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d'après une sélection de blogs sceptiques.

Quand on s’intéresse aux phénomènes les plus étranges et difficiles à expliquer comme l’origine de l’univers ou la conscience humaine, il n’est pas étonnant de tomber sur des hypothèses qui nous semblent pour le moins… étonnantes !

C’est ainsi que, depuis un certain nombre d’années, des acteurs importants dans le domaine de la recherche sur la conscience en viennent à adopter une position qui fut traditionnellement associée à la spiritualité orientale ou aux divers courants « new age » : le panpsychisme. Cette idée fut longtemps considérée avec circonspection par la science occidentale parce qu’elle suppose que la conscience pourrait être largement répandue dans le monde physique et pas seulement l’apanage de l’humain et de quelques autres grands singes.

Pas facile en quelques lignes de dire ce qui pousse des gens comme David Chalmers ou Christof Koch à tendre vers cette position. Mentionnons tout de même que Chalmers a contribué à définir le problème difficile de la conscience (« hard problem », en anglais), c’est-à-dire la difficulté d’expliquer comment quelque chose de foncièrement subjectif comme la conscience peut être expliqué par des états de la matière, en l’occurrence de l’activité cérébrale. Évidemment tous n’acceptent pas intégralement les termes de ce dilemme, de ce « fossé » qui sépare les deux choses (« explanatory gap », en anglais).

N’empêche, des gens comme Koch qui s’affairent depuis au moins deux décennies à scruter la conscience avec les outils des neurosciences pour en montrer les corrélats neuronaux peuvent en venir à adopter une vision proche du panpsychisme. Cette vision des choses permet en effet de résoudre une des grandes énigmes reliées à l’étude de la conscience quand on la considère d’un point de vue évolutif : si les humains sont conscients, que l’on s’entend pour dire que d’autres primates ont aussi une forme de conscience, que les chiens en ont probablement aussi une certaine forme, et peut-être aussi les oiseaux, etc., alors où s’arrête-t-on ?

Comme pour bien d’autres choses, la notion de libre arbitre par exemple, la conscience semble être une question de degrés, et il est possible d’imaginer des formes de consciences très minimales dans des systèmes neuronaux (ou informatiques) beaucoup plus simples qu’un cerveau humain. Quelque chose qui émergerait naturellement avec la complexification des structures, qu’elles soient vivantes ou non…

* * *

Ce genre de question offre « des heures de plaisir » à qui daigne s’y intéresser un tant soit peu. Encore faut-il avoir accès aux articles de ces scientifiques et de ces philosophes qui passent leur vie à les explorer. Ce qui n’est pas toujours facile avec le système de publication académique de revues spécialisées payantes.

Mais de plus en plus d’initiatives de publications de qualité accessibles gratuitement voient le jour. La dernière en date dans le domaine de la recherche sur la conscience s’appelle Open Mind, un site web qui vient d’être lancé par le philosophe de l’esprit Tomas Metzinger et son équipe (voir le 2e lien ci-bas). Celle-ci comprend de nombreux étudiant.es gradué.es et professeur.es qui ont colligé plus de 1500 pages d’articles écrits par plus de 90 auteurs différents sur un nombre impressionnant de sujets reliés à l’étude de la conscience et des sciences cognitives au sens large.

Metzinger et sa collègue Jennifer Windt ont choisi de marquer la 20e réunion du groupe de recherche Mind qu’ils coordonnent depuis 2003 non pas en organisant une conférence universitaire standard avec son inévitable empreinte massive de CO2 liée aux déplacement des invité.es, mais plutôt en créant quelque chose de plus durable qui pourrait bénéficier pendant les années à venir aux étudiant.es et chercheur.es moins privilégié.es, par exemple ceux de pays tels que l’Inde, la Chine ou le Brésil.

Histoire que tout le monde puisse avoir accès à des articles comme ceux du neurophysiologiste Wolf Singer, qui rappelle l’état actuel des recherches sur les corrélats neuronaux de la conscience. Ou ceux d’un Daniel Dennett qui explique pourquoi la conscience pourrait bien n’être qu’une illusion. Ou encore ceux de Heiko Hecht qui se demande pour sa part en quoi, exactement, une illusion peut consister. Des heures de plaisir, disait-on…

i_lien Why can’t the world’s greatest minds solve the mystery of consciousness?
a_lien Open Mind

Par Francetv info
Attentats : près d'un Français sur cinq penche pour un complot (CSA)
Selon un sondage CSA publié dimanche, 17% des Français interrogés doutent de la version officielle des attentats terroristes perpétrés à "Charlie Hebdo" et à la porte de Vincennes.

C'est un chiffre inquiétant. 17% des Français douteraient de la version "officielle" des attentats perpétrés à Charlie Hebdo et à la porte de Vincennes, début janvier, et pencheraient plutôt pour l'hypothèse d'un complot, selon un sondage CSA publié dimanche 25 janvier par le site Atlantico.

Dans le détail, 4% des personnes interrogées se disent convaincues qu'il s'agit d'un complot, tandis que 13% penchent "plutôt" pour cette théorie. A l'inverse, 83% des sondés considèrent que les premières explications avancées par les autorités sont bien réelles. (...)

Lire la suite sur Francetv info.


Voir aussi :
* Attentats commis par des islamistes à Paris : 30% des sondés ont des doutes ou ne se prononcent pas (Ifop)

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
Par Sud-Ouest.fr
Attentats commis par des islamistes à Paris : 30% des sondés ont des doutes ou ne se prononcent pas
Les résultats d'un sondage Ifop pour Sud Ouest Dimanche montrent que seulement 70% des personnes interrogées sont certaines que les attentats ont été réalisés par des terroristes islamistes.

Pensez-vous qu'il est certain que les attentats de Paris début janvier ont été planifiés et réalisés par des terroristes islamistes ? A cette question, les Français sont 70% à répondre "oui". Il s'agit de l'un des résultats du sondage réalisé par l'institut Ifop pour Sud Ouest Dimanche.

30% des Français plus nuancés

La version "officielle" n'est donc pas partagée par une partie des sondés. 16% d'entre eux estiment en effet qu'il reste des zones d'ombres, "que ce n'est pas vraiment certain que ces attentats ont été planifiés et réalisés uniquement par des terroristes islamistes." (...)

Lire la suite sur Sud-Ouest.fr.

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot


Le réputé documentariste américain Alex Gibney présente, demain, au festival de films de Sundance, un documentaire sur la scientologie. Inspiré par le livre de Lawrence Wright paru plus tôt, ce documentaire comporte apparemment des entrevues exclusives.

Il sera aussi présenté à la télévision, sur la chaîne payante HBO, le 16 mars prochain.


Ci-dessous, la traduction de l’article Why Smart People Are Not Always Rational écrit par Barbara Drescher qui enseigne la psychologie cognitive et quantitative à la California State University (Northridge).

Paul Frampton est tombé dans un piège. En novembre 2011, cet homme divorcé de 68 ans a fait la connaissance sur un site de rencontre de Denise Milani, une top modèle d’une trentaine d’années. En janvier 2012, Paul proposa d’aller à sa rencontre bien qu’il ne lui ait jamais parlé par téléphone ou via Skype. La rencontre devait avoir lieu en Bolivie où Denise devait faire un shooting photo. Deux semaines plus tard, Paul se retrouvait détenu dans une prison de Buenos Aires (Argentine) pour transport illicite de plus d’un kilo de cocaïne.

Voici l’histoire en quelques mots : Paul reçu un billet pour un voyage au départ de Chapel Hill, Caroline du Nord, à destination de La Paz, Bolivie, en passant par Toronto. Arrivé à Toronto, il découvrit que le billet pour la deuxième étape était invalide. Il attendit à Toronto pour un autre billet. Il arriva finalement en Bolivie avec quatre jours de retard. Hélas, Denise n‘y était plus. Il apprit qu’elle était partie à Bruxelles pour une autre séance photo. Elle lui enverrait un second billet pour la rejoindre mais à condition qu’il lui rapporte une valise qu’elle avait oubliée en Bolivie.

Neuf jours plus tard, un homme lui remit une valise noire complètement vide. Cette valise n’avait de particulier, rien qui puisse expliquer pourquoi Denise voulait qu’il lui apporte cette valise et pas une autre. Paul remplit cette valise avec du linge sale à lui et se rendit à l’aéroport. Il allait enfin pouvoir rencontrer Denise à Bruxelles.

Mais il se fit prendre à l’aéroport de Buenos Aires, où il faisait une escale.

Des indices suggèrent que Paul savait que la valise contenait de la cocaïne et avait même une bonne idée de la quantité qu’il transportait. Mais il semble également que Paul croyait sincèrement que Denise l’aimait. Il semblait croire qu’ils allaient vendre la cocaïne ensemble, se marier, s’installer quelque part et fonder une famille.

Si vous êtes comme moi, à ce moment de la lecture, vous vous demandez comment cet homme a put être aussi stupide ?

Pourtant, Paul Frampton est Professeur de Physique à l’Université de Caroline du Nord (Chapel Hill) et a plus de 450 publications scientifiques à son actif. Il a également coécrit des articles avec trois prix Nobel. Il n’est donc pas si stupide.

NdT : Pour plus de détails sur l’histoire de ce professeur, voir ce lien en anglais.

Un exemple concret → Mensa

À la fin des années 80, j’étais une jeune adulte et comme beaucoup de mes pairs, j’étais à la recherche de quelque chose. À la recherche de personnes avec qui j’avais des intérêts communs, avec qui je pouvais discuter sciences, littérature – vous savez, ce genre de choses qui vous donne le sentiment d’avoir atteint un nouveau niveau de compréhension du sens de la vie. Les organisations « sceptiques » n’étaient pas aussi nombreuses et aussi développées qu’aujourd’hui. Bien que j’en connaissais quelques unes, je ne les considérais pas encore comme sources potentielles de stimulation intellectuelle.

À cette époque, je décidais de rejoindre Mensa.

Pour ceux qui n’ont jamais entendu parlé de Mensa, il s’agit d’un club dont la seule condition pour en devenir membre est d’avoir un QI supérieur à celui de 98 % de la population. Cela représente 1 personne sur 50, ce qui, en fait, n’est pas si sélectif cela. Mais, en ce temps là, je pensais que se serait suffisant pour me garantir de rencontrer des gens intéressants. Entourée de ces personnes, je m’attendais à me sentir probablement un peu stupide et à être intimidée. Mais ce ne fut pas le cas.

Imaginez mon excitation quand j’ai reçu cette enveloppe contenant un pack de bienvenue m’informant de l’organisation d’événements et de l’existence de groupes d’intérêt spécialGIS (special interest group – SIG en anglais). « Scrabble par mail » mouais, c’est cool, mais si ce que je voulais était un jeu stimulant, je pouvais simplement rester à la maison et laisser ma maman me botter les fesses au ScrabbleTM. « GIS écrivains ». Déjà mieux. « GIS Star Trek » ? Génial. Puis, je les ai vu : « GIS PES (Perception Extra-Sensorielle) », « GIS Astrologie », « GIS Anges ». Hum…

Mon intérêt pour Mensa et les GIS diminua rapidement. Ensuite, j’ai eu un job dans une entreprise de développement logiciel et je me suis retrouvée entourée de gens plus intelligents que moi. J’avais toujours gardé l’intention de donner encore une chance à Mensa, mais je n’ai finalement jamais trouvé le temps de le faire. Au moment de renouveler mon adhésion, je ne l’ai pas fait.

Bien des années plus tard alors que mes enfants étaient petits, j’ai tout de même renouvelé mon inscription à Mensa, pensant que mes petits garçons, geek et malins, se sentiraient mieux acceptés parmi d’autres enfants également intelligents. Les GIS que j’avais remarqués à l’époque étaient toujours là. Voici quelques exemples de GIS que l’on peut trouver aujourd’hui :

  • Parapsychologie (phénomènes psychiques)
  • Théories conspirationnistes
  • Survivalistes (Preppers en anglais)
  • La ribambelle des groupes religieux, en ce compris le groupe des athées.

Puis, j’ai lu le Bulletin Mensa. Un des articles principaux m’informait « qu’il n’existait pas de consensus scientifique » concernant la nature anthropique du réchauffement climatique et que le réchauffement anthropique est un produit du « Maccarthysme ». C’était en 2008, après une déclaration du GIEC supportant clairement l’existence d’un consensus scientifique sur l’existence et la nature anthropique d’un réchauffement climatique. L’auteure y faisait une critique sévère et ironique du fait de « lancer des affirmations sans preuves », alors que ses propres arguments étaient clairement fallacieux et irrationnels, et je ne pensais pas cela simplement parce que j’étais en désaccord avec sa conclusion. Ma lettre envoyée à l’éditeur n’a jamais été publiée. Je n’ai pas été surprise. Je n’ai encore jamais assisté à un évènement Mensa et mon statut de membre est , je pense, « inactif » de façon permanente.

Intelligence n’est pas rationalité

Mensa a été fondée il y a plus de 65 ans, principalement dans le but de promouvoir l’intelligence au service du bien de l’humanité. Cependant leur liste de réalisations est assez courte (et encore…). Ils pensaient probablement qu’en unissant leurs forces, ils pourraient résoudre tous les problèmes du monde. Malheureusement, « l’intelligence » ne fonctionne pas comme ça.

La plupart des gens considèrent que l’intelligence et la rationalité sont la même chose. J’entends parfois des gens parler de personnes « débrouillardes » (street-smart) ou dotées de « bon sens » et de les comparer à des « intellectuels » (book-smart). Pourtant, nous semblons vouloir continuer à lier intelligence et connaissances avec un comportement rationnel, comme si la rationalité était un sous-produit de l’intelligence. Même les sceptiques ont souvent tendance à penser qu’il suffit donner les bons arguments pour que les gens changent leur position concernant les vaccins, la perception extra-sensorielle et le réchauffement climatique. Mais ce n’est pas de cette façon que les gens fonctionnent.

Fondamentalement, quand les psychologues parlent de « rationalité », ils font référence à des structures de croyances et des comportements qui optimisent la réalisation d’un objectif. En d’autres mots, les processus de pensée et les comportements qui nous conduisent à obtenir ce dont on a besoin ou que l’on désire, comme éliminer la faim dans le monde. Cela peut être déroutant car nous pensons souvent que nous atteignons nos objectifs en prenant les bonnes décisions. Pourtant, la réalité est que, souvent, nous définissions quels étaient les objectifs après avoir fait un choix. Nous faisons cela pour réduire la dissonance cognitive.

Dès lors, on peut se demander ce que « intelligence » signifie ? J’aime à dire que l’intelligence est ce qui est mesuré par les tests de QI. Ils mesurent une «aptitude cognitive » (avec une certaine erreur). C’est bien là que se trouve le hic : aptitude et performance ne sont pas la même chose.

En psychologie, nous faisons la différence entre situations de performance optimale et situations de performance typique (quelques explications sur ce lien en anglais). En situations de performance maximale, les participants ont conscience qu’on attend d’eux qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes. Ils savent ce qu’ils doivent faire pour maximiser leur performance. Ces tests ont pour objectif de mesurer ce que les personnes sont capables de faire. Par contre, en situation de performance typique, des instructions de maximisation de performance sont rarement données et les objectifs des tests associés sont souvent globaux. Ces tests tentent d’évaluer comment les personnes réagissent dans une situation « typique », ce qu’elles feraient.

Les tests de QI représentent des situations de performance maximale. Ils mesurent une aptitude cognitive. La rationalité ne peut être évaluée sans tenir compte de la performance des personnes en conditions typiques. La raison est que la rationalité fait intervenir à la fois des aptitudes cognitives et des dispositions de raisonnement particulières.

Mon but n’est pas de détruire les tests de QI. Ils mesurent ce qu’ils sont censés mesurer, i.e. l’intelligence et l’intelligence est une chose très utile. C’est également une composante importante de la pensée rationnelle. Mais l’intelligence ne doit pas être confondue avec la rationalité. Sans rationalité, nous ne faisons pas toujours les choix qu’il faut pour résoudre les vrais problèmes.

Il y a de très nombreuses raisons pour lesquelles les êtres humains peuvent être irrationnels et la plupart des lecteurs de ce blog (skeptic insight) sont familiers avec un grand nombre d’entre elles. Nous avons tendance à penser que « plus est toujours mieux ». Cependant, nous échouons misérablement lorsque nous essayons de comprendre les probabilités et d’évaluer les risques. Nous cherchons des preuves pour conforter nos croyances plutôt que d’accepter ce que les faits nous disent sur ce qui probablement vrai. Les gens que nous aimons sont toujours innocents, toujours bons et ont toujours raison. Nous achetons des billets de loterie, jouons à la roulette et payons des extensions de garantie. Nous avons peur de prendre l’avion mais nous conduisons ivres. Parce que nous conduisons mieux quand nous sommes ivres, pas vrai ?

Et pourtant, nous sommes capables de dépasser nos tendances naturelles. Nos cerveaux ne sont pas cassés. Ils ont juste un défaut de fabrication. Malheureusement, l’intelligence n’est pas suffisante pour outrepasser les défauts.

Dans mon prochain article, je parlerai des ces dispositions de raisonnement que j’ai mentionné plus haut et j’expliquerai comment elles peuvent nous aider ou nous tromper quand nous prenons des décisions ou que nous développons certaines croyances. En attendant, quand vous entendrez parler de « comportements irrationnels », essayez de vous rappeler que les gens ne sont pas irrationnels juste parce qu’ils seraient stupides, ou auraient fait quelque chose de stupide ou encore croiraient en quelque chose d’irrationnel.




show enclosure

()
Par Rue89
Charlie Hebdo : qui sont ces sites qui vous parlent de complot ?
OK, les théories conspirationnistes fleurissent partout sur Internet. Mais vous avez plus de chances de tomber sur l’un de ces huit sites. Nous les avons examinés ; découvrez qui vous parle à travers eux.

Au sommaire :

Media-presse-info
Wikistrike
Stop mensonges
Egalité et réconciliation
Les Moutons enragés
Réseau Voltaire
Panamza
Alter Info

Lire la suite sur Rue89.

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
Par Thomas VDB

Carte Blanche à Thomas VDB par franceinter

Source : France Inter, 22 janvier 2015.

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
Swissinfo.ch donne la parole à une scientologue (voir ici) et à un(e) ex-scientologue (voir ici).

Il y a aussi un débat sur le sujet (voir ici).



Pour nous joindre: joecalzaghe1[arobase]yahoo[point]fr
Rendements du maïs transgénique : petite partie de ping-pong avec Stéphane Foucart.

Il arrive que Stéphane Foucart, auteur d’une chronique hebdomadaire dans la rubrique Planète du Monde, prenne quelques libertés avec les faits. Ses récentes affirmations sur l’évolution de rendements du maïs transgéniques outre-Atlantique ont fait l’objet d’une réfutation par la lettre d’Agriculture et Environnement, publiée par Gil Rivière-Wekstein. Loin de reconnaître son erreur, qui aurait pu être mise sur le compte de la précipitation ou d’un biais de confirmation, Foucart a réagi sur Twitter d’une façon qui permet de douter de sa bonne foi.

Tout est parti d’un article de Stéphane Foucart dans le Monde du 28 octobre 2014. « Technologie n’est pas magie », nous rappelle justement le journaliste. Nous ne nous attarderons pas sur le commentaire du petit livre « vif, iconoclaste, et injustement négligé depuis sa parution en avril » dont il est question au début de sa chronique, mais sur l’exemple qu’il a choisi pour illustrer son propos :

« L’exemple des plantes génétiquement modifiées est à ce titre éloquent. Le sentiment que l’Europe a perdu gros avec son refus obstiné de ces cultures est si puissant que les apôtres de la transgénèse ne trouvent pas de mots assez durs. (..) Pour une culture comme le maïs, dont les rendements sont historiquement comparables des deux côtés de l’Atlantique, l’introduction, au milieu des années 1990, des variétés transgéniques aux États-Unis (insecticides et/ou tolérantes à un herbicide) n’a pas eu d’impact positif sur les quantités de pesticides utilisées, pas plus que sur les rendements – ceux-ci augmentent d’ailleurs plus vite en Europe de l’Ouest qu’en Amérique du Nord ! »

Bien que les transgènes introduits dans le maïs n’aient pas pour vocation première d’augmenter les rendements, cette allégation nous a paru surprenante, compte tenu des données dont nous disposions. Mais la manipulation des faits apparaît immédiatement lorsqu’on se penche sur le graphique fourni par Foucart à l’appui de cette allégation, reproduit ci-dessous (1ère figure ).

L’art foucardien de faire parler les courbes, décrypté dans Agriculture et Environnement

Il ne faut pas longtemps pour comprendre la méthode foucardienne. Ce graphique, extrait d’une étude d’un chercheur néo-zélandais(1), Jack Heinemann, a d’ailleurs été analysé et démystifié dans la lettre d’Agriculture et Environnement de décembre 2014 (2).

« (..) si la tendance calculée sur la période allant de 1960 à 2010 montre bien une croissance légèrement supérieure des rendements ouest-européens par rapport à ceux des États-Unis, c’est simplement parce que l’auteur a délibérément noyé les quinze dernières années de données postérieures à l’introduction des OGM (1996-2010) dans une série de cinquante observations.

La seule façon de vérifier les allégations du Pr Heineman consiste à diviser la série en deux périodes : avant et après l’introduction des OGM. C’est-à-dire avant et après 1996 (figure 2). Et là, les résultats sont effectivement « stupéfiants », pour reprendre les termes chers à Stéphane Foucart ! Obtenus par la même méthode de « régression linéaire », ils donnent pour la période 1960 à 1995 une progression de 1,4 q/ha par an pour l’Europe de l’Ouest, contre 1,1 q/ha pour les États-Unis. Incontestablement, l’Europe faisait mieux que les États-Unis. Or, la tendance s’inverse depuis 1996 ! La progression des rendements chute en effet en Europe de l’Ouest, avec seulement + 0,7q/ha par an en moyenne, contre +1,6 q/ha par an aux États-Unis. En clair, les gains de rendements sont divisés par deux en Europe, tandis qu’ils augmentent nettement aux États-Unis, dépassant les 1,4 q/ha que connaissait l’Europe avant 1996. »

En reprenant les données de la FAO utilisées par Heineman, on vérifie bien que depuis l’introduction du maïs transgénique , l’évolution tendancielle des rendements est nettement favorable aux USA (2ème figure): soit tout le contraire de ce qu’affirme Foucart, à la suite de Heineman ! Foucart aurait pu d’autant plus facilement se ranger aux conclusions d’A&E que l’article précisait de manière très honnête qu’« il serait tout aussi abusif d’imputer cette tendance aux seuls caractères génétiquement modifiés du maïs cultivé. La réalité́ est bien entendu plus complexe»

L’art foucardien de s’enfoncer un peu plus

Le journaliste scientifique du « journal de référence » aurait-il été victime du biais de confirmation, s’appuyant sur les données manipulées sans les vérifier par Heineman parce qu’elle confirmaient ses idées préconçues ? Il lui aurait suffi de reconnaître sa « précipitation » et de publier un correctif. Il s’en est pourtant abstenu…

Mais c’est surtout un échange sur Twitter qui nous en dit long sur l’état d’esprit de Foucart :

- Tweet d’un certain Yannick Nassol :

Pour nier une tendance, rien de tel que de la couper en rondelles. Climat, OGM, même combat : agriculture-environnement.fr/dossiers,1/agr… @AEGRW
cc @sfoucart - 19 janv.

Réponse de Foucart :

@factsory @AEGRW oui c'est trop drôle. il suffit d'ajouter 2011 et 2012 (données disponibles) pour détruire ce cherry picking pathétique.

Autrement dit, Foucart n’est pas capable de reconnaître une erreur pourtant évidente, et en rajoute au point de s’enfoncer un peu plus ! Accuser A&E de cherry picking, c’est d’ailleurs particulièrement risible de la part de quelqu’un qui n’y a vu que du feu à propos de l’étude de Séralini sur le maïs NK603 et le Round-Up (3).

Incompréhension réelle, ou mauvaise foi ?

Partant de données non falsifiées, il y a deux manières de tricher en science :

1) Faire du cherry picking, autrement dit sélectionner les éléments en fonction d’une conclusion préétablie et ignorer tous ceux qui vont à l’encontre de cette conclusion. C’est la méthode Séralini, et il n’y a évidemment rien de tout cela dans l’article d’A&E.

2) Ou au contraire diluer l’information pertinente, ici l’évolution des rendements avant et après l’introduction des cultures de maïs transgénique, pour cacher la conclusion dérangeante : accélération des rendements aux USA qui adoptent massivement les plantes génétiquement modifiées, ralentissement en Europe où ces culture restent très minoritaires. C’est la méthode Heinemann/Foucart.

Distinguer les deux sous-périodes, ce n’est pas faire du saucissonnage, c’est le B A-BA de la démarche scientifique qui semble échapper à Foucart : seule cette méthode permet de voir comme évolue un phénomène lorsqu’on fait varier le paramètre auquel on s’intéresse.

Mais la réponse de Foucart trahit davantage de la mauvaise foi qu’une réelle incompréhension de la démarche : « il suffit d'ajouter 2011 et 2012 (données disponibles) pour détruire ce cherry picking pathétique », nous dit-il. Si on comprend bien, soit on accepte les courbes de Heinemann sur 1961-2010, soit on peut « couper en rondelles », mais à condition de rajouter 2011 et 2012… Pathétique !

Or, si l’article d’A&E portait sur la période 1961-2010, c’est tout simplement parce que c’était la plage temporelle choisie par Heinemann et Foucart. Mais pourquoi ajouter simplement les données de 2011 et 2012, et pas celles de 2013, elles aussi disponibles sur le site de la FAO ? On a trop peur de comprendre : 2012 est une année catastrophique pour l’agriculture américaine, à cause d’une sécheresse exceptionnelle. Cela, Foucart le sait bien, car c’est écrit dans Le Monde, et lui même y a consacré un article (4). Du fait de cette sécheresse exceptionnelle, les rendements du maïs aux USA (77Q/ha) sont les plus bas enregistrés depuis l’introduction du maïs transgénique. Une aubaine pour Foucart ! Par contre, les rendements redeviennent normaux en 2013, donc il ne les prend pas en compte. N’est-ce pas justement cela, le cherry picking ?

Une tendance plombée par une année exceptionnellement mauvaise, les résultats restent néanmoins en faveur des USA

Nous avons vérifié en quoi la prise en compte des années 2011-2012, puis 2013, modifiait les tendances. Et en effet, les résultats catastrophiques de 2012, suffisent à eux seuls ramener l’évolution tendancielle des rendements aux USA à son niveau d’avant 1996. Rien d’étonnant, la baisse de 2012 représente la moitié de la variabilité annuelle cumulée de la période précédente. Pour autant, l’évolution des rendements reste favorable aux USA par rapport à l’Europe de l’Ouest (tableau).

Et ce n’est pas tout : en 2014, les rendements, données désormais disponibles sur le site de l’USDA (5) s’élèvent à 107 Q/ha ,soit le plus haut niveau de tous les temps. Bonne nouvelle pour les agriculteurs américains, mauvaise nouvelle pour Foucart, dont on attend les commentaires avec impatience.

Conclusion

Cette petite partie de ping-pong commence à nous plaire. Foucart renverra-t-il la balle ?

Dans cet article, nous ne prétendons tirer aucune conclusion définitive à partir d’une tendance observée sur deux décennies. Les constats que l’on peut faire sont forcément fragiles, comme le démontrent la prise en compte de deux ou trois années supplémentaires. Les mais génétiquement modifiés actuellement cultivés ne sont pas forcément mieux armés contre les aléas climatiques, car telle n’est pas leur vocation. En conséquence, quelques années successives de sécheresse suffiraient à annuler l’avantage du maïs transgénique cultivé outre Atlantique par rapport au maïs conventionnel de l’Europe de l’Ouest. La réponse à cela sera dans l’introduction de plantes résistantes à différents stress climatiques , qu’elles proviennent de l’amélioration variétale classique ou de la transgénèse.

Notre soucis était tout simplement de rétablir des faits maltraités par Stéphane Foucart. Cela n’est certes pas la première fois. Mais sa réaction sur Twitter semble malheureusement indiquer qu’il agit en toute connaissance de cause, et qu’il n’est pas près de changer de méthode. La légèreté est une chose, la mauvaise foi est bien pire.

Anton Suwalki

Notes :

  1. L’article de Heinemann et la fameuse courbe consultable en ligne : http://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/14735903.2013.806408 - .VL9yN2NlTe0
  2. article reproduit sur le site d’A&E:

http://www.agriculture-environnement.fr/dossiers,1/agronomie,53/ste%CC%81phane-foucart-ou-l-art-de,961.html

  1. une étude au « protocole expérimental particulièrement ambitieux » estimait le journaliste

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/09/19/un-ogm-de-monsanto-soupconne-de-toxicite_1762236_3244.html

(4) http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/07/18/une-secheresse-historique-aux-etats-unis_1735196_3244.html

http://pm22100.net/docs/pdf/presse/02_LE_MONDE/130109_2012_annee_record_catas_aux_USA.pdf

  1. http://www.nass.usda.gov/Charts_and_Maps/graphics/cornmap.pdf

Rendements du maïs transgénique : petite partie de ping-pong avec Stéphane Foucart.
Rendements du maïs transgénique : petite partie de ping-pong avec Stéphane Foucart.
Par Laurent Joffrin
Le complotisme, antichambre de la tyrannie
On peut y voir un réflexe de défense. Non, des musulmans n’ont pas pu commettre un crime aussi atroce ! Une force obscure, hostile, pernicieuse a organisé cette tragédie pour nuire aux musulmans de France. Voyez cette carte d’identité oubliée, ces images suspectes, ces incohérences dans le récit. Tout ça ne tient pas debout. Il y a une histoire derrière l’histoire. Un groupe, un service, un Etat, une volonté cachée égare le public, le trompe et le manipule… On entend cela un peu partout, dans certaines banlieues notamment. Pieuse fantasmagorie destinée à protéger une minorité menacée de représailles ? Pas seulement. Il y a plus grave. Le complotisme, qui consiste à attribuer tel ou tel crime à des puissances secrètes, n’est pas seulement un dérapage de la raison, un biais de l’esprit. C’est aussi une idéologie. Et cette idéologie, au bout du compte, tend à miner les bases mêmes de nos sociétés démocratiques. (...)

Lire la suite sur le site de Libération.


Voir aussi :
* Pourquoi les complotistes sont des ennemis de la démocratie, par Laurent Joffrin
* JFK : Laurent Joffrin répond aux complotistes

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
On ne me fouettera jamais pour avoir écrit ce texte. Raif Badawi, lui, a été condamné à 1000 coups de […]
Par BFM TV
Comment gérer les conséquences de l'après Charlie dans les écoles ? Les initiatives se multiplient dans les établissements scolaires pour revenir sur les attentats, sensibiliser les élèves mal à l'aise avec les caricatures du prophète Mahomet ou contrer les théories du complot qui pullulent sur Internet...


Source : "Grand Angle", BFM TV, 20 janvier 2015.

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
par Jean-Paul Krivine Il nous arrive souvent de critiquer la complaisance et l'absence d'esprit critique avec laquelle les sujets environnementaux sont traités par la grande presse. La connaissance scientifique est largement ignorée et l'alarmisme est souvent de mise. Le sérieux du dernier dossier réalisé par Que Choisir ? mérite ainsi d'autant plus d'être souligné. Sous le titre « Ondes électromagnétiques, le jeu trouble des associations », l'hebdomadaire de l'association de consommateurs constate qu'« (...) Dans les médias
Par L'Express.fr
Les théories du complot, une histoire d'extrêmes (gauche et droite)
Sympathisants d'extrême-droite et d'extrême-gauche sont plus enclins que les autres à adopter les théories du complot, selon une étude néerlandaise publiée ce mois de janvier.

"Pfff, c'est trop gros pour être vrai." Qu'il s'agisse du 11 septembre, de la guerre en Ukraine ou plus récemment des attentats à Paris, certains ne peuvent s'empêcher de douter de la version officielle des faits. Qui sont les "conspirationnistes"? Une étude néerlandaise publiée le 12 janvier dernier repérée par le site psmag.com donne des éléments de réponse.

Principal enseignement : ceux qui se situent à l'extrême-gauche ou à l'extrême-droite de l'échiquier politique seraient les plus enclins à relayer les thèses complotistes. "Ils perçoivent leurs idées politiques comme l'explication logique et unique aux problèmes de société", analyse l'équipe qui a publié cette étude dans le Social Psychological & Personality Science journal. (...)

Lire la suite sur le site de L'Express.

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
Demain, mercredi 21 janvier s’ouvre à Davos en Suisse, et jusqu’au 24 janvier, le Forum économique mondial 2015. Comme depuis plusieurs années déjà, on pourra entendre à la tribune une personnalité en vue du mouvement ésotérique New age.

Daniel Goleman 

En 2011 et 2012, Davos invitait le "mentor" de l’Intelligence émotionnelle, Daniel Goleman, proche collaborateur d'une des responsables américaines des écoles de manipulation du mage Gurdjieff, Kattleen Speeth, avec qui il publiera l’ouvrage "The essential psychotherapies".

Mage auquel il rend d’ailleurs hommage dans son livre "The Meditative Mind", préfacé par le gourou Ram Dass (Richard Alpert), grand promoteur de psychotropes hallucinogènes.

En 2006, est publié "Une critique de l’Intelligence émotionnelle : quels sont les problèmes et comment peuvent-ils être réparés ?" de Kevin Murphy, qui interroge sur les soit disant bienfaits apportés par la technique de l'Intelligence émotionnelle. Technique, qui, comme pour les groupes Gurdjieff, vous apprend à gérer vos émotions afin de devenir impassible.

Richard Davidson

L’ouvrage ésotérique de Goleman "The Meditative Mind" nous parle aussi des proximités de Richard Davidson avec la sphère Gurdjieff. Ils publieront ensemble plusieurs articles, dont  « The role of attention in meditation and hypnosis », et "Attention and affective concomintants of meditation : a cross-sectional study" promu par l’Institut Esalen, matrice de nombreux mouvements spirituels et psycho-sectes  de la deuxième moitié du XXème siècle.

Devenu professeur à l’Université du Wisconsin, c’est l’un des promoteurs actuels de la méditation de Pleine conscience (Mindfulness), nouvelle technique soutenue par l’institut californien Esalen (voir plus bas).

Il intervenait comme conférencier à Davos en 2012 et en 2014.

Roshi Joan Halifax

Roshi Joan Halifax, en 2013
Avant d’aborder le programme 2015, attardons-nous un instant sur Roshi Joan Halifax présente en  2011 au forum de Davos pour parler de « Neuro-ethics: A Marriage between Morals and Matter » . Elle ne fut pas réinvitée, il y a des limites à tout quand même.

S’il elle se présente comme anthropologiste, auteur et fondatrice de lUpaya Zen Center, elle se revendique aussi... chamane !

Ceci est à mettre en regard de son parcours personnel. Elle fit une abondante promotion du L.S.D. avec son ex-mari Stanislas Grof, l’un des pères tutélaires de la controversée Psychologie transpersonnelle, inventeur de la "Respiration holotropique" et animateur du mouvement de nature sectaire « Spiritual Emergence Network ».

au centre, Joan Halifax à Esalen, dans les années 70
Piliers de l’Institut Esalen dans les années 70, ensemble ils publièrent  "La rencontre de l'homme avec la mort".
 
La liste des New agers dont les convictions prennent naissance dans les années 60-70, et régulièrement invités au Forum de Davos, pourrait s’égrainer encore, mais revenons à 2015.

Jon Kabat-Zinn

Jon Kabat-Zinn
Après 2012,
cette année verra donc le retour de Jon Kabat-Zinn, créateur et promoteur de la méditation de Pleine Conscience

Ainsi durant les quatre jours du Forum, chaque matin il  proposera une séance de "Pleine conscience" aux décideurs économiques de ce monde...
 
Rappelons que la "Pleine Conscience", produit dérivé de la méditation Vipassana, est une méditation basée sur le vide et l’écoute de sa respiration. Les premières victimes apparaissent et les psychiatres commencent à s’en préoccuper.

Promue par ses tenants comme une panacée capable de répondre à bien des problèmes, une méta-analyse internationale basée sur 18 753 études a cependant  récemment conclu qu’ "il n’a pas pu être mis en évidence d’effet positif" de la méditation de Pleine conscience sur une amélioration de l’humeur, l’attention, l’addiction à des substances (alcool, cigarettes, etc.), les habitudes alimentaires, la qualité du sommeil ou la surcharge pondérale.

Quelques précision sur M. Kabat-Zinn, initiateur de cette pseudo-méthode à la mode. Le controversé Institut Esalen le présente comme étant l’un de ses actuels leaders, et il était aussi l'une des principales têtes d’affiche des festivités qui ont entourées le cinquantenaire de la création d’Esalen.

La vidéo ci-dessous le présente d’ailleurs déjeunant avec Michael Murphy, l’un des deux créateurs, en 1962, du centre Esalen.



Est-il utile de préciser que cette affluence de personnalités liées au mouvement Gurdjieff et au New age ne doit rien au hasard, et que l’ensemble de ces personnes se connaissent et se côtoient régulièrement.

Que penser alors de nos décideurs économiques, naïveté ou une certaine perméabilité de leur part à ce mouvement ésotérique?

Source : CIPPAD, 20 janvier 2015
par Marcel Kuntz - SPS n° 309, juillet 2014 L'adaptation des plantes aux conditions imposées par l'environnement est cruciale, notamment à l'intensité lumineuse. Au cours de l'Évolution, la colonisation des milieux par les plantes à fleurs a nécessité l'adaptation des fougères à l'ombre ainsi créée par la canopée. La capacité des fougères à prospérer dans des conditions de faible luminosité est liée à l'apparition d'un nouveau photorécepteur, une protéine appelée néochrome. Les photorécepteurs, de manière (...) Du côté de la science

Les primatologues n’ont de cesse de nous rappeler que les humains n’ont pas inventé grand-chose par rapport aux autres primates, qu’ils n’ont que raffiné des prédispositions déjà présentes chez nos cousins. Deux exemples viennent une fois de plus le démontrer, l’un dans le domaine de l’économie, l’autre du côté de l’empathie.

Il faut d’abord peut-être rappeler que plus deux espèces ont un ancêtre commun récent évolutivement parlant, plus ces deux espèces sont susceptibles d’avoir conservé des traits anatomiques communs. Un chat et un tigre ont plus en commun qu’un chat et un chien, ou qu’un chat et une salamandre, parce que leur ancêtre commun est moins éloigné dans le temps.

Mais un chat et un tigre ont également des comportements similaires parce que leur cerveau, qui coordonne ces comportements, a une structure plus proche que celle d’un cerveau de chien, par exemple. De sorte que l’on peut avoir une idée de l’apparition d’un certain type de comportement en regardant si d’autres espèces partagent ce comportement. Et si oui, à quelle distance ces autres espèces se situent dans l’arbre phylogénétique. Plus la distance sera grande, plus le comportement existe depuis longtemps et a des chances de jouer un rôle fondamental pour l’organisme.

Ce que la psychologue Laurie Santos, de l’université Yale, a donc mis en évidence avec cette démarche, c’est que des singes capucins peuvent non seulement apprendre rapidement à utiliser des jetons pour « acheter » de la nourriture auprès des expérimentateurs, mais qu’ils vont avoir des comportements économiques similaires aux humains. Ils vont par exemple assez vite être capables de faire des calculs coût-bénéfice, autrement dit de reconnaître chez quel expérimentateur ils peuvent en avoir plus pour leur argent. Et si les « vendeurs » font fluctuer leur prix, ils vont se faire une idée de la moyenne du prix chez les uns et les autres et orienter leurs achats en conséquence !

De son côté Jeffrey Mogil, du Département de psychologie de l’Université McGill, vient de publier une étude démontrant d’une part que les êtres humains ont plus d’empathie pour des gens qu’ils connaissent, ce qu’on peut très bien concevoir, mais d’autre part qu’on observe le même phénomène chez… la souris ! Donc encore ici un certain comportement adopté dans une situation particulière a été conservé par l’évolution à travers les espèces (par l’intermédiaire de la conservation de certains circuits cérébraux), probablement parce qu’il a une valeur adaptative importante.

Mogil explique que la sensation subjective de douleur ressentie par un individu pour une même intensité d’un stimulus douloureux peut varier. Si par exemple un ou une proche souffre devant vous, vous allez ressentir la douleur qu’on vous inflige comme plus intense, un peu comme si, à cause de l’empathie, la douleur de la personne aimée qui souffre s’additionnait à la vôtre. Ce qui n’est pas le cas si l’autre individu qui souffre vous est étranger.

Or Mogil a pu observer que lorsqu’il rend moins efficace les effets physiologiques du stress chez un individu, qu’il soit humain ou souris, cet individu devient plus sensible à la douleur d’autres individus étrangers de son espèce. Et c’est ce qui est tout à fait remarquable. Car dans des conditions normales, un étranger élève naturellement chez un autre individu son niveau de stress. On voit donc comment l’élévation du taux de ces hormones de stress diminue normalement cette contagion émotionnelle qu’on appelle aussi empathie. Empathie que l’on a naturellement pour les individus que l’on connaît puisqu’ils ne constituent pas une source de stress pour nous.

Ce que l’expérience montre aussi, et qui est fort à propos en ces temps où la peur de l’autre est en vedette dans tous les grands médias, c’est que le simple fait de jouer à un jeu vidéo avec un inconnu fait baisser le niveau de stress suffisamment pour laisser apparaître l’empathie (et son marqueur, ici l’augmentation de la sensibilité à la douleur). Et le même phénomène s’observe chez la souris lorsqu’elle partage sa cage depuis un certain temps avec un congénère. Favoriser le vivre ensemble semble donc le meilleur moyen, de la souris à l’humain, pour enrayer la peur de l’autre et faire naître l’empathie nécessaire pour vivre paisiblement avec lui.

Tout cela pour dire, comme le démontre admirablement bien le petit vidéo de 4 minutes du dernier lien ci-bas, qu’il n’y a jamais eu une telle chose qu’un « premier être humain ». Entre autres parce que les différents traits ou critères qui pourraient servir à établir une ligne de partage sur ce qui est humain et ce qui ne l’est pas remontent souvent à des espèces bien éloignées de l’Homo sapiens. Et qui plus est, à des espèces diverses pour différents traits. Tous les êtres vivants sont donc nos cousins, parfois proches, parfois plus éloignés. Et sans me faire l’avocat d’une position trop conservatrice, voire réactionnaire, je crois que nous devrions souvent avoir un peu plus de respect pour la famille…

i_lien Monkeys, money, and the primate origins of human irrationality
a_lien How Basic Are Behavioral Biases? Evidence from Capuchin Monkey Trading Behavior
i_lien L’empathie décryptée
a_lien Reducing Social Stress Elicits Emotional Contagion of Pain in Mouse and Human Strangers
i_lien There Was No First Human

par Y. Martinet, E. Béguinot, N. Wirth, P. Diethelm - SPS n° 311, janvier 2015 Version longue d'un encadré paru dans SPS n° 311 Les cigarettes électroniques voient leur usage se développer progressivement alors que les ventes de tabac diminuent et que celles des substituts nicotiniques stagnent [1]. Les cigarettes électroniques sont des dispositifs fonctionnant sur piles/batteries (en général rechargeables) permettant à l'usager d'inhaler la vapeur produite par le chauffage d'un liquide. La (...) Articles

« Quand la borne est franchie, il n'y a plus de limite »

Encore un lapin sorti du chapeau

Les « études » sortent à flot régulier du laboratoire de M. Gilles-Éric Séralini. La recette est rodée :

  • Ingrédients : cellules isolées (ou tissus), milieu de culture, Roundup et glyphosate seul (la matière active du Roundup).
  • Mise en place : faire mariner les cellules dans le milieu nutritif simple ou additionné de Roundup ou de glyphosate.
  • Finitions : observer l'effet, préparer une publication scientifique.
  • Accompagnement : bruit ou tapage médiatique (selon possibilités et en fonction de l'effet désiré).

La gesticulation contre le Roundup – dont on rappellera qu'il est vendu dans les jardineries et grandes surfaces, c'est dire combien il est dangereux – n'étant pas très médiagénique, le tapage a plutôt été discret ces derniers temps.

L'équipe élargie à d'autres (Steeve Gress, Sandrine Lemoine, Paolo-Emilio Puddu, Gilles-Éric Séralini, René Rouet) vient donc de sortir « Cardiotoxic Electrophysiological Effects of the Herbicide Roundup® in Rat and Rabbit Ventricular Myocardium In Vitro » [1]. En bref, des cellules de tissu cardiaque ventriculaire de rat et de lapin se sentent mal quand elles sont baignées dans du Roundup ; elles seraient plutôt à l'aise dans le milieu avec glyphosate seul, selon le résumé de la publication : « Le glyphosate seul (18 et 180 ppm) n'avait pas d'effets électrophysiologiques significatif ».

Résultat fort heureux, puisqu'il permet de conforter le lobbying contre le glyphosate/Roundup au motif que les évaluations, portant prétendument sur le glyphosate seul, ne permettent pas d'identifier la nocivité du produit formulé et que l'autorisation du glyphosate doit par conséquent être retirée.

Résultat sans nul doute crédible et obtenu dans les règles de l'art. Le problème vient de la surinterprétation des travaux accomplis, comme souvent dans ce genre d'études (ce n'est pas limité à l'équipe de Caen). Selon le résumé, la manipulation in vitro pourrait bien expliquer certains effets cardiaques observés – in vivo – dans des hôpitaux dans des cas d'intoxication aiguë (notez le conditionnel...).

Intoxications qui, en fait, ne peuvent être que la conséquence de tentatives de suicide [2]. On a parfaitement le droit d'émettre une hypothèse. Mais la raison exige que l'on souligne la difficulté d'extrapoler de l'in vitro à l'in vivo. Et bien sûr qu'on en fasse un usage raisonnable.

Cette étude n'aurait pas attiré notre attention, ne fût-ce le morceau de propagande du site construit à la gloire de M. Séralini [3]. Le morceau a été repris en substance sur le site du CRIIGEN [4] :

« Les résultats de cette nouvelle étude pourraient expliquer des anecdotes de chasseurs signalant des cas de mort subite de lapins après avoir traversé un champ fraîchement traité au Roundup, ou encore les cas de propriétaires d'animaux de compagnies, comme les chiens, décédant après des épandages domestiques de Roundup – ainsi que les cas documentés de personnes souffrant de troubles cardiaques après un empoisonnement au Roundup. »

Curieuses, ces anecdotes de chasseurs... La LD50 par contact avec la peau en toxicité aiguë (qui est encore loin d'être la LD50 pour une mortalité quasi immédiate) est supérieure à 2 grammes par kilogramme [5]...

Rex, le chien de la célèbre séquence de Monsanto retoquée pour publicité mensongère, doit avoir joué au cascadeur inconscient... Notons par pure Schadenfreude que le site de Mme Claire Robinson parlait de chiens traversant un gazon traité au glyphosate... ils doivent probablement ignorer que si on « traite » le gazon au glypho, c'est pour le... détruire.

Le Centre National d'Informations Toxicologiques Vétérinaires (CNITV) a publié une étude en 1998 [6]. Sur 31 cas d'empoisonnements certains ou très probables, tous liés à une ingestion du produit pur ou de la bouillie prête à l'emploi, il n'y a eu aucune mortalité, et aucun effet à long terme.

Mais que valent les études du CNITV face aux anecdotes de chasseurs...

Dialogues entre membres du CRIIGEN

De la recette de paillasse de laboratoire, passons aux recettes de cuisine.

MM. Gilles-Éric Séralini, professeur d'Université, membre du conseil d'administration du CRIIGEN et président du conseil scientifique du CRIIGEN, et Jérôme Douzelet, restaurateur/hôtelier au Mas de Rivet, à Barjac (Gard) et membre du Conseil d'administration du CRIIGEN, ont produit un ouvrage, « Plaisirs cuisinés ou poisons cachés, dialogue entre un chef et un scientifique », préfacé par M. Jean-Marie Pelt. pharmacien/botaniste et membre du Conseil d'administration du CRIIGEN.

Du site du CRIIGEN [7] :

« ...les polluants chimiques présents dans pratiquement tous les aliments sont beaucoup moins traqués [que les germes bactériens et autres] : métaux lourds, herbicides, insecticides, fongicides et OGM, additifs, exhausteurs de goût, détergents, plastifiants... Les autorisations de ces produits masquent à la société les savoirs sur tous les problèmes sanitaires que ces nouveaux contaminants alimentaires peuvent engendrer. Méconnaissance, protection malhonnête d’intérêts privés dans un système d’expertise bien rôdé ou volonté de ne pas faire éclater de scandale, la frontière est bien gardée. »

Et encore :

« Gilles-Éric Séralini, professeur et chercheur à l’université de Caen, spécialiste des OGM et des pesticides – connu pour ses expériences récentes établissant un lien avec tumeurs, maladies des reins et du foie –, et Jérôme Douzelet, chef cuisinier responsable, ont décidé d’unir leur voix pour révéler des expériences éclairantes sur la malhonnêteté de l’évaluation des produits chimiques et les possibilités de développer une cuisine festive, naturelle et biologique, haute en saveurs, couleurs, textures, en symbiose avec la biodiversité et la santé dans un vrai métier de "restaurateur". »

Il n'y a pas à dire : c'est très épicé. En bref, l'intoxication pour une vingtaine d'euros seulement.

Intoxications confirmée sur France3 Régions le 12 novembre 2014 : « Selon le professeur Séralini, "on mange à peu près 36 pesticides par jour" » [8]. On attend la surenchère du Générations Futures de M. François Veillerette...

Mais il ne faut pas s'inquiéter. Le CRIIGEN organise du 4 au 7 juin 2015, au Mas de Rivet, chez Chef Jérôme Douzelet (« chef » étant la formule d'appel bienséante selon le dernier tic à la mode), un séminaire sur « Les plantes, le sol, la joie dans la cuisine et la détoxification » [9]. Pr Gilles-Eric Séralini y parlera sur « Les pollutions, et les preuves de la détoxification cellulaire par les plantes ». Nous pouvons nous sauver ! Grâce aux « tis’up » de Marie de Mazet [10] (servies lors de la visite du Jardin de Mazet) et autres médicaments de Sevene Pharma [11].

Il ne faut pas s'inquiéter ? Pas sûr. Le 16 janvier 2015, le Pr Séralini et le Chef Jérôme Douzelet tiendront une conférence sur le thème : « La qualité de notre alimentation est-elle récupérable ? » [12].

Sera-ce pour entendre que la réponse sera donnée en juin ? Ou, comme à la foire de Cahors, que le salut vient du « bio » ;

« En outre, une conférence menée par le professeur de biologie moléculaire Gilles-Éric Séralini, de l'université de Caen, et le chef cuisinier Jérôme Douzelet, a permis de "parler des tabous, comme l'engraissement des palmipèdes par du maïs importé espagnol contenant du transgénique". Ils ont rappelé et démontré que "'agriculture bio, n'est pas seulement bonne pour l'environnement, mais bénéfique pour la santé". » [13]

Enfin... Bon pour la santé ne met pas fin à l'utilité des pilules et tisanes détoxifiantes.

Sur France Culture, M. Matthieu Vidard passe les plats

La sortie de l'ouvrage a offert l'occasion à M. Mathieu Vidard d'inviter M. Séralini à « La tête au carré » sur France Inter [14]. L'occasion, non pas de parler de l'ouvrage, sauf en aparté, mais de ressusciter la fameuse « étude » sur les rats et de raviver certaines polémiques et rancunes.

M. Séralini ne s'est pas privé d'utiliser le micro à son avantage. Il aurait eu tort de s'en priver.

On en vient dès lors à se demander qui a été le plus insupportable dans cette affaire : celui qui, sans beaucoup parler, a tendu le micro avec une incroyable complaisance, ou celui qui en a profité ?

Qu'en est-il de M. Vidard ? Exemples...

M. Vidard présente M. Séralini comme « l'homme qui fait gonfler des tumeurs de rats comme du popcorn en leur donnant du maïs OGM » et comme « top chef de la biologie moléculaire ». Compte tenu de la suite de l'émission, ce n'était pas ironique.

L'émission est bien entamée. M. Séralini s'est lancé dans une longue diatribe décollant sur une série de sophismes – les industriels auraient (le conditionnel est le nôtre) prétendu qu'ils allaient réduire l'usage des pesticides, alors qu'ils n'ont jamais vendu autant de Roundup – pour atterrir sur la critique des études de Monsanto, le terminal étant : « et dès qu'il y a une contre-étude... ». Ce n'est pas précisé dans le flot de paroles : il s'agit de : « A Comparison of the Effects of Three GM Corn Varieties on Mammalian Health », de décembre 2009 [15]. M. Vidard intervient donc (14:27) : « Avec une méthodologie qui justement pose problème... ».

Cher lecteur... si vous avez pensé à ce stade qu'il se référait à l'« étude » de M. Séralini, vous avez faux. Car il poursuit : « ...c'est la raison pour laquelle vous avez commencé votre étude... » Pensait-il à la fameuse « étude » sur les rats de septembre 2012 ? On ne saurait dire, mais c'est probable.

M. Vidard n'émet pas la moindre critique de l'étude. Celle de 2009 a pourtant été retoquée à l'époque par une série d'agences d'évaluation, notamment le HCB français [16], l'EFSA européenne [17] et la FSANZ australo-néozélandaise [18]. Quant à celle de 2012...

M. Séralini peut donc embrayer, ou plutôt poursuivre (14:38) – « Moi, j'ai été expert pendant neuf ans pour le Gouvernement français » (lire : membre de comités appelés à formuler des avis). Poursuivre et dérouler les thèses bien connues de la conspiration du silence sur les (prétendus) effets délétères des OGM, et du complot orchestré par Monsanto et exécuté par une poignée de larbins pour dénigrer son travail (« quelques lobbyistes que j'ai retrouvé après critiquant mon étude » – 14:44).

Avec une petite incise cocasse sur la procédure judiciaire qui avait eu lieu en Allemagne pour obtenir les données de Monsanto sur le NK603 (15:06) : « On a d'abord été au tribunal... ». Cocasse car « on », c'est Greenpeace. Il poursuit (15:06) : « Et vous vous rendez compte, on est en 2005, Monsanto attaque déjà bien avant le TTIP, TAFTA, les traités transatlantiques qui permettra (sic) aux grandes entreprises d'attaquer les gouvernements nationaux... » : l'altermondialiste qui n'avance plus masqué démontre ainsi que lesdits accords ne changeront rien sur le principe...

M. Séralini en arrive à son « étude » phare. M. Vidard l'interrompt (16:17) : « Avec les résultats livrés en septembre 2012 et la tempête médiatique dans laquelle vous avez été embarqué... c'est absolument inimaginable ce qui s'est passé... c'est-à-dire que l'étude a été reprise dans le monde entier – on a vu les images sur toutes les chaînes télé du monde ».

L'animateur d'une émission prétendument scientifique juge dont l'impact d'un article « scientifique » à l'aune du choc des photos...

Et M. Séralini peut poursuivre sur les effets positifs (selon lui) de cette « étude » (16:30) : « Avec des conséquences positives, des moratoires, des demandes de recherche, des demandes de republication dans le monde entier ». Sans oublier l'attaque hargneuse : « ...et puis il y a eu un petit lobby de diffamateurs qui maintenant sont identifiés, qui remontent presque tous à Monsanto et au grand lobby ILSI. »

Que dit M. Vidard devant ces énormes contrevérités (ainsi, en fait de moratoires, il n'y en eut point) ? Rien !

Une telle obséquiosité, doublée d'un incroyable déni de réalité, ne peut que laisser pantois.

Et qu'en est-il de M. Séralini ? On vient d'en avoir un aperçu, mais reprenons depuis le début pour des propos qui ne ressortent généralement pas du disque rayé qu'il met sur la platine dès qu'on lui en donne l'occasion sous la forme d'un petit interview.

Petite incursion dans l'altermondialisme après la chronique de M. Philippe Henarejos sur le financement participatif (crowdfunding) d'une mission sur la Lune (7:00) : selon M. Séralini, « les grandes entreprises ne sont pas complètement privées parce qu'elles bénéficient d'énormément de subventions publiques depuis la deuxième guerre mondiale. C'est quasiment la richesse des pays du G8 qui [a] alimenté les grands chimistes, les grands faiseurs d'OGM et de pesticides ». Un boniment, ça trompe énormément...

Cela nous renvoie incidemment à la bande-annonce de « Tous cobayes ? » et à l'explication de l'origine du séquençage génétique humain [19]. Un autre morceau d'anthologie à ne rater sous aucun prétexte !

Le lien est ainsi établi avec le financement de l'« étude » sur les rats (7:22) : « C'est complètement des subventions de fondations, d'associations, de personnes privées, tout à fait... ». Incroyable ! Il est de notoriété publique que la majeure partie du financement provient d'entreprises, dont des géants de la grande distribution : on le tient de M. Séralini lui-même. Il s'est du reste vanté dans son livre « Tous cobayes ! » de la constitution d'une fondation-écran, dans un passage qui a été repris dans le numéro du Nouvel Observateur à l'indécente couverture et au non moins indécent contenu [20].

M. Séralini prétend aussi que « les gouvernements ne financent pas du tout [...] les fonds publics ne vont pas dans la contre-expertise des autorisations données par le gouvernement ». Là encore, la mâchoire se décroche. Le gouvernement français n'a-t-il pas mis, l'année passée, quelque 2,5 millions d'euros dans une étude sur les risques toxicologiques des OGM (RiskOGM) ? Une étude que le CRIIGEN s'est empressé de récuser a priori [21] ? Une étude censée compléter le projet européen GRACE (GMO Risk Assessment and Communication of Evidence) financé à hauteur de 3 millions d'euros par l'Union européenne [22] ?

Bonjour la sinistrose (10:54) : « ...quand on voit qu'on nourrit le monde avec des produits qui servent surtout aux cochons, aux vaches et aux poulets et que ça leur donne des maladies, que ça nous donne des maladies derrière, on se dit quelquefois que le progrès est mal utilisé, en tout cas part dans les poches d'une minorité de gens. » Les bras en tombent...

Qu'on se le dise [11:33] : « En fait, je suis un pro-OGM, je les enseigne, je travaille avec... » Mais, « ceci dit, ce n'est pas une raison pour faire des OGM qui servent à contenir des pesticides à haute dose et pour les mettre dans les champs et les assiettes sans contrôle sanitaire... » Ben évidemment, ça ne peut qu'être à haute dose et, ben voyons, sans contrôle sanitaire... Et le « je suis pour... mais... » est un grand classique. Là, ce sont les jambes qui lâchent...

Le couvert est remis sur une certaine vision économique : « ...et là ça devient un outil utilisé de manière scandaleuse, non pas par les chercheurs eux-mêmes [...] mais en fait par des industriels qui dominent le monde, justement, de l'agroalimentaire... ». M. Vidard lance un nom bien connu, et cela permet de dérouler la litanie des entreprises que l'on aime tant haïr dans les conversations bourgeoises (mais pas quand elles nous soulagent avec leurs médicaments, biocides, etc.).

L'expertise économique séralinienne revient, suivie d'une pensée qui ne déplairait pas à Mme Vandana Shiva (que des langues forcément mauvaises surnomment « l'ambassadrice de la faim ») [12:50] : « ...la somme [des entreprises] fait beaucoup par rapport au PIB mondial, et c'est vrai que s'il y avait moins de subventions vers ces OGM [...] sans doute qu'on pourrait mieux nourrir le monde. » Petit rappel : 175 millions d'hectares dans le monde, essentiellement dans une dizaine de pays... Autre petit rappel : pour l'année finissant au 31 août 2014, les ventes de Monsanto ont représenté 15,855 milliards de dollars. Carrefour, en 2013, c'était 84,324 milliards d'euros.

M. Vidard lance du coup l'argument de la double casquette de ces entreprises [13:02] : « ...ils sont très malins, ils sont à la fois du côté des OGM et des pesticides, tant qu'à faire ». De quoi épater la galerie... Et M. Séralini abonde : « ... et même du côté du "bio" [...] Ils font aussi des plantes mutées qui sont destinées à absorber des pesticides mais qui ne se déclarent pas en tant qu'OGM [...] ils essaient d'être partout, un peu comme des pieuvres dans le système de l'agroalimentaire ».

Les écluses de la désinformation la plus scandaleuse sont dès lors ouvertes [13:24] : « Ce qui est surprenant, c'est que des produits qui ont servi pour faire la guerre, des explosifs comme des nitrates qui terminent dans l'agriculture intensive, des gaz de combat, des gaz de camp de concentration terminent finalement dans nos assiettes parce qu'ils sont utilisés comme insecticides et comme pesticides... Les dérivés de l'Agent orange qui a servi pendant la guerre du Vietnam... ben maintenant il y a des plantes qui sont génétiquement modifiées tolérantes à cet agent qui viennent d'être en demande [sic] aux États-Unis et au Canada... »

Quels termes utiliser pour manifester son écœurement, à la fois devant le procédé et devant le contenu ?

Les agriculteurs et les jardiniers amateurs doivent être surpris d'apprendre qu'ils manipulent des explosifs à la place d'engrais (même si certains peuvent être utilisés pour fabriquer des bombes artisanales) ; les consommateurs qu'ils ont de l'ypérite et du Zyklon B dans leurs assiettes (l'acide prussique a été utilisé comme insecticide bien avant d'acquérir une sinistre réputation).

Quant à l'Agent orange, c'était un mélange de deux herbicides, dont l'un, le 2-4-D n'a jamais cessé d'être utilisé, et ce, très largement, compte tenu notamment de son profil toxicologique favorable. Les plantes rendues tolérantes ne le sont pas à l'Agent orange, mais au 2-4-D. Ça, M. Séralini ne peut pas l'ignorer... Du reste, le 2-4-D est sélectif. La plupart des graminées – dont les céréales – le tolèrent naturellement. Ça aussi, M. Séralini ne peut pas l'ignorer. Mais c'est toujours bon à proférer devant des auditeurs béotiens...

Maîtrise des recettes de la désinformation... irresponsabilité médiatique

Nous nous arrêterons là dans la retranscription d'une émission qui fait honte au service public.

« Quand la borne est franchie, il n'y a plus de limite » a été le titre d'une émission de France Inter (de « L'oreille en coin », en été 1979). Dans cette émission de « La tête au carré », en fait, il n'y avait pas de borne.

Wackes Seppi

__________________

[1] http://link.springer.com/article/10.1007/s12012-014-9299-2

[2] http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0379073812005476

« La mort a été associée la plupart du temps avec des doses plus importantes (500 ml chez un patient) et de fortes concentrations de glyphosate dans le sang. »

[3] http://www.gmoseralini.org/roundup-toxic-heart-new-study/

[4] http://www.criigen.org/ogm/187/display/Cardiotoxic-electrophysiological-effects-of-the-herbicide-Roundup-in-rat-and-rabbit-ventricular-myocardium-in-vitro

[5] Par exemple :

http://npic.orst.edu/factsheets/glyphotech.pdf

[6] http://europepmc.org/abstract/med/9830700

[7] http://www.criigen.org/actualite/52/display/Nouveau-livre-Plaisirs-cuisines-ou-poisons-caches-dialogue-entre-un-chef-et-un-scientifique-de-G-E-Seralini-et-J-Douzelet

[8] http://france3-regions.francetvinfo.fr/basse-normandie/2014/11/12/selon-le-professeur-seralini-mange-peu-pres-36-pesticides-par-jour-590596.html

[9] http://www.criigen.org/manifestation/64/display/Seminaires-du-CRIIGEN-le-programme-du-1er-semestre-2015

[10] http://www.mariedemazet.com/boisson-bio-aux-plantes/tisane-glacee-tisup/boisson-bio-toutes-saveurs-tisup

[11] http://www.sevenepharma.com/nos-medicaments/

[12] http://www.criigen.org/manifestation/65/display/Conference-16-janvier-2015-Caen-La-qualite-de-notre-alimentation-est-elle-recuperable-

[13] http://www.ladepeche.fr/article/2014/12/15/2011543-le-bio-a-sorti-ses-habits-de-fetes.html

[14] http://www.franceinter.fr/emission-la-tete-au-carre-ogm-pesticides-et-poisons-caches

[15] http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2793308/

[16] http://www.hautconseildesbiotechnologies.fr/IMG/pdf/091231_Article_Spiroux_de_Vendomois_Avis_CS_HCB.pdf

Avec cette remarque assassine :

« On notera également que l’absence de conflit d’intérêt des rédacteurs, qui est mentionnée en fin d’article, pourrait être discutée. L’organisme de rattachement des auteurs continue d’afficher sur son site public des résultats d’études, comme celui de l’étude Autrichienne de novembre 2008, prétendant démontrer des effets négatifs du MON810 sur la reproduction, alors que ces résultats ont été reconnus comme erronés par les auteurs de l’étude eux-mêmes. »

[17] http://www.efsa.europa.eu/en/events/event/gmo100127-m.pdf

[18] http://www.foodstandards.gov.au/consumer/gmfood/mon863/pages/default.aspx

Avec par exemple cette autre remarque assassine :

« Malgré les nombreuses critiques, le Pr Séralini et ses collaborateurs ont fait défaut sur la reconnaissance du fait que le contexte biologique fait partie intégrante de l'interprétation des études toxicologiques. »

En clair : il ne suffit pas de trouver des différences statistiquement significative.

[19] https://www.youtube.com/watch?v=AoI_LiWhWq0

[20] http://tempsreel.nouvelobs.com/ogm-le-scandale/20120918.OBS2789/ogm-quand-la-grande-distribution-finance-une-etude-choc.html

[21] http://www.criigen.org/communique/86/display/OGM-Monsanto-invite-a-s-auto-evaluer-avec-3-millions-d-argent-public

[22] http://www.grace-fp7.eu/

Par Ian Hamel
Charlie Hebdo : Docteur Tariq et Mister Ramadan
"Le Temps" a écouté le discours tenu par Tariq Ramadan sur "Charlie Hebdo" à l'étranger. Des propos très différents de ceux qu'il tient en France.

Habituellement, la presse suisse joue la modération lorsqu'il s'agit de parler de Tariq Ramadan, citoyen suisse, né le 26 août 1962 à Genève. Mais, cette fois, le quotidien genevois Le Temps n'y va pas par quatre chemins pour dénoncer le double langage de l'islamologue. Sous le titre « Tariq Ramadan accuse Charlie de lâcheté et de faire de l'argent sur l'islam », le journal révèle que sur la RTS, la radiotélévision suisse de langue française, l'ancien instituteur à Genève n'a cessé de dénoncer l'hebdomadaire satirique : "Ils n'ont pas arrêté de faire de l'humour sur les musulmans et j'ai dit que cet humour-là était un humour de lâches", a-t-il déclaré depuis le Qatar.

Michel Danthe, rédacteur en chef adjoint du Temps, ne s'est pas contenté de regarder la télévision suisse, il a également écouté l'émission américaine Democracy Now et Al Jazeera en anglais. Tariq Ramadan y déclare que Charlie Hebdo avait des problèmes d'argent. "Et ces controverses, ces controverses récurrentes, ils en faisaient de l'argent. (...) Alors, ne venez pas me dire aujourd'hui qu'ils étaient courageux, ça, non. (...) C'était avant tout une question d'argent. Ils étaient en faillite depuis deux ans. Et ce qu'ils tiraient de ces controverses visant l'islam d'aujourd'hui et les musulmans était une manière de faire de l'argent. Cela n'a rien à voir avec le courage. Cela a à voir avec faire de l'argent et viser les gens marginalisés de la société."

"Instiller le doute"

Des propos que Tariq Ramadan se garde bien de tenir en France. Voir, par exemple, ses appels au calme énoncés sur Europe 1 à la suite de la dernière publication de l'hebdomadaire satirique : "Même si notre cœur est blessé, notre intelligence doit avoir la dignité de ne pas répondre et de regarder au-delà. Ça, c'est la réponse qu'il faut donner", expliquait ainsi Ramadan.

À l'étranger, il ne se contente pas d'évoquer la lâcheté des dessinateurs de Charlie Hebdo, il laisse clairement entendre qu'il y aurait la main, derrière ces crimes, des services secrets français, américains ou israéliens ! (...)

Lire la suite sur le site du Point.


Voir aussi :
* Conspirationnisme : Tariq Ramadan assume
* Tuerie de Bruxelles : ils crient au complot
* Tariq Ramadan, les Coptes et le complot médiatique contre les Frères musulmans

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
Lorsqu'il a reçu cinquante coups de fouets en public, vendredi dernier, devant une mosquée de Djeddah, Raïf Badawi, 32 ans, est resté stoïque. Aujourd'hui, de nouveau, il devrait être amené, pieds et mains enchaînés, et recevoir encore cinquante coups sur le dos.
Et il en ira ainsi pendant vingt semaines, si les autorités ne mollissent pas face à l'indignation internationale et l'appel à la clémence du département d'État américain. « Son état de santé n'est pas bon et je suis certaine qu'il ne pourra pas résister à une nouvelle série », s'inquiétait cette semaine son épouse, Ensaf Haïdar, réfugiée au Québec depuis 2013, avec leurs trois enfants.
Pour la famille Badawi, les ennuis commencent en 2008, lorsque Raïf crée le site Internet Free Saudi Libérais avec la militante des droits de la femme, Souad al-Shamani. Ensemble, ils critiquent l'emprise des théologiens sur le pays. Une incroyable audace car c'est précisément des théologiens wahhabites que la famille royale tire sa légitimité.
Dès 2009, le militant se voit interdire de quitter le Royaume. En 2011, il est accusé d'« enfreindre les valeurs religieuses », pour avoir, selon Amnesty International, publié un article sur la Saint-Valentin, qui aurait ridiculisé le Comité pour la promotion de la vertu et la prévention du vice. En mai 2012, Badawi est visé par la fatwa d'un religieux qui le traite d'apostat, pour avoir rapporté sur son site - très vite fermé - des propos affirmant que « musulmans, chrétiens, juifs et athées sont tous égaux ».
Arrêté en juin 2012, il avait été condamné, en mai, pour cybercrime, désobéissance à son père (!) et apostasie. Lors de ce procès, il a interdit à quiconque de mettre en doute sa foi musulmane.
Source : Ouest-France, 16 janvier 2015

Sur le même sujet :
Le gouvernement tanzanien a annoncé mardi l'interdic- tion de la pratique de la sorcellerie afin de protéger la population albinos. Les personnes atteintes d'albinisme, cette particularité génétique qui dépigmente la peau et les poils, sont victimes de croyances qui attribuent des vertus magiques à leurs organes. Le 27 décembre, une fillette albinos de 4 ans a ainsi été enlevée, dans le district de Kwimba. Quinze suspects, dont son père et
deux oncles, ont été arrêtés. Le coordinateur des Nations unies, Alvaro Rodriguez, a demandé aux autorités tanza- niennes de faire de cette affaire «la plus haute priorité». En août, au moins quatre personnes avaient déjà été victimes d'agressions. L'ONU estime que depuis 2000, plus de 70 albinos ont été tués en Tanzanie.
Source : Libération, 16 janvier 2015
Philippe Detré a été condamné hier pour des viols et agressions sexuelles sur des mineurs. Il ne devrait pas faire appel.

Les victimes du prêtre Philippe Detré étaient des enfants destructurés, des
orphelins et même des déficients mentaux. (Photopqr/« la Voix-du-Nord ».)
Dans le petit village de Bollezeele, au cœur de la Flandre près de Dunkerque, Philippe Detré était un curé très apprécié. Hier soir, il est retourné dormir en prison. Jugé pour une dizaine de viols et agressions sexuelles commis sur des mineurs depuis les années 1980, le curé âgé de 70 ans aujourd'hui a été condamné par la cour d'assises du Nord, à Douai, à dix-huit ans de prison, assortis d'une période de sûreté des deux tiers, ce qui l'empêche de faire valoir une liberté conditionnelle qu'il aurait pu demander en raison de son âge.
La condamnation est là mais, pour les victimes, comme pour la population qui côtoyait l'homme d'Eglise, le traumatisme devrait être difficile à atténuer. Car les faits glacent le sang. Les agressions ont commencé dès les années 1970, dans toutes les paroisses où Philippe Detré a officié : Loos, La Madeleine près de Lille, puis en Flandre, Leffrinckoucke, Dunkerque, Loon-Plage... Ses proies : toujours des enfants destructurés, des orphelins, même des déficients mentaux. Comment dénoncer le curé ? A l'époque, les victimes ne peuvent rien faire, bloquées par la honte, décrédibilisées face à la réputation de Philippe Detré, connu pour sa bonne humeur.
Il faudra le courage d'un homme qui ose porter plainte et dénoncer les faits bien des années après, en 2012. Habitant près de Loos à cette époque, il croise la route de Philippe Detré à l'âge de 6 ans en 1986. Il sera ensuite violé par le curé pendant six ans. Son frère aussi a été victime du pédophile. Encore aujourd'hui, il en garde de graves séquelles.
Trois autres personnes se joignent à la plainte. Interpellé, Philippe Detré ne nie pas les faits. Il reconnaît les agressions et, de lui-même, livre sept autres noms de victimes. En tout, ce sont plus de vingt enfants et adolescents qui ont subi les agressions du curé. Mais tous n'ont pas été retenus dans le dossier, car certains faits, trop anciens, étaient prescrits.
Les jurés ont choisi hier d'infliger la peine maximale requise par l'avocat général Luc Fons, qui avait demandé entre quinze et dix-huit ans de réclusion criminelle. Partie civile au procès, l'association Enfance et Partage, qui défend les droits des enfants victimes, a accueilli favorablement le verdict. « C'est une décision qui m'apparaît justifiée, au regard du nombre de victimes et des inquiétudes qui ont plané à l'audience sur le risque de récidive », explique Jean-Philippe Broyart, l'avocat de l'association. Un autre avocat des victimes a estimé lui qu'avec cette « peine d'éradication, M. Detré ne pourra pas sortir de prison avant ses 80 ans au moins ».
Abderrahmane Hammouche, l'un des deux défenseurs du curé, a confié qu'« on ne se réjouit jamais qu'un homme de cet âge soit condamné à une peine comme celle qui a été prononcée, mais Philippe Detré accepte cette sanction et ne fera pas appel. Il m'a dit qu'il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour réfléchir aux déviances qui se sont manifestées pendant quarante ans de sa vie ».
Outre sa peine de prison, Philippe Detré devra aussi suivre une obligation de soins et, en cas de sortie de prison, fera l'objet d'un suivi socio-judiciaire de cinq ans.
Source : Le Parisien, 16 janvier 2015

Sur le même sujet :
Une paroisse évangélique ouverte sans autorisation en 2013 dans le quartier de Fresnoy-Mackellerie est dans le collimateur des autorités. Les normes de sécurité ne sont pas respectées dans ce lieu qui peut accueillir jusqu’à une centaine de personnes, nuit et jour. L’église devrait être contrainte à la fermeture.
L’existence de ce lieu de culte a été découverte par hasard. « Je rentrais d’une réunion de proximité, un soir du mois d’août, quand j’ai entendu des chants en provenance d’un entrepôt, ce qui nous a mis la puce à l’oreille... », raconte Max-André Pick, le premier adjoint au maire de Roubaix.
Au numéro 40 de la rue Boucher-de-Perthes, dans le quartier Fresnoy-Mackellerie, un panneau annonce pourtant la couleur sur la façade d’un vaste bâtiment industriel qui a dû servir jadis d’entrepôt : « Église universelle de Dieu ». L’affiche précise les horaires du culte : prières chaque matin, guérisons le mardi soir, veillées de prières de 23h à 5h chaque vendredi, culte le di- manche.
L’église a dû déménager du rez-de-chaussée au deuxième étage
Le pasteur étant injoignable, on grimpe au deuxième et dernier étage du bâtiment, qui n’est pas verrouillé. Dans la cage d’escalier aux murs décrépits, des palmiers en pot fatigués et des affiches passées de mode. Les néons qui grésillent achèvent de donner aux lieux une atmosphère très étrange : pour un peu, on se croirait dans un film de David Lynch.
En haut, c’est-à-dire dans les combles, la fameuse « église universelle de Dieu » est un local protégé par une cloison en préfabriqué surmontée de vitres. Derrière la paroi, on distingue plus de quatre-vingts chaises. Survient un paroissien qui hésite en nous voyant. Il se contentera de bredouiller que « ce n’est pas facile de trouver un local dans le quartier ». Il nous dit que le lieu est sécurisé. La preuve, il y a des extincteurs aux murs.
Selon nos sources, le lieu de culte est installé dans ce bâtiment depuis 2013. Il a ouvert sans aucune autorisation, alors que le passage préalable de la commission de sécurité est obligatoire pour tout établissement recevant du public. Au départ, l’église était nichée au rez-de-chaussée. Mais les voisins ont râlé quand des veillées de prière ont commencé à s’organiser la nuit, et les évangéliques ont dû migrer vers le deuxième étage. «  C’est vrai qu’on les entendait toute la nuit, ils viennent avec leurs enfants et repartent au petit matin », murmure un homme qui habite en face. Pendant que les parents chantent des cantiques, les enfants dorment dans une petite pièce située au fond de l’église. Pièce dans laquelle étaient stockées les bouteilles de gaz de réserve pour le chauffage...
«C’est bien pire que la mosquée Da’wa»
La paroisse évangélique de Fresnoy-Mackellerie est le deuxième lieu de culte visé par une procédure pour non-respect des normes de sécurité, après la mosquée Da’wa de la rue Archimède (Alma). « Mais là on est bien au-delà de ce qui est reproché à Da’wa », déplore Max-André Pick, le premier adjoint au maire. La liste des irrégularités pointées par la commission de sécurité est en effet longue comme le bras : installation électrique pas aux normes, stockage de bouteilles de gaz, pas d’évacuation des fumées, pas d’alarme-incendie, pas de balisage des issues de secours.
« Sur des problèmes de sécurité de ce genre, on ne peut pas faire de concession, surtout pour des lieux qui accueillent du public », souligne Nabella Mezouane, adjointe au maire de Roubaix et présidente de la commission municipale de sécurité.
La fermeture dans deux mois?
La révélation en août de l’existence de cette église « clandestine » (dans le sens où son ouverture n’avait donné lieu à aucune autorisation) a débouché fin septembre sur un contrôle des locaux par la commission municipale de sécurité. C’est elle qui a listé l’ensemble des défauts de sécurité des locaux (lire ci-dessous). D’après sa présidente, l’adjointe au maire Nabella Mezouane, un procès-verbal avec « avis défavorable à caractère dangereux » a été établi.
Suite à ce PV, une mise en demeure a été adressée en fin de semaine dernière au propriétaire de l’entrepôt et au responsable de « l’église universelle de Dieu ». Tous deux ont deux mois pour réagir, à savoir soit mettre les locaux en conformité, soit les quitter.
« Vu l’état des locaux, il ne fait aucun doute que le lieu sera fermé, car le problème ne pourra être résolu en deux mois », assure Nabella Mezouane. D’autant que le pasteur a contacté la mairie pour annoncer qu’il s’était mis à la recherche de nouveaux locaux.
Une autre église sur le même palier !
Sur le même palier, tout au fond du couloir, un autre local abrite une deuxième église évangélique, baptisée « Liloba Na Nzambe ». Apparemment, un local fréquenté par des Congolais. Ironie de l’histoire, la procédure actuelle ne vise que
l’« église universelle de Dieu ». Contactée, la Ville explique qu’elle n’avait pas connaissance de l’existence de ce deuxième lieu de culte. « On va faire des vérifications », confie-t-on en mairie. Implanté dans le même environnement, il y a des chances pour que « Liloba Na Nzambe » ne respecte pas davantage les normes en vigueur.
PAR BRUNO RENOUL (textes) et HUBERT VAN MAELE (photos)
Source : Nord Eclair, 15 janvier 2015,
http://www.nordeclair.fr/info-locale/roubaix-une-eglise-evangelique-bientot-fermee-par-la-ville-ia50b12891n601101

 

 

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