Denis a écrit:
Ça m'a toujours un peu intrigué, étant donné que je vois mal le lien qu'il y aurait entre la température et le type XX ou XY de l'oeuf fécondé
En fait, on s'aperçoit de plus en plus que les processus développementaux ne sont pas figés par le bagage génétique. De nombreux processus interviennent lors du développement, qui régulent l'expression des gènes: on parle de processus épigénétiques. Il faut comprendre que si chaque cellules d'un embryon exprime certaines protéines, elle le fait en interaction constante avec les facteurs exprimés par les cellules voisines, les produits circulant dans le sang, etc. Des facteurs externes ("normaux", physiologiques, ou plus ou moins délétère/tératogènes) peuvent aussi influencés l'expression des gènes ou le fonctionnement des protéines produites par ces gènes (en aprticulier des facteurs de transcription, qui régulent l'"activité" des gènes).
Dans le cas de la température, il a été proposé (et
soutenu) que la température influençait la production et/ou l'efficacité d'hormones stéroïdes impliquées dans les mécanismes de "sexualisation" des reptiles (pas seulement les alligators, les études les plus approfondies sont sur des lézard).
Tu sais, les changements de sexe en fonction de facteurs externes existent aussi chez des vertébrés adultes. Il y a des espèces de poissons vivant en harems polygames (un mâle, plusieurs femelles) dont la femelle-en-chef peut se changer en mâle advenant la disparition de ce dernier. On pense que le mâle relâche des hormones réprimant cette transformation.
Evidemment, ches les mammifères, une fois que la détermination du sexe est effectuée elle reste stable (dans des conditions naturelles). Mais, chez l'embryon, il y a longtemps une grande incertitude: la forme "par défaut" est femelle, cela prend l'expression active de gènes masculinisant pour faire un garçon. Il n'est pas impossible que l'alimentation puisse joué un rôle dans ce phénomène. Mais, je ne pense pas que l'étude britannique résolve vraiment la question. Pour différentes raisons, la plupart déjà exprimées. Mais aussi parce que le rôle de la spermatognénèse n'est pas abordé: on peut supposer que le régime des femmes reflète en partie celui de leur conjoint. Et, c'est peut-être chez ce dernier que l'alimentation induit une production différencielle de psermatozoïdes (tendance XY lorsque plus de calories)?
Et puis, une étude qui dit que si une femme mange un bol de céréale par jour au
breakfast elle augmente sa chance d'avoir un garçon (figure 1) m'apparaît douteuse... "
tout le monde sait" que c'est le bacon-saucisse qui fait les ti-gars
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Michel D a écrit:
L'ornitorinque (écrit phonétiquement, cette bestiole étant tellement bizarre que même son orthographe m'échappe) possède, je crois, une douzaine de chromosomes sexuels mais seulement deux sexes
Jamais entendu parler de cette histoire chez l'ornithorhynque ("ornitho" = oiseau; "rhynque" = nez). D'où sort-elle? Que les gènes impliqués dans la sexualisation soient répartis à peu près uniformément sur plusieurs chromosomes, c'est parfaitement possible (en fait, c'est souvent le cas). Mais, on ne parle pas de chromosomes sexuels alors.
Jean-François