La naturopathie vue de près

 

Stephen Barrett, M.D.

 

La naturopathie, parfois appelée "médecine naturelle" désigne une approche, en grande partie pseudo-scientifique, qui prétend "aider la nature" [1], " donner un appui à l'organisme pour une meilleure santé," [2], et " faciliter les mécanismes curatifs de l'organisme." [3] Les naturopathes affirment que les maladies sont un moyen pour l'organisme de se purifier. Ils affirment que les guérisons sont le résultat d'une augmentation de la "force vitale" du patient. Ils prétendent également stimuler les processus naturels de guérison de l'organisme en éliminant les déchets et les "toxines." À première vue, cette approche peut apparaître pleine de bon sens. Toutefois, un regard plus attentif va nous montrer que la philosophie de la naturopathie est simpliste et que ses pratiques sont parsemées de charlatanisme.

La notion de "force vitale" ou "force de vie", une force non-matérielle qui transcende les lois de chimie et de physique, origine de l'histoire ancienne. Les historiens l'appellent la doctrine du vitalisme. Nous pouvons dire aujourd'hui que non seulement aucune preuve scientifique n'appuie cette doctrine, mais qu'un vaste réseau de connaissances, incluant la chimie organique dans son ensemble, en constritue une vivante réfutation. Les praticiens 'vitalistes' affirment que les maladies doivent être traitées en "stimulant les capacités de l'organisme à se guérir lui-même" plutôt qu'en "traitant les symptômes". Le vitalisme est commun à une vaste gamme de thérapies "alernatives". Les homéopathes, par exemple, maintiennent que la maladie est due à un dérangement de la "force vitale" de l'organisme, qu'ils peuvent corriger avec des remèdes spéciaux. De la même façon, plusieurs acuponcteurs maintiennent que la maladie est due à un déséquilibre dans le flot de "l'énergie vitale" (chi ou Qi), qu'ils peuvent équilibrer en tournant des aiguilles dans la peau. Plusieurs chiropracticiens aussi croient venir en aide à "l'intelligence innée" de l'organisme, en ajustant la colonne vertébrale du patient. Les naturopathes parlent de "Vis Medicatrix Naturae." Les médecins ayurvédiques se rapportent à "prana." Et ainsi de suite! Les "énergies" postulées par les vitalistes ne peuvent pas être mesurées par des méthodes scientifiques.

Selon un rapport élaboré de la NANP (Naional Association of Naturopathic Physicians) organisme qui n'existe plus aujourd'hui présenté au United States Congress en 1970 :

La naturopahie. . . est une technique de traitement de maladie humaine qui cherche à prêter main forte à la nature. Elle peut comprendre la chirurgie mineure et faire usage des agences, forces, processus, et produits naturels don't l'introduction dans l'organisme est fait par tout moyen qui va produire des effets bénéfiques à la santé.

La naturopathie est basée sur la tendance de l'organisme à maintenir un équilibre et à se guérir lui-même. Le but de la médecine naturopathique est de stimuler ce processus en utilisant des remèdes naturels. La naturopathie est donc différente de la médecine conventionnelle (allopathie et ostéopathie), qui recherche à combattre la maladie en faisant usage de remèdes qui sont choisis pour détruire l'agent causal ou qui produisent des effets différents de ceux résulant de la maladie traitée. . . .

La naturopathie croit que la maladie est surtout causée par les facteurs suivants: (1) vitalité abaissée; (2) composition anormale du sang et de la lymphe; (3) désalignement des muscles, des ligaments, des os, et perturbations neurotropiques; (4) accumulation des déchets et poisons dans l'organisme; (5) microbes, bactéries, et parasites qui envahissent l'organisme et se multiplient à cause des états toxiques ce qui peut donner des conditions optimales à leur croissance; (6) influences héréditaires à considérer, et (7) désordres psychologiques.

En mettant en pratique les principes de la naturopathie, le praticien peut administrer un ou plusieurs traitements spécifiques, mécaniques, nutritionnels, manuels, phytothérapeutiques, ou animals sous forme d'appareil ou de substances. Le but du praticien est d'enlever les obstacles au fonctionnement normal de l'organisme, tout en appliquant des forces naturelles pour faciliter la rémission. Seules les préparations et doses qui sont en harmonie avec l'économie de l'organisme sont utilisées, pour modifier les fonctions aberrantes, éliminer de l'organisme les déchets cataboliques, et stimuler ses processus anaboliques[1].

L'American Association of Naturopathic Physicians (AANP) déclare que "la médecine naturopathique a son propre fond unique de connaissances, évolué et raffiné depuis des siècles" et est "efficace comme traitement de problèmes de santé, qu'ils soient aigus ou chroniques." [4] Selon un dépliant AANP de 1989 :

La principale différence [entre la médecine naturopathe et conventionnelle] est dans son approche philosophique. Les médecins naturopathes traitent les patients en rétablissant la santé générale plutôt qu'en supprimant quelques symptômes clés. Les médecins naturopathes sont plus préoccupés de trouver la cause sous-jacente d'une maladie et d'appliquer des traitements qui sont en harmonie avec les mécanismes naturels de guérison de l'organisme plutôt qu'en opposition ave eux.. Les traitements naturopathiques ont moins d'effets secondaires, et empêchent la chronicité qui survient invariablement lorsque la cause de la maladie est négligée [5].

Les naturopathes offrent des traitements en cabinet et dans des spas (établissements de cure de rajeunissement) où les patients sont hébergés pour plusieurs semaines. Les patients peuvent se prévaloir de diète d'amaigrissement, diète "d'aliments naturels", de vitamines, d'herbes médicinales, de minéraux tissulaires, de remèdes homéopathiques, de sels cellulaires, de manipulation, massage, exercice, lavements coloniques, d'acuponcture, de médecine chinoise, d'accouchement naturel, de chirurgie mineure, d'application d'eau, chaleur, froid, d'air, de soleil, et d'électricité. La radiation peut être utilisée pour diagnostic, mais pas comme traitement. Plusieurs de ces méthodes sont considérées comme "détoxifiants" de l'organisme.

Qu'est qui ne va pas avec l'image décrite ci-haut?

La recherche scientifique a identifié des facteurs causaux mesurables et des méthodes spécifiques de prévention et/ou de traitement de centaines de problèmes de santé. Les naturopathes n'ont pas beaucoup plus que créer des généralités surperficielles tirées de ces facteurs. Les théories énoncées ci-dessus sont simplistes et/ou sont en désaccord avec les connaissances scientifiquement fondées en physiologie et pathologie. Par exemple :

Les naturopathes affirment que leurs méthodes "naturelles", lorsque utilisées de façon appropriée, ont rarement des effets secondaires parce qu'elles ne gênent pas les capacités inhérentes de l'individu de se guérir lui-même. Cette prétention est de la foutaise. Toute médication (remède ou herbe) assez puissante pour produire un effet thérapeutique est aussi assez puissante pour avoir des effets secondaires. Les médicaments ne devraient pas être employés (et n'auraient pas l'approbation de la FDA) à moins que le bénéfice probable ne soit plus grand de façon significative que les risques possibles. De plus, rarement les médicaments "nuisent au processus de guérison." L'allégation suivant laquelle les soins médicaux scientifiquement établis "éliminent ou suppriment seulement les symptômes" est absurde et pernicieuse.

Le plu des méthodes de traitement des naturopathes n'a pas été prouvé scientifiquement et certains traitements, comme l'homéopathie sont franchement inutiles. Dans biens des cas, les naturopathes ajoutent des conseils diététiques raisonnables (basés sur des méthodes prouvées médicalement) à des recommandations pour des produits sans valeur.

Brève historique

La naturopathie pratiquée aujourd'hui remonte aux concepts de Sebastien Kneipp (1821-1897), Benedic Lust (1872-1945), Henry Lindlahr (1853-1925), Bernarr Macfadden (1868-1955), et John H. Tilden, M.D. (1851-1940). Le Père Kneipp, un prêtre allemand, a fondé un centre "d'hydrothérapie" après que lui et un jeune étudiant se soient trouvés guéris d'une tuberculose suite à une baignade dans le Danube. Kneipp a aussi développé des méthodes utilisant des herbes. Lust, aussi un allemand, a été traité par Kniepp. En1892, il a reçu le mandat d'établir aux Etats-Unis des centres de traitements inspirés par l'approche de Kniepp. En 1895, la Kneipp Water-Cure Institute ouvrit ses portes à New York et des sociétés dont les membres utilisent les méthodes de Kneipp, ou d'autres "thérapies sans médications", ont commencé à faire leur apparition. Par la suite, Lust a été certifié en ostéopathie, chiropratique, médecine homéopathique et en médecine éclectique [8].

En 1901, Lust a organisé un congrès national et fut le modérateur d'un comité qui endossa l'utilisation du massage, des herbes, de l'homéopathie, de la manipulation de la colonne vertébrale et d'autres types de traitements occultes. En 1902, il a acquis les droits de l'appellation "naturopathie" de John H. Scheel, un autre disciple de Kneipp, qui l'a créée en 1895. La même année, il a commencé à utiliser son titre de naturopathe, a fondé l'American Institute of Naturopathy, et a remplacé les Kneipp Societies par une organisation nationale des naturopathes. Lindlahr, pour sa part, a davantage systématisé la naturopathie et a créé un sanatorium et une école dans une banlieue de Chicago. Mcfadden a popularisé l'exercice et la diète. Tilden a contribué au développement des notions sur "l'auto-intoxication" (qui serait causée par les matières fécales demeurant trop longtemps dans les intestins) et de "toxémie" (supposément "la base de toute maladie"). [9]

Les prétentions grandioses de la naturopathie ont attiré les écrits de Morris Fishbein, M.D., éditeur du Journal of the American Medical Association qui a pris charge de la campagne anti-charlatans de l'AMA pendant plusieurs décénnies. Sous sa plume on peut lire:

Tandis que la plupart de cultes considèrent un concept unique comme cause et guérison de la maladie, la naturopathie englobe tout ce qui est naturel. . .

Les vrais naturopathes étaient, évidemment, des guérisseurs comme le Père Kniepp. . . et d'autres qui acceptaient la vie naturelle, guérissaient par l'utilisation de la lumière du soleil, des bains, de l'air pur, et d'eau froide Malheureusement, il est difficile de gagner sa vie par ces méthodes. Alors, le naturopathe moderne va se prévaloir de toute forme de traitement qui lui offre l'opportunité d'exploiter ses patients. [10]

Les méthodes que Fishbein n'acceptait pas incluent:

La plupart de ces méthodes sont disparues ainsi que leurs fondateurs, mais quelques-unes (ou des dérivés) sont encore utilisées aujourd'hui.

Le nombre total de pratiquants n'est pas connu mais il inclut les chiropracticiens et les acuponcteurs qui pratiquent la naturopathie. L'AANP a été fondée en 1985 et est liée intimement avec les 4 principaux collèges de 4 ans de naturopathie. Ses membres sont limités aux individus éligibles au permis de pratique dans les états qui les émettent. Son annuaire en ligne (Internet) contient environ 1300 noms. L'American Naturopathic Medical Association (ANMA), fondée en 1981, affirme représenter près de 2 000 membres à travers le monde. Bien que certains de ses membres possèdent des qualifications professionnelles reconnues dans d'autres domaines de santé, d'autres n'ont qu'un degré "ND" obtenu d'une école par correspondance non accréditée. La Homeopathic Academy of Naturopathic Physicians (HANP), qui demande un degré professionel reconnu et une formation additionnelle en homéopathie, comprend environ 50 membres aux États-Unis et au Canada.

L'AANP publie le Journal of Naturopathic Medicine, lequel est apparu à 6 reprises entre 1990 et 1996. Chaque exemplaire compte entre 80 et 100 pages. Le troisième numero est consacré à "Non-Standard HIV/ARC/AIDS Management" (traitement non-conventionnel du SIDA). Le 5e numéro, qui condamne l'immunisation, contient des articles qui suggèrent que les vaccins sont une cause du cancer et que la prophylaxie homéopathique utilisant des nosodes serait efficace et comporterait moins de dangers que les vaccins usuels. (Les nosodes sont des produits dilués faits d'organes et tissus pathologiques : agents causaux tels que les microbes, les champignons, les parasites, les particules virales et les levures ; les produits de maladie ; ou excrétions.) Le 6e numéro fait la promotion des produits "naturels" pour le cancer et contient un article absurde qui prétend que la mesure de résistance électrique de la peau puisse être un moyen utile de diagnostiquer les phases initiales du cancer et du SIDA

La formation

En1927, une étude de l'AMA dénombrait 12 écoles de naturopathie comptant chacune au moins de 200 élèves [11]. Durant les années 1920 et 1930, près de la moitié des états ont voté des lois selon lesquelles les naturopathes et/ou « guérisseurs sans médicaments » pouvaient établir leur pratique. Toutefois, avec les développements en médecine moderne, plusieurs de ces lois ont été annulées et aujourd'hui les écoles en question n'existent plus sauf pour quelques écoles « par correspondance (par courrier). » Le degré de docteur en naturopathie était encore disponible dans plusieurs collèges de chiropratique, mais en 1957, le dernier de ces collèges a cessé d'octroyer ce diplôme. Le National College of Naturapathic Medicine (NCNM) a été fondé en 1956 à Portland, Oregon, mais, jusqu'au milieu des années 1970, il n'avait que très peu d'étudiants. De 1960 à la fin de 1968, il y avait une moyenne de 8 inscriptions et le total des gradués ne dépassaient pas 16 personnes [1].

Aujourd'hui, aux Etats-Unis, le titre de "docteur en naturopathie" (DN) ou "docteur en médecine naturopathique" est disponible de quatre écoles de naturopathie qui offrent des cours à plein temps et par au moins huit autres écoles non-accréditées qui offrent des cours par correspondance. Il y a quelques années, une école par correspondace, la Progressive Universal Life Church, offrait un "Ph.D. en Naturopahie" pour $250 en plus de " expérience de la vie sans cours" et  une autre non-accréditée un diplome "Naturopathic Practitioner" à des candidats éligibles qui complétaient un programme de 15 mois de formation chez-soi en plus d'une douzaine de colloques. La formation dans les écoles dites à plein temps suit un pattern semblable à celui des écoles de chiropratique : deux ans de cours de science de base et deux ans de travail clinique. On requiert trois ans de cours de collège pour être admissible.

L'école de naturopathie la plus connue, la Bastyr University, a été fondée à Seattle dans l'état de Washington, en 1978. En plus de son programme N.D., Bastry offre un degré de B.Sc en psychologie ; programme B.Sc et M.A. en science du comportement appliquée ; programme M.S. en nutrition et en acuponcture/médecine orientale ; et un certificat de sage-femmes. Bastry a aussi fournit aux détaillants d'aliments naturels et à leurs employés des programmes d'étude à domicile pour promouvoir des approches « naturelles » pour toute une gamme de maladies. Les étudiants dans le programme d'obtention d'un diplôme universitaire en naturopathie doivent prendre trois cours en homéopathie et peuvent opter pour trois cours additionnels. Le Southwest College of Naturopahic Medicine and Health Sciences à Scottsdale, Arizona, a été fondé en 1992. L'University of Bridgeport College of Natural Medicine à Bridgeport, Connecticut, a ouvert ses portes en 1997. Les écoles de naturopathie reçoivent beaucoup d'aide financière de maisons qui font la commercialisation de suppléments diététiques, produits homéopathiques et d'herbes médicinales.

Accréditation

En 1987, le U.S. Secretary of Education a approuvé le Council on Naturopathic Medical Education (CNME) comme agence d'accréditation pour les écoles à plein temps. Comme avec les écoles d'acuponcture et de chiropratique, cette reconnaissance n'est pas basée sur la valeur scientifique de ce qui est enseigné. Cette reconnaissance repose sur des facteurs matériels tels que la tenue de dossiers, les biens physiques, le statut financier, la structure administrative, les caractéristiques du catalogage, les politiques non-discriminatoires et l'auto-évaluation. La NCNM, la Bastyr et la Southwest sont accréditées.

En 1999, le U.S. Department of Education staff and the National Advisory Commitee on Institutional Quality and Integriy (NACIQI) a demandé au U.S Secretary of Education Richard W. Riley de refuser la demande du CNME de leur renouvellement de reconnaissance. La recommandation a été basée sur l'évidence que la CNME n'a pas répondu de façon appropriée aux infractions à ses normes au Southwest College. Le rapport du 'staff' [12] et le témoignage à une assemblée du NACIQI [13] aurait signalé qu'en 1997 et 1998, l'école a subi un boulversement administratif qui a failli fermer l'école. Plusieurs directeurs ont remis leur démission ou ont été soudainement congédiés, des cours cancellés pour 2 semaines, et les comptes de banque de l'école gelés temporairement après que le directeur des finances ait été congédié. Le CNME a témoigné durant l'audience qu'elle a suivi de près la situation et aurait recommandé fortement aux directeurs de l'école de corriger le problème. Toutefois, le 'staff' du Department of Education et la majorité des membres de la NACIQI ont conclu que la CNME a négligé d'émettre un ordonnance pour démontrer les raisons pour éviter le refus de l'accréditation de la Southwest [13].

En janvier 2001, Riley a donné son accord que l'acceptation de la CNME ne soit pas renouvellée, ce qui veut dire que les naturopathes aux États-Unis n'ont plus d'agence d'accréditation nationale reconnue par le United States Education [14]. Curieusement, aucun des sites web des collèges de naturopathie n'a mentionné que la CNME aurait perdu sa reconnaissance. Trois des écoles ont demeurées accréditées et la quatrième était candidate à l'accréditation par les agences régionales reconnues d'accréditation qui ne sont pas reliées à la santé. Malgré la décision de Riley ait rendu le droit de pratique plus difficile, il n'a reçu aucune publicité. Sa décision ne pouvait pas être susceptible à un rappel, la CNME était libre d'aller en rappel, ce qu'elle a fait. En juin, 2003, le National Advisory Committee a recommandé que le U.S. Secretary of Education donne son approbation de la demande de la CNME. En sept. 2003, le U.S. Secretaru of Education a accordé une reconnaissance de deux ans.

 

Statut légal

Les naturopathes sont licenciés comme des praticiens indépendants dans 13 états (Alaska, Arizona, Californie, Connecticut, Hawaii, Kansas, Maine, Montana, New Hampshire, Oregon, Utah, Vermont, and Washington) et dans le District of Columbia. Ils peuvent aussi établir leur pratique dans certains autres états [14]. On s'occupe d'étendre cela à d'autres états. Les gradués des écoles de formation de 4 ans affirment que le droit de pratique est nécessaire pour la protection de la population contre des pratiquants non qualifiés. Pourtant, les bureux actuels d'émission des permis de naturopathie n'ont à peu près rien fait pour protéger la population contre le charlatanisme flagrant de la naturopathie.

Puisque les lois proposées établiraient des prérequis éducationnels auxquels les membres de l'ANMA ne pourraient pas se conformer, l'ANMA s'est opposé vigoureusement à ces modifications. Le National Council Against Health Fraud a souligné :

La différence entre les naturopathes plus éduqués et ceux moins bien formés est. . . un peu comme si on compare des sorciers bien éduqués ou non. On pourrait même dire que les naturopathes moins bien formés sont moins dangereux parce qu'ils ont un sac de trucs moins grand. Ils ne se considèrent pas des "médecins de première ligne" et vont plutôt recommander les patients à des médecins conventionnels pour des soins additionnels. [15]

Les soins des naturopathes ne sont pas couverts par Medicare ou la plupart des assurances. Plus le nombre de permis émis aux naturopathes va augmenter, plus les naturopathes verront leur légitimité acceptée. Cela va éventuellement aider à faire passer des lois exigeant que les compagnies d'assurance couvrent leurs soins.

L'étendue de leur pratique

La plupart des naturopathes prétendent qu'à peu près toutes les maladies sont de leur domaine. Les publications des naturopathes les plus complètes illustrant cette croyance sont A Textbook of Natural Medicine (pour les élèves et professionnels) [16,17] et deux éditions de l'Encyclopedia of Natural Medicine (pour le grand public). [18,19] Le premier ouvrage est une mise en commun de 40 contributerus. Il compte plus de mille pages. Il a été lancé en 1986 et mis à jour avec des pages mobiles ajoutées jusqu'à 1996 [16]. Une deuxième édition, reliée, est prévue pour publication en août 1999 [17]. Quand à l'encyclopédie, elle s'étendait sur 630 pages dans sa première édition de 1990. Elle en compte maintenant 958 pages (2e édition). Joseph E. Pizzorno, N.D., président de Bastyr University, et Michael T. Murray, N.D., un membre de la faculté, étaient les éditeurs du textbook et co-auteurs de l'encyclopédie. Les deux volumes recommandent des mesures diététiques de valeur douteuse, des vitamines, minéraux, et/ou des herbes médicinales pour plus de 70 maladies allant de l'acné au SIDA. Pour plusieurs de ces maladies, on recommande quotidiennement plus de dix produits, certains à des doses tellement élevées qu'elles en deviennent toxiques. Certains traitements sont recommandés malgré que les auteurs soulignent que les preuves en appui de ces recommandations sont préliminaires, spéculatives, et même contradictoires. Les deux livres contiennent des discussions d'épreuves diagnostiques douteuses comme si elles étaient valables. Arnold Relman, M.D., éditeur en chef émérite du New England Journal of Medicine, a écrit une revue

foudrayante de la seconde édition publiée en 1999 dans laquelle il conclut:

Plusieurs des traitements recommandés dans le livre....ne seront probablement jamais efficaces et les traitements prouvés comme efficaces sont totalement ignorés. Cela peut mettre la vie des patients en danger particulièrement les patients ayant des maladies sérieuses qui mettent toute leur confiance sur les soins de pratiquants de naturopathie [20].

Pizzorno et Murray affirment que "dans la majorité des cas, l'alternative naturopathe offre des bénéfices significatifs supérieurs aux pratiques médicales conventionnelles." [21]. Leur encyclopédie reconnait que des traitements médicaux sont essentiels pour quelques maladies, parce qu'autrement le patient peut mourir. Pour ces maladies, cependant, ils proposent des traitements naturopathiques prétendument complémentaires. Dans bien des chapitres, ils décrivent les pratiques médicales conventionnelles incorrectement.

L'encyclopédie affirme, par exemeple, que le traitement médical de l'hypothyroïdisme comprend l'administration d'extraits de thyroïde animale ("dessicated" ou faits de glandes animales séchées) ou d'hormone thyroïdienne synthétique, alors que les naturopathes préfèrent les extraits de thyroïde animale. Pizzorno et Murray maintiennent aussi que "les préparations thyroïdes de magasins d'aliments naturels. . . . peuvent aider suffisamment" un problème de thyroïde léger, même si la FDA demande que de tels produits soient sans hormones. Les médecins scientifiques considèrent les extraits «dessicated » inférieures en qualité parce que leur concentration varie d'un lot à un autre. L'hormone synthétique est très efficace.Utiliser un produit qui peut ne pas contenir d'hormone est ridicule. Le livre de Pizzorno et Murray affirme encore (de façon erronée), que prendre la température corporelle dans l'aisselle au réveil serait un test fiable de la fonction thyroïdienne.

Le chapitre sur l'angine fait une recommandation enthousiaste en faveur de la thérapie par chélation que la communauté scientifique considère pourant sans aucune valeur. Le chapitre sur la "désintoxication" maintient que 25% des Américains souffrent d'empoisonement métallique et suggère des jeûnes périodiques, des suppléments diététiques ainsi que des herbes médicinales. Le chapitre sur la "cellulite" prétend qu'un extrait de gotu kola aurait démontré des "résultats impressionnants." Le chapitre sur la "candidiase" reconnaît le diagnostic très à la mode du Dr. William Crook "de l'hypersensibilité au candida". Le chapitre inclut d'ailleurs et le questionnaire de trois pages de Crook qui détermine la probabilité de "symptômes reliés aux levures." Le questionnaire est absolument sans valeur.

Dans le Complete Book of Juicing, Murray recommande les jus pour traiter une foule de conditions. Il conseille aussi à tout le monde d'utiliser des suppléments diététiques parce que "même la personne la plus soucieuse de sa santé . . . ne peut parvenir à rencontrer toutes les recommandations nutritionnelles nécessaires à une santé optimum seulement par la diète" [21]. Ces idées manquent d'appui scientifique.

Dans un autre livre, Murray affirme que le "juicing" est valable parce le jus frais fournit à l'organisme des enzymes "vivants" [18]. Cette idée est absurde. Les enzymes dans les plantes aident à régulariser la fonction métabolique des plantes. Lorsqu'on les consomme, elles ne se comportent pas comme des enzymes dans l'organisme, parce qu'elles sont digérées plutôt qu'absorbées intactes dans l'organisme [23].

Une anecdote révélatrice

Le livre de Pizzorno Total Wellness : Improve Your Health By Understanding Your Body's Healing Systems contient un chapitre intitulé "Stimulez votre système immunitaire", dans lequel l'anecdote suivante est utilisée pour illustrer comment les naturopathes considèrent la "dépression immunitaire" comme cause sous-jacente de la maladie :

Il y a plusieurs années, j'ai commencé à présenter des grosses verrues sur plusieurs de mes doigts. Les verrues sont un phénomène intéressant ; elles ont tendance à grossir ou diminuer selon le bon fonctionnement du système immunitaire. Malgré le fait que j'ai traité ces verrues à plusieurs reprises avec l'huile thuya (un traitement standard naturopathique des verrues), elles n'ont pas bien répondu au traitement. Je ne comprenais rien parce que mon mode de vie était bon et que j'avais utilisé un traitement qui était efficace pour un grand nomre de mes patients.

J'ai alors visité mon dentiste. Comme je n'avais qu'une carie, je n'avais pas consulté de dentiste depuis plusieurs années. De façon surprenante, les radiographies ont révélé un abcès dans cette dent où l'obturation n'avait pas été bien faite. Une semaine d'antibiotiques a guéri l'infection, et dans trois mois suivants toutes mes verrues étaient disparues. Même si je n'avais aucun autre symptôme, l'abcès a continué à affaiblir mon système immunitaire" [24].

Tout bon programme de prophylaxie dentaire doit inclure des visites tous les 6-12 mois pour un nettoyage professionnel (pour enlever les calculs prériphériques des gencives et prévenir la gingivite), un examen pour des signes avant-coureurs de carie dentaire et, occasionnellement, des radiographies pour déceler des problèmes qui pourraient être cachés. Comment se fait-il que Pizzorno, qui parle tant de prévention, ne croit pas à des examens réguliers comme nous tous ? Et pourquoi n'a-t-il pas consulté pour ses verrues ? (On peut tirer ses propres conclusions.)

Par ailleurs, est-ce que le traitement de l'abcès était la cause de la disparition des verrues ? Je doute que cela ait été prouvé scientifiquement. Toutefois, il est bien connu que la plupart des verrues vont disparaitre spontanément en dedans de deux ans ou peuvent être enlevées avec un traitement simple, non cicatrisant [25].

Un autre aspect bien évident

L'AANP prétend que les "médecins naturopathes ne sont pas opposés à des mesures invasives et suppressives lorsque ces méthodes sont nécessaires [et] qu'ils réfèrent leurs clients à des médecins lorsque de tels traitements sont indiqués."[5]. Je doute que la majorité des naturopathes se conforment à cette démarche. Plusieurs naturopathes adoptent la nutrition et les mesures de mode de vie qui coïncident avec les recommandations médicales courantes. Toutefois, ces conseils sont souvent accompagnés par d'autres conseils non conventionnels et irrationnels. Malgré que les naturopathes affirment mettre l'emphase sur la prévention, la plupart d'entre eux s'opposent ou critiquent les programmes de vaccination [26].

Récemment, j'ai participé à une équipe chargée de l'évaluation d'un cas de garde d'un enfant. Dans ce cadre, j'ai eu à examiner les dossiers de neuf naturopathes qui ont traité un enfant dont la mère s'opposait aux traitements médicaux conventionnels et qui était elle-même étudiante en naturopathie. L'enfant n'a pas reçu ses vaccins usuels et n'aurait pas été vu par un médecin jusqu'au moment où elle a été diagnostiquée avec un diabète insulino-dépendant un peu avant ses huit ans. Malgré des épisodes de "congestion thoracique," "toux chronique," "vaginite," "brûlement urinaire," et "d'asthme," qui étaient notés dans son dossier, il n'y avait aucun signe que ces problèmes aient été diagnostiqués adéquatement ou traités de façon appropriée. (Un épisode de congestion thoracique, par exemple, fut traité avec des remèdes homéopathiques.) Trois des praticiens ont utilisé un appareil Vegatest pour diagnostiquer des "allergies" au sucre et à plusieurs autres aliments. Ils ont recommandé des restrictions diététiques sévères, même si l'enfant n'ait jamais réagit de façon adverse à ces aliments (Le Vegatest est un appareil de charlatan qui mesure que le taux d'humidité cutanée et la pression employée par le praticien avec une sonde appliquée sur les doigts et orteils du patient.) Un autre praticien recommanda la thérapie par chélation après avoir posé un diagnostic "d'empoisonnement métalique" suite à une analyse capillaire. Les traitements recommandés pour les troubles réels ou imaginaires de l'enfant comprenait un régime allant jusqu'à 35 pilules par jour, comptant des suppléments de vitamines à des doses potentiellement toxiques. La seule référence médicale a été faite après que l'enfant manifesta des signes de diabète. Bien que les neuf naturopathes ne constituaient pas un échantillon pris au hasard, il n'en demeure pas moins que leurs pratiques non-scientifiques étaient conformes aux écrits typiques de naturopathie.

Scandal en Arizona

En mai, 2001, le Arizona Naturopathic Physicians Board of Medical Examiners a congédié leur directeur exécutif, John L. Brewer, D.C., après accusation d'avoir déchiqueté des documents, d'avoir copié des examens et d'avoir présenté des fausses pièces d'identité. Selon un rapport dans le Arizona Republic, un membre du comité aurait découvert que Brewer n'avait pas un degré universitaire d'un collège de Los Angeles comme il avait déclaré dans sa demande de droit de pratique [27].

En juin 2000, le Arizona Auditor General a critiqué sévèrement la performance du comité exécutif. Les déficiences les plus sérieuses portaient sur les examens de licence de pratique naturopathique, qui n'avaient pas été validés comme assurance d'évaluation appropriée de la pratique sécuritaire des naturopathes. Pire encore, le comité "ajustait" continuellement les points à ce que tous les candidats depuis 1998 puissent réussir. Avec les examens de 1999, par exemple:

Le rapport de l'Auditor General a aussi noté que les plaintes apportées au comité n'avaient pas reçu l'attention adéquate et que le maintien des points et le management global n'étaient pas adéquats.

Conclusion

En 1968, le U.S. Department of Health, Education, and Welfare (HEW) a recommandé que Medicare ne couvre pas la naturopathie. Le rapport du HEW conclu :

La théorie et la pratique en naturopathie ne reflètent pas l'ensemble de connaissances fondamentales reliées à la santé, à la maladie, et aux soins de santé qui sont largement acceptées par la communauté scientifique. De plus, mettant la théorie de côté, l'étendue et la qualité de la formation en naturopathie ne préparent pas suffisamment les praticiens à poser un diagnostic adéquat et à prescrire un traitement approprié [29].

Malgré que certains aspects de la formation en naturopathie se soient améliorés dans les dernières années, je crois que cette conclusion est toujours valide. Je crois que le naturopathe moyen est une personne ayant des idées confuses, qui combine des règles de santé et de nutrition de bon sens et un usage raisonnable d'herbes médicinales avec une grande variété de pratiques non-scientifiques et des paroles ambigües anti-médicales.

 

Références

1. National Association of Naturopathic Physicians. Outline for study of services for practitioners performing health services in independent practice. Portland OR: NANP, Sept 10, 1970. In Social Security Amendments of 1970. Hearings before the Committee on Finance, United States Senate, Ninety. First Congress, Second Session, on H.R. 17550. September 14, 15, 16, 17, and 23, 1970. Washington, DC: U.S. Government Printing Office, 1970, pp 734-754.
2. Introduction to Level 2: The Natural Foods Education Program, Le sson 1. Seattle, WA: Bastyr Colllege, 1990.
3. Turner RN. Naturopathic Medicine: Treating the Whole Person. Wellingborough, Northamptonshire, England: Thorsons Publishers Limited, 1984, 1990.
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Reader Protest
I am a student of naturopathic medicine, and upon perusing your web site felt the need to comment to you. I am furious and at the same time saddened, if that is possible; how dare you write articles titled "Ayurvedic Mumbo-Jumbo" and "Aromatherapy, Making Dollars out of Scents"? Why do you need to be so incredibly flippant and dismissing, what are you afraid of? It is you who are unfairly misleading the public. You critique/critisize and dismiss medicicinal practices (ayurvedic, CTM, herbalism),from countries that are thousands of years old, seducing the general public with stats, tests and the scientific method. What you are forgetting to mention to people is that Allopathic (western) medicine is less than 400 years old, a mere infant in the life cycle of medicine and healing. Allopathic medicine is responsible for countless numbers of deaths due to poor diagnosis, deadly drug interactions, using human beings as guinea pigs for new and improved drugs (only to find years later the damage many of these drugs have caused) and the 'instant fix', band-aid approach to healing.

I look forward to reading ALL of the articles on this site, I am sure that doing this will further my faith in Alternative Medicine. You see, alternative medicine is not interested in insulting western medicine in order to further its healing practices; to be fair to all, why don't you include articles on the many dangers and deaths of modern medicine? I think it would round out this site nicely.

 
 
 
 

Cet article a été revisé et corrections apportées par M Georges-André Tessier le 5 nov. 2003. Il a été revisé le 23 déc. 2003. Traduction française mise à jour le 8 déc. 2009.

 

Mise à jour le 4 janv. 2012, traduction affichée le 19 oct. 2012.

 

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