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d'après une sélection de blogs sceptiques.

Par Akram Belkaïd
Complot, vous avez dit complot ? (La chronique du blédard)
Il y a un an, j'ai publié un article à propos de l'extrême popularité de la théorie du complot dans le monde arabe. Grâce ou à cause des réseaux sociaux et de nombreux sites de partage, ce papier vit encore sa vie et alimente régulièrement les discussions.

Il provoque aussi nombre de messages destinés à son auteur, messages, il faut le dire, qui sont en majorité critiques voire virulents (c'est normal, on écrit rarement à un journaliste pour lui dire qu'on a apprécié ses lignes).

Remettons le couvert. Le fait est que les théories du complot foisonnent dans le monde arabe, région dans laquelle j'inclus le Maghreb - et cela pour diverses raisons notamment culturelles et linguistiques (et certainement pas ethniques) et cela au risque de déplaire à celles et ceux qui ont l'impression de découvrir la lune en usant et abusant de l'expression "monde dit arabe".

Donc, le monde arabe et le complot... Une révolution ? C'est un complot. Un pont qui s'effondre quelque part ? Idem. Une épidémie ? Kif-kif. Souvent, le propos accusateur mêle forces occultes, gouvernement secret du monde, la CIA, le Qatar et, bien sûr, les Juifs qui, à en croire radio-mouâmara (radio-complot pour les non arabophones), passeraient leur temps à comploter contre le monde musulman.

Commençons par trois points fondamentaux. Dénoncer ces théories ne signifie pas qu'il n'existe pas de complots, qu'il n'y en a pas eu ou qu'il n'y en aura pas. (...)

Lire la suite sur Al Huffington Post.


Voir aussi :
* Théories du complot : la fabrique de la méfiance (France Culture)

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
Ce matin (au lendemain du Brexit), c’était créativité, rien à voir avec l’analyse critique de l’astrologie. Le choc fut tel que… (réalisé grâce à l’excellent générateur retourdemartine)

Diffusion de la conférence de Florian Olivier (Transhumanisme). Cette conférence a été donnée le 16 avril au Cercle zététique du Languedoc-Roussillon.

Revue des Deux Mondes, juillet-août 2016
La Revue des Deux Mondes consacre un dossier "Complot et complotisme" dans sa livraison de juillet-août 2016.

Au sommaire :
"Plutôt Zeus que Big Brother !", par Xavier Darcos
"Le mythe du complot juif. Un survol historique", par Pierre-André Taguieff
"Sociétés secrètes, révolution et roman", par Michel Delon
"Du bon usage du complotisme", par Jacques de Saint Victor
"Darknet : de l’autre côté du miroir", par Laurent Gayard
"Répondre au conspirationnisme : erreurs, errances, méprises", par Loïc Nicolas
"École et complot", par Iannis Roder

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
Le 20 janvier 2016, j’ai publié un billet à propos d’une conférence anti-évolutionniste représentant apparemment l’état de l’enseignement des Sciences de la Vie et de la Terre dans une école hors contrat des Yvelines. Ce billet prenait le temps de réexpliquer les concepts et les faits présentés de manière gravement erronée durant les dix premières […]
Néonicotinoïdes : petit jeu de piste pour comprendre Le texte adopté Le jeudi 23 juin 2016 – le jour où la France devait aussi voter contre le renouvellement de l'autorisation du glyphosate – l'Assemblée nationale a adopté en « nouvelle lecture » (la...
Nuit de l'agro-écologie ? Plutôt de la bien-pensance et de l'obscurantisme Quelle est la différence entre un "débat" et un "débat citoyen" ? Ce soir, 23 juin 2016, on célèbre la « Nuit de l'agro-écologie », une des réalisations majeures de notre Ministre...
Le jus de désinformation de Greenpeace, de Carrefour et des médias Quand on fait dans l'outrance, autant aller au fond des choses Leclerc n'a pas « payé » Hier 22 juin 2016, Greenpeace a lancé une opération commando contre un magasin Leclerc à Bois d'Arcy...

Reconnaissable à son art de la mise en scène, son mépris envers les experts, son arrogance caractérisée et sa surdité notable, la « méthode Royal » est parfaitement résumée dans un très surprenant entretien que la ministre de l'Environnement a accordé, avec plusieurs fonctionnaires de son administration, à l'occasion d'un point-presse. Enregistrés par nos confrères d'Europe1, ces échanges ont fait l'objet d'un buzz sur les réseaux sociaux.
Le 4 juin dernier, Ségolène Royal a de fait convié (...)

- édito / , ,
« Avaaz et la désinformation totale sur le glyphosate » d'Ariane Beldi Glané sur la toile 87 Tout est bon pour faire du lobbying Selon Wikipedia, « Avaaz.org est une organisation non gouvernementale internationale de cybermilitantisme, fondée en 2007....
Glyphosate : la Royal en manœuvres, l'Europe en rade ? Comme on le sait, la Commission européenne n'a pas obtenu, le 7 juin 2016, une majorité sur sa proposition de réautoriser le glyphosate pour 18 mois, le temps que soient produites des pièces complémentaires...
Une nouvelle fois, le Vélot d’or récompense un membre du CRIIGEN pour ses inepties à propos des OGM. Aujourd’hui, le lauréat de ce prix prestigieux est un membre peu connu de cet « organisme indépendant » : Nicolas Defarge. Membre de son conseil scientifique,...

Invités : Dari de la chaîne Temps Mort, la blogueuse Irna, le blogueur Zegatt et Clément Dr en mathématiques.

Emission enregistrée le 19 avril 2016.

Editorial

Scoop ! Nous n’étions pas sur le plateau de Gizeh quand la première pierre de la Grande Pyramide fut posée. Comme vous, sans doute, nous n’avons pas assisté à la construction du Machu Picchu, perché dans les montagnes. Nous n’avons pas vu couler le Titanic, ou se dérouler la bataille d’Austerlitz. Nul ici ne fut témoin de la révolution française ni de l’extinction des dinosaures. Un seul d’entre vous a-t-il seulement jamais posé les yeux sur les Îles Galápagos ?

Cela signifie-t-il que nous ne savons rien sur ces événements ou sur ces lieux éloignés ? Si vous êtes tenté de répondre oui, alors vous vous condamnez vous-même à recommencer tout le travail des savants d’aujourd’hui et d’hier. Vous devrez calculer vous-même le diamètre de la Terre et sa distance à la Lune et au Soleil avant de pouvoir admettre le système héliocentrique. Mais il vous faudra encore retrouver par le calcul et l’expérimentation les règles par lesquelles on établit la température et la composition d’une étoile à partir du spectre de la lumière émise. Vous devrez voyager dans le monde entier pour vous assurer de l’existence de Tokyo, de l’Afrique et du kébab au coin de la rue Jeanne-d’Arc. Et pour ce qui est de Jeanne d’Arc vous la rangerez dans la fiction tant que vous n’aurez pas lu, sans l’aide d’aucun traducteur, la totalité des documents d’archive relatifs à son existence mais aussi les documents qui attestent ou questionnent l’authenticité de ces archives. Naturellement, il vous aura fallu auparavant dater avec certitude les documents et pièces archéologiques à l’aide d’appareils de radiométrie que vous aurez non seulement calibrés mais encore conçus vous-même sur la base des connaissances de physique et d’ingénierie que votre scepticisme absolu vous aura obligé à acquérir tout seul. Il va sans dire que vous aurez dû pour cela inventer le feu, la métallurgie et toutes les techniques permettant de fabriquer les outils nécessaires à la conception de ces machines extrêmement précises.

S’il vous reste du temps, vous pourrez disséquer toutes les animaux et les plantes que vous croiserez pour réapprendre par vous-même les sciences biologiques. Et une chose est sûre et certaine, jamais vous ne direz un traître mot sur la conception des Pyramide si vous n’êtes pas allé en Egypte.

D’un autre côté, si vous admettez que la science est en bonne partie cumulative, qu’elle est un ensemble de propositions cohérentes qui permettent de construire une vision du monde globalement fiable, vous pourrez en référer à la parole des experts. Vous pourrez dire qu’il est à peu près certain qu’un astéroïde tombé dans le Yucatan il y a 65 millions d’année à éradiqué un grand nombre d’espèces de plantes et d’animaux, même si vous n’y étiez pas. Vous pourrez vous appuyer sur les travaux de tous ceux qui vous ont précédé et se sont posé les mêmes questions que vous. Que vous soyez dans le Cantal, en Californie, à Calcutta ou à Caracas il vous suffira d’ouvrir un livre, une revue ou un document scientifique pour connaître les dimensions des Pyramides avec exactitude, l’emplacement et l’orientation des pièces archéologiques trouvées dans telle ou telle tombe, les diverses versions des traductions des cartouches et tout une multitude de faits que des gens intelligents ont interrogés avant vous pour établir des théories. Sans qu’il soit nécessaire de vous déplacer sur la Lune, vous pourrez jouir des connaissances rapportées par ceux qui s’y sont rendus.

Si vous êtes dans cette disposition d’esprit vous aurez alors l’humilité de ne pas prétendre réinventer l’eau chaude à chaque fois que vous ouvrez la bouche. Vous aurez alors un peu plus de considération pour le travail des anciens. Vous aurez sans doute une meilleure compréhension de la nature de ce qu’on appelle une « preuve scientifique », et nous reviendrons ce soir sur ce sujet avec Dari Beliakhov. Vous comprendrez comment on peut donner un âge à un édifice comme la Pyramide de Khéops, et Irna viendra nous l’expliquer. Vous serez en mesure de comprendre pourquoi ce qu’on appelle les pyramides d’Amérique n’ont finalement rien à voir avec les tombeaux géants qui bordent le Nil, et Zegatt viendra dans l’émission nous le montrer.  Vous disposerez d’un vaste corpus de connaissance grâce auquel vous pourrez vous protéger contre les illusions que peut produire le hasard et la rhétorique de ceux qui veulent vous manipuler, et c’est de cela que viendra nous parler notre quatrième invité, Clément.

C’est donc émission en quatre parties à laquelle nous vous convions ce soir.

Cet article Science, Pyramide et Pipeau – Tronche en Live #25 est apparu en premier sur La Menace Théoriste.

En vous souhaitant de bien bonnes vacances... LIRE ICI
Comment affamer l'Afrique : demandez au Parti vert européen Risk-monger* Est-ce la meilleure façon de se développer pour la prochaine génération de l'Afrique ? Il y a une expression néo-colonialiste commune : les Européens ont les montres ; les Africains...
Le rendez-vous mensuel des curieux de science au café LES JARDINS, 9 place Jean Jaurès, à Saint-Etienne Mardi 28 juin 2016 à 19h, nous aborderons le thème Les mathématiques sont-elles le langage de la nature ? dans le cadre du café Sciences & philo organisé par l'association Astronef, avec le soutien de la Ville de St-Etienne et en partenariat avec Le Petit Bulletin - édition de St-Etienne - et l'Institut des Origines de l'Université de Lyon -. Les invités : Filippo Nuccio, maître de (...) Afis Infos

Invités : Rodolphe Meyer qui a rédigé un article sur ce sujet.

Emission enregistrée le 3 mai 2016.

Editorial

L’an Mil et le jugement dernier, l’an deux mille et le bug géant, l’apocalypse nucléaire de l’affrontement des deux blocs, le choc des civilisations, la théorie du grand remplacement, le 21 décembre 2012… les scénarios de fin du monde ne manquent jamais à l’appel. À chaque époque son lot d’histoires à faire peur. Alors cette histoire de changement climatique, de pollution, de limites des ressources naturelles, finalement voilà qui ressemble à un nouvel avatar du fantasme catastrophiste dont nous aimons nous délecter secrètement, pour éprouver le plaisir coupable de penser vivre les derniers moments de joie de notre si décevante espèce.

Pourtant il se pourrait bien qu’il y ait une réelle différence. Non pas qu’on veuille vous faire peur, car on réfléchit mal quand on a peur et on a plutôt envie que tout le monde réfléchisse correctement, mais… La surpêche, la déforestation, l’accumulation des polluants dans l’eau et le sol et l’impact général de l’activité humaine sur le climat ne sont pas des lubies, il s‘agit d’une réalité constatée par ceux dont le métier est de constater les choses et de vérifier s’ils ont bien constaté sans se gourer ; on appelle aussi ça des scientifiques. Il y  a un an une étude (en partie financée par la Nasa et injustement attribuée à cette agence) annonçait un effondrement de notre civilisation actuellement pour 2040. S’agit-il d’une nouvelle prophétie angoissée, de l’histoire à faire peur sélectionnée par nos contemporains pour avoir l’impression de vivre une époque intéressante ? Ou bien ferions-nous mieux de prendre cela au sérieux ?

Eh bien il y a d’un côté les sciences de l’environnement qui depuis longtemps nous disent que les écosystèmes dont nous dépendons ne sont pas là de toute éternité et qu’ils n’ont aucune obligation légale de continuer à exister dans le seul but de maintenir notre petit confort. Il y a des données scientifiques qui nous disent clairement que nous puisons copieusement dans des ressources que nous ne savons pas renouveler et que nous réussisons à épuiser, petit à petit les renouvelables… Et de l’autre côté il y a l’économie, la science qui étudie la production et la consommation des biens et des services. Et elle nous dit que le mode de fonctionnement de nos sociétés est juste complètement déraisonnable, et que la fragilité des écosytstèmes n’est rien à coté de celle de nos économies.

Tout a une fin, nous sommes dans un monde fini, on peut donc s’attendre à voir chuter notre civilisation. Peut-etre même est-il trop tard pour l’empêcher. Ca ne veut pas dire qu’on ne puisse rien faire aujourd’hui qui ait un réel impact, une réelle importance dans vingt, trente ou cent ans.

Pensons un peu à demain en recevant notre invité, Rodolphe Meyer, qui est doctorant en sciences de l’environnement et qui tient une chaîne YouTube dédiée aux questions que nous allons évoquer ce soir : le Réveilleur.

Cet article Environnement, Economie & Fin du Monde – Tronche en Live #26 est apparu en premier sur La Menace Théoriste.

La petite curiothèque ? C’est quoi la petite curiothèque ? (clic) (clic) Aaaaah, la curiothèèèèèèque. Pour cette première édition de la petite curiothèque (LPC), j’aurais pu commencer par vous lister : les livres qui m’accompagneraient, de gré ou de force, sur une île déserte ; les livres dont le manque de rigueur crasse m’a ouvert […]

La petite curiothèque [0]

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curiologie

le 20-6-2016 à 13:34 GMT
Avec la régularité d’une horloge un peu détraquée, certains visiteurs de l’antre poussiéreuse qui me sert de clapier se figent devant ma bibliothèque [1], pour me lancer d’une voix forte et claire : « ah, bah tiens, t’aurais pas un bon bouquin à me conseiller, là ? » Un bon bouquin ? Diantre. Un seul ? Certainement […]
Parlement européen : les œillets GM de l'Apocalypse Identité de la variété inconnue Nous poursuivons notre série sur les décisions que le Parlement européen a prises lors de sa session du mardi 8 juin 2016. Dans l'épisode précédent, nous avons vu sa résolution...
par Catherine Regnault-Roger - SPS n°316, avril 2016 On pourrait s'attendre à ce que les produits de biocontrôle, encouragés ces dernières années par les pouvoirs publics français comme produits de substitution à la gamme phytopharmaceutique de synthèse, présentent moins d'inconvénients que ces derniers pour la santé humaine et animale ainsi que pour l'environnement. Si, globalement, les produits de biocontrôle ont des atouts en la matière, il ne faut pas généraliser, mais plutôt juger au cas par cas. (...) Articles

Nous concluons cette semaine le résumé amorcé la semaine dernière de la présentation faite par le Dr. Paul Cisek le 17 mars dernier à l’Université du Québec à Montréal dans le cadre des rencontres CRISCo. Il s’agit donc de quelque chose d’un peu plus long que d’habitude qui s’inspire des capsules du Cerveau à tous les niveaux, c’est-à-dire une tentative de synthèse plus vaste d’un programme de recherche.

Nous avions donc terminé, la semaine dernière, en montrant que plusieurs problèmes classiques en sciences cognitives (l’ancrage des significations, la perception consciente, etc.) devenaient beaucoup plus simples si l’on considérait nos perceptions comme des occasions d’agir (des « affordances ») et la plupart de nos représentations comme pragmatiques plutôt que symboliques. J’aimerais maintenant donner un aperçu de l’« Affordance competition hypothesis », de Paul Cisek et ses collègues, qui est un modèle de la prise de décision inspiré de ces repréesentations pragmatiques.

* * *

Un organisme vivant situé dans un environnement a constamment devant lui des « occasions d’actions ». Comment décide-t-il à tout moment du prochain comportement qu’il va exécuter ? La question de la décision a traditionnellement été posée dans le cadre de l’approche computationnelle comme une résolution de problème, l’exemple paradigmatique étant peut-être celui du jeu d’échecs.

Comment décide-t-on du prochain coup aux échecs ? Constatons d’abord que ce type de « problème » à résoudre par un raisonnement rationnel nécessitant une longue délibération n’est pas le type de décisions que nous prenons le plus souvent dans une journée et que nos ancêtres ont eu à prendre constamment durant notre longue évolution. Celles-ci s’apparentent beaucoup plus à un choix entre prendre cette pomme-ci ou cette pomme-là, attaquer ce groupe de zèbres ou celui-là, ou simplement passer à droite ou à gauche de cet arbre devant nous.

S’inspirant de processus de haut niveau plutôt minoritaires et récents en termes évolutifs comme les décisions aux échecs, le modèle classique d’une prise de décision peut se décliner comme suit : d’abord la consultation des informations mémorisées pertinentes –> puis le choix d’une option adéquate (la décision) –> et finalement la planification d’une action qui va ensuite être exécutée par le système moteur (vu ici comme un simple effecteur corporel de l’action). C’est aussi ce qu’on pourrait appeler le modèle « neuro-économique » de la prise de décision, avec un calcul des coûts – bénéfices, des risques encourus, une simulation mentale des conséquences possibles, etc.

Le problème, c’est que cela ne correspond pas aux données que l’on observe. Simplement parce qu’on ne peut pas généraliser la prise de décision à partir de processus de si haut niveau bien trop récents évolutivement parlant pour avoir ce pouvoir explicatif global. Il faut donc revenir à la pomme (j’allais dire d’Adam…) et aux… lions !

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Car pour un lion dans la savane devant un troupeau de zèbres, l’environnement lui donne déjà plusieurs options, plusieurs affordances pour son prochain repas. Et ses décisions vont, en quelque sorte, émerger de la géométrie du monde. Comment ? Ce qu’a pu observer Cisek dans ses expériences de laboratoire conçues pour reproduire au plus proche ce genre de situations naturelles, c’est l’activation en parallèle de plusieurs populations différentes de neurones dans le cerveau de l’animal (dans son cas, le singe).

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Ces différentes régions cérébrales activées spécifient, d’une certaine manière, plusieurs actions potentiellement intéressantes. Une compétition a alors lieu entre ces différentes populations neuronales et bientôt il y en a une qui « gagne », c’est-à-dire qui est sélectionnée.

Au lieu de décider d’abord et de spécifier ensuite les commandes motrices, on spécifie d’abord des possibilités d’action potentiellement intéressantes, et on décide ensuite d’une de celles-ci. C’est donc carrément l’inverse ! S’il y a par exemple deux choix possibles, on observe un recrutement d’activité neuronale dans deux populations de neurones différentes, et puis soudainement, il y en a une où l’activité cesse rapidement alors que l’autre augmente radicalement la sienne pour amener l’exécution du mouvement.

Et tout cela est dynamique, en temps réel. Cela veut dire qu’à mesure que le lion avance vers le groupe de zèbre qu’il a choisi de poursuivre, il est constamment amené à faire rapidement d’autres choix en fonctions des accidents de terrain et des trajectoires des zèbres qui courent devant lui. Et c’est la même chose pour nous quand nous marchons sur un trottoir achalandé pour ne pas foncer dans une autre personne. Ou quand un joueur de soccer se faufile avec le ballon entre deux défenseurs. À tout moment, son action définit ses prochaines options que son cerveau va commencer à préparer en parallèle avant qu’une de celle-ci ne s’impose, soit sélectionnée, et débouche sur un geste concret.

Différentes régions cérébrales peuvent être sollicitées par l’environnement à un moment donné, de sorte qu’on ne peut associer la prise de décision à une structure cérébrale particulière. Autrement dit, la compétition peut se gagner à différents endroits dans le cerveau. C’est, en gros, l’« Affordance competition hypothesis » de Cisek et ses collègues représentée schématiquement ci-dessous.

Ce schéma montre aussi que plus l’on a de temps pour prendre une décision,  plus il y aura d’interactions possibles entre plusieurs régions cérébrales. Dans le cas d’un coup aux échecs, plusieurs délibérations possibles illustrées par les flèches rouges pourraient par exemple être effectuées.

Ces « représentations pragmatiques » distribuées dans de nombreuses régions du cerveau suggèrent aussi que le « problème de liaison » n’en est plus un pour la prise de décision puisque l’on n’essaie plus d’encoder une représentation symbolique unique qui correspondrait à telle décision. D’autres concepts, comme celui de mémoire, sont aussi revisités à la lumière de cette nouvelle approche. Nos souvenirs seront ainsi considérés comme des « affordances potentielles », des options supplémentaires par rapport à ce qu’il y a dans l’environnement immédiat.

On peut dire aujourd’hui que beaucoup de recherches en sciences cognitives, en robotique par exemple, s’éloignent de la métaphore trompeuse avec l’ordinateur et se tournent vers ce type de cognition incarnée où cerveau, corps et environnement sont intrinsèquement liés.

a_rec Paul Cisek
a_exp Cortical mechanisms of action selection: The affordance competition hypothesis
a_exp Neural mechanisms for interacting with a world full of action choices

Assassinat de Jo Cox : Boulevard Voltaire souffle le chaud et le froid
« L’assassinat de Jo Cox : pourquoi on ne peut écarter l’hypothèse d’un complot ». C'est le titre d'un article (capture d'écran ci-dessus) paru samedi 18 juin dans Boulevard Voltaire, site fondé par Robert Ménard, actuel maire de Béziers.

Selon l'auteur, un dénommé Christophe Servan, « si l’on veut influencer les électeurs, il faut se poser en victime pour susciter la compassion des indécis. Dans l’affaire Joanne Cox, l’hypothèse d’un complot ourdi par le camp du Brexit n’a donc aucun sens. En revanche, dans l’hypothèse inverse, le fait que Joanne Cox soit à la fois un député de la base et une mère de famille en fait la victime idéale. (...) Qu’il existe des lobbys (sic) privés pour ne pas dire mafieux, qui tirent grand profit de l’appartenance du Royaume-Uni à l’Europe, est une évidence. Qu’ils n’hésiteraient pas à tuer pour préserver leurs privilèges l’est certes moins, mais il suffit d’un seul. (...) Alors, geste fou d’un militant de l’extrême droite nationaliste ou complot ? C’est à chacun de se faire son opinion mais, au moins, voilà la question posée »...

Le lendemain, rétropédalage : dans un hommage ambigu à Joanne Cox, Emmanuelle Duverger, directrice de la publication de Boulevard Voltaire et compagne de Robert Ménard, écrit :

« Il nous faut aussi rappeler que si rien, à l’heure qu’il est, ne permet (comme le font certains) de dépeindre son assassin comme un « néo-nazi » — à entendre son frère, il serait plutôt un malade mental — à l’inverse, rien non plus ne vient étayer la thèse du complot dont certains se repaissent déjà. Si les opposants au Brexit n’ont pas hésité à attiser les peurs, si la campagne a pris un tour de plus en plus violent alors que les derniers sondages donnaient gagnants les partisans de la sortie de l’Europe, on ne voit pas ce qui permettrait aujourd’hui d’en conclure que les milieux favorables à Bruxelles auraient ourdi un tel complot ».

« Restons-en aux faits » implore-t-elle.

Emmanuelle Duverger est-elle au courant qu'un texte signé par Christophe Servan et instillant l'idée d'un complot a été publié sur le site qu'elle dirige ? A-t-elle prévu de signaler aux lecteurs de Boulevard Voltaire qu'il est non seulement tout à fait possible d'être à la fois néo-nazi et sujet à des troubles mentaux, mais également que Thomas Mair, l'assassin, était un partisan de longue date de la National Alliance (NA), l'une des principales organisations néo-nazies américaines et que la police britannique a retrouvé à son domicile des symboles nazis et de la littérature d'extrême droite ?

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
Glyphosate : que les politiciens arrêtent le délire ! Or donc, le 6 juin 2016, pour la troisième fois, les États membres de l'Union européenne n'ont pas trouvé une majorité pour accepter – ou repousser – la dernière proposition de la Commission qui consistait...
Du côté de chez Anton et Philippe, les férus de statistiques... Glané sur la toile 86 Chez Anton La corde du pendu : c'est la faute au chanvre... « Baliverne #09 : Les pesticides provoquent 500 morts chaque jour dans le monde », c'est sur Youtube, de...

 

 

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