Bonjour Hermine,
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Ils avaient peut-être (enfin...Je voyais plutôt ça à l'aube des premières civilisations, pour être franche) remarqué quelque chose lié au moment de l'année auquel naissait un bébé.
Je dis bien peut-être...Ils en ont conclu que c'étaient les astres qui nous influençaient, et ça, je n'y crois pas...C'était peut-être les prémices de "l'influence du milieu" dans nos vies, sauf que, nous sommes d'accord, le fait de faire passer cela par les astres ne rendait pas compte de cette influence...
Je ne sais pas si la psychologie d’un individu est influencée par les conditions météorologiques de la saison où il nait, mais quoi qu’il en soit cette hypothèse n’est pas valable pour comprendre les origines de l’astrologie. La raison est simple : à ses débuts l’astrologie n’était pas conçue pour prévoir la destinée des individus, et encore moins pour expliquer leur psychologie.
L’astrologie la plus ancienne connue, celle des mésopotamiens, était une pratique religieuse utilisée par les prêtres et exclusivement destinée à prévoir des grands événements mondiaux : guerres, catastrophes naturelles, abondance des récoltes. Rien d’individuel, sauf concernant la santé du souverain, symboliquement liée à la destinée du pays. L’astrologie a existé sous cette forme pendant quelques milliers d’années avant que ne se forme, autour du V ème siècle avant JC, la discipline de l’astrologie généthliaque, ou astrologie natale, qui se préoccupe du destin personnel.
Le plus ancien horoscope individuel exhumé par les archéologues est inscrit sur une tablette babylonienne datée de 410 avant JC, tandis que pour les périodes antérieures on ne dispose que de présages globaux. Le premier exemple connu est un texte astrologique intitulé les
Tables de Vénus d’Ammizaduga, généralement daté du XVII ème av. JC, mais il existe beaucoup d’autres textes presque aussi vieux, et tous concernent exclusivement le destin des nations ou du roi. Voilà un exemple typique tiré de l’
Enuma Anu Enlil, un vaste recueil de présages babyloniens : "
Si Jupiter s'approche de Mars, la même année le roi d'Akkad mourra et la moisson sera abondante. Le présage est néfaste pour le pays... O roi, mon seigneur, accomplis les rites expiatoires et le malheur s'éloignera ".
A mon avis l’explication des origines de l’astrologie réside plutôt dans l’observation conjointe des cycles saisonniers et des phénomènes astronomiques. A Babylone la saison des pluies accompagnait l'apparition de la constellation du Verseau, en Assyrie le lever d'Arcturus indiquait le début des moissons et en Egypte c’était Sirius qui annonçait les crues du nil : la plupart des civilisations agraires de l’antiquité se fiaient à l’observation des astres pour prévoir les travaux agricoles. Cela apparait aussi très clairement dans
Les Travaux et les Jours, d’Hésiode.
Selon moi, certains prêtres mésopotamiens ont dû un jour franchir le pas entre corrélation et causalité, et conclure soit que les mouvements des astres causaient les changements de saison, soit que les astres étaient utilisés par les dieux pour envoyer des signes aux hommes. Puis ils ont élargi ce principe pour l’appliquer à tous les événements importants et ont fondé un vaste système de divination sur ce modèle.
Quant aux horoscopes individuels, je ne pense pas que leur apparition voilà 2500 ans soit due à des réflexions ou des observations sur l’influence du milieu, même s’il est vrai que cette astrologie, à ses débuts, accordait une grande importance au symbolisme des saisons (l’individu était largement crédité par son horoscope de qualités qui sont symboliquement celles de la saison de sa naissance).
A mon avis – mais c’est pure spéculation – cette astrologie s’est développée pour des motifs strictement commerciaux. Au 5ème siècle avant JC, et plus encore au IVème, ont lieu de grands brassages de population, beaucoup de contacts culturels et commerciaux entre les civilisations, et certains mésopotamiens exilés dans le monde grec ont pu profiter de leur réputation de sagesse auprès des grecs, alors avides de mysticisme, pour faire commerce de leur art divinatoire en l’adaptant aux individus. Bérose, le plus célèbre astrologue de cette période des premiers horoscopes était d’ailleurs un babylonien exilé à Cos, en mer Egée, où il avait fondé la première école d’astrologie du monde grec.