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L'astrologie confrontée aux progrès de l'astronomie

par Barry Williams (traduit par Claude Lafleur)

Extrait du Québec Sceptique no 24, page 41, décembre 1992.

L'humanité a conscience de l'existence de six planètes (Mercure, Vénus, Terre, Mars, Jupiter et Saturne) depuis aussi longtemps que l'Histoire s'écrit, si ce n'est davantage. Pendant presque toute cette période, la plupart des gens ont en outre considéré que la Lune et le Soleil étaient également des planètes, mais ils n'entrevoyaient pas la Terre de cette façon.

Nous ne possédons aucun document historique indiquant à quel moment les planètes ont été perçues comme étant différentes des étoiles, mais il est évident qu'en étudiant le ciel nocturne on remarque aisément la présence de ces « étoiles » particulières, car elles se déplacent, d'une nuit à l'autre, par rapport à l'ensemble des étoiles. Le terme planète provient d'ailleurs d'un mot grec signifiant « vagabond » ou « errant ».

On ne sait pas non plus dans quel ordre celles-ci ont été découvertes, mais il est vraisemblable que ce soit respectivement Vénus, Mars, Jupiter, Saturne et Mercure, étant donné leur degré de visibilité dans le ciel.

Nous savons par contre que la Terre a été reconnue en tant que planète par les Grecs vers l'an 500 av. J.-C. Toutefois, il semble que cette notion ait été ignorée pendant deux millénaires, puisque ce n'est qu'à partir de 1543 que le moine polonais Nicolas Copernic a énoncé que la Terre était l'une des planètes qui tournaient autour du Soleil. Bien entendu, cette théorie allait à l'encontre du modèle géocentrique très largement accepté depuis que Ptolémée en avait donné une description formelle. Le système géocentrique avait été accepté comme vérité inaliénable par diverses écoles de pensée (y compris par l'Église catholique) pendant cette longue période.

Heureusement, l'idée de Copernic a fini par s'imposer puisque ce système fonctionnait mieux et utilisait moins d'hypothèses invérifiées que celui de Ptolémée. Ce dernier nécessitait en effet des artifices de plus en plus obscurs pour demeurer en accord avec des observations toujours plus précises. Par la suite, le Danois Tycho Brahe et son assistant allemand Johannes Kepler ont ajouté au modèle copernicien d'autres perfectionnements touchant à l'observation ou à sa nature théorique.

Finalement, en 1610, des observations faites par Galileo Galilei, à l'aide du tout premier télescope, ont fourni les preuves confirmant la vision de Copernic. Galilée a observé, entre autres choses, que Vénus apparaissait selon des phases semblables à celles de la Lune (c'est-à-dire, croissants de Lune, nouvelle Lune et pleine Lune) qui ne pouvaient s'expliquer que si cette planète décrivait une orbite autour du Soleil plus petite que celle de la Terre. Or, jamais le système ptoléméen, malgré tous les rafistolages que l'on pouvait imaginer, ne pouvait rendre compte des phases vénusiennes.

Entre-temps, l'astrologie s'en donnait à coeur joie. On peut raisonnablement supposer que le désir de déterminer l'arrivée des saisons - une information vitale depuis que l'Humanité s'était mise à l'agriculture - constitue le motif originel d'étude des phénomènes célestes. On suppose qu'une fois que la prédiction des changements saisonniers a été acceptée et reconnue comme étant raisonnablement précise, l'idée que les corps célestes puissent exercer une influence sur les « affaires humaines » - particulièrement sur celles des personnages importants - a constitué l'étape suivante.

Toutefois, s'il y a un rapport entre l'apparition des configurations stellaires et les saisons, là où l'astronomie n'y reconnaît qu'une association relevant de la coïncidence, l'astrologie fait à tort le postulat d'un lien causal.

Des noms pour les planètes.

Nous devons aux Romains la nomenclature des cinq planètes « classiques ». Ceux-ci les ont désignées en l'honneur de leurs dieux, qui à leur tour, doivent plusieurs de leurs caractéristiques aux dieux grecs correspondants. Ainsi, Mercure était le messager des dieux (chez les Grecs, il s'agissait d'Hermès); Vénus, la déesse de l'amour (Aphrodite); Mars, le dieu de la guerre (Ares); Jupiter, le dieu suprême (Zeus), et Saturne, un dieu italien des récoltes, associé plus tard au dieu grec Chronos (le dieu du temps) qui était entre autres choses le grand-père de Jupiter.

Il n'y a toutefois pas lieu de croire que les Romains confondaient les planètes avec les dieux eux-mêmes : elles étaient plutôt une des manifestations de ces êtres supérieurs. Ce sont plutôt les astrologues qui ont attribué aux planètes des influences basés sur les caractéristiques données aux dieux romains (ou grecs). Il en résulte ainsi que les personnes dont la vie est prétendument influencée par Jupiter sont décrites comme joviales, tandis que les termes mercurial, vénérien, martial et saturnin découlent des personnalités des dieux traditionnels correspondants.

Heureusement, toutefois, malgré ce délire astrologique, l'exploration scientifique du Système solaire se poursuivait.

L'âge des observateurs.

Il revient à Galilée, grâce à son télescope, d'avoir découvert les premiers corps célestes nouveaux depuis l'époque préhistorique (à l'exception des comètes et des météorites). Il ne s'agissait toutefois pas de nouvelles planètes mais de quatre satellites orbitant autour de Jupiter.

Ces satellites naturels ont été éventuellement baptisés selon la tradition classique, recevant les noms de Io, Callisto, Europa et Ganymède. Les trois premiers sont des femmes séduites par Jupiter (qui n'était pas seulement jovial, mais aussi un fier libertin) alors que le quatrième correspond à celui d'un jeune homme rendu immortel par Jupiter comme porteur de la coupe des dieux. Notons que, dans la version grecque, Ganymède a également été séduit par Jupiter, mais que les Romains, plutôt puritains, n'en parlèrent presque pas.

Les astrologues du temps de Galilée se sont possiblement intéressés à ces nouveaux corps célestes mais ceux des temps modernes ne semblent leur accorder aucune signification - ce qui est étonnant lorsque l'on songe à l'importance qu'ils vouent à notre Lune.

Soulignons que les découvertes de Galilée ont eu nettement plus d'impact quant au bouleversement de la pensée en Europe que pour l'explication du fonctionnement du Système solaire. En effet, jusqu'à ce stade de notre histoire, tous considéraient que la Terre (et par extension l'Humanité) était le centre autour duquel tout gravitait. Notre monde, avec toutes ses imperfections, était perçu comme le domaine de l'homme, tandis que les cieux, parfaits et immuables, étaient le domaine de Dieu. (N'est-il pas insensé que, malgré nos imperfections, les cieux tournent pourtant autour de notre monde?) Or, cette cosmologie, qui en révèle davantage sur les conceptions humaines que sur le plan divin, se trouvait prise en faute lorsqu'il a été démontré que certains corps célestes gravitaient autour d'un autre astre.

L'avènement d'une vision scientifique du monde a non seulement bouleversé les perspectives de l'Église mais il a porté un coup sévère aux autres formes de pensée magique, dont l'astrologie. Celle-ci a d'ailleurs amorcé un déclin qui a duré plusieurs siècles. L'astrologie ne pouvait en effet s'ajuster à la vision scientifique du monde; elle s'accrochait désespérément à l'idée d'un univers géocentrique ainsi qu'à la notion que le Soleil et la Lune sont des planètes. (Aujourd'hui encore, on entend les astrologues parler en ces termes - alors que dès l'école primaire nous apprenons que l'un est notre étoile et l'autre notre satellite naturel!)

L'avènement, au XVIIème siècle, du télescope et d'une nouvelle conception du monde a permis de poursuivre l'exploration du Système solaire et a mené à la découverte des anneaux de Saturne ainsi que de cinq satellites orbitant autour de cette planète. Ce cortège de satellites a reçu le nom de personnages associés au dieu Saturne, mais, encore une fois, les astrologues ont omis de prendre en considération ces ajouts célestes.

La publication, en 1687, de Principia Mathematica, l'oeuvre magistrale d'Isaac Newton révélant les lois de la gravitation universelle, a alors fourni de solides assises théoriques pour la poursuite de l'étude de l'Univers. À cet ouvrage théorique s'ajoutaient de nouvelles techniques d'observation et des instruments toujours plus puissants.

On pouvait dès lors penser que de tels progrès conduiraient inévitablement à la découverte de nouvelles planètes, si bien sûr celles-ci existaient. Toutefois, ce n'est pas avant 1781 - presqu'un siècle après la publication de Principia - que la planète suivante, Uranus, a été découverte par l'astronome anglais William Herschel.

En fait, Herschel n'a pas été le premier à observer Uranus; cette planète avait déjà été répertoriée en tant qu'étoile par d'autres astronomes. Herschel lui-même cherchait des étoiles et non une planète, et il a cru que ce qu'il avait observé n'était qu'une comète. Toutefois, lorsqu'on a finalement établi qu'il s'agissait bel et bien d'une planète, Herschel a choisi de lui attribuer le nom de son protecteur, Georges III. Heureusement, des esprits plus avisés ont maintenu la coutume de nommer les planètes d'après des personnages de la mythologie classique - d'où le nom d'Uranus donné officiellement à cet astre. Ce dieu du ciel dans la mythologie grecque était le père de Chronos (Saturne). Herschel a de plus découvert deux satellites gravitant autour de cette planète ainsi que deux autres autour de Saturne.

Au siècle suivant, les astronomes ont observé une nouvelle classe d'objets célestes qu'ils ont qualifiés d'« astéroïdes », et non de « planétoïdes », en dépit du fait qu'ils orbitaient autour du Soleil comme les planètes. Les premiers astéroïdes ont reçu le nom de Ceres, Pallas, Juno et Vesta. Comme des milliers d'autres, ils circulent entre les orbites de Mars et de Jupiter dans ce que l'on a conséquemment appelé la Ceinture d'astéroïdes. Ces petits astres sont généralement jugés sans grande importance par les astrologues… pour des raisons connues d'eux seuls.

Les théoriciens entrent en scène.

À partir du XIXème siècle, la science a atteint son rythme de croisière; les effets de l'attraction gravitationnelle devenaient de mieux en mieux compris, ce qui a conduit les mathématiciens à se préoccuper de ce qu'Uranus ne suivait pas exactement l'orbite prédite selon la théorie de Newton.

John Couch Adams, en Angleterre, et Urbain Leverrier, en France, ont ainsi calculé qu'une autre planète devait circuler sur une orbite au-delà d'Uranus, puisque l'attraction gravitationnelle d'un tel astre expliquerait les écarts observés dans la trajectoire de cette planète.

Ni Adams ni Leverrier ne connaissaient les travaux de l'autre et chacun s'appuyait sur les données d'observateurs différents. Or, en se basant sur les indications de Leverrier, l'astronome allemand Galle a découvert une planète en 1846. Celle-ci était en fait à moins de un degré d'arc de la position prédite par Leverrier et à moins de un degré et demi de celle prédite par Adams! Voilà bien là une remarquable démonstration de la puissance de prédiction de la science, confirmant de ce fait les lois de Newton. Cette planète a été baptisée Neptune, dieu romain de l'eau et que l'on associe au dieu grec de la mer, Poséidon.

Cette découverte illustre d'ailleurs à merveille l'évolution de la méthode scientifique. Au départ, des observations conduisaient à certaines conclusions : Uranus était une planète. Puis, de nouvelles observations conduisaient à des perfectionnements théoriques qui permettaient de tirer de nouvelles conclusions : il devait exister une autre planète parce que ses effets pouvaient être démontrés. Enfin, des calculs soigneux montraient l'endroit où devait se trouver ladite planète, ce qui s'avérait être effectivement le cas.

Toutefois, il ne faut pas croire que tous les efforts semblables ont porté fruit. Ainsi, Leverrier a constaté des écarts dans l'orbite de Mercure et il a en conséquence développé l'hypothèse de l'existence d'une nouvelle planète (qu'il a nommé provisoirement Vulcan). Plusieurs observateurs ont même cru apercevoir cette planète hypothétique, mais tout cela en vain.

Le mystère des perturbations de l'orbite de Mercure n'a finalement été élucidé qu'avec la théorie de la relativité générale proposée par Albert Einstein au début du XXème siècle. Cette théorie prédisait justement des écarts orbitaux qui ont été confirmés par Arthur Eddington en 1919. Or, cette réalisation a constitué la première preuve empirique de la Relativité. Une amusante anecdote (probablement apocryphe) veut que Eddington, à qui l'on demandait s'il était vrai que seules trois personnes comprenaient la théorie de la relativité, aurait répondu, après une assez longue pause : « J'essaie d'imaginer qui pourrait bien être la troisième… »

Un Système solaire encombré

L'histoire de la découverte des planètes ne s'arrête pas avec Neptune puisqu'il est rapidement devenu évident que son orbite et sa masse ne pouvaient à elles seules expliquer les perturbations observées dans l'évolution d'Uranus. Plusieurs astronomes se sont donc lancés à la recherche d'une planète trans-neptunienne. Célèbre parmi ceux-ci, l'Américain Percival Lowell, qui a installé son observatoire privé en Arizona et qui a consacré le reste de sa vie à cette démarche.

Toutefois, c'est finalement le recours à la photographie astronomique qui a rendu possible, plusieurs années après le décès de Lowell, le succès de cette entreprise. Ce n'est qu'en 1930 que son assistant, Clyde Tombough, a trouvé, après une recherche exhaustive parmi des milliers de plaques photographiques, une nouvelle planète. Celle-ci a été baptisée Pluton, le nom du dieu des Enfers. Ce choix, parmi plusieurs autres dieux possibles, visait tout particulièrement à honorer la mémoire de Lowell, car les deux premières lettres de « Pluton » constituent aussi les initiales de Percival Lowell.

L'histoire de la découverte des astres du Système solaire se complexifie considérablement lorsqu'on prend en compte les « non-planètes » qui se sont ajoutées au cours des deux derniers siècles. Il y a notamment plus de 3 450 astéroïdes qui sont pour la plupart situés dans la Ceinture d'astéroïdes. Il y a en outre un certain nombre d'astéroïdes qui circulent selon des orbites très excentriques, dont un groupe dit Apollo et qui ont la douteuse caractéristique de venir « frôler » la Terre (comme l'un d'eux l'a fait en 1991). Il y a aussi deux groupes d'astéroïdes, appelés Troyens, qui partagent l'orbite de Jupiter, précédant et suivant la planète de 60 degrés. Et il y a aussi Chiron, découvert très récemment et dont l'orbite fortement elliptique se situe entre celles de Saturne et d'Uranus.

Curieusement, seul ce dernier astéroïde semble avoir retenu l'attention de certains astrologues puisqu'il entre parfois dans les calculs pour préparer des horoscopes. Voilà qui est fort étonnant puisque Chiron est loin d'être parmi les plus gros astéroïdes découverts et, de surcroît, c'est le plus éloigné d'entre tous!

Les insuccès de l'astrologie.

Pendant que l'astronomie faisait ses plus grandes découvertes, que se passait-il du côté de l'astrologie? Peu de choses, en réalité. Les trois nouvelles planètes ayant reçu le nom de dieux classiques, les astrologues durent donc se plonger dans la mythologie afin de découvrir les attributs de ces dieux et imaginer les effets de ces nouvelles planètes.

Voilà bien une démarche insensée! Si, en effet, les anciennes planètes avaient été associées, au moins pendant un temps, aux dieux dont elles portent le nom, nous voici maintenant en présence de planètes dont les noms ont été attribués arbitrairement et qui n'ont jamais été associées à aucun dieu. Et pour comble, le nom de Pluton a été choisi uniquement pour honorer un astronome. Ainsi donc, les caractéristiques que ces planètes se voyaient conférées n'avaient pas de précédent dans l'histoire, pas plus que n'en avait la façon de les nommer.

La seconde contradiction fatale à la thèse astrologique se situe au coeur même de cet art, à savoir la prédiction. Traditionnellement, l'astronomie n'avait été qu'une science de l'observation tandis que l'astrologie faisait des prédictions. Mais on avait démontré que l'astronomie possédait une puissante capacité de prédiction, et à cet égard où en était l'astrologie?

On peut logiquement supposer que les astrologues auraient dû remarquer que certaines caractéristiques humaines n'étaient rattachées à aucune des planètes connues jusqu'alors, et qu'ils auraient dû non seulement soupçonner l'existence d'autres planètes, mais aussi établir leur position approximative. Les astrologues insistent beaucoup sur l'importance des angles sous-tendus par les planètes, mais ce ne sont pourtant pas eux qui ont pointé le télescope de l'observateur dans la bonne direction…

De plus, si les planètes nous influencent, le temps nécessaire aux nouvelles planètes pour compléter leur orbite aurait aisément confirmé cette hypothèse. Uranus « séjourne » sept ans dans chacun des signes du Zodiaque, Neptune presque 14 ans et Pluton plus de 20 ans. Cette situation fournit un grand bassin d'individus sur lesquels, par exemple, l'influence de Pluton aurait pu être mesurée de façon précise, montrant que les attributs plutoniens changent à tous les 20 ans. Le calcul de ces changements de caractéristiques ne devrait poser aucune difficulté aux astrologues; néanmoins, jamais aucun trait de personnalité caractérisant une grande portion de la population n'a été observé, et aucune allégation sérieuse n'a été avancée au sujet d'un cycle constant de 20 ans dans les caractéristiques de la personnalité.

Il y a également la présence des astéroïdes et des satellites. On dénombre deux satellites qui sont plus gros que Mercure et quatre autres qui surclassent Pluton tout en étant nettement plus près de la Terre que cette planète. En outre, Cérès, le plus grand astéroïde, orbite autour du Soleil quinze fois plus près que Pluton ne le fait, bien que le diamètre de cette planète soit trois fois supérieur à celui de cet astéroïde. Pourquoi Pluton est-elle seule considérée par les astrologues?

Au départ, les premiers astéroïdes ont été nommés selon la tradition en puisant dans la mythologie classique. Vu leur grand nombre, il était évident que leur liste allait s'épuiser tôt ou tard; pour cette raison, les astéroïdes découverts de nos jours sont nommés en l'honneur de n'importe qui ou de n'importe quoi, allant du nom de la ville natale du découvreur à n'importe quel autre caprice.

A une étape donnée, il a dû y avoir un fervent d'opéra bouffe chez les découvreurs, car nous avons un groupe d'astéroïdes nommés Turandot, Zerlina, Pamina, Senta, Kundry, Norma, Violetta, Aida et Carmen tous découverts à peu près à la même époque. Ensuite, les scientifiques ont été à l'honneur avec la série Einstein, Darwin, Herschel, Adams, Leverrier parmi tant d'autres, de même que des personnages hétéroclites comme Tolkien, Tchaïkovsky, Mark Twain et Mr. Spock (de Star Trek), sans parler de lieux tels que Kansas, Antarctica, Coonabarabran et Kiev.

La distinction que l'on fait entre un astéroïde et une planète est purement arbitraire puisque fondée uniquement sur la dimension. Les astéroïdes sont plus justement désignés sous l'appellation de « planètes mineures ». Tout comme les planètes, ils tournent autour du Soleil, certains possèdent des satellites (notamment l'astéroïde Pallas) et l'on pourrait dire que Pluton a davantage en commun avec Cérès qu'avec Jupiter. Étrangement, certaines comètes, celle de Halley au tout premier plan, sont pour les astrologues plus importantes que les astéroïdes en dépit de leur nature beaucoup plus éphémère.

Les astrologues n'ont jamais fourni d'explication satisfaisante à la question suivante : pourquoi les astéroïdes et les satellites ne sont-ils pas pris en compte dans l'élaboration d'un horoscope? Les réponses que l'on entend habituellement relèvent davantage de l'hyperbole que de la logique. En termes pratiques, la réponse saute aux yeux : l'inclusion de la position et des rapports angulaires de milliers d'astéroïdes et de satellites rendrait la confection d'un horoscope d'une effroyable complexité (imaginez-vous un problème comportant près de 4000 variables!).

De plus, le travail de recherche nécessaire pour découvrir les traits de caractère de milliers d'individus (et autres) dont on utilise les noms découragerait le plus dévoué des astrologues. Si nos traits de personnalité peuvent être mis en correspondance avec ceux de Saturne ou Vénus, il est légitime de se demander pourquoi ils ne pourraient pas l'être avec ceux de Karl Marx, Shakespeare ou Carl Sagan (tous des astéroïdes)?

À l'opposé, si l'influence des objets célestes les plus nombreux peut être négligée sans problème, alors n'en va-t-il pas de même de celle des planètes? Quoi qu'on en dise, la simple logique nous oblige à conclure que si les planètes influencent nos vies, alors tout les autres astres constituant le Système solaire devraient le faire aussiSomme toute, cette incapacité à inclure toutes les influences devrait à elle seule être une raison suffisante pour voir en l'astrologie rien de plus que superstitions et balivernes.

La question reste quand même posée et elle appelle une réponse des astrologues.

En terminant, je vous laisse le soin d'imaginer quelle pourrait être l'influence des astéroïdes numéros 1703 et 1763… qui portent respectivement les noms de Barry et de Williams!

Les principaux astres du Système solaire… pour la plupart ignorés par les astrologues

Astre Taille
Soleil 1 392 000 km
Jupiter 142 800 km
Saturne 120 000 km
Uranus 50 600 km
Neptune 48 600 km
Terre 12 756 km
Vénus 12 104 km
Mars 6794 km
Ganymède (Jupiter) 5280 km
Titan (Saturne) 5120 km
Mercure 4878 km
Callisto (Jupiter) 4840 km
Io (Jupiter) 3640 km
Triton (Neptune) 3500 km
Lune (Terre) 3476 km
Europa (Jupiter) 3130 km
Pluton 3000 km
Titania (Uranus) 1610 km
Oberon (Uranus) 1550 km
Rhea (Saturne) 1530 km
Iapetus (Saturne) 1440 km
Charon(Pluton) 1300 km
Umbriel (Uranus) 1190 km
etc.

Pour dresser leurs horoscopes, les astrologues ne considèrent qu'une dizaine d'astres, alors que le Système solaire se compose de plusieurs millions, dont voici la liste des principaux (selon leur taille). Qui plus est, s'ils tiennent compte de Mercure et Pluton, les astrologues ignorent systématiquement six autres astres dont la taille est pourtant comparable et qui, de surcroît, se trouvent nettement plus proches de nous que l'est Pluton. Comment donc justifier que cette planète ait plus d'influence sur nous que Ganymède, un satellite de Jupiter qui a presque deux fois sa taille et qui se trouve huit fois plus près de la Terre?


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