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Cet article Réflexions sur les dates d’expiration des médicaments est apparu en premier sur Le Pharmachien.




Pour se réconcilier avec les techniques d’imagerie cérébrale, sévèrement critiquées dans le billet de la semaine passée, en voici une nouvelle complètement différente. Elle permet ni plus ni moins de rendre un cerveau de souris (et pour l’instant certaines parties du cerveau humain) complètement transparent.
Mais être capable de voir au travers du cerveau ne serait qu’une curiosité amusante si la technique, nommée « Clarity » par l’équipe qui l’a mise au point, ne permettait pas également de préserver toute la structure cellulaire et moléculaire sous-jacente du cerveau. De sorte que l’on peut appliquer sur ces cerveaux devenus transparents les techniques de coloration et de traçage des faisceaux nerveux que l’on connaît déjà. Les voies nerveuses du cerveau de souris deviennent alors visibles dans leurs plus fins détails dans l’ensemble du cerveau ! Une vision globale du trajet des axones que l’on n’avait jamais réussi à voir intégralement avant, et que rend possible ici la transparence du cerveau.
La technique Clarity, publiée en avril dernier dans la revue Nature, a été mise au point par une équipe multidisciplinaire dirigée par le Dr. Karl Deisseroth, le même qui avait développé avec ses collègues de l’université Stanford une autre technique fort remarquée il y a quelques années : l’optogénétique. Cette-fois ci, point de fibres optiques, de photopigments et de gènes modifiés. C’est plutôt une substance chimique appelée hydrogel, formée principalement de molécules d’eau tenues ensembles par de plus grosses molécules, qui est la clé de la technique.
L’hydrogel pénètre le tissu cérébral et forme une sorte de maillage qui relie la plupart des molécules sauf les lipides. Le cerveau est ensuite mis dans une solution savonneuse et un courant électrique permet alors de faire migrer les lipides hors du cerveau parce qu’ils ne sont justement pas attachés à l’hydrogel. C’est alors que le cerveau devient transparent et prêt à être traité avec des colorants spécifiques à certaines molécules, puisque l’intégrité et l’emplacement de celles-ci est préservé.
Les efforts se poursuivent pour raffiner la technique, en particulier pour réussir à éliminer tous les lipides d’un cerveau humain qui est autrement plus volumineux qu’un cerveau de souris. Mais déjà les données recueillies chez la souris montrent l’énorme potentiel de la technique.
Hydrogel Process Developed at Stanford Creates Transparent Brain
Brains as Clear as Jell-O for Scientists to Explore
Clarity Brain Imaging from Stanford’s Deisseroth Lab
Structural and molecular interrogation of intact biological systems
« Quel piètre sceptique vous faites! » me lançait un détracteur pensant gagner l’argument par une attaque personnelle. Il n’avait peut-être pas tout à fait tort finalement, un sceptique n’est-il pas censé douter de tout? Et au fond, c’est quoi « être sceptique »?
Sceptique ou scientifique?
Parlons d’abord de ce terme. Le terme « sceptique » dont je parle fait référence au scepticisme scientifique – à ne pas confondre donc avec le scepticisme philosophique. Ce terme, qui en France est souvent remplacé par « zététique », désigne tout simplement quelqu’un qui défend la science et la méthode scientifique. On peut alors se demander quel est le lien avec le scepticisme au sens de douter de tout… le lien n’est effectivement pas direct. Il s’agit de toujours appliquer la méthode scientifique pour faire la balance entre un scepticisme stérile et non productif qui annule toute certitude et une crédulité sans limite envers toute affirmation. L’état d’esprit est donc celui de quelqu’un d’ouvert et de curieux mais toujours attentif aux éléments scientifiques avancés. N’est-ce pas là la définition du scientifique? Pourquoi alors ne pas tout simplement se déclarer comme tel? Je vois d’abord dans la démarche sceptique une pointe de militantisme qu’on ne retrouve pas forcément chez le scientifique de base. Ensuite, défendre la méthode scientifique revient de fait à étudier des sujets aux frontières de la science, d’où le scepticisme.
Le sceptique finit donc par devenir un spécialiste de ce qui est scientifique et de ce qui en a les parures mais qui n’en est pas, ce que l’on appelle communément pseudoscience. Cette expertise a même fini par déboucher sur un « baloney detection kit », une sorte de boite à outils qui reprend les bases de la méthodologie scientifique et donne des armes contre les biais cognitifs, principaux obstacles pour tendre vers une certaine vérité scientifique. Ce kit indispensable permet de ne pas céder au chant des sirènes des pseudosciences.
Le sceptique, au final, est quelqu’un qui juge l’état des connaissances scientifiques en fonction des preuves qui sont avancées à un moment donné de l’histoire. Il peut changer d’avis suivant les avancées scientifiques et cherche constamment à répondre à la question de savoir quels sont les faits qui lui permettent de défendre une position donnée.
Pourquoi le scepticisme n’est pas une nouvelle forme de nihilisme
Pour en revenir à la critique formulée en introduction de cet article, on peut effectivement se demander – comme nous l’avons rapidement évoqué au début – si être sceptique ne signifie pas « douter de tout » ou, dit autrement, être « sans aucune certitude ». Le rejet de toute autorité, la défiance généralisée en France contre les institutions notamment scientifiques n’est-elle pas déjà le triomphe du scepticisme? Malheureusement non, car cette attitude n’a rien à voir avec le scepticisme scientifique que je viens d’exposer.
Détruire toute forme de vérité officielle peut effectivement être grisant mais généralement derrière cette déconstruction, il ne reste plus rien ou pire encore, chacun peut y mettre à peu près ce qu’il estime être une vérité. Le sceptique peut, quant à lui, effectivement contester les vérités officielles mais il le fait avec méthode. Cela implique de comprendre le fonctionnement de sa propre pensée et en premier lieu, de se méfier de ses propres intuitions. Le droit au doute doit s’accompagner d’un devoir de reconstruction scientifique.
Pourquoi nous avons besoin des sceptiques
Dans une société où la science est en première ligne dans de nombreux débats, certains n’hésitent pas à réclamer une place encore plus importante à la culture scientifique dans le cursus scolaire. Je pense personnellement que c’est dans ce contexte que le scepticisme montre sa supériorité et l’urgence de sa popularisation. Car ce n’est pas de plus de sciences dont nous avons besoin, mais d’expliquer plus clairement la méthode scientifique; comment se forge le savoir, comment élimine-t-on les biais: le « baloney kit » dont je parlais plus haut devrait être la boite à outils de tous les écoliers dès le plus jeune âge!
Plusieurs arguments fondamentaux sont à la base de cette idée. En premier lieu, la science est devenue tellement complexe qu’apprendre plus de concepts scientifiques à l’école ne permettrait pas de mieux comprendre les enjeux sous-jacents – pensez par exemple aux nanotechnologies ou au nucléaire. Il faudrait au moins une thèse dans chacun de ces domaines pour suivre techniquement le débat. En revanche, donner des outils pour permettre à chacun de comprendre comment les scientifiques en sont arrivés à telle ou telle conclusion, quelle est la fiabilité des preuves avancées, comment ne pas se laisser piéger par notre propre intuition souvent trompeuse, me semble bien plus primordial.
En second lieu, intégrer le scepticisme dans le cursus déjà existant des sciences est possible et même plutôt aisé. Cela demande bien sûr pour les enseignants une formation plus spécifique à ces méthodes mais je ne considère pas vraiment cela comme un obstacle. De nombreux thèmes déjà abordés dans le cursus pourraient être une formidable introduction à la démarche sceptique. La théorie de l’évolution? La théorie de Newton? Le très populaire Cédric Villani, dans l’une de ses conférences, profite d’une question simple – comment a-t-on découvert l’âge de la Terre ? – pour faire un véritable exposé sur la démarche scientifique et les méthodes qui permettent d’aboutir à une connaissance donnée de la nature. Cette démarche, si elle était largement généralisée, est indispensable si l’on veut se défendre intellectuellement contre les charlatans et éviter d’avoir un jugement biaisé sur une question donnée.
Extraordinary claims require extraordinary evidence
Je ne pouvais finir cette présentation du scepticisme scientifique sans faire référence à son mot d’ordre de ralliement : « Des affirmations extraordinaires exigent des preuves extraordinaires ». Ce slogan est une première étape pour s’immuniser contre les discours souvent complexes de nombreuses pseudosciences: plus le discours vous semble incroyable plus vous êtes en droit d’être sceptique et exiger des preuves irréfutables. Finalement, le scepticisme ne serait-il pas un nouveau vaccin contre le charlatanisme à généraliser?
sham (Facebook, Twitter, Google+)
PS: cet article a été originellement publié sur le site de Jean-Michel Abrassart dans le cadre du concours organisé par ce dernier: http://scepticismescientifique.blogspot.fr/2013/05/quest-ce-quetre-sceptique-nima.html

Grillé, en lasagne, style « beef jerky », en smoothie, cru, en capsules… toutes les façons sont bonnes de manger son placenta!
À Hollywood, c’est simplement une chose stupide de plus que font les célébrités… mais elles ne sont pas seules! Des « entreprises » d’encapsulation de placenta, menées par des “accompagnatrices de grossesse” ou “doulas,” existent partout dans le monde, dont au Québec. Votre voisine en a peut même une et vous l’ignorez.
Bien sûr, vous n’avez pas à manger le placenta : vous pouvez le jeter, l’enterrer, l’empailler ou même faire des beaux dessins avec.
Le 18 avril dernier, j’ai eu l’occasion d’en discuter à l’émission radiophonique Médium Large de Radio-Canada. Voici ce que j’ai dit en résumé :
Mais comme le temps était limité, je n’ai pas eu la chance de sortir mes meilleurs arguments! Je vous les présente donc dans cette courte bande dessinée.






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