Méfiez-vous de ce que vous lisez sur Internet sur la santé

© 1999, IFIC Foundation

 

L'internet est une source formidable d'information sur la santé pour le visiteur, l'aidant à mieux connaître sa santé. "L'internet est rempli de renseignements importants, même extrêmement utiles," déclarait Randolph Wykoff, M.D., M.P.H. du U.S. Food and Drug Administration (FDA). Mais, attention, toute l'information présentée sur Internet ne porte pas le sceau d'approbation d'Hippocrate. Docteur Douteux fait son entrée et fait des visites à domicile!

Occasionnellement, des renseignements non entièrement valables gâtent une abondance de renseignements excellents sur Internet.Par un simple click de la souris, un évènement transmis de bouche à bouche peut être multiplié de façon expotentielle sur le web ou par courriel et se traduire par des recommandations douteuses sur des aspets sur la nutrition, ou par des histoires qui ont été dirigées directement sur votre ordinateur. Dans le monde actuel d'Internet et de communication mondiale instantannée &endash; coïncidant avec in intérêt grandissant sur la nutrition et son rôle en santé &emdash; il n'est pas surprenant que toute personne avec un modem puisse faire plonger le consommateur ou n'importe qui dans une situation de panique en ce qui a trait au rôle de la nutrition en santé.

La plupart d'entre noux ont entendu quelques-uns des mythes suivants qui ont eu leur début et ont été perpétués sur l'Internet: l'incident de la grande récolte rénale; l'éponge anti-bactérienne fait avec l'agent orange; les lumières fluorescentes qui sucent les vitamines de votre organisme; les shampoings qui causent le cancer, et des dizaines ou possiblement des centaines d'autres.

Ces mythes seraient un divertissement si on les reconnaissait comme des farces, des mantras de gens malheureux, ou tout simplement des passe-temps sur Internet. Mais les gens les interprètent de leur façon, malheureusement.

 

Région biaisée

Certains de ces mythes proviennent d'individus qui semblent véridiques quoiqu'ils soient obsédées par leurs théories auxquelles ils croient. Ils croient aussi rendre service à la population en l'avertissant des conséquences dangereuses à leur santé reliées à un produit tout-à-fait normal et sans danger. Le consommateur est souvent confus et se voit dans l'obligation de partager sa peur avec les membres de sa famille, ou avec ses amis, en leur dirigeant le message alarmant. Recevant un tel message d'un ami ou d'un membre de la famille ajoute au message un élément sérieux.

Un article récent dans le magazine TIME (du 26 avril, 1999) semble résumer le sujet très bien. "On fait des éloges sur le web comme étant un outil éducationnel formidable, et on a raison en grande partie. Toutefois, il devient un moyen pour propager ses propres idées, ou des théories biaisées de toutes sortes."

Dans la plupart des cas, les gens n'ont aucunement l'intention de faire du tort en propageant leurs opinions comme des faits. Dans d'autres cas, l'élément sournois de l'auteur peut facilement être décelé par le professionnel de la santé avec une bonne formation scientifique. Mais pour le consommateur, avec peu de moyens de faire la différence entre la fiction et la réalité, il peut être facilement influencé.

Par exemple, un visiteur sur Internet qui cherche de l'information sur les matières grasses alimentaires peut tomber sur plusieurs sites qui sèment la peur et la confusion sur une huile à cuisson populaire. Avec un entête qui montre un crâne et deux os croisés (qui signifie une substance toxique) et les mots "Huile Canola: mortelle pour l'organisme", un tel site peut alarmer le visiteur, pour peu dire. Si le consommateur ne s'informe pas ailleurs, il a été mal renseigné: l'huile canola est une huile monosaturée, sans dangers, qui peut aider à diminuer les taux de cholestérol lorsque substituée à des huiles saturées.

 

"Où avez-vous entendu ça?"

A un moment donné, les médecins étaient la source principale de renseignements sur la santé pour le consommateur, mais au début des années '90, "ce paradigme pour l'obtention de ces renseignement a changé," selon Fergus Clydesdale, Ph.D., de l'université de Massachusetts. Aujourd'hui, autant pour le consommateur comme pour les professionnels de la santé, la source principale d'information semble être les médias. Cette source remplace la relation médecin-patient traditionnelle. Pour les professionnels de la santé, les rapports des médias précèdent les revues médicales et l'assistance aux congrès académiques. Souvent, le patient soulève un sujet auprès de son professionnel de la santé en mentionnant une histoire qu'il a entendu aux nouvelles à la TV avant même que le professionnel ait reçu la revue médicale dans laquelle l'article a été publié.

Une enquête téléphonique récente menée par Schwarz Pharma, Inc., et rapportée dans l'Americian Journal of Public Health, soulignait que près de 29% des américains se sont dirigés vers l'Internet pour obtenir des renseignements &emdash; un nombre qui, quoique peu élevé, comparé à d'autre médias, serait à la hausse.

Selon une enquête de Nutrition Trends 1997 dirigée par l'American Dietetic Association (ADA), 57% des consommateurs ont rapporté que la télévision était leur source principale d'information sur la nutrition, suivi des magazines à 44% et les journaux à 22%.Les médecins et diététiciens(ennes) à seulement 9% et 5% respectivement.

La même enquête ADA, toutefois, aurait trouvé qu'on ne pouvait pas conclure à des chiffres semblables en ce qui a trait à la fiabilité des renseignements. Les renseignements provenant des médecins et diététiciens/nutritionnistes avaient plus de valeur (52%) que ceux provenant des nouvelles à la télé et des articles qui paraissent dans les journaux (24% et 21% respectivement). L'internet aussi suit le même pattern de livraison et crédibilité &emdash; l'Internet et le World Wide Web a été trouvé la source de renseignements sur la santé selon les répondants dans le rapport de 1997,"Americans Talk About Science et Medical News from the National Health Council." Quoique l'Internet soit une source importante de renseignements fiables, il peut aussi être un moyen de présenter des fausses informations ou du moins douteuses.

John Renner, M.D., du National Council for Reliable Health Information aurait fait la remarque suivante, "Il existe un facteur choc sur les renseignements disponibles sur Internet parce l'information ne peut à la fois être bonne et fausse, fantastique et terrible. Nous sommes partis d'une petite bibliothèque d'information avec une préposée aimable, à un entrepôt énorme avec beaucoup de gens offrant de l'information." Le consommateur n'avait jamais à faire face à une telle situation. La problème est que la population puisse être trompée, portée à croire que ce qui est sur Internet est par conséquent vrai.

Un exemple typique comment la population puisse être trompée est l'article récent paru sur Internet par Nancy Markle, article qui est devenu très populaire. Dans son article elle déclare que l'aspartame (un substitut au sucre, utilisé dans beaucoup d'aliments et de boissons gazeuses) serait la cause de lupus, de la sclérose en plaques, et d'autres conditions et maladies, sans aucune preuve à l'effet. Les organismes de santé renommées ont été affiliées à l'histoire, et beaucoup de gens vulnérables ont été effrayés inutilement par cette déclaration totalement fausse.

Une des merveilles de l'Internet est que, tout en étant exposé à des mauvaises informations, vous pouvez chercher et trouver des renseignements valables. Si le consommateur a des inquiétudes au sujet de l'aspartame comme cause prétendue de la sclérose en plaque, par exemple, il peut communiquer très facilement avec la Multiple Sclerosis Foundation (Fondation de la Sclérose en Plaques) à son site Internet pour être renseigné de façon appropriée. David Squillacote, M.D., aviseur médical sénior de la Fondation MS écrivait en réponse à l'annonce trompeuse sur Internet, "Cette série de déclarations faites par Ms Markle sont quasi-totalement faux à la base. Elles sont complètment fausses et trompeuses de façon scandaleuse." Heureusement, plusieurs organismes fiables, des sites web ainsi que des publications ont refuté cette épidémie d'hystérie et présenté un context additionnel pour la population.

Le site Internet de la FDA (Food and Drug Administration) est une source excellente d'information précise. Le consommateur désirant confirmer ou non l'histoire de l'aspartame peut trouver les informations suivantes de la FDA qui vont calmer la peur semée: "Après avoir revu les études scientifiques, la FDA a conclu en 1981 que la présence d'aspartame dans l'alimentation était sans danger. A date, la FDA n'a pas trouvé de pattern de symptômes imputables à l'usage d'aspartame, et n'est pas au courant d'études récentes qui auraient démontré des problèmes quelconques en ce qui a trait à la santé."

 

Que doit faire le visiteur sur Internet?

Comment le visiteur sur Internet peut-il juger de la valeur de l'information disponible par courriel ou par engin de recherche sur Internet? Tout ce qui est visualisé n'est pas nécessairement fiable.

Malheureusement, pour la plupart de nous, la meilleure défense contre la mauvaise information sur la nutrition est la connaissance scientifiquement organisée. Puisque nous ne sommes pas tous prêt à pouvoir juger de la valeur de l'information qui nous est présentée, voici quelques trucs qui pourraient aider:

L'Internet est devenu un outil pour le consommateur qui recherche de l'information sur toutes sortes de sujets incluant la santé l'aidant à améliorer son bien-être. Néanmoins, la facilité au bout des doigts peut aussi être une source de mauvaises informations ou du moins douteurses. Il faut être prêt à faire un triage de toute l'information disponible et surtout demander conseils ailleurs.

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Cet article est tiré du numéro de Mai/Juin 199 de Food Insight, un excellent bulletin qui paraît aux deux mois disponible aussi sur Internet au site de l'International Food Information Council Foundation (IFIC), 1100 Connecticut Avenue, Suite 430, Washington, DC 20036. Information au sujet de déclarations douteuses accessibles aux sites web de David Emery and the San Francisco Folk Society appelés"urban legends.

Cet article a été affiché dans sa version originale le 12 sept. 1999.

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