Agrégateur de flux RSS,

d'après une sélection de blogs sceptiques.

Il se dit « praticien en médecine chinoise de père en fils depuis onze générations » et a été condamné en mars 2008 à six ans de prison pour « agressions sexuelles et exercice illégal de la médecine ». Francy Casacci refait parler de lui.
Il vient d'être, à nouveau, mis en examen pour « agression sexuelle » et écroué. Alors qu'il est sorti de prison en avril, et que la justice lui avait interdit d'exercer ses pratiques illégales et perverses, l'homme âgé de 39 ans a replongé.
Des thérapies alternatives étranges
Il a proposé ses services à plusieurs instituts de beauté à Cannes et Saint-Raphaël. Et, comme dans la période 2005 et 2006 où il possédait son propre cabinet à Antibes, il aurait demandé à des jeunes femmes de se mettre en petite tenue, afin de pratiquer l'imposition des mains et autres massages relaxant sur les parties érogènes.
On ne sait pas si le pseudo-praticien a remis au goût du jour les pratiques qui lui ont valu les foudres de la justice. Pour 45 euros la séance, il soignait les « blocages de chakras sexuels » en stimulant les zones intimes.
Si, dans ses nouvelles patientes, certaines n'ont encore rien dit face à cette soi-disant « thérapie alternative », une femme a décidé de porter plainte. L'enquête de la police cannoise a abouti à l'arrestation de Francy Casacci, la semaine dernière. Étant sous suivi judiciaire, il est retourné directement en prison, après sa garde à vue et sa mise en examen.
Il se pourrait que la victime ne soit pas la seule désormais à dénoncer ces faits tendancieux. Des dizaines de femmes, contactées par la police, pourraient s'ajouter à la liste, ayant été elles aussi la cible des ouvertures, un peu trop intempestive, de chakras sexuels par cet autoproclamé « magnétiseur ».
Source : Var Matin, 22 octobre 2014,
http://www.varmatin.com/saint-raphael/de-cannes-a-saint-raphael-le-charlatan-debloquait-les-chakras-sexuels.1898461.html

Nice : Le procès des «chakras sexuels»

On connaissait déjà le « zizi sexuel », cher à Titeuf. Depuis hier, on sait tout sur les « chakras sexuels » : leur nom sanskrit, dans quels sens ils doivent tourner (celui des aiguilles d'une montre, merci), comment on détecte qu'ils tournent à l'envers (au moyen d'un pendule égyptien), quels sont les risques d'une mauvaise rotation (à peu près toutes les maladies possibles et imaginables) et, surtout, heureusement, comment ça se soigne : un toucher vaginal (ou rectal) est la chose à faire de toute urgence. Si les symptômes persistent, un cunnilingus assorti de quelques mantras prononcés dans un nuage d'encens, sur fond de musique relaxante, est fortement recommandé. Dans les cas les plus graves, un coït en bonne et due forme peut s'imposer.
Expert autodéclaré
Si l'on sait tout cela, c'est grâce au « père fondateur de l'école des chakras sexuels », Francy Casacci, « praticien en médecine chinoise de père en fils depuis onze générations », si l'on en croit sa carte de visite, et expert auto-déclaré en « yi-king »,« mantras », « tarots », « boules de Geisha », « oeufs de Jade » et autres thérapies ésotériques. Ce spécialiste replet du cunnilingus, à la langue bien pendue et au look barbichu de bonze de série Z, a eu, hier, tout loisir d'expliquer son art devant le tribunal correctionnel de Grasse, où il était prévenu d'exercice illégal de la médecine et d'agressions sexuelles sur une quinzaine de jeunes femmes.
Les faits remontent à 2005-2006, période au cours de laquelle notre Cagliostro new age se trouvait déjà sous contrôle judiciaire avec interdiction d'exercer pour des faits similaires commis les années précédentes à Nice (1). Nonobstant, ne sachant « rien faire d'autre » selon son propre aveu, le bonhomme ouvrit à Antibes, dans le fond d'un local dédié aux Arts Divinatoires, un « cabinet » dans lequel il entreprit promptement de se perfectionner dans sa spécialité : le traitement des chakras sexuels.
Assez curieusement, seules les jeunes femmes de 18 à 45 ans au physique particulièrement avenant semblaient souffrir d'une inversion systématique de leurs chakras intimes. Les hommes et les femmes de plus de 60 ans se voyaient plutôt traiter leurs chakras de gorge, de pied ou de coeur, au moyen de mantras ou d'imposition de pierres et de cristaux. Pour les autres, c'était petite tenue (slip soutien-gorge et moins si affinités), grands discours médico-oiseux et toucher vagino-rectal. « Ne vous gênez pas pour moi si vous avez un orgasme, leur disait-il toujours prévenant, mais surtout ne faites pas trop de bruit ».
Nombre de patientes s'étonnèrent de cette nouvelle avancée de la science médicale, certaines en furent choquées, quelques-unes revinrent vérifier son bien fondé, une seule finalement, l'ayant surpris en train de se masturber, porta plainte. Cela suffit à renvoyer Casacci devant le tribunal correctionnel de Grasse, où le président Joando (2) réussit l'exploit d'assurer aux débats une excellente tenue morale et verbale : « Dites donc, se masturber devant une cliente, ce n'était pas très professionnel quand même... »
Thérapeute incompris
n sut ainsi que ce jeune homme de 33 ans, au regard noir et à l'attitude méprisante, avait eu une enfance difficile, né de père inconnu et d'une mère qui le confia à une famille adoptive jusqu'à son adolescence. Que sa formation scientifique se limitait à la lecture de quelques ouvrages de référence (saisis par la justice, à toutes fins utiles) et à la fréquentation d'une professeur de yoga experte en ouverture de chakras. Qu'il se considérait lui-même comme un « thérapeute alternatif », incompris de la science officielle et victime d'un complot féminin, dès lors que douze autres plaignantes s'étaient jointes à la première pour dénoncer des faits similaires. Deux de celles-ci vinrent déposer, très courageusement, à la barre pour expliquer qu'elles s'étaient senties aussi bernées que salies par ce faux thérapeute à 45 euros la séance, auquel elles avaient eu l'imprudence d'accorder a priori leur confiance et qui avait « mis les mains là où il ne fallait pas » (sic). Une avoua même s'être demandé à l'époque « si c'était du lard ou du cochon », ce qui, en l'occurrence, ne manque pas de sel. Les avocats des parties civiles stigmatisèrent un « serial agresseur » opportuniste et prévinrent solennellement le tribunal du risque de récidive.
Récidiviste et manipulateur
Le procureur, M. Gaimbard, évoqua la notion de « consentement surpris » pour expliquer l'attitude des victimes, traita le prévenu de « charlatan », récidiviste et manipulateur et réclama 8 ans d'emprisonnement. L'avocate de la défense dénonça l'amalgame fait avec l'affaire Fourniret et demanda si, dans un spa, on pouvait se considérer sous l'emprise des masseuses dès lors qu'il y avait aussi des massages, de la musique et des senteurs exotiques ? On ne vit aucun comité de soutien manifester devant le tribunal pour le « droit à l'ouverture des chakras sexuels », ni aucune patiente venir à la barre dire comment le « cunnilingus thérapeutique » avait changé sa vie.
Après une petite demi-heure de délibération, le tribunal condamna finalement Francy Casacci à 6 ans fermes, assortis de deux ans de suivi socio-judiciaire, de l'interdiction d'exercer et d'une inscription au FIJAIS, le fichier des délinquants sexuels. Le prévenu ne broncha pas, ne fit aucune excuse, garda la barbiche haute et l'air suffisant qu'il avait affiché durant toute la journée. Il repartit en cellule où il confiait le matin même, non sans fierté, avoir déjà commencé à exercer avec succès ses talents de magnétiseurs. Il est vrai qu'il y a là, probablement, autant de chakras à ouvrir que de serrures.
1. Pour ces faits Francy Casacci a déjà été condamné à 3 ans d'emprisonnement dont 18 mois avec sursis par le tribunal de Nice.
2. Assesseurs, Mmes Haumant-Daumas et Frenoy.

Source : Nice Matin, 28 mars 2008

Hier soir, au lancement du livre, une lectrice qui s’appelle Marie-Ève est venue me voir pour me dire que j’avais oublié les technologistes médicaux dans le chapitre de mon livre, qui s’intitule “Le côté lumineux et le côté obscur des soins“.

Elle a parfaitement raison et, d’ailleurs, plusieurs autres professions n’y sont pas représentées. Par exemple, où est l’optométriste ou la biochimiste clinique ? Bref, si vous avez envie d’en inventer et de me les faire parvenir, je vais les exposer ici avec grande fierté !

10736124_10152752169720428_695826695_n

- Les technologistes médicaux, créé par Marie-Ève

par Brigitte Axelrad « J'ai appelé refoulement ce processus supposé par moi et je l'ai considéré comme prouvé par l'existence indéniable de la résistance. » Sigmund Freud, Cinq leçons sur la psychanalyse Le 13 février 2014, une proposition de loi a été déposée au Sénat par Muguette DINI (UDI-UC - Rhône), Chantal JOUANNO (UDI-UC - Paris) et plusieurs de leurs collègues : « Elle vise à reporter le point de départ de délai de prescription des agressions sexuelles au jour “où l'infraction apparaît à la victime (...) Articles
SPS n° 307, janvier 2014 Clés et serrures [J'ai pu] commencer la lecture du dernier numéro de SPS [le 305], et y retrouver en médecine et pharmacie mes anciennes interrogations naïves sur une vieille connaissance : la molécule... Et espérer des explications futures. Au départ, comment, par quel processus, un médicament agit-il spécifiquement sur un trouble précisément localisé ? Je présume ensuite que l'aspect curatif d'un médicament est attribué aux molécules qui le composent, grâce à une action sur (...) Dialogue avec nos lecteurs

Si le dernier article sur le locavorisme a rencontré un grand succès, il a également suscité quelques critiques, notamment sur Facebook et sur le site Contrepoints qui a repris l’article. Certaines méritent qu’on s’y arrête :

1/ Le choix du département comme échelle du locavorisme :

Certes, c’est parfaitement arbitraire, comme le sont toutes les circonscriptions administratives. Je l’ai choisi compte tenu uniquement parce que , hors Ile de France, c’est un territoire de dimension compatible avec le locavorisme. Libre à chacun d’imaginer une autre carte de France… Je tiens à signaler que la proposition qui a été faite d’un locavorisme respectant les terroirs serait encore pire, puisque cela consisterait à appauvrir encore davantage l’alimentation, l’option de réorienter les productions agricoles étant exclue.

2/ Le commerce extérieur

Certains ont remarqué (à juste titre) que dans mon exemple sur le blé tendre, je ne prenais pas en compte le fait que la France exportait plus de la moitié de ses récoltes (1). L’omission de cette dimension était volontaire, mais j’ai évidemment eu tort de ne pas le mentionner. Il n’y aucune raison de considérer autrement la spécialisation territoriale à l’échelle d’un pays et la division à l’échelle internationale, comme l’illustre assez bien la réponse à la critique 4/ ci-dessous. Certes, si la France n’exportait pas son blé, chaque « national » en disposerait d’une quantité potentiellement supérieure. Cette objection ne tient pas compte du fait que d’autres pays manquent cruellement de blé et d’autres ressources agricoles pour nourrir leur population. Faut-il dire tant pis pour eux ? Et tant pis pour nous, qui devrions nous passer en contre-partie de quelques milliards d’euros de produits agricoles (ou autres, d’ailleurs) que nous ne produisons pas nous-mêmes.

3/ Une position caricaturale ?

Accusation très sévère d’une autre personne : cet article « mélange "manger local" et "autarcie alimentaire", assimile "locavorisme" avec "tout produire à côté de chez soi". Bref, un sujet qui pourrait être intéressant mais qui est traité sans aucune rigueur ».

  1. Quand Chantal Jouanno (ce genre de déclarations est loin d’être un cas isolé) déclare avoir pour ambition « région Île de France « presque autosuffisante sur le plan alimentaire », n’est-ce pas presque de l’autarcie, presque tout produire chez soi ? On se demande dès lors de quel côté se situe la caricature…
  1. D’autre part, le but de l’exercice n’a pas été compris : J’ai bien mentionné que jusqu’à présent, l’incitation au locavorisme, bien qu’elle mobilise une grande partie de l’énergie de certaines directions du ministère de l’agriculture ou du « développement durable », n’a qu’un résultat marginal. Quelques réunions avec des personnes concernées m’ont permis de vérifiés qu’aucune étude d’impact sérieuse , ni économique ni environnementale, n’a été faite, les bienfaits environnementaux étant simplement un postulat. Certains se lamentent de ne pas avoir réussi à rééduquer les consommateurs ou les agriculteurs, rêvant de mesures plus coercitives. Dans ces conditions , il est tout-à-fait justifié de faire des projections, d’essayer d’imaginer les conséquences d’une logique, poussée jusqu’au bout.

4/ Manger de l’agneau français, plutôt que néo-zélandais ?

Franck Ramus, chercheur en sciences cognitives, , et dont j’apprécie beaucoup les textes de vulgarisation, commence par une critique analogue : « Cet article fait la rhétorique de l'épouvantail. Il ridiculise une forme extrême de locavorisme que peu de gens défendent, mais il ne dit strictement rien sur des propositions plus raisonnables » . Comme l’autre intervenant, il fait du locavorisme non pas ce qu’il est réellement, mais ce qu’il voudrait qu’il soit : quelque chose de raisonnable, ce qui n’étonnera venant de lui.

Pour lui, il s’agirait donc « Il s'agit essentiellement de taxer les transports (carburant et péages) de telle manière à rendre les produits distants relativement moins compétitifs. Actuellement l'agneau néo-zélandais vendu en France coûte moins cher que l'agneau français. Or les externalités négatives énergétiques et environnementales ne sont pas prises en compte dans ce prix, parce que le carburant aérien n'est pas taxé. Une fiscalité bien dosée permettrait simplement que les décisions économiques rationnelles des consommateurs s'orientent vers des produits qui engendrent moins de gaspillage énergétique. »

Il s’agit donc d’orienter « les décisions économiques rationnelles des consommateurs » en le frappant au portefeuille, un joli programme ! Outre que l’on a du mal à distinguer cela d’un protectionnisme déguisé, FR ne semble pas s’intéresser au fait que le faible prix des transports permet à la Nouvelle Zélande (3), qui bénéficie de conditions exceptionnellement favorables pour l’agriculture pastorale, et de coûts de production cinq fois inférieurs aux coûts français , de satisfaire des consommateurs à 20.000 kms de distance, dont certains ne pourraient pas manger d’agneau autrement. En outre, la Nouvelle-Zélande, quoiqu’ayant une économie avancée , exporte essentiellement des produits de l’agriculture et de la sylviculture. Au nom de quel principe « supérieur » la pénaliser et lui interdire par là même de se procurer en contre partie des biens qu’elle ne produit pas ou trop peu sur son territoire ? La prise en compte des « externalités négatives énergétiques et environnementales » ?

Disons tout de suite qu’il est très difficile de définir ce qu’est une externalité énergétique négative ? A la rigueur pourrait-on parler d’un gaspillage énergétique… Mais qui va décider que telle utilisation de l’énergie (ici du kérosène) est du gaspillage ? Qui est en droit de décider qu’une dépense d’énergie qui permet à des consommateurs même aux revenus modestes de disposer de viande d’agneau à bas prix est un gaspillage ?

Restent les « externalités négatives environnementales » : on devine que FR fait ici allusion au bilan carbone de l’agneau néo-zélandais. Le prix de marché n’intègre effectivement pas spontanément les coûts que l’on suppose liés au réchauffement climatique , dont l’estimation relève d’ailleurs de la pl. L’article déjà cité (2) mentionne que le transport représente …5% des émissions de CO2 pour de l’agneau néo-zélandais consommé en Grande Bretagne, et un bilan carbone possiblement inférieur à celui de l’agneau français (3)!!!!

Quelquefois, il faut donc aller au-delà du bon sens apparent : transport sur de longues distances n’est pas forcément synonyme de bilan environnemental défavorable.

A moins de l’instauration d’une taxe exorbitante sur le kérosène, l’agneau néo-zélandais (non subventionné) conservera un avantage par rapport à l’agneau français (subventionné). Renchérir le prix du transport aérien, est-ce bien raisonnable ? Certains vols Paris-New York coût aujourd’hui moins de 200 euros . Les très bas prix mettent le transport aérien à la portée d’un nombre toujours croissant de terriens. C’est plutôt une bonne chose, non ?

Conclusion

Après la réponse à ces critiques qui ont le mérite d’obliger à clairifier et à préciser certains points, je persiste et signe. Certes, il ne s’agit pas d’empêcher les gens de consommer local si cela leur chante, ou s’ils préfèrent la gariguette d’Aquitaine à la fraise espagnole, quitte à la payer plus cher. Critiquer le locavorisme qu’on voudrait nous imposer au nom de croyances et au risque de faire reculer drastiquement la production agricole ne signifie pas prôner le « loinvorisme ».

Ce qui m’étonne, c’est qu’une autre objection n’est pas été soulevée. Mais j’attends un peu de voir si elle arrive, préférant ne pas y répondre par avance.

Anton Suwalki

  1. (http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/ble-tendre-de-bonnes-perspectives-d-exportation-vers-les-pays-tiers-franceagrimer-77164.html
  2. http://www.agrireseau.qc.ca/bovinsboucherie/documents/pdf_La_filiere_viande_en_Nouvelle-Zelande-405%5B1%5D.pdf
  1. -15% pour l’agneau néo-zélandais, des chiffres à prendre certes avec réserve car ne reposant pas sur une méthode commune de calcul.
Les entreprises étasuniennes du high-tech ont un nouveau dada : la méditation de pleine conscience. Et la Silicon Valley exporte désormais en Europe sa fameuse conférence Sagesse 2.0, alliance du new age et d’Internet.
Contexte
●●● “Depuis le début de la semaine, j’ai déjà reçu trois communiqués de presse relatifs à la pleine conscience”, s’étonne Barney Ronay dans The Guardian le 17 septembre. Sans doute faut-il y voir le signe que “l’industrie de la pleine conscience a atteint un seuil critique”, ironise le journaliste. De fait, le sujet est dans l’air du temps, comme en témoigne la conférence Wisdom 2.0 Europe qui se tenait le même jour dans les locaux de Google à Dublin (voir ci-contre). “Selon une étude de l’université du Surrey, poursuit Ronay, les outils numériques d’aide à la pleine conscience ont des effets bénéfiques sur le niveau de stress et, accessoirement, sur la productivité. Et, rien que cette semaine, 37 livres sur le sujet ont été publiés, dont La Pleine Conscience pour les insomniaques, un Livre de coloriage de la pleine conscience et La Pleine Conscience pour les nuls.”
A Dublin, le siège de Google présente toutes les caractéristiques du lieu de travail moderne dans le high-tech : esthétique chic industrielle, snacks gratuits à volonté et meubles de designer de couleurs primaires qui semblent avoir été dérobés sur une aire de jeux. Cette semaine y débarquaient les forces avancées de ce qui sera peut-être le prochain gros truc, non pas un nouveau téléphone mobile ou une montre truffée de superfonctions, mais quelque chose d’encore plus radicalement à la pointe du progrès : la sagesse.
Pendant trois jours [du 16 au 18 septembre], dans un auditorium, une alliance contre nature de Googlers [employés du groupe], de moines bouddhistes, d’adeptes des nouvelles technologies, de directeurs des ressources humaines, de députés et de PDG a jonglé avec des mots comme “compassion”, “empathie”, "communion" et "conscience". La conférence Wisdom 2.0 [Sagesse 2.0] arrivait en Europe. Wisdom 2.0 est née il y a six ans en Californie, sur une côte Ouest obsédée par la technologie et le développement personnel. Depuis, elle reçoit un accueil enthousiaste dans le secteur des nouvelles technologies.
Des événements ont déjà été organisés dans les locaux de Google à Mountain View et chez Facebook. Plus de 2 000 personnes ont participé à la grande réunion qui s’est tenue à San Francisco cette année. Après avoir séduit des personnalités très en vue, comme [la fondatrice du site The Huffington Post] Arianna Huffington et Jeff Weiner, le PDG de LinkedIn, Wisdom 2.0 souhaite désormais transmettre son message à un public mondial.
Cloches de prière
Ça s’appelle peut-être une conférence mais, pour le non-initié, ça ressemble davantage à un rassemblement de croyants – la religion en moins. Le public est appelé à revenir dans la salle par des cloches de prière, des pauses “silence” sont intégrées dans le programme, et à un moment chacun doit serrer son voisin dans ses bras, puis le caresser doucement afin de “sentir la connexion”. Ce sont les nouvelles technologies – du moins, leur influence sur notre vie – qui sont au cœur de cet événement. Wisdom 2.0 a pour mission de s’attaquer au “grand défi de notre époque” : comment “vivre connectés les uns aux autres grâce à la technologie, d’une manière qui soit bénéfique à notre bien-être”. Mais on peut aussi penser que, après avoir capté notre attention, notre temps et nos comptes en banque avec leurs gadgets infinis, après avoir créé des applications pour mesurer notre pouls et évaluer notre santé physique, l’industrie des nouvelles technologies franchit l’étape suivante et s’attaque désormais à notre âme. Soren Gordhamer, le fondateur de Wisdom 2.0, explique aux participants, qui ont déboursé jusqu’à 600 euros, qu’il s’agit d’“introduire la sagesse antique dans l’époque moderne”.
Pour cela, on a recours avant tout à la pleine conscience [mindfulness], cette version séculière de la méditation qui est censée pouvoir tout faire, du ralentissement du vieillissement à l’amélioration de la vie sexuelle. Si la pleine conscience est en train de détrôner le yoga comme activité incontournable dans les grandes métropoles, elle présente aussi des résultats cliniques établis : elle réduit le stress, favorise le sommeil, améliore le bien-être physique et mental. Chris Ruane, député travailliste du Val de Clwyd [au pays de Galles], raconte qu’il a présenté cette pratique à la Chambre des communes et qu’un groupe parlementaire multipartite s’efforce maintenant de la faire connaître à un public plus large. Mais ce n’est que le début. Alfred Tolle, directeur commercial chez Google, qui anime l’événement, va plus loin. Il s’agit selon lui de créer “une conscience collective” qui, avec un peu de chance, “rendra le monde meilleur”. “Si on avait sorti ce genre de choses il y a dix ans, ajoute-t-il, les gens auraient dit : ‘Virez-moi ce hippie.’ Mais aujourd’hui ils commencent à comprendre. Même dans les réunions de direction, quand je parle de connecter les mondes intérieur et extérieur, on me regarde d’un air suspicieux mais on voit à peu près où je veux en venir.”
Alfred Tolle pratique la méditation zen depuis vingt-cinq ans et semble avoir décidé de devenir, en plus de ses attributions officielles, le directeur spirituel officieux de Google. Il a tenu à organiser cet événement parce que, dit-il, “nous devons nous reconnecter à notre âme et à nous-mêmes afin d’utiliser la technologie sagement. Je considère que c’est mon boulot de pousser Google dans cette direction.” D’après Frazer McKimm, un spécialiste des nouvelles technologies de Dublin qui étudie les interactions entre l’homme et la machine, “l’inquiétude grandit.
On a l’impression que notre relation avec la technologie est devenue quelque chose que personne, même les créateurs de cette technologie, ne peut contrôler. Même les maîtres sont dominés. Elle nous infantilise, d’une certaine manière.” De fait, il n’est pas surprenant que l’industrie des nouvelles technologies s’interroge avec autant d’enthousiasme sur le sens et le but, déclare Gordhamer. “Regardez ses fondateurs : ils ont tous connu le succès très jeunes, il est donc naturel qu’ils se demandent : ‘N’y a-t-il pas autre chose dans la vie ?’”
C’est précisément cette question qui a attiré les participants, venus parfois de très loin, y compris d’Australie. Katrin Bauer, 46 ans, une radiologue de Dundee, a découvert que la méditation permettait de lutter contre le stress généré par la technologie. “Je travaille sur un ordinateur toute la journée, il tombe en panne, il plante ; nos logiciels ne sont pas des plus récents. Dans un premier temps, je n’ai rien dit à mes collègues. Ces pratiques orientales sont un peu taboues dans le NHS [le service de santé public]. Mais tant de mes collègues sont en arrêt de maladie ! Des gens compétents, doués, qui souffrent tout simplement d’épuisement professionnel. Et la pleine conscience présente de réels bénéfices cliniques, c’est bien mieux que de produire des pilules à tour de bras. Il y a tellement de choses qu’on pourrait faire pour améliorer le bien-être des gens !”
De même que la pleine conscience sécularise une pratique spirituelle utilisée depuis des milliers d’années, Wisdom 2.0 reprend des concepts en général associés à la pratique religieuse en leur donnant un tour nouveau. Le premier d’entre eux est la “compassion”, le mot à la mode de la conférence. Tania Singer, une spécialiste des neurosciences de l’Institut Max-Planck [à Leipzig, en Allemagne], qui a mené l’une des plus grandes études sur les effets de la pleine conscience sur le cerveau, a fait un exposé sur la plasticité neuronale et la “formation socio-affective”. La compassion, explique-t-elle, est distincte de l’empathie. Elle peut s’enseigner. Et elle active de nouvelles zones du cerveau : elle rend le sujet plus heureux.
Connexion empathique
Kelly Palmer, responsable de la formation et du développement des talents chez LinkedIn, a intitulé sa présentation “Entretenir la connexion empathique : les enseignements des efforts de compassion chez LinkedIn”. Elle explique entre autres que “parfois la chose la plus compatissante à faire, c’est de se séparer d’un employé”.
La vision cynique de tout ça, c’est que les grandes entreprises sont en train d’essayer de créer une nouvelle génération d’employés-drones heureux. La directrice chargée de la gestion des personnes – autrement dit la directrice des ressources humaines – de Zynga [une société de jeux sociaux] est venue chercher de nouvelles idées. En effet, dit-elle, il ne suffit plus d’un décor industriel chic et d’un déjeuner gratuit : “La génération Y [née entre les années 1980 et le début des années 2000] veut plus que ça. Elle veut du sens.” Il y a aujourd’hui “une convergence du travail et de la vie personnelle. Les gens ne décrochent jamais vraiment, il faut donc qu’on prenne en compte la personne dans son ensemble. Si on peut soutenir les employés, ils restent. Tout ce qui les aide personnellement présente des bénéfices pour toute l’entreprise.”
Malgré tous ces discours sur l’entreprise, on pense parfois vraiment à Timothy Leary [écrivain et psychologue américain, qui était partisan du recours au LSD pour ses vertus thérapeutiques et spirituelles]. “C’est quoi, l’argent ? demande ainsi Alfred Tolle, de Google. Juste un tas de zéros.” Et une grande partie du public a déjà expérimenté le “Turn on, tune in, drop out” [“Viens, mets-toi dans le coup, décroche”, slogan lancé par Timothy Leary]. Parmi les participants, il y a l’ex-président d’une chaîne de télé norvégienne, Neil Seligman, un ancien avocat qui apprend désormais aux juristes des grandes sociétés de la City à être plus “conscients”, et Friedhelm Boschert, ancien PDG de Volksbank International. Lorsqu’il était à la tête de cette grande banque européenne, ce dernier faisait de la méditation zen toutes les semaines avec ses cadres dirigeants ; aujourd’hui, il l’enseigne aux autres banquiers dans le cadre de quelque chose qu’il appelle “la nouvelle banque” – la banque à l’ancienne, hiérarchisée, nous ayant apparemment mis dans le pétrin financier actuel.
Est-ce le début du retour en arrière ? Ou bien la dernière initiative des grandes entreprises américaines pour soumettre le monde à leur volonté ? “Nous ne contrôlons pas les gens à l’entrée, déclare Soren Gordhamer.
Mon travail, c’est d’être là pour ceux que ça intéresse. Il faut profiter du moment présent, le seul qui existe vraiment. La vie est plus satisfaisante quand on se présente sans avoir de programme prédéfini.”
Carole Cadwalladr, The Guardian
Source : The Guardian avec Courrier International, 21 octobre 2014
http://www.courrierinternational.com/article/2014/10/21/google-montre-la-voie-de-la-sagesse
Sur le même sujet :
Par Etienne Baldit
alain=
Ils en seront tous deux co-présidents. Alain Soral et Dieudonné ont décidé de lancer leur propre parti politique, qui sera baptisé "Réconciliation nationale", selon les statuts de l'organisation obtenus par Mediapart. Le site d'informations révèle mardi 21 octobre (article payant) la création de cette nouvelle organisation.

Un parti qui aura pour principal objectif de se dissocier définitivement du Front national, à la suite des prises de position "pro-israéliennes" d'Aymeric Chauprade, conseiller international de Marine Le Pen, formulées au mois d'août. (...)

Lire la suite sur le Lab d'Europe 1.

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot

Ben coudon, je fais la couverture du Journal Métro aujourd’hui ça a l’air !

Pharmachien_Metro_cover

Mais surtout, l’article à l’intérieur est vraiment cool ! Ils ont même utilisé mes dessins pour illustrer certains des mythes que je débâtis dans mon livre et ici sur le site web.

* CLIQUE SUR L’IMAGE POUR L’AGRANDIR *

Pharmachien_Metro_article_thumb

Un gros merci à Roxane Léouzon, la journaliste qui a préparé l’article, et à toute l’équipe du Journal Métro pour ce super topo !

Pharmachien_Metro_header

Pharmachien_SB_livre

Pharmachien_JDQ_thumb

* CLIQUE SUR L’IMAGE POUR L’AGRANDIR *

Cette entrevue réalisée par Marie-France Bornais pour le Journal de Québec et de Montréal est tellement bonne que j’ai envie de la faire encadrer !

En effet, Marie-France a capturé à 100% ce que je tente de faire sur le site web Le Pharmachien et dans mon livre. Ça fait tellement plaisir à lire !!!

L’article suivant traite d’un sujet qui a été déjà abordé sur ce blog plusieurs fois. Pour rappel, il y avait deux histoires personnelles (ici et là), une analyse du nombre de morts évités grâce aux vaccins, une déconstruction générale de mythes sur les vaccins et une démonstration de la malhonnêteté intellectuelle de certains anti-vaccins qui manipulent […]

show enclosure

()

Parmi les choses les plus difficiles à expliquer quand on parle du cerveau, l’aspect tridimensionnel des structures cérébrales et le caractère dynamique de l’activité nerveuse trônent pas mal au sommet. On n’a qu’à penser à l’admiration qu’ont suscitée il y a 20 ou 30 ans les premières images de l’activité fonctionnelle du cerveau de sujets vivants ou des approches plus récentes rendant le cerveau transparent pour mieux l’explorer. Pas étonnant qu’une représentation tridimensionnelle de l’activité dynamique du cerveau humain d’un sujet en temps réel ait attiré l’attention durant la dernière année et ait laissée quelques bouches bées d’admiration !

Et de fait, le petit extrait d’un peu plus d’une minute présenté dans le lien ci-bas présenté par le Gazzaleylab de l’université de Californie à San Francisco est non seulement splendide visuellement, mais impressionnant par le nombre de techniques combinées qui l’ont rendu possible. On parle de résonance magnétique fonctionnelle pour générer le modèle 3D du cerveau de l’individu, d’imagerie de diffusion pour reconstruire ses grandes voies nerveuses, et d’autres techniques complexes pour appliquer aux bons endroits sur ce modèle anatomique les flux d’activité nerveuse captés avec un électroencéphalographe (EEG).

Cela est supposé nous montrer en temps réel les variations d’activité nerveuse du cerveau de cet individu en transposant en plus les différentes fréquences d’oscillation neuronales captées par l’EEG en différentes couleurs qui apparaissent de manière évanescente dans la représentation 3D. Les pulses de lumière qui se propagent le long des fibres nerveuses dorées correspondraient quant à eux à l’importance du transfert d’information le long de ces grandes autoroutes neuronales.

Le problème, pour certains commentateurs assidus de l’actualité des neuroscience comme Deric Bownds qui en parlait dans sa conférence présentée ici il y a quelques semaines, c’est que tout cela est un peu du charabia. Dans le sens où il n’y a pas de légende accompagnant l’animation pour y faire la moindre correspondance, ne serait-ce qu’avec les différentes couleurs censés représenter des fréquences d’oscillations déterminées. On aurait aussi demandé aux sujets d’ouvrir et de fermer leurs yeux ou leurs mains durant l’enregistrement. Encore ici, aucun repère temporel nous permettant d’identifier ces instants. Et surtout, pas de publication scientifique revue par les pairs ou de manuscrit soumis qui soit associé à ce travail.

Bonds en conclut qu’il s’agit là d’un autre exemple de ce que de nombreux laboratoires en sciences cognitives se sentent obligés de faire : sortir rapidement des images spectaculaires qui font parler d’eux, à défaut d’avoir toutes les précisions rigoureuses disponibles avec elles. La compétition est souvent féroce dans ces milieux où tout le monde s’arrache les budgets de subvention disponibles. Bonds, chercheur à la retraite, se demande ainsi avec un soupçon de nostalgie s’il est encore possible de simplement envoyer son article à une revue pour qu’on l’évalue et la publie.

Car aujourd’hui, il y a de plus en plus toute une machine de relation publique qui s’active dans une université lorsqu’une équipe annonce le moindre résultat. On publie alors immédiatement un communiqué de presse et l’on essaie d’avoir un article dans un grand média et dans des blogues scientifiques bien en vue, souvent avant même que l’article ne soit publié ou même soumis. Bref, la science est une activité humaine comme une autre, et en faire un peu la sociologie ne peut jamais nuire, à plus forte raison quand ce qu’elle produit nous laisse pantois d’admiration !

d_lien Glass brain flythrough – Gazzaleylab / SCCN / Neuroscapelab

Emprise - Piège à loups

-

CIPPAD

le 20-10-2014 à 11:53 GMT
L'édito du jour

Quelques semaines ? Quelques mois ? Combien a-t-il fallu de temps pour qu'un jeune homme «agréable et souriant» devienne menteur et agressif ?  

Comment un petit chauffeur routier s'est-il transformé en candidat au jihad ? Le témoignage de cette maman est terrifiant. Car il décrit dans le menu un scénario bien connu : celui d'une manipulation mentale réussie. Un lavage de cerveau en tout point semblable à celui pratiqué par les sectes.
Qui a «harponné» le jeune homme ? Qui lui a inoculé ce virus, pour l'instant bien plus meurtrier qu'Ebola ? Une nébuleuse indéfinie, une meute tapie dans l'ombre d'internet, une cohorte experte à détecter les égarés.
On imagine la descente aux enfers de cette jeune maman. Sans doute la première étape, la conversion à l'islam, a pu être consentie par amour. Mais elle a très vite compris que son mari glissait vers le radicalisme le plus obscur. Elle a tenté de résister, mais sa voix se perdait, tandis que Facebook et internet prenaient le dessus. On sent très bien que, petit à petit, le jeune chauffeur routier a été manipulé, formaté, dressé, conditionné. Au point de décider de partir pour le jihad : tel était le but de ses harponneurs.
Cette histoire, qui, pour l'instant, s'arrête à l'aéroport de Casablanca, confirme à l'envi que la fuite vers l'islam radical est en tout point semblable au recrutement des sectes. Il y a les mêmes recettes. On s'appuie sur les haines et les rancœurs du sujet pour qu'il renonce à ses valeurs et adopte celles des «gourous». On l'isole de son entourage, en lui assurant que c'est lui qui a raison contre le reste du monde. On redonne un sens, fut-il le pire, à une vie qui n'en avait pas... En somme on remplace une vie ordinaire par une folie ordinaire. On transforme des agneaux en fauves. Ce recrutement est un piège à loups.
Le pire, c'est que ces délires individuels sont destructeurs pour l'entourage. 

Comme les adeptes des sectes, ces zélateurs de l'extrême n'hésitent pas à mettre en danger leur famille pour aller jusqu'au bout de leur logique. Bien souvent, ce sont les parents, qui trinquent, voyant partir un fils ou une fille vers l'anéantissement. Mais de plus en plus, ce sont les enfants qui sont embrigadés de force dans cette espèce de sacrifice qui sera d'autant plus mystique qu'il sera collectif.
On devine l'engrenage : ces enfants risquent la mort. Et s'ils en réchappent, ils porteront toute leur vie le fardeau d'une tragédie familiale. Horrible héritage !
Dominique Delpiroux
Source : La Dépêche, 20 octobre 2014,
http://www.ladepeche.fr/article/2014/10/20/1975615-piege-a-loups.html
INFO METRONEWS - Selon nos informations, un couple de touristes du Golfe a été prié de sortir de l’Opéra Bastille en pleine représentation, début octobre. La femme portait un niqab. Le ministère de la Culture a envoyé des consignes pour prévenir un événement similaire.
Ces touristes du Golfe se souviendront longtemps de leur soirée parisienne à l’Opéra Bastille (12e arrondissement). Venu assister, le 3 octobre dernier, à une représentation de La Traviata de Verdi, le couple s’est assis au premier rang. "Ce sont les places les plus chères, c’est le maximum du maximum. 231 euros par personne", raconte un salarié.
"Je n'aime pas ça, mais c'est la loi"
Les amoureux n’auront toutefois pas eu l’occasion d’assister à l’ensemble de la représentation. Et pour cause : la femme portait un niqab. "Tous les spectateurs ont pu la voir, elle était en gros plan sur tous les écrans", explique-t-on, embarrassé, à l’Opéra Bastille. "Elle est rentrée sans que personne ne la remarque, je ne sais pas comment", se justifie le directeur adjoint, Jean-Philippe Thiellay.
Celui-ci confirme qu’il a du gérer "une situation délicate". "Je n’aime pas l’idée qu’on demande à un spectateur de sortir mais c’est la loi. En plus, nous sommes un service public", explique-t-il à metronews. Depuis avril 2011, se dissimuler le visage dans l’espace public peut être sanctionné par une amende de 150 euros et l’obligation de suivre un stage de citoyenneté.
"C'est une choriste qui m'a alerté"
Mais Jean-Philippe Thiellay a failli faire face à une suspension de la représentation, explique un responsable. A l’entracte, plusieurs choristes, qui ont aperçu la femme au visage voilé, auraient fait part de leur volonté de ne pas poursuivre le spectacle si la touriste ne se conformait pas à la loi.
Une version démentie par le directeur adjoint. "Ils sont plusieurs dizaines, ils n’ont pas le temps de faire une assemblée générale pour décider de ce genre de chose. Mais oui, c’est une choriste qui m’a alerté de la présence de la spectatrice voilée", narre Jean-Philippe Thiellay. Un syndicaliste confirme que des choristes ont souhaité se retirer. Quant au chef des chœurs, José-Luis Basso, il ne veut pas s’épancher sur le sujet : "Je veux bien parler musique avec vous mais ça, c’est administratif".
Opération séduction
Pour éviter tout problème, et un manque à gagner de plusieurs dizaines de milliers d’euros, le directeur-adjoint dit "avoir donné des instructions à un agent d’accueil pour demander à la spectatrice de se dévoiler ou de partir". Un syndicaliste témoigne : "L’agent d’accueil n’a pas pu parler directement à la femme concernée mais uniquement à son mari". Celui-ci a finalement décidé de partir "sans provocation". Le spectacle a repris normalement à la fin d’un précipité (un changement de scène pendant lequel le rideau est tombé). "Le couple n’a pas demandé à être remboursé", assure l’Opéra.
Selon nos informations, une note du ministère de la Culture a été envoyée aux Opéras Bastille et Garnier pour indiquer l’attitude à suivre si la situation se rééditait. Les syndicalistes ont eu l’occasion d’en discuter jeudi lors d’une réunion. Consigne est donnée d’être plus vigilant à l’entrée, d’appliquer la loi et de faire acte d’une "stricte politesse". Il faut dire que l’Opéra s’est lancé dans une opération séduction auprès des riches ressortissants du Moyen-Orient. Un salarié témoigne d’une forte augmentation des ventes des places les plus chères auprès de ces touristes au fort pouvoir d’achat.
TRISTAN QUINAULT MAUPOIL

Source : MetroNews, 20 octobre 2014,
http://www.metronews.fr/paris/une-riche-touriste-en-niqab-priee-de-quitter-l-opera/mnjs!EYsfQtSdTlagE/
Elle a échappé à l'emprise d'un père paranoïaque qui voulait faire d'elle une « supra-humaine ». Devenue thérapeute, Maude Julien livre un témoignage sidérant, mais plein d'espoir.
 
Rencontre
Son père aurait détesté ça : Maude Julien sourit. Pire, elle rit et revit, aime les gens, ne tarit pas d'amour pour ses filles, se régale de leurs câlins, savoure tout ce que Louis Didier s'est échiné à lui interdire jadis. Lui a passé sa vie à fomenter un projet diabolique : faire de sa fille une supra- humaine capable, le moment venu, de sauver le monde. Rien que ça.
Ce père, « mi-ogre, mi-gourou », Maude Julien l'étripe consciencieuse- ment dans Derrière la grille. Un livre glaçant, qu'elle veut « thérapeutique pour ceux qui vivent sous l'emprise d'un parent, d'un mari, d'un collègue ». Car Maude Julien est aujourd'hui une thérapeute reconnue, spécialisée dans... l'emprise.
Survivre à la folie
Le fruit d'un long cheminement : après quinze ans d'enfermement dans le lugubre manoir familial, dans le Nord, il lui faut des années pour se départir de son « manteau de honte ».
Son père, patron fortuné d'un grand garage lillois, franc-maçon respecté par ses pairs, embarque ses proches dans ses délires paranoïaques.
Son épouse est sa première victime. Il a 34 ans et convainc une famille démunie de lui confier Jeannine, leur petite de 6 ans, à qui il promet la meilleure éducation. Il tient parole. Mais la surveille en permanence. Et sitôt sa licence de philo en poche, Jeannine, totalement sous sa coupe, est contrainte de l'épouser pour lui donner un descendant. Maude naît, avec un destin déjà tout tracé.
Son père lui interdit tout contact avec l'extérieur. Il la veut « capable de résister à toutes les souffrances, de survivre à la torture », d'échapper aux tireurs d'élite qui, selon lui, guettent dehors le moment propice pour la kidnapper. Maude y croit et se sou- met, terrorisée.
À 3ans,elle se lève à 6h tous les matins. « Sans réveil, bien sûr, car il fallait que j'apprenne à maîtriser seule mon sommeil. Ma mère me disait : Si tu oublies de te réveiller, ton père mourra par ta faute. » Il lui faut ensuite assister au cérémonial du lever de son père ; ingurgiter quinze heures de cours ; aider aux travaux de la maison, « à mains nues, pour mieux m'endurcir ». Et maîtriser une dizaine d'instruments de musique car, soutient son père, « les musiciens sont les seuls à survivre dans les camps de concentration »...
Maude se plie à sa folie, culpabilise même quand l'odieux jardinier abuse d'elle, à maintes reprises : « Mon père répétait que je devais cacher mes émotions. Je m'en voulais de mon manque de résistance. C'est classique chez les gens sous emprise. On se sent minable. »
Les brimades sont quotidiennes. Un pas de travers et la voilà privée de parole pour un mois. Elle ne sait pas nager ? Sa mère la jette dans un trou d'eau froide creusé dans le jardin : « J'ai coulé, je suis remontée, elle m'a repoussée. Jusqu'à ce que j'apprenne à nager. » Elle a peur du noir ? La voilà enfermée la nuit dans la cave, parmi les souris, avec interdiction de bouger.
Ne pas bouger, non plus, lors des « exercices d'impassibilité ». Dix minutes, puis une heure sans ciller, face à son père qui peste : « Ton visage doit rester inexpressif pour déstabiliser tes adversaires. » Il pousse le vice plus loin, la fait boire vin et whisky : « Je dois apprendre à tenir l'alcool. »
18 ans et tout à apprendre
Maude doit sa survie à des « petits riens ». À des lectures qui l'aident à comprendre qu'elle n'est « pas folle ». À sa « désobéissance muette » : penser à des choses interdites par son père et « découvrir qu'il n'était pas dans mon esprit. »
Elle doit aussi son salut à deux poneys, un chien et un canard ! « Ils m'ont rendue humaine en me don- nant mes premiers câlins. » Mais c'est un professeur de musique à domicile qui brise ses fers, en convainquant son père de lui faire intégrer son école.
Un premier pas dehors. Puis tout s'enchaîne : Maude succombe à un jeune homme. Son père cède, convaincu qu'elle divorcera très vite. Il se trompe : « J'ai commencé à me libérer. »
Il lui faut tout apprendre : marcher dans la rue, tenir ses couverts au restaurant... se laisser aimer. C'est Marie-Jeanne, la mère de son deuxième époux (elle s'est mariée trois fois) qui brise la glace : « Je n'avais jamais raconté mon histoire. Elle n'a rien demandé, elle a juste posé ses mains sur mes épaules et j'ai fondu. » Ses deux filles, puis ses petits-enfants, achèvent de la « rendre humaine ».
Le bonheur, enfin, malgré les séquelles : « J'ai un foie d'alcoolique », des cicatrices plein le corps, des peurs irrationnelles. « J'ai dû surmonter toutes sortes de phobies, de crises de panique, de Toc », des troubles obsessionnels compulsifs.
Elle essuie aussi l'incrédulité de ses interlocuteurs. Ne serait-elle pas affabulatrice ? « Une personnalité normale n'a pas envie de penser que ça existe. Dans mon cabinet, à Paris, je côtoie les victimes d'êtres comme mon père. Ils sont nombreux. »
Son père, lui, est décédé en 1979. Sa mère, 85 ans, vit « toujours sous son emprise. Je suis thérapeute, je comprends. Mais la petite fille que j'étais reste blessée. Elle me dit que je suis une déception vivante. »
Cécile RÉTO
Derrière la grille, Stock, 312 pages, 19,50 €.
Source : Ouest-France, 19 octobre 2014

Chers lecteurs,

Imposteurs a fêté le 16 octobre 2014 son 7ème anniversaire.

Bilan d’activité :

  • 633 articles à ce jour
  • 448.020 « visiteurs uniques »
  • 1.209.616 pages visitées.

Si j’ ai rédigé la majorité des articles, j’ai pu compter sur plus d’une douzaine de contributeurs de talent qui ont permis d’élever la qualité du site et de l’enrichir. Le succès de ce site est donc en grande partie le leur, merci encore à eux.

Pour connaitre le nombre de commentaires déposés par les lecteurs, il me faudrait les compter un par un. Ce qui est certain, c’est qu’il y en a des milliers, le nombre de commentaires dépassant parfois la centaine pour un seul article. De mémoire enfin, une dizaine de commentaires ont été supprimés depuis les débuts du site.

On continue !

Anton Suwalki

À L’OCCASION du passage hier soir à la salle des fêtes de Belleville-sur-Meuse de Serge Blisko, président de la « Milviludes » (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), a été installé, en préfecture de Bar-le-Duc, le sous-groupe « Prévention des dérives sectaires » ; lequel est rattaché au Conseil départemental de prévention de la délinquance.

Présidé par Isabelle Dilhac et co-présidé par Rémi Coutin, procureur de Bar-le-Duc, ce sous-groupe a pour objectif de faire interagir les différents services de l’État avec l’autorité judiciaire et des associations en possession d’un savoir sur le phénomène des dérives sectaires, comme « Secticide » à Verdun.

Son but premier étant de rester vigilant sur les dérives sectaires car si, sur la question, la Meuse n’est pas en première ligne, « ce n’est pas pour cela qu’il faut l’ignorer. Un jour, cela peut arriver, notamment à l’heure des réseaux sociaux où l’information passe plus vite et parfois plus insidieusement », a expliqué Juliette Coutolleau, chef du bureau du cabinet de la préfète.

Serge Blisko a, quant à lui, rappelé hier soir à Belleville-sur-Meuse que « Secticide est l’une des associations régionales les plus dynamiques dans la lutte contre les dérives sectaires ». L’association verdunoise créée par Lucienne et Michèle de Bouvier de Cachard a fêté hier son 20e anniversaire.

Enseignement non dualiste

« La Miviludes est basée à Paris », rappelle Serge Blisko. « Elle a pour mission de détecter les dérives sectaires, de les prévenir mais aussi d’informer. Or, si elle n’a pas de contacts avec des correspondants associatifs dans un maximum de départements et ne peut s’appuyer des cellules de prévention des dérives sectaires, elle se retrouve alors trop éloignée du terrain. Secticide fait preuve d’une grande vigilance dans l’Est de la France. »

Le président de la Miviludes a ainsi animé dans la soirée une conférence consacrée aux missions et aux objectifs de l’organisme qu’il dirige.

Outre Serge Blisko, « Secticide » a aussi invité Valérie Blanchard, avocate au barreau de Paris qui combat l’enseignement non dualiste. Lequel s’appuie sur la méditation de pleine conscience, qui a elle-même pour origine le bouddhisme tibétain : « Cet enseignement envahit les entreprises et le monde de l’éducation et nous manipule sournoisement », avance-t-elle. 

Pascal ISCH et Mathieu BONIS

Source : L’Est Républicain, 18 octobre 2014
Serge Blisko, le président de la Miviludes, qui lutte contre les dérives sectaires, est venu en Meuse vendredi.
BAR-LE-DUC
Serge Blisko, le président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) est venu vendredi en Meuse installer un sous-groupe « Prévention des dérives sectaires » à la préfecture de Bar-le-Duc, mais aussi commémorer les 20 ans de l’association Secticide à Belleville-sur-Meuse près de Verdun. Une association qui lutte contre les dérives sectaires en Lorraine et dans l’Est de la France.
Qu’est-ce que la Miviludes et quelles sont ses missions ?
« La Miviludes est un organisme d’État composé d’une quinzaine de personnalités issues principalement de la fonction publique, mais aussi de l’Education nationale et des affaires sociales. Elle a trois missions.
Elle est chargée de détecter la présence de dérives sectaires en France. Elle doit aussi faire de la prévention pour éviter que se développent de telles dérives et elle doit informer le public sur les agissements d’individus ou d’organisations qui auraient de telles pratiques. »
Comment la Miviludes détecte les dérives sectaires ?
« La Miviludes est basée à Paris. Elle a donc besoin de relais dans les régions et les départements. Outre les cellules départementales de “Prévention des dérives sectaires“, nous nous appuyons sur des correspondants associatifs dans un maximum de départements. C’est le cas de Secticide à Verdun et des sœurs Lucienne et Michèle de Bouvier de Cachard. Une association très dynamique qui s’est notamment battue contre la scientologie. Il y a aussi le Centre laïque de prévention du sectarisme à Vesoul qui intervient souvent dans les Vosges. Un département où il y a eu de grosses affaires, notamment ce gourou très dangereux qui a été condamné il y a deux ans à 17 ans de réclusion criminelle pour avoir abusé d’une mineure de moins de 15 ans à La Bresse. Ou encore cet important centre des Témoins de Jéhovah qui devait être implanté à Deyvillers près d’Épinal. »
Quelles sont les dérives sectaires qui vous préoccupent le plus en France ?
« Il y en a deux types. Le premier est lié à la santé avec l’existence de pseudo-psychothérapies qui s’attaque au cerveau des personnes et en font des êtres fragiles. Le deuxième concerne la dérive des jeunes radicalisés vers le Jihad. Comme cette adolescente de Béthoncourt (25) qui vient de partir en Syrie. »
Que faire pour endiguer ces départs vers la Syrie ?
« On fait de la formation dans les préfectures. Il faut détecter, comprendre les circuits. C’est difficile. Les jeunes qui partent là-bas sont des robots. Lorsqu’ils rentrent en France, ils ont besoin d’une prise en charge judiciaire par rapport à la gravité de leurs actes. Puis d’une rééducation pour réapprendre à vivre avec leurs familles et reprendre leurs études. C’est un programme très lourd qui fait appel aux psychologues, aux psychiatres, aux travailleurs sociaux, aux éducateurs. »
 
Propos recueillis par Pascal ISCH, Pascal ISCH
Source : Vosges Matin, 19 octobre 2014
Sœurs de sang et de secte
En 1991, Michèle et Lucienne de Bouvier de Cachard, poursuivies par leur fille et nièce, se lançaient dans un bras de fer judiciaire avec la Scientologie. Aujourd’hui, le combat continue avec l’association Secticide, qui a 20 ans.
«Michèle, laisse-moi finir, je vais perdre le fil de ma pensée », s’agace Lucienne. Michèle de Bouvier de Cachard s’interrompt et laisse sa sœur cadette aller au bout de son raisonnement. Elles se connaissent sur le bout des doigts. Elles vivent sous le même toit dans un quartier paisible de Verdun et partagent depuis vingt ans le même combat : protéger les familles contre les sectes. « C’est le sens de notre vie », confesse Lucienne, 70 ans, professeur de lettres à la retraite. Des deux sœurs que l’on pourrait croire jumelles, elle est la plus pondérée. Michèle, 72 ans, ancienne infirmière anesthésiste, est « la volcanique », celle qui met le feu aux audiences des tribunaux saisis d’affaires de manipulation mentale. « Les responsables de sectes nous connaissent et nous redoutent », assure Michèle, que l’on croit sans peine.
Michèle et Lucienne, par contre, n’ont peur de rien. Le nom de « Secticide » créé en 1994, figure sur la boîte aux lettres de la maison. Elles sont le visage et l’âme de leur association. Elles donnent leur temps, leur adresse, leur argent et leur numéro de téléphone. Elles n’ont installé aucun filtre entre leur vie et leur combat pourtant périlleux. « Pendant de longues années, notre téléphone sonnait plusieurs fois par nuit et c’était le silence au bout du fil », s’amuse Michèle, pas intimidée pour un sou. Quand la question de l’origine de cet engagement total est posée, Lucienne évoque une tradition familiale de « défense de la liberté de penser ». Quand on aborde son histoire personnelle, qui a défrayé la chronique, elle se cabre et perd son sourire. « Rien à voir, aucun lien avec notre association, Secticide a son existence propre », évacue-t-elle.
Histoire personnelle
Les sœurs de Bouvier de Cachard ont fait une entrée tonitruante dans l’univers sectaire en 1991. Cette année-là, Michèle ne reconnaît plus sa fille Anne-Catherine, brillante élève à Normale sup. Elle y voit la marque de son mari, qui serait un militant zélé de la Scientologie. La mère inquiète et sa sœur inséparable auraient organisé un enlèvement et une séquestration pour soustraire la jeune femme à l’influence néfaste. La guerre de tranchées judiciaire va durer de longues années pour finir, en 1999, sur une extinction de l’action publique contre Lucienne et Michèle, qui ont gagné leur surnom de « sœurs anti-sectes ».
Depuis, elles n’ont jamais faibli. Secticide a pris du galon dans la galaxie de la lutte contre les manipulations mentales. En 2013, consécration, l’association verdunoise fait son entrée à la fédération européenne des centres de recherches et d’information sur le sectarisme.
Les sous-sols de la maison familiale se sont remplis de cartons au rythme des dossiers suivis. Aucune affaire ne leur échappe. Chaque jour, Lucienne ou Michèle collectent les témoignages de familles égarées. Cette épouse qui voit son mari négliger ses enfants et signer de gros chèques pour des stages improbables ou encore ces parents, impuissants face à la dérive de leur fille brillante qui quitte tout pour suivre en Inde une guérisseuse aux allures de prêtresse... Les sœurs de Bouvier de Cachard écoutent, conseillent, orientent, informent, consolent avec une empathie indéfectible et une disponibilité sans faille. Jusque quand un tel dévouement ? « « Jusqu’à la mort », sourit Lucienne. Michèle approuve.
P. R.
Source : Le Républicain Lorrain, 19 octobre 2014
La crise a parfois des effets surnaturels. Notamment sur les finances des professionnels de l'ésotérisme. Au Portugal, c'est une astrologue, Maria Helena, qui explose littéralement. Elle qui se présente comme — ça ne s'invente pas — "sociologue" et "cristalothérapeute" est partout : à la télévision chaque matin, sur Internet où son commerce est florissant et jusque dans les supermarchés !
Quel est votre dilemme ? » demande l’astrologue, une coquette peroxydée de 60 ans, avant de tirer les cartes à une téléspectatrice, jointe par téléphone, en direct à la télévision, sur l’une des principales chaînes privées du Portugal, la SIC.
« Je vis actuellement avec un homme et aimerais savoir quels sont ses véritables sentiments, je le trouve distant… » raconte la bonne femme, de 63 ans, dont l’appel, (surtaxé évidemment), s’élève au minimum à 0,60 centimes la minute auxquels il faut ajouter la TVA. (1,35 euros + 0,34 cts pour la communauté portugaise installée en France).

« L’idéal ma chère serait d’aller consulter un médecin qui vous recommandera ensuite un psychiatre… Suivez bien mon conseil, cela va s’améliorer. » L’homme en question « vous aime. »
L’échange, ne dure que quelques minutes mais qu’importe, la téléspectatrice, ravie de la réponse, remercie la voyante chaleureusement. Qui lui envoie, à son tour, de « gros bisous ».
 
La scène, surréaliste, dure depuis presque un an. Chaque matin, Maria Helena livre ses conseils avisés, dans une émission, « A vida nas cartas », qui lui est entièrement dédiée. Après n’avoir occupé que de courts espaces dans les programmes phares du matin, toute chaîne confondue, depuis le début des années 2000, le succès de l’astrologue, à la télévision portugaise, explose. Au même moment que la crise...
« Cristalothérapeute » à votre service

Rien d’étonnant à cela. Faute de réponse politique à leurs problèmes — et ils sont nombreux —, une partie des Portugais, notamment les plus isolés, se tourne vers la voyance. Si la tendance n’est pas nouvelle, les moyens employés par la télévision, qui fait désormais de ce public une cible privilégiée, eux, ont considérablement évolué. Ainsi l’habituel horoscope du matin est-il devenu, en quelques années, un puissant appât marketing. Au détriment de toute éthique. En la matière, il faut le reconnaître, Maria Helena dépasse ses concurrentes, et notamment la populaire tarologue, Maya, qu'elle a remplacée. 
 
Jamais religions et superstitions ne s’étaient si bien vendues, à la télévision. Aux traditionnels chapelets, figures de saints, anges et autres croix du Christ (en or) qu’elle porte d’ailleurs en pendentif, l'astrologue ajoute donc amulettes et gris-gris porte-bonheur, à travers d’incroyables appels à la prière, qui lui est d’ailleurs arrivé d’écrire elle-même sur le service public, La RTP, en 2009, pour chacun des signes du zodiaque.

Depuis, la voyante qui ne cesse d'invoquer Dieu et de se dire « sociologue »ainsi que « cristalothérapeute », s’est professionnalisée et a ouvert sa boutique en ligne. Y est offert pour quelques dizaines d’euros toutes sortes de « kits » faits de bougies ou encore d’encens, vendus entre 55 et 125 euros tout de même, pour aider son prochain essentiellement à devenir riche ou accessoirement à trouver l’âme sœur.
 
Sur Facebook cependant, ses conseils sont gratuits. De même que l’auto-promotion qu’elle y fait des revues auxquelles elle participe mais surtout de ses livres dont l’avant dernier était, pendant plusieurs semaines, à l'automne dernier, en top des ventes. Des dizaines de milliers d’exemplaires, près de 35 000, écoulés à 14,99 euros l’unité. Un succès non pas de librairies, mais de supermarchés qu’elle arpente d’ailleurs du Nord au Sud du pays. Infatigable. Pendant que les 14 % de chômeurs portugais remplissent difficilement leurs paniers... 


PATRICIA NEVES

Source : Marianne,  19 octobre 2014,
http://www.marianne.net/L-astrologue-star-de-la-tele-portugaise-peut-dire-Merci-la-crise-_a241916.html
C'est une affaire peu banale qui a été présentée jeudi dernier devant le Tribunal correctionnel de Caen. Un médium improvisé y était jugé pour avoir littéralement assujetti un couple auquel il a en prime extorqué 100 000 euros.
Installé à Caen en 2004, Erwan a pour voisin un couple de trentenaires, en mal d'enfant, avec lequel il devient ami. L'homme, qui travaille alors dans une grande enseigne, s'invente une profession de mage et devient proche de la femme, elle-même attirée par les pratiques occultes. Il réussit à persuader ses nouveaux amis de ses prétendus pouvoirs divinatoires. Erwan organise pour la victime des séances de prières magiques, véritables messes noires dans lesquelles le mage tient le rôle principal. Après de nombreuses tentatives infructueuses, la femme tombe enceinte. Erwan prétend alors qu'elle a eu un enfant grâce à son intervention magique.
100 000 EUROS EXTORQUÉS
Nous sommes en 2006 et l'homme est désormais totalement immiscé dans la vie du couple. Il leur réclame de l'argent, ce que la femme commence par refuser. Il menace de reprendre la vie de l'enfant, fragile, sa victime le croit. En tout, le mage aurait soutiré 100 000 euros au ménage. Plus encore, Erwan provoque la séparation de ses deux voisins et commence une relation avec le mari.
Il comparaissait jeudi dernier pour abus frauduleux de l'ignorance ou de la faiblesse d'une personne en état de sujétion psychologique. Le Tribunal a pu apprécier la personnalité hors normes de ce trentenaire, médium improvisé et dont les penchants manipulateurs avaient déjà été mis en avant. Pour le ministère public, Annabelle Le Texier requiert deux ans de prison avec sursis. Le tribunal condamnera Erwan à deux ans de prison dont un ferme. Il devra également payer près de 40 000 euros à sa victime.
Source : Liberté, Bonhomme Libre, 16 octobre 2014

Sur le même sujet :
Agrégé de philosophie, enseignant à Mendès-France jusqu'à 2006, le Yonnais Yvon Quiniou (69 ans) vient de sortir son livre Critique de la religion, au sous-titre provocateur : une imposture morale, intellectuelle et politique.
Le Journal du Pays yonnais : Quelles positions défendez-vous dans ce livre ?

Yvon Quiniou : Ce n'est pas une propagande de l'athéisme. L'objet n'est pas de savoir si on est pour ou contre les religions mais plutôt de renouer avec une critique des religions comme l'ont fait les Lumières ou les grands penseurs, en raison des méfaits qu'elle produit sur l'homme.
D'un côté, on assiste à une forme de déchristianisation des masses en occident et à un retour en force politique des Eglises réactionnaires malgré des avancées du Pape François. Je rappelle que les trois religions monothésistes se sont battues contre le mariage pour tous.

Votre livre est une défense de la laïcité ?
Oui, de la laïcité intransigeante et rigoureuse ; de la laïcité qui prend conscience des défauts des religions ; de la laïcité comme éducation à la liberté de pensée et de conscience. Aujourd'hui, on observe un retour du religieux dans les sphères intellectuelles. Alors j'insiste : la raison a la priorité sur les croyances.

Que signifie ce retour ?

Il symbolise une inquiétude : face à un monde qui bouge, on se repli sur une identité. Il a aussi un sens politique, avec une utilisation politique de la religion à des fins conservatrices.

En quoi est-ce dangereux ?

Cela contribue à empêcher les citoyens de porter un regard lucide sur le monde qui les entoure. J'émets trois axes principaux de critique : la religion est hostile à la connaissance scientifique, elle n'a par exemple reconnu la théorie de l'évolution de Darwin qu'en 1996 ; elle est une puissance anti-vie promouvant une vie supraterrestre au mépris de la vie du corps ; elle a joué un rôle politique négatif dans l'Histoire en se mettant toujours du côté de l'ordre établi. Elle était, je le rappelle, contre la Révolution française et n'a reconnu la République que tardivement dans le XIXe siècle. La religion n'est pas progressiste.

Critique de la religion, une imposture morale, intellectuelle et politique, de Yvon Quiniou aux éditions la Ville Brûle. 15 euros.
Propos recueillis par Manuel Rodriguez
Source : Le Journal du Pays Yonnais, 16 octobre 2014
par Marie-Claude Malboeuf, avec la collaboration de Charles et Félix, 12 ans, et de Vincent, 10 ans - SPS n° 309, juillet 2014 Cet article fait partie d'un reportage réalisé par nos collègues canadiens, avec l'aimable autorisation de la rédaction de La Presse, et en particulier celle de l'auteure principale, Marie-Claude Malboeuf. Tous droits de reproduction réservés (LaPresse.ca). Le nouveau dada des gourous est d'investir le marché des enfants. Ateliers, contes, bandes dessinées, jeux : tout est (...) Articles
Avec Thierry Collet, magicien et manipulateur connecté, le monde de « Big brother » devient une réalité un peu flippante. Les spectateurs ont pu en faire l'expérience, jeudi soir, à la MJC de Kerfeunteun. Invités par Thierry Collet à participer au campus Google dont il abhorre la casquette multicolore, les spectateurs sont très vite mis dans le bain et prennent part à des expériences interactives assez bluffantes. « Google devient un ami qui vous veut du bien », souligne le comédien qui nous tient au courant des dernières avancées de ce moteur de recherche sur la personnalisation des données permettant d'aiguiller nos choix qu'il s'agisse de notre destination de vacances ou de répondre à telle ou telle offre d'emploi. Et d'évoquer le géant Amazon avec ses 150.000 drones pour livrer ses commandes à travers le monde qui va bientôt préparer vos commandes avant même que vous n'ayez réalisé votre achat ou ce détecteur de mensonges dont l'application est en cours de développement.
Réalité et fiction se mélangent
En une heure de spectacle, où le public installé à de petites tables est amené à utiliser son téléphone portable ou sa tablette, il fait la démonstration du rôle de plus en plus intrusif joué par les nouvelles technologies dans notre vie privée. Craquer les codes Pin devient un jeu d'enfant, tout comme savoir où va partir en vacances telle spectatrice ou le métier qu'a toujours rêvé de faire tel autre. Rapidement, réalité et fiction se mélangent. Avec des tours de magie et de manipulation mentale dont il a le secret, Thierry Collet nous fait perdre nos repères, nous fait douter de nos propres connaissances pour mieux nous amener à réfléchir sur les dangers de l'intelligence artificielle quand elle porte atteinte à nos libertés individuelles ou qu'elle est uniquement guidée par le profit. Les messages distillés avec beaucoup d'humour passent, même si les voies de l'internet restent encore pour beaucoup impénétrables.
Source : Le Télégramme, 18 octobre 2014,
http://www.letelegramme.fr/finistere/quimper/theatre-et-magie-thierry-collet-manipule-le-reel-18-10-2014-10391061.php?utm_source=rss_
telegramme&utm_medium=rss&utm_campaign=rss&xtor=RSS-21

Note du CIPPAD : une approche à faire connaître – Le site de Thierry Collet
L'élue UMP Isabelle Balkany a été placée en garde à vue mercredi 15 octobre puis relâchée dans une enquête ouverte sur des soupçons d'emploi fictif à la mairie de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), où elle est première adjointe, a appris l'AFP de source judiciaire.
A la suite de cette garde à vue, qui a duré toute la journée, l'épouse du maire de Levallois Patrick Balkany a été remise en liberté sans être déférée devant le juge d'instruction en charge du dossier et elle n'a donc pas été mise en examen. Elle a été interrogée par la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE), a précisé la source judiciaire.
Jean Testanière, dit "le Mage"
En juillet 2012, le parquet de Paris avait ouvert une information judiciaire pour détournement de fonds publics. L'enquête porte notamment sur l'emploi à la mairie de Levallois-Perret entre 2006 et 2010 de Jean Testanière, un magnétiseur-guérisseur surnommé" le
Mage" et connu pour avoir été l'un des gérants de fait du cercle de jeux Wagram à Paris.
Lors du procès des anciens dirigeants de ce cercle, qui avait révélé l'implication du banditisme corse dans son fonctionnement, Jean Testanière avait été condamné en novembre 2013 à deux ans de prison dont un avec sursis.
Les audiences avaient révélé la personnalité de cet homme, à qui certains prêtent des pouvoirs divinatoires et qui a longtemps fréquenté des vedettes ou des décideurs politiques et économiques.
Dans ce dossier sur des soupçons d'emploi fictif, aucune personne n'a été mise en examen, a précisé la source judiciaire à l'AFP.
Dans une autre affaire instruite à Paris par le juge Renaud van Ruymbeke, Isabelle Balkany a été mise en examen pour blanchiment de fraude fiscale. L'enquête porte notamment sur les véritables propriétaires de deux villas où le couple Balkany réside régulièrement et d'éventuelles dissimulations au fisc.
Source : Nouvel Observateur avec AFP, 16 octobre 2014,
http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20141016.OBS2300/emploi-fictif-isabelle-balkany-et-le-magnetiseur-guerisseur.html?xtor=RSS-24

 

 

Feed on Feeds