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d'après une sélection de blogs sceptiques.




Nous sommes une organisation laïque, donc ouverte à la confrontation des idées et nous ne prétendons pas, entre nous, défendre toujours les mêmes thèses. Ce qui nous réunit, c’est précisément le souci de ne pas masquer nos divergences.
Le mot " secte " est une commodité de langage qui ne correspond à aucune catégorie juridique. il n’existe en effet pas de définition de la secte en droit français. Nous ne prétendons pas, dans l’intitulé de notre association, combattre les sectes, mais prévenir le sectarisme.
En fait, peu nous importe que tel ou tel groupe étudié dans ce site soit ou non qualifié de secte. Pour nous, il représente, si nous en parlons, une atteinte a la laïcité. Le droit français leur permet d’exister. Il nous permet, à nous, de discuter leurs pratiques sans les enfermer dans une catégorie juridique et ce au seul nom du respect des droits de l’homme et de l’enfant et de la laïcité



Le présent blog est de la responsabilité éditoriale du Conseil d'administration du CERCLE LAÏQUE POUR LA PREVENTION DU SECTARISME

Posted by Picasa
Le SAMEDI 30 MAI 
de 10 h à 17 h


salle des associations à ARCHES  88380  
(près de l'église, parcours fléché)



JOURNEE ANNUELLE DU CLPS


LA PREVENTION DES DERIVES SECTAIRES


THEMES PREVUS

prévention des dérives religieuses
la prévention au niveau associatif, des collectivités locales, du Législateur
la prévention dans le milieu médical


pour les personnes qui désirent manger, merci d'envoyer un chèque de 17 € 

à l'ordre de CLPS pour le 27 mai dernier délai à

Jean RACINE
379 LE CLOS BENITCHAMP
88380 ARCHES
tel
03 29 32 61 78
06 30 17 82 10


Par Eric Mettout
Le complotisme ou la défaite du journalisme (entre autres)
Il a bien failli finir aux oubliettes, mais cette semaine est sorti dans L’Express le dossier qu’avec Adrien Sénécat, Alexandre Sulzer et Boris Thiolay (sur la « petite entreprise » Meyssan), nous avons construit ensemble sur la théorie du complot. Dossier né des attentats de janvier à Paris et presque mort-né quand Marianne nous a joliment grillé la politesse sur le sujet en février dernier. Dossier réactivé par l’actualité – les complotistes mangent de tout : le crash de l’A320 de la GermanWings et même, plus récent encore, la guerre des Roses chez les Le Pen leur a de nouveau donné du grain à moudre.

J’ai tenu à faire précéder ce dossier d’un court édito en forme de mea culpa a priori : je sais pertinemment qu’écrire sur les conspirationnistes ne fait que les renforcer dans leurs convictions que nous, journalistes en particulier, les manipulons en vue d’un grand dessein dont nous serions l’obéissante cheville ouvrière. C’est faux, mais je ne les en convaincrai naturellement pas.

Cet édito, j’aurais pu l’écrire pour ce blog, sur lequel j’ai donc décidé de le publier. Le voici :

Caroline Fourest connaît bien les conspirationnistes. Elle traque, décortique, dénonce régulièrement les dangers de leurs délires paranoïaques, que l’on aurait tort de réduire à la folie douce des adorateurs de l’ovni de Roswell et ses extraterrestres, prétendument escamotés par l’armée américaine dans les années 1940. Car les conspirationnistes connaissent bien Caroline Fourest : son travail, voire sa vie sont surveillés sans répit et sans faille. Le moindre de ses écrits, la moindre de ses conférences, chacune de ses interventions publiques sont « passés au scanner » – et gare à l’approximation, à l’erreur anodine, qui, sous ces projecteurs, se retournent immédiatement contre elle ! D’autres, journalistes, historiens, sociologues, philosophes ou simples citoyens, Pierre-André Taguieff, Gérald Bronner, Rudy Reichstadt… eux aussi engagés dans la lutte contre l’industrie du fantasme permanent, subissent le même traitement.

Car la machine conspirationniste est experte en matière de harcèlement et fait preuve d’une puissance redoutable, décuplée – comme on l’a vu après les attentats de Paris ou, plus récemment, la chute de l’A320 de la GermanWings – par Internet. S’y répand, à une vitesse inédite, un virus aussi contagieux que résistant : le soupçon. Généralisé, il est la défaite des clercs, que l’on ne croit plus et que, pire encore, on associe désormais aux élites et que l’on rejette avec elles. Il menace aussi les journalistes, et le dossier que consacre L’Express, cette semaine, au complotisme, en est le symptôme paradoxal. Non seulement il ne convaincra pas les sceptiques, mais il les confortera dans leur croyance que nous, qui faisons profession de révéler la « réalité des faits », leur cachons tout et ne leur disons plus rien, que nous prenons activement part au complot. Pourquoi, dès lors, publier cette enquête ? Parce que c’est notre travail et que nos lecteurs ne sont pas tous conspirationnistes, tant s’en faut. Aussi parce que ce combat pour la vérité est un vrai défi démocratique, et que ce combat, c’est le nôtre.


Source : Blog d'Eric Mettout, rédacteur en chef de L'Express.

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
Par Adrien Sénécat et Eric Mettout
Dossier : L'Express enquête sur
Les attentats de janvier à Paris ou le crash de la German Wings les ont galvanisés : depuis quelques semaines, les complotistes s'en donnent de nouveau à cœur joie. Mais le phénomène ne date pas d'hier.

Sommaire :
>>> Quand les politiques se convertissent aux théories du complot
>>> Pierre-André Taguieff: "La sur-information prédispose aux théories du complot"
>>> Conspirationnisme : Thierry Meyssan, le maître à fausser
>>> Le complotisme ou la défaite du journalisme (entre autres)

Ils pouvaient difficilement rêver mieux : le crash de l'A320 de la GermanWings sur les flancs d'une montagne française, médiatisé à outrance, un temps nimbé de mystère et d'interrogations, a donné un coup de fouet à la créativité des complotistes, qui n'en demandent généralement pas tant.

L'émotion considérable, dans le monde entier, les images fragmentaires mais spectaculaires, propres à toutes les interprétations, les questions des experts, les erreurs de communication des enquêteurs et, plus encore, le dénouement, inimaginable, font depuis trois semaines le bonheur de ceux qui, sur Internet en particulier, se sont donné pour mission de remettre en question les "narratives officielles". Selon certains d'entre eux, derrière le suicide meurtrier d'Andreas Lubitz se dissimulerait l'assassinat, en pleine crise ukrainienne, de deux ingénieurs américains prétendument spécialistes des radars pour l'Otan et qui auraient voyagé dans l'avion... (...)

Lire la suite sur le site de L'Express.

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
Note de lecture de Christine Brunschwig - SPS n° 312, avril 2015 Conçue comme une mini-encyclopédie, avec un article de quelques pages par sujet, cet ouvrage présente les succès, les « hits » des années soixante, période marquée par la guerre froide, la conquête spatiale et les trente glorieuses. Les auteurs, coordonnés par Olivier Néron de Surgy, journaliste-écrivain scientifique, et Stéphane Tirard, historien des sciences, sont tous des spécialistes du domaine abordé. Ils exposent systématiquement (...) Notes de lecture
ÉDITORIAL  par LAURENT JOFFRIN
Déraison

Dans notre monde rationnel et technologique, la déraison se porte bien. Longtemps la France laïque a été à la pointe du combat contre les dérives sectaires, qui sont une 
des manifestations les
 plus inquiétantes 
de l’irrationnel contemporain. Mais elle a été dénoncée par des instances internationales d’esprit souvent anglo-saxon qui considèrent que toute croyance religieuse est légitime, serait-elle proche de l’aliénation ou du fanatisme. L’idée 
d’une «laïcité positive», 
à la mode depuis quelques années, et qui détourne
 la conception originelle en se superposant à la laïcité tout court, a aussi handicapé le travail des parlementaires français : comme il ne fallait pas mettre en cause les grandes religions,
 dont certains éléments intégristes relèvent pourtant de toute évidence du sectarisme, les objectifs sont devenus incertains 
et flous. Entre-temps,
 les sectes les plus visibles ont fait profil bas et une multitude de petits groupes ont capté à leur profit l’éternelle crédulité des populations les plus fragiles, socialement ou psychologiquement. Elles sévissent en particulier dans le monde de la santé, où la contestation régressive de «la médecine officielle» conduit souvent à des aberrations thérapeutiques. Autrement dit, la puissance publique tend à se retirer au moment où son action est plus que jamais nécessaire. Il est temps, constatant l’impasse des politiques traditionnelles,
 de repenser le dispositif français de lutte contre les dérives sectaires, en y incluant évidemment l'activité pernicieuse
 du jihadisme salafiste, 
qui conduit, on le voit chaque jour, à des violences insensées.
 
Lutte contre les sectes : l’Etat à la dérive

RÉCIT. Face à l’atomisation des groupes et aux accusations d’atteinte à la liberté religieuse, le gouvernement a délaissé la traque aux gourous.

PAR LUCAS BUREL ET EMMANUEL FANSTEN
Face aux sectes, l’Etat a perdu la partie. Pendant longtemps, la France était pourtant en pointe dans la lutte contre les gourous de tout poil. Mais, au fil des ans, la vigilance s’est peu à peu relâchée. Sous la pression de l’Europe et des pays anglo-saxons, partisans d’une approche plus libérale, les pouvoirs publics n’ont cessé de reculer. Chantre de la «laïcité positive», Nicolas Sarkozy avait ouvert la brèche, recevant le scientologue Tom Cruise à Bercy et privilégiant l’expression «nouveaux mouvements religieux» au terme péjoratif de«sectes». A l’époque, toute la gauche s’était offusquée. Arrivée depuis au pouvoir, elle s’est montrée parfaitement inaudible sur le sujet. Entre la mutation des grandes sectes traditionnelles, l’explosion des microstructures dans le domaine de la santé et les dérives liées à l’islam radical, l’Etat ne sait plus quel rôle jouer.
«Problème d’agenda». Symbole des errements actuels : la décrépitude de la Miviludes (Mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires), créée
en 2002. Pendant des années, la structure reliée à Matignon, composée d’une quinzaine de fonctionnaires, a servi d’aiguillon en agitant ministères et médias. Désormais, c’est silence radio et site internet en sommeil. Selon le décret qui lui a donné naissance, la Miviludes doit remettre un rapport annuel au Premier ministre, et le rendre public. Mais aucun document n’a été présenté depuis deux ans. Celui qui devait être remis début janvier a été ajourné suite aux attentats parisiens. «Problème d’agenda», fait savoir la Miviludes, dont le conseil d’orientation ne s’est pas réuni depuis un an. En interne, on affirme que le rapport est prêt, mais que Matignon traîne les pieds.
Le malaise n’en est pas moins profond. La discrétion de Serge Blisko, ex-député PS parachuté à la présidence de la Miviludes en août 2012, n’a pas franchement apaisé les craintes. Au-delà de la personnalité de son patron, l’institution traverse une crise d’identité sans précédent. «On a de plus en plus de mal à parler de façon audible de sectes ou de dérives sectaires, constate Jean-Michel Roulet, qui fut président de la mission interministérielle entre 2005 et 2008. Les victimes n’appartiennent plus à des grands groupes structurés comme il y a quinze ou vingt ans. Le paysage sectaire a totalement éclaté. La Miviludes n’est plus adaptée à la situation, il faut tout remettre à plat.»
Ces dernières années, la Miviludes a timidement tenté de s’emparer des dérives liées à l’islam radical, mais le ministère de l’Intérieur a longtemps freiné des quatre fers, considérant que le sujet relevait uniquement des services de police et de renseignements. Aujourd’hui, la Mission participe à des sessions de formation dans les préfectures. Mais au niveau de la déradicalisation, le terrain est désormais principalement occupé par les associations, notamment celle de l’anthropologue Dounia Bouzar.
Autre motif d’inquiétude : la disparition annoncée du GAT (Groupe appui technique). Créé en 2009 auprès de la Direction générale de la santé, cet outil a pour mission d’informer et alerter les professionnels de la santé sur les pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique. Un milieu où gravitent des centaines de groupuscules sans le moindre contrôle. Malgré des premiers résultats encourageants, le GAT devrait être supprimé dans les prochaines semaines, alors même que le projet de loi sur la santé de Marisol Touraine vient d’être voté, cette semaine, à l’Assemblée.
«Désintérêt total». «Le GAT ne s’est pas réuni depuis bientôt un an... Le ministère de la Santé ne joue pas le jeu et signe son désintérêt total pour le sujet», déplore Catherine Picard, membre du GAT et présidente de l’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu. Contacté par Libération, le ministère de la Santé, jusque-là très discret sur le sujet, évoque «une simple mesure administrative». Dans une question au gouvernement, un ancien patron de la Miviludes, le député UMP Georges Fenech, a interpellé la ministre, pointant «l’indifférence de certains services de l’Etat» : «Si la disparition du GAT devait se confirmer, elle signerait le recul de l’Etat et serait perçue par les mouvements sectaires et par les milliers de pseudo-thérapeutes comme une victoire.»Mais en l’absence de ligne politique claire, Fenech semble prêcher dans le désert.
Sur le terrain judiciaire, le bilan est tout aussi mitigé. Adoptée en juin 2001 pour lutter spécifiquement contre les dérives sectaires, la loi About-Picard n’a abouti qu’à une quarantaine de condamnations, dont seulement cinq ont un rapport avec des mouvements sectaires. Un bilan plutôt maigre, le texte ne s’appliquant que rarement à des cas ayant trait à son objet premier. L’abus de faiblesse étant par ailleurs une infraction très difficile à caractériser pénalement, les condamnations sont rares. Quand les affaires ne sont pas tout bonnement enterrées, comme avec la Scientologie.

Une scientologue morte, l’affaire bientôt enterrée

ENQUÊTE. Symptomatique des méthodes de l’organisation, l’affaire concernant le suicide de Gloria Lopez se dirige vers un non-lieu.
Par LUCAS BUREL ET ÉLISE GODEAU
L’affaire piétinait depuis six ans, elle sera bientôt enterrée. Malgré des éléments accablants liant le suicide de Gloria Lopez à la Scientologie, «le non-lieu est à craindre», selon Me Rodolphe Bosselut, l’avocat des deux enfants de la victime, à l’origine d’une plainte en 2008 pour «abus de l’état de faiblesse», «escroquerie en bande organisée» et «non-assistance à personne en péril». La décision du juge est attendue dans les semaines qui viennent, et aucune mise en examen ne devrait intervenir.
Selon les conclusions du rapport d’instruction, que Libération a pu consulter, les protagonistes de l’affaire n’ont pu être «ni entendus ni localisés». Ces témoins clés - tous scientologues - sont soupçonnés d’avoir joué un rôle dans la décision de Gloria de mettre fin à ses jours. Ecrits personnels de la victime, factures, détails des dépenses : la justice a pourtant en sa possession de nombreux éléments, rendant l’éventualité d’un non-lieu d’autant plus «désespérante», selon Me Bosselut. Mais depuis le début de l’instruction - et comme souvent dans les affaires impliquant la secte -, les investigations se heurtent à une structure kafkaïenne, où personne ne semble être en mesure d’aider les enquêteurs. Difficile à croire. Au moment de son suicide, Gloria Lopez, 47 ans, avait payé plus de 250 000 euros à la Scientologie.
«Cible facile». Son embrigadement remonte au milieu des années 90. A l’époque, sur son lieu de travail, elle fait la connaissance d’une adepte de la Scientologie, Juliette W. Les deux femmes travaillent dans une entreprise de vente de matériel pédagogique à Evreux (Eure), où Gloria est secrétaire. Elle est alors en instance de divorce. Un collègue qui déjeunait fréquemment avec elles parle de Juliette W. comme
d’une «prosélyte», «une ruine permanente, sans un sou et poursuivie par les huissiers». «On a essayé d’être là pour elle, en vain», se souvient-il. De l’avis de tous, Gloria avait toujours cherché à donner un sens à sa vie. Une quête permanente qui faisait d’elle «une cible facile», selon Gwenn, son fils de 26 ans. Sa mère avait grandi en Espagne, à Bilbao, dans une famille catholique. C’est là-bas qu’elle avait rencontré son futur mari, Pascal, avec qui elle s’était installée en France.
«Timide», un peu «introvertie» mais aussi «souriante» et «énergique», la petite brune était surtout «vraiment altruiste», selon Benoît C., son compagnon à la fin des
années 90. Au quotidien, l’engagement de Gloria n’est alors «pas très
envahissant», pas de quoi en tout cas alarmer Benoît. Elle se rend quand même à Paris un week-end sur deux pour se faire«auditer» (évaluation régulière des adeptes par l’organisation) ou suivre des cours au Celebrity Center. «Un vendredi soir, un coursier est venu à la maison. Gloria lui a remis une enveloppe contenant 15 000 francs. Le prix de son week-end», se souvient Benoît, qui prend alors la mesure de l’emprise dont sa compagne est victime. A son collègue, Gloria avait dit un jour : «Tout ce que j’ai, je le dépenserai dans l’Œuvre.» Des années durant, elle multiplie les cours à plusieurs milliers de dollars et les donations à des associations amies de la Scientologie.
Conseillère. Tout s’accélère en 2004. A cette époque, Gloria hérite d’une propriété familiale en Espagne, qu’elle décide de revendre pour investir toujours plus dans la Scientologie. Sur les recommandations d’une conseillère financière scientologue, elle achète un petit appartement sans charme à Colombes (Hauts-de-Seine), où elle s’installe. But de l’investissement : parier sur une éventuelle plus-value du bien en cas de revente future, pour financer «le Pont», le nom donné au parcours de tout adepte voulant s’élever dans l’organisation. Problème : elle ne dispose plus des fonds nécessaires pour acheter à Colombes. La quasi-totalité de l’héritage a déjà été dépensée en livres, revues et cours que la secte la pousse à acheter. Plus de 100
000 euros, rien qu’en 2005. Gloria contracte alors un emprunt de plus de 150 000 euros très contraignant, aiguillée par sa zélée conseillère scientologue. En quelques mois, elle se retrouve lourdement endettée sur près de vingt ans, propriétaire d’un logement qu’elle n’aime pas et incapable de financer davantage son ascension dans la Scientologie.
Impossible à localiser par les enquêteurs pendant l’instruction, la conseillère, soupçonnée d’abus de faiblesse et d’escroquerie, n’est pourtant pas introuvable. Selon des publications de la secte, elle était responsable de la mission scientologue de Marseille et chargée du développement de l’organisation dans le sud de la France jusqu’en 2012. Pendant l’enquête, donc. En janvier 2014, sa signature apparaît également sur un acte notarié dressé à Antibes (Alpes-Maritimes), et
que Libération s’est procuré.  , elle n’a laissé qu’une adresse
: «Oranjestad», capitale d’Aruba, une petite monarchie des Caraïbes située au large du Venezuela. C’est surtout l’un des ports d’attache du Freewinds,le bateau détenu par la Scientologie depuis 1985 et sur lequel seuls les adeptes très haut placés sont admis. Malgré l’évidence, aucun des scientologues entendus par les enquêteurs ne dit connaître cette femme. «L’instruction semble avoir été menée en occultant que la Scientologie forme ses adeptes à faire face aux questions des policiers, déplore une source proche du dossier. Ils se protègent les uns les autres pour préserver l’Eglise.»
A ce titre, le rapport de la perquisition des locaux parisiens de la Scientologie, du
18 juin 2009, est surréaliste. Après avoir été obligés de patienter, puis baladés dans les locaux, les officiers de la PJ sont conduits dans la salle des «archives». Sur l’écran de l’ordinateur où sont stockés les dossiers des adeptes, les policiers trouvent un logiciel d’effacement des données en pleine action. Il est déjà trop tard et le dossier de Gloria Lopez a disparu. Pour se couvrir, la Scientologie aurait aussi envoyé un homme au domicile de Gloria le lendemain de son suicide, vraisemblablement pour faire le ménage. «Ma mère notait tout, elle avait des caisses entières remplies de documents. Or, sur place, on n’a même pas retrouvé ne serait-ce qu’une lettre d’adieu», explique Gwenn. Le «visiteur», un«officier de l’éthique en Scientologie» inconnu de Gloria, et dont la présence sur les lieux a été confirmée par témoins, n’a jamais été convoqué. Le même jour, Alain Tizioli, responsable des relations publiques de la Scientologie à Paris, proposait une importante somme d’argent aux enfants de la victime en échange de l’abandon d’éventuelles poursuites judiciaires. Refus de la famille. L’ex-mari de Gloria a lui aussi été «approché».Professeur d’histoire-géographie, il a été informé par ses élèves de la présence d’un homme qui recherchait des informations infamantes à son sujet. L’individu, comédien et scientologue notoire, aperçu notamment dans la
série Plus Belle la Vie (France 3), ne sera jamais inquiété par les enquêteurs. Un oubli de plus, que la famille de Gloria Lopez ne«s’explique pas».
Point de non-retour. Psychologiquement fragilisée par une décennie passée sous influence de la secte, Gloria atteint le point de non-retour en juillet 2006, soit six mois avant sa mort. Lors d’un séjour à Copenhague censé lui permettre d’intégrer la
Sea Org, l’organisation paramilitaire qui chapeaute la Scientologie en Europe, elle signe un contrat qui la lie à elle pour le prochain «milliard d’années». Mais elle apprend là-bas que, finalement, elle ne pourra plus évoluer dans l’organisation. La raison : ses dettes. Elle est piégée. A son retour, ses proches la trouvent amaigrie, déprimée. Un état de détresse que la secte n’ignore pas. L’organisation a même la solution : le PAB6, un programme de «désintox» réservé à ses membres souffrant de dépression. Le traitement miracle se résume en fait à effectuer des marches quotidiennes en lançant des pierres, une cure à l’eau plate et quelques vitamines.
Pendant les quelques mois précédant son suicide, Gloria évoque dans ses écrits ses premiers doutes sur son engagement dans la Scientologie : «Je sens que mon cycle est raté.» Elle est de plus en plus isolée, ses proches lui manquent. Mathilde, sa fille aujourd’hui âgée de 29 ans, n’a aucun doute sur la responsabilité de la secte. Elle assure que sans cet embrigadement, jamais sa mère n’aurait songé à mettre fin à ses jours : «Elle était antisuicide. Elle disait que, dans la vie, malgré toutes les choses négatives qui peuvent arriver, il faut se battre et ne jamais
renoncer.» Le 21 décembre 2006, il est 7 heures du matin quand Gloria Lopez se jette sous un train en gare de Colombes, les bras en croix et le sourire aux lèvres. Dans ses poches, les enquêteurs retrouveront la profession de foi du fondateur de la Scientologie, Ron Hubbard.

REPÈRES.

La Cellule d’assistance et d’intervention en matière de dérives sectaires (Caimades) était censée doter l’arsenal judiciaire français d’une cellule opérationnelle exclusivement dédiée à la lutte contre les dérives sectaires. Mais six ans après sa création, en 2009, ce fer de lance ne dispose que de six agents, alors que la cellule a une compétence nationale et qu’elle doit gérer en permanence une trentaine de dossiers. «Nous ne pouvons pas traiter toutes les affaires qui nous parviennent», déplore Philippe Guichard, le chef de l’Office central pour la répression des violences aux personnes, dont dépend la Caimades.
«Les sectes sont un non-problème.»
Emmanuelle Mignon quand elle était directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, en février 2008. Ces propos, publiés par l’hebdomadaire VSD dans le cadre d’un article sur la Scientologie, avaient suscité à l’époque une violente polémique.
En 2009, les deux principales structures de la Scientologie en France (le Celebrity Center et sa librairie) ont été condamnées à verser 600 000 euros d’amende pour escroquerie en bande organisée. Certains cadres de la secte avaient alors écopé de peines de prison avec sursis. Des décisions confirmées en octobre 2013 par la Cour de cassation.

D’une poignée de mastodontes à une nuée de microstructures

L’atomisation des mouvements sectaires complexifie la lutte contre l’embrigadement.
Par L.BU. ET É.G.
Les mouvements sectaires sont-ils en train d’échapper aux radars des pouvoirs publics ? Plus discrets et moins médiatisés qu’il y a vingt ans, ils sont en fait en pleine expansion : ils seraient plus de 600 aujourd’hui, contre moins de 200 au milieu des années 90. D’après un sondage Ipsos (1), commandé par le service d’information du gouvernement en 2010, un Français sur cinq - soit 13 millions de personnes - connaîtrait «personnellement dans son entourage» quelqu’un ayant été victime
de «dérives sectaires». En outre, le dernier rapport annuel de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) souligne que les signalements étaient en augmentation de près de 25% entre 2010 et 2012. Pour autant, le nombre d’adeptes et sympathisants se stabiliserait à 500 000, signe de l’atomisation du phénomène : des structures moins grandes mais plus nombreuses, donc, ce qui complique la lutte contre les dérives sectaires et le travail d’information des associations.
Zeus. La Scientologie ou les Témoins de Jéhovah se faisant oublier, difficile en effet de sensibiliser le grand public à une cause en mal de symboles répulsifs forts. Si Zeus ou le Grand Monarque sont inconnus du grand public, ces gourous sont en réalité représentatifs de la nature des sectes aujourd’hui. Des initiatives individuelles, dont certaines ne fidélisent qu’une poignée de personnes. La confidentialité de ces microcellules impossibles à identifier avant que les victimes n’aient parlé explique la difficulté à les traquer. Zeus, un septuagénaire, était par exemple tranquillement installé sur le bassin d’Arcachon avant d’être interpellé en mars et mis en examen pour viols et abus frauduleux de l’ignorance ou de la faiblesse d’une personne. Ancien guérisseur, il se présentait comme un sage enseignant la philosophie grecque, et aurait abusé de femmes de tout âge lors de rites pervers.
Selon Serge Blisko, président de la Miviludes, la dynamique d’atomisation est née il y a environ dix ans : «Elle est contemporaine d’une période où les grandes organisations, bien identifiées du grand public, ont pris des coups. Il y a également l’effet d’une évolution sociétale plus globale : dans un monde plus individualiste, les gens adhèrent moins à de grandes structures. C’est ce règne de l’informel qui nous préoccupe le plus.» Face à la multiplication de groupuscules insaisissables, il devient très difficile d’établir un listing précis : «Si une liste était dressée, il faudrait qu’elle soit mise à jour presque quotidiennement. Nous sommes dans l’incapacité de compter», poursuit Serge Blisko.
Autre motif d’inquiétude : l’infiltration des mouvements sectaires dans de nouveaux domaines. Notamment, le champ médical. Mis en examen en mars pour abus de faiblesse, le leader du mouvement la Grande Mutation, un ancien chercheur du CNRS, prétendait pouvoir guérir les cancers et le sida à l’aide d’un simple pendule. Sous sa coupe, plus de 200 personnes, dont certaines avaient stoppé leurs traitements médicamenteux sur ses conseils. Le phénomène se diffuse aussi dans le secteur de la formation professionnelle et le monde de l’entreprise. En juin, une enquête préliminaire visant l’infiltration par la Scientologie d’Arcadia, une société du BTP, a été ouverte. Douze anciens salariés affirment avoir été contraints par leur hiérarchie de suivre des formations prodiguées par la secte.
«Charlatan». Enfin, en plus de ces missions, les acteurs de lutte contre les mouvements sectaires et manipulations mentales doivent désormais intervenir sur une problématique nouvelle : la radicalisation jihadiste (lire ci-contre). Annie Guibert, présidente du Centre contre les manipulations mentales, s’agace : «L’exécutif nous sollicite de plus en plus sur la question. Mais entre traiter le problème d’un charlatan qui arnaque dix personnes et le départ d’un adolescent pour la Syrie, il y a quand même une énorme différence. Nous aimerions nous sentir plus soutenus par le gouvernement.»
(1) Sondage réalisé par téléphone en septembre 2010 auprès de 962 personnes

« L’appel d’air est au niveau du jihadisme salafiste »

INTERVIEW. Pierre Conesa, professeur à Sciences-Po et à l’ENA : RECUEILLI PAR SYLVAIN MOUILLARD
Ancien haut fonctionnaire au ministère de la Défense, Pierre Conesa enseigne à Sciences-Po et à l’ENA. Pour le compte de la Fondation d’aide aux victimes du terrorisme, il a publié en décembre le rapport Quelle politique de contre-radicalisation en France ?
Où en est la lutte contre les sectes en France ?
La situation actuelle montre les limites du dispositif conçu pour lutter contre les dérives sectaires. Georges Fenech, ancien président de la Miviludes, expliquait que l’institution s’interdisait de toucher aux grands monothéismes ainsi qu’aux partis politiques sectaires, type Moudjahidin du peuple, au nom de la liberté de conscience et d’opinion. C’est un problème face à la montée du salafisme jihadiste, qui repousse les limites de la République. Ce mouvement a des objectifs politiques, et pas seulement religieux. Or, on se refuse à qualifier ce continuum intellectuel.
La Miviludes n’a pas su s’adapter ?
Elle a terminé un de ses cycles de vie. Il y a dix ou quinze ans, le problème c’était l’Ordre du temple solaire, les Témoins de Jéhovah. Des sectes sans ambition politique, au sens où elles se fichaient de ce qui se passait à l’autre bout de la planète. Cette forme de secte est moins prégnante aujourd’hui. Et la Miviludes se refuse à traiter celle qui est la plus attractive. Le gros appel d’air, il est au niveau du jihadisme salafiste. Pas sur les quelques dérives sectaires folkloriques... Dire que les mineurs qui partent en Syrie sont des gamins perdus n’est pas suffisant. Il y a un soubassement idéologique qui attire. Il faut comprendre comment on est passé du tiers-mondisme au jihadisme.
Que faut-il faire ?
L’islam de France doit dire ce qu’il accepte ou non. Quand l’Union des associations musulmanes du 93 publie un texte qualifiant l’imam de Bordeaux, Tareq Oubrou, d’«enjuivé», il faut le dénoncer. Les autorités politiques doivent le faire aussi. Le salafisme ne doit pas forcément être interdit, mais au moins interrogé. Cela permettrait de sortir de ce problème récurrent de la stigmatisation de l’islam. En cas de dérive, on pointerait du doigt non pas «l’islamisme», ce qui peut nourrir les amalgames, mais le salafisme. On rate l’occasion de se réconcilier avec la classe moyenne musulmane.
Pourquoi utiliser la grille d’analyse d’une dérive sectaire ?
L’avantage, c’est qu’une grille juridique existe déjà et qu’elle permet de traiter ce problème comme les autres dérives sectaires. Quand il y a, par exemple, des cas d’abus de faiblesse sur des mineurs qu’on aide à partir en Syrie, la loi de protection des mineurs permettrait d’intervenir. Ce n’est pas évident, bien sûr, car les choses se passent souvent loin de la France. Au-delà de la protection de l’enfance, il existe le dispositif pénal classique qui doit être appliqué systématiquement à l’encontre des prédicateurs qui tiennent des discours antisémites ou d’appels à la violence.
Source : Libération, 15 avril 2015
Note de lecture de Martin Brunschwig - SPS n° 312, avril 2015 Quiconque commencerait la lecture de Freud par Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci, pourrait, à la condition d'être doté d'un peu de bon sens et d'esprit logique, se convaincre tout de suite qu'il a à faire à un esprit complètement déjanté. (p. 9) J'ai choisi en exergue tout simplement la première phrase du livre. Je crois qu'on ne peut mieux en donner le ton : René Pommier, dont on connaît bien le mordant, nous offre un livre jubilatoire, (...) Notes de lecture

Pétitions, demandes de dons, vidéos..., Internet est devenu l'espace privilégié d'un marketing associatif bien particulier, dont la famille Laarman a fait un véritable business.
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- décryptage /
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show enclosure

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(traduction der Jean-Francois Theys)

 

 

Eurythmie

 

Vous vous demandez sûrement : « Que est-ce que l’Eurythmie ? ».

Grégoire Perra le décrit assez simplement sur son blog : « Ma vie chez les Anthroposophes », comme une forme de yoga pour les anthroposophes, une méditation en mouvement qui a de nombreuses postures comme les yogas Asanas. Bien que cela ne ressemblent pas du tout à des positions de yoga.

ll y a le côté artistique, des chorégraphies sur de la musique classique, de la poésie et des contes. Ensuite, il y a le côté pédagogique propre aux écoles Waldorf Steiner, de la maternelle au lycée. Et enfin il y a le côté thérapeutique, prescrit uniquement par des médecins anthroposophiques.

« Qui sont les Anthroposophes? » Là c’est une autre histoire et je vous indique le lien d’une enquête approfondie sur le sujet. Mais pour cet article, je veux tout simplement partager mon expérience sur le « pourquoi » j’ai abandonnée l’Eurythmie.

Je n’étais pas une végane (végétalienne) la dernière fois que je portais une robe d’Eurythmie et cela ne se reproduira plus, puisque ces robes sont faites de soie pure. Et la soie n’est pas végane : Pourquoi les végétaliens ne portent pas de soie.

Le début

J’ai rencontré une Anthroposophe en début de mon adolescence et je fus très intriguée par la pédagogie Waldorf-Steiner, notamment en raison de son approche artistique. C’était à Saint-Barthélemy dans les Antilles française où ma famille et moi avons fait une brève visite en 1991.

Lorsque nous avons déménagé en Suisse quatre mois plus tard, j’ai supplié mes parents de pouvoir aller à l’école Waldorf-Steiner de Genève. Mais le coût était bien trop élevé pour mon père et je suis donc allé dans une école publique, laquelle n’était pas si mauvaise (hormis son enseignant raciste).

Bien que toujours intéressée par l’Anthroposophie, mais ne connaissant pas un seul anthroposophe, je suis alors entrée en contact avec une autre secte appelée Eckankar (un rejeton de la Scientologie, comme l’Anthroposophie est un rejeton de la société Théosophique) par l’intermédiaire de ma mère. Ces deux cultes ont un système de croyance très similaire, car les deux sont des sectes occultes. Mais Eckankar n’est pas d’orientation chrétienne et a son propre gourou (non pas que Steiner ne soit pas le gourou des anthroposophes mais il y en a beaucoup d’autres vivants dans la communauté Steiner que j’allais bientôt découvrir). J’ai alors quitté Eckankar pour pouvoir m’immerger complètement dans l’Anthroposophie, sans me rendre compte que ces deux religions avaient la même source : Helena Blavatsky, l’un des membres fondateurs de la théosophie, un courant de pensée qui, entre autre, rejette le darwinisme. Je suppose qu’un certain nombre de chrétiens et spiritualistes ont un gros problème avec les théories de Darwin.

Les sectes recrutent parmi des personnes sensibles comme moi. Ayant eu une enfance déracinée et instable, l’anthroposophie et ses idéaux concernant l’éducation des jeunes enfants furent un piège parfait pour moi. Je me sentais déconnectée du monde et ces organisations me donnaient un sentiment d’appartenance.

La formation des enseignants Steiner

C’est au début de mes 20 ans, alors que je vivais à Cairns en Australie, que ma mère trouva un article dans un magazine New-Age, une annonce pour « La formation des enseignants Rudolf Steiner » à Sydney.

Cet article a immédiatement attiré mon attention mais je ne voulais pas emménager à Sydney. Je leur ai donc demandé si il y avait un cours ailleurs. Hors il se trouvait que les anthroposophes disposait d’un gros centre de formation à Melbourne, leur fief australien historique. J’étais déchirée entre continuer à l’université de Cairns pour poursuivre un Bachelor en beaux-arts ou aller à Melbourne, parce que je trouvais les arts anthroposophiques fascinant.

J’ai choisi Melbourne… et ce fut le début d’une mésaventure de 12 années qui aurait d’énormes répercussions. Je ne voulais faire que le cours d’orientation parce que je ne m’imaginais pas devenir enseignante. J’étais avant tout une artiste qui venait de terminer son diplôme en beaux-arts au TAFE à Cairns (un collège technique).

Mais une chose en amène une autre. Après la première année d’orientation, je me suis finalement engagée en deuxième année, sur la formation d’enseignant.

À l’époque je fréquentais un jeune Eurythmiste un peu étrange. Il était l’un des exemples parfaits de la façon dont se comporte un jeune adulte issu du cursus Steiner. Il était rêveur, déconnecté de la réalité, n’avait aucune notion de temps et il était difficile d’avoir une conversation d’adulte avec lui. À ce jour, je ne sais pas pourquoi je suis sortie avec lui… Je pense qu’au début son caractère enfantin m’avait fascinée.

Avec le temps, je m’immergeais de plus en plus dans le milieu anthroposophique. Je travaillais dans une boulangerie anthroposophique appelée « The Canticle ». Son propriétaire était quelque peu caricatural, un clone de Rudolf Steiner, un colérique qui me fît perdre mon calme à nombre d’occasions. J’avais un médecin anthroposophique, j’allais à des conférences et des séminaires, je visitais régulièrement la communauté chrétienne (une église pour les anthroposophes) et lentement les seules personnes que je fréquentais étaient soit impliquées dans l’anthroposophie soit Anthroposophes elles-mêmes. Pourtant je luttais durant ces cours de formation qui ressemblaient à ces réunions « d’Alcooliques Anonymes » où les gens pleurent à tout propos. Nous étions majoritairement des femmes, venant de milieux instables. Le pire était qu’il nous était constamment demandé comment nous nous sentions avec le cours, et de parler de notre enfance en détail.

Pourquoi ne me suis-je pas échappée quand il était encore temps?

J’ai été traitée pour mon asthme par un anthropo-toubib, qui lui-même souffrait de dermatite sévère. Mon asthme avait empiré depuis mon arrivée à Melbourne. D’une part à cause du froid et de l’humidité à Victoria et d’autre part — ou plutôt surtout — parce que je ne mangeais pas autant de fruits qu’à Cairns, ayant commencée à manger comme les anthropos. Je me dirigeais déjà vers le véganisme lorsque je vivais à Queensland, mais ici dans le Sud tout cela a changé.

Le régime alimentaire des anthropos est riche en Quark (un fromage crémeux allemand), en beurre et en pain au levain. Ils choisissaient les céréales en fonction du jour de la semaine. Le blé le dimanche, le riz le lundi, etc.

J’étais pleinement consciente d’avoir une intolérance au gluten, aux protéines de lait et une allergie au lactose, mais j’ai tout de même mangée des produits laitiers et des aliments au gluten. J’ai tout fait de travers ces premières années et mon asthme n’a fait qu’empirer. Sans oublier les kilos qui commençait a s’accumuler… et ce n’était que le début.

Eh bien, cet anthropo-toubib ne me precrivait que des placebos (ou anthro-homéopathie). Sans doute les mêmes que ce Docteur utilisait pour soigner sa dermatite. Sans succès. Ces médicaments homéopathiques ne sont pas complètement végétalien, car ils contiennent des sous-produits animaux. Encore un autre sujet que j’approfondirai dans un autre article ! En attendant, vous pouvez consulter ces sites : Santé Canada et Homéopathie.

Cet anthropo-toubib m’a également prescrit l’Eurythmie thérapeutique (Heileurythmie). Ce fut un désastre et je me suis retrouvée à plusieurs reprises à l’hôpital. La pratique de l’Eurythmie m’a pourtant calmée, comme toute méditation aurait pu le faire. Mais j’étais déjà accro et cela allait continuer encore durant 7 ans.

La formation en Eurythmie

Avant de suivre un cours d’eurythmie thérapeutique, j’ai dû faire d’abord 4 années de stage ou de formation artistique. La première année je la faite à Melbourne avec une eurythmiste autrichienne excentrique qui me rendait folle, ainsi que mes collègues. J’ai donc décidée de voir si en Allemagne il y avait une formation avec des humains les pieds sur terre. J’ai été malheureusement très déçue. Ma destination choisie fût Nuremberg, l’un des anciens fief d’Hitler et du Nazisme. Il y aurait d’ailleurs des similitudes frappantes entre l’anthroposophie et le nazisme, comme l’indique le blogger Roger Rawling : « Certes, il y a des affinités entre les deux idéologies … ».

Ce n’est pas un secret qu’Hitler était obsédé par l’occultisme et voilà que nous retrouvons l’influence de notre merveilleuse Madame Blavatsky. Je suis consciente qu’Hitler était opposé aux écoles Steiner-Waldorf, mais cela ne signifie pas qu’ils n’avaient pas de points communs.

J’ai passée deux ans et demi à Nuremberg, ce qui très honnêtement — en dehors de ma formation — fût une période très agréable. Je vivais dans un petit studio proche du centre-ville où je me déplaçais à vélo. Par contre ma vie était très stressante car j’étais très prise par ma formation, mon travail, mes amis, mon petit ami (que j’allais voir en auto-stop à Cologne tous les week-end, une aventure…) et je n’ai pas vu que je m’épuisais.

Ça ne s’est pas arrangé lorsque j’ai décidé de mettre fin à ma relation avec mon copain, pour des raisons futiles, stupides. Tels que lui ne faisait pas partie de l’anthroposophie, que je voulais poursuivre ma formation en Eurythmie thérapeutique et que je ne voulais surtout pas qu’il m’en empêche. Malheureusement, on trouve ce genre de comportement chez les membres de sectes. Les gens qui sont forts de caractère ne se laissent pas piéger dans ce genre de spirale, mais moi oui et cela a empiré à partir de là. J’ai fini par faire une dépression nerveuse, tout en continuant ma formation et ce malgré mon état physique et émotionnel. J’allais connaître les véritables répercussions de ce choix en 2012.

L’idée que toute l’anthroposophie favorise « une pensée libre » est en fait loin de l’expérience que j’en ai eue. Avant ma rencontre avec l’anthroposophie j’avais les pensées beaucoup plus sensées. Je ne voulais pas fumer, ni prendre de drogues, ni boire d’alcool ou même du café. Je détestais le beurre, la crème et les tisanes. Tout cela a changé lorsque j’ai rencontré d’autres eurythmistes. Et à aucun moment je ne me suis posée la question : « Que veux-tu Mélanie ? » J’étais complètement influencée par mon environnement et comme le dit Jim Rohn :

« Vous êtes la moyenne des cinq personnes avec lesquelles vous passez le plus de temps. »

                                                                                                                           – Jim Rohn

Bien avant même de me poser la question, à la fin de la formation, on me fit comprendre sans vraiment le dire que je devais aller travailler dans une école Steiner-Waldorf. Cela signifiait en clair que je n’étais pas digne d’une carrière artistique au siège de l’Eurythmie : le centre Goetheanum à Dornach, près de Bâle, où était rassemblée l’Elite.

Je ne voulais pas y aller de toute façon, ça me rappelait mon passage à l’Eckankar. J’appelais Dornach « Popyland ». Toutes les maisons autour du Goetheanum ressemblaient à cet abris anti-aérien. C’était vraiment moche et absurde.

Nous allions à Dornach pour ce qu’ils appelaient « les Olympiades d’Eurythmie ». Juste avant notre diplôme, toutes les écoles d’euryhtmie du monde entier se rencontraient et présentaient leurs réalisations. C’était l’époque où nous étions assis avec nos groupes et critiquions la mauvaise manière dont les autres écoles exécutaient leurs chrorégraphies. À commencer par la façon dont ils posaient leurs pieds jusqu’à la façon dont leurs mains ondoyaient dans l’air. Et aucune école d’eurythmie ne faisait exactement comme notre école de Nuremberg le faisait. Nous étions l’exemple classique de l’eurythmie et nous étions imbus de nous-mêmes.

À la fin de la formation, nous avons reçu une lettre de Dornach nous invitant à devenir membre de la « première classe » pour devenir un « véritable anthroposophe ». Nous recevions aussi une carte de membre. ‘Ça non..’ je me suis dit. Ça allait être encore comme à Eckankar et je n’avais aucune envie de retrouver dans une secte… mais je n’étais pas encore aperçue que j’étais déjà dans une secte, celle des anthroposophes.

Goetheanum à Dornach le Q.G des Anthroposophes

Le cours pour la licence en Eurythmie

Je n’avais aucune idée concernant l’enseignement. Le simple fait d’avoir suivie la formation des enseignants Steiner, (que je n’avais pas réussi, ce qui ne me souciait guère) ne signifie pas que j’étais prête à enseigner l’eurythmie dans l’école d’une secte.

À l’époque une licence pour l’enseignement à l’école d’eurythmie à La Haye, en Hollande avait commencée et j’ai pensée que cela pourrait m’aider. Cette école était différente de celle de Nuremberg. Ils devaient recevoir plus de moyens financiers car elle ressemblait à un petit palais.

Je fais une digression ici pour mentionner que j’ai payé toute cette formation avec l’aide de mes parents, mais ce qui est sorti de ma propre poche était vraiment énorme. Ces cours ne sont pas bon marché. Certes j’aurais probablement été plus endettées que je ne le suis aujourd’hui si j’avais fait ma licence en arts à l’université de Cairns… mais j’aurai peut-être appris à gagner ma vie. Je n’ai jamais été encline à avoir un grand train de vie j’ai plutôt tendance à posséder le minimum de biens élémentaires, mais tout ce que j’ai gagné s’en est allé dans ces cours. J’ai vraiment voulu renoncer plusieurs fois, mais j’étais toujours encouragée à continuer en citant des paroles de « Herr Doktor Steiner » pour ne pas affecter mon karma… et puis  »on doit toujours finir ce que l’on a commencé ». Évidemment ce n’était en aucun cas pour éviter à l’école d’eurythmie de Nuremberg de se retrouver une situation financière critique… car en fait elle ne recevrait plus assez de fonds de l’anthropo-Q.G. et d’ailleurs les groupes étaient de plus en plus petits.

Pendant ma formation à La Haye, j’ai trouvé un job dans une école Waldorf (Je n’ai jamais su la différence entre les écoles Waldorf et Steiner) à Herne au nord de Cologne. Là où deux de mes collègues de l’école de Nuremberg ont été refusées sans la moindre explication réelle. Cela aurait dû être un avertissement pour moi. Je n’étais là que pour 4 mois, le temps pour eux de me jeter dans la fosse aux lions, me faire broyer, et de m’en sortir vivante de justesse.

J’ai été renvoyée sous le prétexte que j’étais mentalement souffrante et que je devais demander de l’aide. J’ai regretté de ne pas l’avoir fait. Parce que, après avoir travaillé dans cette école, je n’ai jamais vraiment pu m’en remettre complètement.

Dottenfelderhof

Ensuite j’ai déménagée à Francfort à la recherche d’un emploi d’enseignant plus facile. Je trouvai une chambre dans une ferme biodynamique juste à côté de la ville, où je travaillais les week-ends pour payer ma nourriture et mon logement. Bon sang, j’ai payé pour cela en travaux forcés. Cependant la vie était meilleure et j’avais de nouveau un vélo pour aller en ville pour mes stages pratiques d’enseignante. Si je n’enseignais pas, je n’obtiendrais pas cette licence, et donc c’était mon seul espoir.

Dans cette ferme renommée, du nom de Dottenfelderhof, je me suis retrouvée mangeant des aliments que je n’étais pas supposées devoir manger, comme le quark, le pain au levain et le fromage de chèvre. J’ai d’ailleurs arrêtée assez vite à cause d’une bronchite aiguë. Je me suis fait des amis et j’ai encore un bon souvenir de cette période-là. J’ai pu finir ma formation, mais cela ne m’a pas véritablement ouvert de portes pour travailler. Bon, je n’essayais beaucoup non plus… compte tenu de ma dernière expérience.

Dans cette ferme il y avait des personnages étranges. Il y avait aussi beaucoup de jeunes gens qui du coup rendaient la ferme très attractive, mais ils n’étaient là que parce qu’ils étaient de la main d’œuvre bon marché, comme moi. Ces jeunes venaient principalement des écoles Steiner et des Camphills. La plupart y faisaient un stage. Cette ferme était pleine d’installations comme : une fromagerie, une boulangerie, une épicerie bio, un laboratoire, une école d’agriculture, et ils avait des plantations de céréales, de légumes et les cultures de fruits. Il y avait aussi des gourous… et j’étais étonnée que beaucoup d’anthroposophe semblait tout savoir et qu’il n’y avait rien à leur apprendre, qu’ils ne connaissent déjà. Mais il y avait surtout leur mystérieux regard lorsqu’ils citait Herr Docteur et le numéro de référence de ses livres. Je n’étais jamais tout à fait à l’aise avec ceci, sûrement à cause de mon intelligence peu développée… Ils sont en général enclin de partager leurs connaissances avec vous, sans se soucier que vous soyez intéressé ou non, et ils sont rarement intéressé de savoir qui vous êtes.

Une autre chose : le slogan « En harmonie avec la nature et l’être humain » de Weleda, m’énerve. Il n’y avait pas de travail avec la nature à Dottenfelderhof. Les cochons y vivaient en petits enclos cimentés et les porcelets étaient castrés sans anesthésie. On m’a dit que les porcs castrés ont un meilleur goût. Malheureusement, je ne le saurai jamais car j’aime bien trop les cochons pour avoir envie de les manger. Il y avait aussi un cheval merveilleux nommé Fritz. Il avait des sabots infectés et était simplement soigné… avec de l’homéopathie. Malgré leur grande éthique, les anthroposophes aimait bénéficier des produits de la chasse, bien que répugnant à la pratique eux-même. Les veaux étaient séparés de leur mère immédiatement après leur naissance. Ils disaient que c’était plus facile de cette manière, qu’ils seraient moins conscients de la séparation. Quelle ramassis de conneries ! Les mères vaches me tenaient éveillée toute la nuit par leurs mugissements constants pour leurs bébés. Ceci s’est poursuivit durant plusieurs nuits. Leurs veaux étaient gardés pendant plusieurs semaines dans un petit enclos et les mâles étaient envoyés à l’abattoir quelques semaines plus tard. Ils prenaient plus de 50% du miel des abeilles et le remplaçaient par du sucre. Je n’ai pas vu de différence extraordinaire entre cette ferme biodynamique anthroposophique et une simple ferme biologique ordinaire. Uniquement le fait qu’ils utilisaient des méthodes bizarres de fertilisation et de compostage.

Permettez-moi de m’arrêter de nouveau un moment, et de contester la totalité de ce concept biodynamique. Nous ne pouvons pas continuer à prendre le miel des abeilles et le remplacer tout simplement par de l’eau sucrée. Ce n’est pas leur nourriture naturelle et cela affaiblis les abeilles, ce qui à moyen ou long terme provoque leur mort.

« Si les abeilles disparaissent de la surface de la terre, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre»

                                                                                                                               – Albert Einstein

Maintenant, je suis consciente que les pesticides leur causent aussi des dommages, mais c’est un leurre de croire que nous puissions continuer à exploiter les animaux pour faire de l’argent de leurs productions ou de leurs propres corps, quand nous n’avons même pas besoin de protéines animales, ou pas davantage du miel (qui contient aussi des protéines animales), nous ne sommes pas en mode de survie. Prendre pour excuse que le fumier des animaux est nécessaire pour la terre est vraiment dépassé. Je ne crains pas d’écrire que les fermes biodynamiques sont remplies d’élitistes qui pensent qu’ils travaillent en harmonie avec la nature, alors que je n’ai rien vu de la sorte durant les sept années que j’ai connu cette ferme. Utilisation des cornes de vache, des os, des cristaux, brûler des peaux de rat et répandre leurs cendres autour de la ferme pour empêcher leur retour, suivre la lune et les étoiles pour les récoltes et les moissons. Oserai-je mentionner la pratique courante de bourrer une vessie de cerf ou d’élan avec de l’Achillée Millefeuille! Ce sont pour moi clairement tous les signes de pure magie noire.

des vessies de cerf

La Finca Biodynamica

J’ai été alors intriguée par un certain gourou nommé José, qui avait une ferme biodynamique à Lanzarote dans les îles Canaries. J’y ai déménagée dans l’espoir d’apprendre à faire de l’Eurythmie pour les plantes. José disait travailler avec des êtres élémentaires (les fées et les gnomes) et affirmait qu’il pouvait les voir et communiquer avec eux. Ça me fait grincer des dents en écrivant ceci. Il allait souvent en Allemagne pour dire aux gens comment mettre en place leurs fermes, en fonction des messages du monde élémentaire qu’il recevait. Malheureusement cet homme n’appliquait pas ses principes dans sa propre ferme et ses animaux étaient fortement négligés. Les chèvres étaient toutes entassées dans un petit abri et souvent leurs chevreaux étaient piétinés à mort. Le bouc était attaché en permanence et n’était libéré seulement que pour les accouplements. Les poulets étaient tant pleins de puces qu’ils perdaient leurs plumes et ne quittaient jamais leurs cages. Les moutons avaient également un petit enclos dans lequel ils pouvaient à peine se déplacer. La belle chamelle, Sahara, que José essayait de forcer à labourer la terre ne voulait pas laisser cet imbécile faire d’elle une esclave et a souvent été fouettée jusqu’à l’épuisement. Je passais la plupart des soirs à lui demander pardon pour nous, stupides humains. Lors de sa dernière nuit, avant que Sahara soit envoyée à une attraction touristique sur une plage, Sahara a pleurée de vraies larmes et posa sa tête sur mon épaule. Je savais que les éléphants pouvaient pleurer des larmes mais je ne savais pas que les chameaux le pouvait aussi. Puis vint un âne qui ne voyait pas de gourou dans cet anthroposophe et refusa de se faire réduire à l’esclavage. Après trois mois passé à faire semblant d’apprendre l’Eurythmie pour les plantes de ce gourou, j’ en avais assez vue.

La dynastie Eurythmie

De retour en Allemagne, j’ai tenté de me donner une autre chance à l’école Waldorf de Cologne. Cette fois une école intégrée avec quelques enfants handicapés. J’ai passé six mois à travailler aux côtés d’un eurythmiste très particulier et atypique qui a été très patient avec moi et je m’entendais très bien avec lui. Il faisait souvent l’éloge de certaines filles des classes de sixième, pour leurs dons particuliers en eurythmie, en disant qu’elles seraient la nouvelle dynastie d’eurythmistes. Je suis sûre qu’il ne faisait que plaisanter mais il le disait si souvent que je me demandais s’il y avait de l’humour la-dedans. Par ailleurs, je n’ai vu que des filles avec une saine prise de conscience de leur corps, une bonne posture et une grande confiance en soi et qui s’en serait bien tirée avec n’importe quelle forme de danse. On m’a proposé un emploi à temps plein, mais à cause de mes craintes liées à ma première expérience, j’ai renoncé, ainsi qu’aux réunions d’enseignants du jeudi soir qui me rendaient folle. Ces réunions sont aussi une des raisons qui m’ont fait fuir loin de ces écoles de secte. C’était une cession de deux heures et demie de récriminations et de cris. Les professeurs Waldorf semblaient agir comme leurs élèves à ces réunions. Malheureusement, ma santé en prenait un coup encore une fois.

La formation Eurythmie thérapeutique

J’étais certaine de ne jamais retourner à l’enseignement, si bien que j’ai un peu travaillé comme serveuse en Suisse pour mettre de l’argent de côté pour le cours d’eurythmie thérapeutique en Angleterre.

En avril 2009, j’ai commencé le sinaire modulaire qui avait lieu à Stroud. C’éait une ville idyllique dans le Costwold. J’ai véritablement apprécié la plus grande partie du temps que j’y ai passé Ma formation en eurythmie m’a conduite à voir de magnifiques endroits et j’ai pu voir une grand partie de l’Europe de ce fait. Stroud est malheureusement entirement gouvernée par l’anthroposophie. Plus de la moitiéde la population est probablement impliqué dans cette secte. http://stopsteinerinstroud.com/ « Arrêter l’anthroposophie à Stroud » est un blog traitant de l’infiltration des anthroposophes dans cette belle ville du Costwold.

Ce cours a commencé par me rappeler beaucoup trop de ma formation d’enseignante à Melbourne et les trois professeurs d’eurythmie qui donnaient le cours avaient des traits similaires aux principaux professeurs que j’avais eu là-bas. De nouveau, on nous a demandé de parler en détail de nos histoires d’enfance et de nos vies avant l’eurythmie. Certains avaient besoin de quasi une heure pour ce partage et avaient souvent à exprimer de grandes émotions pendant la session. À la fin de chaque exercice, nous devions partager nos pensées à son sujet. Ça en devenait épuisant. Comme si cela ne suffisait pas, chaque semaine, on nous demandait de partager notre expérience quant à la façon dont nous ressentions le cours et j’ai rapidement commencé à développer de l’aversion pour ces sessions. J’ai toujours été la dernière à partager mes ressentis et j’ai souvent demandé à être excusée, mais il n’y avait pas moyen d’y échapper…

Nos conférenciers étaient de très excentriques anthopo-toubibs et je ne parvenais pas à comprendre un seul mot de ce qu’ils disaient en parlant de long en large de l’homme supérieur et inférieur. Pour une fois le cours était en anglais, ma langue maternelle, mais cela ne servait à rien. Un médecin en particulier m’a rappelé mon médecin de jadis à Melbourne. Il avait aussi de graves dermatites et il avait une obsession pour les sécrétions mammaires bovines cru. Je ne suis pas médecin, mais j’ai eu de sévères dermatites étant enfant et cela était dû au lait de vache. Je n’avais que quelques notes dans mon carnet et je décidai simplement de profiter de la beauté de cette ville à laquelle je devenais aussi très attachée et y suis retournée pour les vacances 2013 avec une façon de voir les choses toute différente.

L’eurythmie thérapeutique était plaisante, mais épuisante. On nous disais que c’est parce que nous utilisions beaucoup notre corps éthérique, l’un des corps spirituel. Et pas parce que ce cours durait de 8 heure du matin jusqu’à parfois 19 heure le soir. J’ai visité la Communauté des Chrétiens également, mais peu à peu j’ai développé un puissant désir de passer ce temps dans la nature plutôt que d’être enfermée pendant une heure dans une église.

Je me suis aussi liée d’amitié avec un homme très singulier. Il était charmant et drôle, mais je savais que chez lui ce n’était qu’un masque qu’il portait toujours pour camoufler ses propres difficultés, sa dépression. Je me suis impliquée avec lui lors de mon dernier module en avril 2012. Il venait juste de déménager dans une ferme biodynamique à Grinstead East. Il avait été à Camphills la plupart de sa vie d’adulte et, malheureusement, la ferme serait pour la lui une source de grandes difficultés et de nouveaux défis.

Ma visite chez un Camphill

J’ai passé du temps dans une communauté Camphill à Mountshannon en Irlande. L’Irlande était fantastique, mais Camphill était affreux. J’y ai cependant rencontré beaucoup de personnes agréables dont la plupart venait d’Allemagne (Allez comprendre!). Camphills a des communautés dans le monde entier. La première fut fondée par Karl König, un anthroposophe autrichien. C’est une communauté pour des personnes handicapées. Pour aider à régler leur karma. Ce que je n’ai jamais très bien compris. Souvent, je n’étais pas sûre de pouvoir déterminer ceux qui avaient besoin d’aide, de ceux qui étaient connus comme les villageois et qui formait le personnel soignant, car la ligne de démarcation entre eux était très mince. Par contre mon ami a déménagé dans une ferme biodynamique, alors qu’il aurait eut besoin de soins. On m’avait dit qu’il n’y avait pas de psychologue dans ces villages parce qu’ils étaient tous capables d’assumer cette tâche. Grégoire Perra mentionne aussi ce fait dans son article.

À cette époque, il aurait mieux valu que j’aie pensé autrement car mon ami n’a pas été capable de s’en sortir dans cette ferme à East Grinstead et s’est suicidé. Il avait besoin d’une aide professionnelle et les mesures n’ont pas été prises assez tôt. On m’a dit que « son âme était blessée, un peu comme avoir une jambe cassée dans le corps physique et qu’il pouvait guérir dans le bon environnement et avec la bonne homéopathie ». De toute évidence il n’était pas dans le bon environnement et il n’y a jamais eu de bonne anthropo-potion pour lui. Honnêtement, j’ai des doutes sur la santé de beaucoup de gens dans ces communautés…

Die Filderklinik

Dans le cadre de ma formation, j’ai dû remplir un certain nombre d’heures pour recevoir mon diplôme. J’ai fait mon majeure stage à la clinique anthroposophique renommée mondiale à Stuttgart; « Die Filderklinik ».

Je ne nierai pas le fait que les 6 mois que j’y ai passé furent super. J’ai apprécié le contact avec mes patients, surtout ceux qui n’avaient rien à voir avec l’anthroposophie. Je dois cependant avouer que j’ai trouvé l’ensemble des installations quelque peu sinistres et le mot « secte » me vient à l’esprit. Comme s’il y avait un infiltration en douce des anthroposophes dans de nombreux établissements à travers le monde. J’ai trouvé déprimant le fait que certains thérapeutes eurythmistes, ainsi que d’autres thérapeutes et des infirmières, vivaient dans l’appartement du personnel juste à côté de celui des patients, et c’était comme si leur vie entière était la clinique Filder et tout ce qui s’y rapporte.

J’ai vécu dans un de ces appartements et c’étaient des petits studios très confortable. Je savais aussi que ce n’était que temporaire. Chaque week-end j’avais pris l’habitude de faire du stop et d’aller quelque part pour changer d’air. La clinique était juste à une station de l’aéroport et c’était là mon point de départ habituel.

Même après six mois, c’était difficile d’apprendre à connaître mes collègues. Ils n’avaient généralement pas de temps à m’accorder, et j’ai bien compris qu’ils avaient beaucoup de pain sur la planche. J’ai vite découvert que je n’étais qu’une aide bon marché qui rendait leurs travail moins lourd. Je sais que tous les stages pratiques sont comme cela, peu importe que ce soit une secte ou non. Cependant, cet « élitisme » ressortait de nouveau fortement dans cet environnement. Les thérapeutes étaient tellement prompts à juger le caractère des gens d’après leur maladie et ils savaient tout sur les patients rien que d’après leur façon de marcher, leurs dessins, ou d’après la manière dont ils parlaient. Ce sont les médecins qui m’effrayaient le plus. Je suis sûre que les médecins courants peuvent aussi être effrayants, mais cette bande d’anthropo-toubibs que j’ai rencontré n’étaient pas tout à fait humains. Un en particulier, le Dr. Simon, ressemblait à un vieux sorcier du Moyen Âge et il avait un contact direct avec l’archange Raphaël. Je ne savais pas que je serais sa patiente en 2013. Et honnêtement, ni mes patients, ni ceux de mes collègues n’ont jamais été réellement guéris. Les patients atteints de la maladie de Crohn subissaient aussi une ablation d’une partie de leurs intestins. Les patients atteints d’un cancer mouraient, malgré les potions à base de gui de Steiner (Ils utilisaient aussi la chimio-thérapie) et hélas, le sujet du régime alimentaire n’était jamais pris en compte. Les seuls patients qui ont vu leur état s’améliorer étaient ceux qui souffraient de dépression nerveuse. Mais sérieusement, s’ils font une pause en s’éloignant de leur vie stressante : famille, travail, etc., alors c’est sûr qu’une pause dans une belle clinique va les aider.

J’ai tenté de poser ma candidature pour un poste d’eurythmie thérapeutique à la Filderklinik, vu qu’il y avait une place libre, indépendamment de ma confiance limitée en cette clinique. Malheureusement, il est apparu qu’ils avaient besoin de quelqu’un de plus qualifié et de plus expérimenté et ils n’avaient aucun intérêt à aider une néophyte à faire ses débuts dans la vie professionnelle. Une femme d’une cinquantaine d’années a obtenu le poste et j’en suis heureuse pour elle parce que de toute façon cela n’était pas ma place.

En 2013, j’ai postulé pour un emploi en Angleterre, et la même chose s’est produite. Cela m’a en réalité évité de rester encore plus longtemps dans cette secte de toute manière, alors finalement il n’y a rien à regretter.

Au printemps 2012, je suis devenue une eurythmiste thérapeute. La même année j’ai perdu mon petit ami qui s’est suicidé. J’ai aussi développé de l’arthrite rhumatoïde. Ça ne pouvait pas mieux aller…

Canada

On m’a demandé d’enseigner dans un groupe d’enseignement Steiner à domicile à Nelson, au Canada. En dehors du fait que je n’en avais pas la moindre envie d’enseigner de nouveau, ce fut une grosse erreur. On m’avait dit qu’il y aurait aussi des possibilités de thérapies. Je me suis retrouvée une fois de plus dans une situation très inhabituelle et je désirais en sortir aussi vite que j’y étais entrée. On venait juste de me diagnostiquer une arthrite rhumatoïde, et j’étais sur le point de découvrir le mal que ça me ferait. J’ai été conseillée par la fondatrice de cette école à suivre un régime de soupe de bouillon d’os qui m’a presque tuée et qui n’a fait qu’empirer les douleurs et les inflammations. J’ai aussi commencé à perdre beaucoup de poids. Je ne suis restée qu’un mois dans cette école pour la raison que je ne pouvais plus bouger aussi bien que je le voulais et je m’entendais pas avec la fondatrice. J’ai ensuite été harcelée par cette même fondatrice pendant les derniers mois de mon séjours là-bas. J’ai passé les 3 mois suivants à la cuisson du pain dans une boulangerie non anthroposophique, ce qui fût pour moi un changement rafraîchissant. Le personnel était principalement québécois français et on s’amusait beaucoup. J’ai aussi fait des randonnées dans la nature et du kayak malgré mon A.R., ce qui valait tout le voyage.

Retour en Allemagne

Revenue en Allemagne, j’ai décidé de recevoir un traitement approprié. Je dois avoir consulté plus d’une douzaine d’anthropo-toubib et cela n’a servi qu’à me rendre de plus en plus amère à leur sujet. On m’a ensuite recommandé un anthropo-rhumatologue, le Dr. Simon, qui se trouvait être le dernier anthropo-toubib que j’ai vu en 2013. Il avait une clinique de réadaptation appelée « Haus am Stalten » dans le sud de l’Allemagne et j’y ai passé, avec le restant de l’argent que j’avais et ce que j’avais emprunté, cinq semaines. Ce fut l’argent le plus gaspillé que j’ai jamais dépensé dans ma vie. D’ailleurs l’eurythmie fût un gaspillage d’argent, ce n’était qu’une plaisanterie. J’ai reçu toutes sortes de médicaments homéopathiques pour plus de 300 € qui furent tous inutiles. Lors de certaines séances, le Dr. Simon placait des cristaux sur ma tête et mon cœur tandis qu’il recevait des messages de l’archange Raphaël. J’ai dû réciter un mantra de Rudolf Steiner et maintenir une image du Christ crucifié dans mon esprit. Il m’a été dit que mon ego n’était pas totalement incarné et c’est pourquoi je souffrais d’une sévère intolérance aux protéines animales, au lactose et au gluten. Et l’arthrite, c’était à cause du choc causé par la mort de mon petit ami, mon astral avait été refoulé à l’extérieur et que très probablement un autre choc, dont je ne pouvais pas me souvenir, durant mon enfance était impliqué dans le processus. Mais bon, j’avais déjà des signes d’arthrite avant de rencontrer mon ami, et mes allergies pourraient en fait provenir d’avoir pris beaucoup trop de médicaments à partir de ma naissance. Mais je ne suis pas un médecin !

J’en avais plus qu’assez des anthropo-toubibs, aussi la seule solution qui me restait, étant donné ma situation financière, était de prendre un congé sabbatique  »chez maman et papa » en France et pour couronner le tout, l’eurythmie thérapeutique que j’ai passée tant d’années à apprendre étaient totalement inefficace. Je me suis alors tournée vers le yoga, qui sur le plan physique m’a énormément aidé. J’ai commencé à méditer d’une manière toute différente de celle d’une eurythmiste. Déménager en France a été un événement salutaire. J’ai vraiment de la chance d’avoir les parents que j’ai. Il m’ont totalement soutenue, m’ont laissé toute la liberté de poursuivre ces cours, de vivre l’anthroposophie… et d’y renoncer.

J’ai changé mon régime alimentaire (un régime à base de végétaux sans gluten avec beaucoup de fruits) revenant à ce que je mangeais à Cairns avant toute ma mésaventure, et cela aida à faire décroître la douleur et l’inflammation. Mon asthme disparut aussi complètement comme je l’ai expliqué dans un autre article appelé « Abandonner les inhalateurs ». Je n’ai pris des médicaments conventionnels pour mon A.R. qu’au Canada quand il était beaucoup trop difficile de faire face. Et je ne prendrai plus jamais d’homéopathie.

Le dernier de mes voyages dans le monde anthroposophique

En 2014, j’ai décidé de donner une autre chance au travail et je fis un stage pratique dans une maison de retraite anthroposophique à l’extérieur de Stuttgart. Dieu seul sait d’où cette idée m’est venue ! J’y ai rencontré à nouveau des anthroposophes insupportables. On m’a demandé de prendre en charge les cours d’eurythmie pendant deux semaines. Mais quand j’ai découvert qu’ils n’avaient pas l’intention de me payer, j’ai renoncé. Je suis aussi allée une dernière fois à la ferme Dottenfelderhof pour seulement réaliser que j’avais changé et que je ne souhaitais plus être parmi les anthroposophes.

Retournant chez mes parents, je me suis débarrassée de tous les derniers livres d’anthroposophie que j’avais, débarrassée de ma robe d’eurythmie, et coupé tout contact avec les anthroposophes et acheté un billet de retour pour Cairns.

Puisque je n’ai étudié que l’anthroposophie, je n’ai aucune expérience dans autre chose. Ce qui rend la vie un peu plus compliquée. Je ne sais pas si finalement je vais passer ma licence en beaux-arts, mais au moins je vais revenir à l’endroit où tout à commencé et essayer d’y trouver la paix, de prendre un nouveau départ, et cette fois sans secte en arrière-plan.

Pour résumer

Ces douze dernières années ont réellement été une très douloureuse leçon et j’espère de ne plus jamais me trouver de nouveau dans une autre secte. Il se pourrait que certains se demandent si le véganisme n’est pas une secte. Ce n’est que quand la religion fait partie de ses fondements comme la secte Vie universelle fondée par Gabriele Wittek. Maintenant que j’y pense, je dirais que le « mouvement végan crudivoriste » ressemble aussi à une secte. Ils ont des gourous tels que David Avocado Wolf, (il n’est pas végan car il vend des extraits de bois de cerf et du pollen d’abeille), Douglas Graham, Victoria Boutenko (encore qu’elle mange aussi du miel) et encore probablement bien d’autres. Mais le véganisme est un mouvement de compassion au sein duquel on veut abolir l’exploitation et l’esclavage des animaux et le spécisme, un peu comme les féministes voulaient abolir le sexisme ou la lutte de Martin Luther King contre le racisme. Je suis aussi végane à cause de mon intolérance à certains aliments. Ainsi, je n’ai pas réellement d’autres choix.

C’est drôle la façon dont les anthroposophes considèrent le véganisme, pour eux c’est une forme d’orthorexie nerveuse… mais admirent le jeûne et le respirianisme (pranism). L’anthroposophe Michael Werner est célèbre pour être un respirianiste depuis 2001. Cependant ceux que j’ai connu qui ont pratiqué quelques mois de ce soi-disant mode de vie se sont à mon avis seulement privés d’eau et de nourriture pendant 6 jours (ce qui cliniquement est possible pendant 8 jours avant une déshydratation sévère et la mort), ensuite faire une diète de jus, où vous pouvez boire jusqu’à 2 litres de jus d’orange, des tisanes, ou même du café noir ou du thé noir avec du sucre (Remarquez qu’ils grignotent probablement des fruits ou des noix, et même un morceau de chocolat ici et là). Maintenant, je ne suis pas un experte en la matière, mais techniquement, vous pouvez survivre avec des régimes basse calorie pendant un temps très long, même en jeûnant jusqu’à 40 jours ou plus sans mourir, ce n’est donc nullement un phénomène. Même moi, j’ai été au régime de soupe de bouillon au os avec un peu de légumes pendant 4 mois… et dont la conséquence fût une insuffisance rénale. Et les gens que j’ai connu et qui pratiquaient le respirianisme pendant quelques mois ont subi des dommages majeurs de leurs organes vitaux comme leur thyroïde et sont devenus extrêmement épuisés et déprimés. Alors que l’alimentation végane consiste simplement à manger ce qui est biologiquement conçu pour le corps humain, et il n’est pas nécessaire de jeûner ou même de faire des cures de jus. Vous pouvez même être un végan de la malbouffe et encore aider les animaux et l’environnement, mais vous ne serez pas en très bonne santé.

Maintenant, si vous prétendez être un respirianiste, cela ne signifie-t-il pas que vous ne mangez pas, ni ne buvez pas et survivez uniquement à partir de « prana » ? Honnêtement je ne comprends pas… C’est comme être végétarien avec du poisson alors, ou encore végan avec du miel et des œufs. Tout est possible à notre époque, j’imagine.

Juste pour mémoire, Adolf Hitler et Rudolf Steiner n’étaient pas végétariens. Ils ont fait une bonne affaire en convainquant tout le monde qu’ils l’étaient. Hitler aimait les saucisses de Nuremberg et Steiner aimait les Schnitzel.

« Besser Schnitzel essen als Schnitzel denken! » 

                                                – Rudolf Steiner.

Dès maintenant, je boycotterai tous les produits anthroposophiques tels que Weleda, Wala, Dr. Hauschka, Demeter (produits biodynamiques) et autres ; non seulement ils ne sont pas végans, mais je n’ai aucune envie de soutenir cette secte en aucune façon.

« Chaque fois que vous dépenser de l’argent, vous votez pour le genre de monde que vous voulez »

– Anna Lappé

La vérité est que je ne suis pas encore remise totalement de cette mésaventure et j’ai décrit cela à des amis comme si j’étais encore sous le coup d’un divorce après un mariage très bizarre et difficile de 12 années.

Ce n’est vraiment que grâce au blog « philosophie sensible » de Grégoire Perra et au blog de Roger Rawlings « Waldorf Watch » qui m’ont fait voir l’anthroposophie sous une nouvelle perspective et m’ont inspiré pour écrire ma propre histoire. Ma vie est maintenant une toile vierge attendant de nouvelles couleurs.

Comme d’habitude, puissiez-vous vivre avec compassion et que la vie est dure sans bananes mûres…



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Note de lecture de Christine Brunschwig - SPS n° 312, avril 2015 Dans cet ouvrage original et étonnant, Vincent Bugeat, professeur de physique et formateur d'enseignants, nous invite à revisiter notre environnement. Avec un regard un peu décalé, qu'il pose sur les objets et les phénomènes de notre quotidien dont nous n'avons pas toujours conscience, il propose de revisiter notre vision du monde proche et lointain, avec comme principe d'action : comprendre en s'amusant (ou le contraire !). Destiné (...) Notes de lecture

Lancé en février 2013, le Plan de développement durable de l'apiculture de Stéphane Le Foll devait propulser la France parmi les grands pays producteurs de miel. Depuis, la production française de miel ne fait que s'effondrer. Retour sur un échec.
Pour une fois, le constat est partagé par l'ensemble des acteurs de la filière apicole : l'année 2014 est catastrophique. « Partout on entend le même refrain sur l'absence de production de miel, alors même que le taux de mortalité des colonies (...)

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Devant la cour d'appel d'Aix, le Clesi en appelle à la Constitution pour faire valoir son droit à enseigner dans les filières médicales

Nouveau suspense judiciaire pour les étudiants du Centre libre d’enseignement supérieur international (Clesi), la fac privée installée à La Garde.

Hier, l’établissement et deux syndicats de dentistes s’étaient donné rendez-vous devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence. La suite des deux procès civils déjà examinés l’an dernier par le tribunal de Toulon.

L’Union des jeunes chirurgiens-dentistes et la Fédération syndicale des dentistes libéraux estiment, en effet, que le Clesi n’est pas habilité à former de futurs dentistes.

Une loi « sur mesure »

Attachés au numerus clausus et au caractère public de la formation, ils s’appuient en particulier sur la loi Fioraso, promulguée en juillet 2013 (donc après l’ouverture de la fac privée remontant à septembre2012), qui ajoute un certain nombre d’obligations à satisfaire avant la création d’une telle structure. Elle exige en particulier que les initiatives privées obtiennent l’appui de structures publiques.

Ils réclament la fermeture du Clesi, entre autres, sur la base de cette loi –rédigée sur mesure par le gouvernement ne cachant pas son hostilité à la fac gardéenne –et espèrent profiter d’une modification des statuts de l’association (qui a abandonné son nom initial de « Fernando-Pessoa » pour celui de Clesi).

Face à eux, les responsables du Clesi ont décidé, hier, de soulever une question prioritaire de constitutionnalité.

Sans même s’attacher, pour l’instant, à contrer les arguments des dentistes ou contester le caractère rétroactif de la loi Fioraso (qui à l’un comme à l’autre, leur paraissent douteux), ils considèrent que la loi elle même, et en particulier les articles qui imposent un agrément pour dispenser un enseignement, ne sont pas conformes à la Constitution.

Un « doute raisonnable »

Ils se sont donc attachés à en apporter des éléments de « doute raisonnable », afin que la cour d’appel saisisse de la question la Cour de cassation.

S’ils obtiennent gain de cause, ils tenteront alors de convaincre le juge de cassation que le « doute raisonnable » est « sérieux », afin qu’à son tour, il décide de consulter le Conseil constitutionnel.

« Pour l’instant le débat n’est pas de savoir si la loi est conforme ou non à la constitution, car cela, seul le Conseil constitutionnel peut le dire. Le débat doit porter sur le point de savoir  s’il y a un doute de constitutionnalité ou pas », explique Me Christine Ravaz, avocate du Clesi (en épouse de son président). « Il semble évident que cette loi abroge une liberté fondamentale de façon sauvage. Elle restreint la liberté d’enseigner garantie par la constitution. »

Une fermeture « inexorable »

Réfutant cette lecture Me Solenn Remongin assurant la défense de l’Union des jeunes chirurgiens-dentistes, considère que cet argumentaire est hors propos. « Ce n’est pas l’objet de notre débat. La liberté d’enseigner existe toujours. L’Etat entend simplement s’assurer de la qualité des enseignements par des agréments ».

« Avant ou après la loi Fioraso, le Clesi a, de toute façon, toujours été hors la loi », poursuit Me Luc-Marie Augagneux, avocat de la fédération des dentistes libéraux. « En posant cette question prioritaire de constitutionalité, deux ans après le début de la procédure, le Clesi essaie simplement de prolonger encore un peu un cadre qu’il sait inexorablement voué à cette décision judiciaire de fermeture.

La cour rendra sa décision le 19 mai.

R-H. C.

Source : Var-Matin, 31 mars 2015

Sur le même sujet : Vers la fermeture de l’université portugaise de Toulon et Béziers

C’est en faisant une recherche sur Internet avec l’expression « De quoi sommes-nous faits ? » que je suis tombé par hasard sur le remarquable site web suisse Chromosome Walk (1er lien ci-bas). La page « De quoi sommes-nous faits ? » de ce site permet, en déplaçant de gauche à droite un curseur au bas de la page, de passer de la cellule aux chromosomes, puis à l’ADN dont ils sont constitués, à la copie en l’ARN messager de cet ADN capable de sortir du noyau cellulaire pour rejoindre les ribosomes capables à leur tour de construire les protéines correspondantes, ouf !… Et c’est de ces protéines dont nous sommes surtout faits, que ce soit des protéines structurales (actine, myosine de nos muscles, etc.), enzymatique (protéine kinase, etc.) ou encore des récepteurs ou des canaux si importants pour les neurones.

Mais cette animation, si pédagogique soit-elle, n’est pas le cœur à proprement parler de ce site de l’Institut de Bioinformatiques Suisse (disponible en français, anglais et allemand). Une fois la langue sélectionnée, la véritable page d’accueil du site est une représentation du caryotype humain, c’est-à-dire les 23 paires de chromosomes contenues dans chacune de nos cellules tel qu’on peut les voir au microscope. Or chaque paire est cliquable et nous renvoie à une page consacrée au chromosome sur lequel on vient de cliquer. Une structure qui n’est pas sans rappeler celle d’un certain Cerveau à tous les niveaux avec sa vingtaine de thèmes cliquables sur la page d’accueil renvoyant aux thèmes en question. Mais l’analogie ne s’arrête pas là, comme on le verra dans un instant…

On se retrouve donc sur la page, par exemple, du chromosome 1 dont le grossissement nous montre les différentes bandes correspondant à différents gènes le long des deux brins identiques qui constituent la paire. Mais pourquoi les chromosomes viennent-ils des paires ? Simplement parce que pour chaque chromosome, une copie vient de notre mère et l’autre de notre père. Ces chromosomes sont donc un peu comme des livres de recettes où chaque recette est ce qu’on appelle un gène. On a ainsi un peu plus de 20 000 gènes pour fabriquer l’ensemble des protéines essentielles à la construction et au maintien de la vie d’un être humain, cerveau y compris, évidemment (ce qui est donc très peu, considérant l’extrême complexité du réseau que forme nos 85 milliards de neurones et autant de cellules gliales !).

Chaque page d’un chromosome sur Chromosome Walk fournit la longueur du brin d’ADN correspondant, le nombre estimé de gènes sur ce chromosome et au moins 4-5 petits suppléments d’information sur autant de gènes particuliers portés par ce chromosome. Avec en plus, et c’est là où l’on peut faire une autre analogie non exclusive au Cerveau à tous les niveaux, certes, mais quand même typique de notre site : la présence de « liens externes » dûment identifiés se rapportant spécifiquement à tel ou tel supplément d’information. Avec, en plus, un « lien pour expert » dans la marge de gauche menant vers le site du projet Ensembl, un site pour les scientifiques qui répertorie les données des génomes de vertébrés (humain, souris, poisson zèbre, etc.) et d’autres cellules eucaryotes afin de les rendre disponibles en ligne gratuitement à l’ensemble de la communauté.

Ce souci de s’adresser à la fois aux experts et aux débutants, on le retrouve aussi dans les quiz distribués dans le site pour tester nos connaissances, qui offrent toujours une version « facile » et une version « expert ». Encore une fois, le rapprochement avec les 3 niveaux d’explication du cerveau à tous les niveaux est évident et fait de Chromosome Walk un excellent site complémentaire au Cerveau à tous les niveaux, notamment pour des sujets comme Les briques élémentaires de la vie ou Le passage du non-vivant au vivant.

Le séquençage du génome humain complétée en 2003 a été un chantier titanesque qui a mobilisé près de 3000 personnes dans une vingtaine de centre de séquençage pendant 15 ans et a coûté 2,7 milliards de dollars. La connaissance de cet aboutissement de notre longue histoire évolutive sous forme d’un « texte » de 3 milliards de caractères (ne comportant que 4 « lettres » différentes, les 4 bases nucléiques qui se succèdent sur l’ADN) est une avancée remarquable pour l’humanité et c’est formidable que des sites comme Chromosome Walk nous la rendent accessible.

Mais l’on sait aujourd’hui que cette connaissance de la séquence de nos gènes ne règle pas d’un coup toutes les maladies et déficiences génétiques. C’était un passage obligé, et personne ne voudrait maintenant s’en passer, mais la vie est un système dynamique formant des réseaux biochimiques extrêmement complexes dont la séquence de nos ADN n’est qu’un élément. Le repliement des protéines, qui leur donne leur forme et donc leur fonction, demeure par exemple un casse-tête très difficile, surtout quand la protéine comporte des milliers d’acides aminés.

Pour conclure avec le cerveau, c’est un peu comme tous les efforts qui sont mis par les laboratoires qui tentent d’établir le « connectome » du cerveau humain (par analogie au génome), c’est-à-dire la carte de toutes les grandes voies nerveuses du cerveau humain. Plus cette carte se précise, plus elle est utile, mais elle est loin de tout dire, notamment sur les routes effectives qu’utilise l’influx nerveux en temps réel, résultat du caractère hautement dynamique de nos réseaux de neurones, comme de nos réseaux de réactions biochimiques à l’intérieur de chacune de nos cellules…

i_lien Chromosome Walk
a_lien The Ensembl project

Propriétaire d'une exploitation agricole d'environ 35 ha située dans le village de Patti Kirpal (Haryana), au nord de l'Inde, Gurjeet Singh Mann cultive principalement du blé, du coton et du riz basmati. Dans son pays, il est l'un des mis au point par la société Monsanto. Rencontré lors de la remise du Prix Borlaug 2014 à Des Moines (Iowa), l'agriculteur explique les raisons de son choix à A&E.
Quelle est la situation des biotechnologies végétales en Inde ? Gurjeet Singh Mann : Pour (...)

- entretiens / , ,
Gloria Lopez est une scientologue française qui s'est suicidée en 2006 après s'être fait lourdement avoir par la scientologie selon des documents manuscrits retrouvés chez elle.






La justice française recherche trois scientologues qui ont connu Mme Lopez à cette époque pour les questionner. Ces trois personnes sont apparemment introuvables (voir ici).

Voir ici pour plus de détails sur ces trois personnes.

Si vous avez des informations sur ce sujet, communiquez avec le journaliste Jonny Jacobsen (voir ici).

Merci.


Pour nous joindre: joecalzaghe1[arobase]yahoo[point]fr


Sur une page publique de Facebook, un ancien professeur Steiner-Waldorf livre un extrait de son dernier roman intitulé Transparente. Il y met en scène, sous une forme épistolaire, une histoire sentimentale illicite entre une élève de 15 ans et un professeur agrégé de Philosophie, cette dernière acceptant de poser nue pour la réalisation d’un tableau.  Cette œuvre est présentée comme une fiction et il ne semble y avoir aucune raison de penser que le récit en question contienne la relation de faits existants d’ordre délictueux. Toutefois, l’auteur affirme, dans la présentation de cette page, que le personnage de ce professeur, prénommé Matthieu, contient une grande part de sa propre personnalité et probablement de sa propre histoire : « Ce quinquagénaire (dans lequel je mets beaucoup de moi) révèle Ambre (une collégienne « transparente » dans laquelle il y a aussi beaucoup de moi) à la vérité de son être ».

Or cet auteur n’est pas n’importe qui ! Certes, il ne s’exprime ici qu’en son nom propre et non en celui d’une quelconque institution, ni même d’un courant de pensée. A ce titre, ses propos n’engagent bien évidement que lui-même. Il s’agit néanmoins d’un ancien professeur, qui a été pendant des années le pilier d’une école Steiner-Waldorf dans laquelle j’avais travaillé : membre du Collège de Direction et Président du Collège des Grandes Classes. C’est à ce titre que je l’ai côtoyé et bien connu. Mais il était également, durant de nombreuses années, l’un des membres du Bureau de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf et l’un des formateurs de l’Institut Rudolf Steiner, c’est-à-dire l’organisme chargé de la formation des enseignants à la pédagogie Steiner-Waldorf. Dans ce cadre, sa « spécialité » consistait à donner des cours aux futurs professeurs sur le thème de l’adolescence, pour leur expliquer ce que « l’âme de l’adolescent » est sensée traverser, selon l’Anthroposophie de Rudolf Steiner. Son propos est donc une parole personnelle et n’engage pas la Fédération des écoles Steiner-Waldorf, ni même la Société Anthroposophique, dont il était également membre à l’époque où je le connaissais. Cependant, son esprit ayant été nourri durant de longues années de ce milieu dans lequel il a exercé de hautes fonctions, je crois que sa pensée, tout en étant personnelle, révèle certains aspects de l’Anthroposophie et de la pédagogie Steiner-Waldorf. Il s’agissait en outre d’une personnalité charismatique qui exerçait un véritable pouvoir de fascination – voire d’adulation – sur une grande partie de ses collègues, sur ses élèves, sur les futurs professeurs Steiner-Waldorf de l’Institut et même sur les parents d’élèves. Pour le dire de façon plus directe, cet individu jouait le rôle d’un gourou, ce qui est classique et même nécessaire dans une institution issue de l’Anthroposophie.

Son parcours fut cependant des plus singuliers. Peu de temps après mon propre départ de l’école Steiner-Waldorf où j’avais enseigné et où j’avais travaillé en collaboration étroite avec lui, cet homme fut victime d’un AVC, dont il réchappa, mais qui le paralysa partiellement et le conduisit à devoir cesser ses fonctions d’enseignement au sein de l’institution en question, pour accepter un emploi-aidé de bureau au sein de l’Éducation Nationale (car il enseignait dans ce cadre tout en étant professeur titulaire de l’Éducation Nationale, dont il avait réussi l’un des concours d’entrée dans la fonction). Dans ce contexte et au terme de débats intérieurs, il semble qu’il ait peu à peu renoncé, au moins partiellement, au personnage charismatique qui avait constitué jusque-là son identité, pour devenir quelqu’un d’un peu plus modeste. Ainsi, le milieu anthroposophique perdait un des éléments moteurs de son fonctionnement interne. Pour autant, cet homme n’a ni renoncé à l’écriture, ni à certaines des idées spiritualistes et anthroposophiques, ni même à certains fantasmes dangereux qui sont, à mon sens, le socle de la pédagogie Steiner-Waldorf et de l’éducation qu’elle propose, comme nous allons le voir dans cet article.

En effet, dans sa prochaine parution, intitulé Transparente, il met en scène une histoire sentimentale entre un professeur et une jeune adolescente de 15 ans, en montrant comment cet enseignant aurait, en réalisant un portrait de cette dernière, « révéler Ambre (…) à la vérité de son être ». Cette perception de l’être intérieur de la jeune collégienne, auquel le professeur aurait accès grâce à une sorte de « 6ème sens », lui permet de percevoir une réalité ignorée de tous, mais profondément subjuguante :

« Je distingue immédiatement les personnes qui trichent, les hypocrites qui se cachent sous leurs masques de ceux qui parlent vrai. J’ai tout de suite perçu, quand tu as poussé la porte, que tu n’étais pas une tricheuse. Tu es transparente, c’est vrai. Mais je t’ai dit que le diamant l’est aussi. Si tu n’existes pas aux yeux de ton père et de tes amis, c’est qu’ils sont aveugles au soleil d’être que tu portes en toi. Plutôt que te le dire avec des mots, j’ai préféré que tu t’en aperçoives toute seule. C’est pour cela que j’ai décidé de te peindre nue, sans rien d’autre que toi-même. Afin que tu réalises à quel point tu es belle, réelle et lumineuse… »

Il est rare que des professeurs Steiner-Waldorf décrivent avec autant d’honnêteté ce qu’ils éprouvent effectivement pour leurs élèves. Quand cette écriture provient d’un ancien membre de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf et formateur de l’Institut Rudolf Steiner, ses propos, même s’ils n’engagent encore une fois que lui-même, doivent selon moi être pris très au sérieux, car ils sont particulièrement révélateurs. En effet, quels sont les présupposés qui nourrissent cette écriture fictionnelle ?

Tout d’abord, il s’agit du présupposé selon lequel l’enseignant pourrait avoir accès à une sorte de « vérité intérieure » de l’être de l’adolescent, ou de l’enfant (« la vérité de son être« , comme l’écrit l’auteur). Or ce présupposé est, à ma connaissance, typique de la pédagogie Steiner-Waldorf et de l’Anthroposophie. En effet, cette éducation – se conjuguant à des bases ésotériques et initiatiques – est persuadée d’être un moyen d’accéder, par une forme de connaissance supra-sensorielle, ou médiumnique, à l’essence des êtres et des choses, par-delà les apparences sensibles qu’ils nous donnent à percevoir. Ainsi, les professeurs Steiner-Waldorf sont bien souvent persuadés qu’eux-seuls auront su percevoir les êtres intérieurs de leurs élèves, leurs « âmes », leurs « mois profonds », leurs « êtres suprasensibles », etc., dont l’origine serait spirituelle et divine. Dans Ma vie chez les anthroposophes, je raconte ainsi le cas de cette enseignante du Primaire qui avait offert à une jeune enfant métissée une carte postale représentant une petite fille blonde aux yeux bleus, en raison du fait que cette image était sensée représenter la réalité de son âme. Parce qu’ils se croient doués de capacité supérieure de connaissance du monde invisible, les professeurs Steiner-Waldorf s’imaginent ainsi dotés d’une capacité de percevoir l’être véritable de leurs élèves. Et, bien souvent, ils font savoir aux élèves qu’ils les ont perçus de cette façon ! Ce qui a nécessairement pour conséquence la constitution d’un rapport pédagogique profondément malsain entre l’élève et le professeur. En effet, quel adolescent ne sera pas troublé, voire ébranlé, mis en état de sujétion, lorsqu’un professeur, disposant d’une autorité sur lui, lui fait comprendre qu’il l’a perçu dans son intimité la plus secrète, là où les autres, y compris ses propres parents, en sont incapables ? Or c’est précisément un tel rapport que met en scène, sans distance critique ni recul suffisants, la scène de l’auteur dont nous avons eu connaissance, disponible intégralement plus bas, où la collégienne a été invitée à posée nue par son professeur, afin de réaliser un portrait qui révélerait son âme. Certes, à ma connaissance, les professeurs Steiner-Waldorf n’invitent pas leurs élèves à poser nus pour eux. Mais ils prétendent en revanche très souvent avoir perçu ces derniers dans « la nudité de leurs âmes », ce qui est presque aussi grave, car cela provoque un phénomène d’emprise subtil.

Ensuite, on voit comment le professeur en question décline cette « vérité de son être », qu’il pense avoir perçue chez la collégienne en question, en évoquant un « soleil d’être » qu’elle porterait en elle. Le portrait servirait ainsi à lui faire prendre conscience de sa valeur inestimable : « Afin que tu réalises à quel point tu es belle, réelle et lumineuse… ». Là encore, nous sommes dans le type de fantasmes que les professeurs Steiner-Waldorf nourrissent, à mon avis, au sujet de leurs élèves, mais qu’ils expriment rarement avec autant de franchise dans un cadre public, comme l’a fait cet ancien professeur. En effet, combien de fois ais-je entendu exprimer, quand j’étais moi-même professeur Steiner-Waldorf, des propos de ce genre concernant les « âmes » de nos élèves, toujours par le biais de la métaphore de la lumière ou de la pureté ! C’était constamment le même refrain : « l’âme de tel ou tel enfant est d’une telle pureté, d’une telle luminosité ! » disaient les professeurs Steiner-Waldorf. A quoi ils ajoutaient qu’il fallait absolument préserver cette « pureté » en la protégeant de toute forme d’intellectualisation précoce, c’est-à-dire en la maintenant dans une ambiance vaporeuse de contes, de mythes et de légendes, lui donnant aussi peu accès que possible à l’exercice intellectuel et à la perception de son propre corps, en l’éloignant le plus possible des activités sportives et de la pensée critique.  Ce genre de perception d’une « beauté » et d’une « pureté » intérieures des êtres intérieurs des élèves, par des enseignants Steiner-Waldorf effectivement convaincus d’avoir perçu une vérité essentielle des enfants dont ils avaient la charge, produisaient sur ces derniers une forme de séduction particulièrement profonde et pernicieuse. Car les élèves en question, même quand la chose n’était pas exprimée verbalement, sentaient bien qu’ils étaient regardés avec des yeux béats d’admiration. Or la séduction consistait précisément, dans ce cas de figure, à faire croire à l’enfant qu’il avait en quelque sorte séduit son professeur. Pour ma part, je ne suis pas loin de penser qu’une telle admiration pour la « vérité de l’être des enfants ou des adolescents », que l’on s’imagine avoir perçue, alors que personne d’autre ne l’a fait auparavant, et qu’on communique aux élèves en produisant ainsi une véritable séduction, n’est pas si éloignée de la rhétorique de la pédophilie. En effet, ne retrouve-t-on pas, sous la plume des écrits des pédophiles, le même discours consistant à prétendre que ces pervers auraient perçus, parce qu’ils les « aiment », les êtres véritables des enfants qu’ils abusent, justifiant les relations illégales auxquelles ils s’adonnent avec eux par le fait que la perception supérieure dont ils bénéficient transcenderaient les lois et les normes de la société ? Ainsi, on peut se demander si la pédagogie Steiner-Waldorf, qui se base sur un ésotérisme persuadé de donner accès à l’être véritable des êtres et des choses, ne s’approche pas dangereusement de la tentation pédophile, ou du moins des présupposés par laquelle cette dernière s’auto-justifie. Dans l’écrit que nous citons, le professeur finit arrêté par la Police. Mais il ne se sent coupable d’aucun crime : « Je suis innocent des abominations dont on m’accuse. Le combat qui va se livrer est celui de l’Être contre les apparences. Cette bataille, tu vas devoir la livrer pour moi… Pour toi… La vérité se trouve dans le tableau, Ambre… » A mon sens, les propos de l’auteur sont ici plus qu’ambiguës, car ils donnent à penser qu’avoir ainsi réaliser le portrait d’une collégienne nue par un de ses professeurs ne serait pas un délit et que la société toute entière, en venant arrêter cet homme, ne parviendrait qu’à montrer son incompréhension face à un amour qui transcenderait ses règles. Mais n’est-ce pas au nom d’une telle « relation privilégiée » que les auteurs de crimes pédophiles se croient toujours autorisés à agir comme ils le font ? Et n’est-ce pas également au nom d’une telle sorte de relation initiatique (de perception supérieure) entre les professeurs et les élèves que les écoles Steiner-Waldorf se croient bien souvent autorisées à bafouer les lois et les règles de la société, allant parfois jusqu’à organiser des actes de tricheries lors des inspections, ou d’autres fraudes ?

Pour conclure, j’aimerais inviter cet ancien enseignant Steiner-Waldorf, qui semble avoir pris quelques distances avec le milieu anthroposophique et celui des écoles Steiner-Waldorf, pour son plus grand bien, à poursuivre ce travail en l’étendant aux présupposés idéologiques dont il a été nourri pendant de nombreuses années et dont il ne semble pas encore parvenu à se défaire. Ne devrait-il pas se rendre compte également que c’est le spiritualisme de Rudolf Steiner et sa prétention délirante à avoir accès à « la vérité des êtres » qui, appliqué à un contexte pédagogique, est nécessairement responsable de graves et dangereuses dérives ? N’est-ce pas lui qui, en affirmant une primauté de la vérité de la relation spirituelle et perceptive (voire amoureuse) sur les règles en vigueur dans la société, conduit immanquablement à des situations où les lois sont bafouées, où un groupe d’individus, ou même un individu seul, finit par se croire au dessus des lois et des règles de la société, c’est-à-dire à constituer un phénomène de dérive sectaire ? La libération intérieure partielle dont il témoigne dans son écrit et qui la conduit à « décevoir ses amis », c’est-à-dire à s’éloigner du milieu anthroposophique et de l’école dont il était le « gourou attitré », ne devrait-t-elle pas être complétée par une distance vis-à-vis de la doctrine anthroposophique elle-même et des dangers qu’elle contient de manière intrinsèque ?

                                                                     Grégoire Perra

Texte disponible sur la page Facebook publique  de l’auteur, le 13 avril 2015 :

« Transparente :
Je ne résiste pas à l’envie de vous confier un extrait de mon dernier roman (pour adolescents) qui devrait être achevé en juin. Il s’agit d’une lettre de Matthieu, un professeur en reclassement professionnel, qui sera accusé à tort d’une publication de photos illicites sur Facebook ayant entraîné le suicide d’une collégienne. Ce quinquagénaire (dans lequel je mets beaucoup de moi) révèle Ambre (une collégienne « transparente » dans laquelle il y a aussi beaucoup de moi) à la vérité de son être. Cette lettre se situe au milieu du roman, juste avant l’arrestation et le procès de Matthieu:

Rueil, mercredi 26/09/2014, 22h,

Ambre,

L’appartement est étrangement vide depuis ton départ. La lumière dorée du couchant a fait place au scintillement des ampoules électriques, aux éclairs des phares des voitures. Je voulais te dire que ta présence a ensoleillé mon après midi.
Je te revois, timidement allongée sur le canapé…
Peut-être trouves tu ma proposition indécente. Peut-être ne comprends-tu pas pourquoi je t’ai demandé de poser nue pour moi. Je ne voudrais pas que tu te trompes sur mes intentions. Il s’agissait avant tout pour moi de répondre à ton appel à l’aide. Car je reste certain que notre rencontre n’est pas le fait du hasard.
D’ailleurs qu’est-ce que le hasard si ce n’est un ensemble de lois que nous ne comprenons pas ? Au lieu d’accepter notre ignorance et l’existence de réalités qui nous échappent, les orgueilleux que nous sommes ont préféré inventer des dieux abstraits qui confortent leurs certitudes scientistes. Et le hasard est l’un de ces dieux…
Le Dieu des imbéciles…
Mais je m’égare… Pardonne à l’ancien professeur de philo habitué à « couper les cheveux en quatre »…
Quel que soit ce (ou celui) qui t’a mise sur mon chemin, je le bénis car ta fraîcheur, ton authenticité sont venues à point nommé dans ma vie. J’ai compris dès notre rencontre que je pouvais t’aider à surmonter ta « transparence ». Mieux, ton questionnement donne un sens à toutes les épreuves qu’il m’a fallu endurer depuis sept ans. Si tu le permets, je vais à mon tour me dénuder et te dire ce que je n’ai encore dit à personne. Car malgré tes 15 ans, je sais que tu peux me comprendre mieux que personne :
Quelques jours après l’AVC qui m’a fauché en plein vol, alors que j’étais un mari comblé, un professeur aimé de ses élèves, respecté de ses collègues, un ami apprécié pour son humour et sa vivacité, je me suis réveillé hémiplégique et surtout différent. Moi qui jadis pétillais de malice, bondissais de cours en conférences, endossais avec aisance et bonheur les besognes plus lourdes dont aucun de mes collègues ne voulait, je me suis mis à regarder avec délice les feuilles tomber des arbres, les nuages (… « les merveilleux nuages… » comme dit Baudelaire) passer dans le ciel. « Je suis comme une vache qui rumine. » ai-je dit naïvement aux médecins et aussi à mon épouse. Je ne pouvais deviner la violence de ces paroles. J’étais juste un homme nouveau, bien décidé à laisser parler l’être au fond de lui, cet être qu’il avait enfoui depuis l’enfance pour laisser la place à la personne que ses parents, ses professeurs, ses amis, ses amoureuses… rêvaient de voir devant eux : un fils obéissant, tendre et doué pour les études, un élève docile et sympathique, un ami fidèle, drôle et compatissant, un amant tendre et performant…
Bref : un super tout…
Mais ce n’était pas moi…
C’était une armure qui me pesait toujours plus. Une belle armure vermeille comme celle qu’endosse Perceval dans le Conte du Graal de Chrétien de Troyes. Et que l’AVC a heureusement démantelée. Je naissais enfin à moi même, lent, fragile, maladroit et hypersensible. Plus grave, plus silencieux, plus contemplatif. Moins distrayant pour les amis, moins admirable, moins désirable pour mon épouse. Quand un soir je lui ai annoncé que je souhaitais aucunement « redevenir presqu’aussi bien qu’avant » mais que j’étais heureux de l’homme nouveau auquel j’étais en train de naître, j’ai senti que quelque chose se brisait entre nous. Elle m’aimait encore car c’est l’être qu’elle aimait en moi (et l’être n’avait pas changé) mais elle ne m’admirait plus, elle ne me désirait plus. Et la femme en elle avait besoin de soupirer, de désirer : elle s’est jetée dans d’autres bras. Je suis parti. Sans regret. Obséder par ce besoin de me rapprocher de mon être. C’est long, c’est difficile et peu gratifiant. Il m’a fallu décevoir mes amis et mes kinés qui m’encourageaient à retrouver l’usage de ma main gauche, mon écriture de gaucher.
Je leur ai dit « merde ! » à tous.
Pour la première fois de ma vie, j’ai décidé de décevoir mon entourage et de devenir un cancre, un mauvais élève. Symboliquement, je me suis improvisé droitier.
Exit le super gaucher, le super prof, le super ami, le guide admirable !
A force de persévérance, d’introspection et d’humilité j’ai forgé une armure moins ostensible, plus terne mais qui n’était plus un obstacle à l’expression de mon essence intime.
Il n’y a rien d’admirable à ma nouvelle situation sociale. Certains diraient même que je manque d’ambition, que j’ai raté ma vie. L’ancien professeur agrégé de philosophie est désormais un secrétaire reclassé dans un collège de banlieue. Après avoir été presque vingt ans le centre de nombreux regards, je me retrouve planqué dans une salle obscure, à mendier du boulot à la vie scolaire, l’infirmière ou la gestionnaire. Je ne saurais même pas te dire quel métier j’exerce : surveillant, secrétaire médical, de direction, agent d’accueil… Peu importe : je n’ai jamais été si bien, à mettre du courrier sous pli en sirotant un café. Chaque jour je goûte la simple sensation d’exister, de me sentir vivant. Je savoure simplement le sentiment d’être et rien ne compte désormais plus pour moi que cela
Être !!!
A tel point qu’il me semble avoir développé un sens nouveau.
Je distingue immédiatement les personnes qui trichent, les hypocrites qui se cachent sous leurs masques de ceux qui parlent vrai. J’ai tout de suite perçu, quand tu as poussé la porte, que tu n’étais pas une tricheuse.
Tu es transparente, c’est vrai. Mais je t’ai dit que le diamant l’est aussi. Si tu n’existes pas aux yeux de ton père et de tes amis, c’est qu’ils sont aveugles au soleil d’être que tu portes en toi.
Plutôt que te le dire avec des mots, j’ai préféré que tu t’en aperçoives toute seule. C’est pour cela que j’ai décidé de te peindre nue, sans rien d’autre que toi-même. Afin que tu réalises à quel point tu es belle, réelle et lumineuse…

… Après avoir relu cette lettre, j’ai renoncé à te l’envoyer par courrier. Je te la remettrai en main propre quand je te sentirai prête à la lire. Je perçois pour l’instant des zones d’ombre dans notre relation et je ne voudrais pas que tu te méprennes…
Si tu lis cette lettre, c’est qu’à présent tu as pris conscience de ta valeur. Je ne sais en quoi j’ai pu contribuer à te révéler à toi-même, mais je suis fier d’avoir été le premier à percevoir celle que tu es en train de devenir.
Je te remercie de me conforter dans ma Quête.
Haec est vera caritas
Matthieu
Ps : 27/09/2014 à 7h30
Ambre, la Principale vient de m’avertir que la police dispose d’un mandat d’arrêt contre moi. Ils vont débarquer ici avant l’arrivée des élèves. J’aurais le temps de fuir et je sais que personne, ici, ne s’y opposerait. Mais j’ai décidé de me rendre car je suis innocent des abominations dont on m’accuse. Le combat qui va se livrer est celui de l’Être contre les apparences. Cette bataille, tu vas devoir la livrer pour moi… Pour toi…
La vérité se trouve dans le tableau, Ambre…
Le tableau…

La lettre de Matthieu était humide de mes larmes lorsque je me suis résignée à la ranger dans le tiroir de mon bureau afin de l’extraire au regard inquisiteur de mon père qui n’a jamais hésité à fouiller dans mes affaires. Avec les traces de mes larmes ponctuant les sillons élégants de sa belle écriture, la lettre de Matthieu me faisait penser à l’un de ces champs, tout juste labourés, que les obus ont creusé comme une mauvaise vérole, aux environs de Verdun.
Je n’avais plus besoin de la lire, cette lettre, car je la connaissais par cœur. »



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La Mémoire Manipulée

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CIPPAD

le 13-4-2015 à 08:24 GMT
La mémoire est le socle sur lequel se construit notre personnalité. Grâce à elle, nous pensons savoir qui nous sommes. Elle nous donne le sentiment d’une continuité entre le présent, le passé, et l’avenir. Nous la voulons invulnérable et la moindre de ses faiblesses nous inquiète. Et pourtant, la mémoire est fragile, malléable et faillible. La méconnaissance du fonctionnement de la mémoire a conduit à condamner des innocents sur la base de témoignages erronés formulés de bonne foi. Parce que notre cerveau ne dispose pas de filtre permettant de distinguer les souvenirs authentiques des faux souvenirs, de tragiques confusions surgies au cours de psychothérapies ont entraîné des accusations d’abus sexuels et démoli des familles entières.
Des adultes pourtant sensés ont déclaré avoir vécu des vies antérieures, des expériences de mort imminente, avoir été enlevés par des extraterrestres... ou s’accusent de crimes qu’ils n’ont pas commis. Comment la mémoire peut-elle être trompée ? D’où viennent les faux souvenirs, les faux aveux ? Comment expliquer les expériences de mort imminente, les souvenirs d’enlèvements par des extraterrestres, etc. ? Comment limiter les erreurs dans les témoignages ?
Faux souvenirs : des cas édifiants...
Holly Ramona
À 19 ans, Holly consulte un thérapeute pour boulimie et dépression. La thérapie est accompagnée d’injections de penthotal, familièrement appelé « sérum de vérité » et présenté comme censé garantir la véracité des souvenirs. Au bout de quelques mois, Holly retrouve le souvenir ignoré jusque-là d’actes d’incestes commis par son père entre 5 et 8 ans. Le thérapeute organise une séance de confrontation entre Holly et son père au cours de laquelle elle accuse son père. Puis elle porte plainte contre lui.
La famille Ramona est détruite, les parents divorcent.
Plus tard, grâce au témoignage d’Elizabeth Loftus au procès, le père de Holly est disculpé. Le thérapeute est condamné à l’équivalent d’un demi-million d’euros de dommages et intérêts. Holly Ramona ne renie rien de ses accusations, elle s’installe comme thérapeute spécialiste des troubles alimentaires et des abus sexuels.
Beth Rutherford
Stressée par son travail d’infirmière, Beth consulte un psychothérapeute. Au fil des séances de thérapie, elle « découvre » qu’elle a été violée plusieurs fois par son père entre 7 et 14 ans et qu’il lui a fait subir un avortement. Dans un témoignage publié sur le site de la False Memory Syndrome Foundation, elle dit : « Je me souvenais qu’il avait introduit en moi des ciseaux et une fourchette, et d’autres horreurs ». Accusé, le père perd son emploi et risque 7 ans de prison.
Plus tard, elle revient sur ses accusations. Des examens médicaux montrent qu’elle est encore vierge et que son père a subi une vasectomie avant les événements incriminés. En 1996, après un procès, le psy est condamné à verser l’équivalent de 1 million d’euros.
Les faux souvenir dans les entrevues d’enquête auprès des témoins ou victimes

Magali Ginet

La création de faux souvenirs peut avoir des conséquences catastrophiques dans le domaine de la justice. En effet, lorsqu’un témoin ou une victime imprime dans sa mémoire des éléments qui ne sont pas fondés sur la réalité des faits criminels, alors le risque d’erreur de justice augmente dramatiquement. Les travaux en psychologie menés par Elizabeth Loftus et ses collaborateurs avaient permis, dès les années 70, de montrer à quel point il était facile de créer de faux souvenirs dans la mémoire des gens, y compris des souvenirs d’événements traumatiques ne s’étant en réalité jamais produits. L’un des moyens sans doute les plus efficaces pour cela consiste à poser des questions suggestives, c’est-à-dire des questions comprenant un élément non mentionné au préalable [...]
Source : Extraits du dossier de presse du n° 312 d’avril 2015 de la Revue de l’Association Française pur l’Information Scientifique – AFIS.

Note du CIPPAD : Passez chez votre libraire, ou votre kiosque favori et pour 5 € procurez-vous ce numéro, ou/et abonnez vous, c’est important aussi par les temps qui courent et l’irrationnel qui galope.

Fondatrice de l’ISC, victime et combattante, ceci est son histoire...

Elle était atteinte d'un cancer. Et sur le chemin de sa maladie, des charlatans ont abusé de sa confiance. Lorsque le cancer est déclaré, chaque seconde compte et ils l’ont détournée dans un premier temps des traitements efficaces, réduisant presque à néant ses chances de guérison. 

Par la suite, de sa propre initiative, après des recherches personnelles sur la maladie et les traitements, elle a enfin été prise en charge par une équipe médicale extrêmement compétente et d’une grande humanité. Zoélie éprouvait une immense reconnaissance envers cette équipe qui s’est occupée d’elle avec tant d’égards et un espoir sans fin de trouver un traitement efficace, malgré une prise en charge plus que tardive.

Si ces charlatans, ces criminels, n'avaient pas croisé sa route, elle serait peut-être encore parmi nous aujourd’hui.

Inspirées par l’incroyable optimisme, l’espoir et la motivation qui l’animaient, cela en dépit des difficultés et souffrances incessantes qu’elle traversait dans son combat contre la maladie, nous continuerons à faire vivre l'Institut Supérieur de Charlatologie. 

En effet, son souhait était que chaque lecteur de l’Institut Supérieur de Charlatologie ait une chance de repérer et éviter à temps les charlatans comme ceux qu’elle a rencontrés.

Merci à tous les lecteurs de l’ISC ! Vos encouragements et vos messages de soutien ont été importants pour Zoélie ! Ils l’ont motivée et poussée à continuer, car vous le savez sûrement et elle l’a découvert comme nous, le combat contre les charlatans n’est pas de tout repos et les détracteurs sont nombreux. C’est pourquoi votre présence a été d’une telle importance pour elle.

Nous avons désormais besoin de vous pour continuer à nous battre, afin que de telles tragédies ne se produisent plus.

En sa mémoire…

Sa famille et ses amis.
Figure 1 Pinson des Galápagos. Toutes les illustrations de ce billet viennent de Campbell et al., Biologie, 2009 sauf mention contraire. Comme c’est régulièrement le cas, les tenants de l’Intelligent design passent sournoisement à l’attaque. Je ne reviendrai pas ici sur ce mouvement créationniste, de loin le plus pernicieux de notre époque, ni sur les […]

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dgfds

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Perles du 911 - Derniers articles

le 10-4-2015 à 16:53 GMT
Video - Électricite gratuite et infinie...

Dès 1999, l'ancien ministre de l'Agriculture Jean Glavany avait interdit l'usage du Gaucho pour le traitement des semences de tournesol afin de satisfaire les demandes des syndicats apicoles, qui étaient persuadés que ce produit était responsable des mortalités d'abeilles. En 2004, son successeur Hervé Gaymard a interdit l'usage du Gaucho sur le maïs. Toujours pour complaire aux apiculteurs, et toujours sans résoudre leurs problèmes de mortalités d'abeilles. Dans la foulée, il a également (...)

- édito / , ,
Article publié par Kavin Senapathy sur Skepchick le 7 avril 2015. « Si le glyphosate est sûr, allez-y, buvez-en ». C’est la punchline préférée des opposants aux aliments génétiquement modifiés. Je suis auteur scientifique, avocate des biotechnologies, et mère de 2 jeunes enfants. Si seulement je recevais 5 centimes à chaque fois qu’on me demande de boire […]

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Les vaccins anti-rotavirus font de temps à autre l'actualité en France. L'année dernière, le HCSP (Haut Conseil de la Santé Publique) recommandait l'introduction de cette vaccination dans le calendrier vaccinal des nourrissons [1]. Recommandation qui n'a pas été suivie d'effets, le ministère de la santé ne l'ayant pas ajoutée au calendrier 2015 [2], peut-être en raison de son coût assez élevé. Ces derniers jours, il était question du décès de deux nourrissons survenus respectivement en 2012 et en 2014, à la suite d'une invagination possiblement causée par une vaccination anti-rotavirus [3]. La presse souffle donc le chaud et le froid, laissant finalement peu de clés aux lecteurs pour comprendre les véritables enjeux. Dans ce billet, nous allons donc tenter de revenir aux faits et à ce qui n'a pas été dit ces derniers jours.

 

Les infections à rotavirus

 

Les rotavirus sont des virus très contagieux se transmettant par la voie oro-fécale directe (contact entre les enfants) et indirecte (surface, eau, objets, ou aliments contaminés). D'où l'importance du lavage des mains et du nettoyage des surfaces avec des produits adaptés, dans les crèches par exemple.

 

Presque tous les enfants sont infectés à un moment ou un autre, mais souvent, l'infection est a-symptomatique ou peu symptomatique. Chez l'enfant de moins de 5 ans, les gastro-entérites aiguës (GEA) sont dans 30 à 40% des cas dues à un rotavirus. Si les GEA à rotavirus sont un véritable fléau dans les pays en voie de développement, elles sont aussi un fardeau dans les pays développés. Voici quelques estimations, concernant l'incidence, la morbidité et la mortalité annuelles liées aux GEA à rotavirus en France [4]:

 

  • 182 000 cas chez les enfants de moins de 3 ans, dont 97 000 diarrhées sévères,

  • 18 000 hospitalisations,

  • 7 à 20 décès (13-14 en  moyenne).

 

Sachant que le nombre annuel moyen de naissances en France est d'environ 800 000, on comprend que pour chaque enfant à naître, le risque de faire une GEA à rotavirus avant ses trois ans est de l'ordre de 20 % (pourcentage obtenu en effectuant la division suivante: 182 000/800 000). En d'autres termes, près d'un enfant sur 5 sera donc concerné par une GEA à rotavirus avant ses trois ans. De la même façon, environ un enfant à naître sur 50 (18 000/800 000) aura besoin d'une prise en charge en milieu hospitalier à cause d'une GEA à rotavirus. Enfin, un enfant à naître sur 60 000 décédera des suites d'une GEA à rotavirus (14/800 000). Le décès peut être dû à une déshydratation grave en cas de diarrhée sévère. Pour lutter contre la déshydratation, on utilise des solutés de réhydratation orale (SRO).

Estimation d'incidence, de morbidité et de mortalité liées aux GEA à rotavirus aux USA, chez les enfants de moins de 5 ans, avant l’introduction de la vaccination contre le rotavirus [3].

Estimation d'incidence, de morbidité et de mortalité liées aux GEA à rotavirus aux USA, chez les enfants de moins de 5 ans, avant l’introduction de la vaccination contre le rotavirus [3].

Les différentes souches de rotavirus et les différents vaccins sur le marché

 

Comme pour le virus de la polio, il existe différents sérotypes/souches de rotavirus. On parle de sérotypes pour des variétés qui mènent à la production d'anticorps différents par le système immunitaire. L'immunité par rapport à un des trois sérotypes de la polio n’entraîne pas l'immunité par rapport aux deux autres souches. Le vaccin contre la polio est donc trivalent, pour viser les trois souches. Pour les rotavirus, c'est juste un petit peu plus complexe. Le sérotype est défini par la combinaison de deux des protéines de surface du virus : la protéine G et la protéine P, dont il existe différentes formes notées G1,G2, ... et P[1], P[2], ... C'est contre ces protéines, qui sont donc des antigènes, que le système immunitaire développe une réponse.

 

En France, les 5 souches prédominantes sont, dans l'ordre [4]: G1P[8] (50% des souches en circulation), G9P[8] (22%), G2P[4] (9%), G3P[8] et G4P[8]. La répartition entre les différentes souches varie en fonction des pays. Ainsi, la souche G1 compte pour 75% des souches en circulation aux USA [6].

 

Les deux vaccins sur le marché sont Rotateq et Rotarix. Il s'agit de vaccins vivants atténués. Ils visent différentes versions des protéines G et P, tout en ayant des efficacités similaires, grâce au phénomène d'immunité croisée. Le schéma de vaccination comporte 3 doses pour le Rotateq, et 2 doses pour le Rotarix. Ces vaccins sont très efficaces. Ils réduisent très fortement (entre 85% et 100%) le risque de GEA sévère à rotavirus et d'hospitalisation chez les enfants de moins de 1 an [4]. L'efficacité d'un vaccin par rapport à l'autre n'a pas été testée directement. Il est donc impossible de privilégier l'un ou l'autre.

 

Invagination intestinale aïgue: balance bénéfices-risques?

 

L'invagination intestinale aiguë (IIA) est l'incorporation d'un segment d'intestin dans la portion située en aval [7]. Elle survient le plus souvent chez les nourrissons (<1 an) et est la principale cause d'occlusion intestinale chez le jeune enfant. Celui-ci a des crises de douleur, des nausées, des vomissements et refuse de s'alimenter, ce qui alerte les parents qui doivent alors consulter. Elle constitue une urgence médicale et doit être traitée rapidement. Selon la gravité du cas, elle sera résolue par un lavement (90% des cas) ou par chirurgie. En cas de non-traitement ou de traitement trop tardif, l'invagination peut se solder par un décès, ce qui est très rare dans les pays développés, puisque les parents ont accès aux structures médicales appropriées.

 Invagination intestinale [8]

Invagination intestinale [8]

Son incidence en France est de 25-30 pour 100 000 naissances et par an, ce qui correspond à 200-250 cas par an, vu les 800 000 naissances annuelles [1]. Il est tout à fait possible d'observer des IIA chez des enfants vaccinés avec un vaccin anti-rotavirus, sans que le vaccin soit en cause. La question est donc de savoir si un vaccin anti-rotavirus entraîne ou non un sur-risque d'IIA et dans l'affirmative, si ce sur-risque est acceptable ou non.

 

Le premier vaccin anti-rotavirus mis sur le marché et recommandé aux USA était le Rotashield, en 1998. Les études cliniques préalables à la mise sur le marché n'avaient pas permis de distinguer le sur-risque d'IIA entraîné par ce vaccin. C'est la surveillance après la mise sur le marché qui a montré une augmentation du risque dans les deux semaines suivant les premières et secondes doses. Rapporté sur une année, le sur-risque pour les enfants vaccinés est de 10-20/100 000, ce qui n'est pas négligeable en comparaison des 30-50/100 000 notés aux USA en dehors de la vaccination. Le vaccin a donc été retiré du marché en 1999 [9].

 

Pour le Rotarix et le Rotateq, la question du sur-risque d'IIA a fait l'objet d'une surveillance particulière dès leur mise sur le marché. On peut considérer que ces vaccins entraînent un sur-risque après la première dose d'environ 1 à 3/100 000 enfants [10]. C'est donc une réduction du risque d'environ un facteur 10 par rapport à celui du Rotashield. Au vu du nombre d'hospitalisations évitées grâce à la vaccination, aucun des pays qui recommandent cette vaccination n'a remis en cause sa balance bénéfices-risques [1]. Par exemple, aux USA, il y aurait 40-120 IIA causées par les vaccins par an, mais 65 000 hospitalisations évitées dans le même temps [10]. Cette diminution du nombre d'hospitalisations s'observe dans les différents pays ayant inclus cette vaccination. C'est par exemple le cas pour l'Australie, la Belgique ... [11,12]

 

Par ailleurs, les causes d'invagination intestinale sont mal connues. Les infections à rotavirus font partie des suspects potentiels [13]. Le mécanisme par lequel les vaccins entraînent une IIA ne sont pas non plus éclaircis [11]. Mais puisque les vaccins anti-rotavirus sont des vaccins vivants atténués, on peut s'attendre à ce que certains de leurs effets secondaires soient similaires aux complications de la maladie. Les enfants immunisés seraient donc plus susceptibles de faire une IIA à court terme, tout en l'étant moins à moyen terme, puisque qu'ils éviteront des GEA à rotavirus causant elles-mêmes des IIA. La notion de sur-risque à court terme doit donc être relativisée non seulement par rapport aux hospitalisations évitées, mais également par rapport à un possible sous-risque à moyen terme [4].

 

Conclusion

 

En ce qui concerne les 2 décès qui ont fait la une ces derniers jours, on ne peut pas conclure sur un lien de causalité avec la vaccination. Il est possible qu'il s'agisse d'une coïncidence, puisque des invaginations intestinales se produisent chez des enfants vaccinés sans que le vaccin soit en cause. Mais il est également possible qu'ils soient dus à la vaccination, puisque le sur-risque a été démontré par la surveillance après mise sur le marché.

 

Il est tout à fait légitime et nécessaire d'informer les parents concernant cet effet secondaire grave qu'est l'invagination intestinale, car des parents informés pourront consulter à temps en cas de besoin [14]. Mais informer sur 2 décès suite à la vaccination sans les remettre en perspective par rapport aux bénéfices du vaccin, ni par rapport aux 7 à 20 décès annuels par rotavirus, cela relève du sensationnalisme. Ces bébés-là ne font pas la une de l'actu!

Sources

[1] HCSP: Vaccination des nourrissons contre les infections à rotavirus. Recommandations

[2] Ministère de la santé: calendrier vaccinal 2015

[3] Une du Canard Enchaîné du 01/04/2015,

avec un titre sensationnaliste: "Vaccins anti-gastro des bébés: Deux décès empoisonnent les autorités sanitaires".
Les autres médias ont ensuite suivi le mouvement, reprenant une dépêche AFP. L'E
xpress

par exemple, qui titre de façon un peu plus posée:
Gastro-entérite: la mort de deux nourrissons confirmée après une vaccination

[4] Guide des vaccinations 2012

[5] CDC, Vaccines and Immunizations, Chapter 13: Rotavirus

[6] Pink Book : Rotavirus

[7] Wikipedia: Invagination Intestinale

[8] http://www.larousse.fr/encyclopedie/medical/invagination_intestinale/13958

[9] CDC: Rotavirus Vaccine (RotaShield®) and Intussusception

[10] CDC: Vaccine safety, Rotavirus

[11] VaxInfo: Rotavirus, Invagination intestinales

[12] VaxInfo: Rotavirus, Réduction des hospitalisations grâce à la vaccination

[13] Wikipedia: Intussusception

[14] ANSM: Vaccins contre les rotavirus (RotaTeq et Rotarix) et rappel sur la prise en charge de l’invagination intestinale aiguë du nourrisson - Point d'Information

Article publié par Keith Kloor sur Discover le 7 août 2014. Plus tôt dans le courant de l’année [ndtr : en 2014], deux auteurs ont écrit dans Mother Jones : « C’est facile de trouver de mauvaises informations à propos de la sûreté des vaccins sur internet ». Ça c’est vrai. C’est aussi facile de trouver de mauvaises informations […]

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