Hallucigenia a écrit:
Salut,
C'est quelque chose qu'on lit souvent. En Asie, et plus particulièrement dans la médecine traditionnelle chinoise, seuls les bien-portants payeraient leur médecin lors de visites régulières. Mais s'ils tombent malades, alors ils cessent de régler les honoraires.
J'aimerais en savoir plus là-dessus. S'agit-il d'une légende urbaine ? Y-a-t-il un fond de vérité ?
La seule chose intéressante que j'ai trouvée à ce sujet est sur Yahoo.
C'est pas tout à fait ça. A une certaine époque, les médecins n'étaient sensés facturer leurs services qu'aux personnes qu'ils avaient réussi à guérir, mais il ne faut pas généraliser. De plus, en pratique, il fallait bien acheter ses médicaments. Donc, tout le monde payait forcément à un moment ou à un autre.
D'ailleurs, si cela n'avait pas été le cas, je ne vois pas pourquoi les empereurs de la dynastie Song du Sud (1130-1279) se seraient donnés la peine de créer dans leur capitale un bureau des médecines chargé de distribuer des médicaments aux nécessiteux (pour la petite histoire, ce bureau des médecines fut victime de détournements massifs et sur l'ensemble des médicaments qu'il stockait, la plus grande partie fut revendue au marché noir par des fonctionnaires peu scrupuleux).
Sources : Jacques Gernet, "La Chine à la Veille de l'invasion Mongole".
Je n'ai pas trouvé d'info sur "
tatoufaux", ni sur aucun site sceptique.
Merci de m'éclairer.
Amicalement,
Hallucigenia
Gernet est une excellente source sur la société chinoise, tout comme Van Gulik (l'auteur des "Juge Ti" mais aussi grand sinologue) ou Etiemble.
La croyance repose sur un (petit) fond de vérité, à savoir que les familles riches avaient souvent un médecin à demeure, qui faisait partie du personnel permanent d'une maisonnée et recevait un salaire plus diverses libéralités.
La lecture des chroniques historiques, par contre, montre que la médecine ne fonctionnait guère différemment d'ici, à savoir que la majorité des gens allaient consulter lorsqu'ils étaient malades et payaient médecins et remèdes à ces occasions. Si vous voulez rigoler un bon coup, le classique "Rêve dans le Pavillon Rouge" décrit plusieurs consultations et diagnostics, modèles de charabia poético-mystique qui mettaient à l'abri le médecin de toute poursuite des familles une fois le malade décédé ...