Bonjour Licader,
la pensée rationnelle n'est pas à la portée de tout le monde, pour ça il faut avoir les outils.
Le problème de l'objectivité et de la subjectivité tient beaucoup à l'éducation de la personne qui tente (ou pas) de faire la distinction,
mais pas forcément. A ce sujet, j'ai un petit article à soumettre qui montre à quel point les gens croient et voient ce qu'ils veulent bien voir même sans mettre en doute leur bonne foi.
Citer:
Paralysé, moi.? NEUROPSYCHOLOGIE Article de LA RECHERCHE n°390 d'octobre 2005
Certains hémiplégiques nient leur handicap. Pourquoi?
Une équipe italienne montre que la conscience d'effectuer un mouvement mobilise les mêmes zones du cortex prémoteur que l'exécution effective dudit mouvement. Le cortex préfrontal n'est donc pas, comme on le croyait, l'unique superviseur du cerveau.
Il n'est pas rare que des patients hémiplégiques nient obstinément leur état. Ils affirment qu'ils peuvent toujours faire bouger leurs membres paralysés puisqu'ils ont “ conscience ” de ces mouvements qu'ils croient effectuer! Que nous apprend ce déni de déficience motrice sur la manière dont le cerveau perçoit les mouvements du corps?
Une équipe de neurologues et de psychologues italiens vient de réaliser une avancée importante concernant ce trouble, encore appelé anosognosie [1].
Leur objectif était d'étudier la spécificité de l'anosognosie par rapport à l'héminégligence spatiale à laquelle elle est souvent associée. L'héminégligence frappe des patients présentant une lésion située en général dans la partie droite du cerveau: ils agissent comme si la moitié gauche de l'espace n'existait pas. Par exemple, ils oublient de se raser ou de se maquiller à gauche. Jusqu'à présent, on considérait que l'anosognosie n'était qu'une forme extrême d'héminégligence spatiale.
Mais l'équipe italienne a montré qu'il n'en est rien. Elle a choisi un échantillon de trente patients hémiplégiques à gauche, dont une partie présentait les deux troubles associés, et l'autre seulement l'héminégligence. Il s'agissait de comparer leurs lésions en espérant repérer par différence des structures cérébrales propres à l'anosognosie. Résultat: les patients anosognosiques souffrent bel et bien de lésions spécifiques à leur trouble. Elles sont situées notamment dans les cortex prémoteur, moteur primaire et somesthésique, des aires connues pour leur implication dans la préparation, l'exécution mais aussi la visualisation et la verbalisation des mouvements. Constatant que les lésions ne sont pas totales, les auteurs supposent qu'il subsiste dans ces zones une capacité résiduelle à imaginer un mouvement en effet, quand on demande au patient de soulever le bras, il imagine qu'il le fait. Et par la suite, il maintient qu'il l'a bien fait: les lésions constatées dans les circuits prémoteurs obèrent donc la prise de conscience que le mouvement n'a pas eu lieu. “ C'est un résultat inattendu car il montre que les fonctions "supérieures" de prise de conscience et de supervision, généralement attribuées au seul cortex préfrontal, s'activent au niveau prémoteur ”, souligne le professeur Yves Rossetti, de l'équipe Inserm de neuropsychologie de Bron, qui précise: “Ce sont les mêmes aires qui élaborent les actions et qui en supervisent consciemment l'exécution! C'est un peu comme si l'exécutant et le surveillant étaient une seule et même personne, ou plutôt un seul et même groupe de travail. ” L'autre point intéressant de cette étude est la multiplicité des circuits cérébraux impliqués: la prise de conscience d'un déficit moteur ne dépend pas d'une aire unique. Pour Y. Rossetti “ Cela permet de souligner les limites de la tendance à vouloir localiser chaque fonction mentale dans un recoin cérébral. Plus on analyse les fonctions cérébrales, plus on se rend compte qu'une aire donnée (en dehors des aires primaires) contribue à un ensemble de fonctions et non à une seule. ” : Patrick Philipon
[1] A. Berti et al., Science, 309, 488, 2005.
ça serait marrant de se faire botter le cul par un tétraplégique à qui on dit qu'il n'a pas bougé les doigts et qui se met en colère, persuadé du contraire

(sale temps pour sa pension d'invalidité.)
Alors, vois-tu en quoi il est difficile de discuter de l'objectivité ?
Certaines personnes ont des parties du cerveau qui ne sont pas prêtes à ça.