Thiews a écrit:
Tout d'abord, oui les questions 'qui suis-je et où vais-je', etc, relèvent du cliché. Elle n'en demeure pas moins le fondement de l'Histoire de l'Humanité (un petit regard en arrière nous l'enseigne assez rapidement).
Je ne suis pas convaincu.
Thiews a écrit:
Et elles ne se distinguent pas fondamentalement de la fameuse question du 'Pourquoi?'.
Oui, elles se distinguent fortement. Il y a une différence entre où on va et pourquoi on y va.
Thiews a écrit:
Votre réflexion, Jean François, sur la question du pourquoi, est parfaitement justifiée: pourquoi y 'aurait il un pourquoi?
On peut très bien vivre par inertie. On peut aussi le faire en se demandant pourquoi. Je crois que de ne jamais se le demander requiert un bon nombre d'escapades, de fuites et de distractions.
Thiews a écrit:
Connaissez vous la magie du chaos? Je ne parle pas du phénomène de mode un peu délirant apparu dans les années 1990, mais bien de la résultant d'une tradition bien plus vieille, illustrant une spiritualité profonde.
?
Oui, mais la magie du chaos que je connais date des années '70, et ça me semble être un phénomène social et de mode, effectivement. Ça vaut ce que ça vaut. Si vous voulez parler de mouvements organisés qui se réclament de traditions anciennes et vanter leurs mérites, je ne suis pas interessé.
Thiews a écrit:
Ici, la démarche part de la proposition inverse: il n'existerait pas de pourquoi.
Il y a confusion ici. Quand je disais
pourquoi, c'est la question que je visais. Je sais qu'on dit souvent "c'est
pourquoi j'ai choisi ceci ou cela". En ce sens,
pourquoi est un synonyme de
pour cela,
pour cette raison, etc. Mais je voulais dire
pourquoi strictement au sens de questionnement,e et non de réponse. Je ne pense pas qu'il y ait un
parce que / pour ça / pour ceci. Je ne pense pas qu'on doive supposer qu'il y en ait un pour avoir une démarche spirituelle quelconque. On part d'une question, et non d'une réponse ou de l'hypothèse qu'une réponse existe.
Thiews a écrit:
Dans certaines branche du budhisme, le but n'est pas de se poser la question pourquoi.
Je n'ai jamais dit que le
but de la spiritualité était de se poser une question. La question est le début et non le but. Je n'ai jamais dit que la réponse existait non plus. Et je ne crois pas qu'y répondre, au sens où on répond généralement (en science, par exemple, 4+5=9) soit le but. On ne trouvera jamais : "Nous vivons parce que xyz". Ce n'est pas une réponse de ce genre qui est cherchée. En ce sens, je suis d'accord avec vous, c'est l'ambiguïté du mot
pourquoi qui a causé cette confusion.
C'est aussi pourquoi (..) je dis que la spiritualité et la science n'ont rien à faire ensemble. La spiritualité qui a besoin de la science pour étayer ses dires n'en est pas une. On ne cherche pas de réponses, dans la spiritualité, tandis que dans la science, on en cherche.
Thiews a écrit:
(L'alchimie, ancêtre de la chimie, ne se fondait-elle pas justement sur cette approche?)
J'ai l'impression que l'alchimie était une science naissante. La démarche scientifique de nos jours n'était pas appliquée, et ça donnait lieu à une science mélangée avec spéculations, superstitions, folklore, etc. Rien ne nous dit que l'alchimie était un "bon" modèle de démarche spirituelle. Scientifiquement, ça a fonctionné, mais pas optimalement.
Thiews a écrit:
la science a besion de spiritualité, pour justement que les humains ne se contentent pas de penser 'il faut bien être sûr de quelque chose en attendant', mais plutôt conçoivent, comme le disait l'autre, tout ce que l'on sait, c'est que l'on ne sait rien'.
Ce n'est pas la science qui a besoin de spiritualité. Ce sont certaines personnes, et ils doivent la chercher dans leur propre expérience de vie, dans ce qui les entourent, etc. D'ajouter de la soi-disant spiritualité (comment ça se ferait..?) à la science n'amènerait rien de bon. Ça serait proposer une spiritualité unique.. et rien ne peut être plus faux. Ça donnerait quelque chose comme les religions organisées de nos jours, en plus de rendre la science moins efficace.