La culture du viol, la réalité et les mots pour la décrire.

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Re: La culture du viol, la réalité et les mots pour la décrire.

#526

Message par Florence » 17 oct. 2017, 11:39

spin-up a écrit : Comme ecrit plus haut c'est plus caracteristique des hommes de pouvoir que d'un milieu specifique. Meme si dans le milieu du cinema il y a quelques specificités comme la presence de nombreuses femmes jeunes et attirantes, et la precarité de l'emploi en bas de l'echelle, qui favorisent ces comportements.
On retrouve le même phénomène dans le sport avec le dopage et les abus de certains entraîneurs/sélectionneurs sur leurs pupilles : beaucoup d'appelés et peu d'élus, d'où la tentation - bilatérale - de la "promotion canapé", du dopage, etc.
Je dis lâche et traître celui qui se plaint des fautes d'autrui ou de la puissance de ses ennemis A. de Saint-Exupéry, "Citadelle".
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Re: La culture du viol, la réalité et les mots pour la décrire.

#527

Message par Kraepelin » 17 oct. 2017, 12:12

spin-up a écrit : Des affaires similaires on en retrouve dans la potlitique (DSK, Baupin), des medias (Bill O'reilly, Roger Ailes), et d'autresmilieu comme la viticulture (Marc Sibard), dans l'armée ou les forces de l'ordre. Cogite et eatsalad ont donnés encore deux autres exemples.

Comme ecrit plus haut c'est plus caracteristique des hommes de pouvoir que d'un milieu specifique. Meme si dans le milieu du cinema il y a quelques specificités comme la presence de nombreuses femmes jeunes et attirantes, et la precarité de l'emploi en bas de l'echelle, qui favorisent ces comportements.
Nous ne parlons pas exactement de la même chose. Toi tu parles d'un homme de pouvoir qui en abuse pour contraindre des jeunes personnes à lui donner des services sexuels. Ça, il y en a possiblement partout où il y a du pouvoir (hommes et femmes d'ailleurs). De mon côté je parle d'un milieu où la sexualité est chroniquement un levier de négoce (incontournablement) et où, notamment, pour avoir un emploi il faut baiser avec les bonnes personnes. Je serais surpris d'apprendre que c'est chroniquement le cas dans le milieu de la viticulture, l'amée ou la police...
La pauvreté ce n'est pas des logements insalubres où s'entassent des familles de dix. C'est n'avoir jamais été aimé ni respecté de toute sa vie. C'est ignorer la différence entre amour et maltraitance et s'attendre à ce qu'une caresse soit suivi d'une pluie de coups.
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#528

Message par Kraepelin » 18 oct. 2017, 08:00

Ce matin, l'affaire Weinstein entraine un domino à Montréal où le producteur Éric Savail est dénoncé publiquement pour ses inconduites sexuelles. Encore une fois le milieu du spectacle est éclaboussé. Je me demande si ces scandales ne vont pas entrainer une changement de mentalité comme ce fut le cas avec la violence conjugale dans les années 80 et 90.

État des lieux au Québec d'après la présidente de l'union des artistes.
La pauvreté ce n'est pas des logements insalubres où s'entassent des familles de dix. C'est n'avoir jamais été aimé ni respecté de toute sa vie. C'est ignorer la différence entre amour et maltraitance et s'attendre à ce qu'une caresse soit suivi d'une pluie de coups.
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#529

Message par Kraepelin » 19 oct. 2017, 08:18

Puis c'est le tour de Gilbert Rozon. Toujours le milieu du spectacle...
La pauvreté ce n'est pas des logements insalubres où s'entassent des familles de dix. C'est n'avoir jamais été aimé ni respecté de toute sa vie. C'est ignorer la différence entre amour et maltraitance et s'attendre à ce qu'une caresse soit suivi d'une pluie de coups.
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#530

Message par eatsalad » 19 oct. 2017, 08:24

Kraepelin a écrit :Puis c'est le tour de Gilbert Rozon. Toujours le milieu du spectacle...
Effectivement, encore le milieu du spectacle, mais est ce dû à une prépondérance d'harcèlement dans ce milieu, ou les protagonistes étant connus, les médias parlent plus facilement d'eux ?

Est-ce que, dans les médias, on vend mieux et plus du Gilbert Rozon ou du Gilbert Martin, plombier en chef à Caen ?

Ceci dit, tu as peut être raison, mais il faudrait du plus robuste que ça pour affirmer que le milieu du spectacle est plus pourri que les autres.
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#531

Message par Kraepelin » 19 oct. 2017, 08:39

eatsalad a écrit :
Kraepelin a écrit :Puis c'est le tour de Gilbert Rozon. Toujours le milieu du spectacle...
Effectivement, encore le milieu du spectacle, mais est ce dû à une prépondérance d'harcèlement dans ce milieu, ou les protagonistes étant connus, les médias parlent plus facilement d'eux ?
J'envisage une autre variable. Sans vouloir minimiser le traumatisme des victimes, il est opportun de savoir que le comportement humain et surdéterminé et que la recherche d'attention n'est souvent pas étrangère aux mises en accusation (vraies ou fausses). Dans cette perspective, il est certain que tu as plus de chance de faire parler de toi si tu as été "victime" d'une personne célèbre que si tu as été victime de Joe Quidame.
eatsalad a écrit : Ceci dit, tu as peut être raison, mais il faudrait du plus robuste que ça pour affirmer que le milieu du spectacle est plus pourri que les autres.
Je ne prétend pas qu'il est "plus pourri". Je dit que je crois la rumeur (qui n'est pas de moi) qui veut que ce milieu fait une plus large part au "commerce sexuel". Parce que côté "pourriture" il y a bien d'autres façon d'être dégueulasse que les abus de pouvoir à caractère sexuel...
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#532

Message par Florence » 19 oct. 2017, 09:00

eatsalad a écrit : Effectivement, encore le milieu du spectacle, mais est ce dû à une prépondérance d'harcèlement dans ce milieu, ou les protagonistes étant connus, les médias parlent plus facilement d'eux ?

Est-ce que, dans les médias, on vend mieux et plus du Gilbert Rozon ou du Gilbert Martin, plombier en chef à Caen ?
G.M.Plombier ne gravite pas dans un milieu où une proportion relativement importante des candidat(e)s sont prêt(e)s à avaler de très grosses couleuvres pour décrocher un poste. Les potentielles victimes (généralement l'apprentie ou la secrétaire de la boite) de G.M. Plombier sont, dans l'ensemble, protégées par des lois, des contrats, des organisations syndicales, qui leur permettent de se protéger et se plaindre sans pour autant risquer l'ostracisme de tout un milieu professionnel et des représailles professionnelles et légale. Cela fait que lorsque la secrétaire ou l'apprentie excédée dénonce les mains baladeuses de G.M.Plombier, il s'agit généralement d'un cas isolé qui ne touche pas tout le milieu de la plomberie ...

Par comparaison, I.M.Presario est confronté à la tentation permanente * de milliers d'aspirants à la gloire dans un milieu précaire offrant peu de chances de succès, et peu de protection légale, contractuelle ou syndicale. Une partie importante de ces wannabe-vedettes est prête à quasiment tout pour réussir, et participe à l'omerta qui empêche les plus probes de se plaindre des agissements d'I.M.Presario, jusqu'au moment où un scandale comme le cas Weinstein ouvre les vannes ...


* ce qui ne l'excuse aucunement d'y céder.
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#533

Message par Kraepelin » 19 oct. 2017, 09:19

Florence a écrit : Par comparaison, I.M.Presario est confronté à la tentation permanente * de milliers d'aspirants à la gloire dans un milieu précaire offrant peu de chances de succès, ...

* ce qui ne l'excuse aucunement d'y céder.
Un autre aspect de cette crise que personne n'aborde est cette monté du puritanisme en occident qui fait en sorte que tout crime qui comporte une composante "sexuelle" est soudainement perçu comme pire que son équivalent non sexuel. En protection de la jeunesse, on le voyait déjà pour les enfants. Un signalement pour abus sexuel est pris en charge plus rapidement qu'un signalement pour mauvais traitement ou pour négligence. Pourtant, les conséquences pour les enfants ne sont pas pires dans le premier cas. Pour moi, dans le cas des abus de Weinstein, c'est le caractère criminel des actes et les implications éthiques de l'abus de pouvoir qui sont condamnables, pas le fait que ce soit "sexuel". Je suis un peu effrayer de voir le puritanisme faire son retour en force dans la morale populaire en s'immiscent sournoisement dans des affaires criminelles.
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#534

Message par thewild » 19 oct. 2017, 09:33

Kraepelin a écrit : Un signalement pour abus sexuel est pris en charge plus rapidement qu'un signalement pour mauvais traitement ou pour négligence. Pourtant, les conséquences pour les enfants ne sont pas pires dans le premier cas.
J'ai beaucoup de mal à y croire. Est-ce une opinion, ou un fait établi ?
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Re: La culture du viol, la réalité et les mots pour la décrire.

#535

Message par eatsalad » 19 oct. 2017, 09:36

C'est sûr qu'on doit pas lui proposer souvent des gâteries à mon Gilbert Martin, quoique vu les couts d'intervention d'un plombier ça doit arriver quand même, mais par les client(e)s !

Pour en revenir à l'impresario, est-il condamnable d'accepter des propositions sexuelles contre un rôle ?
Est-ce un abus de pouvoir de l'impresario?
Est ce de la concurrence déloyale de la part de l'acteur/actrice ?

Est-ce que choisir ses acteurs/actrices sur ce critère, fait un moins bon film ?
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Re: La culture du viol, la réalité et les mots pour la décrire.

#536

Message par LoutredeMer » 19 oct. 2017, 09:40

Florence a écrit :
eatsalad a écrit : Effectivement, encore le milieu du spectacle, mais est ce dû à une prépondérance d'harcèlement dans ce milieu, ou les protagonistes étant connus, les médias parlent plus facilement d'eux ?
Est-ce que, dans les médias, on vend mieux et plus du Gilbert Rozon ou du Gilbert Martin, plombier en chef à Caen ?
G.M.Plombier ne gravite pas dans un milieu où une proportion relativement importante des candidat(e)s sont prêt(e)s à avaler de très grosses couleuvres pour décrocher un poste. Les potentielles victimes (généralement l'apprentie ou la secrétaire de la boite) de G.M. Plombier sont, dans l'ensemble, protégées par des lois, des contrats, des organisations syndicales, qui leur permettent de se protéger et se plaindre sans pour autant risquer l'ostracisme de tout un milieu professionnel et des représailles professionnelles et légale. Cela fait que lorsque la secrétaire ou l'apprentie excédée dénonce les mains baladeuses de G.M.Plombier, il s'agit généralement d'un cas isolé qui ne touche pas tout le milieu de la plomberie ...

Par comparaison, I.M.Presario est confronté à la tentation permanente * de milliers d'aspirants à la gloire dans un milieu précaire offrant peu de chances de succès, et peu de protection légale, contractuelle ou syndicale. Une partie importante de ces wannabe-vedettes est prête à quasiment tout pour réussir, et participe à l'omerta qui empêche les plus probes de se plaindre des agissements d'I.M.Presario, jusqu'au moment où un scandale comme le cas Weinstein ouvre les vannes ...


* ce qui ne l'excuse aucunement d'y céder.
Ah oui, très bonne explication*, j'adhère. Ce qui explique aussi qu'on retrouve ces cas dans le milieu de la communication très prisé par les étudiants, de la TV qui suscite de nombreuses "vocations". Il y a d'ailleurs des rumeurs circulant sur des propositions "malhonnetes" d'escort faites à des filles de la télé-réalité (voir google).

et très drôle en plus

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Re: La culture du viol, la réalité et les mots pour la décrire.

#537

Message par LoutredeMer » 19 oct. 2017, 09:46

Kraepelin a écrit : Un autre aspect de cette crise que personne n'aborde est cette monté du puritanisme en occident qui fait en sorte que tout crime qui comporte une composante "sexuelle" est soudainement perçu comme pire que son équivalent non sexuel.
Je ne vois aucun "puritanisme" dans le fait qu'une atteinte profonde à l'intimité de la personne soit perçue comme pire...

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Re: La culture du viol, la réalité et les mots pour la décrire.

#538

Message par Kraepelin » 19 oct. 2017, 09:55

thewild a écrit :
Kraepelin a écrit : Un signalement pour abus sexuel est pris en charge plus rapidement qu'un signalement pour mauvais traitement ou pour négligence. Pourtant, les conséquences pour les enfants ne sont pas pires dans le premier cas.
J'ai beaucoup de mal à y croire. Est-ce une opinion, ou un fait établi ?
Dans mon métier, je fais fréquemment des signalements. C'est ce que mes collègues et moi observons. Et ce n'est pas vrai que pour la prise en charge. C'est également vrai pour les retraits préventifs qui sont plus fréquent dans les signalement pour abuse sexuels que pour les autres signalement.
La pauvreté ce n'est pas des logements insalubres où s'entassent des familles de dix. C'est n'avoir jamais été aimé ni respecté de toute sa vie. C'est ignorer la différence entre amour et maltraitance et s'attendre à ce qu'une caresse soit suivi d'une pluie de coups.
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Re: La culture du viol, la réalité et les mots pour la décrire.

#539

Message par Florence » 19 oct. 2017, 09:56

eatsalad a écrit :
C'est sûr qu'on doit pas lui proposer souvent des gâteries à mon Gilbert Martin, quoique vu les couts d'intervention d'un plombier ça doit arriver quand même, mais par les client(e)s !
Dans mon expérience, oui et plus souvent qu'on ne l'imagine. J'ai travaillé quelques semaines, il y a pas mal d'années, dans le service après-vente d'une grosse boite suisse d'électroménager. Une ou deux "malheureuses" clientes étaient extrêmement souvent victimes de pannes à répétition de leurs divers appareils, sans que les fréquentes interventions des deux réparateurs se précipitant systématiquement à leur secours ne viennent à bout de leurs problèmes. De façon surprenante, ces dames ne se plaignaient jamais de la pauvre qualité du matériel, ni des prestation du service après-vente ... Je me demande bien pourquoi ... ;)
Pour en revenir à l'impresario, est-il condamnable d'accepter des propositions sexuelles contre un rôle ?
Est-ce un abus de pouvoir de l'impresario?
Définitivement oui et oui. Des pratiques similaires dans d'autres milieux professionnels ont donné lieu à suffisamment de réflexion sur l'éthique de tels comportements et abouti à des lois et règles pour qu'on puisse l'affirmer.
Est ce de la concurrence déloyale de la part de l'acteur/actrice ?
Je pense que oui, mais c'est débatable ...
Est-ce que choisir ses acteurs/actrices sur ce critère, fait un moins bon film ?
Encore faut-il être certain que l'artiste qui a vendu ses charmes a bel et bien été choisi pour le rôle ...
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Re: La culture du viol, la réalité et les mots pour la décrire.

#540

Message par Kraepelin » 19 oct. 2017, 09:58

LoutredeMer a écrit : Je ne vois aucun "puritanisme" dans le fait qu'une atteinte profonde à l'intimité de la personne soit perçue comme pire...
Crois-tu vraiment que les besoins alimentaires ou les besoins affectifs profond d'un enfant sont moins "intimes"?
La pauvreté ce n'est pas des logements insalubres où s'entassent des familles de dix. C'est n'avoir jamais été aimé ni respecté de toute sa vie. C'est ignorer la différence entre amour et maltraitance et s'attendre à ce qu'une caresse soit suivi d'une pluie de coups.
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Re: La culture du viol, la réalité et les mots pour la décrire.

#541

Message par thewild » 19 oct. 2017, 10:01

Kraepelin a écrit :
thewild a écrit :
Kraepelin a écrit : Un signalement pour abus sexuel est pris en charge plus rapidement qu'un signalement pour mauvais traitement ou pour négligence. Pourtant, les conséquences pour les enfants ne sont pas pires dans le premier cas.
J'ai beaucoup de mal à y croire. Est-ce une opinion, ou un fait établi ?
Dans mon métier, je fais fréquemment des signalements. C'est ce que mes collègues et moi observons. Et ce n'est pas vrai que pour la prise en charge. C'est également vrai pour les retraits préventifs qui sont plus fréquent dans les signalement pour abuse sexuels que pour les autres signalement.
Ma citation n'était pas claire : je visais la partie sur les conséquences pour les enfants, pas sur la vitesse de prise en charge.
Ou alors vous parliez des conséquences de la vitesse de prise en charge, et non pas des conséquences des abus ?
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Re: La culture du viol, la réalité et les mots pour la décrire.

#542

Message par Florence » 19 oct. 2017, 10:02

Kraepelin a écrit : Un signalement pour abus sexuel est pris en charge plus rapidement qu'un signalement pour mauvais traitement ou pour négligence. Pourtant, les conséquences pour les enfants ne sont pas pires dans le premier cas.

The Wild: J'ai beaucoup de mal à y croire. Est-ce une opinion, ou un fait établi ?

Dans mon métier, je fais fréquemment des signalements. C'est ce que mes collègues et moi observons. Et ce n'est pas vrai que pour la prise en charge. C'est également vrai pour les retraits préventifs qui sont plus fréquent dans les signalement pour abuse sexuels que pour les autres signalement.
Ca paraît très vraisemblable, surtout lorsqu'on constate de surcroît que dans la plupart des cas où un enfant est utilisé comme outil contre un (ex-) conjoint, la violence est bien plus rarement alléguée que les abus sexuels.
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Re: La culture du viol, la réalité et les mots pour la décrire.

#543

Message par LoutredeMer » 19 oct. 2017, 10:22

Kraepelin a écrit :
LoutredeMer a écrit : Je ne vois aucun "puritanisme" dans le fait qu'une atteinte profonde à l'intimité de la personne soit perçue comme pire...
Crois-tu vraiment que les besoins alimentaires ou les besoins affectifs profond d'un enfant sont moins "intimes"?
Moins intimes, oui. Moins traumatisants, non.

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Re: La culture du viol, la réalité et les mots pour la décrire.

#544

Message par Kraepelin » 19 oct. 2017, 11:04

thewild a écrit : Ma citation n'était pas claire : je visais la partie sur les conséquences pour les enfants, pas sur la vitesse de prise en charge.
Ok!
Nouvelle réponse: La gravité des conséquences d'un traumatisme n'est souvent pas facile à faire parce que la gravité des maladies mentales n'est elle-même pas facile à mesurer. Nous ne disposons pas d'une échelle standard de mesure de la gravité des symptômes et des maladies mentale. En fait, une échelle a unidimensionnelle serait probablement inadaptée. il est , par exemple, facile d'établir une échelle de graviter des symptômes dépressifs ou anxieux, mais plus difficile de dire si votre anxiété est plus grave que ma dépression. L'évaluation des conséquences relève donc toujours pour une bonne part de la subjectivité des cliniciens. Les cliniciens pour enfant s'entendent cependant pour reconnaitre que les besoins alimentaires, les besoins de sécurité et les besoi9ns affectifs de base sont critiques pour le développement ET que leur défaut auront plus de conséquences qu'un abus sexuel ponctuel de la part d'un familier (qui n'est pas une figure d'attachement).

Concrètement, il est traumatique et préjudiciable que le nouvel ami de maman me tripote lorsque je vais me coucher, mais tout aussi préjudiciable que maman ne me fasse jamais à manger, ne s'inquiète jamais de moi, ne m'impose jamais de règles ou m'ait dit qu'elle n'aurait «pas du me mettre au monde».
Dernière modification par Kraepelin le 19 oct. 2017, 14:13, modifié 2 fois.
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Re: La culture du viol, la réalité et les mots pour la décrire.

#545

Message par Wooden Ali » 19 oct. 2017, 13:57

Salut Kraepelin,
Sans compter les énormes différences qui existent sur ce que peut supporter un individu donné. Tout le monde connaît quelqu'un qui peut être profondément malheureux pour un regard de travers ou une parole malheureuse et un autre sur lequel les pires insultes voire agressions glissent sans dommage. Qui est le plus coupable? L'auteur du regard ou l'agresseur ?
Faut-il s'occuper de la cause ou de l'effet ? Question cruciale qui renforce la complexité du problème.
Les faits ne pénètrent pas dans le monde où vivent nos croyances. Marcel Proust

Gloire à qui n'ayant pas d'idéal sacro-saint
Se borne à ne pas trop emmerder ses voisins ! Georges Brassens

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Il est souvent facile de voir quelque chose qu'on ne peut expliquer et d'en rendre responsable quelque chose qu'on ne peut voir" Wladimir Lyra

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Re: La culture du viol, la réalité et les mots pour la décrire.

#546

Message par unptitgab » 20 oct. 2017, 01:40

Kraepelin a écrit :Puis c'est le tour de Gilbert Rozon. Toujours le milieu du spectacle...
Je me fous de Rozon, mais pas du droit, les faits qui sont reprochés, sauf un, se sont passés il y a plus de vingt ans, ceux-ci sont donc prescrits et aucun procès ne pourra avoir lieu, ni aucune enquête, on se trouve donc face à des accusations qui peuvent être vraies ou fausses sans que la personne publiquement accusée ait le moindre moyen de défense que procure un procès. Je trouve cela aussi gênant que les actes reprochés.
Con, cul, bite sont des mots qui appartiennent à la langue française, mais putain "malgré que" est impropre!

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Re: La culture du viol, la réalité et les mots pour la décrire.

#547

Message par Florence » 20 oct. 2017, 05:04

unptitgab a écrit : Je me fous de Rozon, mais pas du droit, les faits qui sont reprochés, sauf un, se sont passés il y a plus de vingt ans, ceux-ci sont donc prescrits et aucun procès ne pourra avoir lieu, ni aucune enquête, on se trouve donc face à des accusations qui peuvent être vraies ou fausses sans que la personne publiquement accusée ait le moindre moyen de défense que procure un procès. Je trouve cela aussi gênant que les actes reprochés.
Mais on en revient toujours aux même problèmes que soulèvent des pratiques longtemps tolérées, couvertes, minimisées, ayant touché des catégories de personnes vulnérables du fait de leur situation au sein d'une société ou d'une autre.

Qu'il s'agisse de prédation sur des personnes dépendantes (aspirants artistes, employé(e)s, élèves, ...), de traitement de populations indésirables (migrants, gens du voyage, filles-mères et enfants "illégitimes" placés sous tutelle voire pire, ...), de violences intra-familiales, d'abus sexuels, un cas spectaculaire entraîne forcément une libération de la parole de victimes plus anciennes qui, fort légitimement, demandent à ce que leur souffrance soit reconnue et leurs "bourreaux" à tout le moins dénoncés, si possible punis et rendus incapables de faire de nouvelles victimes.

Le droit en l'occurrence n'est pas toujours la même chose que la justice, même s'il est impératif de le respecter, ne serait-ce que parce que, bien évidemment, des individus sans scrupules et/ou sans cervelle se greffent toujours sur ces plaintes légitimes, que ce soit pour régler de petites vindictes personnelles ou pour se projeter sur le devant de la scène.
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Re: La culture du viol, la réalité et les mots pour la décrire.

#548

Message par LoutredeMer » 20 oct. 2017, 07:18

Un sondage vient de sortir : 53% des femmes et 10% des hommes en France ont été victimes de harcèlement ou d'agression sexuelle.

Pour voir tout le sondage cliquer sur "Accès au sondage".

(Sondage Odoxa-Dentsu Consulting a été réalisé pour franceinfo et le Figaro, auprès de 995 personnes, âgées de 18 ans et plus, interrogées par Internet les 18 et 19 octobre 2017).

Commentaire : je ne l'ai pas encore lu. 995 personnes ça me semble peu, mais je ne suis pas spécialiste...

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Cadenas
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Re: La culture du viol, la réalité et les mots pour la décrire.

#549

Message par Cadenas » 20 oct. 2017, 07:56

Échantillonnage stratifié par la méthode des quotas, au moins c'est représentatif.
Par contre la conclusion est fausse cela devrait être "53% des femmes et 10% des hommes en France déclarent avoir été victimes de harcèlement ou d'agression sexuelle", car ce sondage ne fait que recueillir des réponses, pas les vérifier.
On peut voir en ce moment que la question du consensus est loin d'être claire pour tous lorsqu'il s'agit de définir les mots agressions ou harcèlement. On peut facilement se dire que des personnes ont répondu "oui" pour des situations discutables et d'autres "non" alors qu'elles étaient clairement victimes.
De plus, même si le sujet est très présent médiatiquement, il y a probablement des gens pour qui c'est encore un tabou.

C'est un domaine où il est difficile d'avoir des chiffres représentatifs. Mais ça ne doit sûrement pas être un prétexte pour l'inaction.

Akine
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Re: La culture du viol, la réalité et les mots pour la décrire.

#550

Message par Akine » 20 oct. 2017, 09:17

Après avoir lu les résultats de l'étude, je suis assez satisfait de sa fiabilité sous certains aspects (questions non-explicitement orientées, présence d'une réponse neutre (dont je m'étonne qu'elle n'ait pas été plus utilisée par les sondés d'ailleurs (possiblement parce que le sondage a été mené sur Internet*, et donc sur la base du volontariat et d'une démarche consciente - ce qui explique que les gens tiennent plutôt des avis forts et qui demeure par ailleurs une critique de ma part))). De plus, le taux d'échantillonnage relativement faible (quoique pas négligeable) combiné à la présence fréquente de statistiques sur les sous-groupes (en fonction de l'âge surtout, qui réduisent encore la taille de l'étude et donc la fiabilité de ces sous-résultats) m'incitent à prendre celles-ci avec précaution.
*D'ailleurs, l'existence d'un champ demandant de préciser son appartenance politique me semble faire de cette étude une cible désignée (le mobile est clair) pour des tentatives de hack via VPN ou autre


D'ailleurs, peut-on comparer, par exemple, les proportions relatives, entre l'ensemble des personnes ayant répondu à l'étude et la population générale, de l'affiliation à tel ou tel parti politique ? Si on observe des différences significatives, cela signifierait que le biais de sélection est probablement déterminant (on n'aurait récolté les avis que de personnes qui se sentent particulièrement concernées dans chaque case politique et, par conséquent, les proportions seraient particulièrement faussées). Si par ex. on a eu 25% des sondés qui appartiennent à En Marche et que la sympathie dans la population totale pour le mouvement est plutôt de 50 %, c'est qu'on a un biais très important : on peut dès lors supposer qu'en général, les gens de ce parti ne s'intéressent pas vraiment à ce genre de questions - du moins moins que les autres...

Le problème est le même en ce qui concerne les tranches d'âge. C'est même pire pour les seniors, qui n'ayant pas l'habitude pour la plupart d'utiliser Internet, sont encore plus sujets au biais de sélection. Les résultats, cependant, indiquent que ceux-ci se sentent au contraire moins concernés pas le problème que les autres (ce qui serait contre-intuitif si on supposait une distribution invariante des opinions en fonction de l'âge), et que le décalage réel a donc des chance de se révéler plus important encore que ce que dit l'étude.

Un autre reproche, plus fondamental, serait que les réponses manquent de nuance (entre "drague" et "harcèlement" il devrait au moins y avoir un intermédiaire par exemple) ou pourraient être mieux formulées (la distinction harcèlement/agression relèverait plutôt pour moi du caractère répété ou non du comportement, de l'intention en somme qui s'y glisse).

Donc, en résumé, je pense que ce sondage est intéressant pour "prendre la mesure" du sentiment général et étudier l'évolution globale de celui-ci - en particulier la comparaison des réponses en fonction de l'âge révèle des tendances marquées et, à mon sens, ayant de fortes chances de se vérifier en réalité. Par contre, il ne doit pas servir à établir un portrait de la société, car le grand nombre de biais qui s'y dissimulent et le petit nombre de personnes (étant donné la variété des réponses possibles) ne permettent pas une reprise en bloc des résultats, en tant qu'argument par exemple.

(d'ailleurs une remarque : ne serait-il pas profitable, lorsqu'on demande à quelqu'un s'il désire être sondé, en cas de refus, de quêter à nouveau innocemment des précision sous la forme d'une simple question ? D'une voix suave, légèrement désappointée mais cependant compréhensive :mrgreen: : "vous ne vous sentez pas concerné ou vous n'avez pas le temps ?" Serait-ce faisable ?)


Edit : Maillebade, je viens de voir que la méthode des quotas était appliquée, la représentativité relative de l'échantillon me paraît donc bonne, surtout au niveau des âges. Par contre, ça ne change pas le problème des sous-groupes et du biais de sélection total.
Dernière modification par Akine le 20 oct. 2017, 09:24, modifié 1 fois.

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