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La régression sous hypnose dans les vies antérieures : Un point de vue critique


Par Nicholas P. Spanos
Traduit par Michel Bellemare
 

Les expériences indiquent que les comptes rendus sur les vies antérieures, suite à des régressions hypnotiques de sujets, sont des constructions fantaisistes de personnes imaginatives, absorbées dans des situations imaginaires, et répondant à des suggestions de régression.

Quelques personnes qui ont eu un processus d'induction hypnotique, suivie d'instructions pour régresser dans leur passé avant leur naissance, ont raconté des expériences de vies passées. Par exemple, une femme caucasienne de 22 ans, a récemment "régressé" dans notre laboratoire, clamant qu'il (son identité féminine a changé de sexe) était un pilote de chasse Japonais. Comment expliquer de telles expériences? La réponse mesquine à ceci, est qu'il s'agit de créations fantaisistes de sujets imaginatifs. Si les sujets croyaient au préalable à la réincarnation, et / ou s'ils ont eu un encouragement en ce sens par l'hypnotiseur, ils ont pu interpréter leur fantaisie pour une preuve de l'existence de leurs vies passées.

Pour quelques uns (i.e. Wambach 1979), cette simple réponse ne suffit pas. Au contraire, les comptes rendus sous hypnose de vies antérieures sont considérés comme des preuves de la véracité de la réincarnation. C'est certainement l'interprétation la plus généralement admise dans les livres populaires et les articles sur le sujet. Quelques professionnels de la santé mentale acceptent aussi cette interprétation de la réincarnation, et offrent également des thérapies de régression dans les vies passées pour soulager les problèmes actuels de leurs clients. Ces problèmes proviendraient, prétendument, des difficultés non résolues dans quelques précédentes incarnations (i.e. Wambach 1979).

Quoique "l'hypnose" a gagné une certaine légitimité dans la communauté scientifique contemporaine, elle continue d'être invérifiable, conceptualisée par plusieurs comme une profonde modification de l'état de la conscience (i.e. la "transe hypnotique") qui produit des changements fondamentaux dans les fonctions cognitives et les fonctions de perception. Pour l'instant, le processus hypnotique semble permettre quelques fois aux sujets, de transcender les capacités normales de leur volonté (i.e. éliminer la douleur, retrouver des souvenirs "enfouis" dans leur mémoire) ou causant chez les sujets une perte de contrôle sur leurs fonctions mentales ou comportementales (les amnésiques sous hypnoses, supposément sont incapables plutôt que ne souhaitant pas se souvenir). Si l'hypnose peut faire toutes ces choses remarquables, peut-être qu'après tout, la régression dans les vie antérieures n'est pas si farfelue. Ainsi mon premier souci a été de vérifier ce que les données expérimentales disponibles, nous disent réellement sur la nature du phénomène de l'hypnose.

 

L'Hypnose est-elle un état Altéré de la Conscience?

Après plus d'un siècle de recherche, il n'y a pas de consensus sur les caractéristiques fondementales de la supposée "transe hypnotique", et il n'y a pas d'indicateurs physiologiques ou psychologiques permettant de différencier les gens prétendument "hypnotisés" de ceux qui ne le sont pas (Fellows 1986). En dépit de la croyance largement répandue, l'hypnose n'augmente pas la réceptivité aux suggestions. Des sujets non hypnotisés encouragés à faire de leur mieux, ont répondu aussi bien que les sujets hypnotisés aux suggestions de réduction de la douleur, d'amnésie, de régression, d'hallucination, de rigidité des membres, etc. (Spanos 1986a). Le processus hypnotique n'a pas plus d'efficacité que la relaxation pour abaisser la pression sanguine, réduire la tension musculaire, affecter les indicateurs physiologiques, verbaux ou comportementaux de la détente. (Edmonstron 1980). Le processus hypnotique n'est pas plus efficace que n'importe quel autre processus non hypnotique pour accroître la vivacité de l'imagerie mentale, avoir un effet thérapeutique quelconque sur la douleur chronique, les phobies, le tabagisme etc. (Spanos 1986a; Spanos et Barber 1976). En bref, les preuves scientifiques disponibles ne démontrent pas que le processus hypnotique engendre un état de conscience unique ou très inhabituel, ou que l'hypnose augmente la réceptivité aux suggestions plus que les autres processus non hypnotiques servant à accroître la motivation.

Il est important de comprendre que les suggestions hypnotiques ne donnent aucune instruction d'action directe aux sujets. On utilise plutôt la voix passive pour des suggestions qui impliquent que quelque chose va arriver au sujet (i.e. "Votre bras se lève" au lieu de "Levez votre bras"). Cette phraséologie passive communique aux sujets l'idée qu'ils sont supposés agir comme si les effets suggérés se produisaient automatiquement. En d'autres mots, les suggestions hypnotiques sont des requêtes tacites pour s'impliquer dans une feinte ou pour faire semblant. Le sujet reçoit tacitement les instructions de se comporter comme s'il était incapable de se souvenir, comme si sont bras se levait, comme s'il avait cinq ans, et ainsi de suite. Les bons sujets hypnotiques a) comprennent les sous-entendus de ces requêtes tacites, et b) utilisent leur imagination et leur talent de comédien pour mettre en scène le scénario contenant ces suggestions. De cette manière, en utilisant leur pouvoir d'imagination, les bons sujets hypnotiques créent et transmettent l'impression qu'ils sont incapables de se rappeler, incapables de lever leur bras "lourd", et ainsi de suite (Spanos 1986b). Le jeu du comédien qui consiste à se mettre dans la peau de son personnage de Richard III, l'amène lui-même à expérimenter les pensées et les émotions inhérentes à son personnage. Les bons sujets hypnotiques se lancent eux-mêmes dans des représentations, en générant des expériences en accord avec les suggestions de leur rôle d'hypnotisé (Sarbin et Coe 1972).

 

Les régressions hypnotiques.

Les suggestions de régression informent un sujet qu'il devient de plus en plus en jeune au point de revivre sa prime jeunesse. Ainsi la réponse hypnotique du sujet qui a "régressé" à l'âge de cinq ans est, qu'il a maintenant cinq ans imprimé en lettres capitales, et ainsi de suite. Malgré quelques performances, un bon nombre de recherches indiquent maintenant que ces sujets n'ont pas les vraies caractéristiques tant cognitives, perceptives, qu'émotives des enfants d'aujourd'hui (Barber, Spanos, et Chaves 1974). Au lieu de se comporter comme de réels enfants, les "régressés" se comportent comme ce qu'ils croient être des agissements d'enfants. La conséquence de l'inexactitude de leurs attentes face au comportement enfantin, est que leurs performances de régression manquent leur cible. Par exemple, les adultes communément surestiment les performances de jeunes enfants dans des tâches cognitives ou intellectuelles. Soumis à ce type d'épreuves, les sujets qui ont régressé par hypnose réussissent beaucoup mieux que les enfants du même âge, soit l'âge de régression des hypnotisés (i.e. Silverman et Retzlaff 1986).

En bref, les suggestions de régression sont des invitations à s'impliquer dans une sorte de jeu de comportement, consistant à agir à nouveau comme un enfant. Les gens qui acceptent ce type d'invitation ne retournent pas psychologiquement, au sens littéral, dans leur enfance. Au lieu de cela, ils utilisent ce qu'ils savent des vrais enfants, ce qu'ils peuvent se souvenir de leur enfance, ce qu'ils peuvent glaner de l'expérience en cours pour créer et s'identifier à une fantaisie qui consiste à agir en enfant. Conséquemment, si leurs informations sur l'enfance sont erronées, leur comportement de régressé déviera du comportement réel des enfants (Barber et al. 1974).

 

Les personnalités cachées.

Tout comme nous pouvons donner des suggestions de régression, d'amnésie ou de diminution de la douleur, nous pouvons aussi laisser se développer l'idée que le sujet possède une "personnalité cachée", auparavant inconnue de lui. Par exemple, dans un certain nombre d'études (cf. Hilgard 1979), de bons sujets hypnotiques ont été informé qu'ils possédaient des "personnalités cachées", qu'ils ignoraient dans leur état normal, mais que l'expérimentateur pouvait rejoindre lorsqu'il leur donnait des signaux appropriés. Quand ils recevaient ces signaux, plusieurs de ces sujets se comportaient comme s'ils possédaient une personnalité secondaire qui réagissait différemment de leur "personnalité normale". Quand les signaux étaient supprimés, ces sujets se comportaient souvent comme s'ils étaient incapables de se souvenir des expériences de leur "personnalité cachée".

Quelques chercheurs (i.e. Hilgard) interprètent ce qu'ils ont trouvé de cette façon: certains bons sujets hypnotiques portent réellement, mais de manière inconsciente, des personnalités cachées qui ont leurs caractéristiques intrinsèques et non suggérées. Cependant, plusieurs évidences indiquent plutôt que les personnalités dites cachées ne sont ni intrinsèques ni dépourvues de caractéristiques suggérées. Tout au contraire, les performances de type personnalité cachée, comme les autres réponses aux suggestions, apparaissent comme le reflet des attentes percues par des gens imaginatifs et soucieux de créer un rôle de composition conforme aux instructions qu'ils ont reçues. En variant quelque peu ces instructions, les sujets ont pu aisément laisser se développer une "personnalité cachée" avec toutes les caractéristiques souhaitées par les expérimentateurs. Ainsi selon les instructions données, les bons sujets hypnotiques ont pu jouer des "personnalités cachées" avec des seuils de réponse à la douleur élevés, bas, ou successivement élevés et bas. Ces sujets ont pu aussi jouer des personnalités cachées ne pouvant se rappeler que des mots concrets et non des notions abstraites; ou l'inverse, des personnalités cachées pouvant percevoir des détails avec précision, percevoir ces détails inversés, ou ne rien percevoir du tout, et ainsi de suite (i.e., Spanos 1986a; Spanos, Flynn, et Gwynn dans la presse).

En bref, un sujet qui se comporte comme s'il avait une personnalité cachée, ou comme s'il avait régressé à l'âge de cinq ans, ne joue en fait que la comédie. Cette comédie est habituellement induite par les suggestions de l'hypnotiseur, soutenu par le sujet qui l'élabore grâce à son imagination, et (fréquemment) validée en retour par l'expérimentateur / hypnotiseur qui agit avec le sujet comme s'il ou elle avait une personnalité cachée avec des caractéristiques particulières.

 

Régression dans les vies passées

Les quelques études expérimentales qui ont examiné les expériences de régression dans les vies passées, sont arrivées à des conclusions en accord avec l'image de la réponse hypnotique décrite précédemment. Par exemple, nous avons récemment complété deux expériences sur ce thème. Dans le premier cas, 110 sujets ont été contrôlés sur leur sensibilité aux suggestions hypnotiques (i.e., capacité hypnotique). À différentes périodes, tous ces sujets ont été soumis individuellement au processus hypnotique consistant en suggestions de régresser dans le temps, avant leur naissance, et de décrire alors où ils se trouvent et ce qu'ils font. Durant leur session individuelle, 35 sujets ont jouer la comédie des vies passées. Chacun de ces sujets racontait à l'expérimentateur qu'il ou elle était une personne différente qui vivait à une autre époque. La plupart allait jusqu'à fournir une foule de détails sur leur vie, leur occupation, leur famille, leurs intérêts et ainsi de suite. Les sujets qui rapportaient des expériences de vies passées avaient une "capacité hypnotique" supérieure à ceux qui n'en rapportaient pas, ou à ceux qui ne croyaient pas avoir vécu des expériences se rapportant au phénomène des vies passées (i.e. expériences de déjà vu, rêves).

Parmi les 35 sujets qui ont rapporté des vies passées, il y avait un large écart entre la vivacité des expériences et la crédibilité que les sujet eux-mêmes donnaient à leurs expériences (i.e., les expériences qu'ils croyaient être d'authentiques vies passées par opposition à celle qu'ils croyaient être des fantaisies). Plus les sujets étaient imaginatifs et plus ils donnaient de la crédibilité à leurs expériences de vie passées. Il y avait une corrélation entre la vivacité de leurs expériences de vie passées et la fréquence des rêveries ou la fréquence d'activités faisant appel à l'imaginaire (comme lire des romans) de ces individus. Le meilleur indice pour prédire le degré de crédibilité que les sujets donnaient à leurs expériences de vie passées, était un indice composé de leur attitude imaginative et de leur croyance en la réincarantion. Les gens qui croyaient en la réincarnation, ceux qui trouvaient cette idée plausible, étaient ceux qui donnaient le plus de crédibilité à leurs expériences de vie passées.

Nos journalistes des vies passées de la première expérience indiquaient presque toujours que leurs personnalités antérieures avaient le même âge et la même race qu'eux, et que ces personnalités vivaient dans des sociétés occidentales. Dans notre seconde expérience, tous nos sujets ont eu de l'information générale sur la réincarnation. Cependant, un des groupes a eu des informations relatant qu'il n'était pas rare du tout que les gens avaient dans leurs vies antérieures des personnalités d'un autre sexe, d'une autre race, ou vivant dans une culture exotique. L'autre groupe, servant de groupe contrôle, n'a eu aucune information spécifique sur les caractéristiques espérées des personnalités antérieures. Parmi les sujets rapportant des expériences de vies passées, ceux ayant reçu ce genre d'informations spécifiques, l'inclure dans leurs expériences pour les rendre conformes aux suggestions reçues; ce qui ne fut pas le cas pour le groupe de contrôle négatif.

Wambach (1979) prétendait que les informations historiques obtenues grâce aux régressions hypnotiques dans les vies antérieures se révélaient presque toujours exactes. Pour tester cette idée dans nos deux expériences, nous avons posé aux sujets des questions historiquement vérifiables (i.e., Quelle était le pays du répondant? Était-il en guerre ou en paix?) Contrairement à Wambach (1979), les sujets qui nous ont donné des informations assez précises pour être vérifiées, nous ont donné des renseignements bien plus souvent erronés que fondés, et les erreurs commises étaient de celles que n'auraient pas commises des personnes des époques concernées. Par exemple, le "pilote de chasse japonais" décrit au début de l'article, était incapable de nommer l'empereur du Japon, et déclara faussement que le Japon était en paix en 1940. Un autre sujet déclara qu'il était en l'an 50 après J.C. et qu'il était Jules CÉSAR empereur de Rome. Cependant, Jules CÉSAR n'a jamais été couronné empereur et est mort en 44 avant J.C., de plus la coutume de dater en terme d'avant ou d'après J.C. n'est apparue que dans les siècles suivants 50 après J.C. Kampman et Hirvonoja (1976) ont aussi obtenu des évidences appuyant l'hypothèse des constructions fantaisistes. Après avoir obtenu des rapports de vies antérieures par des sujets sous hypnose, ces chercheurs ont encouragé ces mêmes sujets à trouver des liens entre des éléments de leurs vies antérieures et leur vie actuelle. De cette façon, ils ont pu souvent découvrir les sources d'informations utilisées par les sujets pour construire leurs fantaisies. Nous avons obtenu des trouvailles similaires. Ainsi, dans une entrevue post-hypnotique, le sujet qui avait affirmer avoir été Jules CÉSAR, nous raconta qu'il suivait présentement des cours d'histoire, et qu'il trouvait la période de la Rome antique particulièrement intéressante. D'autres sujets nous racontèrent après les séances d'hypnose, qu'ils avaient visité l'été dernier le pays de la personnalité de leur vie antérieure, ou soudainement ce sont souvenu que leur épouse de leur vie antérieure ressemblaient et portaient le même nom que leur ancienne blonde de leur vie actuelle, et ainsi de suite.

En résumé, toutes les données disponibles nous démontrent clairement que les rapports sur les vies antérieures, obtenus de sujets ayant régressé sous hypnose, sont des constructions fantaisistes de l'imagination de sujets empressés à s'investir dans un rôle contenant les situations impliquées par les suggestions de régression. Pas surprenant si les sujets répondant le mieux aux autres suggestions hypnotiques (grande capacité hypnotique) sont ceux qui ont aussi le mieux répondu aux suggestions de régression. D'ailleurs ceci, combiné avec la faculté de faire des rêveries pleines de vivacité et de fantasmer quotidiennement, était un des facteurs produisant des fantaisies de vies antérieures pleines d'éclat. Tout comme les sujets auxquels nous avions demandé de régresser dans leur enfance, ceux régressant dans leurs vies antérieures entremêlaient les informations contenues dans les suggestions hypnotiques, avec celles glanées dans leurs propres expériences vécues, ou ce qu'ils avaient pu entendre ou lire pour affiner leur performance. Du reste, de la même façon que les sujets régressant dans leur enfance incluaient des données erronées dans leur comportement "enfantin", nos journalistes des vies antérieures incluaient des erreurs historiques dans leur rôle de vie passée.

Les gens interprètent leurs expériences courantes en fonction de leur système de valeurs. Conséquement, le fait que les gens interprétaient leur expérience de régression dans des vies antérieures comme réelle ou imaginaire dépendait de ce qu'ils possédaient ou non un système de croyances pouvant incorporer la réalité de vies passées. Ceux croyant à la réincarnation possédaient un tel système de croyances, et il leur était ainsi beaucoup plus facile de croire en la réalité de leur expérience de vies passées.

Depuis le cas classique de Bridey Murphy (Bernstein 1956), la notion de vies passées a été légitimé par un malentendu très ancré et très répandu au sujet de la nature même du processus hypnotique. Une approche plus pragmatique a pu mettre l'emphase sur son côté dirigé, ses capacités de faire comme si, et ses commandes intégrées dans un tissus de communications sociales, permettant ainsi de voir les expériences de vies passées pour ce qu'elles sont - soit des rôles intéressants et imaginatifs dans un contexte guidé par la fantaisie.

 

 

Références

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