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Michel Bellemare - Astrologie, science ou superstition? (1 de 3)

Le 4 août 1999

Comme tout bon sceptique (qui doit se caractériser par son ouverture d'esprit), je piaffais d'impatience à l'idée de lire le volume « Astrologie Science ou Superstition ». L'ouverture d'esprit telle que je la définis consiste à ne pas avoir d'idées préconçues face à une théorie, et à examiner sincèrement les nouveaux arguments pour les confronter à ceux que j'ai déjà. Cette ouverture d'esprit opère dans un premier temps, (dans ce que j'appellerai une phase d'analyse et de comparaison). Elle diffère de la tolérance qui fait que l'on accepte sans discussion et sans analyse toutes les théories comme valables, l'erreur ayant la même valeur que la vérité, au mépris de ses convictions et du simple bon sens.

C'est donc dans cet esprit que j'ai entrepris la lecture de « L'Astrologie Science ou Superstition » de Malcolm Dean, à la recherche d'arguments démontrés et démontrables prouvant le caractère scientifique de l'Astrologie. J'ai été amèrement déçu, je n'y ai retrouvé que de vagues considérations philosophiques, quand ce n'est pas tout simplement des sottises et des inepties. Pour illustrer cette opinion, vous retrouverez dans les lignes qui suivent, certaines « perles » de M. Dean (à moins que se soit M. Bean).

Pour les astronomes, le terme astrologie est dégradant et ils préfèrent l'éviter. Je crois que pour les anciens Mayas, le peuple que j'étudie, l'astronomie, c'était de l'astrologie… Il ne fait aucun doute qu'une religion forte motivait ces gens et j'ai l'impression qu'on a pas saisi toute la portée de leur astronomie parce que nous considérions leur religion comme un poids plutôt que comme une impulsion qui agissait sur eux… Il nous faut réaliser que ce n'est pas parce que la religion les motivait que la précision leur faisait défaut.
(p. 127)

Mais effectivement, la religion est un poids lorsqu'elle vient interférer dans les observations scientifiques. L'histoire nous a démontré que la religion met des oeillères aux hommes en les empêchant de faire certaines observations jugées hérétiques. Ce n'est pas une coïncidence si la théorie de l'héliocentrisme s'est développé en même temps que le protestantisme. Avant cette époque les évidences que le Soleil était le centre de notre système existaient, mais la religion chrétienne refusait de les considérer, parce qu'elles venaient en contradiction avec la Bible et la théorie de la « Terre centre de l'univers ».

Cela nous a amenés à rabaisser leur astronomie par rapport à celle des Grecs qui nous est parvenue par la Renaissance et qui nous a donné notre vision scientifique des choses.... Nous avons tendance à trop considérer les choses par rapport au présent, par rapport au contexte de notre propre culture. Pour cette raison, je crois que nous sommes un peu chauvins et que nous devrions essayer de nous corriger.
(p. 127)

Je ne crois pas être chauvin en disant à quelqu'un qu'il a tort, quand il est dans l'erreur. Objectivement, l'astronomie de la Renaissance (celle de Copernic et de Galilée) est supérieure à celle des Mayas. L'astronomie Mayas a pu prédire les éclipses, mais elle a toujours été incapable de les expliquer en raison même du caractère religieux de cette « astronomie ». Les Mayas considéraient la Lune et le Soleil comme des Dieux et il était hérétique de tenter d'expliquer la conduite des Dieux. Les astronomes occidentaux une fois libérés du boulet de la religion, ont pu expliquer ces éclipses par les mouvements de ces astres.

 

Michel Bellemare


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