emiliecorbeil a écrit:
Je suis pas une experte de Mère Teresa, mais ce que j'en sais me pousse à te demander d'où tu tiens qu'elle exigeait une conversion avant de soigner les malades
Il existe différentes
sources critiques qui l'affirment. Vous avez par exemple le livre de C. Hitchens (
The Missionary Position) ou celui d'Arup Chatterjee (
Mother Teresa: The Final Verdict).
Citer:
J'en ai plus eu une idée que le Vatican ne l'aimait pas
Je ne me souviens pas de l'avoir entendu dire (pas plus que l'histoire de la "retraite"). Peut-être que sa réputation faisait de l'ombre au Pape mais elle rapportait gros au catholicisme. D'ailleurs, ils n'ont pas trop tardé à la canoniser, en allant chercher du "miracle" vraiment très douteux.
Citer:
J'ai toujours pensé que cette dame en était une grande. Ta remarque ébranle mes convictions!
C'est peut-être une "grande dame" selon les critères de la foi catholique pure et dure, pour qui la "plus grande gloire de Dieu (version catholique)" justifie des moyens comme l'instrumentalisation de la souffrance et de la pauvreté pour le bien-être de l'Église. Ce n'en est certainement pas une selon des critères éthiques plus objectifs: c'était une ami de dictateurs (dont Duvalier); elle a détourné une grandes partie des dons vers sa congrégation plutôt que vers les pauvres (ses dispensaires n'étaient pas particulièrement bien équipés); elle jouait la sainte au détriment de la réputation des indiens, en assombrissant les choses indûment; elle considérait que la misère était une bonne chose car la souffrance rapproche de dieu... son image de sainte était essentiellement médiatique et en fort contraste avec la réalité de terrain.
Dans l'ensemble, je pense que c'était plutôt une personne peu éduquée et complètement fanatisée dans une vision quasi-médiévale de la foi*. Elle n'a pas cherché à s'enrichir (bien qu'elle ne suivait pas le régime qu'elle imposait à ses pauvres**) et était certainement intègre et honête dans ce qu'elle faisait, mais elle avait une vision trop tordue des choses pour vraiment faire du bien. Elle a aussi eu trop de pouvoirs (médiatique, surtout) pour ses capacités.
Jean-François
* À ce propos, vous pouvez lire
son discours d'acceptation du Nobel de la paix (1979), dans lequel elle rend quasiment l'avortement responsable de tout le mal sur Terre... réflexion vraiment très "binaire" et simpliste.
** Par exemple, lorsqu'elle a été très malade, elle a été soignée dans des hôpitaux à la fine pointe de la médecine. Elle acceptait les voyages en première classe, etc.