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L'argumentation tendancieuse des créationnistes de l'ASCQ (2e partie de 3)

Cette série d'articles sur le Créationnisme par Claude Laforest, membre des Sceptiques du Québec, donne suite à une conférence tenue le 13 mars 2006 sous le thème « Scientificité de l'évolutionnisme et du créationnisme », opposant les conceptions évolutionnistes de Cyrille Barrette, professeur de biologie à l'Université Laval, aux thèses créationnistes de Laurence Tisdall, porte-parole de L'Association de Science Créationniste du Québec (ASCQ).

J’ai préféré vous livrer les extraits de textes consultés tels quels plutôt que de vous mâcher les analyses, vous pourrez juger par vous-mêmes de leur pertinence. À nouveau, les arguments avancés par les partisans du créationnisme apparaissent en gras. S’il y a quelques références à des livres ou sites rédigés en langue anglaise, c’est que je n’ai pas trouvé d’équivalent français.

· Les critères de science.

« La théorie créationniste répond parfaitement aux critères de scientificité », prétend Tisdall, en début de conférence. Il avance deux critères qui prouveraient hors de tout doute que le créationnisme est une science : la réfutabilité et la prédictibilité. Mais, quels sont ces critères qui caractérisent une science ?

« Il n’y aurait qu’une seule manière pour une discipline d'être considérée comme scientifique : cette manière serait la méthode expérimentale, avec ce qu'elle implique de prédictibilité, de reproductibilité et de falsifiabilité (réfutabilité) ». (Wikipédia). Il y a donc trois critères, et non pas deux !

Le critère de réfutabilité (falsifiabilité).

« Selon ce concept, une affirmation est réfutable s'il est possible de consigner une observation, ou de mener une expérience qui démontre que l'affirmation est fausse. Par exemple, l'affirmation que « toutes les corneilles sont noires » pourrait être réfutée si on observait une corneille blanche. Une proposition réfutable est donc réputée scientifique, tant que l'observation qui permet de la réfuter n'a pas été faite. En revanche, une proposition non réfutable est considérée comme non scientifique ». (Wikipédia).

Voici comment Tisdall applique ce critère à la thèse créationniste : « La théorie créationniste perdrait son crédit (serait réfutable) si on observait dans la nature des membranes plasmiques, des molécules d’ADN et des enzymes, nécessaires à la synthèse, se former spontanément, coexister et interagir ». Tout d’abord, il est assez simple d’affirmer que le créationnisme est irréfutable puisque ses partisans sont incapables de consigner une seule observation qui démontrerait que le monde n’existe que depuis 6,000 ans. Deuxièmement, dans son affirmation, l’ASCQ sous-entend que l’évolution ne serait jamais prouvée tant qu’on n’aurait pas trouvé de nouvelles formes de vie émergentes, elle nie que l’évolution a déjà joué ce rôle et elle impose le fardeau de la preuve aux évolutionnistes. En fait, elle demande que soient recréées les conditions d’émergence de la vie comme elles se sont présentées il y a des milliards d’années, alors qu’elle sait pertinemment qu’elles ne se reproduiront plus. L’ASCQ ne reconnaîtrait même pas les tentatives de recréer la vie en laboratoire. Troisièmement, même si l’émergence de nouvelles formes de vie ou espèces était observée, l’ASCQ nierait les faits et relancerait ses appels au surnaturel pour expliquer la situation, comme elle le fait déjà dans toutes ses conférences et débats, démontrant une nouvelle fois que le créationnisme n’est pas réfutable.

Le critère de reproductibilité.

Voilà le critère manquant dans les arguments de Tisdall.

« Cette condition part du principe qu'on ne peut tirer de conclusions que d'un événement bien décrit, qui est apparu plusieurs fois, provoqué par des personnes différentes… Un phénomène que l'on peut reproduire à volonté devient un phénomène reproductible au sens scientifique. La science fonctionne en tirant d'observations reproductibles des « lois » ou « principes » qui ont comme principale propriété d'être vrais tant qu'aucune observation n'a prouvé le contraire. L'inverse n'a aucun sens : énoncer, à partir d'aucune observation, une règle et la poser comme loi sous le prétexte que l'on ne peut pas prouver qu'elle est fausse n'est pas du domaine scientifique. (Wikipédia : reproductibilité) ».

Si on constatait l’apparition soudaine de nouvelles formes de vie sur une planète du système solaire, la thèse créationniste n’apparaîtrait même pas parmi les explications à ce nouveau phénomène, parce qu’elle ne reposerait sur aucune conclusion tirée d’expériences reproductibles et confirmées par des équipes indépendantes de scientifiques. Sinon, comment y voir clair entre les allégations des raéliens et des créationnistes? De toute façon, on y découvrirait quand même des preuves d’évolution de la vie. On ne peut créer l’univers à nouveau, toutefois, et Dieu pourrait créer de nouvelles espèces, mais il ne le fait plus ! En effet, la thèse créationniste limite l’intervention d’un dieu à la Création du monde, et selon eux, il ne s’ingérerait plus dans les affaires quotidiennes. L’ASCQ faillit lamentablement à prouver l’appartenance de sa thèse à la science, car elle rejette le critère de reproductibilité.

Le critère de prédictibilité.

La prédictibilité est la caractérisation d'un système qui permet de prévoir son évolution future. On parvient à établir une « vérité scientifique » quand on peut reproduire les phénomènes étudiés pour en prédire les effets. Alors, on peut en effet vérifier les causes qui les produisent en jouant à volonté sur les paramètres. Et c’est ce qui permet d’élaborer des théories à fort caractère de prédictibilité. Comment Tisdall et l’ASCQ interprètent-ils ce critère ? «Si le modèle créationniste est vrai, voici ce qu’on prédit : les mondes vivant et fossile doivent présenter une forte discontinuité entre les groupes majeurs de vie. Un procédé créationniste implique une apparition distincte des diverses créations, c'est-à-dire que les créations distinctes dérivent du Créateur et non les unes des autres par des modifications de l’une à l’autre. » Que devons-nous comprendre ? Que la discontinuité tant recherchée par l’ASCQ n’a pas encore été identifiée et que c’est en fouillant dans le registre fossile et le monde vivant qu’on en trouvera la preuve ? Ici, le porte-parole de l’ASCQ ne fait que démontrer son ignorance du critère de prédictibilité puisque celui-ci établit que ce qui est prédit est inexistant aujourd’hui. Dans leur prédiction, les créationnistes de l’ASCQ affirmeraient ainsi que la discontinuité qu’ils recherchent n’a pas encore été constatée. Cette technique d’improvisation vaudrait sûrement une pénalité à son auteur. S’il y a actuellement une discontinuité dans le registre fossile, ce n’est pas dû à une création séparée de chacune des espèces. Les évolutionnistes trouvent chaque année certains nouveaux fossiles intermédiaires – le Basilosaurus, par exemple. Évidemment, les partisans du créationnisme pourront toujours prétendre qu’il n’y en pas suffisamment pour prouver l’évolution. Qu’il y a-t-il entre le Basilosaurus et la baleine, clameront-ils à chaque nouvelle découverte de formes intermédiaires ?

Comment les évolutionnistes appliquent-ils ce critère de prédictibilité ? Vous avez peut-être lu cette nouvelle dans les journaux et sur Internet au début du mois d’avril dernier, un fossile intermédiaire, Tiktaalik roseae, avait été découvert : « Ce n’est pas suffisant qu’une théorie scientifique explique ce qu’on voit : elle doit aussi permettre des prédictions qu’on peut mettre à l’épreuve… Dans le dernier exemple du pouvoir prédictif de la théorie de l’Évolution, des chercheurs se sont mis à la recherche de fossiles des poissons qui furent les premiers à se déplacer sur la terre ferme. En combinant les principes de l’évolution avec les trouvailles fossiles précédentes, ils pouvaient évaluer à quelle époque ces poissons auraient vécu, ce qui leur donna l’âge des couches de roches qui devaient abriter ces fossiles. Après avoir localisé ces types de roches (l’île d’Ellesmere au Nunavut), ces chercheurs y entreprirent des fouilles. Le résultat fut spectaculaire, ils trouvèrent Tiktaalik roseae, un fossile intermédiaire presque parfait entre les poissons et les amphibiens… », présentation de l’article Meet your ancestor, dans le site de la revue NewScientist, , par Bob Holmes, 9-15 sept. 2006. La prédictibilité de cette découverte démontre à nouveau la validité de la théorie évolutionniste qui prouve que les espèces sont issues l’une de l’autre, alors que la thèse créationniste est impuissante à appliquer aucun des critères de la science.

Tisdall a enchaîné ensuite avec ses quatre arguments « scientifiques ».

· La discontinuité.

« Il y a apparition soudaine et discontinue dans le vivant et le registre fossile ».

Le créationnisme implique une seule et unique Création il y a 6,000 ou 10,000 ans, et c’est à ce moment unique que toutes les espèces seraient apparues en un instant selon ses partisans. Selon eux, il n’y aurait donc pas eu évolution d’une espèce vers une autre espèce, c’est ce qu’ils nomment la discontinuité. Actuellement, au sein des évolutionnistes, il y a deux théories qui s’affrontent : celle de « l’équilibre ponctué », proposée par S. J. Gould et N. Aldredge, postulant que l’évolution comprend de longues périodes d’équilibre ponctuées de brèves périodes de changements importants comme la spéciation, sous la pression d’un changement brusque dans les conditions environnementales, et celle du « gradualisme », statuant que l’évolution morphologique des espèces se produirait par modifications très lentes et continues d’une même population au cours du temps par le jeu des mutations et de la sélection naturelle. Tisdall utilise même une citation de S. J. Gould pour semer la confusion sur la signification du terme discontinuité, alors que Gould n’établissait aucun lien entre sa théorie et la possibilité d’une création instantanée de chaque espèce par un grand magicien.

Tisdall se révèle d’ailleurs comme le champion pour mentionner des phrases hors contexte en citant ensuite Darwin : « Pourquoi, si les espèces sont descendues l’une de l’autre par des changements subtils, on ne voit pas ces innombrables formes transitionnelles ? Pourquoi la nature n’est-elle pas en confusion au lieu d’être si bien définie en espèces ? », Charles Darwin, L’Origine des espèces, chap. 6. Ici, l’objectif poursuivi par Tisdall est d’appliquer une de ses techniques favorites, le « morphing » (transformer l’intention d’un auteur en son contraire), en prétendant que Darwin se posait des questions insolubles, alors qu’il passait la suite du sixième chapitre à y répondre. Dans les faits, par ces questions, Darwin citait les objections des opposants à sa théorie, et expliquait : « La sélection naturelle n’agit que par la conservation des modifications avantageuses ; chaque forme nouvelle, survenant dans une localité suffisamment peuplée, tend, par conséquent, à prendre la place de la forme primitive moins perfectionnée, ou d’autres formes moins favorisées avec lesquelles elle entre en concurrence, et elle finit par les exterminer… ». Darwin, en scientifique conséquent, laissait la parole à ses opposants pour présenter ensuite ses arguments, alors que, malheureusement, Tisdall ne s’attarde qu’à manipuler des mots sans prendre soin de comprendre le sujet.

· La stabilité des espèces.

« Stabilité des espèces au cours du temps ».

Dans son discours, l’ASCQ veut nous convaincre que les fossiles ont été plantés dans diverses couches de roche terrestre lors de la Création, et que les animaux survivants de l’Arche de Noé n’ont subi aucune transformation depuis 6,000 ans. Quand on croit que la terre n’existe que depuis si peu de temps, on peut en effet être fortement tenté d’affirmer que les espèces n’ont pas évolué. Pourtant, voici trois sites où des découvertes ont prouvé que l’évolution fonctionne : 1- La caverne Ayalon en Israël où on a découvert un écosystème préhistorique datant de quelques 5 millions d’années, et qui contenait huit espèces inconnues de crustacés et d’invertébrés semblables à des scorpions. Les espèces examinées étaient toutes dépourvues d’œil parce qu’elles vivaient dans l’obscurité, en raison de l’évolution. 2- Des chercheurs ont découvert, en avril 2006, dans des dépôts terrestres vieux de 90 millions d’années en Argentine, les restes fossilisés et bien conservés d’un serpent primitif, Najash rionegrona, comportant une partie de dentition et 122 vertèbres. Plus important encore, le squelette de l’animal possédait deux petites pattes arrières robustes et fonctionnelles ainsi qu’un sacrum (les vertèbres soudées de la colonne vertébrale au niveau du bassin destinées à soutenir les pattes arrières). 3- En juin 1986, des spéléologues ont découvert une grotte à Movile en Roumanie enfouie complètement depuis 500,000 ans dans une couche de calcaire. La grotte piégeait une soixantaine d’espèces dont la moitié était totalement inconnue. Faute de soleil, ces animaux avaient perdu leur pigmentation et les insectes avaient perdu leurs ailes. Privés de lumière, la plupart sont devenus aveugles.

Des scorpions dépourvus d’yeux, des serpents à pattes arrière et des insectes ayant perdu leurs ailes ? Est-ce que ce sont là des preuves de stabilité des espèces ? De son côté, l’ASCQ n’admet la microévolution qu’à l’intérieur des derniers 10,000 ans et rejette les méthodes de datation qui attestent de millions d’années, comment pourrait-on faire mieux pour balayer du revers de la main les preuves d’évolution?

· L’ensemble minimal de gènes nécessaires à la vie.

« La forme de vie la moins complexe : la bactérie mycoplasma genitalium. Seuil minimal infranchissable = environ 250 gènes ».

Sur ce thème, l’objectif poursuivi par l’ASCQ est de présenter la preuve que, puisque les expériences de réduction des gènes d’un organisme vivant n’ont apparemment pas pu défoncer le plancher des 250 gènes, sans provoquer le mauvais fonctionnement ou la mort de l’organisme en question, la moindre cellule ne peut être le résultat d’un assemblage progressif de plusieurs composants, et que de tels organismes ne peuvent être apparus soudainement et sans assemblage graduel que par l’action d’un créateur intelligent. Il s’agit en somme pour l’ASCQ de définir la Vie selon sa propre sauce, c'est-à-dire en reniant toute possibilité d’émergence de la matière vivante à partir de la matière inerte. Cet argument du minimum de gènes requis est le même que celui de l’inutilité d’une moitié d’aile auquel la communauté scientifique a déjà répondu.

Mais le sujet scientifique comporte en lui-même quelques points d’intérêt, et je vous livre quelques éléments de réflexion issus de mes recherches.

· « Si l’évolution procède par bricolage d’éléments pris parmi ceux qui existent déjà (Jacob 1977), qu’est-ce que l’optimalité ? Le bricolage place l’évolution très loin du concept d’optimisation familier aux ingénieurs et ne peut que très difficilement aboutir à un génome véritablement minimal (Maniloff 1966). Par ailleurs, le concept de génome minimal est très contingent aux caractéristiques de l’environnement et de la niche écologique de l’organisme. Puisque, par définition, le génome minimal n’a d’autres avantages compétitifs que celui d’être minimal, il sera nécessairement très peu adapté. Cette absence de viabilité écologique met clairement en question l’intérêt biologique de la démarche ». (wwwabi.snv.jussieu.fr/~erocha/webthese/repetitions.html).

· L’ASCQ a décrété que le seuil des 250 gènes était infranchissable. De toute façon, est-ce que 100, ou 50 ou même 10 gènes seraient vraiment un seuil minimal acceptable pour ses dirigeants afin de nier l’émergence de la vie par assemblage graduel ? Leur croyance établit que tous les organismes vivants ont été créés soudainement par un évènement surnaturel, et aucune expérimentation, ni aucune autre hypothèse de recherche ne les fera changer d’avis. Ce n’est pas parce qu’on a trouvé un seuil minimal aujourd’hui qu’on n’en trouvera pas un autre avec moins de gènes dans le futur – alors, l’ASCQ redéfinira son soi-disant seuil infranchissable à 200 ou 150 gènes… son évaluation du seuil infranchissable variant selon un critère d’ignorance.

· « Record battu pour le plus petit génome connu. Jusqu’où un organisme peut-il dépouiller son génome tout en continuant à vivre ? Deux bactéries qui s’inscrivent au livre des records des plus petits génomes apportent leurs réponses. Carsonella ruddii ne possède que 160,000 paires de bases, et le génome de Buchnera aphidicola contient 400.000 paires de bases. Jusqu’à présent, le record du plus petit génome était détenu par la bactérie Mycoplasma genitalium, avec 580.000 paires de bases.

Néanmoins, si cette dernière est capable de vivre seule, en parfaite autonomie, les deux autres sont des bactéries symbiotiques. Carsonella ruddii vit à l’intérieur d’insectes qui se nourrissent de la sève des plantes, tandis que Buchnera aphidicola est hébergée par des pucerons. Loin d’être des parasites, elles vivent en bonne entente avec leurs hôtes. À tel point qu’elles ont laissé tomber certains gènes, empruntant les protéines ou les enzymes dont elles ont besoin aux insectes »… Cependant, à terme, elles pourraient totalement s’intégrer à l’organisme de leur hôte et devenir des organelles, comme la mitochondrie qui, il y a fort fort longtemps, était une bactérie et qui est désormais la centrale énergétique de la cellule humaine.

La question du génome minimal nécessaire à la vie, telle que soulevée par l’ASCQ, démontre toutes les limites de leur démarche. Comme nous l’a expliqué Yves Gingras lors du débat « Science ou religion », au Bar des Sciences du Cégep de Saint-Laurent le 1er novembre dernier, cette question devrait davantage être résolue par des scientifiques plutôt que faire l’objet de confrontations d’opinions où nous pouvons difficilement diverger de nos positions évolutionnistes ou créationnistes. Si l’ASCQ associe une cause extraordinaire (la Création) à l’existence d’un génome minimal, elle devra le prouver par des preuves extraordinaires. D’ici là, nous continuerons à « croire » qu’il est un produit de l’Évolution, et seuls des scientifiques qui savent départager science et croyance pourront éclaircir ce sujet.

· La complexité irréductible.

C’est dans son livre, Darwin’s Black Box, que le biochimiste et créationniste Michael Behe a inventé un terme, la « complexité irréductible », pour qualifier une gamme de systèmes biochimiques qui seraient trop raffinés pour être le résultat de l’évolution par sélection naturelle. « Par complexité irréductible, je veux dire un unique système composé de plusieurs parties en interaction qui contribuent au fonctionnement de base, et où le retrait de n’importe laquelle de ces parties amènerait le système à cesser de fonctionner efficacement ». Pour prouver cette assertion, Tisdall nous amène ensuite l’exemple du flagelle bactérien. Selon ses dires, comme le flagelle bactérien est constitué de 40 à 60 composants, il doit nécessairement avoir été assemblé, et le retrait d’un seul de ses composants l’empêcherait de bien fonctionner, il doit donc être apparu par un procédé d’ingénierie/création ! (voir le site http://www.phy.ulaval.ca/conferences/20060131.pdf pour votre compréhension)

La réponse à cette « énigme », je l’ai trouvée dans le récit de Kenneth R. Miller lors de son témoignage au procès de Dover, en page 6 du lien suivant, http://www.talkorigins.org/faqs/dover/day1pm.html. Miller y explique son point de vue sur la question du flagelle bactérien : « …Mais je vais proposer d’enlever non pas une, non pas deux, mais 30 composants… Ce qui reste quand nous enlevons ces composants est une petite structure avec ces 10 composants, qui est connue par les microbiologistes comme étant le système sécrétoire de Type III qui permet aux bactéries d’injecter des toxines à travers les membranes d’une cellule hôte. Ce système est pourtant formé du même groupe de protéines qui composent la base du flagelle, et on le retrouve dans des bactéries dépourvues du moteur complet. Aussi, il est très clair qu’un sous-ensemble de ces protéines a une fonction entièrement différente, une fonction bénéfique, non pour nous, mais pour la bactérie, et une fonction qui peut être et est favorisée par la sélection naturelle… Ce qui veut dire, en termes scientifiques ordinaires c’est que l’argument du docteur Behe est réfuté, il est faux » (autre référence en anglais : http://www.millerandlevine.com/km/evol/design2/article.html). La complexité irréductible est donc une nouvelle fausseté dans l’arsenal des arguments créationnistes ! Et Miller de conclure, « C’est ce qu’un philosophe appellerait un argument d’ignorance, ce qui veut dire que, parce que nous ne comprenons pas quelque chose, nous assumons que nous ne le comprendrons jamais, et par conséquent nous pouvons invoquer une cause en dehors de la nature, un créateur surnaturel ou un concepteur surnaturel » (autre référence : http://www.cybersciences.com/cyber/fr/magazine/avril_2006/dossier__la_bible_contre_l_evolution/la_main_de_dieu__la_part_du_singe.html).

Le flagelle bactérien ne peut s’être formé spontanément à partir de ses composantes actuelles, mais certains sous-ensembles du flagelle sont viables, et donc sujets à la sélection naturelle, tout en remplissant des fonctions différentes de celles qu’ils effectuent actuellement dans le flagelle. Le flagelle bactérien s’est donc formé graduellement à partir de sous-ensembles de composantes viables. De plus, le flagelle, pour certaines archéobactéries, n’a pas pour fonction principale la propulsion, mais plutôt la sécrétion ou encore la fixation aux cellules. Le flagelle bactérien, décrit par Tisdall, a donc évolué d’une fonction de sécrétion à arbre simple à une fonction de propulsion avec arbre et hélice. (Source : Why Darwin matters par Michael Shermer, p 66-71.)

Mycoplasma Genitalium et flagelle bactérien sont deux exemples pour tenter de prouver une seule et même idée : que l’on ne peut descendre en dessous d’un certain nombre de gènes ou de protéines, et que forcément elles ne peuvent s’être assemblées graduellement et spontanément. Toutefois, ces thèses ont été toutes deux été réfutées.

· Les preuves de l’Évolution.

Je laisse la place à Cyrille Barrette pour la conclusion de cet article.

« Connaître et comprendre sont l’eau et le pain de notre esprit. … Pour connaître, il suffit de voir, de regarder, d’observer. … Pour comprendre, il faut regarder avec son cerveau, interpréter ce qu’on voit pour avoir accès au comment et au pourquoi. … Aucune théorie scientifique ne peut répondre à toutes les questions, même dans son domaine d’application. Mais s’il y en a une qui puisse contribuer à expliquer l’origine de l’Homme, la nature de l’Homme, la place de l’Homme dans la nature, sans référence au surnaturel, c’est la théorie de la sélection naturelle. Il est donc crucial de la connaître et de la comprendre, d’en connaître les pouvoirs et les limites, de savoir ce qu’elle affirme et, tout autant, ce qu’elle n’affirme pas. … Je vais présenter comme des preuves des faits que nous pouvons voir avec nos yeux. Quand nous les interprétons, avec notre cerveau, ces faits nous parlent : ils nous disent que l’évolution est un fait. » Cyrille Barrette, « Le miroir du monde », pp1-10.

Je vous invite à consulter les arguments de C. Barrette pour prouver l’évolution, extraits du même livre (merci à Pierre Cloutier pour son initiative) : http://pages.infinit.net/pclou200/preuves2.htm.

Dans mon dernier article, je vais vous présenter quelques données historiques sur le Créationnisme, sur le procès à Dover, et sur les motivations de l’ASCQ.

 


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