Bonsoir,
Suite à l'article "sceptique peut-être, scientifique, pas pour l’instant" by Oldcola sur le blog
Coffee and Sc(ience), j'ai entamé une discussion avec lui et je pense que son message est une véritable bouffée d'oxygène . Je vous invite donc à le lire :
Citer:
Les cas Lenny-like sont vite réglés, malheureusement pour eux, heureusement pour mes quelques lecteurs. A part une irritation passagère il n’y a pas de mal.
Jean-Michel peut s’essayer à tous les amalgames qu’il peut imaginer, je fournis même le mercure pour les consolider s’il est en manque. Tant qu’il reste en situation d’échec de la méthode qu’il prône lui-même comme fondamentale, malgré plusieurs relances qu’il ne suit apparemment pas parce qu’il joue au gentleman, son incohérence le desservira.
Comme je l’écrivais quelque part (j’ai la flemme de chercher là tout de suite, mais si je trouve je collerai le lien), je suis scientifique. Je n’ai pas besoin de l’étiquette de sceptique ou de sceptique scientifique ou de zététicien, elles sont essentiellement destinées à ceux qui s’activent en dehors de leur milieux de compétence, ou interviennent à des associations relatives à ce type d’activités.
A des rares exceptions près je me limite à mes domaines de compétence (peu nombreux) et à ceux qui nécessitent un positionnement de chacun de nous, touchant aux affaires publiques dans des milieux démocratiques. Pour moi non pas seulement ces étiquettes seraient redondantes, mais en plus je trouve risqué de se trouver associé, aussi peu que ce soit, avec certaines personnes que je n’apprécie pas particulièrement.
Sur le plan philosophique et social, l’étiquette de Bright me convient parfaitement, elle donne une excellente définition de mon point de vue, pour peu qu’on se donne la peine d’aller se renseigner à la source et non pas s’essayer à des exégèses, comme Jean-Michel avec sa traduction, en collectant ses données sur Wikipedia.
Il est évident que l’attitude que je préfère de toutes est “rationnel”. Elle couvre largement les autres et c’est la raison pour laquelle je l’adopte volontiers quand je dois me décrire. Je ne suis pas pour un rationalisme à outrance, je ne me prends pas le choux pour choisir mon déjeuner de façon rationnelle, malgré les protestations de mon toubib. Mais je pense que rester rationnel est nécessaire (et probablement suffisant) quant on en arrive aux affaires publiques, ça fournit un socle solide, aussi solide que l’on puisse espérer.
J’aime bien le terme zététique, qui tout en gardant une racine grecque que je comprends bien, s’est donné les moyens de se distinguer de l’ambiguité que le terme sceptique peut véhiculer en philosophie. Je ne pense ni la zététique, ni le scepticisme comme des attitudes philosophiques, mais essentiellement comme des méthodes de travail aspirant à des rendus les plus objectifs possible et les mieux supportés par des preuves disponibles et accessibles par tous. D’où mon irritation quand je vois des zététiciens ou des sceptiques aborder leurs sujets avec des charges de préjugés lourdes, et louvoyants quand des faits les contredisent.
Une remarque particulière pour le scepticisme scientifique. Je pense la juxtaposition des deux termes pertinente, justement parce que l’adjectif “scientifique” apporte la précision de la méthode, le naturalisme méthodologique, et évite la confusion avec d’autres scepticismes possibles, le terme ayant été largement détourné à plusieurs reprises. Les deux termes ont été détournés d’ailleurs, on trouve plusieurs sciences.
Si on se laisse faire par les uns et les autres qui essaient de valoriser leur business en le qualifiant de scientifique on ne s’en sortira pas. Heureusement pour la Science (et le “S” est un “S” et non pas un “s” ici) elle dispose de procédures d’évaluation interne en permanence actives. Elles ne sont pas parfaites, mais elles existent et habituellement elles fonctionnent assez bien.
Malheureusement, pour la Zététique et le Scepticisme (les majuscules aussi voulus ici) il n’existe pas de procédures d’évaluation. C’est probablement là où se trouve le problème majeur de ces deux mouvements, ils sont trop diffus et l’auto-proclamation n’est vraiment pas le meilleur moyen pour qu’un groupe soit homogène, sauf dans les cas particuliers ou le manifeste adopté est particulièrement clair (et pas des longs paragraphes STP, il y en a plein de fainéants qui n’arrivent pas à dépasser le résumé ;-) ). Dans la déclaration des brights, juste trois phrases et tout est dit.
Franchement je n’ai pas de solution à proposer pour la normalisation de ces mouvements, ni idée si une normalisation les aiderait : amélioration de la visibilité, progression du nombre des adhérents, etc. Mais je pense qu’à l’état actuel des choses le manque de cohérence que l’on peut observer entre ce que les gens professent comme attitude et ce qu’ils pratiquent est certainement le point le plus crucial.
Ce n’est pas une particularité de ces mouvements. Il en va de même des adhérents à des mouvements religieux par exemple. La notion de chrétien athée est plus qu’un oxymore, équivaut (pour moi) à une déclaration de vouloir brouiller la discussion (pour en tirer quel avantage ? va savoir).
Je m’en tiens à ma bannière du coup, me disant Bright (et j’emmerde ceux qui n’aime pas le terme, la compagnie est à mon goût et c’est ce qui compte le plus pour moi) : adepte du naturalisme philosophique et pratiquant du naturalisme méthodologique.
Et par moments, même pratiquant du naturisme !
Source :
http://coffeeandsci.wordpress.com/2010/ ... mment-3981Toujours intéressant d'avoir un POV différent...
++
Buck