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d'après une sélection de blogs sceptiques.

par Brigitte Axelrad - SPS n° 312, avril 2015 Qui ne s'est jamais amusé, en rembobinant un film à l'envers, à regarder l'eau remonter dans le pot, la moutarde rentrer dans le tube ? Ou encore l'œuf cassé rentrer dans sa coquille ? Le 23 janvier 2015, UCI News a annoncé que c'est à ce genre d'expérience, mais plus sérieuse, publiée dans la Revue Chembiochem sous le titre « Shear-Stress-Mediated Refolding of Proteins from Aggregates and Inclusion Bodies » [1][2], que se sont livrées deux équipes de (...) Un monde fou, fou, fou...

Faute d'être un grand journaliste d'investigation, Benjamin Sourice est un grand farceur. Blogueur sur Médiapart et auteur du livre Plaidoyer pour un contre-lobbying citoyen, écrit pour les Éditions ECLM, une excroissance de la Fondation pour le Progrès de l'Homme (FPH), il connaît bien le royaume du lobbying. Surtout celui lié au réseau associatif écologiste. Ainsi, il a été salarié du Criigen de Corinne Lepage (de février 2014 à février 2015), et des Amis de la Terre (de septembre 2009 à (...)

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POZ n°81

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Observatoire Zététique

le 31-8-2015 à 22:00 GMT
Septembre 2015 / Newsletter 81     ici (https://www.facebook.com/notes/la-tronche-en-biais/ultimate-z-2015/661813207287931)). L’université d’été de l'Observatoire zététique (OZ) a eu lieu dans une petite commune de la...
Par 20minutes.ch
Comédiens, balles à blanc : revoilà les complotistes
Comme après chaque tuerie aux Etats-Unis, les adeptes des théories du complot se déchaînent. Certains crient à une mise en scène visant à durcir la loi sur les armes.

A chaque événement tragique, ils se déchaînent sur le web à coup de démonstrations, de théories et d'accusations. Et la fusillade survenue mercredi dernier en direct à la télévision n'y échappe pas, rapporte le Daily Star. Pour les adeptes des théories du complot, cette tuerie n'était qu'une mise en scène visant à forcer une interdiction des armes, à rétablir la loi martiale ou encore à déclencher une guerre raciale. Et tant pis si les preuves qu'ils pensent avancer ne tiennent pas la route.

Premier argument avancé par les complotistes: le père et le petit ami d'Alison Parker ne sont en fait que des «crisis actors», c'est-à-dire des comédiens payés par le gouvernement pour rendre une attaque terroriste ou un autre drame plus crédible. (...)

Lire la suite sur le site de 20minutes.ch.


Voir aussi :
* Newtown : ces conspirationnistes qui s’en prennent aux familles de victimes, par Bertrand Maury

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot

Jérémy Royaux interview Quark pour sa chaine youtube zététique « Mycéliums ».
« Mycéliums sur youtube »

Cet article Épisode #301 : Quark et sa chaine youtube « Mycéliums » est apparu en premier sur SCEPTICISME SCIENTIFIQUE.

C’est la rentrée et sur sa page Facebook Normand Baillargeon attire notre attention sur l’article « La grande illusion de la neuroéducation » d’André Giordan qui, dit-il, rejoint pas mal ce qu’il défend dans son livre Légendes pédagogiques. Et comme pour toutes questions un tant soit peu complexe lancée sur les médias sociaux, les passions déferlent ensuite dans les commentaires. Voici donc ma contribution à cette discussion sous forme de petites considérations épistémologico-moralistes. Pardonnez si j’ai fait un peu plus long que d’habitude : on ne « moralise » pas sans s’expliquer un peu…

D’abord sachez que je n’ai rien contre les argumentaires passionnés. La raison, qui a encore bien meilleure presse que les émotions, s’y enracinent d’ailleurs souvent inconsciemment comme les sciences cognitives ne cessent de le démontrer. Mais je crois qu’il faut entrer dans la complexité sur la pointe des pieds, c’est-à-dire avec une extrême prudence.

Une prudence qui est d’ailleurs la marque de la bonne science, et a fortiori de la bonne science « humaine », comme celle de l’éducation, alors qu’on s’attaque à des phénomènes de très haut niveau : comment l’humain acquiert et transmet des connaissances sur le monde. Ouf… Réfléchir un peu au défi que cela pose donne le vertige !

C’est peut-être pour diminuer ce vertige que certain.es regardent à l’extérieur du champ classique de la discipline, en l’occurrence ici du côté des neurosciences. Et c’est, à la base, tout à fait louable et en conformité avec le projet interdisciplinaire des sciences cognitives, celui de mettre en commun les savoirs de différentes disciplines s’intéressant toutes à la même chose, c’est-à-dire ce qui rend possible la pensée humaine.

Or pour chaque discipline, entrer dans la complexité prend du temps. Imaginez quand on essaie d’en considérer deux à la fois ! C’est tout l’art de la (très) difficile mais nécessaire multidisciplinarité.

Revenons donc au cas de ce qu’on appelle la neuroéducation. Comme plusieurs le font remarquer, on vit depuis quinze ou vingt ans (depuis que l’imagerie cérébrale est largement accessible, même si toujours très chère), une époque où tout ce qui est « neuro » a la cote. Une expérience montre même que si l’on écrit « Brain scans indicate… » devant une affirmation vaguement scientifique, les gens vont être plus enclins à y croire!

Bref, il y a bien entendu bien du n’importe quoi dans tous ces « neuromarketing » et autres enrobages « neuros » destinés à vendre des produits en faisant miroiter la possibilité de « percer les secrets du cerveau humain ». Pour se rendre compte bien souvent que oui, l’EEG montre bien une déflection quelques dizaines de millisecondes avant dans telle ou telle situation, mais que des tests psychologiques bien plus simples peuvent aussi démontrer la même chose. Mais les gens veulent du neuro car ils veulent une machine capable de « percer les secrets du cerveau » sans se donner la peine d’entrer dans sa complexité parce que… c’est ben trop compliqué !

Mais ô combien intéressant. Prenons donc l’exemple des travaux et des affirmations de Stanislas Dehaene sur la lecture, puisque c’est le cas sur lequel s’attarde Giordan. Je distingue les deux parce qu’ayant pu les parcourir un peu pour préparer une présentation sur les neurones de la lecture, j’ai pu apprécier une fois de plus une distinction très importante en science entre les résultats obtenus avec un certain protocole expérimental et la discussion de ces résultats.

Pourquoi y’a-t-il une « discussion » après la section sur les résultats dans un article scientifique ? Le grand public (et j’inclus ici même des gens en sciences humaines) a parfois cette fausse conception que les neurosciences sont une science « pure » dans le sens où un résultat pouvant être reproduit mènerait tout droit vers une conclusion sans équivoque. C’est faire fi de la complexité du système observé.

En général, c’est plutôt le contraire qui se produit : vu la complexité du système observé (dont nous ne connaissons généralement que l’écume à la surface de profondeurs abyssales!), un résultat relativement clair et fiable soulève plutôt une dizaine de nouvelles questions.

Revenons à l’exemple de Dehaene. En lisant les extraits choisis par Giordan, Dehaene semble effectivement « avancer des considérations pédagogiques sans appel », surtout qu’il parle de son point de vue de neurobiologiste, avec tout l’aura du « neuro-hype » implicite mentionné plus haut. Mais quand on consulte ses articles, et surtout quand on en lit d’autres un peu autour (je pense à ceux de l’équipe de Cathy J. Price et Joseph T. Devlin, présentés brièvement à titre de bémol au point de vue de Dehaene à la fin de ma présentation), il apparaît, par exemple, que « l’aire de reconnaissance des mots » est loin d’être aussi spécifique que son nom le laisse entendre d’une part.

Et d’autre part, bien que l’hypothèse du recyclage neuronal de Dehaene et son équipe s’est avérée fructueuse dans d’autres contextes et que ses conséquences sous-optimales trouvent avec la symétrie gauche – droite des lettres versus des objets un exemple remarquable (voir ma présentation pour des détails sur tout ça…), reste que le cadre explicatif suggéré par Price et Devlin, tout aussi classique (une zone d’intégration entre certaines prédispositions top down et les inputs bottom up), demeure une alternative intéressante qui n’épuise pas le débat.

De plus, dans un article de 2011 de Laurent Cohen auquel Dehaene a collaboré, on observe chez les lecteurs experts des activations plus importantes pour les mots que pour les objets jusque dans les aires visuelles primaires. Des données qui appuient une forme d’apprentissage « perceptuel » modifiant les neurones très tôt dans les voies visuelles en fonction des mots que l’on s’habitue à lire dans une langue.

Donc un aspect « global » de la lecture observable chez l’expert mais peut-être pas chez l’enfant ? Mais à partir de quand se ferait ce transfert des associations de graphèmes et de phonèmes vers des mots entiers qui agissent comme des étiquettes ? Et si transfert il y a, sans doute progressif, à partir de quand serait-il optimal de le favoriser ?

Et il est vrai que dans toutes ces questions émanant de quelques recherches en neuroscience on n’a pas tenu compte encore des facteurs motivationnels, familiaux, sociaux, culturels, etc.

Alors quoi ? Il faut entrer dans la complexité sur la pointe des pieds. C’est dur pour tout monde. Et ce doit être valable pour tout le monde aussi. Ce n’est pas la bonne tradition humaniste contre la mauvaise neuroscience, comme le souligne bien Giordan à la fin de son article. Plutôt une conscience des limites du langage, si vite atteintes quand on parle de choses complexes comme le cerveau. En fait foi la dernière phrase de l’article où l’auteur rappelle que « Actuellement il existe un consensus pour dire qu’à tout âge les neurones peuvent se multiplier. On sait également que cerveaux droit et gauche fonctionnent en synergie et le centre de la mémoire n’est au mieux qu’une sorte de « central téléphonique »… »

« …à tout âge… » Oui, mais il y avait il y a encore quelques années un grand débat là-dessus aussi. Et dans l’une des deux régions du cerveau où la neurogenèse est reconnue pour l’instant, l’hippocampe, les premiers estimés montrent que le tiers seulement des neurones seraient renouvelés au cours d’une vie. « …le centre de la mémoire… » Vraiment ? Enfin, ramener nos mémoires (on en a plusieurs types, impliquant chacune de nombreuses structures cérébrales distinctes) à « une sorte de central téléphonique », c’est quand même nous laisser avec une image un peu courte rappelant les métaphores informatiques dont les neurosciences nous ont révélé les sérieuses limites.

Il faut entrer dans la complexité sur la pointe des pieds. Et c’est dur quand on utilise le langage pour dire quoi que ce soit sur quoi que ce soit de complexe. Et la complexité ne manque pas en ce bas monde… Amen ! ;-)

i_lien Les neurosciences, la grande illusion en éducation
i_lien Brain scans indicate … this blog is informative
a_lien Three problems in the marriage of neuroscience and education

En terminant, une pensée pour Oliver Sacks, décédé hier, et dont on avait parlé ici en mars dernier.

i_lien « Oliver Sacks, Neurologist Who Wrote About the Brain’s Quirks, Dies at 82″

par Brigitte Axelrad - SPS n° 312, avril 2015 Le test du gorille invisible (« The Invisible Gorilla ») [1] a été mis au point en 1999 par Christopher Chabris et Daniel Simons, deux chercheurs en Psychologie cognitive de l'Université Harvard [2], surnommés depuis The Gorilla Guys. La consigne donnée aux participants était de regarder attentivement une vidéo où deux équipes de joueurs de basket, l'une habillée en blanc, l'autre en noir, se lançaient un ballon, et de compter le nombre de passes entre les (...) Un monde fou, fou, fou...

Le marché du biocontrôle suscite beaucoup d'enthousiasme. Notamment auprès des pouvoirs publics, qui souhaitent ainsi promouvoir des solutions alternatives. Et pourtant...
Rien de tel qu'un peu d'agro-écologie, surtout quand on la saupoudre d'un zeste de biocontrôle ! Et le biocontrôle, c'est le grand dada de Stéphane Le Foll. En visite le 5 décembre dernier chez Goëmar, le spécialiste des technologies de la bioperformance, le ministre de l'Agriculture a salué l'action de cette « entreprise (...)

- pesticides / ,

2015

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Agriculture et Environnement

le 31-8-2015 à 09:23 GMT

Sommaire des numéros de 2105 de la Revue Agriculture et Environnement

- sommaires des numéros de la revue
Par L'Obs
Livres, boutiques, vidéos... Enquête sur le business Alain Soral
Ses prêches de haine font un malheur sur Internet. Alain Soral, ancienne recrue du FN et grand copain de Dieudonné, est devenu l’une des plus influentes figures de l’extrême droite. Deux journalistes de StreetPress, Robin D’Angelo et Mathieu Molard, signent une enquête fouillée sur le "système Soral", une affaire florissante qui fait la fortune du polémiste antisémite. Extraits.

SI Soral n’envisage presque jamais la prise de pouvoir, que ce soit par les urnes ou par un coup de force, son impact est important. Sa méthode : cyberactivisme et paroles racoleuses. En 2015, Egalité & Réconciliation frôle les 7 millions de visiteurs uniques chaque mois, quand l’UMP et le PS peinent à attirer plus de 200.000 utilisateurs chacun. […] Ce qui fait, avant tout, le succès d’Egalité & Réconciliation, ce sont les vidéos de son président. Après le départ de Marc George en 2010, accusé de vouloir fomenter un putsch, les statuts de l’association sont modifiés. Ses objectifs sont dorénavant de "faire la promotion des idées de l’essayiste Alain Soral sur la gauche du travail et la droite des valeurs". […]

Une fois par mois, sur son canapé rouge, Alain Soral dissèque l’actualité dans un long monologue de plus d’une heure. […] La chaîne Dailymotion de l’association totalise près de 33 millions de vues. Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, chacune des déclarations de Soral étant copiée et rediffusée sur des dizaines de comptes de fans. Au total, elles atteignent des centaines de millions de vues. Une audience qui génère des revenus, puisque la plateforme Dailymotion reverse une partie des bénéfices provenant des annonceurs.

Lire la suite sur le site de L'Obs.


Voir aussi :
* La petite entreprise d'Alex Jones ne connaît pas la crise
* Frédéric Haziza, Vol au-dessus d'un nid de fachos, Fayard, 2014.
* Michel Briganti, André Déchot & Jean-Paul Gautier, La galaxie Dieudonné : pour en finir avec les impostures, Syllepse, 2011.
* Anne-Sophie Mercier, Dieudonné démasqué, Seuil, 2009.

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
Par Michel Danthe
Hani Ramadan à propos des Légions d’honneur du Thalys : « De qui se moque-t-on ? »
Cette semaine, la remise de la Légion d’honneur aux sauveurs du Thalys n’a pas fait que l’unanimité dans l’espace francophone. En témoigne la tribune de Hani Ramadan, le directeur du Centre islamique de Genève, qui dénonce une manipulation, regrette que des actes isolés prennent des proportions gigantesques et doute des explications données.

Une semaine maintenant que l’attentat du Thalys a eu lieu en France. En début de semaine, la réaction d’auto-défense de passagers courageux soulageait l’Europe entière. Mais on se tromperait lourdement en pensant que l’action des passagers décorés par le président François Hollande de la Légion d’honneur a fait l’unanimité dans l’espace francophone.

Il suffit pour s’en convaincre de lire la tribune libre que le directeur du Centre islamique de Genève, le prédicateur Hani Ramadan, publiait le 25 août dans La Tribune de Genève, invitée de l’édition papier et web. Titrée «TGV: décorés avant la fin de l’enquête», la prise de position du frère de Tariq Ramadan dénonce la précipitation des médias, selon lui, à faire du jeune Marocain Ayoub El Khazzani un terroriste avéré. Pour Hani Ramadan, il aurait fallu parler d’un terroriste «présumé». Il reproche ensuite au journal Le Monde de n’avoir pas douté un instant «qu’un carnage a été évité, vendredi 21 août, dans un train Thalys reliant Amsterdam à Paris et transportant 544 passagers. » (...)

Lire la suite sur Le Temps.


Voir aussi :
* Hani Ramadan : l'oeil du NWO, le trafic d'organes et autres joyeusetés
* Daesh, Boko Haram et le complot contre l’islam selon Tariq Ramadan‏

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
Par Carla Parisi
Les délires conspirationnistes de Giulietto Chiesa applaudis au festival Rototom 2015
Un théoricien du complot italien applaudi à tout rompre au festival Rototom lors d’une conférence sur l’islamophobie... Conspiracy Watch y était !

L’attentat contre Charlie Hebdo ? L’œuvre du Mossad. L’organisation «Etat islamique» ? Une création des Etats-Unis. L'invasion de l'Ukraine par la Russie ? Une invention montée de toutes pièces par la CIA. L’attentat de Madrid, en 2004 ? Toujours un coup de la CIA. Les attentats du 11-Septembre ? Encore un complot américain. Quant à Ben Laden, sommes-nous bien sûrs qu’il ait seulement existé ?... Non, vous n’assistez pas à un spectacle de Dieudonné. Vous êtes à une conférence intitulée « L’Europe et l’islamophobie, une vision depuis la paix » organisée dans le cadre du forum social du plus gros festival de reggae en Europe, le Rototom Sunsplash 2015.

L’orateur s’appelle Giulietto Chiesa. Il est qualifié de « prestigieux invité » sur le site du festival. Ancien membre du parti communiste italien, député européen et partie prenante de la mouvance conspirationniste qui, de Thierry Meyssan à Alex Jones, fournit ses «experts» aux chaînes de télévision russes ou iraniennes, Chiesa intervient, ce vendredi 21 août, aux côtés d’Esteban Ibarra et de Rosa Maria Calaf.

Les délires conspirationnistes de Giulietto Chiesa applaudis au festival Rototom 2015
Le premier préside le Movimiento Contra la Intolerencia. La seconde est, au-delà des Pyrénées, une véritable star du petit écran, l’une des journalistes les plus célèbres de sa génération. La salle est pleine. Chiesa invite les spectateurs à ne pas faire confiance à la télé, aux médias, à se documenter sur Internet, et bien sûr à se précipiter sur son dernier livre pour y trouver d’autres nouvelles révélations. Aucune preuve n’est avancée de sa part. Inutile. Chacune des « vérités » égrenées par Giulietto Chiesa suscitent les hochements de tête approbateurs de la part d’Esteban Ibara et de Rosa Maria Calaf et les applaudissements enthousiastes de l’assistance.

Proche des positions du Kremlin, dont il ne manque jamais une occasion de prendre la défense, Giulietto Chiesa fut l’un des participants de la conférence Axis for Peace qui réunit en 2005, à l'initiative de Thierry Meyssan, quelques-unes des figures les plus représentatives de la mouvance conspirationniste comme Dieudonné, Jacques Cheminade (Solidarité & Progrès) ou encore Michel Collon. En 2007, il a co-écrit le film Zero : enquête sur le 11 septembre, qui développe l’argumentaire complotiste classique sur les attentats, affirmant notamment qu’aucun avion ne s'est jamais écrasé sur le Pentagone. A l’époque, un collectif de debunkers italiens avait démonté, dans un petit ouvrage en libre téléchargement, les élucubrations du film.

Le festival Rototom Sunsplash a fait parler de lui au cours du mois d’août en déprogrammant puis en reprogrammant le chanteur juif américain Matisyahu, suite à « une campagne de pressions, de menaces et de contraintes » orchestrée par le mouvement de boycott BDS. Ce dernier exigeait de l’artiste une vidéo condamnant publiquement « le sionisme » et exprimant « ses positions sur le conflit israëlo-palestinien ».


Voir aussi :
* Zéro pointé pour Giulietto Chiesa
* La version française de ''Zerobubbole'' enfin disponible

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
Par Philippe Corcuff
« Wayward Pines » : une série contre le conspirationnisme et la paranoïa
La nouvelle série américaine diffusée depuis ce jeudi sur Canal+, « Wayward Pines », porte une actualité politique. En ces temps de « lutte contre le terrorisme » et contre les dérèglements climatiques, elle pourrait même stimuler notre imagination politique bien mieux que les langues de bois politiciennes.

On a affaire à un ovni, qui emprunte aussi bien au classique « Le Prisonnier » (1967-1968), associé à la figure énigmatique de Patrick McGoohan, qu’au plus récent « Lost » (2004-2010). « Wayward Pines » se présente comme une hybridation réussie de thriller, de science-fiction et de fantastique dans une apparence d’utopie se révélant dystopique. (...)

Lire la suite sur Rue89.


Voir aussi, du même auteur :
* Je doute, donc je suis… moderne
* Peut-on douter de tout ? Tocqueville et Wittgenstein contre Bigard et Kassovitz

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
Rubrique coordonnée par Martin Brunschwig - SPS n° 313, juillet 2015 Les croyances dans la France profonde Un grand merci tout d'abord pour vos publications qui, sur des bases scientifiques, donc avérées, « remettent les pendules à l'heure » sur des sujets parfois pointus. Mon courrier a pour sujet les superstitions et croyances en France profonde [...]. Les années aidant, force m'est de constater que ces croyances médiévales ne sont pas le fait de quelques fermes isolées, mais bien ancrées dans les (...) Dialogue avec nos lecteurs

Le 25 mars dernier, la Grande Chambre des Recours (GCR) de l'Office européen des brevets a statué sur ce que l'on appelle désormais « l'affaire brocoli/tomate ». Un conflit qui réunit paradoxalement dans le même camp l'Union française des semenciers (UFS)et le Réseau Semences Paysannes de la Confédération paysanne. L'enjeu de ce dossier est de taille, puisqu'il s'agit ni plus ni moins de définir le cadre législatif sur la propriété intellectuelle.
Jusqu'à présent, la GCR avait estimé que les (...)

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Le 25 mars dernier, la Grande Chambre des Recours (GCR) de l'Office européen des brevets a statué sur ce que l'on appelle désormais « l'affaire brocoli/tomate ». Un conflit qui réunit paradoxalement dans le même camp l'Union française des semenciers (UFS)et le Réseau Semences Paysannes de la Confédération paysanne. L'enjeu de ce dossier est de taille, puisqu'il s'agit ni plus ni moins de définir le cadre législatif sur la propriété intellectuelle.
Jusqu'à présent, la GCR avait estimé que les (...)

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Le 25 mars dernier, la Grande Chambre des Recours (GCR) de l'Office européen des brevets a statué sur ce que l'on appelle désormais « l'affaire brocoli/tomate ». Un conflit qui réunit paradoxalement dans le même camp l'Union française des semenciers (UFS)et le Réseau Semences Paysannes de la Confédération paysanne. L'enjeu de ce dossier est de taille, puisqu'il s'agit ni plus ni moins de définir le cadre législatif sur la propriété intellectuelle.
Jusqu'à présent, la GCR avait estimé que les (...)

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Quand je cherche à me définir politiquement, je suis de plus en plus confus. Je vais ici reprendre une analyse issue d'un précédent article.

Très grossièrement, on peut voir l'espace des idées politiques comme comportant deux axes, celui des valeurs et celui des méthodes.

Le premier axe, celui des valeurs, oppose deux camps principaux :

En bas sur cet axe, on considère que l'individu est pris dans une histoire, que celle-ci doit être respectée et qu'il doit avoir pour contre-partie morale d'y être fidèle et de respecter celle des autres (au moins au sein de sa propre communauté, de façon à y inclure des courants d'extrême-droite). On affirme l'importance de la biologie et des racines dans la construction de l'individu. Parfois même, s'y ajoutent des principes d'origine religieuse. En haut sur cet axe, on affirme au contraire l'autonomie radicale de l'individu, en niant l'importance de son origine et la façon dont cela pourrait influer sur la perception de sa propre autonomie.

En bas de l'axe, on accorde de l'importance à des choses telles que l'effort, le soin pour son propre corps, le besoin de normes collectives, la fidélité à son pays d'origine, la construction de l'identité personnelle dans le développement de l'individu. En haut sur cet axe, au contraire, on accorde relativement moins d'importance à ces valeurs, au nom de l'auto-détermination de l'individu.

Le bas de l'axe est associé à des valeurs "conservatrices" (ce qui, à l'extrême, peut recouvrir des valeurs xénophobes, fascistes ou théocratiques) le haut de l'axe à des valeurs "progressistes" voire "relativistes" (l'affirmation de la toute-puissance de la volonté et la négation de la biologie et de l'évolution pouvant parfois atteindre des seuils extrêmes).

Le deuxième axe, celui des méthodes, oppose approche préventive contre approche répressive. L'approche répressive part du principe que l'être humain est libre et responsable de ses actes et n'est pas soumis à un déterminisme quelconque, en particulier social. L'approche préventive insiste au contraire sur les déterminismes, en particulier sociaux, dont l'être humain est l'objet, et se propose d'agir en amont pour les contrer.

Le "répressif" considère qu'il faut faire appel à l'intérêt individuel. Si on donne à quelqu'un tout ce dont il a besoin tout de suite, il ne va jamais chercher à aller au-delà et cela ne va faire que ponctionner les vrais créateurs de richesse, provoquant ainsi la faillite du système.

Le "préventif" considère cette idée comme cruelle. Ce sont davantage des facteurs sociaux qui expliquent le comportement de l'individu, et c'est sur eux qu'il faut agir.

L'approche répressive est donc associée, comme son nom l'indique, à des positions répressives en matière de criminalité, mais aussi à une certaine défense du libéralisme économique. L'approche préventive est au contraire associée à un plus grand interventionnisme.

On peut résumer cela à l'aide du schéma suivant :



Contrairement à ce que suggère mon propre graphique, je suis en fait très près du centre, voire en réalité au centre-haut, sur l'axe des valeurs, que cela rassure tout de suite les lecteurs qui pencheraient plutôt du côté "libertaire". (être en bas de l'axe ne reflète d'ailleurs pas du tout mon propre comportement dans ma vie personnelle, soi-dit en passant...) Reste que je suis quelque peu déconcerté par le relativisme moral d'une certaine gauche (ou plutôt, dans les faits, d'une certaine extrême-gauche). Je ne voudrais pas que certaines ouvertures possibles sur le plan législatif se traduisent par un affaiblissement de notre sens moral commun. En fait, je les soutiens surtout parce que je suis à gauche sur l'axe préventif-répressif, pas à cause de ma position sur l'axe des valeurs.

Ce qui m'amène au point suivant, à savoir le caractère intrinsèquement "bordélique" de mon propre positionnement.

Ce qui semble le plus logique en effet, c'est d'associer "éthique minimale" et approche préventive, de même que "conservatisme" et approche répressive.

D'un certain point de vue, il est en effet (à première vue, du moins) beaucoup plus facile d'imposer des valeurs "conservatrices" à l'aide d'un modèle répressif. De même, on peut dire que l'approche répressive est déjà, en soi, associée à certaines valeurs "conservatrices" (ne serait-ce que le respect de la propriété), ce qui suscite le rapprochement entre les deux pôles.

Ensuite, on peut supposer que l'adhésion à un modèle préventif amène à s'interroger davantage sur la pertinence de certaines normes, et que la remise en cause des normes peut être associée à une volonté de changement social et donc avec le modèle préventif, d'où un rapprochement de ces deux pôles.

Mais on ne voit pas pourquoi il ne serait pas possible d'associer, par exemple, "éthique minimale" et approche répressive. En fait, il y a un point de jonction philosophique entre les deux sur l'importance de l'autonomie de l'individu, bien que cela soit dans différents domaines et en en tirant différentes conclusions.  Dans les faits, ce positionnement correspond d'ailleurs à une partie du libéralisme classique et du libertarianisme (on y trouve aussi des conservateurs/préventifs sur certains points, qui ont les mêmes positions que les autres mais pas pour les mêmes raisons... Bref, c'est compliqué). Mais il y a alors une tension, sur la question de la sécurité par exemple, et ce positionnement est à la fois hésitant et "dissonant" en termes de système de valeurs. Le modèle répressif est en effet très lié à la question de la norme et à la façon de la faire émerger, ce qui ne s'accommode pas très bien avec un système de valeurs qui prône le rejet des normes.

De même, on ne voit pas pourquoi on ne pourrait pas grouper "conservatisme" et approche préventive, mais ce positionnement paraît alors encore plus bizarre, en particulier à cause de la tension permanente entre valeurs "conservatrices" et mollesse à les faire respecter. De plus, comme dans le cas précédent, le modèle préventif est associé à la remise en question de la norme.

Il est néanmoins possible de dégager plusieurs pistes qui rendraient les deux compatibles dans une certaine mesure.

(suite dans un prochain article, qui abordera aussi la remise en question de ces dimensions pour caractériser l'axe gauche-droite)
Alors que certaines recherches avaient laissé entendre qu'une alimentation riche en acides gras oméga 3 pouvait protéger la santé du cerveau, une grande étude clinique par des chercheurs du National Institutes of Health (NIH) a découvert que les compléments alimentaires d'oméga-3 ne ralentissaient pas le déclin cognitif chez les personnes âgées. Avec 4000 patients qui ont été suivis sur une période de cinq ans, cette étude est à ce jour la plus importante et la plus longue sur ce sujet. "Contrairement à (...) - Suppléments / ,

Le rapport d’inspection d’une école Steiner-Waldorf britannique  qui avait été rendu publique à été traduit et publié sur le site du CLPS. Ce rapport relève de graves insuffisances pédagogiques, comme le lecteur pourra s’en apercevoir.

Cependant, ce qui m’intéresse dans ce rapport n’est pas tant la situation particulière d’une école située outre-manche, mais plutôt ce qui y est selon moi révélateur de la pédagogie Steiner-Waldorf en général. Cela, seule une personne qui, comme moi, à été élève puis professeur dans plusieures écoles Steiner-Waldorf est à même de le percevoir et d’en rendre compte.

Je voudrais donc dans cet article pointer et tenter d’expliquer les éléments de ce rapport qui me semblent révélateurs des insuffisances de la pédagogie Steiner-Waldorf de manière générale. Car il ne faut pas s’y tromper : au delà des différents établissements de pays particuliers insérés dans des contextes spécifiques, la pédagogie Steiner-Waldorf est uniforme. Uniforme dans ses pratiques, puisqu’il s’agit de suivre les directives d’un gourou sans jamais réfléchir, mais en exécutant des consignes comme on réaliserait un service religieux. Uniforme également dans ses graves insuffisances comme dans ses dérives, puisque la prise de conscience des défauts est impossible dans un contexte où les professeurs Steiner-Waldorf sont persuadés que ce sont les Dieux qui ont révélé à Rudolf Steiner les principes de sa pédagogie.

C’est pourquoi il ne faut pas se leurrer sur le destin d’un tel rapport d’inspection et sur la manière dont les dirigeants d’une école Steiner-Waldorf peuvent en tenir compte : pour survivre, ils sont capables de faire semblant d’appliquer les recommandations qui leur ont été livrées, comme certains animaux savent faire le mort à l’approche d’un danger. Mais intégrer ce qu’il y aurait de juste et de pertinent dans les injonctions qui leur ont été faîtes n’est pas, pour les pédagogues Steiner-Waldorf, de l’ordre du possible, persuadés qu’ils sont de détenir une vérité intemporelle qu’un monde extérieur mauvais par essence veut attaquer par incapacité à la comprendre.

La première chose qui me frappe dans ce rapport, c’est la manière dont les inspecteurs relèvent le fait que les bons élèves de l’école ne sont pas encouragés à développer leurs capacités scolaires. Ils remarquent même que, d’une manière générale, les pédagogues Steiner-Waldorf de cette école ne semblent pas de soucier suffisamment de la progression du niveau des enfants. Que rien n’est fait, par exemple, pour que les groupes de faibles niveaux rattrapent leur retard sur les autres, ni que des mesures efficaces soient prises pour enrayer un phénomène d’absentéisme beaucoup plus important que la normale. Ils constatent que les professeurs ne donnent pas d’objectifs qui permettraient aux élèves de progresser. Les inspecteurs britanniques font donc logiquement des recommandations qui iraient dans le sens d’une amélioration de ces problèmes.

Ce qu’ils ne comprennent pas, faute de connaître l’Anthroposophie, c’est que ces manquements ne sont pas accidentels mais volontaires. Ce n’est pas un défaut d’organisation qui est responsable du fait que les écoles Steiner-Waldorf ne font pas ce qu’il faut pour développer les facultés de leurs élèves quand ceux-ci sont doués, ou même simplement quand il s’agit d’élèves normaux. Mais c’est en réalité parce qu’ils ne veulent pas que ces facultés se développent !

Dans les écoles Steiner-Waldorf où j’ai moi-même été scolarisé, les élèves étaient ainsi maintenus dans un état rêveur et crédule. On évitait au maximum de solliciter notre raison. On stimulait au contraire notre imaginaire et notre ressenti subjectif autant qu’il était possible de le faire.

En effet, dans une école Steiner-Waldorf, on ne souhaite pas que les élèves intelligents développent leurs potentiels. Ni que l’intelligence se développe de manière générale. Car pour les pédagogues de ces écoles, l’intelligence est une faculté maléfique, qu’il faut contenir et canaliser. Elle est selon eux un don des entités suprasensibles cosmiques mauvaises que la doctrine ésotérique anthroposophique nomme Lucifer et Ahriman. C’est pourquoi tout est fait pour maintenir le plus longtemps possible les élèves dans une ambiance rêveuse, religieuse et déconnectée de l’appréhension des faits de manière rationnelle, afin de les préserver d’une sorte de tentation maléfique qui pourrait corrompre leurs âmes.

Ainsi, je crois que le travail des inspecteurs britanniques est intéressant en ce qu’il  relève des faits significatifs. Mais il est également insuffisant car ces inspecteurs ne parviennent pas encore à comprendre que ce qu’ils ont observé est intentionnel et non accidentel. Ce n’est pas en raison de faiblesses structurelles ou de lacunes dans les méthodes de l’équipe enseignante que les pédagogues de l’école qu’ils ont inspectée ne font pas ce qu’il faut pour développer les capacités, l’intelligence et les connaissances des élèves, mais bel et bien parce qu’on ne veut pas que de telles capacités se développent !

Parallèlement aux opérations de destruction d'essais sur le terrain, les Faucheurs volontaires ont décidé de saisir le Conseil d'État afin d'obtenir l'interdiction des variétés issues de la mutagénèse.
Le 5 avril 2015, une parcelle d'essais de colza d'une superficie de 1,26 hectare a été saccagée par une soixantaine de faucheurs de science. La victime n'était pas l'une de ces multinationales américaines honnies des altermondialistes de tout bord, mais le Groupe d'étude et de contrôle des (...)

- biotechnologie / ,
Thalys : Panamza se surpasse
Si vous pensiez que Hicham Hamza s’était définitivement ridiculisé en écrivant que le FBI avait émis un avis favorable sur la thèse de la démolition contrôlée des tours du World Trade Center.

Si vous pensiez qu’il avait montré toute l’étendue de son obsession complotiste dans les colonnes d'Oumma.com.

Si vous pensiez qu'il s'était surpassé au moment de l'affaire Mohamed Merah.

Si vous pensiez qu'il avait repoussé toutes les limites du complotisme lors de la décapitation de Steven Sotloff.

Si vous pensiez qu'il ne pourrait jamais se remettre de l'humiliation qui lui avait été infligée suite à ses délires sur l'attentat contre Charlie Hebdo.

... C'est que vous n'avez pas encore lu ce que Hicham Hamza a à dire sur l’affaire du Thalys.


Voir aussi :
* Marion Sigaut forever
* Conspiracy Watch énerve Oumma.com

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
Daesh, Boko Haram et le complot contre l’islam selon Tariq Ramadan‏
Petit cours de rhétorique complotiste avec le professeur Ramadan...

Tariq Ramadan était, ce lundi 24 août, l’invité de BBC Afrique. Après avoir jugé «intolérables» les agissements de l’organisation Etat islamique et de Boko Haram, l’islamologue suisse appelle à en faire «l’analyse critique». Interrogé sur les solutions qu’il préconise, il plaide rapidement pour un travail d’éducation et de justice sociale, avant de glisser subrepticement vers une forme larvée de conspirationnisme qui occupe la moitié des 4 minutes de son intervention.

Tariq Ramadan se réclame des « faits ». Aussi commence-t-il par énoncer un fait incontestable tout en utilisant un procédé rhétorique qui a cours dans les prétoires depuis Cicéron (le fameux « Cui bono ») :

« Au bout du compte on doit quand même se poser la question de savoir qui tire profit de tout ça. Je veux dire : ce ne sont pas les musulmans. Les musulmans sont les premières victimes… C’est eux. Si on compte les morts, y’a dix fois plus voire peut-être vingt fois plus de musulmans qui meurent par la main de violents extrémistes musulmans que l’Occident. Et donc là, de ce point de vue-là, c’est quand même à nous aussi d’être très clairs sur comment trouver des solutions à ces problèmes ».

La perche ainsi tendue à son intervieweur, celui-ci l’engage à mettre franchement les pieds dans le plat : « Des analystes accusent certaines puissances d’être derrière Daesh, derrière Boko Haram… »

Ce à quoi l’islamologue répond en deux temps, concédant tout d'abord une condamnation formelle du conspirationnisme (« il faut faire attention à ne pas verser dans la paranoïa ») avant de prendre immédiatement le contre-pied de ce qu'il vient d'affirmer pour suggérer l'idée d'un vaste complot contre la religion musulmane :

« Mais maintenant, si vous regardez les faits, si vous regardez comment s’installent ces réseaux, si vous savez où ils s’installent, quelle est leur histoire, leur financement, n’importe quelle personne douée de raison et raisonnable ne peut pas ne pas parvenir à la conclusion que ces gens-là ne travaillent pas tout seuls, qu’il y a effectivement des gens et des forces qui sont en train de nourrir ceci, qui en tirent des intérêts.

Donc, encore une fois, je veux dire, je vous parle de faits ici. On a vu, dans certains mouvements extrémistes violents qui se sont installés aux Etats-Unis des études qui ne sont même pas faites par les musulmans, qui sont faites par les organisations américaines, l'ACLU (American Civil Liberties Union), ce sont des gens qui sont sérieux sur ces questions-là. Et qui vous mettent en évidence que des services de renseignement nourrissent. Et, quand on leur dit :
"Mais comment est-ce que vous nourrissez ceci, vous poussez, vous avez des infiltrants - c’est-à-dire des gens qui entrent à l’intérieur et qui poussent -, ensuite vous nous dites que vous condamnez ?!". Vous savez ce qu’ils nous répondent ? Ils nous répondent : "Nous les poussons pour voir jusqu’où ils vont".

Et il y a, aujourd’hui, des gouvernements, des services de renseignements, et des personnes, des groupuscules, qui tirent profit à l’alimentation de cette violence. Déjà, aussi, quelque chose de très important, c’est de faire en sorte que l’islam ne soit pas considéré comme une religion comme les autres mais un problème qui s’ajoute à d’autres problèmes. (…)

Je ne sais pas si vous avez entendu parler de ce qui s’est passé aux Etats-Unis où à un moment donné on soupçonne un certain nombre de personnes d’avoir agi sous l’effet de la drogue. Donc il y a plusieurs facteurs, c’est très complexe, c’est une affaire extrêmement complexe. Et donc il faut absolument que les musulmans ne s’arrêtent pas à condamner passivement mais à chercher des solutions très pratiques. »


Dans son évocation des « infiltrants » (sic), Tariq Ramadan fait référence de manière transparente à une pratique en vigueur aux Etats-Unis (parfaitement légale au demeurant) et dénoncée par des associations de défense des droits de l'homme comme l'ACLU et Human Rights Watch.

Contrairement à l’islamologue pourtant, qui s’est illustré à plusieurs occasion pour ses commentaires complotistes (ici, ou encore ), aucune de ces organisations ne laisse entendre que la violence djihadiste serait fabriquée de toutes pièces par « des services de renseignements » (lire : Le FBI, les complotistes et la "fabrication" du terrorisme‏).

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot

Il y a des histoires qui viennent périodiquement nous rappeler à quel point notre cerveau est complexe et que nous n’en comprenons encore que ce qu’on pourrait appeler « les grandes lignes ». L’étude de cas publiée par le Dr. Gerald Burgess dans la revue Neurocase le 15 mai dernier raconte l’une de celles-là.

C’est l’histoire d’un militaire anglais qui, le 14 mars 2005, se rend chez son dentiste pour y subir un traitement de canal à une dent. Le dentiste lui fait une anesthésie locale et procède ensuite à l’opération au terme de laquelle il constate que son patient est pâle et confus. Comme il ne revient pas à la normale au bout de quelques heures, on le transporte à l’hôpital où il restera hospitalisé durant trois jours.

À partir de là, et pour le mois suivant, le patient devient incapable de se rappeler ce qu’il a fait au-delà de dix minutes. Avant ça, c’est le trou noir, le vide total. Ou, pour les cinéphiles, c’est Le jour de la marmotte ou Memento…

On appel ce syndrome, bien connu depuis le fameux patient H.M., une amnésie antérograde. Dans le cas de H.M., patient étudié pendant plusieurs décennies, on sait que c’est une opération chirurgicale (où on lui avait retiré les deux hippocampes pour contrer des crises d’épilepsie invalidantes) qui était à l’origine de son amnésie antérograde.

C’est d’ailleurs ce qui nous a permis de comprendre que l’hippocampe était essentiel pour le stockage de nouveaux souvenirs sur le monde ou sur notre vie, ce que les psychologues appellent la mémoire explicite. Mais aussi, que cette structure cérébrale ne participait toutefois pas à l’élaboration d’un autre type de mémoire qu’on appelle la mémoire procédurale, celle qui nous permet d’apprendre une séquence de mouvement, comme attacher ses lacets ou aller à bicyclette.

Ce qui rend maintenant le cas du patient du Dr. Burgess encore plus mystérieux, c’est la conjonction de quatre choses. D’abord les circonstances floues liées au déclenchement de l’amnésie; ensuite l’absence de lésions apparentes dans le cerveau du patient; et puis le fait qu’après le premier moi, la période où il peut se souvenir de ce qu’il vient de faire est passé à environ 90 minutes et est demeurée comme cela depuis les dix dernières années ! Enfin, le fait que son amnésie antérograde inclut également sa mémoire procédurale le distingue encore davantage des cas comme H.M.

Reprenons rapidement chacun de ces points. À propos des circonstances qui sont à l’origine de son amnésie, on se perd en conjectures. On ne trouve rien dans l’histoire médicale du patient, comme un trauma crânien, qui aurait pu les mettre sur une piste. Quelque chose à voir avec le stress psychologique sans doute vécu à l’enterrement de son grand-père quelques jours plus tôt ? Peut-être. Et bien entendu, il y a cette fameuse opération, mais à une simple dent, et avec un anesthésique local. Et c’est cela qui aurait tout déclenché ?

D’autres hypothèses plus élaborées sont aussi envisageables, comme une prédisposition génétique latente déclenchée par un traumatisme moyen. Trois des quatre autres cas similaires trouvés dans la littérature scientifique et discutés dans l’article du Dr. Burgess ne s’étaient-ils pas, eux aussi, déclenchés après des urgences médicales de différents types ?

Pour ce qui est de l’absence de lésions apparentes dans le cerveau du patient, cela ne veut pas dire qu’il n’y en a pas, mais seulement qu’on ne peut pas en détecter avec les techniques d’imagerie cérébrale à notre disposition aujourd’hui. De plus, comme l’ont soulevé d’autres scientifiques, même s’il n’y a pas de pertes neuronales observables, des problèmes dans la connectivité des neurones pourraient avoir été créé. En particulier dans les fibres axonales qui parcourent de longues distances dans la région de l’hippocampe et dont l’interruption ou la mise hors fonction pourrait avoir des effets désastreux sur la mémoire.

Et puis il y a finalement cet inhabituel 90 minutes, à la fois plus long que d’habitude dans les amnésies antérogrades, mais encore cruellement court pour la personne atteinte. L’hypothèse, ici, se déplace au niveau moléculaire. On sait en effet que le processus de consolidation mnésique qui mène à la formation d’un souvenir durable nécessite la synthèse de nouvelles protéines qui vont transformer structurellement les connexions entre les neurones, les fameuses synapses. Quand on bloque cette synthèse protéique chez le rat, ils sont incapables de retenir tout nouvel apprentissage au-delà d’environ… 90 minutes ! « Tout nouvel apprentissage », cela rappelle aussi la mémoire procédurale de notre patient qui est aussi atteinte que sa mémoire déclarative. Voilà donc une piste, mais une piste encore très difficile à intégrer avec nos connaissances des amnésies humaines.

Pendant ce temps, le patient du Dr. Burgess continue de se lever chaque matin en se disant qu’il a un rendez-vous chez le dentiste. Mais en regardant son téléphone intelligent, il note la présence d’un fichier intitulé : “First thing – read this”. Il l’ouvre, le lit, et comme à chaque matin il comprend un peu mieux pourquoi ses deux enfants sont devenus les deux jeunes adultes qu’il verra plus tard dans la journée…

Et comme si tout cela n’était pas déjà assez étonnant, l’homme a pu, depuis dix ans, se créer un nouveau souvenir durable, un seul : celui du décès de son père, auquel il a assisté. Pas les circonstances, les funérailles ou l’enterrement. Seulement le fait que son père est mort. Comme si l’immense émotion créée par cet événement avait permis à des mécanismes résiduels de graver malgré tout quelque part dans son cerveau cet événement.

i_lien Amazing Case of Man With 90 Minute Memory
a_exp Profound anterograde amnesia following routine anesthetic and dental procedure: a new classification of amnesia characterized by intermediate-to-late-stage consolidation failure?
i_lien A Man’s Permanent Amnesia After A Dentist Visit Has Left Doctors Puzzled
i_lien « My dentist saved my tooth, but wiped my memory »

 

 

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