L'escroquerie de l'amalgame au mercure

 

Stephen Barrett, M.D.

Il y a plus d'un demi siècle, l'acteur Orson Welles a fait paniquer son auditoire de la radio en rapportant que des Martiens avaient envahi le New Jersey. Le 23 déc. 1990, le programme CBS-TV 60 Minutes a obtenu un effet semblable en annonçant que des toxines avaient envahi la bouche des américains. Il y avait, toutefois, une grosse différence. La diffusion de Welles était faite avec l'intention de divertir son auditoire. Le programme 60 Minutes, rapporté par un vétéran télé-reporteur, Morley Safer, était fait avec l'intention d'alarmer-de persuader ses spectateurs que le mercure dans les plombages est un poison. C'était le rapport le plus irresponsable d'un sujet de santé à être diffusé sur un réseau de télévision.

Le mercure est un ingrédient de l'amalgame utilisé pour les obturations dentaires ou plombages à l'argent. Les autres ingrédients sont l'argent, l'étin, le cuivre, et le zinc. Lorsque mélangées, ces substances se lient pour former une substance forte et stable. La différence entre produits chimiques liées et non liées peut être illustrée par une simple analogie. L'hydrogène élémentaire est un gaz explosif. L'oxygène élémental est un gaz qui supporte la combustion. Lorsque combinés, toutefois, ils forment de l'eau., qui a aucun de ces effets. Les ingrédients de l'amalgame sont liés ensemble solidement.  Malgré les différences dans les types de conjugaison de l'eau et de l'amalgame, dire que l'amalgame va vous empoisonner est aussi erronné que dire que l'eau va vous faire exploser et flamber.

L'instrumentation très sensible peut déceler des fractions milliardiennes de gramme de vapeur de mercure dans la bouche d'une personne ayant des plombages d'amalgame. Toutefois, la quantité minuscule de mercure l'organisme absorbe des amalgames est beaucoup en dessous du taux qui aurait un effet adverse quelconque sur la santé [1-6]. Une étude aurait trouvé que les personnes avec des symptômes qu'il attribuaient à des obturations d'amalgame n'avaient pas de niveau de mercure significatif. L'étude avait comparé dix patients symptomatiques et huit patients sans aucun problème de santé. Le groupe symptomatique n'avait ni un taux quotidien d'inhalation de vapeur de mercure plus élevé, ni une concentration de mercure sanguine et dans l'urine plus élevée que le groupe contrôle. Les quantités de mercure décelées par les analyses étaient infinitisimales [6]. Des études ont montré que les problèmes que les patients attribuaient aux obturations d'amalgame étaient de nature psychosomatique et avaient été exacerbés beaucoup suite à la sensationalisation par les médias [7-11].

Une revue élaborée publiée en 1993 par le U.S. Department of Health and Human Services a conclut qu'il "y a très peu d'évidence que la santé de la grande majorité de la population soit à risque du à l'amalgame ou que d'enlever les plombages d'amalgame aurait un effet bénéfique sur la santé" [12]. En janvier 1998, l'American Dental Association council on Scientific Affairs a émis un rapport sur la sécurité des amalgames dentaires, avec emphase sur les études qui avaient été publiées depuis la revue de 1993. Le rapport a conclu:

Des millions de personnes ont des restaurations d'amalgame dans leurs bouches, et des millions d'autres vont recevoir de l'amalgame pour leurs caries dentaires. Au long des années, l'amalgame a été utilisé pour des restaurations dentaires sans évidence de problèmes majeures de santé. Des techniques nouvelles développées ont démontré que des niveaux de mercure minimes sont libérées par les restaurations d'amalgame, mais aucune conséquence a été démontrée pouvant affecter la santé à ces expositions tellement minimes au mercure. Avec l'information scientifique disponible et considérant les bénéfices démontrés par l'amalgame dentaire, à moins que des nouvelles recherches rapportent le contraire, il n'y a aucune justification actuellement de cesser l'emploi d'amalgame dentaire [13].

Déclarations douteuses

Malgré ces faits, un groupe petit mais bruyant de dentistes, médecins et une variété d'autres partisans "holistiques" maintiennent que les plombages de mercure-amalgame sont un risque de santé et devraient être remplacés. Le plus grand partisan d'un tel conseil est Hal Huggins, D.D.S., de Colorado Springs, Colorado. Le docteur Huggins a gradué de l'University of Nebraska School of Dentistry en 1962 et a recu une maitrise en science de l'University of Colorado en 1989.

Huggins a dirigé plusieurs séminars pour dentistes sur ses notions au sujet "d'équilibrer la chimie de l'organisme" par des méthodes nutritionnelles. La base de son approche est que plusieurs maladies et conditions peuvent être prévenues ou guéries par la diète seule. En 1975 l'American Dental Association Council on Dental Research a conclu qu'il y avait peu ou pas d'évidence pour appuyer les déclarations diététiques de Huggins.

En 1985 Huggins et son épouse Sharon publièrent un livre, It's All in Your Head, qui combine les théories discréditées de l'équilibre de la chimie de l'organisme avec l'assertion que le mercure dans les plombages d'argent est toxique. Le livre déclare qu'il est devenu intéressé dans le sujet en 1973 quand un dentiste de l'Argentine lui a dit que la leucémie, la maladie d'Hodgkin, les désordres intestinaux et une foule d'autres maladies auraient été guéries par l'enlèvement des amalgames d'argent-mercure. Huggins dit que les résultats du début étaient "sporadiques et non-prédictibles. Au plus 10% des patients ont répondu." Par la suite il déclara que quelques plombages avaient des "courants éléctriques négatifs" et en les enlevant dans la bonne séquence et ajoutant des suppléments diététiques amélioraient les taux de réussite. Depuis, il a continué sa croisade contre l'emploi de l'amalgame et a consacré sa pratique uniquement sur des conseils sur ce sujet.

Un bulletin d'information distribué durant 1985 par le Toxic Element Research Foudation de Huggins déclare que, "Tout le monde réagit à la présence de mercure. . . . Quelque 80% de la population vont voir un changement léger de leur système immunitaire ce qui va se traduire par trois rhumes par hiver au lieu de seulement deux, ou une augmentation de leurs globules blancs de 2000 à 3000 éléments. Chez ceux qui sont sensibles, 20% peuvent voir une baisse soudaine de leur immunocompétence les rendant susceptibles à des maladies auto-immunes, ou avoir une augmentation de leurs globules blancs dans l'ordre de 30,000 ou plus."

Selon Huggins, les individus "sensibles" peuvent développer des problèmes émotionnels (dépression, anxiété, irritabilité), des désordres neurologiques (tics facials, spasmes muscululaires, l'épilepsie, la sclérose en plaques), des problèmes cardio-vasculaires (un rythme cardiaque rapide sans raison, des douleurs thoraciques non identifiées), des maladies du collagène (l'arthrite, la sclérodermie, le lupus érythémateux), des allergies, des problèmes digestifs (ulcères, iléite régionale), et des problèmes immunologiques (qui incluent selon lui la leucémie, la maladie d'Hodgkin, et la mononucléose). Il recommande de remplacer les plombages de mercure par d'autres matériels et de prendre des vitamines et d'autres suppléments pour prévenir des malaises suite à l'enlèvement de l'amalgame.

Tests douteux

Les dentistes contre l'amalgame utilisent typiquement un analyseur de vapeur de mercure pour convaincre les patients que la "désintoxication" est nécessaire. Pour employer l'appareil, le dentiste demande au patient de mâcher vigoureusement pour dix minutes,ce qui peut générer des quantités minimes de merucure des plombages. Malgré que cette exposition ne dure que quelques secondes et la majeure partie du mercure sera expiré plutôt qu'être absorbée par l'organisme, l'appareil donnent une lecture faussement élevée, ce que les anti-amalgamistes interprètent comme dangereuse.

L'analyseur utilisé le plus souvent est le "Jerome mercury detector" (voir photo ci-haut) un gadget industriel qui multiplie la quantité de mercure qu'il décèle dans un petit échantillon d'air par un facteur de 8,000. Ceci donne une lecture par mêtre cube, un volume beaucoup plus grand que celui de la bouche. La façon appropriée de déterminer l'exposition au mercure est de mesurer les taux dans le sang et l'urine, qui indiquent combien l'organisme a absorbé et excrété. Les analyses scientifiques ont démontré que la quantité de mercure absorbé des plombages est trop petite pour être significative.

Certains anti-amalgamistes font un "patch test" (test par application locale) avec une solution diluée de chlorure de mercure. La rougeur causée à la peau ou un d'un grand nombre de symptômes sont alors mal interprétés comme des signes "d'empoisonnement par le mercure," et le patient est conseillé d'avoir tous ses plombages enlevés.

D'autres anti-amalgamistes ont utiliseé un voltmètre pour mesurer les supposées différences dans la conductivité électrique des dents. Un de ces appareils -- "l'Amalgameter" -- était vendu par Huggins durant le début des années 1980. En 1985, après qu'une autre compagnie a entrepris la vente de l'appareil, le FDA a conclu que l'appareil était mal-étiquetté parce que les renseignements l'accompagnant déclaraient qu'il pouvait être utilisé pour recommander l'enlèvement des plombages. Dans une lettre régulatoire, l'agence a dit

"il n'y a aucune base scientifique pour l'enlèvement des plombages d'amalgame dans le but des remplacer avec d'autres matériels comme décrit dans le feuillet. . . Nous considérons votre appareil comme étant directement associé avec . . . . un procédé qui pourrait avoir des mauvaises conséquences sur la santé si utilisé pour les buts intentionnels."

L'action de la FDA peut avoir gêné le marché de l'Amalgamètre. Toutefois, elle a eu aucun ou peu d'effet sur l'abus de tels appareils dans les cabinets de dentistes.

Consultations suspectes

En plus de voir des patients, Huggins a dirigé un service de consultation par lequel les patients étaient évalués et recevaient des conseils par téléphone ou par courrier. Les conseils étaient centrés autour d'un "Mercury Assist Program," (Programme d'aide au sujet du mercure) basé sur les résultats d'analyse capillaire, un hémogramme complet, un profil biochimique, une analyse d'urine pour le mercure, et un questionnaire détaillé au sujet de la diète, style de vie, antécédents médicaux, et symptômes courants. Les données étaient alors incorporées dans un long rapport contenant des recommandations pour la diète, supplémentation, style de vie, et l'enlèvement des obturations d'amalgames. Huggins maintient que pour éliminer le mercure complètement de l'organisme, il faut être sur une diète restrictive, prendre des suppléments diététiques pour stimuler la membrance cellulaire, et enlever les obturations d'amalgame dans la propre séquence.

Vers la fin des années '80s, lorsque Huggins demandait  $1,500 pour une consultation en cabinet et $378 pour le programme d'aide, j'ai décidé de prendre le programme d'aide par courrier. Le rapport déclarait que mon niveau de mercure urinaire "suggérait une toxicité" (parce qu'il était trop bas!), et que mon échantillon capillaire montrait des "déficiences" de chromium, fer, manganèse, potassium, et lithium, et des "excès" de calcium, zinc, et de cuivre. Le rapport incluait 17 pages de foutaise biochimique reliée à ces résultats et plus de 30 pages d'autres conseils. Les instructions jointes demandaient de communiquer avec le bureau de Huggins pour connaître le nom d'un dentiste qui pourraient remplacer mes plombages d'amalgame. Le rapport recommandait de prendre de la vitamine C (trois grammes par jour), du potassium, et trois produits spéciaux de suppléments de Huggins deux jours avant l'enlèvement de mes plombages d'amalgame et de répéter les analyses capillaires, sanguines et d'urine trois semaines après l'enlèvement des plombages. Le coût de l'interprétation de suivi serait de $100 en plus du coût des analyses faites par le bureau de Huggins.

Ni l'analyse capillaire ou les questionnaires informatisés nutritionnels apportent une base légitime pour la détermination de l'état nutritionnel de l'organisme ou pour la recommandation de suppléments. Un taux de mercure dans l'urine bas ne suggère pas une toxicité. Robert S. Baratz, M.D., D.D.S., un expert en matériels dentaires, a fait une revue d'une douzine de rapports de "Mercury Assist" et a conclu: "Ils varient que légèrement d'une personne à l'autre. Tous concluent que l'envoyeur est empoisonné par le mercure. L'Assist Program est une comédie." [15]

Huggins aussi maintenait que plusieurs matériels dentaires alternatifs contenaient des substances toxiques et recommandait son Serum Compatibility Testing™ pour déterminer quels matériels étaient le moins susceptibles de causer du tort. Ce test aussi est sans valeur [16].

Ethique douteuse

Il y a une évidence écrasante que les plombages avec le mercure-amalgame sont sans dangers. Depuis 1905, malgré que des milliards ont été utilisées, moins de cinquante cas d'allergie à l'amalgame ont été rapportés dans la littérature scientifique. En 1986, l'American Dental Association Council on Ethics, Bylaws, and Judicial Affairs a conclu que "l'enlèvement des obturations d'amalgame dans le but prétendu d'enrayer des substances toxiques de l'organisme, quand un tel traitement est fait sur la recommandation du dentiste, est un geste de fraude ou de charlatanisme dans tous les cas à l'exception d'un éventail extrèmement limité." Cette décision a été provoquée en partie par un cas où un dentiste d'Iowa aurait extrait 28 dents chez un patient souffrant de sclérose en plaques. Le dentiste a vu son permis de pratique enlevé pendant 9 mois suivi d'une période de probation de 51 mois.

Enlever des plombages en bon état n'est pas seulement un gaspillage d'argent. Dans certains cas, le résultat est la perte de dents. En 1985 un règlement de $100,000 a été accordé à une femme de 55 ans de Californie chez qui son dentiste aurait enlevé des plombages d'argent. Basé sur un test fait avec le Dermatron (un faux gadget électrodiagnostique), le dentiste maintenait que les plombages étaient un "handicap" à son gros intestin [17]. En enlevant les plombages de cinq dents, le dentiste lui a causé des dommages aux nerfs ayant nécessité des traitements de canal pour deux dents et l'extraction de deux autres.

Les dentistes "libre de mercure" utilisent habituellement des tactiques de peur pour promouvoir leurs services. Par exemple, une annonce dans un jounal en février 1998 placée par un dentiste du Michigan notait: "Après 10 ans, 85% du mercure peut être perdu. Devrait-on permettre à notre organisme de devenir un dépotoir de déchets toxiques?" Le National Council Against Health Fraud a souligné que les pratiquants qui ne veulent pas utiliser l'amalgame peuvent quand même pratiquer sur le plan éthique en donnant des conseils appropriés et en référant leurs patients ailleurs où l'amalgame est le meilleur choix. Mais en s'annonçant comme practicien "libre de mercure" n'est pas éthique parce qu'il implique que les obturations d'amalgame sont dangereuses et que les méthodes sans mercure sont supérieures [18].

Qu'est est la raison que les anti-amalgamistes agissent ainsi? James R. Berry, editeur associé du journal de l'American Dental Association les caractérise comme suit:

Nous savons que certains d'eux sont sincères, mais confus par la Méthode Scientifique. Ils lisent de la foutaise et l'accptent. D'autres ont des horizons plus claires et n'ont pas d'excuses. Ils voient assez clairement, et ce qu'ils voient c'est une opportunité, colorée en vert. Quand la recherche universelle pour la santé rencontre l'avarice, la collision est bruyante et dangereuse. Les gens sont blessés par ceux dont ils s'attendent jamais d'être victimes.
 
Les anti-amalgamistes -- avec leur mercuro-mètres . . . seraient des êtres comiques s'ils n'étaient pas si insidieux. Ils s'attaquent à leurs cibles faciles: les personnes sérieusement malades qui cherchent de l'espoir conre une alternative sombre [19].

Le docteur Baratz a aussi souligné:

Les dentistes qui s'engagent à essayer de "diagnostiquer" ou "traiter" "la toxicité métallique sévère." ou qui évaluent leurs patients en ce qui a trait aux métaux lourds par quels moyens que se soit ne pratiquent pas la dentisterie. Ces procédures sont en dehors de leur capacité comme dentistes licenciés. Tout dentiste qui croit qu'un patient nécessite un diagnostic ou traitement pour une condition médicale en dehors de l'étendue de sa pratique devrait être obligé de référer le patient à un médecin ou autre profesionnel de la santé. Négliger de le référer ailleurs est considéré comme une faute professionnelle dans bien des jurisdictions [20].

Recherche douteuse

En 1990, des chercheurs à l'Université de Calgary, au Canada, ont rapporté les résultats d'une expérience dans laquelle ils ont placé des plombages à l'amalgame chez 6 moutons. Dans deux mois, les chercheurs ont maintenu que les moutons avaient perdu beaucoup de leur fonction rénale tandis qu'un groupe contrôle (deux moutons) n'avaient rien perdu. Newsweek, qui a accepté l'étude pour sa valeur nominale, l'a décrit comme première évidence que la quantité de mercure qui est libéré des plombages aboutissant dans l'organisme est endommageable. (Le co-auteur de l'article dans Newsweek est le même qui s'est prononcé contre le traitement de l'eau au fluor plus tôt durant la même année.) Toutefois, les experts en biochimie, toxicologie, chirurgie dentaire, et médecine vétérinaire considèrent l'étude sur les moutons sans valeur.

Une des ces autorités est Robert S. Baratz, D.D.S., Ph.D., M.D., un expert sur les matériels en chirurgie dentaire. Dans une lettre envoyée à 60 Minutes (CBS-TV) deux semaines avant la diffusion du programme, il a noté:

Le docteur Baratz et au moins un autre critique bien informé aussi auraient voulu parler au producteur du programme 60 Minutes, Patti Hassler, avant la diffusion du programme. Mais ils ont rencontré un mur de ciment.

Télévision toxique

Le programme de 60 Minutes sur l'amalgame dentaire, qui était un reportage plus long qu'à l'habitude, était nommé "Poison in your Mouth" (poison dans votre bouche.) Il était parsemé de commentaires d'un représentant de l'American Dental Association avec des déclarations de trois critiques de l'amalgame et quatre patients qui maintenaient avoir été guéris de façon remarquable d'arthrite ou de sclérose en plaques après l'enlèvement de leurs plombages à l'amalgame. La portion du programme la plus émouvante portait sur une femme qui a dit que ses symptômes de sclérose en plaques avaient disparu du soir au lendemain. Le fait que l'arthrite et la sclérose en plaques normalement ont des hauts et des bas n'était pas mentionné durant le programme. Ni non plus le fait que l'enlèvement des plombages augmente temporairement le taux de mercure dans l'organisme, par conséquent la guérison "du soir au lendemain" n'a pas pu être causé par l'enlèvement du mercure [21,22].

Le représentant de l'American Dental Association a été questionné par Morley Safer au bureau chef de l'ADA. Il était clair suite à ses questions que le programme était pour être une entreprise de démolissage. Après que l'American Dental News a publé un long article au sujet de l'entrevue, un dentiste à qui rien n'échappe a noté que la photo incluse montrait Morley Safer en train de fumer une cigarette. Oui, l'éditeur répondit-même si le bureau chef de l'ADA a une politique bien évidente de 'non fumeur.'

Après que le programme a été diffusé, j'ai écrit à Don Hewitt, réalisateur exécutif de 60 Minutes, expliquant pourquoi "la guérison du soir au lendemain" était un canular (hoax.) Ma lettre aussi demandait si Morley Safer avait des plombages contenant du mercure et, si oui, il a fait ce qu'il prêchait, les a fait enlever. Le directeur des services de l'auditoire de CBS a répondu: "Notre but n'était pas de condamner les dentistes ou leur emploi de plombages d'amalgame d'argent.. . . .Plutôt, le personnel de 60 MINUTES a fait tout en leur pouvoir d'assurer que notre reportage était équilibré en présentant les deux côtés du sujet."

De façon non surprenante, le programme a déclanché une avalanche de questions aux dentistes et a fait que beaucoup de télé-spectateurs ont cherché à remplacer leurs plombages avec d'autres matériels. Consumer Reports, American Health, Prevention, et beaucoup d'autres bulletins de santé rassuraient leurs lecteurs que l'amalgam est sur. Mais le tort fait par le programme ne peut pas être corrigé. En août, Consumer Reportspublia la lettre qui suit:

"Ma mère, qui a été diagnostiquée avec la maladie de Lou Gehrig il y a plus de deux ans, a fait enlever ses plombages immédiatement après le programme. Après avoir dépensé $10,000 et enduré plus de 18 heures de travail dentaire si douloureux qu'elle a même perdu connaissance une fois dans la salle d'attente, sa condition ne s'est pas amélioré. La douleur a été dépassée seulement par la déception monumentale pour elle et sa famille d'avoir vécu un faux espoir."

En 1990, Consumer Reports Books ont publié Health Schemes, Scams, and Frauds, un livre sur le charlatanisme auquel j'ai contribué. Le livre concluait:

"Dans l'opinion de CU (Consumers Union), les dentistes qui prétendent traiter des problèmes de santé en arrachant les plombages mettent leurs propres intérêts économiques devant le bien-être de leurs patients. Le faux diagnostic de toxicité par le mercure-amalgame a un potentiel tellement dommageable et démontre un jugement tellement mauvais de la part du pratiquant que CU croit que les dentistes qui font une telle pratique devraient avoir leur permis de pratique révoqué" [23].

Dans les dernières années, Hal Huggins a aussi visé la thérapie de traitement de canal, maintenant qu'il pourrait rendre les gens susceptibles à l'arthrite, la sclérose en plaques, la sclérose latérale amyotrophique, et d'autres maladies auto-immunes. Comme avec les plombages mercure-amalgame, il n'y a pas d'évidence objective que les dents traitées avec traitement de canal ait un effet adverse sur le système immunitaire ou tout autre système ou partie de l'organisme. Le permis de pratique de Huggins a été révoqué en 1996. Durant les procédures de révocation, le juge en droit administratif a conclut:

Il a, par la suite, travaillé comme consultant à temps partiel au Center for Progressive Medicine, une clinique méxicaine qui maintenait traiter "des maladies fréquemment créées ou exacerbées par des réactions adverses aux matériels et procédures dentaires."

Pour des renseignements additionnels

Références

  1. Mackert JR. Dental amalgam and mercury. Journal of the American Dental Association 122:54-61, 1991.
   2. The mercury in your mouth. Consumer Reports 56:316-319, 1991.
   3. Olsson S, Bergman M. Daily dose calculations from measurements of intra-oral mercury vapor. Journal of Dental Research 71:414-423, 1992.
   4. Mackert JR. Factors affecting estimation of dental amalgam exposure from measurements of mercury vapor in levels in intraoral and expired air. Journal of Dental Research 66:1175-1180, 1987.
   5. Mackert JR Jr, Berglund A. Mercury exposure from dental amalgam fillings: absorbed dose and the potential for adverse health effects. Critical Review of Oral Biology and Medicine 8:410-436, 1997.
   6. Berglund A. Molin M. Mercury vapor release from dental amalgam in patients with symptoms allegedly caused by amalgam fillings. European Journal of Oral Science 104:56-63, 1996.
   7. Herrstrom P, Hogstedt B. Clinical study of oral galvanism: No evidence of toxic mercury exposure but anxiety disorder an important background factor. Scandinavian Journal of Dental Research 101:232-237, 1993.
   8. Lindberg NE, Lindberg E, Larsson G. Psychological factors in the etiology of amalgam illness. Acta Odontologica Scandinavia 52:219-228, 1994.
   9. Bagedahl-Strindlund M and others. A multidisciplinary clinical study of patients suffering from illness associated with mercury release from dental restorations: Psychiatric aspects. Acta Psychiatr Scandinavia 96:475-482, 1997.
10. Malt UF and others. Physical and mental problems attributed to dental amalgam fillings: a descriptive study of 99 self-referred patients compared to 272 controls. Psychosomatic Medicine 59:32-41, 1997.
11. Bailer J and others. Adverse health effects related to mercury exposure from dental amalgam fillings: toxicological or psychological causes? Psychological Medicine 31:255-263, 2001.
12. Benson JS and others. Dental Amalgam: A Scientific Review and Recommended Public Health Strategy for Research, Education and Regulation. Washington, D.C., 1993, US Public Health Service.
13. ADA Council on Scientific Affairs. Dental amalgam: Update on safety concerns. Journal of the American Dental Association 129:494-501, 1998.
14. Dentist's device. FDA Consumer 23(8):35-36, 1989.
15. Baratz RS. Personal communication to Stephen Barrett, M.D., December 21, 1999.
16. Baratz RS. "Serum compatability" testing. Quackwatch, posted Dec 23, 1999.
17. Sherry v Doe. Calif Sonoma County Superior Court, No. 134740, March 1, 1985.
18. NCAHF Position Paper on Amalgam Fillings. NCAHF Web site, Oct 2002.
19. Berry JR. False hope suffers a setback. ADA News 27(22):4, 1996.
20. Baratz RS. Key points about amalgam safety. Modified from testimony to the Florida Board of Dentistry, September 29, 2001.
21. Molin M and others. Mercury, selenium and glutathione peroxidase before and after amalgam removal in man. Acta Odontologica Scandinavia 48:189-202, 1990.
22. Sandborgh-Englund G, Elinder C, Langworth S, Schutz A, Ekstrand J. Mercury in biological fluids after amalgam removal. Journal of Dental Research 77:615-624. 1998.
23. Barrett S and the editors of Consumer Reports Books. Health Schemes, Scams, and Frauds. Mount Vernon, N.Y.: Consumer Reports Books, 1990.
24. Connick N. Before the State Board of Dental Examiners, State Board of Colorado. Case No. 95-04. In the matter of the disciplinary proceedings regarding the license to practice dentistry in the State of Colorado of Hal A. Huggins, D.D.S., License No. 3057. Feb 29, 1996.


Cet article a été révisé le 2 mars, 2006. Traduction mise à jour le 12 fév. 2010.

 
 

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