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d'après une sélection de blogs sceptiques.

Abeilles et néonicotinoïdes : le lecteur éclairé du Monde a toujours le bourdon ! Jolies photos ici Échec de la conciliation parlementaire Mercredi 25 mai 2016 : la commission mixte paritaire Assemblée Nationale-Sénat a échoué à trouver un compromis sur...
Laurent Louis est inventif. Ce matin, le politicien complotiste belge a relayé sur son profil Facebook un article de 7sur7.be sur le "diable d'Alep" ("Allepo evil"), cette maladie parasitaire aux effets spectaculaires du fait des graves lésions cutanées qu'elle est capable de provoquer.

Pour Laurent Louis, pas de doute, « nos gouvernements ont décidé de diffuser au sein de la population syrienne, via les crimes de leur allié DAESH (sic), un virus ravageur qui ne tardera certainement pas à s'implanter en Europe et dans le monde entier via les réfugiés que nos gouvernements poussent et encouragent à l'exil ».

Le reste du commentaire est à l'avenant :

« Le projet de dépopulation mondiale cher à Bill Gates et autres détraqués du Nouvel Ordre mondial n'est pas prêt de s'arrêter... Franchement QUI peut croire à ce virus qui sortirait de nulle part ??? Il est évident que ce virus est créé et propagé par les grandes puissances. Un peu comme ce SIDA créé par les USA et expérimenté au Congo qui, depuis, a envahi le monde entier... Nos dirigeants poursuivent leurs buts : nous tuer ! »

Un virus « sorti de nulle part », vraiment ? Il eut suffi à Laurent Louis de cliquer sur le lien url indiquant la source de l'information de 7sur7.be, en l'occurrence le tabloïd anglais The Sun, pour découvrir que cette maladie est en réalité bien répertoriée : il s'agit de la leishmaniose.

En consultant la notice Wikipédia dédiée à cette affection, il aurait découvert qu'elle est transmise par une sorte de minuscule moustique, le phlébotome, qu'elle existe depuis des siècles, qu'elle est présente dans 88 pays dans le monde et qu'elle ferait environ 2 millions de nouvelles victimes chaque année. Il aurait même pu, en ajoutant deux clics de plus, s'apercevoir que le laboratoire de parasitologie-mycologie du CHRU de Montpellier travaille sur le sujet depuis plus de quarante ans.


Voir aussi :
* Tuerie au Musée juif de Bruxelles : Laurent Louis « ne croit pas au hasard »
* « Le sida n'existe pas » : le VIH aussi a ses théories du complot

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
Plantes génétiquement modifiées : tout ce que les militants anti-OGM ne veulent pas savoir. À propos de « Genetically Engineered Crops: Experiences and Prospects » des Académies nationales des sciences, de l'ingénierie et de médecine des États-Unis Les...
Note de lecture de Kevin Moris - SPS n°316, avril 2016 « La beauté fascinante de la radioactivité se double de nos jours d'une inquiétude sur ses effets, qui va de la saine précaution à la peur irraisonnée. » (p. 16) Jean-Marc Cavedon est un physicien nucléaire qui travaille au Commissariat à l'énergie atomique (CEA) en tant que directeur de la prévention et de la sûreté nucléaire. Il a déjà écrit plusieurs ouvrages sur la radioactivité à destination du grand public. Ce petit livre est découpé en quatre (...) Notes de lecture
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Albert Rivera, le chef de file du jeune parti centriste espagnol Ciudadanos s’est rendu à Caracas en début de semaine dernière, à l’invitation de l’Assemblée nationale vénézuélienne, où il a rencontré les leaders de l’opposition. Une visite qui a suscité l’ire du gouvernement chaviste.

Dans son émission hebdomadaire, retransmise sur la chaîne de télévision publique VTV, le député chaviste Diosdado Cabello a présenté Rivera comme un représentant de « l’extrême droite en Espagne » (sic). « Vous ne pouvez pas permettre qu’un irresponsable vienne conspirer dans notre pays » a ajouté celui qui est aussi le vice-président du PSUV, le parti au pouvoir.

Commentant la visite de Rivera dans son pays, le président Nicolas Maduro a dénoncé un énième complot de l'oligarchie contre le Venezuela :

« Vous savez ce que c’est leur plan en vérité ? Déstabiliser, imposer la violence, pour livrer le pays, livrer notre patrie sur un plateau d’argent aux oligarques étrangers ».

Albert Rivera n’a pas tardé à répondre aux accusations de ses détracteurs chavistes. « En Espagne, nous choisissions des députés, nous ne les mettons pas en prison » a-t-il déclaré faisant allusion à l'emprisonnement de l'opposant Leopoldo López, dont il a rencontré l'épouse au cours de son séjour. « La théorie du complot permanente est l’excuse typique pour chercher des ennemis à l'étranger lorsque vous avez des problèmes intérieurs. Le plus grand ennemi du Venezuela n’est pas l’Espagne, c’est la faim, le manque de nourriture et le manque de liberté ».

Miné par une inflation galopante, les pénuries et l'insécurité, le Venezuela s’enfonce depuis plusieurs mois dans l'une des plus graves crises de son histoire. Mis en cause pour sa dérive autoritaire sur fond de scandales de corruption, le gouvernement de Nicolas Maduro a perdu la majorité au Parlement lors des élections législatives de décembre 2015.

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
« Des pesticides dans la bio, jamais ! »... signez la pétition ! L'internet et les réseaux sociaux ont ouvert une nouvelle avenue pour l'activisme : les « pétitions ». N'importe qui peut lancer une « pétition pour créer le changement que vous souhaitez...
Guerre des graines ou guerre contre les mauvaises herbes ? La réponse réside dans la « qualité de vie » Cami Ryan* Avez-vous déjà désherbé un jardin? Moi oui. Bien des fois. Je me souviens qu'enfant, j'aidais ma grand-mère à désherber son jardin. Parfois,...
Sel, savon, vinaigre et glyphosate Andrew Kniss* Une "alternative" au glyphosate... Cet article a été écrit en juin 2014. Il est toujours d'actualité, peut-être même davantage avec l'intention proclamée par notre gouvernement de ne pas renouveler l'autorisation...
par Bertrand Jordan - SPS n°316, avril 2016 Nous avons déjà évoqué dans ces colonnes [1] le résultat des études très détaillées sur les survivants des explosions d'Hiroshima et Nagasaki (120 000 survivants suivis depuis plus de soixante ans) et sur leurs descendants (76 000 enfants nés entre 1946 et 1984 et suivis depuis leur naissance). Ces résultats, attestés par plus d'une centaine de publications scientifiques, ne correspondent pas à ce que l'on imagine des suites de ces bombardements : en général, (...) Articles
Le fait de croire en la sorcellerie est une caractéristique proéminente de la vie quotidienne dans de nombreuses régions du monde. Dans le pire des cas, ces croyances conduisent jusqu'au meurtre, et elles peuvent aussi causer la destruction de la propriété ou l'ostracisme sociétal des individus accusés de sorcellerie. La première étude économique à grande échelle qui a exploré les croyances en la sorcellerie, définie au sens large comme étant l'utilisation de techniques surnaturelles pour faire du mal (...) - Psychologie / , , ,
Découvrez un blog... Une lectrice a proposé d'écrire et publier des articles sur ce site pour se faire connaître... enfin faire connaître son blog. Ce n'est pas une très bonne idée : il vaut mieux qu'elle peuple son propre blog. Mais cela me fait grand...
Greenpeace recrute au Sénégal Voici un billet vite fait. Greenpeace recrute au Sénégal. Pour connaître la nature du poste et les conditions d'emploi, il faudra dérouler le billet jusqu'à la fin. En voici le descriptif. Description du poste Développer...
Mylène Moisan du journal Le Soleil relate l'histoire d'une famille québécoise qui revient au Canada après avoir vécu en Californie (voir ici).

Parmi les raisons fournies, l'une d'elle fait sourire:

Il y a la religion. «Les Américains sont plus religieux que les Canadiens. La religion est présente partout et en plus, en Californie, il y a énormément de scientologistes. Je ne voulais pas que mes enfants soient exposés à ça.»

Il faut savoir que la Californie est l'endroit dans le monde où on retrouve le plus de scientologues.

Et non, ils ne sont pas des millions...

Il semble que cette dame a compris ce qu'était la scientologie et qu'elle n'a pas besoin de Ron Hubbard pour lui dire comment élever ses enfants...




Pour nous joindre: joecalzaghe1[arobase]yahoo[point]fr



Attention aux superpouvoirs des antibiotiques

Une des questions qu’on me pose le plus souvent est : trouves-tu qu’il se prescrit trop de médicaments ?

Et ma réponse est toujours la même : je trouve qu’il se prescrit trop de médicaments pour les mauvaises raisons et pas assez de médicaments pour les bonnes raisons.

Un des médicaments qu’on utilise beaucoup trop pour de mauvaises raisons, ce sont les antibiotiques. En fait, les antibiotiques sont tellement mal utilisés que c’est à se demander si quiconque a la moindre idée de ce à quoi ils devraient servir.

C’est pas juste moi qui le dis : toutes les autorités mondiales de la santé sont sur alerte rouge et décrivent la surutilisation des antibiotiques comme l’une des plus grandes menaces pour le futur de l’humanité. Si ça continue comme ça, plus aucun antibiotique ne sera efficace et la planète sera envahie par des bactéries résistantes, pratiquement invincibles aux traitements habituels.

… ouin, ça sonne vraiment négatif mon affaire. En fait, je me déprime moi-même.

Oublie tout ça. Je vais plutôt te raconter une histoire de superhéros vu que tout le monde trippe là-dessus en ce moment.

 

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Pourquoi les vitamines et les nutriments disparaissent-ils des produits alimentaires non GM aux USA Andrew Porterfield* Il y a aussi du sel "bio" en France... Cet article décrit une évolution que l'on peut considérer comme inquiétante, aux États-Unis...
Les psychanalystes ne désarment pas. L'obscurantisme résiste. S'auto-victimise. Se bat le dos au mur. Il est vrai que ce n'est pas facile de renoncer à un très juteux monopole, à une rente de situation qui dure depuis des décennies... Nulle part ailleurs...


Monsieur le Président de la République,
Nous nous adressons à vous une nouvelle fois, dans des circonstances similaires à la précédente, dans le but de contrer une campagne concertée de désinformation sur l’autisme de la part d’un certain nombre d’organisations représentant une partie de la psychiatrie française.

Les recommandations de bonne pratique de la Haute Autorité de Santé (2012), puis le 3ème plan autisme et l’attitude résolue du secrétariat d’état aux personnes handicapées, pouvaient laisser penser que la France avait laissé derrière elle des années de maltraitance et de mauvaises pratiques condamnées de multiples fois par le Conseil de l’Europe et l’Unesco. Quatre lettres ouvertes récentes signalent malheureusement un retour en force de l’obscurantisme. Il s’agit d’une lettre du 12 avril 2016, issue d’un certain nombre d’organisations psychanalytiques parisiennes et dénonçant le Centre ressources autisme d’Ile-de-France (CRAIF) ;  d’une pétition lancée le 10 mai 2016 demandant la suppression d’une circulaire interdisant le packing ; d’un communiqué de presse du 12 mai 2016 issu de 3 organisations de psychiatrie (FFP, CNU, CFQSP); et enfin d’une lettre signée de 4 autres organisations psychiatriques (SIP, API, FDCMPP, SFPEADA). De nombreux thèmes se retrouvent de manière récurrente à travers ces quatre lettres. 

Elles prennent la défense de la psychiatrie institutionnelle pour l’autisme et en dressent un tableau flatteur, comme d’une discipline ouverte sur le monde et aux dernières connaissances scientifiques, aux antipodes de ce dont la plupart des familles d’enfants autistes peuvent faire quotidiennement l’expérience. Elles revendiquent des pratiques « intégratives », terme fourre-tout qui n’est qu’un cache-sexe pour un ensemble de pratiques sans cohérence et sans validation scientifique.

Sont dénoncés des conflits d’intérêts, sans pour autant donner la moindre précision qui permette de vérifier la réalité des faits dénoncés, tout en se gardant bien de mentionner les conflits d’intérêts massifs des psychiatres psychanalystes qui vivent des subsides de l’état et de l’assurance-maladie, tout en continuant à revendiquer des pratiques sans validité scientifique connue et sans efficacité éprouvée, en pleine contradiction avec le code de déontologie médicale. 

Des « familles inquiètes » « de plus en plus nombreuses » sont évoquées à l’appui des propos des organisations psychiatriques, en même temps que les associations représentées dans le Collectif autisme sont vilipendées et assimilées à une poignée d’extrémistes. Un tel renversement de perspective est vertigineux, quand on sait que le collectif autisme fédère la plupart des associations et représente plusieurs dizaines de milliers de familles, alors que les seules associations citées comme soutenant les pratiques psychanalytiques sont la Main à l’Oreille et le RAAHP, deux associations virtuelles au nombre d’adhérents inconnu en dehors de leurs porte-paroles s’exprimant dans tous les congrès psychanalytiques.

Sont évoquées « des dérives antidémocratiques » et la demande aux gouvernants d’un « retour à la démocratie ». C’est totalement méconnaître le fait qu’en science comme en médecine, la vérité et l’efficacité ne sont pas affaire de démocratie et ne s’établissent pas par un vote. L’histoire a amplement montré que l’immense majorité des médecins peut avoir tort de persister dans certaines pratiques (la saignée pendant 2000 ans, l’usage systématique des antibiotiques jusqu’à récemment), et que seules des études scientifiques rigoureuses (comme les essais randomisés contrôlés) peuvent déterminer avec fiabilité quelles pratiques médicales ont une certaine efficacité. Réclamer de la démocratie dans ce domaine, c’est vouloir obtenir par le rapport de forces (encore favorable à la psychanalyse au sein de la psychiatrie et dans les cercles du pouvoir) ce que l’on ne peut obtenir par la science et par la raison. Un tel argument est donc parfaitement irrecevable et inacceptable.

Alors que les autres textes jettent un voile pudique et hypocrite sur leurs références théoriques, la pétition en faveur du packing revendique explicitement l’héritage psychanalytique, l’assimilant à une théorie scientifique à l’égal de la géométrie euclidienne ou de la physique quantique (excusez du peu) ! Faire un tel parallèle revient à vider l’approche scientifique même de toute sa substance, tant la psychanalyse a su se mettre à  l’abri de toute réfutation et a jusqu’à aujourd’hui largement ignoré les évaluations basées sur des données factuelles. Ce n’est pas le moindre des paradoxes que d’arguer ensuite que le gouvernement aurait dû attendre les résultats de l’essai clinique sur le packing, démarré en 2009 et dont les résultats n’en finissent pas de se faire attendre (sans parler de sa méthodologie discutable).

Enfin, la lettre du 12 avril 2016, rendue publique récemment, dénonce le Centre ressources autisme d’Ile-de-France (CRAIF) pour avoir refusé de diffuser les annonces de leurs brillantes formations et journées d’études sur les psychoses infantiles (catégorie diagnostique désuète dans le reste du monde et recouvrant partiellement le trouble du spectre autistique). Cette lettre surréaliste reproche au CRAIF de faire précisément le travail pour lequel il est financé, à savoir, diffuser des connaissances à jour sur l’autisme et promouvoir les bonnes pratiques, ce qui implique, bien entendu, de faire un tri parmi toutes les informations et publicités reçues, afin d’éviter de diffuser des communiqués allant à l’encontre des connaissances scientifiques et des pratiques recommandées pour l’autisme (tous les CRA ne peuvent pas en dire autant). 

L’explication de texte faite dans cette lettre sur la distinction lexicale entre pratiques « non consensuelles » et « non recommandées » est particulièrement savoureuse, quand on se souvient qu’en 2012 la HAS, sur la base de l’examen exhaustif des données scientifiques, avait initialement déterminé que les approches psychanalytiques et la psychothérapie institutionnelle étaient « non recommandées ou non consensuelles». C’est alors que la version préliminaire du rapport avait opportunément fuité dans la presse (Libération du 13 février 2012), puis que des psychanalystes avaient fait jouer leurs appuis politiques pour subrepticement faire promouvoir ces pratiques au rang de « non consensuelles » lors de la publication officielle de la recommandation de bonnes pratiques. Déjà à l’époque, le trafic d’influence tentait de se substituer (non sans succès, malheureusement) à l’examen objectif des données scientifiques. Un tel scandale va-t-il à nouveau se reproduire ?

Enfin, soulignons que « la recherche INSERM sur les psychothérapies conduite par JM Thurin » qui tendrait « à démontrer l'efficacité de la psychothérapie psychanalytique dans la prise en charge de l’autisme » est une vaste supercherie, qui a été analysée en grand détail dans un article récent (Approches psychothérapiques de l'autisme: A propos d'une étude française de 50 cas, F. Ramus, 2016). Il est stupéfiant que les auteurs de cette lettre osent encore évoquer une « étude » aussi discréditée. Cela a tout de même le mérite de montrer que, s‘il s’agit là des seules données scientifiques que la psychanalyse pour l’autisme est en mesure de revendiquer, c’est bien que le dossier reste désespérément vide, aussi vide que lorsque la HAS a publié sa recommandation de bonne pratique il y a 4 ans.

En résumé, il n’y a absolument aucune raison de reprocher au CRAIF de refuser de diffuser des informations relatives à des approches de l’autisme contraires à celles recommandées par la Haute Autorité de Santé, pas plus qu’il n’y a de justification scientifique à laisser pratiquer le packing dans des établissements sous financement public. Les organisations psychiatriques ne regagneront pas la moindre crédibilité en continuant à revendiquer des théories et des pratiques d’un autre âge, et en refusant obstinément d’évoluer, comme toutes les autres spécialités médicales, vers la médecine fondée sur des preuves. Leurs revendications doivent être prises pour ce qu’elles sont : des revendications purement corporatistes, visant à pouvoir perpétuer ad vitam les pratiques du passé, sans jamais avoir à les mettre à jour en fonction des connaissances scientifiques nouvelles, et sans jamais avoir à rendre de compte en contrepartie du financement public. De telles revendications sont totalement inacceptables, à la fois pour les familles d’enfants autistes, pour les contribuables et cotisants à l’assurance-maladie, et pour les gouvernants responsables de la santé publique.

Franck Ramus, directeur de recherches au CNRS
Le KOllectif du 7 janvier
Houda Benyamina, palme d'or du complotisme ?‏
Récompensée à Cannes dimanche par la Caméra d'or pour Divines, une coproduction franco-qatarie, Houda Benyamina aurait une inavouable propension au complotisme. C'est ce que pointe ce matin la journaliste et essayiste Eugénie Bastié dans un tweet décapant.

Le 15 novembre 2015, deux jours après les attentats de Paris, la réalisatrice franco-marocaine postait sur son compte Facebook un dessin de presse suggérant que Daesh est en réalité manipulé par Israël et les Etats-Unis (ci-dessus à droite).

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
Réunion des ministres de l’agriculture de l'OCDE, Stéphane Le Foll et l'agro-écologie Les 7 et 8 avril 2016 s'est tenue une réunion du Comité de l'Agriculture de l'OCDE au niveau des ministres. Le thème : « Des politiques meilleures pour un système alimentaire...

Ceci n’est pas un billet de blogue. C’est plutôt une tentative de justification de l’absence de billet qui s’est transformée en leçon d’humilité sur la complexité des débats en sciences cognitives. Explications (évidemment).

Tout cela a commencé par la rébellion des Patriotes au Québec en 1837-38… ;-) En effet, pour nos lecteurs et lectrices de la francophonie hors Québec, c’était hier jour férié au Québec pour commémorer ces événements tragiques. C’était aussi l’une des premières belles journées de ce printemps tardif et j’ai décidé de mettre en pratique quelques conseils exprimés sur ce blogue ici ou et d’aller faire de la marche en montagne et du vélo avec fiston.

Voilà donc pourquoi il n’y avait pas eu de billet lundi. Et puis ce matin je me suis dit : « Je vais faire un billet vraiement court sur un sujet facile qui ne me prendra qu’une partie de mon avant-midi ». Je dois en effet consacrer toutes mes journées d’ici au 1er juin à la préparation d’une grosse formation d’une journée que je dois donner aux professeur.es du cégep de Valleyfield. Cet établissement va en effet offrir dès l’automne prochain le premier profil en sciences cognitives au niveau collégial au Québec (voir le premier lien ci-dessous).

Or ayant commencé à lire la veille un article démontant la métaphore cerveau / ordinateur, j’ai pensé qu’un billet là-dessus serait assez vite réglé, les principales différences pouvant être comprises assez simplement. « Epic fail », comme dirait le fiston en question en phase avec les expressions virales de son temps.

C’est que le texte que le psychologue Robert Epstein a publié la semaine dernière sur le site web Aeon affirmant que notre cerveau n’est pas un ordinateur a suscité dans les jours qui ont suivi une avalanche de répliques et de commentaires pour le moins très critiques de son essai. Epstein a eu beau rappeler d’entrée de jeu dans son article que de tout temps, la technologie la plus avancée d’une époque a servi de métaphore à l’outil qui nous permet de penser (système hydraulique, automate mécanique, télégraphe et, inévitablement à partir du milieu du XXe siècle, ordinateur), il semble que l’ordinateur comme modèle de ce qui se passe dans notre cerveau ait encore de féroces défenseurs (voir les 3 derniers liens ci-dessous, du plus modéré au plus enragé !). Ou plutôt le type d’opération qu’accomplit un ordinateur et que les gens en intelligence artificielle appellent des « computations ». Car s’il y a une chose que j’ai retenue de ce débat, c’est bien l’importance de définir les termes dont on parle, surtout quand on provient de différentes disciplines.

Comme je vous le disais, je n’aurai pas le temps d’écrire de billet aujourd’hui… C’est pour ça que je vais continuer (!) en vous citant simplement ce passage qui permet un tout petit peu de commencer à comprendre pourquoi ce débat a éclaté si vivement, à savoir le sens équivoque que les deux parties peuvent donner à des mots comme « ordinateur » ou à des expressions comme « traitement de l’information »:

« The author often points to differences between us and actual computers. No one who employs the information processing metaphor is (should be?) claiming that we are *identical* to human-made computers. Rather, the claim is that there’s some abstract sense of ‘information processing’ under which both human brains and computers are implementations. In order for both of those things to be implementations, they need not do so with the exact same kinds of mechanisms, nor must they have the exact same kinds of abilities. (This is why I find the discussion of the dollar drawing case so strange – no one is claiming that we store visual representations of objects in the way that an actual human-made computer does.) »

Comme le souligne Jackson Kernion ici (désolé pour l’absence de tradution), tout dépend du niveau d’abstraction avec lequel on considère le concept de traitement de l’information. Dans le détail concret de ses mécanismes, il est probable que le cerveau et l’ordinateur ne traitent pas l’information de la même manière, mais dans un sens plus général c’est ce qu’ils font tous les deux, soutiennent plusieurs auteurs. Et comme y fait allusion Kernion dans sa parenthèse à la fin de l’extrait, certains argements centraux du texte de Epstein, comme celui démontrant que les êtres humains ne stockent pas de l’information dans leur mémoire pour aller ensuite la récupérer telle quelle comme le font les ordinateurs sur leur disque dur ou leur mémoire vive, sont devenus sont devenus des évidences. Car nos souvenirs sont encodés de façon distribuée dans de vastes réseaux de neurones aux connexions renforcées. Et lorsqu’on se remémore quelque chose, on réactive ces réseaux qui sont par définition modifiables, et qui se sont donc forcément modifiés entretemps. Par conséquent, un souvenir humain ne peut qu’être une reconstruction car en réactivant les réseaux neuronaux responsables d’un souvenir, on réactive en même temps toutes sortes de choses, y compris les affects du moment qui vont donner une coloration particulière à ce souvenir.

Mais ça, ce sont des différences évidentes entre le cerveau et l’ordinateur, ces choses faciles à expliquer que je cherchais pour ne pas avoir à écrire un billet trop long… Le noeud du débat qui m’a happé comme un véritable trou noir (fallait pas que je commence à lire les commentaires, fascinants pour la plupart, sous chacun des articles!) réside beaucoup plus dans la question de savoir quels types de computation accomplissent les ordinateurs et en quoi diffèrent-ils de ceux que peuvent accomplir notre cerveau. Et là je dois dire que j’ai assez vite atteint les limites de mes propres capacités computationnelles !

Et même la façon dont Epstein présente l’alternative à cette conception pour lui trop computationnelle, l’approche générale de la cognition incarnée, est accusée d’être décrite de façon  imprécise par certains de ses détracteurs qui affirment également que les conclusions qu’il en tire, en particulier avec le « outfielder problem » que nous avons présenté ici il y a trois semaines, sont aussi erronées (il serait faux de dire, par exemple, que l’heuristique incarnée employée par le joueur de baseball n’implique aucune computation, du moins dans le sens définit par les gens qui travaillent dans le domaine).

Voilà donc pourquoi « ceci n’est pas un billet de blogue », mais une justification de l’absence probable de billet la semaine prochaine, puisque je devrai rattraper le temps perdu aujourd’hui (mais ô combien instructif) pour présenter certaines de ces idées pas trop confusément le 1er juin !

i_lien Baccalauréat international en Sciences cognitives (Collège de Valleyfield)
i_lien The empty brain (your brain is not a computer )
a_lien Does the idea that your brain is an organ responding to stimuli change your sense of self?
a_lien Robert Epstein’s empty essay
a_lien Yes, Your Brain Certainly Is a Computer

Pour cet épisode, Jérémy Royaux interviewe Grégoire Perra, ancien anthroposophe et ancien enseignant d’une école Steiner-Waldorf.

Écouter l’interview…

Pour cet épisode, Jérémy Royaux interviewe Grégoire Perra, ancien anthroposophe et ancien enseignant d’une école Steiner-Waldorf

Pour plus d’informations, voici le blog très complet de Grégoire Perra :

https://veritesteiner.wordpress.com/tag/gregoire-perra/

 

voici également son intervention pour l’UNADFI ainsi que la réponse de la fédération des écoles Steiner-Waldorf en France :

http://www.unadfi.org/lendoctrinement-%C3%A0-l%E2%80%99anthroposophie-dans-les-%C3%A9coles-steiner-waldorf

(l’intervention complète de Grégoire Perra est dans les liens tout en bas en PDF)

 

Restrictions d'utilisation de néonicotinoïdes : les agriculteurs de l'Ontario twittent Les néonicotinoïdes, comme chacun sait, sont un sujet très controversé. Ce qu'il y a d'extraordinaire, c'est que les controverses peuvent être localisées : les néonics...
Dans mon article précédent, je vous présentais l’album Riposte ! comment répondre à la bêtise ordinaire, publié aux éditions Syros, et j’évoquais d’autres ouvrages du même éditeur destinés davantage aux adolescents. Parmi eux, deux livres construits selon la même logique. :  Les mots indispensables pour parler du sexisme et Les mots indispensables pour parler du racisme. […]
Par Courrier International
Quand le Kremlin fait passer l’opposant Navalny pour un agent de la CIA
La chaîne d’Etat russe Rossia 1 a annoncé la diffusion prochaine d’un documentaire "inédit" qui présente l’opposant politique Alexeï Navalny comme un agent secret travaillant pour le compte de la CIA.

Un extrait diffusé dans le JT du 10 avril présente une série de documents qui proviendraient du service de renseignements britannique, le MI6, et qui auraient été obtenus en Ukraine, où les serveurs du MI6 et de la CIA auraient été hébergés, rapporte le journal d’opposition Novaïa Gazeta.

Ces documents accusent Navalny, leader du Parti du progrès, opposant et militant anticorruption, de travailler à la "déstabilisation de l’ordre constitutionnel de la Fédération de Russie", et, plus grave encore, d’être impliqué dans le meurtre du juriste Sergueï Magnitski, accusé de fraude fiscale en 2009 et mort en détention préventive après avoir refusé de signer une déposition prérédigée.

Mais des fautes de grammaire et des inexactitudes grossières truffent ces documents "inédits" du MI6 prétendument rédigés par des locuteurs de langue anglaise, ont fait remarquer des utilisateurs de Twitter (...)

Lire la suite sur le site de Courrier International.


Voir aussi :
* Crash du vol MH17 : une journaliste de Russia Today démissionne
* Assassinat de Nemtsov : un an après, que vaut la thèse de la « provocation » ?

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot

 

 

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