Références diététiques ("Dietary Reference Intakes"): Nouvelles directives pour le calcium et nutritifs reliés

 

Stephen Barrett, M.D.

 

Les DRI ("Dietary Reference Intakes") sont des valeurs de référence pour nutrififs à utiliser lors de planification de diètes ou d'évaluation de diètes pour autres fins. Ils remplacent les RDA ("Recommended Dietary Allowances" ou 'doses quotidiennes recommandées,' qui ont été publiées depuis 1941 par la National Academy of Sciences. Elles sont déterminées par le Standard Committee on the Scientific Evaluation of Dietary Reference Intakes of the Food and Nutrition Board, Institute of Medicine (IOM), National Academy of Sciences, avec l'aide de Santé Canada. La IOM est un organisme privé, à but non lucratif, qui offre des conseils de politique de santé sous une chartre congressionnelle de la National Academy of Sciences.

Les DRIs seront publiées dans une série de sept rapports. Le premier rapport, publié en août 1997, couvre les nutritifs reliés à la santé des os (calcium, phosphore, magnésium, vitamine D, et le fluor). Les volumes subséquents vont porter sur: (1) l'acide folique et autres vitamines B; (2) les antioxidants (e.g., les vitamines C et E, le sélénium); (3) les macronutritifs (e.g. protéines, gras, hydrates de carbone); (4) éléments traces (e.g. fer, zinc); (5) les électrolytes et l'eau; et (6) d'autres composantes alimentaires (e.g. les fibres, les phytoestrogènes). Le premier rapport a été subventionné par la FDA, le USDA Agricultural Research Service, et le National Heart, Lung, and Blood Institute. La IOM espère que tous les rapports seront disponibles d'ici l'an 2000.

Nouvelle approche

Les RDAs ont servi de critère des normes nutritionnelles aux Etats-Unis. Il y a plus de 20 ans, elles étaient définies comme: "les valeurs de consommation des nutritifs essentiels qui, selon les connaissances scientifiques, sont jugées, par le Food and Nutrition Board, être adéquates pour les besoins nutritifs de pratiquement toute la population en bonne santé."

Les connaissances scientifiques au sujet des rôles des nutritifs ont augmenté de façon dramatique depuis que les RDAs ont été publiées. Plusieurs études ont évalué les liens entre la diète et la maladie chronique. Le Food and Nutrition Board a réagit à ces développements en changeant son approche de base dans l'établissement des normes nutritives.

Les DRIs reflètent un déplacement de l'emphase de la déficience à la réduction de risque de maladie chronique par la nutrition. Les RDAs étaient basées sur les quantités nécessaires pour protéger contre les maladies par déficiences. Dans le cas des où les données scientifiques adéquates existent déjà, les RDIs vont inclure des valeurs qui peuvent aider à prévenir la maladie cardio-vasculaire, l'ostéoporose, certains cancers, et autres maladies qui sont reliées à la diète. Plutôt qu'une seule catégorie, les DRIs vont en couvrir au moins quatre:

1. Besoins estimés moyens ("Estimated Average Requirement" ou EAR): La
consommation qui rejoint les besoins nutritifs estimés de 50% des personnes dans
un groupe spécifique. Ce chiffre sera utilisé comme base pour l'établissement de la
RDA (valeur recommendée quotidienne) et aussi par ceux qui définissent les
politiques nutritionnelles pour évaluer les besoins de consommation des nutritifs
pour des groupes de la population.
 
2. Valeurs quotidiennes recommandées ("Recommended Dietary Allowance ou RDA):
la consommation qui rejoint les besoins nutritifs de presque tous les gens en bonne
santé (97 à 98%) d'un groupe spécifique d'âge et de sexe. Les RDAs devraient être
utilisées comme guide individuel pour arriver à une consommation adéquate de
nutritifs afin de réduire le risque de maladie chronique. Elles sont basées sur
l'estimation d'un besoin moyen plus une augmentation pour compenser pour la
variation à l'intérieur d'un groupe particulier. Le quantité d'évidence scientifique
disponible a permit au comité de DRI de calculer les RDAs pour le phosphore et le
magnésium. Si la variation individuelle dans les besoins est bien définie, la RDA est
établie à deux déviations standards au dessus de la EAR, ce qui siginfie qu'elle
devrait être assez élevée pour arriver aux besoins d'au moins 97-98% de la
population. Si les données suffisantes ne sont pas disponibles, les RDA sont
établies à 1.2 x la EAR.
 
3. Consommation adéquate ("Adequate Intake ou AI"): quand l'évidence scientifique
suffisante n'est pas disponible pour estimer les besoins moyens, les AIs seront
établies. Celles-ci sont obtenues par les données d'expériences et d'observations
qui démontrent une consommation moyenne qui semble se traduire par un indicateur
désiré de santé, comme une rétention de calcium dans les os. Les AIs devraient être
utilisées comme but pour la consommation individuelle quand les RDAs n'existent
pas. Le comité de la RDI établit les AIs pour le calcium, la vitamine D, et le fluor.
 
4. Niveau de consommation supérieur tolérable ("Tolerable Upper Intake Level ou
UL"): La consommation maximum par un individu qui probablement ne causera pas
d'effets secondaires adverses de santé à la majorité des personnes en bonne santé
dans un groupe spécifique. L'UL n'est pas un niveau de consommation proposé, et il
n'y a pas de bénéfice établi pour les gens de consommer des nutritifs à des niveaux
supérieurs aux RDA ou AI. L'expression "niveau supérieur de consommation
tolérable" a été choisi pour éviter de donner l'impression d'un effet bénéfique
possible. Pour la plupart des nutritifs, il signifie la consommation totale provenant
des aliments, des aliments fortifiés, et des suppléments.

 

Ce qu'elles signifient

Les DRIs sont établies pour la population générale en bonne santé. Les RDAs et les AIs sont des valeurs de consommation diététique qui devraient minimiser le risque de développer une condition ou signe associé à ce nutritif spécifique et qui a un résultat fonctionnel négatif. Ils se référent à une consommation quotidienne moyenne sur une ou plusieurs semaines. Elles ne devraient pas être nécessairement considérées comme remplacement dans le cas de personnes qui sont déjà malnourries et ne seraient pas adéquates pour des états de maladies qui nécessitent des besoins augmentés. Les individus connus comme ayant des maladies qui augmentent les besoins de façon marquée, ou qui sont très susceptibles de développer des effets adverses associés avec des consommations plus élevées, devraient être guidés par un personnel médical qualifié en nutrition.

Le comité a donné un avertissement que la consommation d'un nutritif inférieure aux RDA ne signifie pas nécessairement que la personne en question ne reçoit pas assez de ce nutritif. Les gens en bonne santé qui suivent les AI ont un risque bas de consommation inadéquate. Toutefois, une consommation très en dessous des RDAs ou AIs est une raison d'évaluer le statut nutritionnel de l'individu par des analyses de laboratoire ou examen clinique. La IOM espère des plublications futures d'apporter plus de conseils détaillés comment les DRIs devraient être interprétées et utilisées.

Valeurs revisées

Dans bien des cas, des niveaux variés de consommation peuvent avoir des bénéfices différents. Un niveau peut être relié au risque de déficience, par exemple, tandis qu'un autre peut influencer le risque de maladie chronique pour le nutritif. Pour cette raison, "suffisance nutritionnelle" devrait être exprimé en termes de "suffisance pour quoi?" C'est pourquoi les DRIs sont plus élaborées que les RDAs et ne peuvent pas être exprimées dans un tableau simple de valeurs.

* Les recommandations pour le calcium étaient établies à des niveaux associés avec
la rétention maximale du calcium de l'organisme, puisque les os qui sont riches en
calcium sont connus comme moins susceptibles aux fractures. Les autres facteurs
connues comme causes de rétention du calcium des os et risque d'ostéoporose
incluent les taux de croissance élevés chez les enfants pendant des pédiodes
spécifiques, le statut hormonal, l'exercice, la génétique, et autres composantes
diététiques. Le nouveau rapport conseille les américains et canadiens à risque
d'ostéoporose de consommer entre 1000 et 1300 milligrammes de calcium par jour.
Ces valeurs (AIs) sont plus élevées que des RDAs de1989, qui étaient entre 800 à
1200. L'UL adulte pour le calcium est 2.5 grammes par jour.
 
* Le phosphore, important pour la croissance des os et des tissus mous, est
tellement prévalent dans beaucoup d'aliments que le jeûne total ou une maladie
métabolique est nécessaire pour produire une déficience. Différentes des RDAs
précédentes, les valeurs de phosphore dans le rapport ne sont pas établies dans sa
relation au calcium. Les valeurs recommandées sont considérées suffisantes pour
la croissance et métabolisme normaux des os à différents âges. Les nouvelles RDAs
sont près de 12% inférieures à celles des RDAs de 1989.
* Le magnésium, avec plusieurs enzymes, est lié au maintien de la température de
l'organisme, ainsi qu'à la contraction des nerfs et muscles, et dans la synthèse des
protéines. Malgré que certains chercheurs ont conseillé que les recommandations
du magnésium soit basé sur des liens avec le risque de maladie cardio-vasculaire,
le rapport n'a pas pu démontrer assez de données disponibles en ce moment pour
tirer ces conclusions. Les niveaux recommandés, malgré que quelque peu plus
élevés, ne diffèrent pas de façon substantielle de celles des RDAs de 1989 mais
sont plus élevées que les recommandations canadiennes actuelles.
* La vitamine D utilisée par l'organisme vient surtout de l'exposition au soleil. La
déficience en vitamine D peut exacerber l'ostéoporose et d'autres problèmes des os
chez les adultes. La consommation diététique de vitamine D n'est pas nécessaire
pour les gens qui passent suffisamment de temps au soleil. Les niveaux
recommandés dans le rapport sont estimés fournir assez de vitamine D même pour
les individus avec peu d'exposition au soleil. Les AIs de 10 microgrammes à partir
de l'âge de 51 à 70 et d'un microgramme au delà de 70 ans, sont plus élevés que
celles de 1989. L'UL adulte pour la vitamine D est 50 microgrammes (2000 UI) par
jour.
* Le fluor se trouve naturellement dans les systèmes d'eau de certaines
communautés, et est ajouté à l'eau dans d'autres régions pour réduire la carie
dentaire. Les niveaux recommandés dans les DRIs ont été démontrés réduire la
carie dentaire sans causer la fluorose marquée, une décoloration des dents qui peut
survenir chez les enfants qui utilisent des dentifrices contenant du fluor en plus de
l'eau qui est déjà traitée au fluor. Les AIs pour le fluor sont semblables aux valeurs
correspondantes (ESADDIs) dans le rapport de 1989. L'American Dental Association,
l'American Academy of Pediatrics, et la Société Canadienne de Pédiatrie
recommandent que les enfants qui vivent dans des communautés où l'eau n'est pas
traitée au fluor, prennent des suppléments de fluor parce que la consommation de
fluor requise ne sera pas atteinte probablement pas atteinte des aliments seuls.
Les quantités recommandées pour les nourissons et les enfants ont été abaissées
durant les dernières années à cause de l'inquiétude de la fluorose, un défaut
cosmétique qui consistent en petites plaques blanchâtres à peine visibles sur les
dents.

Sauf pour le fluor, le plus grand écart entre les valeurs recommandées et les patterns actuels diététiques concerne le calcium, qui parvient principalement des produits laitiers. Les enquêtes indiquent que beaucoup ne consomment pas la quantité de calcium recommandée dans le rapport. La consommation de calcium peut être augmentée en prenant des produits laitiers bas en matières grasses, ou sans gras, ou des aliments fortifiés ou en prenant des suppléments. Le rapport déclare que prendre des suppléments peut être approprié pour ceux à haut risque de problèmes de santé du à une consommation trop basse de calcium.

Le rapport aussi déclare: (a) des aliments fortifiés sont avantageux pour rejoindre les RDAs et les AIs parce qu'ils fournissent d'autres composantes alimentaires pour lesquels les RDAs et AIs ne sont pas établies; (b) la fortification des aliments peut augmenter ou maintenir les consommations de nutritifs sans modifier les habitudes alimentaires de façon majeure; et (c) la supplémentation avec nutritifs peut être une chose désirée par certaines personnes.

Pour renseigments additionnels

Le rapport DRI complet -- Dietary Reference Intakes: Calcium, Phosphorus, Magnesium, Vitamin D, and Fluoride -- peut être acheté en appelant (800) 642-6242; en envoyant $39 à National Academy Press, 201 Constitutuion Ave., N.W., Washington, DC 20418; ou en le commandant à escompte par l'internet. Le texte complet peut être visualisé sur l'internet, quoique la procédure est encombrante.

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