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d'après une sélection de blogs sceptiques.

Par Le HuffPost
Référendum en Écosse : une vidéo fait fantasmer les adeptes de la théorie du complot
Les partisans du "oui" étaient anéantis vendredi 18 septembre quand a été prononcée la victoire du "non" à l'indépendance de l'Écosse au référendum d'auto-détermination.

Pour David Cameron, le moment est donc venu de passer à autre chose. Le sujet est maintenant "clos pour cette génération, peut-être même pour cette vie", selon lui. Mais pour les plus convaincus des indépendantistes, le résultat passe mal.

Au point que certains crient même au complot et assurent sur Twitter que le vote a été truqué, notamment depuis la diffusion de la vidéo ci-dessous où l'on voit une personne déplacer des bulletins d'une pile à l'autre. (...)

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Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
par André Aurengo - SPS n° 308, avril 2014 Nous reproduisons ici un communiqué publié le 28 janvier 2014 par l'Académie nationale de médecine et rédigé par le Professeur André Aurengo. Les intertitres sont de la rédaction de SPS. La proposition de loi relative à « la sobriété, à la transparence et à la concertation en matière d'exposition aux ondes électromagnétiques » remet encore une fois en cause les données scientifiques sur la dangerosité des ondes et, sous prétexte de précaution et de « modération », (...) Articles
Par 20 minutes avec AFP
Près d’un Russe sur deux convaincu par les théories du complot
Près d'un Russe sur deux est convaincu que le monde est contrôlé par une «certaine organisation» constituée notamment par des oligarques, des Américains, des juifs et des francs-maçons, selon un sondage du Centre russe d'étude de l'opinion publique (Vtsiom).

«Une majorité relative des Russes (45%) est d'accord que dans le monde, il y a une certaine organisation qui contrôle les autorités de plusieurs pays», indique le centre dans un communiqué disponible jeudi sur son site. (...)

Lire la suite sur 20minutes.fr.


Voir aussi :
* MH17 : la théorie du complot a du succès en Russie
* Sondage : à quand un Mouvement pour la Vérité sur le Soleil ?
* Le conspirationnisme, nouvelle "pensée unique" des Américains ?

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot

Au détour de la lecture d’un article de Yann Kindo sur la navrante Vandana Shiva (1), je découvre le site « Spurious correlations » (2), ce qu’on peut traduire par « corrélations fallacieuses ».

Yann Kindo se moquait (un peu méchamment, mais c’est justifié) de la « physicienne » indienne qui explique la hausse des cas d’autisme est due des OGM (3). Notons que pour l’altersavante, il ne s’agit pas d’une hypothèse, mais d’une certitude : « that question’s been answered », proclame-t-elle. Même chose pour le diabète, les insuffisances rénales, et Alzeimer !

L’abus des corrélations est une technique éprouvée qui permet toutes les manipulations. La corrélation est une mesure du lien statistique entre deux variables. Si, comme dans la démonstration stupide de Vandana Shiva, vous trouvez deux phénomènes qui évoluent de manière plus ou moins conjointement, tracez-les sous forme de deux courbes sur un même graphique . Pour beaucoup de personnes qui confondent corrélation et causalité, ce procédé enfantin a malheureusement valeur de démonstration. Ils sont victime d’un raisonnement de type Post hoc, ergo propter hoc (à la suite de cela, donc à cause de cela).

Corrélation fallacieuse : démonstration

Pour illustrer que la corrélation faite par Vandana Shiva n’a strictement aucune valeur, Yann Kindo juxtapose la courbe des cas d'autisme et celle des ventes de produits bio : la corrélation est stupéfiante (r=0.9971 (4)), et pourtant personne n’a eu l’idée d’y voir une relation de cause à effet !

Était-ce pédagogique ? Visiblement pas pour les infatigables enfileurs de perles qui sévissent sur les blogs de Médiapart. -« A l'heure de la privatisation du vivant , et de la négation du droit à l' indépendance alimentaire ,et alors qu'une agriculture biologique en pleine évolution semble si prométeuse , les jérémiades (èthnocentrées ) de Yann Kindo sur la licence de physique de Vandena Shiva laissent un goût prononcé de ridicule ...... »

Il est tellement facile de discréditer une personne, au lieu d'argumenter sur le vrai sujet, les OGM. Nous sommes tellement habitué à ces procédés par l'industrie, que j'espère que les citoyens ne seront plus dupes. »

Comment un enseignant en histoire-géo arrive-t-il à être si compétent en analyse scientifique ?

Des stages accélérés chez Monsanto ? »

Face au parti pris de la bêtise, il n’y a donc aucune pédagogie efficace. Il ne faut pourtant pas y renoncer, pour essayer de rendre service à tous ceux qui se laissent sincèrement abuser pour ces corrélations abusives.

La valeur pédagogique de la démonstration par l’absurde

En fouillant un peu, j’ai découvert une autre corrélation troublante: on s’aperçoit que la baisse spectaculaire de la criminalité aux USA coïncide avec la commercialisation des premières plantes génétiquement modifiées (5), tandis que dans la vieille Europe, de manière générale plus hostile aux OGM , la criminalité stagne voire continue à augmenter (6). En plagiant les méthodes et le culot de Vandana Shiva, j’en déduis sans sourciller donc que les OGM sont responsables de la (relative) pacification de la société américaine (7) et que l’Europe gagnerait à les adopter massivement et d’urgence !

Certes, les trollers qui sévissent sur le blog de Yann Kindo y verront sans doute de la provocation. Pourtant, utiliser les mêmes corrélations foireuses, c’est un plaidoyer pour un peu de cohérence. Si ma « spurious » corrélation est irrecevable, alors celles qui essaient de faire passer les OGM pour la cause de l’augmentation des cas d’autisme, d’Alzheimer, ou de tout autre fléau imaginable le sont tout autant. Si on considère que la corrélation que j’avance n’est pas la preuve que les OGM induisent des comportements plus pacifiques (8) , alors on doit reconnaître que c’est aussi le cas des corrélations avancées par Vandana Shiva, tout aussi abusives, pour ne pas dire destinées à abuser.

Reconnaissons toutefois que les corrélations loufoques, voire totalement absurdes, du site susmentionné (2) pourraient avoir une vertu pédagogique bien supérieure aux miennes : en effet le lien qu’il y a entre le nombre de noyades en piscine et le nombre de films avec Nicolas Cage. Pas mal non plus, la multiplication des comités d’actions politique aux USA a des conséquences fâcheuses sur la mortalité en fauteuil roulant. Ou encore, la diminution de la consommation de margarine est associée de manière très étroite à celle de la fréquence des divorces. Les facétieux se demanderont sans doute si c’est la consommation de margarine qui baisse parce qu’on divorce moins, ou si c’est l’inverse…

Une « spurious correlation » dans une prestigieuse revue médicale.

On est souvent navré quand des gens comme vous et moi se laissent abuser pour des corrélations abusives. Mais il arrive parfois que le mal contamine des revues scientifiques, y compris les plus prestigieuses. Un certain Messerli a ainsi réussi à faire passer dans le New England Journal of Medicine un papier (9) dans lequel il discute de l’effet de la consommation de chocolat sur l’ amélioration des fonctions cognitives . Pourquoi pas, après tout ? Le hic, c’est que la seule chose que Messerli ait trouvé à se mettre sous la dent, si on ose dire, c’est la corrélation entre le nombre de prix Nobel par pays (depuis sa création en 1901) et la consommation annuelle (actuelle) de chocolat par habitant !

Il n’est pas impossible qu’il s’agisse d’un canular à la Sokal : l’auteur aurait pu vouloir tester si on peut faire passer n’importe quoi dans une des plus prestigieuses revues scientifiques à comité de lecture. A ma connaissance, Messerli n’a jamais fait une mise au point là-dessus. En attendant, une bonne partie de la presse a pris l’info pour argent comptant, certains se demandant avec gravité combien de chocolat il fallait consommer pour accroitre ses chances de devenir Prix Nobel.

Reconnaissons dans ce cas précis, que si c’est un canular, il n’aura pas été très pédagogique.

De manière ironique, des chercheurs de l’Université de Louvain (10) ont rapporté un résultat encore plus surprenant que celui de Messerli : le coefficient de corrélation entre le nombre de magasins IKEA pour 10 millions d’habitants et le nombre de prix Nobel atteint le niveau improbable de 0,82 ! « Nous doutons que quelqu'un prétendrait sérieusement qu’IKEA limite son marché au pays qui ont beaucoup de titulaires du prix Nobel, ou qu’ [inversement] l’exercice de comprendre et d’appliquer les instruction d’assemblage des meubles améliore le niveau cognitif global des populations », commentent-ils malicieusement !

Reste à savoir si les adeptes du meuble en kit mangent beaucoup de chocolat….

Anton Suwalki

(1)http ://blogs.mediapart.fr/blog/yann-kindo/240814/vandana-shiva-demythifiee

(2)http://tylervigen.com/

(3) http://www.newyorker.com/magazine/2014/08/25/seeds-of-doubt

(4) le coefficient de corrélation, dit de Pearson, peut varier de -1 à 1, et plus il s’approche de 1 en valeur absolue, plus il exprime une forte corrélation.

Prix Nobel et chocolat : peut-on publier n’importe quoi dans une revue scientifique prestigieuse ?

(5) 1994 : commercialisation de la première tomate génétiquement modifié « Flav Savr »

(6) http://blogoeconomicus.wordpress.com/2013/03/25/criminalite-aux-usa-le-retour/

(7) Et indienne d’ailleurs, le taux d’homicides ayant diminué de plus de 20% depuis l’introduction des cultures de plantes génétiquement modifiées.

http://www.unodc.org/gsh/en/data.html

(8) Je pourrais, avec une grande mauvaise foi, affirmer qu’en amenant davantage de prospérité, les OGM apaisent les rapports humains, et donc indirectement réduisent les comportements violents, mais je ne le ferai pas…

(9) Messerli FH. Chocolate consumption, cognitive function, and Nobel

laureates. N Engl J Med. 2012;367:1562–4.

(10) http://www.uclep.be/wp-content/uploads/pdf/Pub/Maurage_JN_2013.pdf

Une des réalités du français québécois est la présence flagrante de nombreux termes issus de l'anglais ou d'expressions calquées de l'anglais. Dans notre langue vernaculaire, nous les employons quotidiennement. Le français de France comporte aussi nombre de mots empruntés à l'anglais, mais ce ne sont pas les mêmes. L'exemple souvent cité est que les Français «se stationnent dans un parking» alors
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La pièce de Barthélémy Bompard a été interdite au festival des Accroche-Cœurs. Joint par Le Figaro, le directeur de la compagnie exprime son indignation.
Une douzaine d'intégristes musulmans et quelques catholiques révoltés se sont rebellés contre la compagnie angevine Kumulus. Leur performance de rue, Les Squames, a déclenché la polémique à Angers, lors du festival des Accroche-Cœurs.
Sur la place de la République, à une demi-heure de la fin du premier spectacle angevin de la troupe, les artistes ont été interrompus par une douzaine d'intégristes musulmans, le Coran en main, contraignant le directeur artistique du festival d'appeler la police, et le maire d'annuler les représentations des Squames pour «éviter d'autres débordements».
Le spectacle met en scène des humanoïdes au corps noirci qui agissent avec des comportements de primate. Ainsi grimés, les acteurs se promènent entre les grilles d'une cage. Leurs corps charbonneux exposés font référence aux phénomènes de foires et aux exhibitions ethnologiques. Le spectacle invite à remettre en question notre vision de la différence. Selon son créateur, les passants sont alors les gardiens de ces étranges créatures: ce qui aurait déplu à certains.
Censurée par la municipalité, la compagnie fait appel à la démocratie et à la liberté d'expression. Le directeur de la compagnie, Barthélémy Bompard, confie ses impressions: «Nous avons été interrompus par douze personnes à l'ouverture d'esprit restreinte, pas loins de l'obscurantisme. Il y a eu une montée de tension. Ce n'est pas la faute du public, mais plutôt celle du maire qui ne sait pas gérer son public. C'est un laisser-faire, on met un doigt dans l'engrenage: on annule Kumulus, puis c'est un spectacle de danse, etc. Nous sommes confrontés à un grave problème de société». Il aurait longuement parlé avec la mairie. La décision du maire ne change pourtant pas, subissant aussi la pression de quelques catholiques choqués.
Du théâtre de rue... en salle
Selon l'avocat adjoint à la culture, Alain Fouquet, le maire n'aurait «pas cédé face aux intégristes et à l'intimidation» et aurait «voulu privilégier, sous la pression, la sécurité du public familial». Pourtant, les autres troupes du festival s'en mêlent et menacent de ne pas se produire. Sous l'effet de cet élan solidaire et face à l'éventualité d'une annulation complète du festival, le maire «laisse évoluer sa position».
L'intervention des autres troupes a beaucoup aidé, selon le directeur de Kumulus. «J'aurais fait la même chose à leur place, c'est inacceptable. Heureusement, nous avons le soutien du public et des autres compagnies».
Accusés de racisme
Kumulus, créé par Bompard en 1986, mobilise 18 personnes pour Les Squames et semble avoir toujours œuvré dans la polémique, «le décalage et la déraison». Ce dernier explique son projet: «J'ai créé cette pièce pour parler du racisme, de la différence et de l'enfermement. Je veux parler du fait que l'homme est un loup pour l'homme» dit-il.
Or, le groupe qui les a interrompus à Angers les accuse précisément de racisme. Parmi les 250.000 spectateurs du festival, une douzaine a réussi à déclencher la censure municipale. Il s'agit en effet d'un spectacle provoquant, mais qui invite à la réflexion et à la discussion. Alain Fouquet souligne d'ailleurs que la pièce a rempli sa fonction en créant immédiatement un débat de société.
Barthélémy Bompard prévoit une prochaine œuvre appelée Naufrages, et a beaucoup apprécié sa première visite à Angers... même s'il ne s'attend pas à une invitation au festival de l'année prochaine.
Source : Le Figaro, 15 septembre 2014,
http://www.lefigaro.fr/theatre/2014/09/15/03003-20140915ARTFIG00328-theatre-de-rue-la-piece-les-squames-censuree-a-angers.php

Sur le même sujet :
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Lundi 22 septembre, 9 h, l'antenne biterroise du Clesi, centre de formation privé en dentaire et kinésithérapie effectuera sa rentrée pour la deuxième année sur les quais Port-neuf. Une saison 2 que la direction de l'établissement souhaite moins mouvementée que la première édition. Le Clesi est, effectivement, au centre d'une polémique nationale autour de l'enseignement privé des métiers de la santé. Sous convention avec une université portugaise, le centre délivre un diplôme européen permettant aux étudiants d'exercer dans toute l'UE... après avoir réglé les 9 500 € annuels de frais d'inscription.
Un contournement de l'emblématique numerus clausus français, vu comme scandaleux par les défenseurs de l'enseignement public ou plus exactement par la Confédération nationale des syndicats dentaires, ennemi N°1 du Clesi. La CNSD n'accepte pas la concurrence livrée par le centre à l'enseignement universitaire classique. Et a obtenu un arrêté de la part du ministère de l’Éducation nationale contraignant fortement les conditions d'enseignement des centres privés. Il n'en fallait pas moins pour faire naître la rumeur d'une fermeture possible et surtout créer un climat d'insécurité pour les étudiants actuels, voire de méfiance pour les futurs. "Pas du tout, répond Bruno Ravaz, président du Clesi. A Beziers, nous aurons 120 étudiants cette année contre 80 l'an passé. C'est la preuve que malgré cette campagne qu'on nous livre, les étudiants continuent à nous faire confiance. On saura précisément combien d'élèves nous aurons, lundi, mais nous devrions être dans ces eaux-là.''

Source : Midi Libre, 15 septembre 2014

À lire également:
      Egypte : l'imam d'Al-Azhar dénonce un complot sioniste pour détruire le Moyen-Orient
      Dans un discours retransmis la semaine dernière sur la première chaîne de télévision égyptienne, l'imam d'Al-Azhar, le cheikh Ahmed al-Tayeb, a dénoncé un « complot du sionisme mondial pour détruire le Moyen-Orient », faisant allusion aux djihadistes de l'Etat islamique :

      « Tous les [groupes terroristes fondamentalistes] sont les nouveaux produits de l'impérialisme, au service du sionisme mondial dans sa nouvelle version, et son complot pour détruire le [Moyen] Orient et diviser la région. Notre preuve pour cela est l'hésitation occidentale américaine et sa réticence à affronter ces organisations terroristes, par rapport à l'assaut de l'Occident sur ​​l'Etat irakien en 2003, par exemple ».

      Successeur de l'imam Tantaoui, le cheikh al-Tayeb était considéré, lors de son avènement à la tête de l'université d'Al-Azhar, la plus haute autorité religieuse de l'islam sunnite, comme un libéral et un modéré.

      Depuis la grave crise politique qui vit la destitution du président islamiste Mohamed Morsi par l'armée égyptienne en juillet 2013, il est fréquent que partisans du maréchal Al-Sissi et sympathisants des Frères musulmans s'accusent mutuellement de comploter contre l'Egypte pour le compte de l'Etat d'Israël.




      Voir aussi :
      * Un journal égyptien livre les "preuves" d'un plan occidental secret contre la Syrie et l'Egypte
      * Chute de Morsi : un complot ''sioniste'' selon le Hamas

      Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
      Le père Thomy, curé de la nouvelle paroisse Saint-Jean-Paul-ll à Angers, a béni hier, lors de la messe dominicale, les cartables des élèves et professeurs ainsi que les téléphones portables des fidèles.
      À première vue, l'initiative pourrait faire sourire. Elle se révèle, pourtant, lourde de sens. Hier matin, le père Thomy, curé de la paroisse Saint- Jean-Paul-ll à Angers (1), a béni les cartables des élèves et professeurs, ainsi que les téléphones portables des fidèles venus assister à l'office en l'église Saint-Léonard puis à Sainte-Madeleine.
      Juste après l'homélie, le religieux a ainsi descendu l'allée centrale pour répandre dans les rangs les gouttes d'eau bénite. « On peut sortir nos cartables, nos Smartphone, nos iPhone pour que le geste puisse être concret », a-t-ii d'abord invité, avant d'indiquer que « ce ne sont pas les objets pour eux-mêmes que l'on bénit mais les personnes. C'est pour que Dieu soit présent dans toutes nos activités humaines. Qu'il nous Invite à accueillir l'autre. Pour les téléphones portables, c'est qu'il nous apprenne à utiliser avec sagesse, bienveillance et discernement ces moyens de communication, qui sont merveilleux. La paroisse, d'ailleurs, vient d'ouvrir une page Facebook ».
      « L Eglise s'inscrit dans la modernité »
      Albane, venue assister à l'office avec son fils, saluait « une jolie Initiative, d'autant qu'elle Inclut les produits numériques. C'est montrer que l'Église s'Inscrit dans la modernité et dépasse le côté archaïque ». Perrine est la maman de cinq enfants, âgés de 4 à 14 ans, donc tous scolarisés. « Que ce soit à l'école, au travail ou dans la société, c'est beau de se dire qu'on peut aussi mettre ça sous le regard de Dieu, estime-t-elle. Bénir, test favoriser le bien dans ce qu'on utilise. C'est demander également à Jésus d'apporter son aide ».
      Blandine et Vincent sont les parents de deux fillettes en bas âge, qui ont apporté de la même façon leurs cartables dans l'église. « Cela faisait longtemps que nous n'avions pas assisté à la messe, nos filles étant petites. Aujourd'hui, c'était l'occasion de revenir ». Quelle signification, donc, pour le couple que cette bénédiction ?
« C'est /'entrée dans l'année et la rentrée plus spirituelle. L’occasion défaire découvrir la foi aux enfants dans un contexte plus ludique »
      Dans l'église, les enfants de chœur s'étaient également munis de leur sac d'école. Aurèle, 14 ans, et Jordan, 15 ans, élèves dans le même collège, ont résumé simplement leur propos : « Ça nous encourage à faire plein de choses. On sait que Jésus est là ».
      (1) Qui réunit depuis une semaine les paroisses Saint-Léonard et Sainte-Madeleine
      Source : Le Courrier de l’Ouest, 15 septembre 2014

      Il existe de plus en plus de cours en ligne donnés gratuitement par de prestigieuses universités, notamment sur divers aspects des sciences cognitives. C’est le cas du cours « The fundamentals of neuroscience » de l’université Harvard qui vient de débuter ce mois-ci (voir le premier lien ci-bas). Ce cours s’accompagne de divers compléments multimédias dont un excellent petit documentaire de 30 minutes intitulé « Connectomics: Big Microscopes & Tiny Synapses » (deuxième lien ci-bas). Il expose la démarche du laboratoire de Jeff Lichtman qui, à partir de véritables cerveaux, tente d’établir la carte de ses connexions nerveuses, les fameuses synapses.

      Ça a l’air pas trop compliqué dit comme ça, mais si, comme le précise Lichtman, on rappelle qu’il y a environ autant de synapses dans le cerveau humain que d’information numérique sur la planète actuellement en 2014, on comprend le petit sourire en coin du chercheur quand il dit : « voilà le problème » ! Comme il l’expose autrement un peu plus loin, il y a une synapse environ dans chaque trois-quarts de micron carré du cerveau, et donc dans un grain de sel de, par exemple, 400 microns par 400 microns par 400 microns, il y aurait plus de 64 millions de synapses ! Et on peut rentrer beaucoup, beaucoup de grains de sel de cette taille dans un cerveau humain…

      On comprend ainsi mieux l’enthousiasme contagieux de Lichtman et surtout celui de son collègue Bobby Kasthuri quand ils nous expliquent leur approche à partir de reconstruction 3D d’images 2D prises au microscope électronique à une résolution capable de montrer dans le détail la complexité de ces zones de contact entre les neurones. Et surtout, on se surprend à être nerveux avec eux quand ils transportent vers leur labo un nouveau microscope électronique à 61 faisceaux au lieu d’un seul: une machine 61 fois plus puissante et rapide que ce qu’ils avaient avant.

      Car Licthtman insiste sur le fait que c’est en s’immergeant littéralement dans cette complexité que l’on pourra comprendre le « kluge » (en québécois, on dirait la « patente à gosse »…) incroyablement complexe qu’a produit l’évolution bricoleuse (qui garde tout ce qui fonctionne) dans le cerveau humain. Une démarche que l’on commence à appeler « connectomics » en anglais et qui est similaire à celle d’un Sebastian Seung et son projet « Eye Wire » dont on a déjà parlé ici.

      Lichtman rappelle en outre que les scientifiques de sa génération ont vécu à une époque de grandes idées théoriques qui ont pu foisonner parce qu’il y avait peu de données accessibles sur le cerveau. Ce n’est que dans un deuxième temps que l’on cherchait des indices empiriques pour confirmer ces grandes théories. Mais aujourd’hui, à l’heure des « big data » rendues possibles par les ordinateurs et les mastodontes à 61 faisceaux, c’est l’inférence qui redevient selon Lichtman l’approche la plus prometteuse.

      Un peu comme Darwin, rappelle-t-il, qui s’est immergé pendant des années dans la diversité des formes vivantes avant de pouvoir imaginer ses idées sur l’évolution par sélection naturelle. Et le scientifique de conclure sur une note « optimiste » en rappelant que les vieux scientifiques comme lui vont finir par mourir et que ce sont les jeunes qui vont baigner dans cet univers foisonnant de données, qui en seront imprégnés sans idées préconçues et pourront peut-être en discerner de grand principes permettant de mieux comprendre cette complexité qui se cache derrière celle des comportements humains.

      i_lien The fundamentals of neuroscience
      i_lien Connectomics: Big Microscopes & Tiny Synapses

      Une douzaine d’intégristes musulmans brandissant le Coran et proférant des insultes - «impurs» mais aussi «racistes», «salopes», «petites bites» et «on va vous péter la gueule» -, ajoutés à quelques SMS de catholiques outrés par le spectacle ont suffi : la municipalité d’Angers (UMP) a censuré la création de rue les Squames, de la compagnie Kumulus, qui traitait à sa manière la gêne éprouvée vis-à-vis des présentations racistes d’indigènes vue comme des bêtes curieuses.

      A l’écart. Normalement proposé trois fois au sein du festival des arts de la rue les
Accroche-Cœurs (1), à Angers, le spectacle a été interrompu une demi-heure avant terme vendredi, déprogrammé samedi et remplacé par un débat impromptu sur les intégrismes et l’intolérance, puis finalement rejoué dimanche, mais hors la rue, dans une salle sous haute surveillance des polices nationale et municipale. Menaçant de ne pas jouer si la censure était maintenue, les autres troupes programmées ce week-end ont protesté solidairement auprès du festival, qui s’est retourné vers la municipalité. Après avoir envisagé l’hypothèse d’annuler purement et simplement l’ensemble du festival, la mairie a un peu fait machine arrière, en reprogrammant une représentation, mais à l’écart et amputée de sa déambulation.
Onze mois après l’épisode de la banane brandie lors de la visite de Christiane Taubira dans la ville, le muséum des Sciences naturelles d’Angers présente l’expo «Zoos humains, l’invention du sauvage», proche de la réflexion de la compagnie Kumulus. Pour Philippe Violanti, le directeur artistique des Accroche-Cœurs, «la question de société de la montée des intégrismes est entrée dans nos murs. Si les arts de la rue peuvent contribuer à porter ce débat dans l’espace public, tant mieux... Ce ne sont pas que des échassiers à nez rouge».
L’adjoint à la culture, l’avocat Alain Fouquet, sans étiquette, maintient que la municipalité a programmé ce spectacle en connaissance de cause et «n’a pas cédé face aux intégristes et à l’intimidation», mais a voulu «privilégier, sous la pression, la sécurité du public familial sur une place avec des marches, où une dizaine d’agités politico-religieux peut facilement semer une panique dans la foule. Puis le maire a fait évoluer sa position au nom de la liberté d’expression. Ce n’est pas du rétropédalage... Finalement, on n’aurait pu rêver un meilleur exercice de la fonction de ce spectacle à nous interroger».

      «Courage». Pour Barthélémy Bompard, le directeur de la compagnie Kumulus, «c’est pourtant bien de la censure. On ne joue pas samedi, la mairie est allée jusqu’à présenter ses excuses à ceux qui auraient été choqués, et dimanche, on nous déplace dans une salle, ce qui nie totalement l’esprit du spectacle de rue, qui s’adresse aux gens qui viennent nous voir mais aussi aux passants qui tombent dessus par hasard, sans l’avoir décidé. Ça dépasse largement le fait qu’on joue ou pas, c’est une question de démocratie, de société». Et d’ajouter : «Il aura suffi que quelques intolérants s’expriment pour qu’on leur donne raison. Ça manque totalement du courage nécessaire pour résister aux intégrismes de tout poil. Le petit groupe qui est venu foutre le bordel vendredi n’avait aucune intention de discuter. A part des insultes, il n’y a eu aucun échange. Ce sont des intolérants qui n’acceptent rien, pas même une femme en jupe. La municipalité a flippé.»

      (1) Sur trois jours, une soixantaine de compagnies, plus de 250 000 spectateurs.
      Par NICOLAS DE LA CASINIÈRE Nantes de notre correspondant
       
      Source : Libération, 15 septembre 2014
      par Brigitte Axelrad - SPS n° 308, avril 2014 Uri Alon est chercheur et professeur de biologie des systèmes à l'Institut Weizmann (Israël). Il a aussi en charge l'encadrement de thésards. Son laboratoire étudie les circuits de protéines dans les cellules et particulièrement les interactions dans les réseaux biologiques [1,2]. Lorsqu'il était étudiant en physique, il suivait les cours, le jour, et jouait dans un théâtre d'improvisation, le soir. Lorsqu'Uri Alon devint professeur, il décida de donner à ses (...) Un monde fou, fou, fou...

      Polémique autour du spectacle Les Squames - La réaction du directeur artistique de la Compagnie Kumulus, Barthélemy Bompard



      Accroche-Coeurs - la réaction du bâtonnier Alain Fouquet, adjoint à la culture de la mairie d’Angers

      Source : Le Courrier de l’Ouest sur Youtube, 13 septembre 2014

      gluten_header

      Après les toxines, les vaccins et le lait, je suis maintenant prêt à affronter un autre adversaire de taille : le gluten.

      Ou plutôt « l’absence » de gluten, car beaucoup de gens semblent croire que c’est une bonne idée de l’éliminer de leur alimentation. Et à vrai dire, pour certaines personnes, éviter le gluten est une nécessité, surtout celles qui souffrent de la maladie coeliaque.

      Puisque la maladie coeliaque est fortement sous-diagnostiquée, ça serait cool d’en entendre parler davantage… mais ce qu’on entend plutôt de nos jours, c’est ce genre de trucs :

      • Le gluten est une toxine inutile
      • Manger sans gluten est meilleur pour la santé
      • Manger sans gluten fait perdre du poids
      • Le gluten cause des troubles digestifs chez tout le monde
      • Les aliments sans gluten sont plus bio / organiques
      • Manger sans gluten est facile

      Or, toutes ces affirmations sont FAUSSES.

      As-tu envie d’en entendre plus à ce sujet ? Ça tombe bien, j’ai fait une bande dessinée qui contredit chacune des phrases ci-dessus ! Quelle coïncidence.

      sarah_le Pour réaliser cette BD, j’ai eu la chance de collaborer avec la nutritionniste Sarah Le, qui aide quotidiennement les gens à faire de meilleurs choix alimentaires en fonction de leurs objectifs et de leur réalité. Elle est spécialisée en gestion du poids et en nutrition sportive, et elle fait également des capsules vidéo super cools sur sa page Facebook. En bonus, elle m’a appris une tonne de nouveaux mots, dont “sorgho” et “manioc” !

       gluten_warning

      Cette BD ne s’adresse pas à deux types de personnes :

      1)      Les personnes qui souffrent de la maladie coeliaque, telle que diagnostiquée par un médecin. Le gluten est toxique pour vous, alors l’éliminer totalement est la seule option.

      2)      Les personnes qui ont cessé de consommer du gluten pour une raison ou une autre et qui jugent que leur santé est bien meilleure depuis. Je n’ai pas la prétention de vous faire changer d’idée; après tout, c’est vous qui connaissez votre corps !

      La BD s’adresse donc à la grande majorité de personnes qui se demandent : « WTF, c’est quoi cette histoire de gluten qui fait capoter tout le monde ?! ».

       

      Pour en finir avecla mode sans gluten - introduction

      Non, le gluten n'est pas une toxine ou un déchetLe gluten est une excellente sourcede protéines fibres vitamines et minérauxC'est couper dans les calories qui fait perdre du poidsLe gluten est toxique pour les personnes souffrant de la maladie coeliaqueFODMAPBio veut dire sans pesticides additifs ou OGMC'est l'une des diètes les plus restrictivesAlternatives au céréales qui contiennent du gluten

       

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      par Martin Brunschwig - SPS n° 308, avril 2014 « Lorsque la légende est plus belle que la réalité, imprimez la légende. » (L'homme qui tua Liberty Valance, film de John Ford) La vérité s'énonce d'abord comme un récit. Si l'on dit : il neige, c'est la vérité s'il neige. L'adéquation entre l'énoncé et le réel est donc primordiale. Mais comment se repérer dans un monde où les récits de toutes natures saturent littéralement l'espace commun ? Les « grands récits », premières mythologies, sont même à la base de nos (...) Articles
      Dans toutes les grandes villes du monde où la scientologie est installée, des immeubles sont achetés et rénovés (quoique certains restent vides pendant de longues années, comme à Montréal). Le tout est financé à même l'argent des adeptes qui sont pressurés aggressivement pour donner le plus d'argent possible. Mais ces magasins, une fois rénovés, n'appartiennent pas aux adeptes.

      Ces magasins sont appelés Organisations Idéales ou Orgs Idéales. Dans chacun de ces magasins, il y a un bureau fantôme de L Ron Hubbard, fondateur de la scientologie.

      Voici celui de Québec:





      Celui de Montréal sera, selon leur plan, au premier étage (en bleu sur le plan):




      Il faut savoir que Hubbard est mort en 1986 mais que les scientologues croient qu'il a en fait quitté sont corps pour aller sur une autre planète pour y livrer sa «technologie». Voici une vidéo qui présente la cérémonie où a été annoncée la «disparition» de Hubbard:







      À 6:00, David Miscavige, actuel leader de la secte, nous apprend que Hubbard a quitté son corps («discarded the body») pour entreprendre de nouvelles recherches (sic). Il nous dit que: «l'être connu sous le nom de L Ron Hubbard existe encore» et que c'était sa décision de quitter son corps.

      Son avocat nous dit ensuite aussi qu'il s'est défait de son corps.

      Plus loin, à 23:00, Pat Broeker, qui avec sa femme Annie, ont pris soin de Hubbard durant ses années de réclusion pour échapper aux autorités policières, confirme que Hubbard a bien quitté son corps de son propre choix.

      Alors, selon les scientologues, les bureaux «fantômes» sont bien là pour accueillir Hubbard lorsqu'il reviendra.


      Pour nous joindre: joecalzaghe1[arobase]yahoo[point]fr


      Il y a six ans, un groupe pseudo-évangélique international, Christ Embassy, d'origine nigériane, s'est installé à Rennes. Son credo : les miracles et les guérisons par apposition des mains. À sa tête, Chris et Anita Oyakhilome, deux « pasteurs » devenus millionnaires.
      Christ Embassy affiche clairement ses ambitions sur son site internet : conquérir le nord-ouest de la France. Pour l'instant, le groupe - qui possède une chaîne TV et des librairies en ligne - n'a apparemment pas essaimé hors de Rennes, où il ne possède toujours pas de lieu de culte. Les offices ayant lieu dans un hôtel du quartier de Beauregard, sous la direction de Segun Dorkas Akinsola, un pasteur qui ne maîtrise pas à la perfection le français et dont les propos sont traduits en direct en anglais. Contrairement aux autres groupes évangéliques qui s'interdisent le prosélytisme, Christ Embassy, composé en majorité de personnes d'origine africaine, n'hésite pas à entrer en contact avec la population. Distribuant des tracts, allant au contact des Rennais dans la rue, lors d'opérations baptisées « Rhapsodies des Réalités », où le sourire est toujours de mise. Mais attention : une des fondations de ce groupe est assise sur ce qu'il appelle « Les manifestations des miracles » et auxquelles les fidèles croient dur comme fer.

      Des « écoles de guérison »

      Sur les sites de Christ Embassy et ses pages Facebook, les vidéos sont nombreuses montrant des aveugles retrouvant soudainement la vue près du pasteur Oyakhilome, aux costumes impeccables. Ou des handicapés se levant de leur fauteuil et marchant droit devant eux. Au milieu d'une foule en transe. Complètement exaltée. Des pratiques mentionnées et dénoncées dans les rapports parlementaires sur les sectes de 1995 et 1999. « Ces miracles sont la vérité, commente le pasteur rennais que nous avons contacté. C'est écrit dans la Bible. Quand on chasse le démon, on peut guérir. Si vous êtes chrétien, vous y croyez ». Cette croyance va très loin. Dans un des fascicules distribués aux fidèles on peut lire qu'une femme atteinte du sida, « luttant contre des problèmes de foie, de kystes et infections fongiques », a guéri très vite. « L'homme de dieu lui rendit ministère et déclara : tu es délivrée. Elle est retournée faire des tests de sida qui ont donné des résultats négatifs ». Le groupe possède ce qu'il appelle « des écoles de guérison » en Afrique mais aussi aux États-Unis et au Canada. Nombreux sont ceux qui s'y rendent, au risque de rompre avec les traitements médicaux conventionnels dont ils font l'objet.

      Un groupe aux « pratiques borderline »
       
      Christ Embassy est totalement indépendant des structures évangéliques de France. Au Conseil national des évangéliques de France (Cnef), on souligne que ce groupe a des « pratiques borderline qui n'ont rien à voir avec la foi protestante ». Le représentant régional du Cnef à Rennes dit avoir entendu parler de ce mouvement pour la première fois il y a trois ans. « On s'en méfie. Nous avons mis en garde nos fidèles sur leurs méthodes ». Segun Dorkas Akinsola se défend, lui, d'être à la tête d'un mouvement qui pose problème. « Nous voulons que nos fidèles aient une vie normale, une famille, un métier ». À ce titre, l'exemple d'Axelle, membre du groupe rennais (lire ci-dessous), n'est pas des plus convaincants. Sa mère a d'ailleurs porté plainte pour abus de faiblesse. Ce cas n'est pas isolé. Contactée la Miviludes - Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les
      dérives sectaires - précise connaître ce mouvement. « Il fait l'objet de toutes les attentions. Nous exerçons toute notre vigilance à l'encontre de ce groupe ».

      En complément
      Une plainte pour abus de faiblesse
      « Ma fille a intégré ce groupe par l'intermédiaire d'une étudiante rencontrée à la fac de Rennes où elle était inscrite en troisième année de lettres. Axelle était fragile. Elle souffrait d'un état dépressif. Une forte relation d'amitié s'est nouée entre elles, raconte Sylvie. Et Axelle a suivi le groupe ». En mai 2013, après un week-end passé en compagnie de plusieurs membres de Christ Embassy, à La Rochelle, Axelle confie à sa mère qu'elle se sent bien. « Elle m'a dit que dieu était entré en elle. Qu'elle était née à nouveau. Je n'avais jamais entendu ma fille parler de la sorte. » Axelle reprend la fac à la rentrée. Tout va pour le mieux. Elle emménage avec une amie. Et trouve un emploi d'avenir de professeur dans un collège. « Quelques mois plus tard, j'ai appris qu'elle tentait de rejoindre le Nigeria, où est né Christ Embassy. Elle voulait y participer à une conférence du mouvement. J'ai essayé de l'en dissuader. Mettant en avant les exactions des islamistes qui minent ce pays ». Finalement, pour des raisons de sécurité, Axelle n'obtiendra pas de visa. Elle reviendra chez sa mère à Noël, passant ses journées plongée dans la Bible. « Petit à petit, elle s'est coupée du monde. De ses amis, de sa famille et de son frère. Tous deux étaient pourtant très proches », poursuit Sylvie. Puis, elle a pris de sérieuses distances avec la fac. « Elle a laissé tomber le Capes, elle ne se rendait plus au collège. Et, finalement, elle a vidé son compte et ses livrets bancaires. Elle n'avait plus de contact avec son amie colocataire. Puis elle a disparu de son logement sans prévenir personne. » Après plusieurs semaines de silence, Sylvie reprendra contact avec sa fille, par l'intermédiaire du pasteur de Christ Embassy Rennes. « Un dialogue de sourds. Ma fille était complètement en dehors de la réalité. C'est alors que j'ai décidé de me rendre à Rennes, à un des offices, pour la rencontrer. C'était surréaliste. Le pasteur s'égosillait, un micro à la main. Il parlait anglais et ses paroles étaient traduites par un fidèle. J'ai mangé avec ma fille et je suis repartie. » Début juillet, Sylvie a appris que Axelle avait été « choisie » pour travailler comme traductrice dans un « centre de guérison » à Toronto, au Canada. « Elle m'a dit qu'elle avait vu des choses incroyables. Qu'elle avait assisté à des miracles. Comme un aveugle retrouvant soudainement la vue ». Aux dernières nouvelles Axelle devait revenir en France début septembre. * Il s'agit de prénoms d'emprunt.
      Source : Le Télégramme, 11 septembre 2014

      Sur le même mouvement :

      Les forums et les réseaux sociaux sont d’excellents outils pour diffuser de l’information. Ils permettent ainsi à de nombreuses personnes de recevoir une information différente de celle véhiculée par les médias traditionnels ou, pire, par les autorités publiques. Les nouvelles technologies ont permis aux gens de connaître la vérité et de se battre contre les mensonges.

      Parmi ces mensonges, on compte la vaccination. Elle est censée nous protéger des vilaines maladies et sauver de nombreuses vies. Or, ce n’est pas ce que disent les graphiques. Je vous propose de passer en revue quelques uns de ces graphiques. Vous serez sous aucun doute surpris par ce qu’ils montrent.

      La mortalité des maladies a décru bien avant l’avant l’introduction des vaccins

      Commençons avec l’évolution de la mortalité de la rougeole aux USA entre 1900 et 1990. La vaccination est introduite en 1963 et on voit clairement que la mortalité liée à cette maladie a commencé à fortement décliner avant cette date. Oh My God ! comme diraient les Yankees…

      Figure 1 Taux de mortalité pour la rougeole aux États-Unis [1900 - 1990]. Apparition du vaccin en 1963.

      Maintenant, si l’on regarde un peu plus attentivement ce graphe, on voit que la décroissance de la mortalité commence vers 1915-1920 et suit une forme d’exponentielle décroissante pour commencer à stagner vers les années 50. Si on zoome sur les années 50 à 2000 et qu’on ajoute l’incidence, voici ce qu’on obtient :

      Figure 2  Nombre de cas par an de rougeole + nombre de décès par an aux États-Unis [1950 - 2005]. Vaccin introduit en 1963.

      Le changement d’échelle ouvre de nouvelles perspectives. Le nombre de cas et de décès chutent brutalement peu après l’introduction du vaccin. En fait, il faut comprendre que le nombre de décès liés à une maladie est le produit de deux facteurs :

       Nombre de décès = Nombre de cas (incidence) * Létalité

      La létalité étant la probabilité de décès en cas d’infection. Ainsi, jusqu’au début des années 50, la chute du nombre de décès est surtout due à la chute de la létalité. Après 1963, le vaccin prend le relais en faisant chuter l’incidence de la rougeole.

      La létalité associée à de nombreuses maladies a fortement diminué au début du XXième siècle grâce aux progrès de la médecine, à l’amélioration de l’hygiène et à une nourriture de plus en plus variée et abondante. Pour autant, la rougeole continue de tuer aujourd’hui et ce même dans les pays industrialisés. Pour les USA, le CDC (Center for Disease Control) estime la probabilité de décès en cas d’infection par la rougeole à 0.2%. Donc oui, on peut encore mourir de la rougeole dans un pays industrialisé (létalité non nulle) et oui, les vaccins sauvent des vies (en faisant baisser l’incidence).

      Pour ce qui est des pays en voie de développement ou pauvres, les maladies à prévention vaccinale font de gros dégâts. Pour l’année 2008, l’OMS a estimé que 1,5 millions d’enfants sont morts de maladies  évitables par les vaccins.  La répartition de ces morts en milliers est donnée dans le tableau ci-dessous :

      Mortalité chez les enfants de moins de 5 ans liée à des maladies à prévention vaccinale

      Nombre de morts estimé (en milliers) chez les enfants de moins de 5 ans liée à des maladies à prévention vaccinale pour l’année 2008.

      En Europe, le nombre de morts liées à la coqueluche, la rougeole ou le tétanos sont inférieurs à 1000 (mais pas 0). Ceci est cohérent avec le graphique montrés ci-dessus. Il n’en pas de même pour l’Afrique, l’Est de la méditerranée et l’Asie du Sud-Est encore durement touchées par ces maladies. Les raisons sont multiples et concernent certes un manque d’hygiène et de nourriture mais aussi une couverture vaccinale bien inférieure aux autres régions du monde. Par exemple, voici les courbes d’évolution de la couverture vaccinale pour le DTP (Diphtérie – Tétanos – Polio) par région du monde :

      Figure 3  Évolution de la couverture vaccinale par région du monde pour le vaccin DTP 3 doses (données OMS).

      Certaines mauvaises langues diront qu’il est plus urgent d’améliorer la qualité de vie et l’accès aux soins de santé dans ces régions et que, d’autre part, on verrait alors la mortalité baisser automatiquement. Un vœu pieux qui même avec des efforts considérables mettrait encore de très nombreuses années avant de se réaliser. Sans compter que les maladies dites "bénignes" tuent encore dans les pays dits riches. Bref, chaque année, la vaccination permet d’éviter 2 à 3 millions de décès.

      Ça, c’est pour la mortalité. Maintenant, la première raison d’être d’un vaccin est d’éviter l’infection. En évitant l’infection, on évite la souffrance liée à la maladie mais aussi et surtout les diverses complications possibles. Concernant la rougeole, elles apparaissent dans environ 30% des cas et elles se manifestent surtout chez les enfants de moins de 5 ans et chez les adultes de plus de 20 ans. Les pourcentages associés aux différentes complications possibles sont les suivantes (États-Unis) :

      • Diarrhée – 8%
      • Otite – 7%
      • Pneumonie – 6%
      • Encéphalite – 0.1%
      • Convulsions – 0.6-0.7%
      • Mort – 0.2%

      Pour terminer cette section et pour bien comprendre le lien entre incidence et vaccination, voici un graphique montrant l’évolution de l’incidence et de la couverture vaccinale pour la coqueluche en Angleterre et au Pays de Galles entre 1940 et 2000 :

      Figure 4  Évolution de l’incidence et de la couverture vaccinale pour la rougeole en Angleterre + Pays de Galles [1940 - 2010].

      Comme on peut le voir, l’incidence baisse après l’introduction du vaccin puis repart lorsque la couverture vaccinale s’effondre.

      Puisque que l’on parle de la coqueluche, autant en profiter pour énoncer les complications qui lui sont associées. Aux États Unis (pays développé), la moitié des nourrissons de moins de 1 an ayant contracté la coqueluche ont été hospitalisés. Parmi ces derniers :

      • 23% (1 sur 4) auront une pneumonie
      • 1.6% (1-2 sur 100) auront des convulsions
      • 67% (2 sur 3) auront des apnées
      • 0.4% (1 sur 300) auront une encéphalopathie
      • 1.6% (1-2 sur 100) mourront

      Chez les adolescents et adultes, les cas de coqueluche nécessitant une hospitalisation sont beaucoup moins fréquents, soit environ 5%. Parmi les cas infectés, on retrouve les probabilités de complications suivantes :

      • 33% (1 sur 3) perdront du poids
      • 28% (1 sur 3) subiront une perte de contrôle de leur vessie
      • 6% (1 sur 16) connaitront des évanouissements
      • 4% (1 sur 25) auront une ou plusieurs côtes fracturées à cause de la toux sévère
      • 2% (1 sur 50) auront une pneumonie

      Le nombre de cas rougeole au Canada avait commencé à chuter avant l’introduction du vaccin (les graphiques du Dr. Obomsawin)

      Le Dr. Obomsawin est une figure connue dans la communauté vaccino-sceptique. Il a réalisé de nombreux graphes prouvant l’inutilité des vaccins. La plupart concerne l’évolution de la mortalité pour différentes maladies mais il y en a un représentant l’évolution de l’incidence de la rougeole au Canada :

      Figure 5  Incidence de la rougeole au Canada entre 1935 et 1983. Premier vaccin introduit en 1963.

      On peut y voir que l’incidence de la rougeole a diminué d’environ 90% avant l’introduction du premier vaccin en 1963. Il ne s’agit pas du nombre de morts mais bien du nombre de cas par unité de population et de temps. Cela semble être en contradiction avec ce que nous avons montré au paragraphe précédent. Pourtant, le Dr. Obomsawin a utilisé les données officielles de l’Agence de la santé publique du Canada. Oui mais non. Le cas de ce graphique (très laid par ailleurs) a déjà été traité dans un article du blog anglophone Science-Based Medecine dont vous pouvez trouver une traduction ici. Je vous fait donc la version courte : sous le graphe apparait une légende : "Source : Adapté de la figure 8 du rapport sur l’incidence de la rougeole au Canada". Le graphique de référence est montré ci-dessous avec, en rouge, la courbe construite à partir des 5 données sélectionné par la Dr. Obomsawin :

      measles-canada_vs_obomsawin

      Figure 6  Graphique de référence + courbe du Dr. Obo… pour l’incidence de la rougeole au Canada [1924 - 2004].

      À la vue de ce graphe, on remarque tout de suite que le Dr. Obomsawin a sciemment fait disparaître les fortes oscillations qui caractérisent l’incidence de la rougeole. Pourtant, certains personnes toujours persuadées de l’inefficacité des vaccins feront remarquer que l’évolution de l’incidence après 1950 semble montrer que celle-ci tendait déjà vers sa valeur mesurée après la période de non-notification et donc après l’introduction du vaccin. Il suffit de regarder la valeur de l’incidence en 1959, juste avant la période de non-notification. Oui sauf que ce point n’existe pas en réalité. D’ailleurs, sa valeur est justement exactement égale à celle affichée en 1969. Il s’agit d’une simple erreur de dédoublement qui a par la suite été corrigée.  La version corrigée du graphique donne ceci :

      Figure 7  Nombre de cas notifiés (bâtonnets) et incidence (courbe) pour la rougeole au Canada [1924 - 2010]. (autre source)

      Évidemment, certaines personnes diront qu’il ne s’agit pas d’une erreur mais d’un complot. Il n’existe malheureusement pas de vaccin contre la paranoïa… sauf si il en existe vraiment un et qu’il s’agit d’un complot.

      Même après des décennies de vaccination, les maladies à prévention vaccinale sont toujours présentes, y compris dans les pays industrialisés

      Entre 2008 et 2011, par exemple, la France a connu un regain de la rougeole :

      Figure 8  Nombre de cas de rougeole déclarés en France [2008 - 2012].

      Pourtant, la vaccination contre la rougeole a été introduite dans le calendrier vaccinal en 1983, à l’âge de 12-15 mois. Une deuxième dose est introduite en 1996 pour les enfants âgés de 11 à 13 ans, ensuite ramenée à la tranche de 3 à 6 ans en 1997. À partir de 2005, une première dose de ROR (rougeole-oreillons-rubéole) est donnée vers 12 mois et une seconde entre 13 et 24 mois (voir ici et ici, slide 4). Quand on regarde les taux de couverture vaccinale en fonction de l’âge, on voit que la couverture à 1 dose dépasse les 85% pour les enfants 24 mois et les 93% pour les enfants de 6 ans et + à partir de 2002.  Alors pourquoi cette recrudescence constatée à partir de 2008 ?

      Pour comprendre, il faut savoir que l’élimination* d’une maladie n’est rendue possible que si le pourcentage de personnes immunisées dépasse le seuil d’immunité de groupe. À partir de ce seuil, une maladie ne parvient plus à se maintenir dans la population. Il est calculé à partir du taux de reproduction de base R0 grâce à la formule suivante :

      seuil d’immunité de groupe = 1 – 1/R0

      Pour la rougeole, la valeur du R0 est estimé à 12-18. Le seuil d’immunité de groupe est donc de 91-95%, ce qui est très élevé. D’autre part, 5 à 10% des enfants n’ayant reçu qu’une seule dose de vaccin ne seront pas protégés. Ce qui explique que des enfants vaccinés contractent la maladie. D’où la nécessité d’augmenter rapidement la taux de couverture à 2 doses (qui est beaucoup trop bas en France, bien qu’en augmentation). Avec une politique vaccinale d’une seule dose, il faudrait que la couverture vaccinale soit de 100% pour espérer atteindre l’immunité de groupe et ainsi l’élimination de la rougeole.

      Quand une politique de vaccination est lancée sans atteindre l’immunité de groupe, on observe une réduction importante du nombre de cas avec des pics de résurgence de la maladie plus ou moins espacés dans le temps. La diminution de l’incidence ralentit la circulation du virus mais, en dessous du seuil d’immunité de groupe, celui-ci persiste en bruit de fond. Avec les années, le réservoir de personnes non immunisées grandit. Lorsque ce réservoir atteint une taille suffisante, un pic épidémique apparait. En 1997, des chercheurs français ont réalisé une modélisation pour prédire l’évolution de la rougeole en France entre 1997 et 2021 selon différents scénarios. Les simulations montraient qu’une couverture de 90% pour une première dose avant 24 mois et de 75% pour une deuxième dose avant 6 ans étaient nécessaires pour aboutir à l’élimination de la rougeole en France. Malheureusement, la couverture 1 dose a péniblement augmenté durant les années 2000 et concernant la couverture 2 doses, on est partit de loin. Bref, il faudra encore attendre pour l’élimination de la rougeole en France et surtout continuer d’augmenter la couverture vaccinale à 1 ET 2 doses.

      Autre conséquence d’une vaccination sous-optimale : on observe un phénomène de déplacement en âge parmi les personnes infectées (voir cadre gris dans cet article + calcul du déplacement ici en anglais). Cela a d’ailleurs été le cas pour la rougeole en France :

      Évolution de la proportion de cas de rougeole par tranche d'âge en France [1985-1995].

      Figure 9  Évolution de la proportion de cas de rougeole par tranche d’âge en France [1985-1995].

      Malgré tout, la vaccination contre la rougeole a réussi à faire baisser drastiquement le nombre de cas et ce de manière durable. Signalons que, par le passé, la vaccination contre la variole a permit l’éradication* de cette maladie (R0 = 5-7, seuil d’immunité de groupe = 80-86%). Bref, la vaccination ça marche a condition que tout le monde joue le jeu. D’ailleurs, chers parents, vaccinez vos gosses et si il est recommandé de faire 2 doses, et bien, faites 2 doses. C’est aussi l’occasion de vérifier si vous êtes à jour vous-même…

      * À strictement parler, l’élimination et l’éradication d’une maladie n’ont pas la même signification bien que les deux soient souvent confondues. L’élimination concerne la disparition d’une maladie dans une région du monde, alors que l’éradication signifie sa disparition partout sur le globe. 

       

      Ce qu’il faut retenir (take home message) :

      • L’évolution de la mortalité n’est pas l’indicateur le plus pertinent pour évaluer l’efficacité d’un vaccin. Un vaccin fera baisser indirectement le nombre de morts en faisant baisser le nombre de cas infectés (cfr Figure 2). L’évolution du nombre de morts dépend aussi de l’évolution de la létalité. En prévenant l’infection, un vaccin permet d’éviter la souffrance liée à la maladie, les hospitalisations dues aux complications et, éventuellement, la mort.
      • Même dans les pays industrialisés, des maladies comme la coqueluche et la rougeole peuvent conduire à l’hospitalisation, voire provoquer la mort. Rappel : la moitié des nourrissons de moins de 1 an contractant la coqueluche aux États Unis seront hospitalisés. Dans les régions comme l’Afrique, l’Est de la méditerranée et l’Asie du Sud-Est, les maladies à prévention vaccinales font plusieurs centaines de milliers de morts par an parmi les enfants de moins de 5 ans.
      • Certaines personnes malveillantes choisissent les points qui les arrangent pour faire leur graphes (cfr Dr. Obomsawin).
      • Pour les maladies transmissibles d’homme à homme, des retours épidémiques restent possibles tant que la couverture vaccinale est sous le seuil d’immunité de groupe. Plus la couverture est grande, plus les pics de résurgence sont espacés dans le temps.



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      ()
      La plainte vise le PDG de cette entreprise de BTP, l'association spirituelle de l'Eglise de Scientologie et plusieurs formateurs.


      Plusieurs salariés d'Arcadia, une entreprise de BTP, ont porté des accusations très graves contre leur entreprise. Une plainte a été déposée pour harcèlement moral et abus de faiblesse en juillet.
      Des formations obligatoires
      L'Eglise de Scientologie est soupçonnée d'avoir pris le pouvoir et pillé cette entreprise. Le parquet de Versailles a ouvert une enquête préliminaire. Les salariés affirment qu'ils ont été forcés de suivre des formations dispensées par des membres supposés de la Scientologie, "omniprésente" selon eux dans la société depuis plusieurs années.

      La plainte vise l'association spirituelle de l'Eglise de Scientologie (Celebrity Centre), plusieurs formateurs ainsi que le PDG de l'entreprise. L'enquête a été confiée à la cellule d'assistance et d'intervention en matière de dérives sectaires, qui dépend de l'office central de répression des violences aux personnes.
      LAURENCE NAHON ET NOREDINE TAHAR

      Source : France TV info, 11 septembre 2014,
      http://www.francetvinfo.fr/societe/video-scientologie-des-salaries-accusent-leur-entreprise-d-avoir-cherche-a-les-endoctriner_691773.html

      Ma boîte à lettres sur laquelle est clairement affiché que je refuse toute publicité m'a cependant livré, il y a quelques jours, un magazine évidemment gratuit, dont je dois sans doute être le destinataire du fait de mon état de retraité. Je suis donc le candidat rêvé pour cette mine d'or qui, parmi les maladies chroniques de ceux qui avancent en âge, est une pépite qui fait la fortune de bon nombre de membres du corps médical: l'arthrose.

      Ce magazine intitulé « Pleine vie » annonçait à la une l'article phare de la publication : « arthrose (coût, genou), les médecines douces soulagent vraiment ! » Suivaient des sous-titres qui ne laissaient aucun doute sur les orientations de l'article : « douleurs naissantes ou chroniques, les solutions naturelles pour les oublier » et « Phyto, homéo, ostéo, thermalisme : les traitements efficaces ».

      Le décor était planté.

      Je feuilletais alors d'un œil serein cette publication m'attendant à y trouver les habituelles litanies et les affirmations gratuites des partisans des médecines non conventionnelles.

      C'est alors que mon attention fut attirée par la colonne qui indiquait les noms et les titres des « experts » qui avaient été sollicités et parmi lesquels on pouvait trouver la professeure Martine Cohen-Solal, rhumatologue, directrice de l'unité Inserm 11-32, biologie de l'os et du cartilage, hôpital Lariboisière à Paris.

      Hélas, il me fallut vite déchanter, car dans la même colonne avec le même formatage se trouvait le docteur Didier Feltesse médecin ostéopathe, le docteur Éric Lorrain ostéopathe phytothérapeute, le docteur Jean-Louis Masson homéopathe et Vincent Renard chiropracteur, porte-parole de l'association française de chiropraxie.

      La lecture de l'article me fit comprendre comment il était possible de manipuler une authentique scientifique pour la faire cautionner, involontairement j'espère, les affabulations de ces croyants.

      Mise à part une rapide introduction destinée à définir la maladie et un encadré qui indique les nouvelles pistes thérapeutiques, la professeure Cohen-Solal n'avait nulle part la possibilité de donner sa caution explicite aux médecines non complémentaires (dites douces) ici encensées.

      Le cœur de l'article ne donnait la parole qu'aux autres « experts ». Le docteur Feltesse enfonçait une porte ouverte en rappelant que le cou est « une zone très mobile et fragile, car peu protégée », quant au docteur Lorrain lui aussi ostéopathe, il précisait que « le diagnostic ne peut être posé qu'après la radiographie ». C'est ce qui s'appelle donner un coup de pied de l'âne à tous les ostéopathes non médecins, qui eux ne peuvent pas prescrire de radiographie. Malin non ! Le phytothérapeute proposait une formule-choc composée d'« extraits fluides de plantes fraîches standardisées préparées en pharmacie », quant à l'homéopathe il nous conseillait sans honte 5 granules de radium bromatum 9 CH, une à trois fois par jour. Le thermalisme n'était pas lui non plus oublié puisqu'on y affirmait en grosses lettres son « efficacité prouvée dans la gonarthrose » et que les eaux soufrées étaient fort bénéfiques. La preuve de tout cela nous était apportée en nous priant de nous référer au site des thermes de Cauterets ou de la station thermale de Jonzac. Nul doute que l'on puisse trouver sur ces sites des références de grandes qualités publiées dans les journaux internationaux à comité de lecture et totalement indépendantes de tout intérêt économique.

      Tout cela ne prêterait évidemment qu'à rire si une authentique scientifique n'était mélangée à cette soupe indigeste. Je me suis donc fait un devoir de prévenir la professeure Cohen-Solal du rang auquel elle avait été ravalée.

      Je lui ai donc fait parvenir un courriel.

      Après m'être présenté, j'ai écrit : « Si je vous contacte aujourd'hui, c'est que je viens de recevoir gratuitement une revue intitulée « Première vie, le magazine des couleurs du temps ». Vous trouverez en pièces jointes les pages 6 et 7 de cette revue dans laquelle vous êtes citée.

      Dans ce dossier sur l'arthrose du cou et du genou suivi en gros caractères par : « les médecines douces qui vous soulagent » vous êtes citée en tant qu'experte au côté d'un médecin ostéopathe, d'un ostéopathe phytothérapeute, d'un homéopathe et d'un chiropracteur.

      La lecture du dossier ne vous évoque clairement que dans son introduction dans laquelle vous êtes cités de manière irréprochable et dans un encadré intitulé « les nouvelles pistes thérapeutiques » où l'on parle de votre projet de l'équipe l'unité Inserm 11-32 de l'hôpital Lariboisière et dont le contenu est parfaitement conforme à ce que l'on attend de la médecine basée sur les preuves.

      Ce qui m'amène à vous, c'est que le reste du dossier est une véritable propagande pour les médecines non conventionnelles avec comme seule référence « la chaîne thermale du soleil », « les thermes de Cauteret » et les affirmations purement gratuites et non référencées de ceux qui sont cités avec vous, à égalité, comme experts.

      Ce qui me choque dans ce dossier ce n'est pas la propagande qui est faite pour ces pseudo médecines. Ce journal n'est malheureusement pas le seul à se livrer à ce genre de démagogie. Par contre, le contexte et la rédaction du dossier sont faits de telle manière que le lecteur moyen considérera que vous avez validé l'ensemble de ce dossier. Une fois de plus, ces médecines non prouvées font appel à l'argument d'autorité d'un authentique expert scientifique. Vous !

      Ma question est la suivante : «Étiez-vous au courant de la manière dont était rédigé ce dossier, étiez-vous d'accord pour servir de caution scientifique à cet ensemble d'affabulations ? »

      Je l'avertissais avec franchise que sa réponse (ou son absence de réponse) serait utilisée dans un article à publier. Je terminais en disant que j'espérais que sa bonne foi avait été surprise.

      Sa réponse fut aussi rapide que laconique. En me remerciant de lui avoir fait parvenir cet article, elle écrivait simplement :
      « Je n'avais pas vu la maquette finale de cet article. Néanmoins, la petite phrase d'introduction et la partie recherche sont vraies. Le reste ne relève pas de mes dires, et n'est pas signalé comme tel. »

      On pourrait s'étonner du peu de réactions de cette scientifique. On aurait pu penser qu'elle aurait sauté sur le char de Ben Hur et aurait fouetté ses chevaux pour monter à l'assaut de ceux qui l'avaient prise par surprise et lui avaient fait cautionner implicitement des médecines dont elle ne peut ignorer l'inefficacité. On aurait tort !

      Nous ne supputerons pas ici de son avis personnel, mais il est évident qu'elle ne pouvait pas faire connaître un avis négatif qui serait revenu à discréditer les trois autres médecins présents dans article, sous peine de s'attirer les foudres du Conseil de l'ordre des médecins. Faut-il rappeler que le professeur Marcel Francis Khan malgré sa notoriété a reçu un blâme du conseil de l'ordre pour « manque de confraternité », car, sur les antennes de France Inter, il avait traité les homéopathes de charlatans.

      Disons-le encore ici clairement . Les médecins conformément à l'article 39 de leur code de déontologie (que le Conseil de l'ordre en question laisse violer délibérément) n'ont pas le droit de proposer à leurs patients «des traitements ou des médicaments inefficaces ou insuffisamment insuffisamment éprouvés ».

      Les médecines non conventionnelles au droit de cité, car chacun a droit de choisir la manière dont il désire se soigner a ses risques et périls, mais il doit pouvoir le faire en connaissance de cause sans être trompé par des médecins qui prostituent leurs diplômes par intérêt personnel et d'un Conseil de l'ordre qui se fait leur complice.

      Distribution des activités périscolaires en yoga et Sophrologie
      La rentrée scolaire de septembre 2014 a été marquée par la mise en place de la réforme des rythmes scolaires dans les écoles publiques françaises du premier degré, qui vise à raccourcir les journées de travail et à augmenter le nombre de jours de classe.

      Désormais, les élèves du primaire iront une demi-journée de plus à l'école, soit le mercredi matin, soit le samedi matin. La réforme introduit aussi trois heures d'ateliers périscolaires. Différentes activités y sont proposées aux enfants, comme des sorties scolaires, du théâtre, des projets autour de l’environnement, des jeux de sociétés (échecs), de la musique, etc.

      Pour ces activités, des intervenants extérieurs, provenant souvent du milieu associatif, sont sollicités ou se proposent. Arrivent alors  rapidement les questions de coûts, et de qualification des encadrants. Questions sur lesquelles un certain nombre de maires, souvent de communes rurales, se sont exprimés depuis une année maintenant.

      Le CIPPAD avait préalablement noté que du yoga était déjà enseigné à de jeunes enfants dans certaines écoles privées. Activité qui n’est pas forcement la plus adaptée pour favoriser les interactions et les liens entre les écoliers...

      Très souvent les intervenants en yoga sont liés au mouvement pour la Recherche sur le Yoga dans l’Education ou RYE, qui loin d’être laïque prend ses racines dans des yogas ésotériques, comme le Kriya yoga et le Raja yoga, ce qui est tout de même assez troublant.

      La documentation interne du RYE a d’ailleurs longtemps donné des « recommandations (qui leurs) semblent importantes pour rendre l’usage du yoga acceptable par tous les partenaires de l’éducation. ». Jusqu’à l’été 2013, où par l’entregent d’une personne proche du Ministre de l’éducation nationale, ainsi qu’elle l’explique très bien dans un entretien donné au journal Le Monde, la mystique qui a créé cette technique a obtenu un agrément du Ministère de l’éducation nationale permettant à cette activité de pénétrer l’enseignement public, tout en lorgnant déjà sur les rythmes scolaires...

      A la rentrée de septembre 2014, le CIPPAD s’est intéressé, à l’offre en yoga proposée dans le cadre des activités périscolaires des écoles publiques, ainsi qu’aux propositions de Sophrologie, méthode apparentée à l’hypnose et autohypnose, et régulièrement dénoncée par les services de l’Etat.

      Pour se faire une première idée sur la question, le CIPPAD a utilisé les mots-clefs « yoga » et « Sophrologie » afin de cribler la presse francophone accessible en ligne à la rubrique Actualités de Google, durant la semaine de la rentrée scolaire. Conscient que la méthode est loin d’être parfaite, elle donne cependant quelques premières indications.

      Il y bien des activités de yoga et de Sophrologie proposées aux élèves dans plus de 20 écoles primaires publiques. Il s’agit essentiellement d’écoles de communes rurales de petites tailles.

      Comme le montre la carte, il existe des déséquilibres géographiques très nets dans l’offre de ces techniques. En effet, ces activités sont principalement proposées dans la moitié ouest du pays, avec une implantation plus importante du yoga sur les pourtours ouest et sud du Massif Central, alors que la sophrologie est principalement cantonnée dans le nord-ouest. Biais dans la disponibilité l’information, ou reflets d’implantations historiques de ces méthodes?

      Il clair que l’information recueillie est parcellaire, mais elle pose cependant la question de l’introduction de pratiques qui n’ont a priori, peu, voire rien à faire s’agissant de la Sophrologie, dans l’école publique.

      La Sophrologie est clairement un enseignement à finalité ésotérique pour ses degrés les plus élevés, et il en va de même pour les racines du RYE.

      Face à une situation proche, concernant des enseignements de yoga dispensés dans des écoles publiques de Californie et liés à des croyances, les parents d’élèves se sont retournés contre l’État californien et ont gagnés en justice. Pour cela, ils ont argumenté du fait que l’État n’a pas à s’immiscer ni promouvoir des croyances ou religions en direction de ses citoyens ; domaines relevant strictement de la sphère privée.

      Sur ce point, la loi française de 1905, dite de séparation des Églises et de l’État, est comparable à la loi californienne, et la question de l’introduction à l’école publique d’activités susceptibles d’être associées à des croyances ou dévotions pourrait donc être posée dans les mêmes termes en cas de dérives observées lors d’ateliers périscolaires.

      Source : CIPPAD, 12 septembre 2014
      http://www.cippad.com/2014/09/de-la-sophrologie-et-du-yoga-proposes.html
      Par Thomas Huchon
      Chili/Coup d’Etat de 1973 : retour sur la mort de Salvador Allende
      Au cœur du mois d’août dernier, un site conspirationniste chilien (El Ciudadano) mettait en ligne une interview de Dagoberto Palacios contestant les résultats de l’enquête officielle chilienne confirmant le suicide du président Allende dont nous commémorons aujourd’hui le 41ème anniversaire. Neveu du général putschiste qui était, le 11 septembre 1973, chargé de « prendre » le palais présidentiel de la Moneda à Santiago du Chili, Dagoberto Palacios prétend que c’est son oncle, le général Palacios, qui aurait achevé Allende d’une balle dans la tête. Les experts médicaux chiliens, les auteurs de l’enquête, la Cour suprême et jusqu’aux proches d’Allende, qui ont été les témoins de ses derniers instants, dissimuleraient la vérité pour des motifs obscurs... Journaliste, Thomas Huchon fut correspondant au Chili pendant trois ans. Il est l’auteur d’un documentaire sur le coup d’Etat du 11 septembre 1973 et d’un livre éponyme, Allende, c’est une idée qu’on assassine (Eyrolles, 2013). Pour Conspiracy Watch, il a accepté de commenter cette nouvelle théorie du complot sur la mort du président chilien. Son témoignage est suivi d’extraits de son livre.

      Le « témoignage » de Dagoberto Palacios s’appuie sur une étude réalisée en 2011 en Uruguay à partir de documents provenant de l’autopsie réalisée cette même année par la justice chilienne (la dépouille d’Allende avait été exhumée pour déterminer les causes réelles de sa mort – NDLR). Pour une raison obscure, cette étude aurait été sciemment occultée par les enquêteurs chiliens... Cela va sûrement permettre à Dagoberto Palacios d’avoir droit à ses « 15 minutes de célébrité » selon la formule consacrée d’Andy Warhol, mais cela ne fait qu’ajouter une théorie du complot aux 17 autres qui avaient été comptabilisées par Hermes H. Benítez dans son livre Las muertes del Presidente Allende [Les morts du Président Allende] publié en 2006.

      En effet, de Fidel Castro, qui proclamait que Allende était mort les armes à la main en résistant aux militaires, à ceux qui expliquaient que Allende avait été tué par des agents secrets cubains cachés dans le Palais, en passant par la thèse d’agents de la CIA qui auraient recréé avec les militaires la « scène » du suicide après avoir abattu le président, les théories sont nombreuses, variées, et bien souvent contradictoires.

      Chacune permet à celui qui la défend de revendiquer une analyse de l’histoire et la validité de son mode d’action politique. Réécrire la fin d’Allende permet de changer le sens qu'il donnait à ses choix politiques, qui étaient très différents de ceux de ses contemporains de gauche (« le bulletin de vote plutôt que l’AK-47 »). Et permet de démontrer a posteriori que la voie allendiste vers le socialisme, cette « révolution dans la démocratie », n’est pas viable. CQFD.

      Rentrons donc dans le détail de ce qu’avance Dagoberto Palacios, qui raconte comment son oncle a révélé être celui qui a tué Allende. Je précise que je n’ai pas parlé directement avec M. Palacios, je ne fais que traduire son témoignage paru sur le web :

      « Le 18 février 1977, après avoir assisté au match de football entre le club brésilien de Flamengo et l’équipe nationale chilienne au stade National, nous sommes allés, mon père, mon oncle et deux amis généraux, dîner dans un restaurant. Juste avant de servir le repas, alors qu’ils buvaient un verre de vin, quelqu’un autour de la table a demandé à mon oncle, le général Palacios, "Que s’est-il passé avec Allende le jour du coup d’Etat, à La Moneda ?". Alors mon oncle nous a dit qu’il avait donné le tir de grâce à Salvador Allende. Tous le monde s’est regardé bizarrement, et la conversation a changé de sujet. En rentrant chez nous, mon père me fit jurer encore une fois sur ma vie que jamais je ne raconterai ce que j’avais entendu ce jour-là. "Tout ça reste gravé secrètement, tu dois protéger l’honneur de la famille". Au cours de ma vie, j’ai déjà raconté cette histoire, mais personne ne m’a cru. »

      Jusqu’au mois dernier, personne n’avait apporté de crédit aux déclarations de Dagoberto Palacios. Il n’a d’ailleurs pas cru bon d’informer la justice chilienne des « secrets » qu’il détenait, attendant que l’enquête soit définitivement close pour s’exprimer publiquement.

      Il faut dire que le témoignage qu’il rapporte aujourd’hui pose plus de questions qu’il ne donne de réponses. Passons sur le fait que le Général Palacios prenait ainsi plus de risques de devenir le héros de la nation que celui de se voir poursuivi par la justice pour avoir abattu le président de la République en exercice, au milieu du palais de gouvernement, et que cette révélation faite à d’autres militaires ne pouvaient que lui accorder du prestige, en aucun cas lui causer des problèmes.

      Pourquoi cette révélation vient-elle si tard, alors que la justice chilienne a ouvert une enquête sur la mort du président ? Pourquoi avoir tu depuis des années un secret si important ?

      Pourquoi croire aujourd’hui le Général Palacios, alors que cet officier a passé sa vie au service d’une institution, l’armée du Chili, qui a menti, torturé et assassiné ceux qu’elle devait protéger ? Pourquoi croire aux rodomontades d’un homme qui a caché les crimes de la dictature et participé à la disparition massive de citoyens chiliens ?

      Pour quel obscur motif Patricio Bustos, chef du service médico-légal chilien et donc en charge de l’autopsie lors de l’exhumation d’Allende en 2011, aurait-il dissimulé un rapport d’autopsie prouvant un second impact de balle sur le crâne du président ? Pourquoi cet homme, victime de la torture dans les geôles de Pinochet pendant la dictature, à la droiture et à la rigueur reconnue de tous, aurait-il caché le fait qu’un militaire soit responsable de la mort d’Allende ? Dans quel intérêt ?

      Pourquoi la famille Allende, comme les proches du président, qui ont nié pendant toute la durée de la dictature la « thèse » du suicide – parce qu’ils ne voulaient pas exonérer Pinochet de ses crimes –, refuseraient aujourd’hui cette version ?

      Les lecteurs auront compris que je ne crois pas à la théorie de Dagoberto Palacios. Après avoir passé près de dix ans à enquêter sur les circonstances de la mort du « Compañero Presidente », après des nuits entière à éplucher des éléments de preuves, à lire des témoignages, à interroger ceux qui étaient présents, comme Arturo Jiron, Carlos Jorquera, Anibal Palma… Eux savent. Eux y étaient. Ce jour-là, les militaires soutenus par les Etats-Unis leur ont tout pris. Leurs pays, leurs amis, leurs vies, leurs rêves. 41 ans après, leur vérité est encore une fois remise en cause par les falsificateurs de l’Histoire.

      T. H.

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      Chili/Coup d’Etat de 1973 : retour sur la mort de Salvador Allende
      Extraits de Allende, c'est une idée qu'on assassine (Eyrolles, 2013) :

      Mardi 11 septembre 1973. Santiago, capitale du Chili. Sur la place de la Constitution, les militaires encerclent le palais Présidentiel. Depuis plusieurs heures, les chars tirent des obus, les avions pilonnent… Les militaires encerclent le bâtiment colonial où se trouvent ceux qui résistent autour du Président Salvador Allende et tentent de sauver la démocratie.

      Un peu avant 14h, alors que les résistants sortent en file indienne par la porte donnant sur la rue Morandé sous les coups de crosses et de poings des militaires, le Président Allende est déjà mort. Il a choisi sa fin.

      Arturo Jirón, médecin du Président, Ministre de la santé du gouvernement de l’Unité Populaire, était sur place. Je l’ai rencontré à de nombreuses reprises au Chili. Un jour, il a enfin accepté de me raconter son 11 septembre. « Pour la dernière fois… »

      13h00
      « Mon dernier moment avec Allende, c’est à La Moneda, le jour du coup. Avant le début des combats, il nous a demandé de sortir du Palais. Il ne souhaitait pas de "héros inutiles". Seuls ceux qui savaient se battre pouvaient rester. Et, en toute logique, aucun de nous n’est parti. Pourtant, on ne savait pas se servir d’une arme à feu ! Mais nous sommes tous resté avec lui. Je vais même te dire que c’est un grand honneur que l’on soit tous restés avec lui, jusqu’à la fin. Je crois que le terme de courageux n’est pas approprié pour qualifier le comportement d’Allende ce jour-là. Il a été héroïque ! » m’a confié Arturo Jirón, le médecin personnel d’Allende.

      13h30
      Allende comprend que toute résistance est vaine. La bataille est perdue. Les combattants de La Moneda doivent rendre les armes. Au long de cette matinée épique, Salvador Allende a cherché à préserver, tant que faire se pouvait, l’intégrité physique de ses collaborateurs. Il ne veut pas « de héros inutiles », et a donné pour consigne à tous de se rendre. La trentaine d’allendiste se place, en file indienne, dans l’escalier qui donne sur la porte de Morandé 80 et, en remontant les marches, le président salue un par un ceux qui étaient prêts à mourir à ses côtés. La Payita ouvre la marche et brandit un drapeau blanc (en fait une blouse de médecin). Arrivé au bout de la file, Allende se dirige vers l’un des salons du premier étage. Quelques instants plus tard, une détonation retentit.

      Chili/Coup d’Etat de 1973 : retour sur la mort de Salvador Allende
      14h00
      « J’ai entendu un coup de feu, m’a expliqué le docteur Jirón, et j’ai quitté la file pour aller voir ce qui se passait. J’ai passé la tête dans la pièce et j’ai vu le président Allende mort. À ce moment, Enrique Huerta a crié : “Le président est mort !” Moi, je suis parti annoncer à mes camarades la triste nouvelle. »

      Les larmes coulent sur les joues d’Arturo Jirón. Le souvenir du corps sans vie de son président, de son ami, de son inspirateur, est trop fort. L’image, gravée dans sa mémoire, est la dernière qu’il garde de Salvador Allende. Il est environ 14h00 à Santiago et le président de la République vient de se donner la mort dans les ruines du palais présidentiel, attaqué par l’armée avec le soutien des États-Unis. Le début d’une dictature de dix-sept ans.

      (…)

      Mai 2013, Chili

      Il aura fallu attendre presque 40 ans pour que la justice chilienne ouvre (enfin) une enquête officielle sur les conditions de la mort de Salvador Allende. Le 13 septembre 1973, au petit matin, sa dépouille est transportée par hélicoptère jusqu’à la ville de Quinteros, puis jusqu’à Viña del Mar. Dans le plus grand secret, les militaires font enterrer Salvador Allende dans une tombe qui ne porte pas son nom. Sont présents sa veuve, Hortensia « Tencha » Bussi de Allende, sa sœur Laura Allende, et un cousin, Eduardo Grove, le propriétaire de la tombe. « Ils n’ont même pas permis d’ouvrir le cercueil à la Tencha », soupire 40 ans après Patricia Espejo« Elle ne savait pas si c’était bien son mari qu’elle enterrait… Mais elle a eu un courage incroyable, tu sais. Devant les militaires, elle a crié : "On enterre ici Salvador Allende, Président démocratique du Chili. Je voudrais que vous, les employés du cimetière, vous le disiez à vos enfants. Et que jamais il ne lui manque une fleur". Elle a dit ça sans verser une larme. Elle ne voulait pas que les militaires la voient pleurer. »

      Devant la tombe de la famille Grove, le soleil de cette fin d’après midi réchauffe l’air de l’automne. Patricia Espejo m’a accompagné sur ce qui fût la tombe du Président Allende pendant la dictature. Sur la tombe, un message est écrit à la main, probablement par un anonyme. « Vive notre Président Salvador Allende, qu’il repose en paix ». « 40 après, constate Patricia Espejo, il existe encore sur cette tombe des messages pour Allende ». Depuis 1990, le défunt président repose dans une tombe à son nom, dans le cimetière de Santiago. Pourtant, ici, à Viña del Mar, il est encore présent. « Les militaires ont essayé de le cacher, mais il reste à jamais dans le cœur du peuple chilien » conclut Patricia Espejo.

      Il y a quelques jours, l’enquête sur la mort du Président Allende a été fermée par la justice chilienne. Elle conclut au suicide. Et ce n’est pas une surprise. Pourtant, durant des années, les thèses les plus folles ont circulées à propos de la mort de Chicho. Un livre a même été écrit, « Les morts de Salvador Allende », qui recense 17 scénarios différents pour expliquer son décès. Des versions empreintes de politique, pour permettre à l’un où à l’autre de tirer la couverture à lui. En vain, le temps passant, l’Histoire fait son œuvre. Et le choix personnel et politique de Salvador Allende ne peut être aujourd’hui nié par personne. Sa volonté de rester jusqu’au bout un démocrate n’aura été altéré ni par les bombes, les obus des chars, ou les tirs de mitraillettes sur le palais de la Moneda, ni par ceux qui prétendaient sauver le pays, et qui l’ont plongé dans un enfer de 17 ans.

      « Je n’ai aucun doute sur le fait qu’il était prêt à se sacrifier. “Pour me sortir de La Moneda, ce sera les pieds devant !”, ou encore : “Je ne sortirai que dans un pyjama de bois !”, il le répétait. Je pense que ses discours au moment de mourir, qui sont une merveille, ont été dits avec cette tranquillité, cette sérénité, parce qu’il savait que ça pouvait arriver », m’a confié Jorge Arrate. Trente-cinq ans après les faits, il reconnaît enfin que Salvador Allende s’est donné la mort. Comme beaucoup d’allendiste, il avait nié la thèse du suicide pendant des années. « On l’a nié parce que ces gens, Pinochet et les siens, étaient tellement mauvais que l’on ne voulait pas les libérer de la responsabilité de notre mort. En réalité, ça ne change rien. Ils tuaient des milliers de personnes, alors, une de plus, une de moins... Le point clef c’est que, si quelqu’un tire des roquettes sur un bâtiment, c’est pour tuer ceux qui se trouvent à l’intérieur. Quand quelqu’un se défend contre des chars, des roquettes, avec une mitraillette, c’est parce qu’il est prêt à se faire tuer. Pour moi, cela revient au même qu’il se soit tué, où qu’on l’ait assassiné. De toutes les manières, ils l’ont tué. De toutes les manières, il s’est tué », dit-il la voix tremblante.

      Ce souvenir de Jorge Arrate est riche : on y découvre un président qui annonçait sa mort si on cherchait à le chasser du pouvoir. Mais surtout un homme qui avait conscience de son destin. Il l’a choisi, et son geste final n’est qu’« un exemple, certes grandiose, mais un simple exemple quand même, de la constance politique et morale d’Allende », comme me l’avait dit Anibal Palma, le porte-parole du gouvernement Allende.
      « Je crois, mais ce n’est là qu’une interprétation personnelle, qu’il prévoyait que, s’ils le prenaient vivant, il serait l’objet d’une série d’humiliations. Ce qu’il représentait allait perdre en dignité, en force. Il allait être comme d’autres présidents latino-américains vaincus, à qui l’on offre un avion afin qu’il s’exile. J’imagine qu’il ne voulait pas être comme les autres. Pour autant, son suicide n’est pas un geste d’égolâtrie. Son suicide, c’est basiquement pour sauver la dignité d’un projet politique, et sa propre dignité. Suicidaire, on ne l’était pas. Certains se sont suicidés*, mais non parce qu’ils étaient suicidaires génétiquement », a conclu Jorge Arrate.

      * Augusto Olivares, Salvador Allende, Beatriz Allende, Laura Allende.

      Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot

       

       

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