Salut Dany,
Je ne commenterai évidemment pas tout. Maudit soit le style libre.
Vous dites :
Citer:
C’est dommage que vous ne voyiez pas le rapport, Denis.
Selon mes calculs, vous parlez du rapport entre
"2+2 = 4" et
"prendre possession de la nature et de leurs semblables".
Moi, je le trouve aussi forcé que stérile, ce rapport. Tirez deux concepts au hasard, étirez à fond l'élastique des mots, et vous avez pas loin d'une chance sur deux de "feeler" un rapport aussi forcé et aussi stérile que celui qui vous sidère.
Bien sûr que la pensée articulée permet de mieux modéliser le monde et de mieux tirer son épingle du jeu dans la lutte pour la vie. Appeler ça,
"prendre possession", c'est un peu trop élastico-poétique à mon goût. Et puis, les phrases au hasard, c'est pas vraiment ma tasse de thé.
J'en ai un peu tâté, à 18~22 ans. On composait des phrases au hasard en promenant (avec un dé) un pion dans un organigramme qui créait une structure grammaticale. On tirait les noms, les adjectifs, les verbes, les adverbes, etc. dans des listes de 200~300 mots. En utilisant le vocabulaire abstracto-philosophique (i.e.
liberté et
amour, plutôt que
table et
bateau) près de la moitié des phrases obtenues nous faisaient un petit clin d'oeil. Et un bon 5%~10% nous en faisaient un plus gros, avec un arrière-goût acidulé. De l'ordre de grandeur du vôtre, avec
"2+2 = 4" et
"posséder le monde".
Vous savez maintenant ce que je pense de vos koans. Ça ressemble à ce que je pense du ragoût de Nostradamus. De la paréidolie cognitive.
Vous savez probablement aussi que je me considère comme étant un singe avec un gros cerveau (100% en Redico). Presqu'autant de choses me dépassent qu'il y en a qui dépassent ma chatte. Tous les deux, nous pensons via des jongleries d'idées. Les miennes sont plus riches, en particulier à cause des mots et de la grammaire, beaucoup plus développés chez moi que chez elle.
Dany a écrit:
Et soudain, la phrase frappe comme un éclair de Zaber. On ressent le sentiment trouble que quelque-chose va se passer, comme si l’on était tout prêt de comprendre une chose d’une importance capitale.
L'éclair dont vous parlez, je soupçonne que ce soit le clin d'oeil avec arrière-goût acidulé dont je viens de parler. À force d'en trouver des centaines sur commande, au hasard, j'ai fini par m'en désintéresser. Ça vous arrivera peut-être aussi un jour.

Moi, j'aime mieux me détordre les idées plutôt que les laisser se tortiller au hasard. Question de goût. Selon certain, c'est inné non-génétique, mais je n'en crois rien.
Dany a écrit:
A force de chercher pourquoi 2+2 n’a jamais été égal à 4...
(...)On se met à cauchemarder, à rêve-lucider...
(...)Après être devenu fou, on fait un site web...
(...)Jusqu’à ce qu’un jour, après des années de souffrances et de cogitation, on réalise enfin vraiment que la jouissance de tous les 2+2 du monde ne valent pas l'honneur d'avoir su protéger un jour la fragilité d'un petit lapin blanc courant dans l’herbe sous le beau soleil de Juin.
Vous savez à quoi me fait penser la fin de votre libre suite d'idées? Aux dernières paroles de l'ordinateur HAL, dans le film "Odyssée 2001", quand on était en train de lui vider l'esprit. Il chantait
"Au clair de la Lune". Ce n'est pas loin de votre image du petit lapin blanc courant dans l'herbe. Par la porte d'en arrière, ça rejoint votre
"étrangement, la mort n’est jamais absente". Moi, je ne trouve pas ça vraiment étrange. Dans le sens que je n'estime pas que ce soit dans le premier 5% des associations d'idées qui méritent qu'on les fixe. Quelque soit le sens qu'on donne au verbe
"fixer".
Dany a écrit:
C’est malheureusement impossible de se servir de 2+2=4 sans effectuer une pression dommageable sur son environnement, Denis.
Ici, vous employez poétiquement
"2+2=4" dans le sens de
"l'intelligence organisationnelle", ou à peu près. Je ne pense pas que votre idée soit révolutionnaire, ni même nouvelle. C'est une sorte de conséquence entropique. Pour avoir de l'ordre quelque part, il faut créer un désordre ailleurs. Faudra faire avec.
Mais ça ne m'empêche pas de penser que, pour bien traverser les temps prochains, mieux vaut user de sa tête que pas. Grosso modo.
Denis