Salut Viddal,
Très intéressant comme nouvelle.
Ca a l'air sérieux en plus. On retrouve l'info sur le site de
National Geographic, et
l'article de Wikipédia renvoie à des publications scientifiques.
En même temps ça n'a rien d'extraordinaire. L'immortalité n'a jamais été une impossibilité biologique. En biologie cellulaire, on se sert beaucoup de cellules cancéreuses qui sont immortelles. La lignée cellulaire la plus connue est la lignée
HeLa : les cellules ont été prélevées en 1951 chez une patiente décédée d'un cancer et ces cellules sont encore très utilisées de nos jours. Le fait que les cellules cancéreuses soient capables d'éviter
la dégénérescence de leurs télomères (extrémités des chromosomes qui se dégrade au fur et à mesure des divisions cellulaires) les rend potentiellement immortelles.
Pour notre méduse
Turritopsis nutricula, elle est capable comme expliqué dans l'article de "revenir en arrière" dans son cycle de vieillissement, apparemment à volonté.
Ce qui m'étonne un peu, c'est que je n'ai pas trouvé beaucoup d'articles à ce sujet qui devrait pourtant susciter l'intérêt des scientifiques. On a
un article de 1992 qui décrit ce phénomène :
Citer:
The conversion of the young Turritopsis medusa into polyp is one example of how the general succession from polyp to medusa stage in the life cycle of Hydrozoa can be reversed
Un autre article de 1996 explique que la particularité de cette méduse est de pouvoir faire "machine arrière" à n'importe quelle étape de son développement (d'autres êtres vivants pouvant le faire mais pas n'importe quand). L'article parle d'une immortalité potentielle :
Citer:
At all stage of the medusa Turritopsis nutricula, from newly liberated to fully mature individuals, can transform back intocolonial hydroids, either directly or through a resting period, thus escaping death and achieving potential immortality
Un article japonais de 2005 dit qu'il semble possible que ce "rajeunissement" soit illimité dans certaines conditions de culture :
Citer:
Rejuvenation of the small type over two generations was observed for the first time, and indefinite rejuvenation may be possible under optimal culture conditions.
Par contre je n'ai rien trouvé dans ces articles au sujet des télomères chez cette méduse. Il aurait été intéressant de savoir s'il restaient intact, ce qui attesterait de l'immortalité potentielle, ou s'il dégénéraient malgré le rajeunissement de la méduse.
Bref, l'info est sérieuse mais un peu enjolivée. Il s'agit bien d'immortalité
potentielle, et le phénomène semble surtout avoir lieu en laboratoire dans des conditions précises. Mais en même temps ça doit être beaucoup moins facile d'observer ça en conditions naturelles, surtout que la méduse fait 5mm de diamètre maximum.
Pour la dernière phrase de l'article que tu cites, ça parait donc très exagéré.
J'ai aussi trouvé
cet article sur Knol qui parle de l'immortalité biologique et fait référence à notre méduse immortelle.
Poulpeman