LePterodactyle a écrit:
Fair, effectivement Kurzweil est jugé trop optimiste sur le timing même par ses pairs, mais pourquoi tu le penses aussi ?
Optimiste ou pas, une des choses les plus critiquées chez Kurzweil c'est qu'il prétend avoir une méthodologie pour obtenir son timing qui est du pur pipeau : Il pose sur une frise chronologique les "changements de paradigme" et constate qu'il sont de plus en plus rapprochés et extrapole la tendance. Le problème c'est que ses choix de "changements de paradigme" sont très arbitraires...
LePterodactyle a écrit:
Yquemener (qui doit être dans l'informatique, où je me trompe ?), as-tu des arguments pour penser que c'est impossible après avoir affirmé que la conscience peut être réduite au fonctionnement du cerveau ? Une fois que tu en arrives là, comment tu peux parler de croyance et que rien est étayé scientifiquement ?
Bingo, dés que j'ouvre la bouche ça se voit on dirait, je sais pas on doit avoir un accent bizarre dans l'informatique :-)
Alors j'ai peut être pas été très clair.
Je crois que ce que l'on appelle "conscience" est tout à fait simulable et duplicable dans un programme informatique. Je suis conscient toutefois qu'il est impossible de prouver formellement cette possibilité avant de l'avoir accomplie et qu'il est tout à fait possible que les critiques disant que le cerveau n'est peut être pas déterministe, qu'il y a peut-être des phénomènes quantiques bizarres impossibles à simuler, ont peut être raison. Je n'y crois pas et je ne vois aucun élément allant dans ce sens, mais en bon sceptique, je dois reconnaître que ma position est une intuition, autrement dit une croyance. Même si je la base sur des connaissances techniques et scientifiques, une intuition reste une intuition, je n'ai pas tous les éléments pour la démontrer et je respecte tout à fait les scientifiques qui ont une opinion contraire.
Non, ce que je conteste, c'est la notion "d'upload" dans un ordinateur d'un cerveau humain. Une duplication ne pose pas de problème, mais que fais-tu du cerveau organique une fois l'opération effectuée ? Tu le détruis ? Si tu crois à la notion de conscience, si tu crois que la vie d'un individu dépend de la continuité d'un processus cognitif, alors détruire ce cerveau, c'est tuer un individu. Étrange façon d'accéder à l'immortalité.
Là où ça devient philosophique, c'est quand on se retrouve à devoir penser la conscience non comme un fil interrompu seulement par la mort mais comme un arbre où une branche se crée à chaque duplication et se rompt à chaque délétion/destruction. Dans ce schéma de pensée, on se retrouve un peu limité par les concepts de survie et de mort. Dans le cas évoqué plus haut, d'un cerveau vivant détruit après un upload, on a bien une mort (celle du cerveau organique) mais la conscience survit quand même via la copie numérique. Je pense que ce n'est pas ce que la plupart des gens ont en tête quand ils parlent d'immortalité !
Je me rends bien compte que c'est un discours qui fait vraiment "allumé de Krishna", mais je pense sincèrement que la technologie de copie numérique de "conscience" (j'aime pas trop ce mot) sera un jour possible et aura des conséquences philosophiques profondes sur notre façon de penser la vie, la mort, la conscience. Kurzweil est toujours un grand optimiste mais dire que ça peut arriver dans les 50 ans à venir ça ne me parait pas absurde du tout.
LePterodactyle a écrit:
Quand bien même on ne comprend rien à comment un cerveau peut produire une sensation subjective accompagnant une information, dans la mesure où un système reproduit l'architecture fidèlement, le reste devrait suivre. Ou alors la "nature" est séléctive et le carbone est doté de propriétés que le silicone n'a pas ?
Le pire c'est que si. On comprend pas mal de chose à comment les sensations subjectives se retrouvent accompagnées d'informations. On décortique le fonctionnement de la mémoire. Mais le grand public se munit volontiers d'oeillères sur le dernier demi-siècle de découvertes neurologiques. Peu de gens sont prêts à faire tomber la croyance que le cerveau est une boite noire impénétrable et que nos décisions sont guidées par des règles déterministe plutôt que par une magie indéfinissable.