Rapport sexuel avec une fille de 11 ans : l'homme n'est pas jugé pour "viol"

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eatsalad
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Re: Rapport sexuel avec une fille de 11 ans : l'homme n'est pas jugé pour "viol"

Messagepar eatsalad » 05 oct. 2017, 06:21

richard a écrit :Bonjour! La lecture du livre de Tanguy Viel "article 353 du code pénal" changera peut-être votre appréhension du cas Sauvage.


Elle a changé la votre dans quel sens ?
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Cogite Stibon
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Re: Rapport sexuel avec une fille de 11 ans : l'homme n'est pas jugé pour "viol"

Messagepar Cogite Stibon » 05 oct. 2017, 06:34

En quoi la lecture d'un roman devrait-elle influer sur l'appréhension de faits réels ?
Pour les échantillons statistiques, comme dans d'autres domaines, il n'y a pas que la taille qui compte.
Raisonner a l'instinct sur des problemes de probabilites, c'est le desastre assuré. (Spin Up)
Une graphe sans échelle, c'est bon pour la poubelle

Lambert85
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Re: Rapport sexuel avec une fille de 11 ans : l'homme n'est pas jugé pour "viol"

Messagepar Lambert85 » 05 oct. 2017, 08:42

Un article intéressant sur l'affaire :
http://www.vududroit.com/2017/09/pontoi ... on-garder/

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eatsalad
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Re: Rapport sexuel avec une fille de 11 ans : l'homme n'est pas jugé pour "viol"

Messagepar eatsalad » 05 oct. 2017, 08:46

Lambert85 a écrit :Un article intéressant sur l'affaire :
http://www.vududroit.com/2017/09/pontoi ... on-garder/


Tu arrives en retard! c'est l'article que j'ai posté et qui a déclenché une réaction épidermique chez Loutre ;)
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richard
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Re: Rapport sexuel avec une fille de 11 ans : l'homme n'est pas jugé pour "viol"

Messagepar richard » 05 oct. 2017, 11:09

Salut Cogite! Tu me demandes
Cogite Stibon a écrit :En quoi la lecture d'un roman devrait-elle influer sur l'appréhension de faits réels ?
Le parallèle c'est qu'il s'agit de l'histoire d'un crime commis sans état de légitime défense. Je ne peux pas en dire beaucoup plus sans déflorer l'histoire.
:hello: A+

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LePsychoSophe
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Re: Rapport sexuel avec une fille de 11 ans : l'homme n'est pas jugé pour "viol"

Messagepar LePsychoSophe » 06 oct. 2017, 04:28

Je vois que le fil ouvert il y a une semaine est bien actif. J'avoue avoir perdu le-dit fil d'ailleurs car vous êtes tellement compétents, je trouve, dans vos débats, que ça me coupe la chique. Ce qui fait que je n'ai pas grand chose à répondre vu le niveau d'exigence argumentaire. Je ne me trouve pas forcément con devant vos échanges mais ça me calme, vraiment. C'est cool que le psychologue est trouvé un moyen de canaliser sa pensée qui n'est rien à avoir avec des méthodes de psychothérapie :mrgreen: .

Pour revenir sur le sujet, et répondre à une personne qui m'a demandé le titre du livre que je lis (plus ou moins d'ailleurs, d'autres étant sur le grill en même temps), je pense, à l'heure où j'écris ces lignes, que les tabous sur la pédophile sont davantage levés et j'espère que mes collègues psychologues ont participé à ça (je dis collègues mais en fait je ne les connais pas, je veux dire tous les psychos depuis... ben depuis les premiers philosophes en fait!). Une grande partie de la société a du contribuer à la levée du tabou.

Bref, je suis trop émotif. Vous m'avez démasqué. ;)

J'aime la démarche sceptique de cette façon. C'est très difficile genre piste noire mais j'y trouve un intérêt même au niveau professionnel.

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Corwin
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Re: Rapport sexuel avec une fille de 11 ans : l'homme n'est pas jugé pour "viol"

Messagepar Corwin » 06 oct. 2017, 10:48

richard a écrit :La lecture du livre de Tanguy Viel "article 353 du code pénal" changera peut-être votre appréhension du cas Sauvage.
Cogite Stibon a écrit :En quoi la lecture d'un roman devrait-elle influer sur l'appréhension de faits réels ?
richard a écrit :Le parallèle c'est qu'il s'agit de l'histoire d'un crime commis sans état de légitime défense. Je ne peux pas en dire beaucoup plus sans déflorer l'histoire.

On peut noter néanmoins que l'on sait de quoi il retourne dès le début de l'article, l'ouvrage n'étant d'ailleurs ni un récit ni un thriller, mais plutôt une exploration psychologique.

Nous avons tous lu des livres ou vu des films présentant une personne qui en tue froidement une autre pour de bonnes et justes raisons. C'est un thème courant de la fiction. Ces œuvres d'imagination sont motivées par un besoin de défoulement compensatoire. C'est d'ailleurs à cela que sert la création artistique.

En revanche, ce n'est pas la raison d'être de l'information, et encore moins de la justice.

Mettre alors sur le même plan de tels fantasmes littéraires et une véritable affaire judiciaire, c'est risquer de tomber dans les travers conduisant aux manipulations médiatiques que l'on voit tenter de s'opposer à l'exercice du droit, assumé avec déjà beaucoup de difficultés par les autorités et les citoyens.

Il existe néanmoins des ouvrages rapportant des cas réels. Comme par exemple le dernier film de Téchiné Nos années folles, sorti il y a trois semaines (encore visible dans quelques salles) et qui résonne avec un écho particulier dans cette actualité.

Le scénario est basé en effet sur le livre La Garçonne et l’assassin (2011) déjà adapté en bande-dessinée sous le titre Mauvais genre (2013) et qui rapporte l'histoire de Paul et Louise Grappe.

En dire davantage c'est, cette fois, véritablement désamorcer l'intrigue. Quittez donc ce message derechef si vous ne voulez pas gâcher votre séance, ou votre lecture.

Image


Puisque vos êtes encore là, voici les faits (divers) :

le 21 juillet 1928, Louise Grappe, une femme d'une trentaine d'année, tue son mari de trois coups de révolver au domicile conjugal. Au tribunal, elle déclare que son mari, devenu depuis quelques temps alcoolique et violent, la battait et menaçait leur enfant de trois ans. Après dix jours de procès, elle est acquittée.¹

Pourtant l'époque n'est pas farouchement féministe. Il n'y a en outre aucun témoin pour attester la légitime défense, et l'épouse n'a pas subi cinquante ans de brutalité, ni vu ces trois filles endurer des viols à répétition.

Le jury de notables s'est d'abord étonné que cette femme de caractère, et indépendante financièrement, puisqu'elle prenait alors en charge toutes les dépenses du ménage, n'ait pas simplement demandé le divorce. Mais ce qui a fait la différence, c'est en fait le passé du mari. Celui-ci, en effet, avait aux yeux de l'opinion commis trois fautes majeures : déserté en 1915, vendu ensuite ses charmes, travesti en femme, pendant dix ans, et enfin, au sortir de sa clandestinité après l'amnistie collective des déserteurs, étalé ce passé crapuleux sans vergogne et contre rétribution, sur scène et dans les gazettes.

Par conséquent, cette bonne Louise avait, par son geste, débarrassé la société de ce qui n'était finalement, selon les critères de l'époque, qu'un représentant indésirable de la gente masculine.

C'est sans doute un sentiment analogue qui anime aujourd'hui le bon peuple dans l'affaire Sauvage, et motive son désaccord avec trois décisions de justice (puisqu'il faut compter aussi le refus de libération conditionnelle).

Pourtant les jurés d'assises sont de nos jours bien plus représentatifs de la population² que dans les années vingt. Delphine Durançon nous apprend d'ailleurs que les modifications concernant la constitution du jury, opérées après la seconde guerre mondiale, avaient pour objectif de mettre un terme à « Une vague d'acquittements scandaleux » qui marqua cette justice bourgeoise pendant près d'un siècle et demi.³

Objectif atteint. On le sait, dans les tribunaux, le populo est plus sévère que l'aristo.

Mais dans la rue…

C'est davantage au gré du vent…

1. Les faits divers de Gallica : Paul Grappe, déserteur travesti - gallica.bnf.fr, 29/08/2017
2. La Cour d’assises (…) - L'évolution du recrutement des jurés - Université Paris-Saclay, 2015 - archives-ouvertes.fr, p. 139
3. La Cour d’assises : une juridiction séculaire et atypique en perpétuelle quête de rénovation - archives-ouvertes.fr, p. 135
« On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde » (Pierre Desproges)
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