Pourquoi le charlatanisme persiste

James Harvey Young, Ph D.

Les américains, habituellement un peuple optimiste, ont toujours cru que les problèmes sont là pour être résolus. Plus tôt, dans ce dernier siècle, quand le charlatanisme a été reconnu comme étant un problème majeur dans le domaine de la santé, plusieurs observateurs ont prédit sa mort certaine. Le bons sens, l'éducation croissante, les vérités de la science, et les lois visant à sécuriser l'étiquetage honnête élimineraient le charlatanisme du marché. Particulièrement comme la médecine moderne se développait et a réussi à vaincre une maladie après une autre, une chose si démodée et non nécessaire comme le charlatanisme se déssécherait assez rapidement.

Mais cela n'est pas survenu. Au contraire! Le charlatanisme dans le domaine de la santé aujourd'hui est un commerce de multi-milliards de dollars, et son avenir semble encore plus encourageant. Pouquoi la persistance du charlatanisme dans notre ère scientifique moderne? Voyons si on peut trouver une explication de ce fait inquiétant en examinant les rôles des quatres partis impliqués: le patient, le pratiquant scientifique, le charlatan et le régulateur qui applique les lois anti-charlatanesques.

Le patient

Le domaine de la santé est extrèmement compliqué. L'homme commun -- appelons-le John Doe -- a absorbé beaucoup d'informations sur son sujet.  Ce qu'il connait, toutefois, est probablement un mélange de faits appris par chance d'une variété de sources. vrais ou faux, incluant le folklore de tradition familiale et l'effet des annonces publicitaires courantes. Statistiquement, peut-être, la plupart des gens sont plus près de la vérité que non, mais peu de gens sont à l'abris des endroits aveugles (blind spots) et des zones d'erreurs qui les rendent vulnérables à la déception dans des condtions favorables. Ceci s'applique aussi à des John Doe d'intelligence supérieure avec des degrés variés à la fin de leur nom.

Lorsqu'un épisode de mauvaise santé est à l'horizon, John Doe lui fait face avec auto-confiance, ou de l'aide recherchée d'autorités de la santé, ou les deux. S'il choisit se traiter soi-même, il essaie un remède de tradition folklorique ou après avoir lu ou vu un reportage à la télévision sur un produit. Il peut essayer l'ail de son jardin, une dose massive de vitamine C, ou un tonique d'une marque quelconque. Il tend à juger de ses effets suivant les mêmes règles de bon sens qu'il juge les séquences de cause à effet quotidiennes: est-ce que la hâche a coupé? Est-ce que le costume fait bien? Est-ce que le moteur fonctionne? Il demande: est-ce que les symptômes sont partis? Est-ce que ma digestion s'est replacée? Est-ce mes nerfs sont calmés? Est-ce que mes reniflements ont cessé?

John Doe ne réalise pas habituellement que la majorité des maux sont d'un temps limitte et s'améliorent avec le temps quel que soit le traitement. Quand un symptôme disparait après avoir pris une dose d'un remède, il va probablement attribué l'effet curatif au remède. Il ne réalise pas qu'il aurait été mieux même s'il n'avait rien fait! Il peut aussi ne pas distinguer entre la guérison et soulagment symptomatique temporaire. Des milliers de John Doe avec bonnes intentions ont fait rehausser le renom de remèdes folkloriques et signé des témoignages sincères pour des spécialités pharmaceutiques, leur attribuant les effets bénéfiques à leur bien-être, plutôt qu'aux pouvoirs récupératifs de l'organisme.

John Doe ne tient pas compte de l'effet "placebo" quand il juge les rémèdes. L'inquiétude a un effet important de notre bien-être lorsque nous ne sommes pas bien. Plus on s'inquiète sur la maladie, plus incomfortables semblent nos symptômes. Inversement, moins on s'inquiète, mieux on se sent. Quand John Doe prend un remède qu'il croit être bénéfique, il a moins de douleur et d'inconfort. Se sentir mieux lorsque le médecin entre dans la pièce est un autre exemple de ce mécanisme. L'effet placebo peut être évident dans une deuxième façon. Certains malaises qui sont des réactions corporelles à la tension diminuent quand on croit que le remède efficace qu'on prend réduit la tension.

Un élément considérable dans le succès des remèdes légitimes de marque déposée achetés dans les pharmacies réside dans l'effet placébo. Les portes-paroles pour l'industrie de marques déposées ont occasionnellement reconnu cela. Des prétentions exagérées faites dans la publicité peuvent édifier les attentes du consommateur davantage et augmenter l'effet placebo. Pourtant un bénéfice si subtile ne justifie pas l'exagération. L'abus de médicaments occasionnellement utiles pose des risques à la santé. L'empressement des jeunes d'expérimenter avec des médicaments dangereux peut s'ajouter à l'attitude, conditionnée par des annonces sans fin, qu'un médicament existe qui puisse faire disaparaître tous les problèmes. Une bonne partie de la publicité implique que les remèdes courants puissent faire plus que seulement soulager les symptômes, qu'ils puissent rendre une personne plus désirable socialement ou qu'ils puissent résoudre un comportement indésirable comme "s'en prendre à son épouse." De plus, trop de confiance ou pendant trop de temps sur dosage par soi-même, contrairement aux avertissements sur l'étiquetage, peut avoir l'effet de retarder rechercher un traitement plus approprié pour des malaises sérieux avant qu'il soit trop tard. Le charlatanisme absolu, évidemment, fonctionne sans les restrictions sous lesquelles l'industrie de marques déposées subsiste et de là pose un plus grand danger.

Le John Doe que je décris jusqu'à maintenant se traite soi-même par occasions quand son bien-être normal est dérangé. Quelques-uns de ses tristes cousins , toutefois, vivent constamment dans une peur de désastre imminent à leur santé. Ils semblent gouvernés par une anxiété constante les rendant à se soigner soi-mêmes continuellement, souvent avec des régimes bizarres "préventifs." Un exemple serait prendre 25 différents suppléments diététiques par jour. Certaisn patients craintifs vont jusqu'à suivre des systèmes tout-inclus qui mêlent des pratiques diététiques, des exercices, utilisations de 'gadgets' et de philosophies mystiques. De telles approches de style de vie, en effet, représentent un segment croissant de thérapie non-scientifique. Ces personnes inquiètes sont un réservoir pour l'exploitation de charlatanisme.

Souvent, évidemment, ces personnes inquiètes abandonnent l'auto-traitement et se joignent à un groupe dirigé par un gourou -- tout comme les John et Jane Doe moins extrémistes abandonnent l'auto-confiance et recherche de l'aide de quelqu'un renommé comme un "expert" dans les médias. Il existe une grande confusion sur qui est l'autorité compétente dans le domaine de la santé.

Certains patients ont un problème d'autorité et tendent à rejeter l'orthodox seulement parce c'est l'orthodox. D'autres se tournent vers des pratiquants non-scientifiques sous le prétexte de la philosophie 'aucune mise aucune perte'. Ils croient aux médecins de famille pour les traitements de maux physiques et des prescriptions de médicaments; toutefois, ils croient aussi aux chiropracticiens comme manipulateurs des os et peut-être des opérateurs de machines de "guérison". Ils adhèrent aussi à l'évangile des partisans des manies diététiques. Ils ne voient rien de mal d'utiliser plusieurs formes de tels traitements à la fois, science et pseudo-science étant égales dans leur esprit.

Un dernier point au sujet du patient: Quand sa santé est sérieusement menacée, il espère évidemment que l'on puisse faire quelque chose pour le guérir. Ses désirs peuvent surpasser ce que l'orthodoxie puisse accomplir, cependant. Faisant face à la possibilité de souffrance chronique ou de décès, plusieurs personnes qui n'avaient jamais évité les traitements orthodoxes ne sont pas capable d'accepter le verdict cruel et se tournent ailleurs. De tel désespoir a fait grossir le charlatanisme relié au cancer et au SIDA.

Le pratiquant scientifique

La profession médicale a toujours cru que ses connaissances étaient réelles et parfois tend à avoir un air supérieur. Occasionnellement -- quoique rarement dans les dernières années -- des découvertes scientifiques ont été considérées comme du charlatanisme. Contrairement, plusieurs traitements qui ont déjà été hautement reconnus ont été abandonnés comme étant inutiles. Comme la science médicale s'améliore, certes, il devient plus facile de voir la différence entre l'orthodoxie et le charlatanisme. En ignorant ce fait, les charlatans défilent les vieilles erreurs de la médecine et se présentent comme des scientifiques en avant de leur époque, dissimulés par un 'establishment' avare.

Beaucoup ont eu des effets secondaires suite à des médicaments "miracles" modernes. Ce fait, ajouté à l'abus d'antibiotiques, de tranquilisants et de stimulants prescrits, a aidé à stéréotyper notre pays de "drogué," et par le fait donné une poussée promotionnelle aux guérisseurs "naturels." Au début du 19e siècle, les charlatans appelaient les médecins des bouchers; aujourd'hui ils les appellent des empoisonneurs.

Les médecins scientifiques, de plus, ont un problème à cause de leur pouvoir et leur statut. Beaucoup de laïques se sentent mal à l'aise en présence d'un expert. Le patient est peiné parce qu'il est malade et inquiet. Voyant le médecin occupé et sous pression, le patient peut se sentir comme un intrus. Les médecins peuvent être brusques, ne prennnt pas le temps d'écouter ou d'expliquer; le pronostic peut être décourageant, leur thérapie prolongée et désagréable. Ils sont mieux rémunérés, plus riches et vivent mieux que le patient, ce qui peut causer de l'irritation et de la jalousie. Certains patients ont simplement peur des médecins renommés avec un manque de gentillesse si l'on compare avec celle des charlatans. Même les patients qui pensent bien de leur médecin n'ont pas la même idée quant à l'ensemble des médecins. Le côté puissance de l'establishment médical  a aliéné beaucoup de gens. La médecine organisée, ils croient, oeuvre pour son propre intérêt économique et politique plutôt que pour le bien commun. Une telle image dans la pensée populaire aide et encourage le charlatanisme. En effet, à travers l'histoire, toute critique du pouvoir ou de la science de la médecine conventionnelle, orthodoxe, a été constamment attaquée par le charlatan, amplifiée, et largement fortement trompetée.

Le charlatan

Le guérisseur non-scientifique n'a pas besoin d'observer les contraintes de la médecine renommée. Où la science médicale est complexe, le charlatan peut la sur-simplifier. Toutes les maladies sont des "désiquilibres," et ce que le charlatan remet "l'équilibre." Où les malaises disparaissent spontanément, le charlatan se sert de la nature comme alliée secrète, attribuant la guérison de la tuberculose à son tonique alors qu'en réalité le 'post-nasal drip' (l'écoulement naso-pharyngé) du patient s'est réglée naturellement. Lorsque l'effet placebo peut intervenir, le charlatan le prescrit comme un expert. Il peut s'agir d'un ancien traitement pour l'arthrite comme un bracelet en cuivre ou un traitement moderne comme la "poussière de lune." ('moon dust')

Le charlatan s'occupe plus du patient que du malaise, visant à convaincre le patient que le traitement est nécessaire. Une dose de peur peut être un élément de persuasion efficace. Ralph Lee Smith, dans son livre At Your Own Risk, raconte son expérience quand il s'est infiltré dans une école dirigée par un chiro du Texas qui enseigne aux chiros comment augmenter leurs revenus. "Si le patient accuse de la douleur à l'épaule gauche," disait le professeur à ses élèves, "vous devez demander au patient. "Est-ce que la douleur a commencé à votre épaule droite?" [Ce qu'il appelle "Yet Disease." (Maladie déjà)]

Avec la peur viennent la gentillesse et l'auto-confiance. La plupart des charlatans ont un "comportement envers les malades superbe." Puisqu'ils ne peuvent pas fournir une guérison si une maladie majeur était présente. ils se spécilisent dans des promesses, la sympathie, l'égard, l'intérêt, et la rassurance. Le patient est très réceptif à une telle attention. Cela aide à expliquer un des paradoxes curieux relié au charlatanisme -- que l'échec rarement diminue la fidélité du patient. Lorsque les agences régulatoires cherchent à pousuivre les charlatans, elles ont de la difficulté à trouver des patients infortunés pour témoigner en cour. En partie cela est du au fait que le patient ne veut pas être exposé comme ayant été trompé; mais souvent l'objection de témoigner est reliée à l'incapacité de réaliser qu'une tromperie à eu lieu. Plusieurs charlatans sont si efficaces exsudant leur sincérité que leurs explications paraîssent très acceptables. Même les patients qui font face à la mort croient la personne "pleine de bonté" qui leur dit que le remède spécial aurait été plus efficace s'il avait été commencé plus tôt.

Certains points que j'ai fait suggèrent que les médecins pourraient améliorer leurs relations humaines. D'autres aspects de vulnérabilité peuvent être si propres à la nature humaine qu'ils ne pourront jamais être éliminés. Les médecins veulent aider leurs patients s'ils le peuvent, mais ils doivent se rendre compte parfois qu'ils sont impuissants. Les charlatans ne sont pas obligés de le faire parce que l'honnêteté ne fait pas partie de leur code déontologique. Cela donne aux charlatans un grand avantage dans leur compétition avec les médecins pour le type de patients que je viens de décrire. Les charlatans peuvent tout promettre -- faisant appel à toutes les susceptibilités, vulnérabilités, et curiosités révélées par la nature humaine.

Le régulateur

Un structure de lois a été créé durant ce siècle visant à limiter le charlatanisme. Les régulateurs utilisant ces lois ont fait des gains significatifs. Le Federal Trade Commission a réussi à éliminer beaucoup de publicité trompeuse, et avec le Postal Service ont fait disparaître plusieurs faux médicaments et appareils du marché et condamné quelques charlatans. Le Kefauver-Harris Act de 1962 requiert des preuves d'efficacité et de sécurité pour les nouveaux médicaments avant qu'ils soient vendus. Comme résultat de cette loi, beaucoup de projets de charlatans n'ont jamais été lancés et ont été rapidement supprimés.

Mais la règlementation n'a pas étouffé le charlatanisme. Pour agir contre une promotion trompeuse dans le domaine de la santé, le régulateur doit premièrement en être au courant et par la suite déterminer si une action règlementaire s'impose. Certaines formes de charlatanisme évitent la détection et d'autres ne sont pas poursuivies parce que le budget global des régulateurs est insuffisant pour pouvoir tenir compte de toutes les activités illégales qu'ils voient. D'autres questions de responsabilité publique majeure que le charlatanisme deviennent prioritaires. Les fraudes qui menacent le porte-monnaie, non la santé, des victimes sont au bas de la liste des priorités du régulateur. Quoique certaines promotions charlatanesques soient supprimées rapidement, d'autres traînent en cour pendant de longues périodes, tandis que les promotions continuent.

Dans bien des cas, le régulateur doit faire des compromis, laissant le trompeur sans pénalité parce que la poursuite complète n'est pas possible avec les ressources limitées du régulateur. À d'autres moments, le régulateur doit tolérer l'indulgence de la cour. Tandis que le juge habituellement devienne convenablement offensé lorsqu'une victime a été sérieusement endommagée, dans la majorité des cas, aucune victime est présente. L'arnaqueur qui vend des fausses "ceintures d'amaigrissement" pour 9,95$ a peu de chances d'être mis en prison même si ses revenus atteingnent des millions de dollars.  Pour des petites sommes d'argent, la cour semble penser que les fous soient permis de souffrir les conséquences de leur follie.

La tâche du régulateur serait plus facile si les victimes de charalatans seraient prêts à l'aider. Mais une tendance opposée est évidente: plusieurs victimes sont tellement complètement trompées qu'elle participent à des mouvements politiques qui s'opposent à la règlementation. Durant les années '70, quand la FDA a essayé de limiter les fausses prétentions et les doses massives de vitamines, une coalition de vendeurs de vitamines et leurs clients ayant subi une bourrage du crâne, ont réussi à persuader le Congress et la cour de limiter la juridiction de la FDA sur cette affaire (voir chapitre 28). Quand la FTC a considéré suppimer les mots "naturel" et "organique" dans leur commercialisation, une avalanche additionnelle de protestations a persuadé l'agence de se dérober. L'industrie d'aliments naturels continue à faire pression importante pour prévenir la FDA de renforcir les règlementations d'étiquetage dans le but de diminuer les déceptions de l'industrie.

Dans certains cas le régulateur a été étiqueté tellement astucieusement comme le mauvais dans la promotion du charlatan que la règlementation en soi favorisait l'attraction du charlatanisme. Les évènements comme Vietnam et Watergate ont créé une disillusion répendue avec le gouvernement. L'inflation, les formulaires sans fin à compléter, et d'autres circonstances irritantes ont évoqué des affirmations importantes de sur-règlementation. Les charlatans profitent de telle méfiance. Cela les rend plus crédibles quand il accuse les régulateurs de la santé de ne pas être intéressés dans le bien-être de l'individu et d'être en complot avec la profession médicale, l'industrie pharmaceutique, ou l'industrie de l'alimentation.                                                                                                                                           

La pensée anti-gouvernementate a définitivement aidé les promoteurs du laetrile, un remède contre le cancer non prouvé et finalement discrédité, à générer la plus grande fureur publique au sujet d'un remède non orthodoxe dans l'histoire de notre pays.   Criant "liberté de choix," les partisans de ce remède charlatanesque ont fait usage d'énorme pression pour persuader les législateurs et les tribunaux de légaliser son usage. La moitié des états ont passé des lois donnant au laetrile un status spécial, et un juge fédéral aurait autorisé son importation par des cancéreux en phase "terminale," un jugement qui a duré une douzaine d'années jusqu'au moment où les tribunaux ont forcé son annulation.

Une inspection étroite du slogan "liberté de choix" est prioritaire. La liberté, un mot des plus glorieux dans notre lexique, peut susciter une sympathie puisssante. Mais la liberté de choix ne peut pas fonctionner dans un vide; plus il est facile de vendre des produits de santé non prouvés, plus il sera facile de tromper les gens des essayer. Ce que les charlatans veulent réellement est d'être libres d'interférence gouvernementale avec leurs promotions. Les lois qui requièrent des preuves d'efficacité avant la commercialisation rendent les choses trop faciles, comme le voit le promoteur louche, d'enlever leurs produits du marché. La National Health Federation, une alliance de promoteurs de charlatanisme et leurs partisans, ont tenté pendant des années de persuader le Congress de revoquer la loi de 1962. La révocation de l'exigence de l'efficacité remetterait le fardeau sur les épaules du régulateur de prouver que chaque produit inutile était sans valeur -- une tâche beaucoup plus astreignante que les exigences de la loi actuelle. La liberté résultante serait bénéfique seulement aux charlatans dont leur chicanerie est trop sophistiquée pour être reconnue par le commun des mortels.     

Il y a un autre aspect du thème de la liberté à considérer. Les victimes désespérées et leurs familles, ayant tout juste appris un diagnostic de cancer ou de SIDA, vont se trouver à faire face à la pression de promoteurs zélés d'essayer un remède non orthodoxe annoncé pleins de promesses éclatantes. Sous un stress double de peur et d'art de la vente, beaucoup de personnes malades sont incapables d'exercer sensiblement leur liberté de choix. De tels malades ont besoin particulièrement la protection d'experts qui peuvent évaluer les remèdes prétendus honnêtement.  

On croit que les patients souffrant de maladie en phase 'terminale' doivent avoir accès immédiat à des remèdes de charlatans. Cet argument est tentant mais spécieux. Est-ce que les escrocs auraient le droit de consoler les patients mourants en leur offrant des actions irréelles -- leur disant qu'ils vont devenir riches avant de mourir --   sur la théorie qu'ils n'ont pas réellement besoin de leur argent? De plus, même s'il était possible de préciser l'état terminal (ce qu'il n'est pas habituellement), il n'y a aucun moyen d'ouvrir une porte à un groupe de patients sans l'ouvrir à d'autres. Le Supreme Court a reconnu ce fait quand il a pris une décision unanime en 1979 dans un cas de laetrile qu'aucune exception à la loi de 1962 portant sur l'efficacité devrait être faite pour les patients étiquetés en phase terminale de cancer. Le Congress, la cour suprême a jugé, n'avait aucune intension de protéger seulement ceux souffrant de maladies guérissables.        

"La liberté du choix" dans ce contexte fini en étant un moyen de manipuler un symbol chéri pour que les charlatans soient libérés des contraintes de la loi. Nous avons besoin de lois puissantes anti-charlatanesques respectées par des régulateurs dédiés.                                                                                                                                   

Que de l'avenir?

Des efforts d'éduquer sur les dangers du charlatanisme ont eu un succès mitigé. Mais l'avenir du charlatanisme se présente mieux parce que les gens ont des attitudes qui les rendent très vulnérables. La peur de maladies effrayantes a une haute place sur la liste des inquiétudes de la population. Elle est devenue sceptique des institutions gigantesques, incluant la grande science, et beaucoup n'ont pas de raison de rechercher la vérité. Quel que soit le mérite de soupçonner les insuffisances du raisonnement, la réaction est souvent allé vers une extrème de flirt intentionnel, sinon vers une liaison ouverte, avec des variétés extravagantes de  déraison. L'acceptation de l'astrologie a monté en flèche, non seulement comme un passe-temps mais comme une "science" légitime, même à des hauts niveaux. Les maisons d'édition ont fait des millions d'elle. Durant les années '60s, presque tous les campus des collèges avaient un cours périphérique sur "la lecture des étoiles." Le spiritualisme est revenu en vogue, avec des "églises spirituelles" fleurissant dans presque toutes les villes. Des cartes tarot, la chiromancie, et la numérologie ont aussi fleuri. La sorcellerie et le culte du diable ont fait leur apparence. Des livres de poches sur ces thèmes étaient parmi les items les plus recherchés dans les librairies universitaires. Plusieurs des jeunes ont tourné leur dos sur les civilisations et ces mécontentements, exposant un privitisme nouveau, parfois en se retirant dans des communautés éloignées cachées, parfois simplement en achetant des aliments "organiques" dans le magasin d'aliments naturels le plus prêt.

La décénie des années '70 était témoin d'un boom énorme dans la recherche d'efforts personnels de santé. Quoique sain de bien des façons -- par exemple, l'exercice et une diète faits avec prudence -- une dédicace passionnée aux efforts personnels peut être du gaspillage d'argent et peut faire du tort à sa santé si dirigés par des mauvais conseillers. En ce qui a trait à l'alimentation, des mauvais conseillers ont abondé -- encore aujourd'hui -- surtout dans la vente de livres ou de marchandise diététique spéciale. Durant les années '80, des mots comme la "canalisation"  (channeling) et "Nouvel âge" sont devenus des mots de tous les jours, des entreprises de perte de poids de valeur douteuse sont monté en flèche, les "rehausseurs immunitaires" et de "aides ergogéniques" ont trouvé un marché prêt, et l'industrie de "aliments naturels" a continué à exploiter l'inquiétude du public au sujet de la "chimicalisation" (?) [chemicalization] de notre société. Dans les années '90, la promotion de méthodes "alternatives" a attiré l'attention du public affamé pour des choix et un contrôle de leur destin.

On peut sympathiser fortement, j'espère, avec des critiques des désordres dans notre monde. Mais ceux qui acceptent des croyances irrationnelles avec ferveur, qui se jètent la tête la première dans des régimes d'efforts personnels, entretiennent un sol fertile en recrutant des trucs de santé non-scientifiques. Mais, comme on l'a vu, les charlatans sont agiles. Ils devinent rapidement et s'empressent pour exploiter les vraies inquiétudes de la population. Alors, pour plusieurs raisons éternelles, et pour des raisons courantes aussi, le charlatanisme va probablement continuer, de se répendre, et de demeurer un défi aux soins de santé scientifiques.

Les charlatans ne dorment jamais. Mais l'éducation et la règlementation peuvent réduire le degré du tort qu'il font avec le gaspillage de ressources et de souffrance humaines.

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James Harvey Young (1915-2006), professeur d'histoire à Emory University, était un historien avec un intérêt spécial dans le développement de règlementation dans le domaine alimentaire et médicamenteux aux États-Unis. Il était membre du FDA National Advisory Food and Drug Council. Ses livres, The Toadstool Millionaires, The Medical Messiahs, et American Health Quackery, tracent l'histoire du charlatanisme  en Amérique et des efforts faits pour le contrôler. Cet article est reproduit de The Health Robbers: A Close Look at Quackery in America (Prometheus Books, 1993).

Cet article a été affiché au site original le 7 déc. 2001, traduit le 2 fév. 2010.