La montée en flèche et le déclin du Laetrile

 

Benjamin Wilson, M.D.

 

Laetrile est le nom commercial du laevo-mandelonitrile-beta-glucoronoside, une substance supposément synthétisée par Ernst T. Krebs, Jr., et enregistrée avec le U.S. Patent Office pour le traitement des "dérangements dus à la fermentation intestinale." Ce composé est relié chimiquement à l'amygdaline, une substance retrouvée naturellement dans les noyaux des abricots et d'autres fruits. Les partisans du Laetrile pour le traitement du cancer utilisent les mots Laetrile et amygdaline alternativement.

L'amygdaline à été originalement isolée en 1830 par deux chimistes français. En présence de certaines enzymes, l'amygdaline se métabolise en glucose, benzaldehyde, et cyanure d'hydrogène (qui est toxique). Elle a été utilisée en essai en Allemagne en 1892 comme agent anti-cancéreux, mais a été rejetée comme inefficace et trop toxique. Durant le début des années 1950, Ernst T. Krebs, Sr., M.D., et son fils Ernst, Jr., commencèrent à utiliser une forme d'amygdaline "purifiée" pour traiter des patients atteints de cancer. Depuis ce temps, les scientifiques ont évalué des substances appelées "Laetrile" dans plus de 20 tumeurs témoins animales ainsi que chez les humains et n'ont trouvé aucun effet bénéfique soit seul ou en combinaison avec d'autres substances. Tout au long, ses partisans ont modifié leurs prétentions en ce qui a trait à l'origine du Laetrile, sa structure chimique, son mécanisme d'action, et ses effets thérapeutiques [1,2]. Sa place dans l'histoire est assurée, toutefois, comme élément important d'actions politiques dans le but d'abolir les lois protégeant les Américains contre le charlatanisme.

Krebs, Sr. -- le "grand-père du Laetrile -- aurait travaillé comme pharmacien avant son séjour au San Francisco College of Physicians and Surgeons, où il a recu son doctorat en médecine en 1903. Pendant la pandémie d'influenza de 1918, il serait devenu convaincu qu'un ancien remède Indien provenant du persil était efficace contre l'influenza. Il fonda le Balsamea Company à San Francisco pour commercialiser le remède comme Syrup Leptinol, qu'il prétendait efficace dans l'asthme, la coqueluche, la tuberculose et la pneumonie aussi. Durant le début des années 1920, des réserves de Syrup Leptinol ont été saisies par la FDA l'accusant de prétentions fausses et frauduleuses. Durant les années 1940, Krebs, Sr., a fait la promotion de Mutagen, un mélange d'enzymes contenant la chymotrypsine, qu'il prétendait être efficace dans le cancer. Avec son fils, il a fait breveter et lancé le "pangamic acid" (plus tard appelé "vitamine B15"), qu'il prétendait efficace dans la maladie cardiaque, le cancer, et plusieurs autres conditions graves. Krebs, Sr., est décédé en 1970 à l'âge de 94 ans.

Ernst T. Krebs, Jr. -- le "père" du Laetrile -- a souvent été appelé "docteur Krebs" malgré qu'il n'a pas de degré accrédité de médecine.Il a fait ses études au Hahnemann Medical College à Philadelphie de 1938 à 1941, mais a été expulsé suite à avoir répété sa première année et coulé sa deuxième année [3]. Après avoir pris des cours dans cinq différents collèges et obtenu de pauvres résultats aux examens, et échoué certains de ses cours de science, il a finalement obtenu un B.A. de l'Université d'Illinois en 1942. En 1973, après avoir donné une conférence sur le Laetrile, il reçu un "Doctorat en Sciences" de l'American Christian College, un petit 'Bible college' qui n'existe plus, à Tulsa, au Oklahoma. L'école, fondée par l'évangéliste Billy James Hargis, n'avait aucun département de sciences et n'avait aucun droit de l'état d'Oklahoma de décerner des doctorats.

 

L'origine du Laetrile

Il existe plusieurs versions publiées au sujet du développement du Laetrile. Dans un livre de 1962, Krebs, Sr., a parlé de sa théorie que les "protéines du cancer" peuvent être dissoutes par une enzyme qu'il a préparé quand il était étudiant en pharmacie. Lorsque la substance s'est avérée trop toxique dans les expériences animales, il l'aurait bouillie et obtenu de meilleurs résultats. Toutefois, selon Michael Culbert, un autre promoteur reconnu, Krebs a très bien réussi en affaires en analysant le whiskey de contrebande pour l'alcool de bois et aurait développé le Laetrile en travaillant sur un extrait de saveur de bourbon.Durant ses expériences avec une moisissure qui se trouvait en pleine croissance sur les parois des barils dans lesquels le whiskey était vieilli, il a isolé une enzyme qu'il croyait avoir des propriétés anti-tumorales. Lorsque les réserves de moisissures étaient épuisées, il s'est penché vers les noyaux d'abricots et utilisait les extraits (qu'il appelait la Sarcacinase) pour des essais variés sur des animaux et chez les humains durant les deux prochaines décénies. En 1949, Krebs, Jr., a modifié le procédé d'extraction de son père et a appelé le résultat Laetrile.

L'historien James Harvey Young a noté que Krebs, Sr., aurait présenté aussi une autre version aux representants de la FDA dans une entrevue en 1962. Il donna 1951 comme date de la 'naissance' du Laetrile et a mentionné qu'il avait évalué son efficacité sur des patients mais n'a pas gardé de dossiers [1]. En notant que cette version a été rendue publique beaucoup plus tôt que les autres, le docteur Young soupçonne que l'origine du Laetrile a été reculée pour éviter les provisions des règles de la FDA de 1938 et de 1962 au sujet des nouvelles médications. En 1977, suite à une investigation élaborée, le commissionnaire de la FDA Donald Kennedy aurait conclu:

Malgré que le docteur Krebs, Sr., utilisait une substance qui était étiquettée Sarcarcinase, avant 1938, il n'y a aucune évidence que la substance soit la même . . . dans le Laetrile d'aujourd'hui [4].

 

Le raisonnement des partisans

En 1902, un embryologiste Ecossais, nommé John Beard a énoncé l'hypothèse que les cellules cancéreuses et les cellules produites durant la grossesse appelées trophoblastes soient identiques. Selon Beard, les trophoblastes envahissent la paroi utérine pour former le placenta et le cordon ombilical. Le pancréas alors produit la chymotrypsine, qui détruit les trophoblastes. Beard postulait que si le pancréas ne réussit pas à produire suffisemment de chymotrypsine, les trophoblastes par voie sanguine rendent la mère et le fétus vulnérables au cancer durant toute la vie.

En 1945, Krebs, Jr., a fondé le John Beard Memorial Foundation pour "développer et appliquer" les théories de Beard. En 1950, les Krebs ont publié une version de la thèse de Beard et déclaraient que l'amygdaline tue les cellules trophoblastes que la trypsine n'a pas réussi à faire. Ils ont maintenu que les tissus cancéreux contiennent une enzyme qui stimule l'amygdaline à libérer de la cyanure qui détruirait les cellules cancéreuses. Selon cette théorie, les tissus non-cancéreux seraient protégés par une autre enzyme qui neutraliserait la cyanure. Suite à des procédures de la part d'agences régulatrices d'essayer de bannir le Laetrrile comme médicament, les Krebs ont maintenu que l'amygdaline serait une vitamine ("B 17") et que le cancer est causé par une déficience de cette vitamine. Aucune de ces théories n'est valable.

Les prétentions pour l'efficacité du Laetrile ont aussi changé. Au début, on prétendait qu'il guérissait le cancer. Plus tard on disait qu'il "contrôlait" le cancer. Lorsque la théorie "vitaminique" a été lancée, on disait "prévention" du cancer. On a aussi parlé que le Laetrile était efficace contre la douleur associée au cancer et rendait la chimiothérapie plus tolérable.

 

Revue scientifique

Un des premiers pratiquants à utiliser le Laetrile était Arthur T. Harris, M.D., formé en Ecosse et qui apparemment avait John Beard comme professeur d'embryologie, ce dernier en pratique active en médecine familiale dans le sud de la Californie, a changé le nom de sa clinique en Harris Cancer Clinic. Dans moins d'un an, il a soumis un rapport à Coronet Magazine déclarant qu'il "travaillait sur quelque chose de révolutionnaire dans le traitement du cancer," mais le magazine n'a jamais publié le rapport.

Au même moment, la California Medical Association recevait des questions au sujet du Laetrile. Quand les membres de sa Cancer Commission ont confronté Krebs, Sr., il maintenait que les études "mitigées" sur la toxicité du Laetrile sur les animaux se sont avérées satisfaisantes, mais les dossiers ont été détruits. Il n'y a eu aucune étude faite sur les humains, mais on a offert à la Commission des dossiers de patients chez qui des résultats spectaculaires ont été observés. Toutefois, les détails prétendus par l'équipe Krebs n'ont pas pu être confirmés par d'autres sources. La Commission a pu obtenir une petite quantité du Laetrile pour des expériences animales à trois centres -- et tous les résultats étaient négatifs.

A un moment donné, les Krebs ont consenti de fournir du Laetrile pour une investigation clinique contrôlée au Los Angeles County Hospital. Mais ils ont dit par la suite qu'ils entreprendraient l'étude si un partisan du Laetrile était mis en charge de l'étude -- ce qui n'a pas été accepté par les autorités de l'hôpital. La Commission a par la suite évalué les dossiers de 44 patients traités selon les recommandations des Krebs. Les patients avaient été traités deux anx auparavant. Dix-neufs sont morts et il n'y avait aucune évidence que le Laetrile aurait été bénéfique à aucun des autres patients.

 

Le marché a augmenté

En 1956, Ernst T. Krebs, Jr., à été présenté à Andrew R. L. McNaughton, qui est connu comme le "parrain" du Laetrile par ses disciples. McNaughton est le fils du feu Général A. G. L. McNaughton, qui était commandeur des Forces Armées Canadiennes durant la Deuxième Guerre Mondiale. Le Général McNaughton a aussi été le président du United Nations Security Council et du Conseil National de Recherche du Canada.

Andrew McNaughton a été éduqué à un Collège Jésuite et a eu par la suite une formation en génie électrique, géologie, technologie minière, et en administration. Durant la guerre, il était chef pilote-évaluateur de la Royal Canadian Air Force. Par la suite, il a fait sa fortune en convertissant des matériaux d'après-guerre en produits utiles pour d'autres pays. Il a founit des armes pour l'Israël, nation en émergence, et a aussi été agent double pour Fidel Castro, apparemment à l'emploi du gouvernement de Batista au Cuba mais à plusieurs reprises ayant fait des arrangements pour que les achats soient saisis par les partisans de Castro. Pour ses efforts, Castro l'a nommé "citoyen honorifique du Cuba."

McNaughton a rencontré Krebs peu après l'incorporation de la McNaughton Foundation, qui recherchait des projets "à la limite extrême des connaissances scientifiques." Intrigué par le récit de Krebs sur les "Guerres sur le Laetrile," McNaughton commença à faire la promotion et la distribution du Laetrile. En 1961, pour aider la distribution au Canada, il fonda International Biozymes Ltd. (dont le nom a été par la suite changé pour Bioenzymes International Ltd.) siégé dans le même édifice que la McNaughton Foundation. Eventuellement, il a construit des usines de production dans sept pays.

La rumeur était qu'un actionnaire principal de Biozymes (sous un autre nom) fut un membre de la pègre de New Jersey qui aurait été trouvé coupable de tentative de corruption dans un incident de jeux d'argent. En 1977, McNaughton aurait dit à l'American Medical News qu'il avait traité sa soeur avec le Laetrile et qu'il était un "homme merveilleux" ayant contribué $130,000 à la McNaughton Foundation.

Durant les années 1970, McNaughton a vécu des difficultés considérables dans ses affaires. En 1972 on lui a défendu de faire la vente de ses actions de Biozymes aux Etats-Unis suite à une poursuite par le Securities and Exchange Commission. En 1973, il a été accusé par la police Italienne d'avoir pris part dans une fraude de $17 millions reliée aux achats d'actions de Biozymes, les acheteurs pensant qu'ils investissaient dans une maison de production de Laetrile en Italie. En 1974, dans un tribunal au Canada, McNaughton a été trouvé coupable de fraude toujours en ce qui a trait à des actions à la bourse cette fois reliée à une compagnie appelée Pan American Mines. Il semble que $5 millions seraient disparues de façon mystérieuse. La sentence de McNaughton était une amande de $10,000 et un jour de prison. Il a refusé de payer l'amande et malgré une demande d'arrestation, a fuit le Canada.

 

La publicité prend de l'avant

En plus d'être en charge de la production, McNaughton désirait faire la publicité du Laetrile. Il a pu convaincre un chirurgien de Jersey City, John A. Morrone, d'être présent à une présentation que Krebs, Jr. a donnée à Montréal. Après avoir pris le lunch avec Krebs, Jr., Morrone serait parti pour New Jersey "un convaincu du Laetrile," et commença à l'utiliser chez ses patients.

A la demande de McNaughton, Morrone a écrit un rapport sur dix patients qu'il a traité avec le Laetrile, qui a été publié en 1962 dans Experimental Medicine and Surgery, une revue qui n'est plus publiée. McNaughton a aussi fait les démarches pour qu'un écrivain du nom de Glenn Kittler écrive deux articles pour un magazine et un livre sur le Laetrile. Kittler, qui a étudié au séminaire avant de devenir journaliste, était éditeur associé du magazine Coronet en 1952. Les articles ont été publiés en mars 1963 dans l'American Weekly, un supplément du dimanche des journaux Hearst. Immédiatement après, le livre de Kittler, Laetrile: Controle for Cancer, a été rapidement imprimé avec un première émission de 500,000 copies. L'avant-propos du livre était écrit par McNaughton -- portant l'adresse de sa Fondation à Montréal. Selon Kittler, le publieur du livre, était tellement confiant que la publicité apportée par les articles aurait eu un impact favorable sur la vente du livre, qu'il n'a pas envoyé d'annonces pré-publication aux libraires. Lorsque les ventes tiraient de l'arrière, Kittler prétendait que la raison était due en partie à la pression provenant de l'AMA et de la FDA.

 

Groupes d'appui

Les efforts de McNaughton et Kittler n'étaitent pas fuitles, toutefois. Cecile Hoffman était institutrice de San Diégo qui a subit une mastectomie radicale en 1959. Après avoir lu le livre de Kittler, elle renda visite à la McNaughton Foundation à Montréal et obtenu du Laetrile. Malgré qu'elle n'a pas pu trouver un médecin américain qui voulait lui administrer des injections intra-veineuses de Laetrile, elle a réussi à trouver Ernesto Contreras, M. D., à Tijuana, au Mexique. C'était probablement la meilleure chose qui n'ait jamais arrivée au docteur Contreras.

Contreras, autrefois pathologiste de l'armée mexicain,e était en pratique privée à Tijuana. Après qu'il a administré le Laetrile, Mme Hoffman est devenue convaincue que le Laetrile avait contrôlé son cancer et sauvé sa vie. Elle est demeurée une partisane ardente du Laetrile jusqu'à sa mort de métastases de son cancer mammaire en 1969. Tellement Mme Hoffman croyait au Laetrile, qu'elle fonda l'International Association of Cancer Victims and Friends (IACVF) en 1963. (Le mot Victims a plus tard été changé pour Victors.) Le but du IAVCF était "d'éduquer la population des options disponibles aux cancéreux, spécialement les patients en phase terminale de cancer." En s'unissant aux promoteurs de l'industrie des aliments naturels, l'association commença à organiser des congrès annuels à Los Angeles qui attiraient des milliers de gens. Ces congrès devinrent un forum pour toute personne qui offrait ou vendait une cure du cancer qui n'était pas reconnue comme efficace par la communauté scientifique. Les Krebs souvent étaient des conférenciers à ces congrès. L'IACVF aussi fonda le Cancer Book House, qui vendait de la documentation offrant des traitements non-orthodoxes de cancer. De plus, elle s'occupait de l'hébergement, et le transport à la clinique du docteur Contreras d'un motel de Californie tout près de la frontière Etats-Unis-Mexique.

Contreras, entre temps, a agrandi sa clinique et engagea des traducteurs à son personnel pour accommoder le flux de patients américains. Les affaires allaient si bien qu'en 1970 il a construit une nouvelle clinique- le Del Mar Medical Center and Hospital - qu'il lança comme "une oasis d'espoir." (Son établissement est aujourd'hui appelé Oasis Hospital.)

En 1973, plusieurs dirigeants ont quitté l'IACVF pour fonder la Cancer Control Society, dont les activités sont semblables à celles de l'IACVF. Un autre groupe qui fait la promotion de thérapies de cancer douteuses, est la National Health Federation (NHF), qui appuit un large spectre de méthodes de sante douteuses. Le groupe a été fondé en 1955 par Fred J. Hart, président d'Electronic Medical Foundation, une compagnie qui fait le marketing d'appareils charlatanesques. Le NHF subventionne des congrès, génère des campagnes massives d'envoi de lettres, et aide dans la défense de méthodes douteuses devant les tribunaux. Quatre personnes qui ont siégé au comité des gouverneurs et le mari de son président actuel ont été trouvés coupables de crimes reliés au Laetrile.

 

Problèmes légaux

La première saisie du Laetrile aux Etats-Unis est survenue en 1960 à l'ancienne clinique Hoxsey Cancer Clinic, à l'époque dirigé par Harry Taylor, ostéopathe, autrefois un employé de Hoxsey. Deux mois avant la saisie, un juge de la cour fédérale aurait donné l'ordre à Taylor de cesser la distribution des concoctions variées Hoxsey. Taylor n'a pas contesté la saisie.

En 1961, Krebs, Jr., et la John Beard Memorial Foundation ont été accusés de transport entre états d'un médicament non approuvé- pas le Laetrile mais l'acide pangamique. Ayant plaidé coupable, Krebs a été amendé $3,750 en plus d'un emprisonnement. Toutefois, la sentence a été retirée lorsque Krebs et la Foundation ont accepté une période de probation de 3 ans durant laquelle aucun ne ferait la production ou la distribution du Laetrile à moins qu'il soit approuvé par la FDA comme médicament à évaluer.

En 1959, la législature de Californie a voté une loi semblable à la Federal Food, Drug, and Cosmetic Act, qui banissait la commercialisation d'aliments, médicaments et cosmétiques dangereux, en Californie. Le California Department of Public Health alors a formé le Cancer Advisory Council pour étudier le Laetrile et autres traitements douteux de cancer. Les dix médecins et cinq scientifiques chercheurs ont fait leur investigation entre 1960 et 1962 et rapporté leurs résultats en mai 1963.

Durant 1962 et 1963, le Cancer Advisory Council a examiné plus de 100 histoires de cas soumises par des partisans variés et a conclu qu'aucune a pu fournir de preuve que le Laetrile ait été efficace comme traitement du cancer. Le Council a aussi revu le rapport 1953 de la California Medical Association sur le Laetrile, ainsi que sur le Laetrile "nouvellement synthétisé" apparemment développé par Krebs, Jr. De plus, les dossiers médicaux de 144 patients traités avec le Laetrile ont été revus provenant de médecins des Etats-Unis et du Canada.

Après que le Council ait déterminé que le médicament était "sans aucune valeur dans le diagnostic, traitement, soulagement, ou cure du cancer," il recommanda qu'un règlementation soit établie pour bannir l'emploi du Laetrile et agents "comparativement semblables" pour le traitement du cancer. Malgré une opposition considérable des promoteurs du Laetrile, la règlementation a été émise sous le biais de la California Cancer Law et est en vigueur depuis le 1er novembre, 1963.

La famille Krebs a fait plusieurs autres visites devant les tribunaux. En 1965, Krebs, Sr., a été accusé d'avoir désobéi à un ordre régulatoire qui empêche le transport entre états du Laetrile et il a plaidé "aucun concours." L'année suivante il a plaidé coupable à une accusation de mépris d'avoir fait le transport du Laetrile malgré des injonctions et de ne pas s'être enregistré comme manufacturier de médicaments. Il reçu une sentence qui a été retirée, d'un an. En 1977, Ernst, Jr., et son frère Byron ont plaidé coupables d'avoir été en contrevention des lois de santé et sécurité de l'état de Californie. Chacun a été amendé $500, ainsi qu'une sentence de 6 mois, retirée, et une mise en liberté surveillée. Byron a eu son permis d'ostéopathie revoqué la même année pour "incompétence mentale," et est décédé peu de temps après. En 1977, Ernst, Jr., a été trouvé coupable d'infraction de sa liberté surveillée en continuant la promotion du Laetrile et a été condamné à 6 mois de prison. Il a été emprisonné durant 1983 lorsque les appels ont pris fin.

Entre temps, Howard H. Beard (aucune relation avec John Beard), qui avait travaillé avec Krebs et le docteur Harris, a reçu un jugement non-favorable du California Cancer Advisory Council. Pendant plusieurs années il a fait la promotion de tests d'urine variés supposés mesurer le taux de gonadotropine chorionique humaine (HCG). Krebs et Beard avaient prétendu que tous les cas de cancer pouvaient être diagnostiqués sur la base d'un taux élevé d'HCG. En 1963, Krebs, Jr., a déclaré que "l'implantation scientifique" du Laetrile dépendait sur le test de Beard.

Beard a en plus prétendu qu'un taux d'HCG élevé était une indication suffisante pour le traitement avec le Laetrile, même en l'absence de données cliniques ou d'une biopsie positive de cancer. Croyant à son test, il a apparemment commencé à prendre du Laetrile lui-même ayant noté que le test sur son urine n'était pas tout à fait normal. Beard a continué un service par courrier de laboratoire incluant la mesure du taux d'HCG urinaire.

Beard a développé au moins trois supposés tests de cancer, le plus connu étant son Anthrone Color Test. Il prétendait une précision de 100% si les femmes enceintes, ceux qui souffraient de maladie hépatique ou du diabète, ou ceux qui prenaient des hormones sexuelles étaient exclus. Il a aussi prétendu que le test était si sensible qu'il était capable de déceler le développment du cancer dans les 2-3 semaines après le début de la transformation maligne.

Durant le début des années 1960, le California Cancer Advisory Council a fourni des échantillons d'urine de 24 heures, provenant de 198 patients, ainsi que deux échantillons "d'urine" qui n'étaient nul autre que du lactose dissout dans l'eau. Des tests simultanés ont été faits au California State Public Health Laboratories. Beard a été incapable d'identifier quelles urines provenaient des patients atteints de cancer et lesquelles de patients atteints d'autres maladies. L'investigation a aussi démontré que les résultats du test de Beard n'avaient rien à faire avec le cancer mais dépendaient du taux de lactose dans l'urine. Par la suite, le test a été banni en Californie à partir du mois d'août 1965. En 1967, Beard a été accusé par un 'federal grand jury' au Texas de neuf chefs d'accusation de fraude de poste reliée au marketing de son test. Après ne pas avoir contesté l'accusation, il a eu une sentence de 6 mois de prison qui a été retirée et une liberté surveillée d'un an.

 

Efforts additionnels vers l'acceptation

La McNaughton Foundation a persisté à essayer de rendre le Laetrile acceptable. Elle a engagé les SCIND Laboratories de San Francisco d'entreprendre des expériences chez les animaux spécifiquement un système de tumeur transplantée dans des rats. Malgré que la Foundation ait rapporté que des doses hebdomadaires de 1 ou 2 grammes de Laetrile auraient produit "une réponse éblouissante" chez des cancéreux, chez les rats qui ont recu l'équivalent humaine de 30-40 grammes, les résultats étaient négatifs.

N'étant pas ébranlée par les résultat négatifs, la McNaughton Foundation a soumis une demande de "nouvelle médication en investigation" avec la FDA. La FDA répondit avec une lettre de routine leur donnant la permission -- sujet à une revue ultérieure -- pour des études d'investigation clinique du Laetrile. Toutefois, huit jours plus tard, quand la revue fut complétée, l'agence a demandé des renseignements additionnels de la McNaughton Foundation pour corriger des "lacunes serieuses" dans leur demande. Lorsque cela n'a pas été produit, l'autorisation pour les études cliniques à été retirée.

Pendant que la McNaughton Foundation essayait d'avoir la reconnaissance du Laetrile comme médicament, Krebs, Jr. , commença à prétendre que c'était une vitamine, qu'il appela B 17. (ça lui a pris que 20 ans pour arriver à cette conclusion). Krebs apparemment espérait que comme "vitamine" le Laetrile ne serait pas sujet aux règlements de "sécurité et efficacité" auxquels sont soumis les nouveaux médicaments. Il a possiblement aussi espéré de profiter de la popularité des vitamines.

Vers 1974, le docteur Contreras aurait déclaré qu'il voyait en consultation 100 à 200 nouveaux patients par mois, avec plusieurs autres qui revenaient pour des traitements additionnels de Laetrile. Les patients payaient $150 pour le Laetrile suffisant pour un mois. Contreras affirme que peu de ses patients cancéreux étaient "contrôlés" avec le Laetrile. Tout en acceptant que 40% de ses patients ne montraient aucun effet bénéfique, il maintenait que 30% répondaient "définitivement" au Laetrile. Toutefois, ces statistiques ne seraient pas fiables. En 1979, il maintenait avoir traité 26,000 cancéreux en 16 ans. Néanmoins, lorsque demandé par la FDA d'apporter des données au sujet de ses cas les plus flagrants de succès, Contreras a soumis que 12 histoires de cas. Six des patients sont morts de cancer, un aurait été traité de façon conventionnelle, un est mort d'une autre pathologie après que la tumeur ait été enlevé chirurgicalement, un avait toujours son cancer, et les trois autres n'ont pas pu être localisés [5]

 

Le premier médecin "métabolique"

John Richardson était un omnipracticien qui a commencé à pratiquer dans la région Bay de San Francisco en 1954. En 1971, après avaoir parlé avec Krebs, Jr., il décida de devenir un spécialiste du cancer. Il n'a pas bien réussi comme omnipracticien. Son revenu brut révélé en 1972 était de $88,000, ce qui laissait $10,400 en revenu taxable.

La pratique de Richardson a augmenté dans sa nouvelle pratique comme "expert" du cancer. Il déclare que "notre cabinet a été comblé de visages que je j'ai jamais vu avant -- des visages de femmes et d'hommes manifestant un espoir, des gens qui ont été abandonnés par la médecine orthodoxe comme sans espoir ou "en phase terminale." En 1974, il a rapporté que sa pratique a généré $783,000 brut, et un revenu net de $172, 981. En commandant $2,000 pour un traitement de Laetrile, Richardson a réussi à augmenter son revenu net 17 fois en seulement deux ans. Selon ses déclarations d'impôt, Richardson a généré $2.8 millions de dollars de sa pratique de Laetrile entre Janvier 1973 et Mars 1976. Le montant réel qu'il a recu a probablement été plus élevé. Dans les Histoires de Cas Laetrile, il a maintenu avoir traité 4000 patients, avec un coût de $2,500 par patient. Culbert déclare qu'en 1976 Richardson aurait traité 6,000 patients. Si ces chiffres sont exacts, Richarson aurait généré entre $10 et $15 millions de dollars durant cette période.

La pratique de Richardson a changé considérablement après qu'il a commencé à traiter des cancéreux avec le Laetrile. Il a aussi commencé à traiter les patients avec ce qu'il a appelé le "syndrôme pré-clinique" avec le Laetrile. Ces patients n'avaient pas de tumeur ou lésion identifiable, mais accusaient des sensations de "malheur qui va leur arriver, des malaises, des douleurs vagues inexpliquées, des maux de tête, des selles différentes, perte d'appétit, perte d'énergie, et de dépression." Selon Richardson, les cancéreux rapportaient une diminution de la douleur, un appétit amélioré, un retour d'énergie, et un attitude mentale améliorée. De plus, la tension artérielle retournait à a normale.

Malgré ces "améliorations dramatiques," Richardson admettait que la plupart de ses patients mourraient. Dans une tentative de rémédier à cela, il augmenta le dosage du Laetrile à neuf grammes, six jours par semaine, et soumettait ses patients à une diète végétarienne et à des doses "massives" de vitamines régulièrement. Richardson a donné naissance à l'expression "thérapie métabolique" qui se réfère à la combinaison de manipulation de la diète, de vitamines et du Laetrile.

En Juin 1972, le cabinet de Richardson a été saisi et il a été arrêté pour contrevention de la California Cancer Law. Il a été condamné pour cela, mais l'accusation a été retirée par une technicalité et un nouveau procès ordonné. Deux autres procès ont suivi, les deux sans verdict. Des auditions devant la California Board of Medical Quality Assurance en 1976 ont abouti à la revocation de son permis de pratique médicale en Californie. Il a par la suite pratiqué dans une clinique au Mexique. Durant les années 1980, il a pratiqué avec un permis d'homéopathie au Nevada jusqu'au jour où Il a subit une chirurgie à coeur ouvert qui l'a mis dans un coma irréversible.

 

L'explosion politique

L'arrestation du docteur Richardson a déclanché la fondation du Committee for Freedom of Choice in Cancer Therapy (maintenant appelé le Committee for Freedom of Choice in Medicine). Le fondateur du groupe et président était Robert Bradford, un ancien technicien de laboratoire à l'Université Stanford. Michael Culbert, qui au moment de l'arrestation de Richardson était éditeur du Berkeley Daily Gazette, est devenu un porte-parole majeur pour le Committee, éditeur de leur bulletin, The Choice, et auteur de deux livres faisant la promotion du Laetrile: Vitamin B-17: Forbidden Weapon Against Cancer (1974) et Freedom From Cancer (1976).

Culbert était assisté comme éditeur du livre The Choice, par Maureen Slaman, épouse du co-directeur du Committee. L'aviseur légal du Committee était le Congressman de Georgia, Larry McDonald, un urologue qui utlisait le Laetrile. Les acivités du CFCCT étaitent liées très près avec la John Birch Society, à laquelle Richardson, Bradford, Culbert, les Slaman et McDonald appartenaient. Tôt après sa formation, CFCCT a établi des succursales à travers les Etats-Unis et se servait des librairies associées avec la John Birch Society pour organiser des réunions et faire la distribution de la littérature.

En mai 1976, Richardson a été accusé, avec son gérant du bureau, Ralph Bowman, et membres associés de CFCCT Robert Bradford et Frank Salamn, de contrebande du Laetrile. Un an plus tard, ils ont tous été trouvés coupables de cette accusation. Bradford a été amendé $40,000, Richardson $20,000, et Salaman et Bowman chacun $10,000. Durant le procès, on a déclaré que Bradford aurait payé $1.2 million de dollars pour 700 livraisons de Laetrile et que Richardson aurait encaissé plus de $2.5 millions durant une période de 27 mois.

 

Le scientifique du NCI

Malgré qu'il faisait face à des problèmes dans certains milieux, le mouvement Laetrile continuait à attirer des disciples. Le docteur Dean Burk était biochimiste avec un doctorat du Cornell Medical College qui s'est joint au National Cancer Institute (NCI) en 1939 comme fellow en recherche. Après 10 ans il a été nommé chef de la section de Cytochimie du NCI, qui avait un personnel de quatre personnes au moment de sa retraite 25 ans plus tard.

A la demande de McNaughton, Burk a fait une expérience dans laquelle le Laetrile était utilisé pour détruire une culture tissulaire de cellules cancéreuses. Il rapporta à McNaughton qu'il pouvait voir "les cellules cancéreuses mourir comme des mouches." Eventuellement, Burk a conclu que le Laetrile était le traitement le plus efficace disponible pour le cancer, qu'il soulageait la douleur des cancéreux en phase terminale, et qu'il serait probablement utile dans la prévention du cancer. Il maintenait aussi dand un témoignage au Congress que le Laetrile était moins toxique que le sucre. Burk est devenu un bon ami de Krebs, Jr., et a été hébergé au domaine de Krebs à San Francisco. Il a rapidement fait parti du "circuit Laetrile" et a reçu en 1973 le "Prix humanitaire" de la Cancer Control Society.

Burk est aussi devenu actif dans l'opposition du traitement de l'eau au chlore et a fait des conférences sur le sujet dans plusieurs villes à travers les Etats-Unis, et en Europe. Un fumeur invétéré, il a témoigné au Congress qu'il avait développé une cigarette moins dommageable.

 

Le professeur

En 1977, Harold W. Manner, Ph.D., directeur du département de biologie à l'Université de Loyola à Chicago, a acquis une réputation considérable en maintenant qu'il avait guéri des cancers mammaires chez les souris avec des injections de Laetrile et d'enzymes protéolytiques ainsi que des doses massives de vitamine A. Ce qu'il a fait, en réalité, c'est digéré les tumeurs en injectant des enzymes digestives à des doses comparables, chez une femme, à l'injection d'une pinte d'eau salée contenant une once et demie d'attendrisseur de viande aux deux jours pendant 6 semaines. Il n'était pas surprenant de voir les souris développer des abcès où les enzymes avaient été injectées, les tumeurs étant liquéfiées, le tissu a tout simplement tombé. Puisqu'aucun examen microscopique n'ait été fait, et que les animaux ont été observés que pendant quelques semaines suite au traitement, aucune évaluation valable de cette thérapie a pu être faite. Mais Manner aurait annoncé à une conférence de presse subventionnée par Le National Health Federation que le Laetrile, les vitamines et les enzymes seraient efficaces comme traitement du cancer. Il rapporta ces expériences dans une revue chiropratique et a écrit un livre appelé The Death of Cancer.

Manner fonda aussi le Metabolic Research Foundation dont le but déclaré était la recherche des "maladies métaboliques," qui -- selon lui -- incluent l'arthrite, la sclérose en plaques et le cancer. Subventionné par la compagnie Nutri-Dyn, il a dirigé des colloques à travers le pays pour des chiropracticiens et médecins non-orthodoxes [6]. Nutri-Dyn produisait des glandes animales traitées ("glandulaires") que Manner considérait aider les parties correspondantes de l'organisme des cancéreux. En 1982, un annonceur de la station de TV de Chicago WBBM-TV devint le Médecin Métabolique # 219 après avoir participé à un colloque à Los Angeles et contribué $200 à la Metabolic Research Foundation. Pour démontrer sa formation "professionnelle," l'annonceur utilisait les iniales "D.N.," qui, il a précisé plus tard, signifiaient "Doctor of Nothing" (docteur de rien). Manner lui a promis dix patients référés par année.

Selon Manner, les dirigeants de l'Université Loyola sont devenus ennuyés par ses activités et lui ont demandé de soit les laisser tomber ou se retirer de son poste à l'université Durant le début des années 1980, il a laissé sa position comme enseignant, est devenu affilié avec une clinique à Tijuana au Mexique, qui lui offrait la "thérapie métabolique." Il est mort en 1988, mais la clinique continue à fonctionner.

 

Le cas Rutherford

Glen Rutherfore était un représentant dans la vente de semences agé de 55 ans chez qui on a decelé en 1971 un polype au colon de la grosseur d'un raisin. A la biopsie, le diagnostic était un polype cancéreux, et il a été avisé qu'il soit enlevée. Craignant la chirurgie, il a consulté le docteur Contreras, qui traitait avec le Laetrile, des vitamines et enzymes, qui a cautérisé le polype. Malgré que la cautérisation habituellement guérit ce genre de cancer lorsque localisé dans un polype, Rutherford a maintenu que la guérison était due au Laetrile, dont il avait besoin pour qu'il demeure en bonne santé. Le magazine People rapporta qu'il prenait aussi 111 pilules (surtout des vitamines) qui lui coûtaient $14 par jour. En 1975, il est devenu le défendant dans un recours collectif en justicede qui demandait à la FDA de permettre l'usage de Laetrile par les cancéreux en phase terminale.

La cause s'est déroulé devant le juge Luther Bohanon dans le Western Oklahoma United States District Court. Bohanon a été extrèmement en faveur des demandes de Rutherford. En 1977, Bohanon a émis un ordre de la cour permettant les individus de faire l'importation du Laetrile pour usage personel s'ils avaient un affidavit d'un médecin déclarant qu'ils étaient en "phase terminale" de leur maladie. Deux ans plus tard, le U.S. Supreme Court a rejeté l'argument que les médicaments offerts aux patients en "phase terminale" soient exempts des règlements de la FDA [7]. Toutefois, des tentatives additionnelles de la part de Rutherford et ses disciples et les directives de Bohanon ont permis au système d'affidavit de demeurer en rigueur jusqu'à 1987, alors qu'il a été dissout.

 

Démarches législatives

Durant le milieu des années 1970, les promoteurs du Laetrile se sont présentés comme des "petits" contre le "gros gouvernement" et commencèrent à tenter de légaliser la vente du Laetrile. Eventuellement, 27 états ont voté des lois permettant la vente et l'usage du Laetrile dans leurs états. La loi fédérale ne permettait pas le transport entre états du Laetrile, et puisqu'il n'était pas pratique de faire sa production pour usage que dans un état, ces lois de l'état ont eu peu ou pas d'effet. Les partisans espéraient, toutefois, que si assez d'états légalisaient son emploi, le Congress changerait la loi fédérale. Malgré l'introduction de projets de loi pour enlever la juridiction de la FDA sur le Laetrile, ils n'ont pas réussi et aucun autre essai n'ait été fait suite à la mort du Congressman McDonald en 1983.

En 1977, un sous-comité du U.S. Senate dirigé par le Sénateur Edward Kennedy (D-MA) a tenu une audience sur le Laetrile qui a donné des témoignages intéressants. Le docteur Richardson maintenait que la FDA, l'AMA, la NCI, l'American Cancer Society, la famille Rockefeller et des compagnies de pétrole et pharmaceutiques majeures étaient toutes en complot contre le Laetrile. Robert Bradford aurait dit qu'il accepterait une évaluation du Laetrile mais que la "médecine conventionnelle n'était pas quaifiée" d'entreprendre une telle évaluation. Toutefois, avec Krebs,Jr., et Richardson, ils n'étaient pas capables de s'entendre sur la formule du Laetrile. Le sénateur Kennedy a conclut que les leaders du Laetrile étaient des "vendeurs experts qui offraient une lueur d'espoir" aux cancéreux. Le New York Times a publié un commentaire que les Sénateurs considéraient les promoteurs du Laetrile "d'un mélange de dédain et comédie."

 

Les victimes aux manchettes des nouvelles

Comme le Laetrile était dans les médias régulièrement, plusieurs cancéreux traités avec ce produit ont aussi fait les manchettes. Un était Chad Green, qui a développé une leucémie lymphocytaire à 21 ans. Malgré qu'il a rapidement répondu à la chimiothérapie et était en rémission, ses parents lui on fait commencer un traitement "métabolique" administré par un Manner Metabolic Physician. Quand Chad a développé des signes de toxicité par les cyanures, les autrorités du Massachusetts l'ont déclaré une pupille sous tutelle judiciaire pour les traitements seulement. Ses parents ont poursuivi pour qu'il puisse reprendre la "thérapie métabolique." Quand les tribunaux se sont prononcé contre eux, ils se sont enfuits avec Chad au Mexique, où il a été traité par Contreras. Plusieurs mois plus tard Chad est décédé dans des conditions qui suggéraient un empoisonnement par cyanures. Le docteur Contreras a déclaré que le jeune homme est mort de leucémie, mais était un bon exemple de l'efficacité du Laetrile parce qu'il est mort d'une mort agréable! Les parents de Chad ont déclaré qu'il était devenu très déprimé parce qu'il s'ennuyait de ses grands-parents, ses amis et de son chien.

Joseph Hofbauer était âgé de 9 ans avec la maladie d'Hodgkin. Contraitrement à Chad, ses parents ne lui ont jamais permis de recevoir le traitement approprié mais insistaient qu'il reçoive du Laetrile et la "thérapie métabolique." Quans les autorités de l'état de New York ont tenté de le placer en garde protégée, ses parents ont poursuivi et convaincu le juge de familles Loren Brown de se prononcer contre le traitement conventionnel de la maladie d'Hodgkin. Brown déclara que "ce tribunal trouve aussi que la thérapie métabolique a sa place dans notre société, et j'espère que ses partisans sont sur la premier échelon de l'échelle qui va nous éliminer toutes les formes de cancer." Joseph est décédé de sa maladie deux ans plus tard. La leucémie lymphocytaire et la maladie d'Hodgkin ont toutes deux une survie après 5 ans de 95% avec la chimiothérapie appropriée.

Durant les années 1980, l'acteur de films Steve McQueen a attiré beaucoup d'attention quand il a été traité avec le Laetrile à une clinique méxicaine sous la direction de William D. Kelley, un dentiste qui a eu son permis revoqué par l'état du Texas après plusieurs confrontations avec les autorités de l'état et fédérales. Malgré que McQueen donna un reportage éblouissant quand il commença son traitement, il est décédé peu de temps après.

 

Les études du NCI

En réponse à des pressions politiques, le National Cancer Institute a entrepris deux études sur le Laetrile. La première était une analyse rétrospective de patients traités avec Laetrile. Des lettrres ont été envoyées à 385,000 médecins aux Etats-Unis ainsi qu'à 70,000 autres professionnels de la santé demandant des rapports de cas de patients cancéreux qui ont été considérés comme avoir bénéficié de l'emploi du Laetrile. De plus, les groupes en faveur du Laetrile ont été demandés de fournir de l'information concernant de tels patients.

Malgré qu'on estimait qu'au moins 70,000 américains aient utilisé le Laetrile -- seulement 93 cas ont été soumis à une évaluation. Vingt-six de ces rapports n'avaient pas assez de données pour permettre une évaluation. Les autres 68 cas étaient soumis à un comité pour évaluation comme groupe "aveugle" avec 68 autres cas qui ont recu la chimiothérapie. De cette façon, le comité ne savait pas au préalable quel traitement chaque cas avait recu. Le comité a cru que deux cas du groupe Laetrile démontraient une rémission complète de leur maladie, quatre avaient une rémission partielle, et les autre 62 ne démontraient aucune réponse mesurable. Aucun tentative n'a été faite pour vérifier l'existence des patients qui auraient pu bénéficier du Laetrile. Les reviseurs ont conclu que "les résultats permettent aucune conclusion définitive en faveur du Laetrile ayant une activité anti-cancéreuse."

Malgré que l'enquête par courrier ne damandait pas les déclarations négatives au sujet du Laetrile, 220 médecins ont soumis des données sur plus de 1,000 patients qui avaient reçu le Laetrile et n'ont eu aucun effet bénéfique.

En juillet, 1980, le NCI a entrepris des études cliniques de 178 patients traités avec le Laetrile, vitamines et enzymes à la Clinique Mayo et dans trois autres établisements de renom traitant le cancer. L'étude incluait des patients chez qui aucun traitement s'est avéré efficace ou chez qui aucun traitement prouvé était connu. Tous les patients avaient des masses tumorales qui étaient aisément mesurables, mais la plupart des patients étaient en bon état général. Puisque les partisans du Laetrile étaient incapables de s'entendre sur la formule ou le protocole d'évaluation du Laetrile, la NCI décida d'utiliser une préparation qui correspondait à la substance distribuée par le fournisseur majeur méxicain, American Biologics. La préparation était distribué par le NCI Pharmaceutical Resources Branch et vérifiée par une variété d'épreuves. Le dosage du Laetrile était basé sur les recommandations publiées par Krebs, Jr., et la Bradford Foundation.

Les résultats de l'étude étaient clairs. Aucun patient a été guéri ou même stabilisé. La survie moyenne était de 4.8 mois du début de la thérapie, et chez ceux encore en vie après pluslieurs mois, la dimension de la tumeur a augmenté. Ceci était le résultat attendu pour les patients ne recevant aucun traitement. De plus, plusieurs patients ont eu des symptômes de toxicité par les cyanures ou avaient des taux sanguins de cyanures qui étaient près du niveau mortel [8]. Un éditorial joint concluait:

Le Laetrile a eu sa journée devant les tribunaux. L'évidence, sans aucun doute
raisonnable, est qu'il n'a aucun effet bénéfique chez les patients avec cancer avancé,
et qu'il n'y aucune raison de croire qu'il serait plus efficace dans les phases plus
précoces de la maladie . . . Il est temps de fermer les livres. [9].

Bradford et American Biologics ont réagit à l'étude avec trois différentes poursuites contre le National Cancer Institute, les accusant que comme résultat de l'étude, ils ont subi des dommages financiers sérieux à cause de la demande diminuée du Laetrile. Les trois poursuites ont été rejetées par les tribunaux. Aujourd'hui, peu de sources de Laetrile sont disponibles aux Etats-Unis, mais il est encore utilisé dans les cliniques du Mexique [8] et commercialisé comme l'amygdaline ou "vitamine B 17" sur l'Internet.

 

Quelques dernières réflexions

Du moment qu'il y a des maladies débilitantes et fatales, il y aura toujours des individus prêts à offrir des "alternatifs" au traitement scientifique et de nombreux groupes d'individus désespérés qui seront intéressés de se les procurer. Le phénomène Laetrile a commencé avec un pharmacien-médecin qui a développé une concoction après une autre pour le traitement de maladies graves, spécialement le cancer. Il a été continué par son fils, un scientifique auto-imaginé, qui a passé plusieurs années au collège mais n'a jamais obtenu de diplôme. Un homme qui a acquis une fortune de la vente d'armes et un journaliste catholique qui avait une chronique ont fait sa promotion comme un médicament persécuté qui guérissait le cancer. Un groupe de membres de la John Birch Society ont vu la répression du Laetrile comme un complot sinistre contre leurs libertés fondamentales. Après qu'il a été appelé la "vitamine B17," une armée de partisans d'aliments naturels ont fait la promotion du Laetrile, ainsi que des vitamines et la diète, comme la réponse naturelle au cancer.

Après sa grande popularité à la fin des années 1970, le "mouvement Laetrile" a perdu son énergie suite à la décision du Supreme Court, l'étude du NCI, la mort de Steve McQueen, et d'autre publicité non favorable. Mais comme la fantaisie Laetrile perdait sa lueur, ses promoteurs majeurs ont ajouté d'autres "guérisons miraculeuses" à leur arsenal et ont ajouté le SIDA, l'arthrite, la maladie cardio-vasculaire, et la sclérose en plaques à la liste de maladies ils prétendent guérir. Malgré qu'ils semblent parler avec sécurité, ils persistent à éviter de subventionner le genre de recherche qui pourrait persuader le monde scientifique que ce qu'ils offrent soit efficace.

Voir: Recent Enforcement Actions (à la fin de l'article sur le laetrile au site original

Pour information additionnelle

Laetrile/Amygdalin: Information du National Cancer Institute.

Références

1. Young JH. Laetrile in historical perspective. In Merkle GE, Petersen JC,
editors. Politics, Science, and Cancer: The Laetrile Phenomenon. Boulder,
Colo., 1980, Westview Press.
2. American Cancer Society. Laetrile background information. New York, 1977,
The Society.
3. Bruzelius, NJ. The merchants of Laetrile. Boston Sunday Globe, June 17, 1979

4. Kennedy D. Laetrile: The Commissioner's Decision. H.E.W. Publication No. 77-3056.

5. Laetrile: The political success of a scientific failure. Consumer Reports
42:444-447, 1977.
6. South J. The Manner clinic. Nutrition Forum 5:61-67, 1988.

7. United States vs. Rutherford, 442 U.S. 544 (1979).

8. Moertel C and others. A clinical trial of amygdalin (Laetrile) in the

treatment of human cancer. New England Journal of Medicine 306:201-206, 1982.
9. Relman A. Closing the books on Laetrile. New England Journal of Medicine
306:236, 1982.
10. Barrett S. Laetrile spammers facing $631,585 penalty. Quackwatch, Sept 9, 2000.
 
11. Lewis C. Online laetrile vendor ordered to shut down. Quackwatch, Nov 28, 2003.
12. Licking County man and his company man and his company indicted for distributing laetrile and hydrazine sulfate. U.S. Justice Department news release, July 18, 2000.
FDA takes action against firms marketing unapproved drugs. FDA Talk paper, T00-39, Sept 6, 2000.

Cet article a été revisé le 17 fev. 2004. Traduction mise à jour le 5 fév. 2010

 

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