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Michel Bellemare - L'acupuncture

Le 13 février 2000

Selon la légende, un guerrier chinois, blessé par une flèche, observa une de ses maladies disparaître. De là, au cours des millénaires, par essais et erreurs, l'acupuncture arriva dans sa forme finale, celle que l'on connaît aujourd'hui. Penchons nous deux secondes sur le réalisme de ce mythe.

Il faudrait qu'un chinois expérimente tous les points de son corps (au début, les méridiens ne sont pas connus) et ce pour toutes les maladies. Il a mal à la tête, alors il commence à s'introduire des aiguilles, au bout de la dixième, son mal de tête diminue, il note donc ce point comme agissant sur le mal de tête, et ainsi de suite pour toute les maladies. Bien entendu, le chinois ne peut avoir toutes les maladies et de plus, il doit transmettre le résultat de ces essais à ses apprentis. On voie tout de suite l'impossibilité de cette histoire.

De toute évidence, l'acupuncture est arrivée « clé en main », avec tous ses points et ses méridiens, issue de la religion taoïste. La Foi des croyants a fait le reste. Ceci c'est probablement passé en 600 av. JC, lorsque le philosophe taoïste Lao-Tseu a écrit son classique « Tao teh Ching ».

En 1822, l'Empereur de Chine a banni l'acupuncture parce qu'elle était un obstacle au progrès de la médecine. Mao, avec le retour du communisme, la remet à la mode parce qu'elle est peu dispendieuse, et que les contacts avec l'occident sont limités.

En 1988, une équipe du CSICOP américain (les sceptiques américains) va en Chine pour voir de plus près les prétentions de l'acupuncture, et du Qigong (manipulation du Qi).

Reprenons le mythe des opérations « sous anesthésie » de l'acupuncture. En Chine, à peine 10 à 15 % des opérations se pratiquent sous acupuncture, après une sélection serrée des patients, et le recours routinier à la prémédication, injection d'anesthésiques locaux, et à des perfusions d'analgésiques narcotiques. En fait l'acupuncture pourrait très bien être éliminée sans problème, mais on la garde pour des questions de croyances (comme la visite des prêtres avant une opération, chez nous.) Ce que peu de personne savent, c'est que toutes les opérations ne sont pas souffrantes au même degré. Entre 1895 et 1898, le chirurgien suisse Kocher a pratiqué 600 thyroïdectomies, sans anesthésie générale (et bien sûr sans acupuncture).

L'équipe du CSICOP a mené une expérience révélatrice sur l'effet thérapeutique réel de l'acupuncture. Trois groupe de patients ayant des affections supposées bien répondre à l'acupuncture ont été constitués. Le premier a été traité par un acupuncteur, en introduisant des aiguilles dans les points d'acupuncture selon les règle de l'art. Le deuxième, par un acupuncteur qui pressait les points d'acupuncture, mais sans introduire d'aiguilles. Le troisième groupe, par un quidam qui imitait un acupuncteur et qui mettait des aiguilles n'importe où. Les trois groupes ont eu le même taux de guérison.

Ici même en occident, il y a deux écoles de pensée en acupuncture. Une fait le diagnostic à l'occidentale, puis introduit les aiguilles dans les points correspondants, et une fait le diagnostic à la chinoise (par auscultation du pouls) et met ses aiguilles dans des points tout à fait différents (avec la même efficacité).

Tout démontre que l'acupuncture n'a aucun pouvoir thérapeutique réel, que ça marche quel que soit l'endroit où l'on introduit les aiguilles. Qu'en fait, comme toutes les médecines douces, ce n'est pas l'acupuncture qui agit (quand ça agit), mais l'effet placebo directement influencé par la Foi du patient.

 

Michel Bellemare

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