|
Bon, de retour
Merci de vos réponses soignées et respectueuses. Il semble bien qu’il n’y aura pas de bagarre ici, je préfère ça — même si j’en aurais été le premier responsable.
Tout d’abord, me faire pardonner pour le «survol», qui a notamment agacé Kraepelin et Cartaphilus. Le forum est vaste, et je ne dispose pas d’autant de temps que je le voudrais (surtout quand il faut tout recommencer…). Je me suis donc fié à des impressions, partielles certes, mais fortes. Je me doutais bien qu’il y avait peut-être quelque part ici des propos qui démentent mes avancées. Tant mieux si c’est le cas.
J’ai fonctionné sur le mode des sondeurs : avec un court échantillon de la population, on arrive à déterminer l’opinion de l’ensemble, assez précisément et avec un degré de probabilité satisfaisant.
Je n’évoquerai que le cas d’un intervenant, sur le fil consacré à Christian Page, qui flétrissait les capacités intellectuelles d’un interlocuteur. Mais je dois avouer que le ton des réponses que j’ai reçues jusqu’ici est tout à fait correct.
Parlant de probabilités, je tiens à rassurer tout le monde : je comprends très bien qu’elles peuvent être autre chose que 100/0, 0/100, ou 50/50.
Ce que je voulais démontrer par mon exemple de l’épileptique, c’est le fait qu’on ne peut se fonder sur une expérience en laboratoire pour écarter hors de tout doute l’hypothèse de l’existence d’un phénomène. Je voulais aussi attirer l’attention sur le caractère involontaire des crises d’épilepsie ou cardiaques, ce qui implique que ce n’est pas parce qu’on n’a pas pu les provoquer qu’elles n’existent pas.
Je n’aurais par conséquent pas dû employer l’expression «sur-le-champ», abusive, et surtout, déformant le sens de mon propos. Mea culpa. Le terme «provoqué» aurait été plus approprié.
Tout en remerciant Cartaphilus pour ses éclaircissements d’ordre médical, je voudrais lui soumettre que si on peut cliniquement établir la présence de pathologies chez un patient sans que des symptômes de celles-ci ne se manifestent, c’est pour deux raisons, notamment. La première, c’est que, connaissant bien les caractéristiques desdites pathologies, on sait exactement quoi chercher. Mais surtout, il faut considérer que ceci s’applique au dépistage d’une pathologie déjà documentée, et non pas à sa découverte initiale. L’exemple que je fournis est donc pertinent en ce sens, puisqu’en adoptant l’approche «pas constaté = inexistant», on risque de se priver de découvertes intéressantes.
Toutefois, les nuances que certains ont apportées à cette approche, sur ce fil, me rassurent quelque peu. Il faut cependant avouer qu’elles contrastent passablement avec l’attitude affichée par certains porte-parole des SdQ qui, sur la place publique, sur la base du fameux défi, manifestent parfois une condescendance et un radicalisme incompatibles, à mon point de vue, avec la recherche sincère et respectueuse de la vérité. Ce qui peut devenir irritant. Mais je comprends aussi qu’à force de se faire servir ad nauseam des arguments illogiques et récurrents, on puisse devenir irrité, et sentir le besoin de laisser sortir un peu de vapeur. J’ai moi-même déjà joué dans ce film-là…
Et il peut être difficile de conclier l’indispensable mission consistant à démasquer les charlatans et à détromper leurs victimes, d'une part, avec d'autre part une ouverture audacieuse face à des phénomènes apparentés à de la magie ou à du spiritisme.
Pour en revenir à notre épileptique (et à son malheureux compagnon d’infortune cardiaque), je voudrais insister sur la nécessité de tenir compte d’autres approches que celle du labo pour déterminer de l’existence ou non de certains phénomènes. La collecte de témoignages (à crédibilité variable, mais nombreux) me semble une méthode utile. Même si ça ne suffit pas toujours à fermer le dossier. Mais qui est contre le maintien d’un certain doute ?
Ici, je me mouille (certain diront plutôt : noie…).
J’ai très fréquemment été l’objet (le sujet ?) de perceptions très nettes qui ne pouvaient pas être attribuées aux 5 sens «officiels». Toujours de manière involontaire et imprévue. Souvent devant plus d’un témoin. Parfois de façon spectaculaire. La plupart du temps, c'était la perception soudaine d’un danger imminent. J’insiste sur le caractère soudain de la chose. En effet : si on se place en situation dangereuse, et qu’on résiste à la peur jusqu’à un seuil, ça ne vaut pas.
Lors de ces incidents, je suis au contraire parfaitement détendu, dans un contexte dépourvu de danger, et l’instant d’après, levé presque malgré moi, je quitte à toute vitesse tel endroit, juste à temps, avant qu’il ne soit trop tard.
Vous n’êtes évidemment pas obligés de me croire. Mais comprenez que je ne peux me mentir à moi-même. J’ai constaté ces faits. Il me serait bien plus confortable que ça ne se soit jamais produit. Ainsi, je ne vivrais pas avec cette difficile question, irrésolue à ce jour : que s’est-il passé ? Comment ça marche ?
La présence de témoins m’interdit de supposer l’hallucination. Pas à vous, bien sûr, puisque vous pouvez mettre en doute la sincérité, ou même l’existence, desdits témoins. Va falloir vous contenter de ça.
Si je ne donne pas de détails précis, c’est que je veux d’abord m’assurer que la discussion est possible sur le principe. Dans le cas contraire, il serait inutile de vous faire perdre votre temps outre mesure.
Mes motivations ? La recherche du vrai. Savoir ce qui s’est passé dans mon cas, car il s’est passé quelque chose. Proposer à la collectivité une approche supplémentaire qui, si elle ne garantit pas davantage que l’autre de clore le dossier, a le mérite d’augmenter les chances d’apprendre quelque chose.
Permettez-moi ici une allégorie.
Vous débarquez sur une planète habitée par des êtres à peu près identiques à nous. Ils ont établi une civilisation, construit des villes, etc. Vous constatez ensuite qu’ils n’ont pas d’oreilles. Ils communiquent par signes, par contact tactile, voire par expressions faciales élaborées. Et par écrit, textos inclus...
Saisis de compassion pour ces êtres privés des joies de l’ouïe, vous tentez de leur faire comprendre qu’il existe un cinquième sens, qui permet, sans tourner la tête, de déceler la présence de quelque chose loin derrière soi, immobile, sombre et inodore, sans rayonnement calorifique. Bonne chance.
Pourtant, certains parmi eux — des zozos — soutiennent qu’ils perçoivent parfois quelque chose de ténu, d’inexpliquable, et qui ne relève d’aucun des «4 sens réels». Et que ce «miracle» a été ensuite confirmé visuellement.
C’est alors que vous vous apercevez que ces êtres sont dotés d’un nerf auditif, du labyrinthe, et de tous les autres organes de l’appareil auditif, sauf le pavillon, et avec une occlusion atavique du conduit, qu’il suffirait de déboucher.
Est-il éthique de le leur révéler ? Autre débat…
Mais la tentation serait forte de leur offrir, sinon la jouissance, du moins la connaissance de ce sens qui n’a rien de magique, aussi naturel que les autres, et qu’eux-mêmes possèdent, mais de manière atrophiée.
C'est là mon intention.
(Pardonnez ce brouillon, ma première version coulait mieux)
Merci de votre attention, et à bientôt.
Quasimodo
_________________ Le sceptique est celui qui est prêt à douter de tout — à commencer, de ses propres certitudes. Doute bien ordonné commence par soi-même.
|