Un aperçu d'un bureau de chriopracticien

 

L'auteur de cet article, qui est connu du Dr. Barrett, désire demeuré anonyme

 

En 1995, j'ai travaillé dans un bureau de chriopraxie pour environ quatre mois. Au début, j'ai fait une demande pour la position de réceptionniste/administrateur de bureau. J'avais déjà fait du travail de bureau et pour un court temps dans le milieu médical.

La procédure d'engagement consistait en un examen du QI auto-administré et des tests de personnalité, que j'ai bien réussis. Suite à une courte entrevue avec le chiro qui dirigeait la clinique (que je vais appeler le Dr Smith), j'étais engagé comme "assistant chiro." Mon salaire était huit dollars l'heure, et un boni (habituellement 25 cents pour chaque traitement que je donnais.)  

Je n'ai jamais travaillé à la reception ou dirigé un bureau auparavant. Après quelques quatre heures d'entrainement dans ce nouveau travail, j'ai commençé à administer des traitements. Le traitement le plus fréquent était le massage des "points déclancheurs" (trigger points), une sorte d'acu- pression de forme libre utilisant une barre de forme en T avec un enbout en caoutchouc. On m'a appris ce que les points d'acupression étaient, et je devais sentir les "noeuds" dans les muscles, qui aussi nécessitaient l'application de pression utilisant la barre en T et mon poids. Je ne pense pas que ceci était confortable pour le patient. J'étais inexpérimenté et maladroit, mais les docteurs ne semblaient pas s'en faire. Chaque massage des "points de déclencheurs" devait durer 10 minutes (ou moins si on pouvait le faire). Mon boni n'était pas basé sur la satisfaction du patient.

J'ai aussi fait des applications d'EMS (electrical muscle stimulation ou stimulation musculaire électrique) aux patients. Ceci consistait à appliquer des électrodes collants à certaines zones spécifiques du patient, et l'opération d'une machine qui fournissait le courant électrique. J'ai subi le traitement dans mon entrainement: la sensation ressemble à des insectes qui rempent sur la peau. Ils m'ont dit que ceci augmente la circulation sanguine aux muscles affectés. On utilisait toujours les mêmes électrodes jusqu'à temps qu'elles perdent leur adhérence, les nettoyant avec une vaporisation d'une mousse (un produit Amway) qui était germicide apparemment. On employait cette même mousse pour nettoyer les tables, bureaux , et autres meubles.

J'ai aussi administré des compresses chaudes ou froides. (Celles-ci étaient mes favories, car je n'avais qu'à les placer sur le patient pour mon boni de 25 cents.) Plus tard, vers la fin de mon séjour dans le bureau, j'administrait une "thérapie Vax-D" que je décris plus bas. Parce que ce traitement prenait une demi-heure, mon boni était d'un dollar.

Les heures de bureau étaient accommodaient les patients qui venaient durant l'heure du diner et après leur travail. La journée commençait à onze heures ou à peu près, et le docteur Jones (un autre pseudonyme), un employé du docteur Smith, travaillait de midi à 13 heures, et de 16 heures jusqu'à 19 heures. Durant mes "heures libres," je transcrivais des notes de patients et écrivait des lettres à envoyer aux compagnies d'assurance, justifiant les traitements. En plus, je dessinait des coupons.

Comme stratégie de marketing, le bureau plaçait des boites chez des marchands locaux, annonçant un "concours" le gagnant recevant un massage et examen de la colonne vertébrale --d'une "valeur de $150." En retour, les marchands recevait des livrets de coupons avec des annonces pour eux-mêmes et d'autres marchands. C'était une partie de mon travail, d'assembler ces livrets, utilisant de l'équipement antique et un programme d'ordinateur ancien. La qualité de ces "livrets de coupons" le reflétait. Chaque marchand participant recevait environ cinq livrets avec mes dessins spéciaux. Je me suis informé de la qualité de ces livrets auprès de mon employeur qui m'a répondu, "Qu'est-ce qui veulent? Ils sont gratuits." Les questions que je demandais sur la chiropraxie étaient reçues avec indifférence, comme si j'étais trop stupide pour comprendre.

Les chiros avaient un employé à plein temps qui ne faisait que visiter des marchands dans le but de leur vendre le concept de "boite et livrets de coupons." Ils avaient aussi dans leur emploi, une jeune femme, à temps partiel, qui téléphonait à des gens et leur disait qu'ils étaient gagants du concours. En réalité, tous qui adhéraient à ce projet étaient des "gagnants." Ceux qui venaient au bureau recevait un court massage des points dits déclancheurs, une radiographie de la colonne vertébrale, et une courte consultation avec soit le docteur Smith ou Jones.

Je me suis rendu compte à la longue que tout le monde qui entrait dans le bureau était avisé de prendre un traitement chiropratique. Pour les docteurs, la vie semblait être un combat constant de convaincre les masses de gens qu'ils avaient besoin d'ajustements de leur colonne. Un jour ils ont essayé de me faire quitter pour la journée plus tôt parce que la journée n'était pas trop achalandée. Ils m'ont dit que je devrais convaincre mes amis de passer au bureau pour des ajustements. Ils ne connaissaient pas mes amis, ou s'ils avaient besoin des problèmes nécessitant de l'aide. Ils m'ont dit des rassembler et des amener au bureau.

Les docteurs gardaient des statistiques sur tout. Chaque jour, on commençait la journée avec une courte réunion durant laquelle nous lisions chacun nos statistiques. Pour moi, ce n'était que le nombre de traitements faits. Malgré que ceci dépendait sur le nombre de patients qui étaient cédulés pour traitement, une augmentation était "récompensée" comme une "victoire" par des applaudissements. Le docteur Smith par la suite donnait une courte conférence. Parfois il s'agissait de lecture du manuel du personnel, un livre de feuilles mobiles remplie de procédures, des prélèvements de livres de Scientologie, et des tableaux du déroulement du travail. Parfois il lisait des témoignages des patients. (Une feuille était gardée sur le bureau de réception pour que les patients puissent écrire leurs commentaires. Tous les rapports négatifs étaient jetés.)

A d'autres moments, les chiros discutaient des patients, ou nous questionnaient sur eux. Je me souviens, plus qu'une fois, un patient qui ne répondait pas au traitement était étiquetté comme "difficile" et on faisait des remarques comme, "Il ne veut pas être mieux," "elle est paresseuse," ou "il veut continuez à recevoir de la compensation pour incapacité." Parfois, on donnait congé à un patient. Il n'était pas référé ailleurs, on ne lui disait pas qu'il pourrait s'agir d'un problème médical, simplement congédié.

La période de travail la plus achalandée était de 16 heures à 18 heures 30. C'était comme une ligne d'assemblage. Les patients entraient, on leur remettait leur dossier. Ils évaluaient leurs symptômes, et s'étendaient sur une des six tables pour traitement. Les traitements étaient administrés par le docteur Jones, utilisant la techinique dite "activateur." L'activateur est un marteau chargé d'un ressort utilisé pour tapper le long de la colonne vertébrale, qui est un traitement appelé un "ajustement." (Contrairement à la plupart des chiros dont j'ai entendu parler, les docteurs ne se servaient pas de leurs mains pour manipuler la colonne.) Quelques patients étaient aussi avisés de faire des exercices de type isométrique comme une forme "d'entretien préventif."

Durant les périodes les plus occupées, le docteur Smith et un autre homme que j'appellerai 'Bob' rencontraient les patients individuellement. Bob n'était pas un chiro. Pendant ses rencontres, ils discutaient du diagnostic et des recommandations de traitement et montraient des radiographies qui étaient au préalable marquées avec un rapporteur par l'assistant chiro. Ils discutaient aussi des coûts du traitement.

En plus durant cette période, l'assistant chiro sénior faisait des épreuves de mesure de la fléxibilité, de la sensibilité, etc. Une de ces épreuves était faite avec un groupe de petites électrodes et un ordinateur. Ceci produisait des tableaux avec des grandes flèches (plus les flèches étaient grandes, plus gros était le problème). Je devais apprendre à utiliser cet appareil, mais je n'ai pas eu trop de succès. Une fois j'ai pratiqué sur Bob. Ses résultats étaient terribles. Il m'a dit: "Alors, je n'ai pas fait mes exercices comme il faut."

Après leur ajustement chiropratique, les patients revenaient dans la salle de traitements où je leur administrais les traitements décrits plus haut. Aussi je développait des radiographies. Tout le monde qui venait au bureau avait au moins une radiographie de la colonne vertébrale complète. Je m'en suis fait faire une aussi. Les patients qui se faisait prescrire les exercices avaient une série complète de radiographies de type "marge de motion." Celles-ci étaient marquées par l'assistant sénior, qui semblait mesurer les différences dans la taille des épaules, et l'angle des hanches. Les marques faites me semblaient refléter la position du patient debout lorsque la radiographie fut prise.

Les patients par la suite retournaient leur dossiers ou cartes à la reception. J'ai souvent entendu que le succès des médecines "alternatives" était relié en partie au fait que la relation patient-médecin était meilleure, plus proche. Toutefois, ce que je voyais dans ce bureau ne me donnait pas cette impression. Les patients avaient des consultations quand ils commençaient le traitement ou quand on leur prescrivait des exercices, ou quand ils commençaient à avoir moins d'argent pour payer. Autrement, la procédure utilisée avait pour seul but d'avoir autant de monde qu'il était possible au bureau. Le docteur Jones les saluait, et leur disait si leurs jambes étaient de longueur égale selon le "test" quand ils étaient allongés sur la table. Ils leur disait parfois, par exemple, "un quart de pouce plus courte aujourd'hui." Jones pouvait alors leur donner quelques "ajustements" avec l'Activateur et c'est tout.

Parce que le docteur pouvait "empiler" et ajuster les patients en succession rapide, il y avait toujours un recul dans la salle d'attente. Je ne parlais pas aux patients parce que j'étais occupé. On nous empêchait de parler aux docteurs durant les traitements. Il fallait leur écrire des notes. Je n'ai jamais compris cette façon de procéder, et on ne me la jamais expliquée.

Le bureau avait comme employées trois femmes qui s'occupaient de la collection. Elles essayaient d'obtenir de l'argent des compagnies d'assurance. Les patients sans assurance, ou quand leur assurance ne payait plus, la limite ayant été atteinte, étaient encouragés d'essayer d'empreunter, de payer à chaque visite, ou dans certains cas, par paiements pré-établis. Je n'ai pas de détails sur ces plans, car je n'étais pas impliqué directement.

Après un mois, j'étais éligible à des traitements chiropratiques gratuits. J'ai eu une radiographie complète de la colonne vertébrale, et on m'a demandé si j'avais des symptômes quelconques. Je souffrais d'insomnie, probablement causée par des heures irrégulières. J'ai remarqué que quand je me couchais à des heures régulières, je dormais beaucoup mieux. J'avais aussi des maux de tête, reliés au stress par manque de sommeil. Mes films radiologiques étaient marquées et je me suis fait dire que ma colonne était trop droite.

Les ajustements qu'ils m'ont faits me paraissaient étranges. L'activateur donnait l'impression d'une tappe pesante, et je sentais une pression sur mes hanches, fesses, et au bas du dos (les zones principales ajustées) pour un moment ou deux après le traitement. Une ou deux fois, on a utilisé l'activateur aur mon cou. Ceci semblait diminuer mes céphalées, comme si je prenais une aspirine. Le mal de tête partait, mais avait tendence à revenir plus tard. On peut dire que je n'ai pas alloué assez de temps au traitement de faire son effet (ou je n'en ai pas pris assez). Je n'essairai pas de refuter cet argument. Le traitement n'a eu aucun effet permanent sur mon insomnie (réglée suite à des heures régulières de sommeil, longtemps après mes ajustements) ou sur mes maux de tête (qui sont disparues une fois que je dormais mieux, et suite à des évènements stressants qui se sont passés).

Après deux mois, j'ai appris comment mettre les patients sur la table Vax-D, un"chevalet]" assez large, qui fonctionne hydrauliquement. Les patients sont sécurisés à la table avec des harnais larges faits de canvas (comme une large ceinture), et tiennent des poignées qui les aident à régler l'étirement eux-mêmes. Ceci était supposé décomprimer la colonne vertébrale. L'équipement apparemment a été inventé par un médecin, un fait qui a été mentionné souvent dans la promotion du traitement. Il était fait pour éliminer le besoin de chirurgie au dos, et était réservé pour des cas "sévères". Le coût était 125 dollars de la session, prescrite en bloc de dix.

C'était la machine Vax-D qui était la cause de mon congédiement, je crois. Un jour un patient entre dans la salle, est attaché à la table. La courroie qui devait le tenir en place a commencé à glisser, alors j'ai arrêté le traitement. Il est devenu vexé, que j'aie arrêté la table, et a insisté que je continue. Je lui ai dit que c'était dangereux (si la courroie continuait à glisser, elle causerait un irritation douloureux en se séparant de son corps.) Il est devenu belligérant, s'est mis à sacrer, s'est détaché lui-même, m'a montré son doigt, et parti en vitesse du bureau. J'étais bouleversé par son aggressivité, mais ni Smith ni Jones ont dit quoi que ce soit au sujet de l'incident jusqu'au lendemain quand il m'ont mis à la porte. Je me suis fait dire que j'ai causé une grande perte d'argent à la pratique.

Eventuellement j'ai trouvé du travail dans un domaine non relié. Je suis très heureux et tout va bien.

J'ai un peu de culpabilité d'avoir travaillé dans une telle place, et davantage d'avoir participéé au fameux jeu de "coupons" pour les "boites" chez les marchands. Une partie de moi n'aime pas le fait que j'ai été congédié; mais tous les incidents et évènements décrits plus haut sont arrivés autant que je puisse m'en rappeler. Je ne sais pas pourquoi le patient de la table Vax-D est devenu tellement fâché. L'incident n'a jamais été discuté par la suite.

En rétrospective, la question la plus imporante pour moi est une que je ne peux répondre. Est-ce que les docteurs croient qu'il aidaient réellement les patients, ou ils étaient que des charlatans cyniques? Ils défendaient la chiropraxie en général et leurs pratiques spécifiquement, mais je me suis rendu compte de cela seulement dans le contexte quand ils s'en prenaient aux compagnies d'assurance si une compagnie refusait de payer une réclamation. J'ai vu et entendu la notion d'un patient qui ne voulait pas devenir mieux, dans d'autres contextes, mais jamais aussi souvent qu'à cet endroit. Mon problème majeur avec ce que j'ai observé c'est la notion que tout le monde, qu'ils le savent ou non, a besoin d'ajustements chiropratiques.

Je ne maintiens pas que ces expériences sont typiques de la chiropraxie. Ils illustrent, toutefois, comment un bureau fonctionnait. De ce que j'ai vu, l'aggressivité du côté "marketing" et l'offre de "l'examen gratuit" seraient des trucs communs.

retour à la page d'accueil