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Etant structuralisme, c'est bien sur l'impossibilité (ou l'improbabilité, ou au moins la corrélation sans cause) de l'événement réel comme source du mythe. C'est bien ça ?
Plus ou moins oui. Cela dit je ne suis pas aussi dogmatique que les écoles de pensées de sociologie.
Il y a effectivement un certain nombre de mythes et de croyances pour lequel j'aurais tendance à penser qu'un évènement réel est en effet improbable (impossible est trop fort, surtout pour de l'histoire ancienne), de même, j'allie les deux approches, pensant que si une approche par une cause réelle est possible, le développement du mythe, lui, suit une progression qui se rapproche plus de l'univers de symbole que décrit la sociologie structuraliste tel que la voyait Levi-Strauss que d'une déification du bouc émissaire et d'un enjeu sur la violence comme le voit Girard (pour le dire grossièrement...)
Disons que je vois plus une captation du réel par les sociétés en fonction de leur structure et de leur symbole qu'une évolution des société à partir de l'impact magnifié d'un évènement violent libérateur.
Ca tient surtout au fait que je ne suis pas d'accord avec l'idée que le religieux précède le culturel dans l'ordre d'apparition au sein des sociétés humaines, étant donné que la capacité de concevoir l'abstrait semble exister depuis bien avant les premières traces de rite (il a fallu un minimum d'abstrait pour développer des outils) et que cet abstrait conduit forcement à une première forme de compréhension du groupe non induite par l'instinct et de là, la mise en place de symbolique propre au groupe, ce qui créera la distinction entre sacré et profane, ce qui créera ainsi l'évènement qui sera vécu comme tel et non comme banalité, engendrant le mythe.
Cela dit je m'avance probablement trop sur ce type de raisonnement, vu que ce n'est pas spécialement mon rayon non plus.
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Pour reprendre plus sérieusement, quelle place donnez-vous à la religion comme rempart contre les menaces pouvant venir de l'extérieur d'une part, et comme enclôt pour les membres de la communauté d'autre part ?
Ba ça dépend. En fait, le terme religion est très vaste. La communauté d'une religion ne forme pas forcement une communauté de croyant par exemple, donc c'est très difficile à dire.
Ce qui est sur, c'est que la religion à longtemps jouer le rôle qui est aujourd'hui tenu par d'autre idéologie, à savoir celle de ciment du groupe social. La différence étant que la religion est doté d'une structure.
Ce qui importe réellement pour définir si une religion est un fait social à part entière à étudier comme tel ou un fait social que l'on doit considéré dans un ensemble plus vaste, c'est le type de communauté.
Les religions tel le christianisme ou l'Islam forme une communauté de croyant, c'est à dire un ensemble plus vaste que les groupes sociaux dont font partit les membres de la religion. Donc à ce titre, la religion forme un ensemble à étudier comme entité.
A l'inverse, une religion comme les religions animistes n'a pas de communauté de croyant, mais possède un ensemble plus ou moins homogènes de croyances existant parmi plusieurs communautés, qui ne sont pas des communautés de croyants, mais des groupes sociaux unie par d'autre lien. Dans ce contexte, la religion ne peut pas être étudier spécifiquement et indépendamment de la communauté qui l'abrite, car si c'est le même religion que celle du groupe d'à coté, les rites et traditions peuvent être différentes.
Cela dit ça ne dédouane pas de prendre en considération le lien entre la religion et les groupes sociaux contenu dans la communauté de croyant, dans le cas des religions de ce type, car selon la constitution de ces groupes et les idéologies qui s'y rattache, leur vision de la religion peut plus ou moins fragmenté la communauté de croyant pour se rapprocher du modèle des autres religions.
C'est par exemple le cas de la religion catholique pendant l'époque moderne. La religion possède certes une communauté de croyant, mais celle-ci est en fait fragmenté par la force des groupes qui la compose que sont les Etats modernes et qui entendent se servir de cette communauté de croyant comme facteur d'unité à moindre frais (remplacé aujourd'hui par le principe de nationalité) ce qui fait que toutes personnes qui n'adhèrent pas à la religion de l'Etat est aussi mal vu que les étrangers résidents le sont aujourd'hui.
Dans une société majoritairement xénophobe, on comprend facilement les dérive tel que les guerres de religions, qui sont autant des guerres civiles posant la question de l'unité du royaume (identité nationale

?) que des guerres entre religion, même si elles avaient du mal à cohabiter.
Je sais que ça ne réponds pas spécifiquement à la question, mais c'est pour montrer toutes la complexité de l'étude "des religions" et de leurs places alors que les religions ne sont jamais des groupes sociaux homogènes et toujours en proie à des influences extérieures ou intérieures fortes qui déterminent le niveau d'agissement de celle-ci au sein de la société.