Relativité einsteinienne

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ABC
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Re: Relativité einsteinienne

#1876

Message par ABC » 02 janv. 2018, 13:42

Cogite Stibon a écrit :
02 janv. 2018, 06:41
@ABC : je suis d'accord avec tout ce que tu as dis sur mes remarques. Merci pour ces précisions.

Merci pour ta réponse. Ce que j'ai signalé n'est pas toujours très bien connu. C'est le cas notamment concernant l'hypothèse spéculative d'un référentiel quantique privilégié violant l'invariance de Lorentz (en parfait accord avec les attentes de richard, mais pas du tout avec les nombreuses erreurs qu'il commet pour aboutir à ce résultat).

Cette hypothèse est requise si on souhaite une interprétation réaliste de l'état quantique ET la conservation du principe de causalité. Parfois, même certains physiciens (peu nombreux) adhèrent à l'interprétation réaliste du vecteur d'état sans réaliser que cette interprétation entre en conflit (au niveau interprétatif) soit avec l'invariance de Lorentz, soit avec le principe de causalité (l'interprétation réaliste du vecteur d'état, l'invariance de Lorentz et le principe de causalité ne peuvent coexister de façon cohérente).

Pour ma part, j'ai longtemps penché vers cette hypothèse. Ce qui m'incite à changer d'avis, c'est la négativité de l'énergie cinétique d'une particule franchissant une barrière de potentiel à vitesse supraluminique par effet tunnel. Il y a débat à ce sujet (Tunneling time, the Hartman effect, and superluminality: A proposed resolution of an old paradox, Herbert G. Winful), toutefois, une interprétation réaliste, mais rétrocausale ET respectueuse de l'invariance de Lorentz est parfaitement possible dans le cadre d'une formulation time symmetric de la physique quantique (cf. a time symmetric formulation of quantum mechanics et The Two-State Vector Formalism of Quantum Mechanics: an Updated Review)

En fait, je commence à envisager d'accepter l'interprétation du vecteur d'état comme un outil d'inférence statistique comme le proposent (notamment, c'est un point de vue majoritaire chez les scientifiques spécialistes de ces questions) les Peres et Fuchs.

Mais du coup, l'interprétation rétrocausale à laquelle adhèrent les Connes, Rovelli, Aharanov, Vaidman, etc, etc n'est pas une évidence. L'interprétation rétrocausale du caractère T-symétrique de la mesure faible par exemple, passe par une interprétation du résultat de mesure faible comme "un élément de réalité" (cf. Weak-Measurement Elements of Reality, L. Vaidman). Or, ça se discute puisqu'un résultat de mesure faible est obtenu statistiquement. Il ne s'agit donc pas d'un résultat de mesure obtenu sur un système individuel.

Bref, je n'ai pas encore d'opinion arrêtée sur cette question et, pour l'instant, je m'efforce surtout de rentrer dans les travaux de Prigogine (cf. The extension of classical dynamics for unstable Hamiltonian systems) en relation avec la question de la conservation de l'information.

thewild
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Re: Relativité einsteinienne

#1877

Message par thewild » 02 janv. 2018, 18:13

ABC a écrit :
02 janv. 2018, 13:42
Cette hypothèse est requise si on souhaite une interprétation réaliste de l'état quantique ET la conservation du principe de causalité. Parfois, même certains physiciens (peu nombreux) adhèrent à l'interprétation réaliste du vecteur d'état sans réaliser que cette interprétation entre en conflit (au niveau interprétatif) soit avec l'invariance de Lorentz, soit avec le principe de causalité (l'interprétation réaliste du vecteur d'état, l'invariance de Lorentz et le principe de causalité ne peuvent coexister de façon cohérente).
De ce trois derniers principes, le seul qui me ferait de la peine d'abandonner c'est l'invariance de Lorentz.
Le principe de causalité, c'est ce à quoi les physiciens tiennent le plus (ça peut se comprendre, sans causalité c'est plus difficile de faire de la science), mais personnellement je ne trouve pas qu'on devrait tant s'y attacher. Ce n'est qu'un principe, et notre attachement exprime surtout notre peur de l'arbitraire.
Le réalisme c'est difficile parce que c'est la base de la science (elle modélise le réel), mais on pourrait continuer à faire de la science sans ça.
Ce qui m'incite à changer d'avis, c'est la négativité de l'énergie cinétique d'une particule franchissant une barrière de potentiel à vitesse supraluminique par effet tunnel.

Il y a débat à ce sujet (Tunneling time, the Hartman effect, and superluminality: A proposed resolution of an old paradox, Herbert G. Winful), toutefois, une interprétation réaliste, mais rétrocausale ET respectueuse de l'invariance de Lorentz est parfaitement possible dans le cadre d'une formulation time symmetric de la physique quantique (cf. a time symmetric formulation of quantum mechanics et The Two-State Vector Formalism of Quantum Mechanics: an Updated Review)
Il me semblait admis que dans l'effet tunnel seul la vitesse de groupe était supra luminique, mais que la vitesse du front d'onde respectait bien les contraintes relativistes. On ne peut pas transmettre d'information à des vitesses supra-luminique par effet tunnel, les contraintes de la RR sont donc bien respectées.

Bref, je n'ai pas encore d'opinion arrêtée sur cette question et, pour l'instant, je m'efforce surtout de rentrer dans les travaux de Prigogine
Tu le cites souvent et ça a l'air très intéressant, il faudrait vraiment que je le lise. Mais je n'ai pas encore trouvé le temps (ou plutôt le courage je crois...)
Je ne suis pas sûr d'être capable de vraiment comprendre ses théories d'ailleurs, ça n'aide pas à me motiver.
"In theory, there is no difference between practice and theory. In practice, there is." Attribution incertaine
"Plus un fait est extraordinaire, plus il a besoin d'être appuyé de fortes preuves" Pierre Simon Laplace

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