanes et, à bien des égards, les musulmans ont plutôt conserver l'acquis grecque, perse et même romain dans une certaine mesure qu'innover (même si on ne peut pas leur dénier certaines innovations dans le domaine de la médecine, par exemple, même si l'essentiel de la médecine Arabe a hérité de Gallien.)
L'essentiel de la "réussite" scientifique des centres urbains du Califat vient aussi de sa structure d'Etat. Le Califat, puis par la suite un certain nombre de royaume musulman ont été des royaumes centrés sur un ou plusieurs centre urbain développé et donc possédant une élite urbaine, non strictement guerrière (parce que courtisane notamment) apte à créer un réseaux de intellectuel capable de s'échanger des connaissances, permettant la mise en oeuvre de celle-ci.
L'occident n'avait pas cette chance, s'étant recentré sur le rural, abandonnant les villes jusqu'au XI-XIIème siècle.
Dès lors que l'occident se réurbanise, à partir du XIIème, le retard se réduit peu à peu, en sachant qu'il n'était pas si grand que ça, vu que l'occident, comme l'arabie tenait une bonne partie de leurs connaissances scientifiques des gréco-romains, simplement l'orient était plus dépositaire de ce savoir, alors que l'occident a d'avantage conserver la tradition juridique de l'empire Romain, encore vivace et présente en occident, après la crise du IIIème siècle et alors que le centre de gravité de l'empire se déplace à l'Est et y emmenait aussi les centres intellectuels.
Pour en revenir au sujet, je pense que parler de "révolte du monde arabe" est un grossier raccourci. Même si l'on peut craindre un retour sur le devant de la scène des islamistes dans un certain nombre de pays, il faut bien voir que l'essentiel de ces révoltes ont été faites dans un cadre national, avec une appropriation des manifestants des symboles nationaux (j'étais à Londres il y a 2 jours, par exemple et ce n'est pas un drapeau islamique que les manifestants Libyens ont brandi devant Downing street pour réclamer que le premier ministre britannique agisse contre Kadhafi, mais un drapeau Libyen d'avant le règne de celui-ci, à savoir le drapeau de l'indépendance.
Idem en Egypte et en Tunisie, où l'on n'a vu aucun drapeau jyhadiste, mais que des drapeaux nationaux.
Ca ne veut pas dire que ces révoltes ne sont pas lié, mais c'est importants de parler de révoltes des pays arabes et non pas révolte du monde arabe comme s'il y avait une notion d'unité dans ces révoltes. Là, les manifestants se sont appropriés leur nation d'une certaine façon et c'est un point important pour appréhender ce qui se passe (même si le président Iranien, par exemple, félicite les manifestants Egyptiens qui aurait fait une révolution Islamique type Iranienne).
Modestement, d'un point de vue occidental, je pense que c'est symptomatique du changement de monde que l'on vit actuellement qui amène avec lui, comme à chaque changement de monde, un changement des mythes et des symboles.
Les régimes arabes étaient un symbole du monde unipolaire, dominé par les USA, fixant les règles du monde.
De fait, ces régimes étaient fort, tant que l'occident était fort, moins par soutien de l'occident que parce que dans l'imagerie populaire c'était installé l'idée que ces régimes là était légitime au nom de la stabilité de la région.
Avec la crise et l'affaiblissement de l'occident, la montée de la chine, la multiplication des démonstrations de faiblesses diplomatiques des USA et de l'Europe, l'image de légitimité de ces régimes c'est effondrée et les régimes ne pouvaient que suivre.
Il ont laissée place à la réalité de leur caractère despotiques et cruel pour la population qui a cessé de les considérer comme légitime dès lors que ce qui leur donnait un caractère symbolique c'est effondré. En perdant cette légitimité, ils ont aussi perdu la possibilité de faire peur à la population, parce qu'un régime jugé illégitime par une population provoque d'abord le mépris, la colère, le dégout et non plus la peur (la répression du régime provoque la peur, mais plus le régime lui même.)
Ca ne veut pas dire qu'il n'y avait pas de cause matérielle à ces révolutions, mais c'est le symbole qui fait le renversement du pouvoir par la population, c'est à dire le moment où ce qui soutenait le régime dans l'opinion de sa population, ce qui le faisait passer pour légitime, même s'il était meurtrier, disparaît.
La révolution se passe quand le roi est nu et ne peut plus cacher qu'en plus d'être nu, il est assit sur un coffre au trésor qu'aimerait bien avoir sa population depuis longtemps, mais qui n'avait pas encore vu que le roi est nu.
Pour les révoltes en cours, c'est l'effondrement relatif de l'image de puissance de l'occident (effondrement que l'absence de diplomatie pendant la révolte tunisienne à fortement accéléré dans l'imaginaire des pays arabes.)
Pour les révolutions post-communiste, cétait la fin de l'URSS et donc la disparition de l'impression d'être dans un camps menacé par le bloc de l'Ouest.
Pour les révolutions et révolte du XIXème, c'est l'émergence du nationalisme qui fait disparaître la valeur du roi, même si la contre-révolution a été plus victorieuse à ce moment là.
Ca c'est mon point de vue. (c'est le mien à moi, il n'est basé que sur de l'observation de ce qui se passe, des analyses lues dans des journaux et des connaissances en sociologie et histoire....il n'engage que moi et je n'ai pas moyen de sourcer ce qui me permet d'arriver à cette conclusion.)