Test de provocation-neutralisation

 

Stephen Barrett, M.D.

 

La provocation et neutralisation sont utilisées par les "écologistes cliniques" pour diagnostiquer et traiter des sensibilités (selon eux) à des aliments et produits chimiques de l'environnement. L'écologie clinique n'est pas une spécialité médicale reconnue, n'est pas encouragée dans les livres de médecine conventionnelle, et n'est pas une composante d'un programme du cours de médecine ou de formation en spécialité. Ses adeptes parfois se nomment "spécialistes en médecine environnementale," mais cette description est trompeuse.

Durant la provocation, le patient est demandé de rapporter tout symptôme survenant suite à l'administration de concentrations variées de substances soupçonnées sous la langue ou injectées dans la peau. Si des symptômes surviennent, le test est considéré positif et des concentrations variées sont ensuite administrées jusqu'à ce la dose est atteinte qui va "neutraliser" les symptômes. D'autres produits variés chimiques, des hormones, des extraits d'aliments, et autres substances naturelles peuvent être prescrites comme agents "neutralisants."

La "neutralisation" ressemble de façon superficielle au procédé de désensibilisation utilisé par les allergistes. Toutefois, les allergistes font des tests et traitent avec des substances qui produisent des réactions allergiques mesurables, tandis que les écologistes cliniques se basent sur les réponses uniquement subjectives (ce que le patient rapporte.)

Deux études scientifiques ont démontré que les tests par provocation ne sont pas valides. Les deux ont trouvé que les patients réagissaient de façon identique aux substances injectées et au placébo.

En 1971, deux chercheurs ont rapporté sur les tests faits par cinq écologistes cliniques d'expérience. Chacun des patients a eu des tests positifs durant la provocation d'extraits sans préservatifs d'aliments ou d'alcool, dont le contenu était connu des écologistes. Durant l'expérience, l'écologiste clinique a été remis soit l'extrait ou une solution saline diluée, le contenu étant connu que par un autre médecin observateur qui ne participait pas à l'étude. Basé sur les réactions des patients, les écologistes cliniques étaient alors demandés de juger si le matériel administré était l'extrait ou le placébo (solution saline.) Les extraits ont été identifiés correctement dans 24 des 34 essais (70.6%). Toutefois, la solution saline aurait soulagé les symptômes des patients dans 28 des 40 essais (70%), indiquant que le soulagement des symptômes n'était pas relié à aucune substance dans les extraits qui aurait causé la réaction allergique. [1]

Au début des années 1980, des chercheurs à l'Université de Californie (UC) ont observé des résultats semblables lors d'une étude subventionnée par la Society for Clinical Ecology et l'American Academy of Otolaryngic Allergy (un autre groupe partisan). Les tests ont été faits dans les bureaux de sept écologistes cliniques qui traitaient les patients. Durant les procédés qui duraient trois heures, les patients ont reçu trois injections d'extraits des aliments soupçonnés et neuf de solution saline. Seize patients étaient testés une fois, et deux testés deux fois. Dans les épreuves non-aveugles, ces patients rapportaient de façon reproductible les symptômes lorsqu'exposés à ses extraits alimentaires et aucun symptôme lorsque administrés la solution saline. Sous un essai à double insu, toutefois, ils ont développé des symptômes avec 16 extraits alimentaires (27%) et avec 44 (24%) des injections d'eau saline. Les symptômes survenus dans les deux groupes d'injections étaient identiques et incluaient démangeaison nasale, larmoiement et sensation de brûlement oculaire, oreilles bouchées, une sensation de plénitude dans les oreilles, du tinnitus, maux de tête, nausées, vertiges, incomfort abdominal, sensation d'engoudissement du visage et cuir chevelu, serrement ou pression dans la tête, désorientation, des gases intestinaux ou gargouillement, et douleur aux jambes. Les résultats ont démontré clairement que les symptômes des patients étaient des symptômes placébo. L'étude aussi a évalué la déclaration que les doses "neutralisantes" des allergènes en cause puissent soulager les symptômes des patients. Les sept patients qui étaient "traités" durant l'essai avaient des réactions identiques aux extraits et à la solution saline. [2]

Références

 

1. Kailin EW, Collier R. 'Relieving" therapy for antigen exposure.
JAMA 217:78, 1971.
2. Jewitt DL and others. A double-blind study of symptom provocation
to determine food sensitivity. New England Journal of Medicine
323:429-433, 1990.
 

Voir aussi: L'allergie aux produits chimiques de l'environnement

Retour à la page d'accueil ||| D'autres tests douteux