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Ceci est la transcription de l'épisode #51: Roswell : Rencontre du premier mythe du balado Scepticisme scientifique. Il s'agit d'une interview de Gilles Fernandez. Cette transcription a été légèrement éditée au niveau du contenu. Un tout grand merci à Jérôme pour avoir réalisé cette transcription.


Jean-Michel Abrassart :
Aujourd’hui je suis avec Gilles Fernandez qui est l’auteur d’un tout nouveau livre qui s’intitule : « Roswell : Rencontre du premier mythe », qui est comme son nom l’indique un ouvrage consacré au crash de Roswell.
Bienvenu !
Gilles Fernandez :
Bonjour Jean-Michel, merci.
Jean-Michel Abrassart :
Avant qu’on attaque la discussion autour de l’affaire Roswell, tu pourrais un peu te présenter ? Je sais que tu es psychologue, donc tu as un peu ta carrière de ce côté-là, avant que tu ne deviennes un auteur consacré à ce genre de sujet.
Gilles Fernandez :
Eh bien, je suis titulaire donc d’un doctorat en psychologie cognitive, j’ai beaucoup travaillé sur le surdon, les représentations mentales, jusqu’en 2006. Et puis effectivement depuis 4 ans je me consacre à d’autres activités en tant qu’indépendant, donc du consulting, et puis je rédige des articles et je m’intéresse beaucoup au paranormal, mais de façon sceptique.
Et donc durant mes études autour de 2004-2005, on m’a proposé un projet qui était de réaliser une batterie de tests pour le GEIPAN, enfin pour le CNES, mais c’était essentiellement de soumettre ce projet. Donc l’idée c’était d’utiliser une batterie de tests pour tester la crédibilité des témoins, en utilisant par exemple des échelles pour voir si les personnes sont enclines à la fantaisie ou non, quel est leur milieu ambiant, est-ce qu’ils sont intéressés par la science-fiction, et puis d’autres tests de personnalité etc.
Et puis ce projet a été abandonné parce que je me suis vite rendu compte qu’il y avait un espèce de glissement qui était fait, c'est-à-dire qu’à partir du moment où on prouvait par ces instruments que la personne était crédible, cela voulait dire que l’observation était crédible aussi, au sens extraterrestre. Et ça, ça m’a beaucoup embêté, et donc je n’ai pas voulu m’engager sur ce projet plus avant.
Jean-Michel Abrassart :
Et donc tu en es venu à écrire un livre sur l’affaire Roswell. Evidemment Roswell c’est quasiment le cas le plus connu de la casuistique. Qu’est-ce qui t’a particulièrement intéressé ? Pourquoi Roswell ?
Gilles Fernandez :
Pourquoi Roswell ? Oh eh bien c’est toujours un petit peu par rapport à ce que je disais avant, en discutant il m’est arrivé, à l’époque en 2005, de faire une critique assez violente du livre de Jean-François Parmentier, qui est : « Ovni : 60 ans de désinformation ». Et puis nous avions échangé en privé par e-mails et c’est vrai qu’il m’a montré que je ne connaissais pas suffisamment la casuistique pour juger. Donc j’ai commencé à lire, mais surtout du côté anglo-saxon, et puis bien entendu, ce qui apparaît le plus souvent c’est l’affaire Roswell, et donc de fils en aiguille, j’ai lu, j’ai lu, et j’ai commencé à écrire, et mon entourage m’a dit : « On n’a pas grand-chose en France, pourquoi n’écrirais-tu pas un ouvrage ? », voila. Mais au départ mon idée c’était de faire un petit ouvrage à la maison, le faire circuler aux amis etc., et puis, de fil en aiguille on m’a un petit peu motivé à voir un petit peu plus grand, c'est-à-dire une publication avec numéro ISBN etc., pour les librairies.
Jean-Michel Abrassart :
Avant qu’on rentre dans l’explication un peu sceptique du cas, tu peux raconter quelle est la version un peu standard ?
Gilles Fernandez :
C’est sûr que quand on me pose cette question j’ai envie de répondre : « Quelle version vous voulez ? », parce qu’il y a tellement d’articles, d’ouvrages etc. L’incident de Roswell, dans la mémoire collective en tout cas, c’est donc ce que tu as introduite précédemment, c’est cette idée que l’armée des États-Unis aurait récupéré un engin, ses occupants ou des débris et qu’elle conserverait ce secret encore aujourd’hui, donc depuis 63 ans, dans des hangars ou je ne sais quoi.
Et donc l’histoire en elle-même, c’est un évènement qui s’est produit en juin-juillet 1947 quand un rancher, un éleveur, du nom de William Mac Brazel a signalé au shérif local, qui s’appelait Georges Wilcox, qu’il aurait récupéré l’une de ces fameuses soucoupes volantes dont les médias à ce moment-là parlent avec une grande intensité depuis l’observation de Kenneth Arnold, donc le 24 juin 1947, sachant que l’affaire est publiée le 25 juin dans les journaux.
Jean-Michel Abrassart :
Il y a quelque chose comme deux mois entre l’observation de Kenneth Arnold et l’affaire de Roswell ?
Gilles Fernandez :
Ah non, il y a 10-12 jours.
Jean-Michel Abrassart :
Ah, 10-12 jours ?
Gilles Fernandez :
L’observation de Kenneth Arnold est publiée dans la presse, j’insiste on va voir pourquoi, le 25 juin dans les éditions, il donne d’abord une interview à un journaliste, Bill Bequette, puis ce journaliste décide de diffuser la chose sur le réseau local de l’« Associated Press », c’est un petit peu l’AFP de là-bas, et puis la personne qui se trouve à l’agence locale qui est importante décide de diffuser ça sur tout le réseau national. Ça intéresse tout le monde, et puis tout d’un coup les gens se mettent à voir ces fameuses soucoupes volantes. Et la chose intéressante que les sceptiques connaissent est que Kenneth Arnold n’a jamais vu, lui, en tout cas dans ce qu’il a décrit, les objets en forme de soucoupe, il décrivait plutôt que ces objets se déplaçaient comme des soucoupes qui ricocheraient sur l’eau. Pourtant les gens vont voir des objets en forme de soucoupe.
Alors donc la question que je me suis posée c’est : « Comment les extraterrestres ont-ils pu changer la configuration de leurs engins pour plaire finalement aux journalistes, à une erreur journalistique ? ». Et donc l’affaire Roswell c’est le 5-6-7-8 et 9 juillet, c'est-à-dire très peu de temps après, ce qui est intéressant je pense, en tout cas ce qui m’a intéressé, c’est d’essayer de comprendre cette vague avant tout, avant de m’intéresser à l’affaire Roswell. Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Qu’est-ce que les gens entendaient à l’époque par « soucoupe volante», et ça c’est particulièrement intéressant parce que quand on lit les coupures de journaux, quand on s’intéresse à des études qui ont été faites, on se rend compte que le terme « soucoupe volante» n’a pas du tout la même connotation que l’on a nous aujourd’hui. C'est-à-dire qu’on associe ça toujours, presque directement à engin extraterrestre venu d’autre planète, engin venu du futur ou des choses comme ça, mais à l’époque ça n’était pas du tout le cas, c'est-à-dire que les hypothèses qui était émises étaient, par exemple, des engins soviétiques secrets ou des projets secrets américains. C'est-à-dire que, dans la tête des gens si je peux dire, penser soucoupe volante c’est certainement d’abord penser à des choses prosaïques, de là, tout objet un petit peu insolite, qu’on trouve dans son jardin, comme du matériel ballon, des cibles radar etc., c’est un bon candidat pour les soucoupes volantes parce qu’elles n’ont rien d’extraterrestre dans la tête des gens. Et il faut savoir aussi que dans cette toute petite période, à partir du 4 juillet 1947 on offre une prime, dans tous les états, pour qui rapporterait ces soucoupes volantes ou un débris, et ce sont des primes de l’ordre de 1 000 $ jusqu’à 3 000 $, ce qui est une somme très importante à l’époque, on sort de la guerre etc…
Et c’est à partir de ce moment-là que l’affaire va commencer. Il y a beaucoup de polémiques là-dessus, je ne peux pas tout résumer comme ça oralement, mais apparemment, enfin c’est ce que je pense, dont je suis sûr et c’est bien documenté. Quelque chose est tombé dans le champ de ce fermier mi-juin, c'est-à-dire apparemment le 14 juin 1947, pourtant le 14 juin 1947, ce qui est tombé dans son champ ne l’intéresse pas, il le laisse dans son champ.
Jean-Michel Abrassart :
(Rires).
Gilles Fernandez :
C'est-à-dire que ce n’est vraiment pas si spectaculaire que ça. Mais, alors pareil il y a plusieurs versions et c’est difficile de remonter dans le temps, mais le 4 juillet 1947, on est dans le weekend de l’indépendance, il y a donc ces primes qui sont offertes à qui rapporterait les débris ou un débris de ces fameuses soucoupes volantes ; alors c’est un fermier, il n’a pas le téléphone, il n’a pas la radio, il n’a pas accès à la presse, etc., le 5 juillet il va à la ville de Corona qui est proche de là où il travaille, il entend parler des soucoupes volantes, et il semble même qu’il rencontre ses voisins, des ranchers, la famille Proctor qui lui explique bien que dans la presse on parle de soucoupes volantes et qu’on offre une prime de 3 000$, et là ces débris, tout d’un coup, prennent une autre connotation, une autre valeur, c’est seulement à partir de ce moment-là que ça va l’intéresser. Et là donc il décide d’aller à la ville de Roswell dont il contacte le shérif, Georges Wilcox qui lui à son tour décide d’appeler l’armée. On notera que le shérif décide d’appeler l’armée, ce qui nous ramène toujours à cette idée que le terme soucoupe volante est quand même associé à du militaire, américain, russe, mais en tout cas on appelle la base de Roswell, on n’appelle pas les journalistes, on ne va pas voir par soi-même, non, on appelle la base. Et là est diligenté le Major Marcel avec une petite équipe, alors on est quasiment sûr qu’il y avait une deuxième personne qui s’appelle Sheridan Cavitt et peut-être une troisième personne, le sergent Rickett. Et puis, bien c’est pareil, Marcel, ces débris l’intéresser, c'est-à-dire qu’ils sont insolites pour lui et donc il retourne à la base avec des débris, il s’est arrêté chez lui, les a montré à son fils, c’est toute une chronologie qui est très longue et très détaillée. Et stupéfaction, la base décide de publier un communiqué de presse comme quoi nous sommes entrés en possession d’un disque volant, d’une soucoupe volante, en aucun cas nous sommes entrés en possession d’un engin extraterrestre, mais d’une soucoupe volante contextualisée, c'est-à-dire que pour moi, pour beaucoup de sceptiques c’est comme ça qu’il faut interpréter cette affaire, c'est-à-dire que l’armée n’a jamais dit : « Nous sommes entrés en possession de restes d’un engin extraterrestre », mais : « Nous sommes entrés en possession de l’une de ces soucoupes volantes ». Donc c’est quelque chose, comme on en a discuté tout à l’heure, il faut voir que les soucoupes volantes existent depuis 12 jours, ça crée beaucoup d’excitation, il y a certainement eu un petit peu comme on dit en anglais un « rush », c'est-à-dire cette base où il y a peu de protagonistes finalement dans cette histoire, il y a Marcel, Haut, Blanchard qui est le commandant de la base, etc. ;  ils décident de publier, et les recherches outre-atlantique montrent également quelque chose d’assez curieux finalement, que le commandant de la base, Blanchard, le 8 au soir, il part en vacances…
Jean-Michel Abrassart :
(Rires).
Gilles Fernandez :
Il part en vacances, oui, et ça c’est documenté, parce que si vous lisez les ouvrages comme celuide Gildas Bourdaisqui est l’exégète de Roswell en France, le commandant de la base serait occupé à récupérer les débris sur au moins 3 sites, selon la littérature on peut en trouver 11 ou 12, mais bon, les documents de l’époque prouvent que Blanchard part le soir même en vacances et pour également faire proclamer l’Air Force Day qui est la fête anniversaire de l’Air Force. Donc si on imagine 5 min qu’il y a eu un évènement d’une telle magnitude, c'est-à-dire la récupération d’un engin extraterrestre, il faudrait qu’on m’explique pourquoi le commandant de la base ne décide pas d’annuler ses vacances et d’envoyer quelqu’un pour faire signer cette fête de l’Air Force Day et organiser l’évènement.
Donc voila en gros l’affaire Roswell, en tout cas en 1947.
Jean-Michel Abrassart :
Donc après ça il y a eu toute une période où même les ufologues ont oublié cette histoire, et puis c’est Berlitz qui arrive et qui relance tout le bazar…
Gilles Fernandez :
Tout à fait, pendant 30 ans, il y a un silence post évènementiel qui permet aussi de nous interroger, parce que si on lit les livres d’aujourd’hui, il y a des centaines de témoins qui sont le plus souvent de seconde main. Mais pendant ces trente années on ne trouve aucun journal personnel, pour un évènement d’une telle magnitude, on ne trouve aucune lettre des familles en discutant entre-elles. C’est la période après guerre, il y a plein d’institutions ufologiques amateurs, privées qui sont crées, l’APRO, le NICAP etc., alors qu’on a plein de témoins qui viennent pour tout un cas d’autres cas, la casuistique est très riche, il n’y a aucun de ces témoins de Roswell d’aujourd’hui qui vient frapper à la porte de ces associations ufologiques. Le cas n’est même pas mentionné dans les projets officiels comme Blue Book, Sign, Grudge, par l’armée et les autorités pour étudier le phénomène ovni. Roswell est un non évènement pendant 3 décennies, et effectivement c’est en 1978 que l’ufologue Stanton Friedman entend parler à l’occasion d’une conférence qu’il y aurait quelqu’un qui aurait touché une soucoupe volante. Et donc, bien entendu Friedman pense qu’il tient là une star pour ouvrir un débat, et donc il va interroger Marcel, et il faudra attendre 2 ans pour que le premier livre soit publié, parce que quand on suit un petit peu l’affaire on s’aperçoit que quand Friedman va voir Jesse Marcel, il ne se rappelle même plus de la date de l’évènement, il n’a rien conservé, c'est-à-dire que pour un évènement d’une telle magnitude, il aurait trouvé quelque chose d’extraterrestre ou je ne sais quoi, il n’a rien gardé ce monsieur, il n’a pas gardé de coupure de presse alors qu'il a figuré dans les premières pages dans les journaux de 1947, il n'a rien gardé du tout. C'est quand même curieux je pense, pour un évènement d'une telle magnitude. Donc effectivement l'affaire, après ce silence post évènementiel qui peut poser question, ressurgit à partir de 1978. Et la 1ère partie de ce que j'appelle le "mythe de Roswell" c'est d'abord toute une période où on ne parle que de débris extraordinaires, et là, la chose qui peut surprendre c'est que quand on regarde ce qui est décrit, on nous parle quand même de balsa, mais ce n'est pas comme du balsa, on nous parle de feuilles métalliques et papier mais ce ne sont pas tout à fait des feuilles métalliques et papier... Et quand on creuse un petit peu s'aperçoit qu'il y a un très bon candidat prosaïque à tout cela, sauf que des propriétés extraordinaires sont rajoutées, mais bon, en tant que psychologue etc., quand on étudie l'affaire on voit que progressivement se construit un mythe, il y a des embellissements, des choses comme ça sur quelque chose de très ordinaire au départ.
Donc pour faire un petit résumé, je pense que ce qui est important et c'est ce que j'ai essayé de faire dans le livre, c'est de re-contextualiser le terme de soucoupe volante en 1947 et ne pas être biaisé par ce que nous entendons aujourd'hui par soucoupe volante ou disque volant.
Jean-Michel Abrassart :
Abordons l'explication prosaïque que proposent les sceptiques pour Roswell. Quel est l'objet qui s'est écrasé (rire) dans le ranch de Mac Brazel ?
Gilles Fernandez :
Bien pareil, comme beaucoup le savent, la thèse officielle c'est la thèse des ballons Mogul. Donc les ballons Mogul c'était un projet top secret, de priorité 1A, c'est à dire au même niveau que la bombe atomique qui a dû débuter en 1946 jusqu'en 1949 et, contrairement à ce qu'on dit, les personnes qui ont proposé cette hypothèse prosaïque n'est pas l'armée. Souvent on lit sur les forums ou dans les livres que cette explication prosaïque est une invention de l'armée. Pas du tout, ce sont deux ufologues dont l'un qui est portant pro extraterrestre, c'est à dire qu'il croit en l'existence d'engins qui nous visitent, un certain Karl Pflock, il participe à exhumer des documents sur ce projet parce qu'il tombe parallèlement avec Robert Todd qui lui est par contre un ufologue qui n'est pas très convaincu par la réalité extraterrestre des objets. Donc c'est plutôt Robert Todd qui exhume tout d'abord un cas où un fermier, alors on a un mini Roswell où un fermier de Danforth (Illinois) trouve du matériel et ce cas est répertorié dans Blue Book, et on voit que dans Blue Book on identifie cela comme provenant d'un projet qui s'appelle Mogul, et c'est lui, Robert Todd qui demande, avec Karl Pflock, déclassification de ces documents et là on s'aperçoit que Mogul est peut-être le fameux candidat qui va expliquer Roswell.
Alors pourquoi est-ce un bon candidat ? Bien c'est à dire que la première des choses c'est que le projet est concomitant dans le temps et dans l'espace de l'évènement de Roswell, c'est à dire que ces ballons étaient lancés en juin 1947 depuis Alamagordo (Nouveau-Mexique) qui est à une centaine de miles de Roswell. Donc le projet Mogul c'est en fait des ballons gigantesques qui volent à altitude constante, enfin qu'on envoie pour qu'ils restent à altitude constante, ce sont des ballons qui, assemblés, sont plus grand que la Tour Eiffel. Quand on exhume les journaux du physicien qui s'est occupé de ce projet puis d'autres documents des organismes qui avaient en charge ce programme Mogul c'est à dire l'Université de New York, l'Air Force Materiel Command, et puis les laboratoires Watson, on s'aperçoit que justement en juin 1947 on a un excellent candidat qui est le vol n°4. Pourquoi excellent candidat ? Parce que d’après le rapport de l’Us Air Force et d’autres examens indépendants on s’aperçoit que ce vol avait une configuration assez particulière, il emportait plusieurs cibles radars ou déflecteurs radars. Alors qu’est-ce que c’est que ces déflecteurs radars ? Ce sont des cibles avec du balsa, des feuilles d’aluminium, des feuilles laminées qui sont attachées sur le train de ballons, de 3 à 5, pour que le ballon soit tracté par radar au sol. Et quand on lit les témoignages dénués des qualités exceptionnelles des matériaux, on nous parle de balsa, de feuilles laminées, bref de cibles radars. Donc c’est pour ça que ce candidat Mogul est un excellent candidat. Mais alors là-dessus, bien entendu les ufologues en faveur de l’explication extraterrestre on fait tout un mic mac, j’en parle beaucoup dans l’ouvrage, pour affirmer et marteler que ce vol a été annulé et qu’ils en ont la preuve justement dans le journal du géophysicien qui s’est occupé du projet, ce qui est un mensonge assez fabuleux que je montre dans le livre puisqu’il est clairement indiqué que ce vol a bien eu lieu…
Jean-Michel Abrassart :
Oui je voulais juste rajouter que le ballon Mogul, c’était réellement un projet top secret, il y avait quand même quelque chose qui était dissimulé à l’époque même si ce n’était pas les vaisseaux spatiaux extraterrestres. L’objet du projet Mogul c’était, si je ne m’abuse, de détecter l’éventuelle utilisation de bombes atomique lors de tests en Russie c’est ça ?
Gilles Fernandez :
Tout à fait, même les essais de missiles balistiques. L’idée c’était de placer dans l’aire un sonar qui est habituellement dans l’eau, on s’était aperçu qu’un sonar dans l’eau pouvait détecter des signaux acoustiques des explosions à des centaines de miles, donc l’idée c’était de dire : « Est-ce que l’on peut faire dans le ciel ce que l’on est capable de réaliser sous l’eau ? », afin justement de savoir si les Russes ont la bombe atomique ou non, et si ils essayent des missiles balistiques de type V2 comme le faisaient les américains à l’époque. C’est ça le projet Mogul. Alors c’est beaucoup plus compliqué que ça au niveau top secret si non ça ne serait pas marrant, c'est-à-dire que le but du projet est secret, les données que l’on recueille sont secrètes, mais les matériels qu’ils utilisent ne sont pas du tout top secret, d’ailleurs l’étude n’est pas confiée à des militaires mais à l’Université de New York. Donc ça c’est pareil, c’est un gros travail, un petit peu technique, de bien faire la part des choses parce que les ufologues comme Gildas Bourdais vont vous expliquer que ça n’est pas du tout top secret, qu’on trouve sa mention dans des documents de niveau inférieur à ce que le projet serait lui-même, mais ce n’est pas du tout ça, on a un mémorandum de 1946 sur le projet qui montre que ce qui est top secret, ce qui est classé priorité 1A c’est le but du projet, donc ça ne doit pas être révélé, et les données, mais le matériel, le nom, etc., n’ont rien de très top secret.
Jean-Michel Abrassart :
C’est pour ça que quand les militaires vont donc mettre la main sur les débris ils n’arrivent pas à identifier ce que c’est puisque le projet lui-même est secret donc…
Gilles Fernandez :
Oui, c’est pour ça que l’affaire est compliquée sinon ça ne serait pas marrant, mais il faut bien se dire que les matériels utilisés sont des matériels banaux, très très prosaïques. Mais quand on se remet dans le contexte de l’époque on voit bien que c’est quand même un objet insolite et c’est un très bon candidat pour ces soucoupes volantes ; et le détail, c’est ce qui met à mon avis la théorie extraterrestre échec et math, c'est que parmi ces débris est mentionné quelque chose qu'on ne peut pas inventer, c'est un ruban scotch. Donc c'est un détail qui figure dans le rapport de l'US Air Force qui fait presque mille pages, quand on se procure le plan d'assemblage d'une cible radar, il y a une toute petite note de bas de page qui indique qu'il faut renforcer les baguettes de balsa avec du scotch comme on en trouve dans l'industrie du jouet. Donc quand on continue à s'intéresser à cette affaire et qu'on se demande : « Mais qui a fabriqué ces cibles radars ? » Eh bien c'est une fabrique de jouets. Et donc à cette époque, pour assembler ces cibles radar, il fallait absolument consolider l'ensemble avec du ruban adhésif, et, qu'est ce qu'on retrouve chez les témoins ? La mention : « Il y avait une sorte de ruban avec des motifs roses et mauves en forme de fleur », on trouve ça chez plein de témoins. Donc comment ces témoins ont pu inventer un détail qui ne s'invente pas comme ça ?
Jean-Michel Abrassart :
C'est de l'écriture extraterrestre voyons (rires).
Gilles Fernandez :
Oui à travers le temps, mais à l'époque on ne trouve aucune mention « extraterrestre » dans les journaux, dans cette affaire le terme n'existe pas, on parle de disque et de soucoupe volante, il n'y a aucune mention d'« extraterrestre ». Il y avait un ruban avec de l'écriture, mais il n'y a pas marqué et on ne trouvera jamais « écriture extraterrestre », mais « il y avait de l'écriture dessus ». Le concept, la connotation « extraterrestre » à « soucoupe volante », en 1947, je ne dirais pas qu'elle n'existe pas mais ça n'est absolument pas ce qui vient à l'esprit des gens.
D'ailleurs je ne pense pas que ce soit une anecdote mais en août 1947, donc juste après la vague qui se termine mi-juillet, a été réalisé un sondage par l'institut Dial Up, donc c'est un document d'époque où la question posée était : « Que pensez-vous que sont les soucoupes volantes ? » Eh bien quand on regarde les réponses qui sont données, mais également les réponses qu'a choisit le sondeur, il n'y a pas la mention « extraterrestre » dedans. Même le sondeur n'a pas pensé à mettre comme proposition : « Des engins extraterrestres ». C'est à dire que les contemporains de l'époque, quand ils agissent, pensent sur les soucoupes volantes, ne pensent pas à des engins extraterrestres, ils pense à des choses insolites, peut-être des armes secrètes américaines ou soviétiques, mais le sème, l'unité sémantique ou linguistique « extraterrestre » en 1947, elle est absente, et je pense que c'est avec cette grille de lecture qu'on peut comprendre Roswell, c'est à dire en remettant le terme « soucoupe volante » ou « disque volant » dans son contexte de l'époque, et je pense que si on se dit : « Comment ces gens-là, les protagonistes de Roswell ont-ils pu prendre des débris de ballon pour des débris d'engin extraterrestre ? » C'est vraiment se poser la mauvaise question. C'est pas du tout la question, et j’appelle ça un biais, mais c'est un des arguments que présente souvent Gildas Bourdais à savoir que c'était des militaires, disant : « Comment ont-il pu prendre des baguettes de balsa et des choses très prosaïques pour quelque chose d'extraterrestre ? » Mais c'est lui qui confond, ils n'ont jamais confondu ce qu'ils ont trouvé avec des débris extraterrestres, non, avec une soucoupe volante re-contextualisée.
Jean-Michel Abrassart :
Il y a une célèbre photo qui a été prise où on voit les débris.
Gilles Fernandez :
Tout à fait. Tout à l'heure j'ai expliqué que Jesse Marcel avait été à la Une du journal local et justement il y a une photo de lui posant avec les débris. En fait on en a retrouvé d'autres après, il y en a 6 qu'on a réussi à exhumer. Donc ces photos des débris ce sont celles qui ont été faites à une conférence de presse quand l'armée a démenti qu'elle avait trouvé une soucoupe volante en expliquant que c'était un débris de ballon météorologique. Elle n'allait pas expliquer en 1947 qu'en réalité ce qui avait été retrouvé était des composants du projet Mogul, c'est inacceptable, elle ne pouvait pas dire ça, elle ne pouvait pas révéler son projet top secret.
Donc effectivement il y a ces fameuses photos et, ce que j'appelle « le boulet » dans mon livre, c'est que Jesse Marcel, de son vivant (il décède en 1986 alors qu'on n'a pas encore toutes les photos), il dit : « Les photos sur lesquelles je pose sont celles avec les débris que j'ai ramenés du ranch, par contre les photos où il y a le général Ramey (dans la série il y a plusieurs personnes qui posent avec) ont été prises avec de faux débris, on a fait un remplacement, mais moi les photos sur lesquelles je suis ce sont des photos avec les débris que j'ai ramenés du ranch Foster.» Or quand, après sa mort on a découvert toute la série de photos, ce sont les mêmes débris qui sont sur les photos avec ou sans Marcel et se sont des débris de cibles radars. Alors bien entendu, là-dessus, les conspirationnistes expliquent qu'il y a eu une manipulation etc.
Et pareil pour les documents d'époque, il y a quelque chose dans l'affaire qui est très important, on n'a pas beaucoup de documents mais au moins on en a un, ce sont 2 interviews à 2 endroits indépendants concernant l'affaire. C'est à dire qu'on a 2 journaux d'époque, les conspirationnistes disent que les interviews ont été dictées par l'armée mais le problème est que ces interviews proviennent de 2 sources indépendantes. Il y a une interview qui est réalisée à Forworth et l'autre à Roswell, il y en a une qui tient sa source de Brazel et l'autre de Marcel, or quand on s'amuse à mettre en parallèle les 2 articles on a une concordance parfaite dans la chronologie des évènements, dans ce qui est mentionné, et on s’aperçoit que ce qui est décrit de ces composants sont des ballons plus cibles radars et il y a encore une fois la mention de ce fameux scotch à fleur qui trahit, c'est la marque « ADN » de la cible radar en question.
Jean-Michel Abrassart :
D'abord ce qui est incroyable, et il y a un effet un peu d'incrédulité de la part des ufologues, ce sont tous les témoins qui sont apparus plusieurs décennies après. Évidemment ces témoins-là on rajouté qu'ils avaient vu des corps d'extraterrestres etc., tous les détails qui ne sont pas expliqués par l'explication Mogul. Qu'est-ce que tu penses de tous ces témoins ? Tu peux nous en parler ?
Gilles Fernandez :
Bien sûr oui, ça c'est très important parce que quand on y regarde de près, les témoins qui ont introduit cette idée de corps extraterrestres, voire d'un engin, on ne parle plus de débris, mais d'un engin et de corps extraterrestres, il y en a 4, ce sont Glenn Dennis, Ragsdale, Kaufmannet Anderson. Or alors que ce sont eux les géniteurs des corps et de l'engin extraterrestre, ils ont tous été confondus, c'est à dire qu'on a prouvé par A+B que c'était des menteurs, c'est ce que je montre dans le livre et qui est très méconnu je pense en France. Et pourtant, par la suite, l'histoire qu'ils ont raconté, par exemple un des protagonistes de cet engin extraterrestre indique que l'engin a été vu aussi par une équipe d'archéologues, c'est lui qui introduit cette histoire d'archéologues, et pourtant dans la chronologie récente, alors que les ufologues en faveur de l'hypothèse extraterrestre nous disent : « Oh beh maintenant on ne tient plus compte d'Anderson », enfin bref, de tous ces gens qui ont été confondu, or on a toujours la présence des archéologues alors que ceci a été introduit par des gens qui ont été pris en flagrant délit de mensonge. Donc ce que je voulais dire c'est que nous, on a comme ancré cette histoire de présence de corps extraterrestres mais ça a été introduit par 4 personnes qui se sont toutes révélés être comme on dit en anglais des hoaxeurs, des canuleurs.
Et pourtant, effectivement il y a d'autres témoins qui vont se manifester après, souvent de seconde main, qui vont se mettre à dire : « Oui mon père, mais il est décédé malheureusement, m'en avait parlé... » etc. La piste du faux souvenir, de la falsification introspective, on pourrait peut-être en reparler, elle est de mise ici. On arrive même, alors que de leur vivant le major Jesse Marcel et le fermier Brazel n'ont jamais parlé de corps… Marcel de son vivant n'a jamais parlé de corps, n'a jamais parlé d'engin extraterrestre, c'est un témoin de première main, on arrive, une fois qu'ils sont morts à trouver des témoins de seconde main qui vont dire que Marcel leur avait parlé des corps. Vous voyez ce que je veux dire ? Alors que pour Marcel, son fils est encore vivant et il a toujours affirmé que son père ne lui avait jamais parlé de corps extraterrestres. Il y a tout un pan de 1978 à aujourd'hui où on voit la construction progressive d'un mythe où on ajoute des détails, notamment cette phase des corps extraterrestres et de l'engin extraterrestre, mais quand on y regarde de près, ce qui est introduit l'a été par des menteurs et pourtant ça subsiste dans le mythe. C'est ça que je trouve incroyable et j'essaye d'expliquer dans le livre comment marche une falsification introspective et surtout le faux souvenir qui est complètement absent de la littérature ufologique pro extraterrestre dans cette affaire.
Jean-Michel Abrassart :
Oui évidemment maintenant Roswell est devenu une icône qu'on retrouve dans la culture, parce que tu parles de mythe au niveau de la manière dont le narratif s'est construit, aujourd’hui c'est même dans les films, dans la science fiction etc. Maintenant que tu t'es vraiment plongé sur le cas, quand tu regardes, je ne sais pas si tu es un fan de science fiction, mais si tu regardes des films, comment tu perçoit l'aspect un peu culturel de l'affaire Roswell qui apparaît dans tellement de films, de séries TV ou de romans de science fiction ?
Gilles Fernandez :
A mon niveau, personnellement, je dis : « C'est dommage que ce ne soit pas vrai ! » Ça c'est sûr, on aurait tous envie d'y croire, mais bon voilà, il faut se rendre à l'évidence. Alors comment je regarde ? Bien, j'essaye de faire la part des choses, c'est à dire, je regarde un film de science fiction et puis voilà, je ne vais pas couper la télé. Mais lorsque je regarde ça je suis toujours en train de penser, j'en discutais avec mon entourage pour voir justement qu'est-ce que ces personnes ont d'associé aujourd'hui alors que quand on connais la réalité, sans prétention, ma modestie mise à part, c'est assez fascinent de voir justement comment dans notre mémoire collective rentrent des choses qui finalement sont falsifiées, sont fausses, etc.
Et puis il y a tout une industrie derrière Roswell aussi dont je discute dans le livre, on a des témoins de la dernière minute ou des dernières années qui participent à la thèse extraterrestre, et en analysant un petit peu, ça n'est absolument pas mentionné en France, on s'aperçoit que cette personne c'est le directeur du musée de Roswell, donc ça amène à se poser des questions quand même.
Jean-Michel Abrassart :
(Rires)
Gilles Fernandez :
Oui c'est… Je ne l'ai jamais trouvé dans un livre de Gildas Bourdais, mais bon j'explique dans le livre que Gildas Bourdais reprend le livrede Tom Carrey et Schmitt et le cœur de ce livre c'est un affidavit, un affidavit c'est un papier que l'on écrit devant un notaire pour jurer que ce qui est contenu dedans est vrai, que l'on n'a pas touché d'argent etc. Et donc le cœur du nouveau livre c'est cet affidavit de Haut qui était l'attaché de presse de la base de Roswell et qui déclare avoir vu dans le hangar les corps etc. Mais on s’aperçoit que lui, pendant pas mal d'années, de 1979 à 1992 il dit que tout ça c'est des foutaises, qu'il n'y a jamais eu d'engin ou tout ça, mais en 1992, au moment où on lui propose de devenir le président du deuxième musée de Roswell, il change sa version. Bon, sans tomber dans l'attaque ad hominem etc., ça invite à se poser certaines questions. Et puis il y a plein de petites choses comme ça, je n'ai pas voulu trop insister là-dessus, je n'ai pas vraiment voulu me placer dans l'ad hominem, mais quand on s’aperçoit de certains enquêteurs qui font encore la Une aujourd'hui, on se rend compte qu'ils ont menti, qu'ils ont utilisé l'argument d'autorité, c'est à dire en se présentant avec des diplômes de criminologie etc., alors qu'ils n'avaient pas du tout ces diplômes-là.
Alors voilà, moi, encore une fois, je ne cherche à convaincre personne, j'ai présenté mon enquête, mon immersion là-dedans, et puis bon, c'est au lecteur d'en juger, mais je pense qu'il n'y a pas photo tout de même entre la thèse extraterrestre et la thèse prosaïque, et encore une fois avec l’ADN qu'est le ruban, il faut voir toutes les explications ad hoc, c'est à dire pour rester conforme à l'explication extraterrestre qu'on va chercher, c'est de moins en moins économique, des « et si » qui s’ajoutent à des « et si », mais bon, on a toujours rien, c'est ce que j'essaye de montrer dans l'ouvrage. Lorsque l'argumentaire de la thèse prosaïque est posé, l'argumentaire de la thèse extraterrestre consiste toujours à proposer du plus compliqué. Ce que j'essaye de montrer au lecteur c'est qu'il faut arrêter de faire des spéculations, à un moment donner il faut s'arrêter. Ce processus est bien connu, à chaque fois qu'on présente une évidence, je ne parle pas de preuve, comme la marque ADN, ce fameux ruban etc., on voit à l'oeuvre des : « Oui, mais euh, en fait Brazel avait déjà trouvé des ballons dans son champ », ce qui est vrai, « Donc il confond peut-être avec ceux-là, ou on l'a forcé à parler des ballons qu'il avait trouvé avant », des choses comme ça, tout plein de thèses conspirationnistes, mais ça non plus ça ne colle pas puisque les Proctor, ses voisins, se rappellent quand il vient leur expliquer qu'il a trouvé quelque chose et que ceux-ci lui apprennent l'existence de la prime de 3 000$ et les soucoupes volantes, qu'il mentionne dans les débris ce fameux ruban. Donc la thèse du cover up, qu'on lui aurait dicté etc., ne tient pas la route. Et puis cette thèse du cover up (étouffement) qui dit que Brazel aurait été forcé dans son interview à dire ce qu'il a dit, ce qui est assez marrant c'est que pour que cette thèse marche il faudrait qu'on explique au lecteur pourquoi à la fin de son interview il dit : « Ce que j'ai trouvé n'était pas un ballon météorologique », alors que ça va être la thèse de l'armée après. Ça veut dire qu'on lui aurait dicté tout le contraire de l'étouffement qu'on est en train d'asseoir, ça ne tient pas non plus. Il y a plein de petites anecdotes comme ça et je pense que ça invite le lecteur même peut-être pas forcément intéressé par l'ufologie à voir les dessous de l'affaire puis de se faire une raison.
Jean-Michel Abrassart :
Oui c'est vrai que c'est un bon exemple de comment les théories de la conspiration fonctionnent, à partir de toutes sortes de détail, il y a toutes sortes de…
Gilles Fernandez :
Tout à fait, j'en parle très souvent dans mon livre, la façon dont les choses évoluent, c'est à dire que cette affaire est un petit peu quelque part un dialogue entre des sceptiques et des personnes qui proposent l'hypothèse extraterrestre, mais il faut voir comment cet argumentaire évolue, on parlait du conspirationnisme, ça consiste finalement à chaque fois à réfuter un argument qui est présenté mais en présentant un argument ad hoc, c'est à dire pour avoir à tout pris l'explication à laquelle on tient. Quand il y a eu cette explication Mogul et le ruban à fleur, c'est une invention de l'armée aussi, c'est à dire que les témoins de première main qui participaient à la construction de ces cibles radars ou qui aidaient à les assembler et qui se rappellent très bien de ce ruban, eh bien ça fait parti de la conspiration aussi. Du tri sélectif de témoin quoi.
Jean-Michel Abrassart :
Juste pour préciser pour les auditeurs, il y a quand même des publications de l'armée, enfin c'était Roswell case closed où ils avançaient l'explication. En gros l'approche conspirationniste c'est de dire puisque les militaires endossent, supportent ou tiennent à cette explication, forcément ça ne peut pas être la bonne (rires).
Gilles Fernandez :
Voilà. Mais là où j'essaye d’alerter le lecteur également c'est que contrairement à ce qui est écrit ça n'est pas l'armée qui sort cette explication d'un chapeau, ce sont les enquêteurs privés. Un sénateur décide de s'intéresser à l'affaire et saisit le GAO, c'est un groupe d'audit de l'armée, et le GAO fait une injonction à l'US Air Force pour étudier le cas, mais l'US Air Force n'a rien demandé. L'US Air Force s'exécute, elle produit son propre rapport, et puis, qu'est-ce qui en ressort ? C'est Mogul, mais Mogul ça n'a pas été une invention de l'armée pour couvrir l'affaire, au départ cette thèse prosaïque vient d'ufologues dont un Carl Pflock qu'on ne peut pas accuser de conspirationnisme puisque lui croit en la réalité d'engins qui visitent notre terre, mais dans les livres, les forums ou dans les résumés de l'affaire qui sont présentés on fait comme si c'était l'armée qui avait inventé cette explication Mogul. Elle n'a rien inventé du tout, et puis ce n'est pas elle qui a dit : « Tiens, on va parler de l'affaire Roswell », non pas du tout. L'US Air Force, a été forcée d'enquêter là-dessus, et cette enquête, j'en parle un petit peu dans l'ouvrage, a révélé, de la part des enquêteurs en faveur de la thèse extraterrestre, des dissimulations de témoins qui étaient beaucoup trop prosaïques, qui ont étés approchés par ces enquêteurs, mais dans leur livre ils n'en ont pas parlé, et c'est, le terme est peut-être un petit peu fort, ce que je dénonce dans l'ouvrage, il y a tout un tas de témoins de première main, ce n'était pas des témoins de seconde main, ce n'était pas « le fils de » ou « quelqu'un qui m'a dit que », non c'était des gens qui étaient là dans le temps et l'espace de l'évènement. Ils ont été approchés par les enquêteurs mais ils sont absents des livres, en faveur de la thèse extraterrestre, ce qui est pour moi un signe qui ne trompe pas, je pense.
Jean-Michel Abrassart :
Je sais que tu viens de terminer l'ouvrage, que tu es en train de faire sa promotion, mais bon…
Gilles Fernandez :
Oh ma promotion… Tu fais ma promotion.
Jean-Michel Abrassart :
Quels sont un peu tes projets futurs maintenant que tu as travaillé énormément sur ce sujet-là, est-ce qu'il y a déjà d'autres sujets qui t'intéressent ?
Gilles Fernandez :
Oui il y a d'autres sujets qui m'intéressent, bon, il y a le fait que j'ai la chance et l'honneur, entre guillemets, de discuter avec Kevin Randle qui est un écrivain à succès sur l'affaire Roswell, mais lui de la première période. Il est un petit peu sceptique dans l'âme, mais bon, ce n'est pas facile. J'ai la chance de discuter avec lui d'autres choses sur Roswell qui ne sont pas dans le livre donc pourquoi pas faire quelque chose là-dessus, sous forme de document pdf ou autre. Si non il y a la vague d'airship de 1897 qui m'intéresse beaucoup
Aussi le projet qui me tiendrait le plus à cœur en ce moment c'est de réaliser un petit ouvrage à l'usage des ados ou des pré ados justement sur les grands mystères, soi-disant, donc les Crop Circles, le Triangle des Bermudes, des choses comme ça pour présenter de façon très pédagogique l'autre approche que l'on peut avoir, c'est à dire l’approche sceptique, l'approche prosaïque, c'est à dire commençons par envisager des explications ordinaires avant d'envisager des explications extraordinaires. Ce serait un projet que j'aimerai bien réaliser.
Jean-Michel Abrassart :
C'est une super idée, faut le faire !
Gilles Fernandez :
Je ne sais pas.
Jean-Michel Abrassart :
(Rires)
Gilles Fernandez :
On va me la prendre, faut couper ça !!
Jean-Michel Abrassart :
Peux-tu nous rappeler comment on peut faire pour se procurer ton livre ?
Gilles Fernandez :
Le livre est maintenant sur Amazon.fr, il est sur Chapitre.com, et si non l'éditeur est Books On Demand . Mais bon, tu parlais de promotion, déjà je remercie beaucoup de monde, je mets ça dans l'ouvrage, mais vraiment pour moi c'est un ouvrage « À la maison » comme je dis, je ne cherche pas plus que ça… Et pour avoir eu pas mal d’échos sur la littérature sceptique, je sais qu'on ne fait pas beaucoup de vente là-dessus, ça n'intéresse pas beaucoup les gens je pense.
Jean-Michel Abrassart :
Oui mais on va changer ça (rires).
Gilles Fernandez :
Je ne sais pas, ça va être difficile. Mais bon, j'ai appris des chiffres de vente, encore une fois ça n'est pas pour parler finance, mais quand on voit les tirages des ouvrages de Gildas Bourdais par exemple, ou la traduction d'ouvrages sur les soucoupes volantes… Le peu d'effet sceptique, on a donc La rumeur de Roswell de Lagrange, on a la traductionde l'ouvrage de Pflock… On a presque envie d'abandonner, je ne comprend pas bien… Enfin si je comprend très bien.
Jean-Michel Abrassart :
Oui je sais, j'ai fait une interview de Marc Hallet récemment, donc lui il a passé sa carrière à publier des plaquettes à compte d'auteur avec des tirages dérisoires…
Gilles Fernandez :
Oui, et justement cette chance que j'ai aujourd'hui c'est que cet éditeur Books On Demand n'est pas à compte d'auteur, c'est à dire que vous leur envoyez, pour un coût vraiment très modique, votre sujet et comme le dit le nom le livre est imprimé à la demande, il n'y a rien à avancer, et c'est vrai que des personnes comme Marc Hallet dont j'ai lu justement ses fameuses plaquettes etc., peut-être qu'il pourrait essayer, et puis plein d'autres, je pense à tout ceux que je côtoie sur le forum Sceptiques-Ovnis, il y a beaucoup de choses à faire, je crois qu'il ne faut pas hésiter, je me suis souvent exprimé là-dessus en privé, c'est vraiment une chance je pense pour les enfants etc. d'avoir cette approche-là, d'envisager les choses ordinaires avant d'envisager les choses extraordinaires parce que je pense que c'est très important pour l'enfant et puis pour l'adulte aussi.
Jean-Michel Abrassart :
Encore merci d'être venu nous parler de l'affaire Roswell.
Gilles Fernandez :
C'est moi qui te remercie.
Jean-Michel Abrassart :
Au revoir.
Gilles Fernandez :
Au revoir Jean-Michel.
Source : distribution, Rue de la Santé, Paris 75014, 17 juillet 2014
Une opération d'une ampleur inédite menée par la police britannique a permis l'arrestation de 660 pédophiles présumés au Royaume-Uni après une enquête longue de six mois.
C'est un coup de filet d'une ampleur inédite. La police britannique a arrêté 660 personnes soupçonnées de pédophilie dans le cadre d'une opération de six mois sans précédent. Parmi eux figurent des médecins, des enseignants, des travailleurs sociaux ou encore d'anciens policiers.
Cette opération "avait pour objectif de cibler les personnes consultant des images indécentes d'enfants sur internet" mais a également débouché sur des inculpations pour agressions sexuelles, selon l'Agence nationale contre le crime (NCA), l'équivalent britannique du FBI.
Protéger plus de 400 enfants
L'opération menée par la NCA en coordination avec 45 équipes de police dans tout le Royaume-Uni, a permis de "protéger plus de 400 enfants", indique encore l'Agence dans son communiqué. Dans la plupart des cas cependant, les interpellations n'ont pas encore donné lieu à des inculpations, en raison de la poursuite des investigations.
Parmi les personnes arrêtées figurent "des médecins, des enseignants, des responsables scouts, des travailleurs sociaux et d'anciens agents de police", précise la NCA, ajoutant que "39 étaient déjà connues des services de police".
Au total, les enquêteurs ont perquisitionné 833 adresses et examiné 9.172 ordinateurs, téléphones et disques durs.
Une série d'affaires pédophiles
"Certaines personnes commencent par consulter des images indécentes d'enfants en ligne puis les agressent sexuellement (...) Le but de cette enquête était aussi de cibler des agresseurs sexuels potentiels", a expliqué Phil Gormley, directeur adjoint de la NCA.
Ces derniers mois, une série d'affaires de pédophilie impliquant des célébrités du show business ont éclaté au Royaume-Uni, dans la foulée du scandale Jimmy Savile, ancien animateur de la BBC, aujourd'hui décédé, soupçonné d'avoir commis des centaines d'agressions sexuelles.
Alors que des soupçons ont émergé récemment concernant des députés et hauts responsables politiques des années 1980-1990, la NCA a précisé qu'aucune des 660 personnes arrêtées n'était un membre ou ancien membre du Parlement ou membre du gouvernement.
Source : RTL avec AFP, 16 juillet 2014,
http://www.rtl.fr/actu/international/plus-de-600-pedophiles-presumes-arretes-en-grande-bretagne-7773254739

À Lire également :
On ne parle pas assez
de la médecine des hauts plateaux. Elle a ses secrets, ses posologies,
ses bouillons, ses plantes qui poussent au pied
des nids des rapaces et
ses décoctions. Elle serait souveraine pour les rhumatismes et les quintes de toux. C'est ce qu'a dit en substance le président bolivien, Evo Morales, né dans une région reculée
de la cordillère des Andes, lors de l'inauguration d'équipements médicaux dernier cri dans le centre du pays. Evo Morales ajoutant également qu'il avait gardé l'habitude, non sans une certaine angoisse,
de se soigner en buvant sa propre urine: «Quand un médecin me disait "prenez de l'urine, c'est bon", je me soignais en buvant de l'urine. C'était ma médecine.» Au cours de la cérémonie, le président Morales a toutefois précisé que les médecins boliviens devaient «combiner» médecines ancestrale et moderne.
Source : Libération, 15 juillet 2014
L’église Mormonne va tester une nouvelle façon de répandre la bonne parole.
Comment ? En utilisant des iPad Mini. En effet l’église de Jésus-Christ des saints des derniers jours va distribuer 32 000 iPad Mini à ses missionnaires.
Le but est bien entendu de prêcher la bonne parole. Les missionnaires pourront ainsi écumer les réseaux sociaux pour inciter les jeunes à adopter leur religion. Mais ils pourront également se servir de la tablette dans la vie réelle, afin de montrer des choses aux brebis égarées. Les iPad Mini seront ainsi livrés avec des applications spéciales pour aider les missionnaires et avec des livres, comme la Bible (logique).
Notons que l’église Mormonne ne va pas distribuer gratuitement ces iPad. En effet, les missionnaires ayant les moyens devront verser quelques piécettes pour acquérir l’objet. Les plus modestes auront la tablette gratuitement.
La distribution débutera en 2015.
Pierre
Source : Journal du Geek, 9 juillet 2014,
http://www.journaldugeek.com/2014/07/09/le-proselytisme-cest-mieux-avec-un-ipad/
Au Burundi, le parlement vient d’adopter un projet loi contre la prolifération des églises, un phénomène de plus en courant qui entraîne bien souvent des conflits dans la société.
Ce projet de loi, adopté à l’unanimité, vient à point nommé tirer la sonnette d’alarme sur un phénomène apparent dans de nombreux pays africains. Il s’agit de la multiplication des confessions religieuses, notamment des églises évangéliques. Ainsi au Burundi, on estime que le nombre des églises est passé de 45 à environ 600, en l’espace de vingt ans. Une prolifération qui, loin d’être réglementée, est souvent l’œuvre d’individus lambda.
Les confessions religieuses sont souvent créées dans des objectifs précis, et usent de tous les moyens pour drainer le maximum de fidèles.
S’en suivent généralement des conséquences plutôt néfastes pour la société tels que, abandons scolaires, pollution sonore, refus de recourir aux professionnels de la santé, au nom de la croyance en la guérison par la prière.
Pour les parlementaires burundais, ce phénomène a pris de l’ampleur, en raison de son aspect commercial. En effet, les responsables des nouvelles confessions cherchent souvent à créer des alliances avec des confessions étrangères, et ce dans un but lucratif.
Les autorités gouvernementales ont voulu ainsi mettre en place un cadre légal à même de réduire cette prolifération. « Il s’agit de réglementer la façon dont ces confessions religieuses exercent leurs activités pour le respect de la quiétude des citoyens », a déclaré Edouard Nduwimana, ministre burundais de l’Intérieur.

Avec ce nouveau projet de loi, la création de toute confession religieuse sera dorénavant suivie de près par les autorités. A titre d’exemple, une nouvelle confession devra être initiée par 500 fondateurs au moins, avant d’être reconnue par l’Etat. Si elle est d’origine étrangère, 1000 fondateurs sont nécessaires pour sa reconnaissance.
Source : Afrique 7, 11 juillet 2014,
http://www.afrique7.com/showcase/9811-burundi-une-loi-contre-la-proliferation-des-eglises.html
Deux femmes d'obédience évangélique ont été placées en garde à vue ce jeudi 10 juillet au commissariat de Honfleur après une pétition des commerçants et une plainte pour violences.
La police de Honfleur a interpellé jeudi 10 juillet deux femmes qui prêchent la bonne parole avec peut-être un peu trop de véhémence autour du Vieux Bassin, depuis une dizaine de jours, sur l'heure du midi.
Une cinquantaine de commerçants ont même signé une pétition, adressée au préfet, coordonnée à deux plaintes déposées au commissariat pour violences en réunion. Il leur est reproché d'avoir harangué les touristes et par leur prêche troublé la quiétude de ce cœur touristique.
Elles ont été laissées libres à l'issue de leur garde à vue, en attendant une éventuelle décision du parquet de Lisieux.
Source : Paris Normandie, 12 juillet 2014,
http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/993453/deux-precheuses-interpellees-sur-le-port-de-honfleur

Sur le même sujet :

Les médiums tirent les cartes

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CIPPAD

le 23-7-2014 à 16:06 GMT
Le 26e Salon de la voyance se tient au Palais des congrès jusqu'à lundi.

Derrière la vitre du Palais des Congrès d’Arcachon, des affiches blanches et bleues invitent les promeneurs à ouvrir leur esprit et découvrir le « 26e Salon de la voyance», qui se tient jusqu'au 14 juillet (1).

Quelques pas à l'intérieur et voilà que deux grands yeux vous fixent, comme pour lire à l'intérieur de vous. Sur une table, des dizaines de bouquins, consacrés à l'astrologie, au tarot, aux runes divinatoires, partagent la vedette avec pendules et boules de cristal. Le ton est donné.

Des réponses à trouver

Car ceux qui viennent ici cherchent des réponses, sur leur avenir mais pas seulement. « Qu'il s'agisse de curieux ou d'habitués, les questionnements portent autour des mêmes thèmes : les sentiments, le travail, la santé, les décisions importantes à prendre », explique Martine A., l'une des organisatrices de l'événement. Avec trois autres médiums elle propose, de 10h30 à 18h30, des consultations sur place sans réservation.

C'est sa mère, Bernadette A., médium sur Bordeaux depuis une quarantaine d'années, qui avait en 1988 inauguré la première édition du salon de la voyance à Arcachon. Martine assure avoir hérité de ce don. « Par flashs on ressent des évènements, des choses qui vont concerner la personne que l'on a en face »,  explique-t-elle.

Pour approfondir ses prédictions elle s'appuie sur la puissance des chiffres « qui permettent facilement de remonte dans le passé de la personne ». Se faire
tirer les cartes ne serait donc pas le seul moyen de connaître son futur. Margarita, une voyante résidant au Venezuela lorsqu'elle n'est pas sur les plateaux de TF1, utilise de son côté la fumée de cigare. «Je peux si un tel est un escroc, ou si un autre est malade », affirme-t-elle.

Et lorsqu'on évoque le charlatanisme, terme régulièrement employé pour qualifier ceux qui se réclament de la médiumnité, la réponse est claire : « Il y a plein de gens qui se disent médiums mais qui souvent n'ont aucune prédisposition à la voyance. Vous le voyez de suite à la façon dont est réalisée la consultation », explique Martine.

Difficile néanmoins pour le quidam de se faire un avis sur les compétences du voyant qu'il vient voir. Cela n'empêche pas de nombreuses personnes de dépenser une quarantaine d'euros pour connaître ce qui va leur arriver, à eux ou à leurs proches.

Des clients de 18 à 84 ans

« Il y a des personnes âgées qui viennent me voir mais aussi des jeunes de 18 ans qui veulent savoir s’ils auront leur bac », raconte Magdalena, une autre voyante du salon.

Hubert, ancien ingénieur à la retraite, vient pour la première fois. « Pour se faire un avis », explique-t-il. Ses interrogations? La santé, la vie de tous les jours. Que des choses qu'il « pourra vérifier par la suite », glisse-t-il avec malice.

S’il est satisfait il pourra toujours revenir au mois d'août pour un prochain salon.

(1) Le Salon de la voyance est ouvert jusqu'au 14 juillet de 10 h 30 à 18 h 30ai
Palais des Congrès d'Arcachon. Les consultations sont payantes.

ADRIEN MORCUENDE, arcachon@sudouest.fr

Source : Sud Ouest, 10 juillet 2014

En pédalant et en marchant dans la forêt durant mes vacances, je me suis souvenu du très original roman graphique Neurocomic publié en avril dernier. Et surtout, de la riche analogie qu’on y faisait entre arbres et neurones, branches et dendrites, racines et axones. Voir la forêt qui s’étend sur les montagnes escarpées de la Gaspésie comme une forêt de neurones s’étalant le long de nos circonvolutions corticales donnaient ainsi l’impression de faire un voyage fantastique dans le corps humain…

Bref, un exemple de plus, s’il en fallait encore, pour montrer à quel point l’analogie est au cœur de notre pensée. Et au cœur de plusieurs « infographics », comme on appelle en anglais ces mises en images de données pour les rendre plus facilement assimilables. C’est le cas des chiffres souvent astronomiques reliés au cerveau qui sont ramenés dans le troisième lien ci-bas à l’échelle de notre planète Terre. Toutes les analogies n’y sont pas également révélatrices, mais celle qui rappelle que le nombre de neurones dans ce cerveau-Terre serait 11 fois la population actuelle d’êtres humains sur notre planète fait partie de celle qui le sont. Comme aussi la taille d’une vésicule de neurotransmetteurs dans un neurone qui serait comparable à celle d’une voiture et la taille desdits neurotransmetteurs à celle d’une cannette de boisson gazeuse !

Finalement, un article publié en octobre dernier dans la revue Scientific American dresse un tableau fascinant des recherches qui montrent à quel point notre cerveau a besoin de repos et de… vacances dans la nature ! Rien ne semble moins productif et créatif en effet que les longues heures passées devant un ordinateur sans se lever afin « d’abattre le plus de boulot possible ». Une simple sieste de 10 ou 20 minutes, en particulier en début ou milieu d’après-midi quand notre cerveau la réclame, augmente par la suite notre capacité de concentration et d’attention. Même chose pour une simple marche en nature dont les effets bénéfiques sur la mémoire ou la créativité ont été démontrés. En fait, tout ce qui permet à notre réseau du mode par défaut de reprendre un peu le dessus sur nos autres réseaux attentionnels constamment sollicités par le travail et l’activité grouillante des grandes villes semblent équilibrer l’activité cérébrale souvent trop poussée dans les mêmes sillons de notre système économique obnubilé par la productivité et la croissance.

Pas étonnant alors qu’on se sente si bien au retour des vacances, mais qu’on perd très vite cet état bienfaisant (en une semaine ou deux, selon une étude) si l’on se remet à travailler huit heures par jour sans interruption sauf pour le lunch (où l’on regarde souvent Facebook ou ses courriels…). Profitons donc de la pause estivale pour essayer de changer un peu nos habitudes de travail en fonction de ce que les neurosciences nous apprennent sur la véritable façon d’optimiser nos facultés mentales… (et je parle pour moi aussi ici !)

i_lien Neurocomic
i_lien NEUROCOMIC: A GRAPHIC NOVEL ABOUT HOW THE BRAIN WORKS
d_lien Imagine the human brain was the size of the earth
i_lien Why Your Brain Needs More Downtime

Ils ont découvert ensemble la méditation en pleine conscience, lors d'un stage en Ardèche. Deux ans plus tard, si certains ne pratiquent plus, d'autres poursuivent, à leur façon. Retour d'expériences.
Août 2012. Le temps d'un stage, une vingtaine de citadins à bout de nerfs se retirent du monde dans de petits bungalows en bois, sous les pins de l’Ardèche méridionale. Ils découvrent la « pleine conscience », cette version laïque de la méditation bouddhiste, sous la conduite d'une enseignante formée dans le saint des saints, la clinique de Jon Kabat-Zinn aux Etats-Unis (voir l'article page 30). Pendant cinq jours, au domaine du Taillé, les novices se lèvent avec le soleil, marchent pieds nus sur l'herbe et dégustent lentement chacun des grains de leur grappe de raisin. Tous jurent de ne plus se laisser happer par les cadences infernales de la vie moderne. Puis chacun reprend sa voiture, ou bien le train, pour rejoindre la civilisation.
Eté 2014. L'Express a retrouvé plusieurs de ces participants, dont Stella (1), une Parisienne de 36 ans. « Je cours toujours autant », avoue-t-elle sans détour. Cette ingénieur spécialisée en mathématiques financières, salariée d'une grande banque, s'était inscrite au stage parce que, revenue trop vite, trop tôt, de son congé maternité, elle avait le sentiment de « passer à côté des choses »
Les contraintes d'agenda, l'impératif d'être à la hauteur, les ruminations sur des chagrins d'enfance ravivés par la naissance de sa fille... Tout se cumulait pour l'empêcher de profiter de l'instant présent. Et maintenant ? « Je n'échappe pas au stress, mais je connais des techniques pour l'évacuer, se satisfait-elle. La pleine conscience, je l'ai encore utilisée au plus fort de la dernière grève à la SNCF.»
Dans son train de banlieue pris d'assaut, elle s'est retrouvée une nouvelle fois accrochée à la barre poisseuse de la rame, pressurée par ses voisins. Alors elle s'est concentrée sur ses sensations. Elle a écouté le crissement strident des roues sur les rails avec la curiosité des premières fois. Ensuite, elle s'est focalisée sur le toucher, s'imprégnant du froid du métal sous ses doigts, puis, par contraste, de la moiteur ambiante. « J'ai oublié le côté désagréable de la situation et le temps est passé plus vite », se félicite-t-elle. 
.../ ..
Marie, autre convertie du domaine du Taillé, médite en fonction du moment et des circonstances. « Au début, je m'installais une fois par jour dans la position du lotus, à la maison, mais ça n'a duré que quelques mois, se souvient cette femme de 50 ans à l'énergie communicative. Pendant un moment, j'ai culpabilisé de ne pas pratiquer plus et, maintenant, j'y recours quand j'en ressens le besoin, un point c'est tout. » Psychologue de formation, elle dirige une structure d'information sur la santé tout juste installée dans ses nouveaux locaux parisiens. En ce mois de juin, la matinée est plus chargée encore que d'ordinaire. La directrice doit viser le rapport annuel, signer le « bon à tirer » des brochures à envoyer à l'imprimerie, avant de se précipiter à la gare pour un rendez-vous à Lyon. « J'ai un problème avec le train j'ai toujours peur de le ra- ter, confesse-t-elle. Je commence à stresser plusieurs heures avant le départ.
.../ ..
(1) Tous les prénoms ont été changés.

Source : extraits de l’article dEstelle Saget
 S'initier, et après ?, publié dans le dossier Les vrais pouvoirs de la méditation par  L’Express, le 16 juillet 2014.
Note du CIPPAD : Le domaine de Chaillé est un site connu pour son importante offre d'activités en lien avec le mouvement New Age, depuis le décodage biologique, les constellations familiales, en passant par le néo-tantrisme, le néo-chamanisme ou le reiki, et donc aussi par la méditation de Pleine conscience. Ce qui est cohérent avec les liens entretenus par M. Kabat-Zinn et le centre ésotérique New Age de portée internationale, Esalen.

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par Philippe Boulanger - SPS n° 308, avril 2014 Révisons la litanie. Nous avons peur des Chinois dont la concurrence de la main d'œuvre est redoutable, des Allemands qui sont plus organisés et prétendument meilleurs techniciens, des Anglais supérieurs en finance, des riches Américains qui investissent plus, etc. L'étranger est objet de notre inquiétude. Parallèlement, nous craignons l'exploration par fracturation des schistes, les dangers éventuels des OGM, les nanoparticules, le nucléaire, le (...) Du côté de la science

Nicolas Gauvrit et moi-même avons écrit un article intitulé "La méthode Vidal" pour le numéro 309 de la revue Science et pseudo-sciences, qui recense et critique les principaux arguments utilisés par Catherine Vidalpour balayer les différences cognitives et cérébrales entre les sexes. Je ne peux que vous inviter à lire ce numéro de SPS, qui contient tout un dossier spécial sur le thème "Masculin/féminin", pour lequel Nicolas, Peggy Sastre et moi-même ont contribué plusieurs articles.

Parce que le message nous semble important, nous avons également diffusé l'article "La méthode Vidal" en avant-première sur le blog de Nicolas Gauvrit.  La version finale telle que publiée est également disponible.

Comme cet article génère beaucoup de commentaires et d'interrogations, nous avons de plus accordé une interview à Peggy Sastre, qu'elle a diffusée sur Le Plus du Nouvel Obs. Ci-dessous je colle l'intégralité de cet entretien, afin que notre approche et nos motivations soient parfaitement clairs. J'y ajouterai également quelques nouvelles questions qui ont surgi, auxquelles il me paraît important de répondre.

Pourquoi avoir écrit un article aussi critique à l’égard de Catherine Vidal ? Vous lui en voulez personnellement ?

Pas du tout ! La personne n’est pas en cause. D’ailleurs notre article ne contient aucune attaque personnelle, nous nous focalisons sur le contenu de ce qu’elle dit et écrit, sur le sujet spécifique des différences entre les sexes. Nous ne faisons d’ailleurs pas une fixation sur elle : avant même cet article, nous avions déjà publié une critique du dossier du Nouvel Observateursur le même sujet.

Son discours est donc si discutable ?

Oui. Tout chercheur qui connait bien la littérature scientifique sur les différences entre les sexes ne peut que constater qu’elle en présente une vision extrêmement parcellaire et déformée. Et le pire, c’est que cela n’est même pas utile pour atteindre son objectif militant, qui est de réduire les inégalités entre les sexes et les injustices faites aux femmes. Objectif que nous partageons évidemment, mais nous considérons qu’on ne peut pas faire avancer durablement une cause, aussi louable et importante soit-elle, en diffusant des contre-vérités. Ce genre de « mensonge pieux » finit toujours par être découvert et par se retourner contre ses auteurs, nuisant ainsi à leur cause.

Neurobiologiste à l’Institut Pasteur, n’est-elle pas suffisamment compétente pour parler du cerveau?

Il ne suffit pas d’être neurobiologiste pour pouvoir parler de manière compétente de tous les sujets concernant le cerveau ! Pour ce que nous en savons, Catherine Vidal est spécialiste de l’impact des maladies infectieuses sur le cerveau. Elle n’est pas chercheuse en neurosciences cognitives ou en psychologie. A notre connaissance, elle n’a jamais publié la moindre recherche sur les différences entre les sexes dans les revues scientifiques internationales. Dans ses livres, dans ses conférences et dans les médias, elle s’exprime donc sur un sujet qui n’est pas son domaine d’expertise. Cela ne suffit évidemment pas pour dire qu’elle est incompétente sur le sujet (nous ne le disons d’ailleurs pas).

En l’occurrence, nous ne sommes pas non plus des experts reconnus au niveau international sur ce sujet. Mais tout chercheur compétent en psychologie ou en neurosciences devrait être capable de lire les articles scientifiques de ce domaine et d’en faire une synthèse, s’il y consacre suffisamment de temps et d’efforts. C’est ce que nous estimons avoir fait. FR enseigne depuis plusieurs années un cours de master 2 sur le sujet, qui l’a amené à passer très soigneusement en revue tout ce pan de la littérature scientifique. C’est en faisant cet exercice que nous avons constaté le décalage important entre l’état des connaissances scientifiques et la vision qu’en propage Catherine Vidal. Nous avons également constaté qu’elle utilisait des arguments erronés dans des domaines connexes sur lesquels nous possédons aussi une expertise, comme l’intelligence ou la plasticité cérébrale.

Tout de même, de là à écrire tout un article pour démonter un par un tous ses arguments, n’est-ce-pas un peu exagéré ? Que vous a-t-elle fait ?

Il est vrai qu’il est rare qu’un chercheur prenne la plume pour dénoncer publiquement le discours d’un autre chercheur (en dehors des revues scientifiques, où le débat est normal), et cela peut paraître un peu agressif. Pour que cela se produise, il faut qu’un certain nombre de facteurs soient réunis et de bornes dépassées. En l’espèce, nous considérons que c’est largement le cas. Cela fait maintenant dix ans que le discours de Catherine Vidal s’étale dans un nombre considérable de livres, conférences et médias. De plus, à force d’inonder tous les médias, elle est maintenant prise au sérieux dans tous les comités d’éthique, les groupes de réflexion sur l’égalité entre les sexes, etc. Elle a réussi le tour de force de s’imposer auprès du public et des décideurs comme l’experte nationale sur les différences entre les sexes, alors même qu’elle n’a jamais produit la moindre recherche scientifique dans ce domaine !

Il faut bien comprendre que pour un scientifique, la valeur suprême est la vérité. C’est la motivation de tout notre travail quotidien, c’est ce vers quoi nous tendons, nous ne l’atteignons jamais mais nos travaux nous permettent de nous en rapprocher toujours plus. Il est extrêmement désagréable pour un scientifique de voir un sujet qu’il connaît bien totalement déformé dans les médias et les discours publics. A la longue cela finit par produire en nous une dissonance insupportable. Cela nous interroge aussi sur notre responsabilité de chercheur : si nous, ayant une expertise sur un sujet scientifique, ne faisons pas l’effort d’intervenir dans le débat public pour diffuser la connaissance, et éventuellement corriger des représentations erronées des données scientifiques, qui le fera ? C’est simplement pour cela que, l’un et l’autre, nous nous adressons régulièrement au grand public et aux décideurs sur les sujets sur lesquels nous avons une expertise et que nous jugeons mal traités dans les médias ou dans la société (développement de l’enfant, troubles cognitifs, éducation…[1]). Le discours de Catherine Vidal sur la différence entre les sexes n’est qu’un cas parmi d’autres, mais c’est un cas qui nous perturbe depuis longtemps et sur lequel il était plus que temps d’intervenir.

Vous avez choisi de critiquer point par point sa conférence à TEDx Paris. N’est-ce pas déloyal d’opposer des études scientifiques à une conférence grand public, qui par nature est un exercice de vulgarisation difficile, en temps très limité, dans lequel on ne peut faire passer qu’un message très simplifié ?

Il est tout à fait juste que dans une conférence TED on ne peut faire passer qu’une quantité d’information limitée, on peut difficilement déployer des argumentaires complexes, montrer des données en détail, et justifier précisément tout ce que l’on affirme. FR en a récemment fait l’expérience lors de l’enregistrement d’une conférence TED précisément sur le même sujet[2]. Néanmoins, le format court et grand public n’oblige aucunement à dire des choses fausses et à faire des raisonnements qui ne se tiennent pas. Il faut raccourcir et simplifier, certes, mais sans déformer ni dénaturer.

Par ailleurs, les lecteurs de Catherine Vidal pourront constater que les mêmes arguments se retrouvent à l’identique dans ses nombreuses publications écrites, par exemple son livre « Cerveau, sexe et pouvoir », ou encore différents articles que l’on peut consulter en ligne, par exemple celui que l’on trouve sur le site de l’Education Nationale (!), celui paru dans la revue « L’orientation scolaire et professionnelle » ou encore celui publié dans la revue Diogène. Dans ces textes, Catherine Vidal n’a pas l’excuse de devoir se plier à un format court et grand public. A la lecture de ces textes, il nous semble que sa conférence à TEDx Paris reflète bien le contenu général de son discours.


[1] http://www.scilogs.fr/raisonetpsychologie/, http://franck-ramus.blogspot.fr/, http://www.lscp.net/persons/ramus/fr/mediafr.html, http://www.lscp.net/persons/ramus/fr/confs.html.
[2] Un lien sera donné ici lorsque la vidéo sera disponible en ligne.

LOURDES LE DISNEYLNAD DE LA VIERGE

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CIPPAD

le 23-7-2014 à 09:59 GMT
Entre Cour des miracles et parc d'attractions du culte marial, Lourdes doit son essor touristique à l'hallucination d’une femme, Bernadette Soubirous.
Depuis que la jeune bergère a vu la mère de Dieu dans la grotte, Lourdes en a fait, du chemin. Bernadette Soubirous, née en 1844 et décédée en 1879, a témoigné de dix-huit apparitions mariales dans la grotte de Lourdes entre le 11 février et le 16 juillet 1858. La jeune femme aurait creusé le sol de ses blanches mains pour en faire jaillir une source, eau qui ruisselle encore aujourd'hui des parois de la grotte et que l'on dit miraculeuse et guérisseuse. Si les grottes, depuis l'Antiquité, ont toujours été un lieu de dévotion et de mysticisme, notamment celui qui vénérait les entités féminines, saintes patronnes de la fertilité et des femmes en souffrance, l'Église catholique a vu l'occasion d'authentifier les apparitions de la petite Bernadette et de la canoniser. Aujourd'hui, des centaines de milliers de pèlerins se rendent chaque année à Lourdes, petite ville des Hautes-Pyrénées, devenue haut lieu de la chrétienté. Pourtant, si les Lourdais se plaisent à comparer leur ville à Jérusalem, leur ville ressemble plus à un Disneyland de la Vierge qu'à une cité sainte chargée d'histoire.
Après Pau, dernière gare « laïque » avant les sur le TGV Paris-Tarbes, l’ambiance dans le wagon change complètement. Le son d'une guitare retentit et un groupe de jeunes entonne Let it be, des Beatles, et le vieux Et moi, je suis tombé en esclavage, de Pierre Bachelet. Ce sont de jeunes scouts qui se rendent à Lourdes pour « servir ». Ce sont eux que l'on croisera plus tard, tirant les fameux pousse-pousse bleus de Lourdes pour transporter les malades de leurs dortoirs au sanctuaire. Dans le wagon, ce sont d'ailleurs à peu près les seuls jeunes. Plus Loin, on entend une toux fatiguée, puis une vieille dame se racle la gorge. Lourdes, c'est surtout une destination de personnes souffrantes. Un couple d'Indiens à l'apparence fortunée se prépare aussi à descendre du train. L'épouse, au sari richement décoré et croix en or, semble sermonner ses deux enfants sur la bonne conduite à tenir pendant le pèlerinage. Ce sont des vacances, certes, mais des vacances qui ont quelque chose de solennel. On ne vient pas à Lourdes pour le plaisir épicurien, on y vient soit pour La communion, soit pour la guérison.
LE PÈLERINAGE COMMENCE DANS LE TRAIN
Dès la descente du train, on est frappé par l'agitation de la ville. Une colonne de treize fauteuils roulants — à Lourdes, comment n'y voir aucune superstition? —, poussés par des bénévoles, se dirige vers le sanctuaire. Ici, tout le monde rêve au scénario miraculeux de l'impotent qui se relève, béat, devant la grotte miraculeuse bénie par l'eau de Lourdes, saint breuvage de la Vierge bienfaitrice. Il est vrai que le sanctuaire, lieu de calme, est propice au recueillement. Des fidèles agenouillés devant la grotte se mêlent à des handicapés en chaise, les prières durent des heures, sans que nous puissions être témoins d'aucun miracle. Pourtant, en ce grand parc d'attractions consacré au culte marial, tout, absolument tout, invite à faire partie du simulacre.
Comment ne pas être endoctriné à Lourdes, où même les plus sceptiques des athées pourraient se surprendre à se laisser aller à quelque manifestation de mysticisme? Dans une ruelle pavée non loin du centre-ville, trois jeunes franciscains en soutane barrent l'horizon. Un Romain, un Libanais et un Mexicain sont là pour interpeller les passants et leur parler de l'œuvre de saint Maximilien Kolbe. Le prêtre polonais, mort le 14 août 1941 au camp de concentration d'Auschwitz à la place d'un père de famille, a été canonisé par Jean-Paul II en 1982. Il est le fondateur de la Mission de l'Immaculée, qui siège aujourd'hui à Lourdes. Dans un local ultramoderne, un intérieur design improbable en cette ville, une petite exposition est consacrée au saint homme. Le jeune frère roumain, un bel ange blond aux yeux bleus, explique, débordant d'amour et de générosité, l'œuvre sacrificielle du saint. En fin de visite, le pèlerin est convié à une petite pièce aménagée en chapelle, où trône une relique de Kolbe, quelques poils de barbe gardés dans une croix dorée. Le franciscain s'agenouille, fait un signe de croix, puis invite le visiteur à se recueillir. Comment refuser ? Faisons un vœu, on ne sait jamais.
PAS MANGER, PAS PRIÈRE
Lourdes est aussi un lieu cosmopolite. Dès L'arrivée, on y est frappé par la grande diversité ethnique et linguistique. Une diversité toute chrétienne toutefois. Parmi les passantes, qui arborent plus ou moins discrètement des croix en or à leur cou, ni étoile de David, ni main de Fatima, ni sourate coranique. Les seuls voiles que l'on voit ici sont ceux des religieuses, innombrables en ce royaume de Marie.
Saint Firmin, saint Roch,
saint Julien, Jean-Baptiste, Geneviève... Peu d'enseignes affichent des noms laïques ici.
Ça et là, quelques commerces mettent en avant la culture pyrénéenne, les spécialités basques ou le nationalisme régional. Le terroir, au caractère pourtant fort réputé, est peu vendeur à Lourdes. Les guides au micro des cars qui déversent les pèlerins ne les ont que peu briefés sur le potentiel touristique de la région. C'est avant tout pour l'eau miraculeuse que l'on vient ici, et l'on en repartira les sacs remplis de colifichets. Selon son forfait bagages, on prendra le gros bidon d'eau de Lourdes que l'on remplira près de la grotte, ou encore les petits flacons décorés de vierges de pacotille argentées. Il y a aussi les vierges phosphorescentes, les cierges Bernadette Soubirous, les médaillons de la Vierge miraculeuse, ou encore les mugs Lourdes. Les plus coquettes opteront pour un éventail, emblème de l'élégance
basque. Parmi les objets
phares du shopping à Lourdes, parfaite illustration du gadget cucul catho, les sets de table de prières animalières : la prière du cheval, de la marmotte, de l'âne ou du chien... Il y en a pour tous les membres de la famille.
Lourdes a
 aussi ses Roms. 
Sont-ils là par
piété ? Probablement. Mais la
 manne caritative
 d'un endroit où l'on 
vient en masse 
expier ses péchés et 
implorer la miséricorde
 divine est trop alléchante 
pour les mendiants de carrière. Ici, au classique «pas
 manger, pas travail, pas maison », la pauvresse rom ajoutera un chapelet entre des mains tremblotantes à sa pose agenouillée et sa tête baissée sous foulard cache-misère. Une posture quasi virginale qui ne manquera pas d'émouvoir des pèlerins peu habitués à la croiser dans les couloirs de métro, le rosaire en moins. Les Roms ont même leur point de rendez-vous à Lourdes, sur un petit banc public au bord du Gave de Pau, non loin du sanctuaire. C'est ici, en face de cafés touristiques aux terrasses sans doute désertées à cause de leur présence, que les Roms se rassemblent au couché du soleil, vraisemblablement pour faire le bilan de leur journée de « travail ».

En ce lieu de pèlerinage, où il fait bon flâner pour observer le grand théâtre humain de la foi, il n'est pas difficile de repérer les mœurs de cette communauté impénétrable, souvent hermétique au contact avec les étrangers, et notamment les médias. Sur le pont qui mène au sanctuaire, derrière un kiosque recouvert d'affiches d'offices religieux en tout genre, trois garnements roms s'amusent en montrant leurs postérieurs aux photographes. Ils mériteraient probablement une fessée, mais comment ne pas méditer, en ce lieu propice au mysticisme, sur cette insolence candide, pied de nez enfantin à une sainteté surfaite. Ces enfants misérables, qui ont des détritus, bouteilles en plastique ou autres débris ramassés au fond d'une poubelle, en guise de jouets, et qui évoluent entre Marie et Bernadette pendant que leur mère quémande quelques pièces, sont peut-être simplement à l'image des autres habitants de Lourdes. La religion, ils la vomissent.
UN REPOUSSE-FOI
À quelques mètres d'une porte latérale du sanctuaire, une terrasse de café qui voit défiler le monde entier du matin au soir. On ne peut rêver mieux achalandé comme commerce, un vrai cadeau de la Vierge. À la question « êtes- vous croyant? », le serveur jovial à l'accent chantant sourit, l'air coquin, et répond : « Pas particulièrement, non. » Avant de continuer: « Il ne faut pas penser que les gens de Lourdes ou ceux qui vivent ici soient religieux, bien au contraire, le plus souvent, cette ambiance nous éloigne de la religion. » Le pèlerinage est une manne financière dont tout Le monde se réjouit, mais sans pour autant être dupe. « Nous, ici, nous sommes les mieux placés pour savoir que les gens de l'Église ne sont pas meilleurs que les autres, voire même qu'ils sont souvent pires », explique le garçon de café. Comment ne pas vomir des vierges lorsqu'on en voit des centaines, des milliers, en plastique, en bois, en pierre, des minuscules, des porte-clefs, des colossales, dessinées sur des toiles, des panneaux, des cierges ou des tee-shirts, du matin au soir, à 2 euros, à 50 centimes ou à 180 euros, chaque jour que le Seigneur fait. Même la nuit tombée, à Lourdes, le spectacle continue. Le sanctuaire, qui ne ferme ses portes qu'à minuit, continue à accueillir les messes et processions.
Sinon, en soirée, les vacanciers ont aussi les sorties « culturelles ». L'un des hauts lieux du 7e art dans la ville, c'est la salle Bernadette, pour ne pas changer. Le bâtiment, à l'architecture moderne, se démarque des façades anciennes qui l'entourent, avec son immense fresque murale représentant le pape Jean-Paul II. À l'affiche, un long métrage : Je m'appelle Bernadette, de Jean Sagols. Superproduction locale dont on retrouve les publicités dans toute la ville. Il y a aussi le cinéma Pax, par Habemus Ciné, à l'architecture plus ancienne. À l'affiche, évidemment, Je m'appelle Bernadette, un must manifestement, mais aussi Bernadette, de Jean Delannoy, The Way, la route ensemble, Compostelle et Bernadette en dessin animé.
PENDANT LA CRUE, LE SPECTACLE CONTINUE
Lourdes serait-elle incroyante en son for intérieur ? En tout cas, elle joue le jeu de la piété et a pu se refaire une beauté grâce à la générosité des offrandes. Les dégâts causés par la crue du Gave de Pau l'année dernière ne sont plus visibles dans le centre, mais plus loin, en quittant la zone touristique. Célérité des professionnels du tourisme oblige. Ici, on fait mine de prendre cela avec philosophie : « Dieu a voulu nous mettre à l'épreuve », estime une commerçante qui a été touchée par les eaux montantes. Aujourd'hui, seule une exposition de photos à travers les lieux d'affichage du centre touristique rappelle encore la catastrophe. Le sanctuaire et la grotte, également touchés, avaient été ouverts immédiatement après la crue afin qu'aucun pèlerinage ne soit annulé, tant les pèlerins s’y préparent à l'avance, y tiennent.
Les pèlerinages d'un jour, justement, sont une institution à Lourdes. Par villes, régions, pays ou églises, des groupes affluent avec armoiries et banderoles régionales. Les Espagnols ont leurs jours dans l'année, les Italiens aussi, Amiens. Meaux, Angoulême... Aujourd'hui, c'est le jour des Béatitudes, communauté catholique qui a à maintes fois éveillé les soupçons de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires). Le fondateur des Béatitudes, le frère Ephraïm, diacre permanent, a été réduit à l'état laïque par l'Église catholique en 2007 à la suite de nombreux scandales sexuels ou de travail forcé qui ont entaché la communauté. Cela n'empêche pas les dévots béats de venir quémander la baraka de la Vierge et de parader, comme tous les autres pèlerins, sur le grand parvis du sanctuaire.
Voilà un grand rituel de la ville, car on y vient aussi pour y être vu. Les groupes de pèlerins se font un honneur d'étaler la puissance et la richesse de leur communauté. Dans les processions qui les mènent à la grotte, avec leur lot de fauteuils roulants, de pousse-pousse chargés de malades ou de personnes âgées, on ne brandit pas les petits cierges blancs et bleus à 3 euros comme offrandes. Non, on porte de grosses offrandes collectives, des cierges souvent aussi gros qu'un missile sol-sol, car cela doit avant tout faire honneur à la communauté. Quand on aime la Vierge, on ne compte pas, et cela, les commerçants du culte à Lourdes l'ont bien compris.
À droite de la grotte, une belle chapelle ardente où les feux ne s'éteignent jamais. Une longue allée de cages d'offrandes, des milliers de cierges brûlent et ne s'éteignent que pour que d'autres continuent à éclairer la statue de Marie. Une petite fille, à peine les vacances scolaires commencées, est déjà à Lourdes avec sa maman, qui lui intime devant le lieu : « Tu n'oublies surtout pas de faire ta prière ! » À cet âge-là, dans l'ennui monacal de Lourdes, la petite a toutes les chances de voir apparaître un ami imaginaire, une petite Vierge dans  la grotte, par exemple.
Zineb El Rhazou
Source :Charlie Hebdo, 16 juillet 2014
Par Alban Mikoczy
MH17 : la théorie du complot a du succès en Russie
Le crash du Boeing de la Malaysia Airlines, abattu le 17 juillet 2014 au-dessus du territoire ukrainien par un missile tiré depuis une zone contrôlée par des rebelles pro-russes, place le Kremlin dans une position délicate. Comment réagit-on en Russie à ce drame ? Les réponses du correspondant de France 2 à Moscou, Alban Mikoczy.

FranceTVinfo.fr : Comment réagissent les autorités et l'opinion russes à cette affaire et à ses développements ?

A. M. : Les Russes reconnaissent que ce crash est une tragédie, d'autant que 80 enfants ont péri dans la catastrophe. Mais très rares sont ceux qui pensent que le coup mortel peut venir des séparatistes. La télévision russe accrédite, depuis jeudi 17 septembre au soir, l'idée que les Ukrainiens cachent la vérité et que les Occidentaux en profitent pour nuire à la Russie. Cette théorie du complot a beaucoup de succès en Russie. Bercée de nationalisme, l'opinion est acquise à l'idée d'une vérité cachée par les Américains. Cette position a été réaffirmée officiellement par la conférence du ministère de la défense russe, lundi 21 juillet. (...)

Lire la suite sur FranceTVinfo.fr.

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
L'Épisode #132: Psychanalyse et autisme du podcast Scepticisme Scientifique - Le balado de la Science et de la Raison est en ligne. Il s'agit d'une interview de Sophie Robert.
Par JOL Press
45 ans après le premier homme sur la Lune, la théorie du complot persiste
C’est sans doute l’un des événements du XIXe siècle qui a suscité les plus grandes passions et provoqué les fantasmes les plus fous : le 20 juillet à 20h18 (heure américaine), l’équipage d’Apollo XI atterrissait sur la Lune, devant plus de 500 millions de téléspectateurs à travers le monde. Un véritable coup de maître des Etats-Unis dans sa lutte perpétuelle avec l’URSS, et un vibrant hommage à Kennedy, qui déclarait en 1961, deux ans avant sa mort : « We choose to go to the Moon » - Nous faisons le choix d'aller sur la Lune. Cependant, les premiers pas de l’Homme sur la Lune n’ont pas suscité que de l’émerveillement ; beaucoup sont les sceptiques qui crient au canular, au complot du siècle.

Dès 1974, cinq ans après l’alunissage, Bill Kaysing débute sa croisade pour dévoiler ce qu’il considère comme une mascarade. (...)

Lire la suite sur le site de JOL Press.

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Sur son compte Twitter, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé vendredi l'interdiction préfectorale de la manifestation pro-palestinienne prévue samedi 19 juillet à Paris en la qualifiant de « manipulation ». Selon le président du Parti de Gauche, François Hollande et Manuel Valls «souhaitent les incidents».

Interdiction = provocation. Donc manipulation. #Hollande et #Valls souhaitent les incidents.

— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) 18 Juillet 2014


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Deux extraits de Moishe Postone sur l'antisémitisme
Le texte qui suit est extrait d'un article de l'historien marxiste américain Moishe Postone paru sous le titre «Un autre automne allemand. Pour la manifestation contre l’antisémitisme à Hambourg le 13 décembre 2009» :

Je pense qu'il est politiquement important que le plus de monde possible à gauche prenne au sérieux les expressions d'antisémitisme qui se sont répandues parmi des groupes qui se considèrent comme anti-impérialistes. Peut-être cela peut aussi amener à une longue et tardive clarification théorique. La question n’est pas que l’on puisse ou non critiquer des politiques israéliennes. Les politiques israéliennes devraient être critiquées, particulièrement celles qui ont visé à saper n'importe quelle possibilité de créer un Etat palestinien viable dans la Cisjordanie (la Rive ouest) et à Gaza. Cependant, la critique du « sionisme » répandue dans beaucoup de cercles anti-impérialistes va au-delà d'une critique des politiques israéliennes. Elle attribue à Israël et aux « sionistes » une malveillance unique et une puissance globale de conspirateur.

Israël n'est pas critiqué comme d'autres pays sont critiqués - mais comme l'incarnation de ce qui est profondément et fondamentalement le Mal. Bref, la représentation d'Israël et des « sionistes » pour cette forme d'« anti-impérialisme », d'« anti-sionisme », est essentiellement la même que celle des Juifs dans l'antisémitisme virulent qui a trouvé son expression la plus pure dans le nazisme. Dans les deux cas, « la solution » est la même - l'élimination au nom de l'émancipation.

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Deux extraits de Moishe Postone sur l'antisémitisme
Le second extrait est issu du livre de Moishe Postone, La Critique du fétiche Capital. Le Capitalisme, l'Antisémitisme et la Gauche (PUF, 2013) :

L'antisémitisme est souvent appréhendé comme une simple variante du racisme. Or l'un et l'autre diffèrent de façon importante, même si tous deux ont en commun, en tant que formes de discours essentialistes, de comprendre les phénomènes socio-historiques comme innés – biologiques ou culturels. Alors que la plupart des formes de racisme attribuent une puissance sexuelle ou physique, concrète, à l'Autre qui est vu comme inférieur, l'antisémitisme ne traite pas le Juif comme inférieur mais comme dangereux, comme porteur du Mal. Il attribue une grande puissance aux Juifs, mais cette puissance n'est ni concrète, ni physique. Au contraire elle est abstraite, universelle, insaisissable et mondiale. Les Juifs, dans ce cadre, constituent une conspiration internationale, immensément puissante. L'antisémitisme moderne n'est pas une simple forme de préjugé à l'encontre d'un groupe minoritaire ; il se distingue par son caractère populiste, antihégémonique et antimondialiste. Il fournit un cadre pour expliquer un monde extrêmement complexe et historiquement dynamique, et revendique pour lui-même un pouvoir explicatif global. L'antisémitisme moderne est donc une vision du monde qui, s'appuyant sur les formes antérieures de l'antisémitisme, vise à expliquer le monde moderne capitaliste. Comme je l'ai dit ailleurs, cette vision du monde reconnaît faussement la domination globale, temporellement dynamique, abstraite du capital – qui soumet les hommes à la contrainte de forces historiques abstraites qu'ils ne peuvent pas saisir directement – en tant que domination de la « juiverie internationale ». Il réifie, en termes concrétistes, la domination abstraite du capital, à laquelle il oppose la particularité concrète comme ce qui est authentiquement humain.

L'antisémitisme ne traite donc pas les Juifs en tant que membres d'un groupe racialement inférieur qui doit être maintenu à sa place (par la violence, s'il le faut), mais comme constituant une puissance mauvaise, destructrice. Dans cette vision du monde manichéenne, la lutte contre les Juifs est une lutte pour l'émancipation humaine. Libérer le monde implique de le libérer des Juifs. L'extermination (qu'on ne doit pas confondre avec l'assassinat de masse) est la conséquence logique de cette Weltanschauung.

Parce que l'antisémitisme peut sembler antihégémonique et, partant, émancipateur, il peut aussi brouiller les différences entre les critiques réactionnaires et les critiques progressistes du capitalisme. Il constitue donc un danger pour la gauche. L'antisémitisme fusionne le profondément réactionnaire avec l'apparemment émancipateur en un amalgame explosif.

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Je m'apprête à parler de quelque chose que je ne connais pas du tout. J'ai juste écouté deux épisodes d'Unité 9 et là je m'imagine qu'avec ça comme bagage je peux critiquer notre système carcéral. Alors, prenez ce qui suit avec un grain de sel. En court, ma réforme se résume en trois points: Les détenus n'ont pas à souffrir inutilement; Les détenus devraient travailler et payer un loyer; Les
Crash du vol MH17 : une journaliste de Russia Today démissionne
Sarah Firth, basée à Londres, ne cautionne pas la couverture du crash, sur fond de conflit russo-ukrainien, par la chaîne proche du Kremlin.

"Tous les jours, nous mentons." La journaliste Sara Firth, qui travaillait pour la chaîne Russia Today, a démissionné vendredi 18 juillet, rapporte Buzzfeed (en anglais). En cause, la couverture par cette chaîne proche du pouvoir russe du crash du vol MH17 en Ukraine.

"Quand la nouvelle est arrivée, je suis allée dans la rédaction et j'ai vu comment nous étions en train de couvrir cette information. J'ai su que je devais partir, raconte-t-elle. Il n'y avait aucun respect des faits. Nous avons diffusé des témoignages accusant le gouvernement ukrainien." Sur Twitter, elle ironise sur la règle n°1 de la chaîne : "C'est TOUJOURS la faute de l'Ukraine." (...)

Lire la suite sur FranceTV.info.


Voir aussi :
* Russia Today critiquée pour sa couverture du conflit syrien

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Par Adrien Sénécat
Crash du vol MH17 : non, l'avion de Poutine n'était pas la
L'avion de la Malaysia Airlines aurait été abattu jeudi par un missile sol-air. Sur Internet, des articles ont affirmé que l'avion du président russe a survolé la même zone peu avant. Sauf que c'est faux.

Les circonstances du crash du vol MH17 de la Malaysia Airlines jeudi restent à éclaircir, mais certains n'ont pas attendu pour se lancer sur les pistes d'explication les plus folles. Parmi elles, une rumeur persistante affirme que l'avion du président russe Vladimir Poutine aurait pu être la "vraie cible" du missile qui aurait frappé l'avion.

Le site Russia Today, citant l'agence de presse russe Interfax, a publié jeudi soir ces déclarations troublantes d'une source confidentielle (...)

Lire la suite sur le site de L'Express.


Voir aussi :
* MH17: la télévision russe alimente la théorie d'un complot contre Poutine (BFM TV, 18 juillet 2014)

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Article rédigé par Zoélie Fresh qui n'est actuellement plus en mesure de publier pour l'ISC.



Le cancer est une maladie grave qui touche beaucoup de monde : autrement dit, un marché juteux. Il serait dommage de laisser les malades se contenter d'un traitement médical sérieux alors qu'il existe tellement de “thérapies” toutes plus fantaisistes les unes que les autres, tant de possibilités de profiter du désarroi de personnes qui doivent affronter une réalité difficile pour leur prendre de l'argent, ou simplement pour le plaisir de les envoyer dans une impasse.

Lire la suite »

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