Jean-Francois a écrit:
Pour la première partie, tu dis toi-même que les seuils de perception de la douleur peuvent varier selon les personnes, comment fais-tu pour savoir si tes appareils ou tes mesures sont adaptés à la situation?
Où veux-tu en venir ? Le fait que les seuils de perceptions peuvent varier selon les personnes (et, je pense, même pour une même personne au cours du temps) ne change rien au fait que si à un moment donné, une certaine personne est censée éprouver de la douleur, alors en principe, elle devrait en présenter les signes physiologiques objectifs.
Les appareils ou les mesures ne sont peut-être pas adaptées à la situation mais s'ils y sont pour toutes les autres personnes, c'est quand même curieux qu'ils n'y soient pas pour une personne en particulier.
Jean-Francois a écrit:
Ton problème est inachevé quelque part et c'est l'énoncé qui entraîne le paradoxe. Dans la réalité, c'est le côté pratique/observable qui permettrait de trancher la question (en changeant le protocole, par exemple, et en vérifiant la cohérence des réponses du sujet à différents tests); exactement ce que recherche les scientifiques et/ou les sceptiques. A mon avis, c'est le côté théorico-théorique du problème qui est le vrai problème... C'est lui qui entraîne le paradoxe.
Eh bien non, je ne pense pas que ça règlerait le problème. Admettons que l'on adopte un autre protocole et que l'on vérifie la cohérence des réponses du sujet à différents tests. Admettons que tout semble effectivement indiquer que le sujet ne ment pas, une démarche sceptique ne pourra pas conclure en la sincérité du sujet car cela équivaudrait à saper une théorie solidement établie sur la base d'expériences reproductible (la théorie selon laquelle la sensation de douleur correspond à telle ou telle activation physiologique) sur la base
d'un seul cas, fut-il bien documenté.
Jean-Francois a écrit:
D'ailleurs:
Mikaël a écrit:
Une telle démarche est selon moi tout à fait pertinente pour étudier des phénomènes où la subjectivité n'intervient pas ou peu, mais je pense qu'elle aboutit à une impasse si elle veut prendre pour objet le sujet lui-même dans sa subjectivité.
D'accord, mais cite-nous un exemple pratique pour lequel la "démarche sceptique" devrait "prendre pour objet le sujet lui-même dans sa subjectivité" sans qu'il y ait de composante objective (ou objectivable).
Bonne chance
Jean-François
Facile ! :P
Par exemple, si d'un seul coup je pense "tiens, j'irais bien au cinéma", il y a une composante objective (ou objectivable) pour toi ? Attention, je ne nie pas qu'il se passe des choses bien précises dans mon cerveau pendant que je pense ça et que l'événement neurophysiologique correspondant à cette pensée la constitue en partie. Mais c'est là un postulat philosophique. Je ne vois pas comment tu t'y prendrais pour objectiver cette pensée ou l'événement neurophysiologique associé en pratique
Miky
_________________
La zététique appliquée à elle-même : http://metazet.over-blog.com/"Pour douter, ne faut-il pas des raisons qui fondent le doute ?" (Ludwig Wittgenstein,
De la certitude, § 122)
"
Esprit : Chacun sait ce que c'est qu'un esprit ; c'est ce qui n'est point matière. Toutes les fois que vous ne saurez pas comment une cause agit, vous n'aurez qu'à dire que cette cause est un esprit, et vous serez très pleinement éclairci." (Le baron d'Holbach,
Théologie portative ou Dictionnaire abrégé de la religion chrétienne)