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d'après une sélection de blogs sceptiques.

Un pseudo-médecin chinois prônant la déshydratation comme remède miracle a été condamné à 15 ans de prison, après la mort de son dernier patient à qui il avait administré un puissant laxatif, a rapporté la presse jeudi. Hu Wanlin, qui s'autoproclamait guérisseur universel, aurait fait au moins 16 victimes dans sa carrière entrecoupée de séjours derrière les barreaux.

Convaincu que l'eau était la mère de toutes les infections, le charlatan de 65 ans imposait à ses patients des traitements au sel de Glauber, une substance également appelée mirabilite utilisée pour fabriquer la soude et, accessoirement, employée comme laxatif.

Un édile parmi les victimes

 

Selon le journal Global Times, Hu Wanlin a été reconnu coupable par un tribunal de la province centrale du Henan d'avoir causé le décès d'un étudiant de 22 ans, accueilli parmi d'autres disciples dans le site de «retraite» que gérait le pseudo-médecin à la campagne.

Ce n'est pas la première fois que Hu Wanlin est condamné à la réclusion pour exercice illégal de la médecine, mais il avait bénéficié de plusieurs remises en liberté. Parmi ses anciens patients ayant trouvé la mort figure le maire à l'époque de la ville de Luohe, également dans la province du Henan.

Les habitants des régions rurales chinoises, souvent peu ou pas protégés par une assurance santé, ont fréquemment recours aux médecines parallèles et les scandales sanitaires ne sont pas rares.

Source : 20 Minutes, 20 novembre 2014,
http://www.20minutes.fr/monde/1484427-20141120-chine-quinze-ans-prison-pseudo-medecin-adepte-laxatif
Un gourou de secte indien a été arrêté au terme d'une interpellation mouvementée mercredi. Cet homme suspecté du meurtre de six personne était protégé par des milliers d'adeptes.
La police a évacué mercredi plus de 10  000 de ses adeptes qui se trouvaient dans l'enceinte fortifiée de l'ashram de cinq hectares, situé à Hisar, dans l'État de l'Haryana, dans le nord de l'Inde, avant de capturer dans la soirée Satguru Rampalji Maharaj et 450 de ses partisans les plus déterminés. Ils s'étaient organisés en chaîne humaine à l'extérieur et que des hommes sur le toit lançaient des pierres et des bouteilles remplies d'acide.
Le gourou indien a été inculpé ce jeudi pour sédition et faits de guerre contre l'État au lendemain de son arrestation. Cet ancien ingénieur de 63 ans, connu sous le nom de Rampal était recherché pour ne pas avoir répondu à 40 convocations de la justice liées à une affaire de meurtre.
Six morts
« Je suis innocent », a déclaré le gourou à la presse alors qu'il sortait, menotté, du tribunal à Chandigarh, capitale de l'État de l'Haryana, une ville du nord-ouest de l'Inde. « Toutes les allégations contre moi sont fausses. »
Selon les autorités, les corps de quatre femmes et d'un enfant ont été retrouvés mercredi sur place, mais les causes de leur décès restent inconnues. Une sixième adepte est décédée une fois transférée à l'hôpital, probablement de problèmes cardiaques. Les cadavres ne portaient pas de trace de balles ou de blessures. Ils devaient être transférés au service de médecine légale.
Une montée de tension
La tension est montée la semaine dernière quand la justice a ordonné l'arrestation de Satguru Rampalji Maharaj pour une affaire de meurtre remontant à 2006 dans laquelle il est
accusé d'avoir ordonné à ses partisans d'ouvrir le feu sur des villageois, faisant un mort et six blessés.
Rampal est à la tête d'une secte qui vénère un poète et mystique du XVe siècle, Kabir, connu pour son message detolérance, message qui est suivi par des personnes de confessions diverses.
Rampal fait partie de ces chefs spirituels indiens qui attirent des adeptes zélés et, dans certains cas, obtiennent argent, pouvoir et influence politique.
Source : Ouest-France, 20 novembre 2014,
http://www.ouest-france.fr/inde-arrestation-mouvementee-dun-gourou-soupconne-de-six-meurtres-2989850
La police indienne fouillait jeudi l’ashram d’un gourou controversé à la recherche d’éventuels explosifs, au lendemain de son arrestation au terme d’un violent face-à-face avec des milliers de ses adeptes.
Rampal Maharaj, recherché en particulier pour complot en vue d’un meurtre, s’était barricadé dans la vaste enceinte de son ashram dans l’Etat de l’Haryana (nord), défendu par ses partisans armés de pierres et de cocktails Molotov. Une centaine d’entre eux ont été blessés dans ces affrontements.
Les corps de quatre femmes et d’un enfant ont été retrouvés mercredi sur place, mais les causes de leur décès restent inconnues. Une sixième adepte est décédée une fois transférée à l’hôpital, probablement de problèmes cardiaques.
Rampal a déclaré qu’il regrettait ces décès mais a démenti avoir utilisé ses adeptes comme bouclier humain.
«Je ne les ai pas utilisés. Ils ont agi de leur propre chef», a-t-il dit aux journalistes depuis les locaux de la police où il est détenu.
Le gourou a été arrêté mercredi soir tard au terme d’un long assaut lancé mardi par la police qui a également interpellé plus de 500 de ses adeptes, dont 250 membres de son «armée privée» chargée de sa protection.
«L’opération a été difficile, nous avons dû affronter ses partisans hostiles», a dit l’inspecteur de police Anil Kumar à l’AFP.
«Nous essayons actuellement de dégager l’ashram, nos équipes passent l’intérieur au peigne fin. Ils essaient de trouver d’éventuels explosifs cachés», a-t-il ajouté.
Le gourou doit comparaître jeudi devant un juge pour détention illégale, complot criminel et entrave à l’action des autorités, suite à ces affrontements avec les forces de l’ordre.
La police estime que 2.000 adeptes seraient toujours retranchés à l’intérieur de l’enceinte de 4,8 hectares et les exhorte par haut-parleur à quitter les lieux.
- Retenus contre leur gré -
Le chef de l’exécutif de l’Haryana, M.L. Khattar a déclaré que personne n’était mort des suites de l’assaut mais qu’une centaine de personnes étaient soignées pour des blessures.
Des milliers de personnes avaient fui l’ashram après l’assaut de la police, assurant pour la plupart qu’elles étaient retenues contre leur gré.
Jawan Singh a raconté qu’il était venu dans l’espoir que le gourou soigne son mal de dos chronique mais que ses partisans l’avaient empêché de repartir.
«Cela ressemblait à une situation de guerre à l’intérieur», a-t-il dit à l’AFP. «Les gardes qui tenaient le complexe ne voulaient pas nous laisser sortir. Ils disaient aux gens de rester».
Un mandat d’arrêt avait été lancé contre le gourou par la justice qui l’accuse d’avoir ordonné à ses adeptes de tirer contre des habitants d’un village lors de heurts en 2006 qui avaient fait un mort.
Rampal, ingénieur de formation, assure être la réincarnation d’un poète mystique du XVème siècle. Il affirme avoir guéri des milliers de personnes en Inde souffrant de maladies chroniques et ramené des familles à la prospérité grâce à ses enseignements.
Plusieurs scandales ont éclaté en Inde récemment impliquant de supposés gourous, le plus souvent des ascètes hindous se disant investis de pouvoirs mystiques. L’un d’entre eux a été mis en examen l’an dernier pour avoir agressé sexuellement une écolière.
Pour nombre d’Indiens, les gourous font partie intégrante de leur vie quotidienne. Ils estiment que ces maîtres spirituels leur montrent la voie vers une plénitude de l’esprit en échange d’une dévotion spirituelle et ils font souvent des dons aux ashrams ou à des projets caritatifs supervisés par ces gourous.
Certains jouissent d’une popularité immense, comme Sathya Sai Baba, dont les funérailles en 2011 s’étaient déroulées en présence du Premier ministre de l’époque Manmohan Singh et de la légende indienne du cricket Sachin Tendulkar.
AFP
Source : Libération avec AFP, 20 novembre 2014,
http://www.liberation.fr/monde/2014/11/20/inde-recherche-d-explosifs-dans-l-ashram-du-gourou-apres-son-arrestation_1146836

BILLET «A Paris, sous l’occupation, il y avait une forme de légèreté», dit la chanteuse dans une interview. Des propos déplacés. Et faux.
Dans une interview postée le 11 novembre (une date fort mal choisie) sur le site Purecharts, Zaz, dont le disque Paris vient de paraître, affirme: «A Paris, sous l’occupation, il y avait une forme de légèreté. On chantait la liberté alors qu’on ne l’était pas totalement.» Au-delà de la litote déplacée du «pas totalement», le propos est révoltant. S’il y avait de la légèreté dans la capitale occupée par l’armée allemande, ce n’était certainement pas du côté des porteurs de l’étoile jaune. Légèreté n’est pas non plus le terme qui convient pour définir le climat de délation et de suspicion qui régnait alors. Dans un contexte de pénurie alimentaire et énergétique, de rationnement et de couvre-feu, seule une partie infime des Parisiens menait une vie «légère» et insouciante.
La légèreté était sans doute le lot des dignitaires nazis, pour qui Paris était la ville des cabarets, des restos chics et des petites femmes. C’est justement cette image de cité des plaisirs que les résistants ont voulu combattre. Dans le documentaire Des Terroristes à la retraite, dont nous recommandons la vision à Zaz, Boris Holban, le chef des FTP-MOI (la branche des partisans communistes armés qui regroupait les étrangers), témoigne: «Le but militaire de nos actions était de rendre la vie impossible à l’armée allemande, d’empêcher que Paris devienne pour elle une ville de loisirs.»
La légèreté, c’est ce qui fut reproché, à la Libération, aux artistes qui avaient continué à travailler dans le Paris occupé. Ceux qui, comme Edith Piaf, Charles Trénet, Léo Marjane et bien d’autres, ont chanté devant des parterres d’uniformes vert-de-gris. Des auteurs dramatiques comme Sacha Guitry qui, les soirs de première, accueillaient avec effusion des amis des lettres dont la poitrine s’ornait d’une croix de fer. Les procès de l’épuration en accablèrent certains et en épargnèrent d’autres, mais la majorité de ces artistes dut répondre devant la justice de cette «légèreté» rebaptisée «intelligence avec l’ennemi».
Si certains refrains de l’époque respirent une certaine joie de vivre, il est bien naïf d’y voir le reflet d’un état d’esprit général. Et nombre de chansons se prêtent à des interprétations contradictoires. Ainsi, Douce France, écrite par Charles Trénet et Léon Chauliac en 1943, passera après-guerre pour un chant dédié aux prisonniers de guerre et volontaires du STO (travail obligatoire en Allemagne). Son texte pourtant reprend en filigrane des thèmes chers à la Révolution nationale du maréchal: le pays éternel, la «terre qui ne ment pas», opposée à la finance cosmopolite.
Zaz n’est pas suspecte de sympathies pour l’extrême droite. Quelques jours auparavant, sur le site Metronews, elle s’en prenait avec vigueur au Front national. Mais ses propos maladroits interviennent au moment où le livre du polémiste Eric Zemmour, qui défend l’imposture historique d’un maréchal Pétain sauveur de juifs, caracole en tête des ventes. Peu à peu, à mesure que les témoins disparaissent, une forme d’amnésie s’installe. Rappelons simplement à Zaz, artiste populaire et estimable, que pour une chanteuse, rien n’est plus dommageable qu’un trou de mémoire.
François-Xavier GOMEZ
Source : Libération, 14 novembre 2014,
http://next.liberation.fr/musique/2014/11/14/zaz-et-la-legerete-du-paris-occupe_1143254

Note du CIPPAD :incohérence ou pas? ZAZ revendique à tout-va ses liens avec Pierre Rabhi, adepte du spirite ultra-droitier Rudolph Steiner et de son mouvement anthroposophique. Chacun se forgera sa propre opinion.
 
Quelques mois après la mise en examen du dirigeant du château de Pauly, en Ribéracois, pour viols et abus de faiblesse sur des personnes en état de sujétion psychologique, une des victimes raconte son embrigadement
En mars 2014, le dirigeant du château de Pauly, à Chassaignes (24), était mis en examen pour viols, agressions sexuelles et abus de faiblesse sur des personnes en état de sujétion psychologique, c'est-à-dire d'emprise mentale sur fond de dérive sectaire. Huit mois plus tard, une des victimes, à l'origine de cette action en justice, a accepté de témoigner, anonymement. Pour que "mon histoire puisse aider des victimes et leurs proches à prendre conscience de l'emprise d'un éventuel manipulateur et les soutenir dans leur quête de reconstruction."
C'était une nouvelle vie pour cette femme et sa famille. Du Nord-Ouest de la France, ils venaient s'installer en Dordogne. Sans emploi ni attaches ici, cette quinquagénaire s'était inscrite à un cours de qi gong, une gymnastique méditative chinoise quelle avait déjà pratiquée.
Pendant un an, il ne s'y est rien passé de particulier. Mais quand ces cours se sont déroulés au château du Pauly, à Chassaignes, près de Ribérac, "cela a commencé à prendre une tournure différente. On nous parlait de mysticisme, on nous proposait des séminaires ou des massages, mais cela ne m'intéressait pas". En difficulté dans sa vie professionnelle, une de ses professeurs de qi gong l'invite à se confier. "Elle m'a expliqué que je ne savais pas me positionner par rapport aux autres. Si j'avais des problèmes, c'est parce que je ne savais pas me gérer moi-même."
On lui propose alors de participer à des séances de thérapie individuelles avec le patron des lieux qu'elle n'avait jamais rencontré. Un second palier était franchi. "Il était habillé en blouse et pantalon blanc, un peu comme un médecin. Il y avait toute une mise en scène. Il m'a posé des questions sur mon parcours, m'expliquant que j'avais de la chance d'accéder à lui." Dès cette première séance, il la déstabilise : "Il m'a dit que je me mentais, mais que lui savait la vérité. C'était affirmé avec un tel aplomb qu'il m'a fait douter. Depuis plusieurs semaines, on m'avait vanté ses pouvoirs. J'étais déjà conditionnée."
Pour le massage, il lui demande de s'allonger nue : "Il posait ses mains sur moi comme s'il menait une enquête. À un moment, il m'a parlé d'un fait intime que je n'avais révélé à personne. D'où tenait-il cela ? Avait-il vraiment des pouvoirs ?" Cette séance terminée, le pseudo-thérapeute accède à sa demande : "Je n'accepte pas tout le monde mais, après ce premier contact, je veux bien vous prendre en thérapie."
Le pouvoir d'un homme
"C'était la doctrine du qi gong de l'amour inconditionnel. Il portait sur moi un regard d'une extrême bienveillance, comme un père et une mère réunis. Il lui suffisait de changer de regard, de paraître déçu, pour que j'accepte d'en faire plus. Il utilisait le ressort de la culpabilité en permanence."
Elle se retrouve alors sous la coupe totale de cet homme. "C'est allé jusqu'au viol. Aujourd'hui, j'éprouve de la douleur, colère, honte et dégoût. J'ai été atteinte dans mon intégrité physique et dans mon esprit."
Elle se coupe de tous ceux qui ne sont pas dans son état d'esprit : "J'avais rejeté mes enfants, mon conjoint, mon travail. J'étais incapable de lire, écouter la radio, regarder la télé. Aucune ouverture sur l'extérieur n'était possible : je n'en avais plus aucune envie."
En septembre 2013, elle se retrouve seule à se consacrer à un nouveau projet : devenir elle-même thérapeute. "Chaque soir, je devais faire un travail de réflexion sur moi, le bilan de ma journée, avec des exercices expliqués en séminaires que je lui envoyais ensuite par mail. J'étais totalement repliée sur moi. J'étais son élève, il était mon gourou. J'avais l'impression qu'il était dans ma tête, j'étais certaine qu'il en avait le pouvoir car il me l'avait affirmé."
Puis arrive un dernier rendez-vous : "Il n'est jamais venu. J'avais tout perdu, J'avais failli, je n'étais pas parvenu à faire ce qu'il souhaitait. Il m'a laissé ainsi pour folle comme on laisse quelqu'un pour mort."
Elle reste alors prostrée chez elle, jusqu'à ce qu'elle reçoive le SMS d'un de ses enfants : "Ce fut le premier déclic car, jusque-là, j'avais toujours nié son emprise. C'était comme si ce que mes proches m'avaient dit avait fini par germer en moi."
La reconstruction
Le voile se déchire : "Je réalisais que la personne en qui j'avais la plus confiance me voulait du mal et était présente dans ma tête, comme un démon. Si je restais comme cela, j'allais me flinguer."
Sombrant dans la folie, elle craint d'appeler au secours : "Si je racontais tout, on allait m'enfermer." Finalement, elle contacte sa sœur. "Elle a tout écouté et, point par point, m'a demandé d'imaginer un autre point de vue. Le mot secte s'est alors allumé dans ma tête." Aujourd'hui, elle mesure l'importance de "ne pas couper les ponts, de raconter à ses proches. Il est capital qu'ils écoutent sans juger".
Se renseignant sur Internet, elle découvre alors la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires et prend contact avec son antenne locale de l'Adfi (1). "J'avais de moi l'image d'un champ de ruine, dévasté, où même les mauvaises herbes ne pouvaient plus pousser."
Quand elle dépose plainte pour viol, une seconde étape est franchie. "J'étais une victime qui relevait la tête. Je me hissais à la hauteur de mon bourreau. Je demandais réparation à la justice pour me réparer."
Cela fait maintenant un an qu'elle avance sur le chemin de la reconstruction. "Il est primordial de porter plainte, mais aussi de dialoguer avec un psychologue. Je dois trouver pourquoi j'ai été à la fois victime et partie prenante."
Grégoire Morizet
(1) Association de défense de la Famille et de l'Individu victimes de Groupes Sectaires. 06 78 77 68 14. Où en est le dossier devant la justice
La société Conscience évolution vitalité énergie (Ceve) a vu le jour en 2010. L’année suivante, le château du Pauly devient le siège de cette structure. C’est ici qu’étaient dispensés des cours de qi gong, une discipline méditative chinoise, mais aussi des séminaires de développement personnels, de réflexologie, de pratiques énergétiques ou encore de relaxologie. Leur site Internet (il a été fermé depuis) présentait le président de Ceve comme un homme de 57 ans qui aurait pris conscience d’un don particulier à la suite d’une grave crise personnelle. Il aurait alors suivi une initiation auprès de moines tibétains grâce auxquels il aurait développé son don de clairvoyance. Depuis, il avait une prédilection pour les soirées méditatives, séminaires et autres ateliers.
C’est en décembre 2013 que les premières plaintes ont été déposées. On en dénombrait alors quatre. Le 11 mars suivant, le président cette entreprise était interpellé et, deux jours plus tard, était présenté au parquet de Périgueux. Déféré devant un juge d’instruction, il était mis en examen pour "viols, agressions sexuelles et abus de faiblesse sur des personnes en état de sujétion psychologique, résultant d’exercice de pressions graves de nature à altérer leur jugement". Placé en détention provisoire, il faisait appel de cette décision.
Depuis, le parquet refuse de communiquer sur cette affaire qui est en toujours en cours d’instruction.
Source : Sud Ouest, 18 novembre 2014,
http://www.sudouest.fr/2014/11/18/sortie-de-l-emprise-d-un-gourou-une-perigourdine-temoigne-1740214-1980.php

Sur le même sujet :



Gabriella Coleman est professeur d'anthropologie à l'Université McGill, à Montréal. Elle s'intéresse aux réseaux d'activistes sur internet, dont Anonymous.

Vous trouverez son site web ici.

Elle publie ce mois-ci le livre (en anglais): «Hacker, Hoaxer, Whistleblower, Spy: The Many Faces of Anonymous».

Elle est en tournée dans plusieurs librairies dans le monde

Hacker, Hoaxer, Whistleblower, Spy: The Many Faces of Anonymous
par Gabriella Coleman
464 pages
Éditeur: Verso
  • ISBN-10: 1781685835
  • ISBN-13: 978-1781685839





Pour nous joindre: joecalzaghe1[arobase]yahoo[point]fr
Par Yann Bertrand
La tuerie de Sandy Hook aux Etats-Unis, lubie des complotistes
Depuis quelques jours, une rumeur refleurit aux États-Unis ; presque deux ans après la tuerie à l'école de Sandy Hook, 26 morts, certains internautes mettent en doute la version officielle. Pour ces conspirationnistes nourris à la théorie du complot, il s'agissait en fait d'un exercice du FBI qui aurait mal tourné.

La rumeur n'est pas nouvelle ; elle était apparue dans les jours qui ont suivi le choc, la tuerie survenue à l'école Sandy Hook de Newtown dans le Colorado, le 14 décembre 2012. Ce jour-là, 26 personnes dont 20 enfants avaient péri sous les balles d'un tireur fou. Mais, immédiatement, certains n'ont pas cru la version officielle des autorités. (...)

Lire la suite sur le site de France Info.


Voir aussi :
* Le massacre de Newtown vu par les conspirationnistes
* Gene Rosen, héros de Newtown, est harcelé par des théoriciens du complot
* Le FBI, les complotistes et la "fabrication" du terrorisme‏

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
JUSTICE – Un homme reconverti en "hypnopsychothérapeute" est accusé d’abus de biens sociaux, portant sur 181 000 euros, et de diverses arnaques financières.
Il avait fait carrière comme technicien chez EDF. A l'âge de la retraite, il s’était découvert une vocation d’"hypnopsychothérapeute". Mais il a apparemment manqué de clairvoyance sur une chose essentielle : la comptabilité de sa société.
Un homme de 66 ans comparaissait ce vendredi devant le tribunal de Nantes, rapporte Ouest-France. Cet "hypnopsychothérapeute" recevait dans son cabinet des fumeurs désirant arrêter, des chercheurs d’emploi en mal de conseils ou de bonnes ondes, ou encore des couples en difficulté prêts à tout. Etait-il doué ? Avait-il un taux de réussite particulièrement important ? Impossible à dire. Mais apparemment, les affaires marchaient bien.
181 000 euros d'abus de biens sociaux
Le hic, c'est que l'homme a eu tendance à confondre les comptes de sa société avec les siens. Les enquêteurs de la police judiciaire de Nantes se sont en effet penchés sur son cas il y a trois ans, et estiment aujourd'hui l’abus de bien sociaux à 181 000 euros. L'homme est également accusé d’avoir ouvert des comptes au nom de tiers pour dissimuler ses revenus au fisc, d'avoir inventé de faux actionnaires majoritaires à sa société, et d’avoir bénéficié d’un faux contrat de travail chez un ami pour avoir une couverture sociale...
A la barre, le retraité n’a pas nié le délit financier. Mais il en a contesté le montant. Les forces de l’ordre n’ont d’ailleurs pas retrouvé tout le pactole. Lors d’une perquisition, ils avaient récolté chez lui 40 000 euros... que l’hypnotiseur avait été jusqu’à cacher dans un scooter et dans les phares de la Mercedes de sa femme. Tout a été démonté, les billets ont été retrouvés.
Le procureur a requis deux ans avec sursis contre lui, et un an avec sursis contre son épouse. La décision sera rendue en janvier prochain.
SIBYLLE LAURENT

Source : Metro News, 14 novembre 2014,
http://www.metronews.fr/nantes/escroquerie-l-hypnotiseur-planquait-son-magot-dans-les-phares-de-sa-mercedes/mnkn!9S1I1BWq6j6T2/
On ne sait pas si c'est un bon hypnotiseur. Mais en carambouilles financières, il serait au top. C'est la conviction des enquêteurs de la police judiciaire. Et du procureur.
C'est un petit homme de 66 ans, en complet gris reconverti en « hypnopsychothérapeute ». Après une carrière de technicien chez EDF, à l'heure de la retraite, il a ouvert son cabinet à Nantes. Les uns frappaient à sa porte espérant arrêter de fumer, les autres misaient sur ses talents de magnétiseur. Il faisait aussi dans le coaching de recherche d'emploi. Et à l'occasion il distillait ses conseils aux couples battant de l'aile...
Après trois années d'enquête, la justice lui reproche d'avoir confondu ses comptes personnels avec ceux de sa société. Les enquêteurs de la section financière de la police judiciaire de Nantes ont évalué ses abus de biens sociaux à 181 000 euros.
Lui reconnaît le délit, mais en conteste le montant. Lors d'une perquisition rocambolesque, les policiers ont saisi chez lui près de 40 000 euros. Ils ont dû démonter un scooter et les phares de la Mercedes de la femme de l'hypnotiseur pour retrouver tout le pactole.
En outre, le prévenu est jugé pour avoir utilisé des comptes-taxis (ouverts aux noms de tiers) pour dissimuler ses revenus au fisc mais aussi pour avoir inventé de faux actionnaires majoritaires à sa société (signatures falsifiées à l'appui).
Enfin, il lui est reproché d'avoir bénéficié d'un faux contrat de travail chez un ami informaticien, pour bénéficier d'une couverture sociale...
Le procureur a requis 2 ans de prison avec sursis contre l'hypnotiseur. Et un an avec sursis contre son épouse. Décision en janvier
Thomas HENG Ouest-France

Source : Nantes MaVille et Ouest-France, 14 novembre  2014,
http://www.nantes.maville.com/actu/actudet_-justice-l-hypnotiseur-planquait-l-argent-dans-la-mercedes_loc-2658498_actu.Htm
La plainte est arrivée directement au Vatican, et le pape a demandé l'ouverture d'une enquête. Les personnes visées se sont vues retirer leur exercice.
La justice a ouvert une enquête pour abus sexuels sur mineur visant notamment un groupe de prêtres suspendus de leurs fonctions par l'archevêché de Grenade, dans le sud de l'Espagne, a-t-on appris ce lundi 17 novembre de sources concordantes. 

Le pape François a pressé l'enquête

L'affaire a éclaté après une plainte, adressée directement au Saint-Siège, visant un groupe de prêtres, a confirmé l'archevêché. Selon le site ReligionDigital.com, c'est le pape François qui a «forcé l'ouverture d'une enquête pour des abus dans ce diocèse».

«Le tribunal numéro 4 de Grenade (Andalousie, sud) a ouvert une enquête sur 12 personnes mises en causes pour des abus sexuels. Nous ne savons pas si l'ensemble des personnes visées sont des prêtres», a par ailleurs affirmé à l'AFP une source judiciaire.

L'enquête a été ouverte début novembre, selon cette source.

Pour sa part, l'archevêché a annoncé avoir suspendu un groupe de prêtres en attendant les résultats de l'enquête, affirmant avoir suivi «scrupuleusement la procédure prévue» dans ce cas.

Exercice suspendu

«Dès qu'a été connue de façon irréfutable l'accusation présentée devant le Saint-Siège par un jeune de Grenade, affirmant avoir souffert d'abus sexuels de la part d'un groupe de prêtres du diocèse, l'archevêché a suivi scrupuleusement la procédure prévue pour ces cas», a affirmé l'archevêché dans un communiqué.

Dès l'ouverture d'une enquête préliminaire, «l'archevêché a appliqué les mesures de précaution pour les prêtres directement accusés des abus, leur retirant l'exercice du ministère sacerdotal», ajoute-t-il.
Il affirme avoir remis les conclusions d'une enquête interne au Saint-Siège. Il ajoute qu'«étant donné que le plaignant est aujourd'hui une personne majeure et qu'il était le seul à pouvoir déposer plainte, l’archevêché s'est mis à disposition de l'autorité judiciaire».

Tolérance zéro

Assurant que «l'immense majorité des prêtres vivent de façon exemplaire», il a affirmé que «l'Eglise entière souffre profondément qu'il puisse se produire des scandales de cette nature, dont la véracité devra être établie» par l'enquête judiciaire.

Depuis qu'il a pris la suite de son prédécesseur Benoît XVI, le pape François prône la tolérance zéro contre la pédophilie, un fléau qui pourrait avoir fait des dizaines de milliers de victimes et a fortement discrédité l'Eglise catholique.

La plupart des faits remontent aux années 1960 à 1980, et le scandale a été amplifié par la tolérance dont ont longtemps bénéficié certains prêtres criminels de la part d'une hiérarchie soucieuse de préserver d'abord la réputation de l'institution.

(afp/Newsnet)

Source : La Tribune de Genève avec AFP, 17 novembre 2014,
http://www.tdg.ch/monde/faits-divers/Un-groupe-de-pretres-accuses-de-pedophilie/story/17109543
Ce lundi, la cour d'appel d'Agen a reconnu que les époux Védrines n'étaient pas en pleine possession de leurs moyens au moment de la signature d'un contrat de vente du château. Ils marquent un point dans la reconquête de leur patrimoine
Voilà qui va faire jurisprudence. Jusque-là la justice ne reconnaissait pas la manipulation mentale comme une insanité d'esprit sur un plan juridique. C'est désormais chose faite depuis l'arrêt rendu par la cour d'appel dans l'affaire des Reclus de Monflanquin.
Deux de ceux-là, les époux Christine et Charles-Henry de Védrines, contestaient leur condamnation, à plus de 40 000 euros, pour le non respect d'un contrat en mandat exclusif de la vente du château familial qui les liait avec un agent immobilier de Monflanquin.
La cour d'appel dans son arrêt reconnaît qu'au moment de la signature en janvier 2008, les Védrines, n'étaient pas sains d'esprit. Du coup, la justice jugent comme nul le contrat.
Deuxième acte en décembre
Un bon point pour Me Picotin, l'avocat des Védrines, qui le 18 décembre prochain ira demander, devant le tribunal de grande instance d'Agen cette fois-ci, l'annulation de la vente du château de Martel pour les mêmes raisons.
Source : Sud-Ouest, 18 novembre 2014,
http://www.sudouest.fr/2014/11/17/reclus-de-monflanquin-les-epoux-de-vedrines-retournent-au-tribunal-1738790-3770.php
Le gourou d'une secte installée dans les Vosges a été condamné lundi à 15 années de réclusion criminelle pour avoir violé la fille mineure d'une des adeptes, par la cour d'assises de Meurthe-et-Moselle qui statuait en appel. En première instance, Hervé Granier, 56 ans, avait été condamné à 17 ans de réclusion criminelle, et l'avocat général de ce second procès avait réclamé une peine de 18 ans de réclusion criminelle.
«Au-delà du viol, le verdict a consacré l'emprise morale, l'emprise mentale et le caractère sectaire de l'accusé», s'est félicité l'avocat de la victime, Me Pierre-André Babel. La défense, assurée par Mes Chantal Nedonchelle et Claude Llorente, s'est pour sa part réjouie d'une décision «en-deçà de la peine prononcée en première instance».
Hervé Granier s'était fait passer au cours des années 2000 pour le messie auprès d'une dizaine de personnes, à qui il réclamait chaque mois plusieurs centaines d'euros, au sein d'un mouvement sectaire qu'il avait créé à La Bresse (Vosges). En 2004, il avait expliqué à l'une de ses fidèles qu'il souhaitait prendre sa fille, alors âgée de 14 ans, pour «femme divine». Jeudi, il avait reconnu pour la première fois les viols et demandé «pardon pour le mal» qu'il avait fait à la victime.
300 000 euros perçus par le gourou de la part des adeptes
Dans son réquisitoire, l'avocat général, Jacques Santarelli, avait fustigé un homme qui «avait un pouvoir dictatorial sur les âmes, les corps et sur les biens». «Cet homme a été, il reste et restera longtemps un imposteur», avait-il ajouté, en qualifiant l'accusé de «potentat tyrannique». La mère de la victime, désignée par l'enquête comme celle qui avait «livré» sa fille au gourou, avait initialement été mise en examen pour complicité de viol. Elle avait finalement bénéficié d'un non-lieu en fin d'instruction pour abolition du discernement, avant de se constituer partie civile. Convoquant «le mythe d'Iphigénie», l'accusé ayant «utilisé la mère pour sacrifier la fille», l'avocat général l'avait décrit comme «un soleil noir de leur mélancolie à tous». La défense a quant à elle tenté de relativiser l'emprise de l'accusé sur sa victime.
L'instruction avait par ailleurs mis au jour l'existence d'une «dîme» mensuelle réclamée aux adeptes, grâce à laquelle le gourou avait perçu environ 300.000 euros, ce qui lui a également valu d'être condamné pour abus de faiblesse au sein d'un groupement sectaire.
LeParisien.fr
Source : Le Parisien, 18 novembre 2014,
http://www.leparisien.fr/lorraine/viol-d-une-mineure-le-gourou-d-une-secte-condamne-a-15-ans-de-prison-18-11-2014-4299701.php

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Mars 1948. Soixante-neuf Français, tous vêtus d'un chapeau blanc à larges bords et d'une veste en velours noir, débarquent à la Nouvelle-Orléans, suscitant l'étonnement des habitants. Ils ont abandonné famille et biens personnels pour fonder, au coeur des terres vierges du Texas, une société utopique, Icarie, où régneront l'équité, le partage et la solidarité. Mais de la théorie à la pratique, la route est longue. Comme celle qu'il leur faut suivre le long de la Rivière Rouge. C'est par un homme qui fut en son temps l'une des grandes figures du socialisme utopique, aujourd'hui tombé dans l'oubli, que cette quête d'un paradis terrestre a été menée : Étienne Cabet. Condamné à deux ans de prison en 1834 par le gouvernement de Louis-Philippe qui voyait en lui un dangereux factieux, Cabet s'exila en Angleterre où il passa des journées entières à la bibliothèque, dévorant les grands auteurs humanistes et élaborant, dans son Voyage en Icarie, cette société idéale qu'il choisira d'implanter aux États-Unis. Mais confronté aux dures réalités du terrain, le penseur idéaliste se métamorphosera en un surprenant chef de secte...
Source : Ouest-France, 13 novembre 2014
http://www.ouest-france.fr/un-utopiste-devient-chef-de-secte-2977248
Le 30 novembre, d’après le calendrier des marées c’est mortes-eaux. Ça ne bougera pas beaucoup à La Bernerie-en-Retz, sympathique station balnéaire de l’Atlantique adossée à Pornic. Les pêcheurs à pieds ne seront sans doute pas au rendez-vous. 

On espère que le Cinéma Jeanne d’Arc, à une encablure au dessus de la plage, ne fera pas non plus beaucoup d’entrées ce dimanche soir. C’est pas que l’on ait quelque chose après le Jeanne d’Arc, mais allez refiler sa salle aux Amis de Bruno Gröning pour qu’il fassent leur habituel cinéma, c’est sans doute pas bien.

Le pitch du film ?

« A l’époque où nous cherchons à préserver ou recouvrer la santé en utilisant différents recours, il existe aussi un chemin que maintenant beaucoup empruntent en s’approchant de leur vraie nature. Ce chemin est la voie spirituelle tracée à travers l’enseignement de Bruno Gröning. Il permet de redécouvrir la possibilité qui s’offre à chacun d’aller mieux, voire dans de nombreux cas, de guérir de maladies réputées incurables De plus en plus de témoignages de guérison affluent pour démontrer que le savoir simple et pourtant fondamental dont il est question, et sa mise en pratique sont accessibles à tous. »

C’est pas top non plus.

Comme chaque année à pareille époque, la caravane de Bruno Gröning passe en Pays-de-la-Loire, La Bernerie le 30, la banlieue de Nantes quelques jours plus tard.

Mais qui est l’auteur ?

Bruno Gröning, ou Groening, c’est selon votre approche de la langue, est un guérisseur allemand qui découvrira sa vocation au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Convaincu de la possibilité de guérisons par la spiritualité, il se voyait comme envoyé de Dieu.

Cela sera dramatique pour Ruth Kuhfuss, âgée de 17 ans et atteinte de tuberculose. Le spirituel ne sera pas au rendez-vous et elle en décédera, prise en charge trop tardivement par la médecine.

Bruno Gröning fut poursuivi en justice et condamné à une amende de 5 000 Deutsch Mark et une peine de 8 mois de prison avec sursis.

Il n’avait pas vraiment la baraka puisqu’il décèdera peu après d’un cancer de l’estomac, et son procès en appel ne pourra avoir lieu.

A la fin des années 70, sa collaboratrice Grete Häusler relancera l’activité créant  Le Cercle des amis de Bruno Groening, connu au Québec aussi sous le nom du Cercle d’Aide à la Vie.

Le rapport de la Commission d'enquête sur les sectes et les psycho-groupes réalisé en 1998 par le Bundestag allemand mettra en garde contre la  pratique développée par le guérisseur et les groupes qui s’en réclament.

Les autorités autrichiennes, belges et françaises prendront rapidement des positions similaires.

Vivement l’été !

Source : CIPPAD, 18 novembre 2014,
http://www.cippad.com/2014/11/la-bernerie-en-retz-les-amis-de-bruno.html

Sur le même sujet :
L’article d’aujourd’hui porte sur le mythe du cerveau-gauche/cerveau-droit, c’est-à-dire la croyance que les gens ont une personnalité globalement affectée par la dominance d’un hémisphère cérébral sur l’autre. Steven Novella s’attache à critiquer cette idée dans un article publié le 6 août 2013 sur Science-Based Medicine: « Left Brain – Right Brain Myth ». Après des années passées à analyser […]

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Cinquante ans de métaphores avec l’ordinateur pour expliquer le cerveau et l’esprit humain, ça laisse des traces. Des traces pas mal néfastes que les sciences cognitives du XXIe siècle voudraient bien repousser loin, très loin en arrière-plan de leur cadre théorique de recherche. C’est le propos défendu par trois chercheurs espagnols de ce que l’on appelle maintenant la « cognition incarnée » qui s’expriment dans un très élégant et convaincant petit vidéo d’une quinzaine de minute (premier lien ci-bas).

Produit cette année dans le cadre du cinquième « Scientific Documentaries Script Writing and Production Workshop of the University of Zaragoza », le vidéo met par exemple en scène Ezequiel Di Paolo, qui avait présenté Evan Thompson lors de sa conférence « Mind in life and life in mind » à San Sebastian en 2011 (accessible par le 3e lien au bas de ce billet).

Thompson qui, dans son livre « Mind in life », remonte aux origines de la vie pour proposer l’idée, également défendue dans ce vidéo, que ce qui a de la signification pour nous ne peut provenir que du fait que nous avons un corps à maintenir en vie. C’est l’exemple de la bactérie qui remonte un gradient de glucose dans une solution aqueuse. La molécule de glucose n’a pas de signification en soi, mais elle en acquiert une comme aliment pour la bactérie parce que celle-ci a les enzymes qu’il faut pour en extraire de l’énergie. C’est tout le contraire des approches classiques en intelligence artificielle où l’on est obligé d’ajouter bien artificiellement une commande « motivation » pour que le robot se sente concerné par le monde…

C’est aussi ce que Di Paolo et ses collègues veulent dire quand ils affirment qu’agir c’est « répondre à une invitation du monde ». Et de rappeler que la meilleure façon de connaître ce monde, donc d’apprendre, c’est de s’engager dans l’action. Car non seulement notre corps-cerveau forme un tout indissociable, mais ce corps-cerveau apprend en étant situé dans un environnement précis et en en tenant compte constamment. Bien sûr, nous pouvons, nous, les êtres humains avec notre gros cortex associatif et nos multiples mémoires, rejouer ensuite sans bouger, en « off line », ce que l’on a appris en « on line ». Ce qu’on appelle couramment réfléchir, quoi. Mais ce que l’on sait aujourd’hui, on l’a appris en interagissant avec l’environnement hier.

Ou encore, pour le dire comme Francisco Varela citant le poète Machado : « il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant ». Riche métaphore qui détruit au passage l’idée d’un monde extérieur qui serait indépendant de notre corps et ses sens particuliers. Ce monde extérieur dont il suffirait de manipuler intérieurement les représentations symboliques avec des règles logiques pour commander ensuite à nos muscles de l’exécuter, bref ce schéma classique du cerveau vu comme un ordinateur traitant de l’information ne tient plus la route, martèlent les tenants de plus en plus nombreux de cette cognition dite incarnée.

Celle-ci devra être multidisciplinaires (ou ne sera pas ?, pour reprendre une vieille formule…) pour s’attaquer à nos comportements sociaux les plus complexes et nos pensées les plus abstraites dans ce nouveau cadre théorique. Et c’est justement ces défis qu’explore l’ouvrage collectif intitulé « Enactive Cognition at the Edge of Sense-Making: Making Sense of Non-sense”, coordonné par Massimiliano Cappuccio et Tom Froese, qui vient tout juste de paraître (2e lien ci-bas).

* * *

Sans pouvoir être associé à ce mouvement, Henri Laborit (1914-1995) n’avait eu de cesse d’insister sur le fait que : « la seule raison d’être d’un être vivant, c’est d’être, c’est-à-dire de maintenir sa structure. ». Il était également un pionnier de l’approche multidisciplinaire à une époque où l’on ne jurait encore que par les spécialistes, comme j’avais tenté de le rappeler dans un cours de l’UPop Montréal (3e lien ci-bas). Si je fais ces liens avec Laborit (et que je parle au « je »…) c’est pour signaler que je mettrai en onde un site web qui lui sera consacré vendredi prochain le 21 novembre 2014, date où il aurait eu 100 ans. Je n’en dis pas plus pour l’instant, question de créer un petit suspens (!), mais je vous en reparle plus en détail lundi prochain.

i_lien The embodied mind
a_lien Enactive Cognition at the Edge of Sense-Making: Making Sense of Non-sense
i_lien La difficile mais nécessaire multidisciplinarité

De temps à autre fleurit sur internet des vidéos plus ou moins longues se présentant comme révélatrices d’une vérité cachée. Chemtrails : La Guerre secrète est l’une de ces vidéos. Faisant pas moins d’une heure, ce documentaire se veut une présentation des preuves que les chemtrails existent. Dans la droite lignée des films à caractère sensationnel (musique dramatique, montage rapide des images, effets visuels) mais avec un fond totalement grotesque à l’image du fameux Mystère des pyramides, ce film ne fait qu’acumuler les approximations et ne parviendra à convaincre que les personnes qui ne prennent pas le temps de vérifier les infos présentées.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

La première « preuve » du film est la référence faite à l’acte de préservation de l’environnement de 2002 aux Etats-Unis où on retrouve le terme Chemtrails. Cette proposition de loi a été faite par Denis Kucinich, représentant du 10e district de l’Ohio. Ce document, nommé Space preservation act et visible ici, avait pour but de garantir que l’espace aérien et spatial soit préservé de toute présence d’armes pouvant menacer ces lieux devant rester un bien commun de l’humanité. Mais ce projet de loi n’est qu’une proposition et n’est pas une preuve en soit. Tout au plus, ce document montre que son auteur a entendu parler des chemtrails mais le fait que cela vienne d’un homme politique ne donne pas plus de poids à ces quelques pages. En outre, si tout ce qui est mentionné dans ce document existe, je veux bien prendre connaissance des armes extraterrestres (extra-terrestrial weapons) mentionnées à la ligne 21 de la page 5. Pour bien comprendre en quoi ce document n’est pas une preuve, imaginez qu’un parlementaire français dépose un projet de loi afin d’interdire les chemtrails. Le fait que cette personne parle de chemtrails suffirait à prouver leur existence ? Bien sûr que non, cela est tout au plus un argument d’autorité. Davantage de détails sur le Space preservation act peuvent être trouvés ici, on n’y voit notamment que ce projet de loi a été co-écrit en association avec des supporteurs de l’existence d’extra-terrestres et du voyage dans le temps.

Vient ensuite un autre document datant cette fois-ci de 1966 : « Le programme national recommandé pour la modification du climat« . D’emblée, on peut supposer que si une référence claire aux chemtrails se trouvait dans ce document, nulle doute que le film en profiterait pour l’indiquer. Or, que trouve-t-on dans ce document ? De la géo ingénierie parfaitement basique à base de dissipation de brouillard (fog dissipation techniques, page 80) et d’ensemencement de brouillards (seeding clouds). Les États-Unis étant ce qu’ils sont, qui serait surpris d’apprendre qu’ils cherchent à contrôler la nature ? Comme nous l’avons vu ici, la géo ingénierie est une réalité qui n’est en rien cachée. En outre, si un tel programme avait aboutit à des résultats probants, pourquoi les USA ne modifient pas le temps lorsqu’ils sont victimes d’importantes vagues d’incendie ou de sécheresse ? Pourquoi n’ont-ils pas modifié le climat quand New-York était complétement paralysée par une vague de froid exceptionnelle ? Rien ne permet de penser que ces programmes ont eu des résultats probants. Encore une fois, si des références à des épandages massifs se trouvaient dans ce document, nulle doute que le film en parlerait. Puisqu’il passe sous silence de tels éléments, nous pouvons considérer que ce programme n’est aucunement une preuve de l’existence des chemtrails.

La rhétorique fallacieuse dans ce genre de documentaires est légion. Pour éviter d’allonger inutilement cet article, je ne vais pas m’attarder sur l’ensemble des raccourcis que l’on peut trouver dans cette vidéo. Je vais simplement en prendre un exemple à 3:50. Pour les auteurs du documentaire, le programme national recommandé pour la modification du climat est une preuve non seulement de l’existence des chemtrails mais en plus de l’implication de nombreux autres gouvernements. Un tel raccourci est bien audacieux.

En continuant avec une bonne couche de musique dramatico-épique, le film nous apprend que l’armée américaine a entrepris une étude en 1995 sur la maitrise du climat. S’en suit une énumération des buts recherchés : Création et dissipation du brouillard, précipitation volontaire, asséchement de certaines zones. Bref, là encore il s’agit de pure géo ingénierie, rien de bien nouveau. Une phrase sort pourtant du lot. « A l’examen des diagrammes et images, on en déduit que déjà en 1995, les opérations de contrôle du climat et du temps étaient déjà dans une phase de réalisation avancée ». On en déduit ? Comment est-ce qu’ils déduisent cela ? Quelles images permettent de déduire cela ? La logique derrière ce passage est la même que « il y a des traces blanches dans le ciel, il y a donc un complot, j’en veux pour preuve les traces qu’on voit dans le ciel ». Ce n’est rien d’autre qu’un ensemble de raccourcis doublé d’un raisonnement circulaire.

Il est en outre indiqué que le ciel semble être l’objet de modifications depuis au moins 1995. Deux minutes auparavant, ils évoquaient un rapport de 1966. Quelle date doit-on conserver ? Nous avons en outre vu ici que les trainées dans le ciel sont bien plus anciennes que les années 90. Ajoutons également que bon nombre de partisans de la théorie des chemtrails évoquent des trainées inexistantes il y a 10 ou 15 ans. L’ancienneté de ces trainées ne semble pas près d’être validée.

Rentre en jeu un premier interlocuteur qui indique que les trainées de condensation se forment dans des conditions où la température est à -40°C et où l’humidité est supérieure à 60%. Si ces informations sont vraies, il faut néanmoins désamorcer un premier biais de compréhension. Il est important de ne pas confondre humidité relative à l’eau et humidité relative à la glace. C’est cette dernière qu’il faut prendre en compte.

A 7:05, nous atteignons un sommet de mauvaise foi. Le réalisateur utilise des images d’un avion soit-disant en plein épandage. Cette vidéo est en réalité filmée par des pilotes dans un autre avion se situant derrière le premier et si le son de la vidéo avait été conservé, nous aurions pu entendre les pilotes faire des blagues sur le fait que « ça ressemble à un épandage » et qu’il « faudrait mettre cette vidéo sur Youtube ». Vous pouvez trouver plus d’indications et la vidéo originelle ici. Précisons que cette vidéo ayant pour but de manipuler les images se trouve sur le compte de TankerEnnemy, c’est-à-dire le réalisateur du présent documentaire.

Nous avons ensuite le droit à un cours de physique avec pour conclusion que des trainées ont peu de chance d’apparaitre dans les régions tropicales puisque l’air y est trop sec. J’ignore pourquoi ils précisent cela, d’autant plus que c’est faux puisqu’on retrouve des cirrus à une altitude de 10 à 16 km comme on peut le voir ici et ici.

Un autre intervenant apparait pour conclure sur le fait que les contrails ne se forment qu’à haute altitude, donc les trainées à basse et moyenne altitude sont forcément le résultat de produits chimiques.

On arrive ensuite dans le domaine du burlesque. Le narrateur affirme que les trainées persistantes sont toutes le résultat d’avions volant à basse altitude. Je cite : « Ceci est un fait démontré et irréfutable. » Démontré ? Mais où ça ? Le film ne donne pas le moindre exemple pour appuyer ses propos. Ainsi, n’importe qui peut faire un film sur un fait « démontré et irréfutable » sans avoir à se soucier d’apporter de telles preuves. Devant un tel niveau d’absurdité argumentative, c’est à se demander comment certaines personnes peuvent donner du crédit à de tels films.

On continue dans l’absurde avec l’affirmation indiquant que de toute façon les traces de condensation sont rares. La preuve ? De « vieilles et nobles » encyclopédies ne mentionnent pas ce phénomènes. En même temps, les encyclopédies de Diderot jusqu’à celle du XIXe siècle auront du mal à parler des trainées de condensation d’un véhicule qui n’existait pas à leur époque. Il semblerait que le film commence à n’avoir plus aucune envie de conserver un minimum de crédibilité et sombre dans le grotesque en mettant allégrement un siècle d’observations météorologiques à la poubelle. En outre, pourquoi avoir expliqué cinq minutes auparavant dans quelles conditions ces trainées se formes ? Conditions qui sont parfaitement communes une fois les 10 000 mères d’altitudes dépassaient.

Le film aborde alors la question des filaments aéroportés avec l’éternel « des analyses ont montré que » sans donner de source. Dans tous les cas, ces analyses ont montré que des composants retrouvés sur les filaments sont les mêmes que ce qu’on retrouve dans le carburant d’avion. En vérité, on pourrait sans doute faire la même corrélation avec l’essence des voitures, cela ne prouve rien du tout. Le film s’assoie allégrement sur la différence qu’il y a entre corrélation et causalité.

On nous explique alors que depuis les années 70, les avions utilisent des réacteurs où l’air ne rentre pas dans la chambre du combustion. De ce fait, cette air ne chauffe pas et ne produit pas de trainées. Cela est non seulement faux mais c’est l’inverse qui s’est produit. Les réacteurs turbofan produisent plus de trainées qu’auparavant comme cela est expliqué ici. En outre, que sont les trainées d’avion visibles dans les années 80 puisqu’à ce moment là les avions sont censés ne plus faire de trainées de condensation avec leurs nouveaux réacteurs mais que le programme de 1995 n’a pas encore vu le jour ?

Avec un argument ad hitlerum à peine voilé, on nous apprend qu’Adward Teller, l’un des créateurs de la bombe atomique a proposé il y a « quelques années » (quand ? et où ?) d’utiliser des avions pour disperser des particules métalliques afin de réduire le rayonnement solaire et ainsi limiter le réchauffement de la terre. D’autres scientifiques ont également proposé cette idée et plusieurs organismes en ont parlé, cela est donc forcément vrai. Là encore, il y a un amalgame entre épandage de produits chimiques sur toute la terre et géo ingénierie localisée.

Mais comme plus c’est gros mieux ça passe, le film réalise l’exploit de lier les chemtrails à l’arrêt du réchauffement climatique il y a 15 ans. Ainsi, le programme mis en place en 1995 (ou 1966, on ne sait plus trop) est parvenu à stopper une augmentation des températures en deux ans seulement.

S’ensuit un passage incompréhensible à propos de l’influence des chemtrails sur les ondes radars (?).

Un troisième intervenant arrive pour nous rabâcher qu’ils ont fait des analyses d’eau de pluie et qu’ils ont trouvé des produits anormaux. Non seulement aucune source n’est mentionnée mais le film ne prend même pas la peine de montrer une simple photo du rapport réalisé.

Le narrateur énumère alors les produits que nous sommes censés retrouver dans ces trainées : barium, aluminium, manganèse, thorium et césium radioactifs, cuivre, titane, gallium, silice, cobalt, plomb, nickel, fer, dibromoéthylène. Ajoutez à cela des champignons, virus et bactéries. Devant ce coup de massue, le spectateur devrait se poser une très simple question : où sont les symptômes de tels épandages ? Cela ferait 20 ans qu’on nous asperge de ces produits chimiques. C’est une véritable hécatombe qui aurait dû avoir lieu.

Ce que semble désormais faire le film, ce n’est plus seulement de mettre en avant des phénomènes difficilement compréhensibles et sujets à questionnement comme la différence entre trainées persistantes et non persistantes. Le film au contraire met en place une théorie invraisemblable en contradiction totale avec le réel. Il est en effet totalement délirant d’avancer l’idée que les trainées ne sont jamais de vraies trainées de condensation. Quid des trainées qui ne persistent que quelques secondes ?

Retour des filaments avec pour une fois une étude présente… l’étude du laboratoire Analytika dont nous avons parlé ici. Ce qui est incompréhensible ici, c’est qu’ils utilisent une étude qui montre que ces filaments sont éventuellement le résultat normal du trafic aérien et absolument rien n’est avancé en faveur d’un épandage volontaire de produits chimiques particuliers.

Une nouvelle étape est franchie dans le complot et la contradiction puisqu’il est dit que depuis quelques années (quand ?) des trainées plus courtes peuvent être vues, résultat de l’utilisation d’un produit chimique nouveau. Non seulement le rapport qu’ils viennent d’utiliser indique qu’il n’y a pas de produit chimique spécifique utilisé mais en plus pourquoi certains avions continueraient à utiliser une solution chimique qui laisse des traces persistantes quand ils pourraient utiliser des produits plus discrets ?

Le film devient peu à peu incompréhensible : « Les trainées persistantes sont à présent utilisées plus rarement ». Ils viennent de passer 20 minutes à illustrer leurs propos par des images de trainées persistantes tout en expliquant que le ciel a changé d’aspect et maintenant ils indiquent qu’elles sont rares ?

19:30 : les trainées persistantes sont formées à la même altitude que les cirrus. Oh, quel hasard, ne serait-ce pas parce que justement ils ont une composition à base de gouttelettes et de cristaux de glace en grande partie comparable à tel point que certaines trainées se transforment justement en cirrus. Devant de tels absurdités, j’en viens à me demander si ce film n’est pas un test psychologique pour étudier jusqu’à quel point un spectateur peut s’intégrer dans la passivité et la soumission à des propos stupides.

Vu la longueur du film, je préfère m’arrêter là dans un premier temps. En vingt minutes, nous avons déjà accumulé un large ensemble de mensonges, contre-vérités et théories totalement abracadabrantesques sans quasiment jamais appuyer les propos avancés.

Contre la théorie du complot : ce que l'on sait sur la mort d'Arafat (et pas plus)
Le dixième anniversaire de la mort de Yasser Arafat a été le prétexte à un nouvel assaut conspirationniste contre les faits. Sans rencontrer de réelle résistance, la théorie de l’assassinat s'est invitée dans tous les médias qui comptent, de France Inter à RTL en passant par Europe 1, France 3, TV5, Le JDD, Le Point, Atlantico, Le Huffington Post ou RFI. Le principal protagoniste de cette offensive médiatique : Emmanuel Faux, journaliste à Europe 1 et ancien correspondant à Jérusalem.

Que nous dit l’auteur de L’Affaire Arafat (éditions de L’Archipel) en vente depuis quelques jours pour la somme de 17,95 euros ? Que le raïs palestinien a probablement été assassiné et que, de cet assassinat, la France est complice ; que la conspiration, aux ramifications internationales, a été ourdie il y a plus de dix ans et qu’elle continue jusqu’à aujourd’hui ; qu’au plus haut sommet de la République, on ment, et que des médecins français, des experts scientifiques français et la justice française travaillent à perpétuer ce « mensonge d’Etat ».

Emmanuel Faux n’est pas un théoricien du complot professionnel. Néanmoins, la complosphère ne s’y est pas trompée qui relaie avec délectation sur Internet les conclusions du journaliste. C’est qu’il n’hésite pas à faire sienne une rhétorique classiquement complotiste, à commencer par l’inévitable dénonciation de la « version officielle » et la rituelle mise en exergue des « zones d’ombre » qui entourent l’affaire.

« Version officielle » : formule magique qui permet de jeter la suspicion sur les faits les mieux établis au seul motif qu’elle émane d’une autorité politique. A ce compte-là, pourquoi ne pas stigmatiser dans les mêmes termes la thèse de l’assassinat qui, pourtant, constitue la « version officielle » de l’Etat de Palestine ? Et pour une raison simple : le père de la nation palestinienne ne pouvait pas ne pas mourir en martyr. « Il fallait qu’il y eut assassinat. Autre chose qu’un assassinat n’aurait pas rendu justice à son statut mythologique, hors du commun » écrit l'analyste américain Hussein Ibish.

Quant aux non moins fameuses « zones d’ombre », il faudra un jour que les obsédés du complot dressent l’inventaire des événements historiques qui, selon eux, en sont parfaitement exempts. Comme le relève Jacques-Alain Miller, « la narration pure et simple de faits, quels qu'ils soient, empruntés au monde réel, comporte toujours des manques, des incohérences, des non-sens ». Le propre d’une théorie du complot est précisément d’exploiter jusqu’à la corde ces zones grises pour les retourner en preuve d’une conspiration. Dans le cas de la mort d’Arafat, l’incertitude sur la cause première qui a entraîné toutes les autres complications médicales, l’absence de rapport d’autopsie et la destruction d’échantillons biologiques qui auraient éventuellement pu permettre des analyses complémentaires, nourrissent l’idée que l’on nous cache des choses, que toute la vérité ne nous est pas dite. Du reste, c’est peut-être le cas, sans que cela ne confirme pour autant la thèse extrême du complot criminel défendue par Emmanuel Faux (1).

Que le destin d’Arafat fut exceptionnel n’entraîne pas que sa mort le fut également. Mais il en va de sa disparition comme de l’affaire Al-Dura ou de l’assassinat de JFK : les apparences jouent en faveur de la théorie du complot. Les apparences seulement. Car en définitive, pour chacun de ces cas, ce que l’on peut affirmer avec certitude, c’est précisément que l’on ne peut pas affirmer qu’il y a eu complot. Là où les conspirationnistes affirment sans vergogne leur vérité, le journaliste digne de ce nom ne peut que se limiter à dire strictement ce qu’il peut dire, ni plus, ni moins.

Revenons-en donc aux faits : que savons-nous réellement sur la mort de Yasser Arafat ?

Il est rigoureusement exact que les médecins français ne sont pas parvenus à isoler la cause des troubles digestifs qui sont à l’origine de la dégradation de son état de santé le soir du 12 octobre 2004 (il ne sera transporté en France que dix-sept jours plus tard). Toutefois, ce fait n’a, de l’avis de plusieurs médecins, rien d’exceptionnel compte tenu de l’âge avancé qui était celui d’Arafat au moment de son décès (75 ans), de ses antécédents médicaux et des graves problèmes de santé auxquels il était alors confronté (lire : Il y a cinq ans, la mort de Yasser Arafat... et la naissance d'une théorie du complot ).

Il est de plus tout à fait exact qu’aucune autopsie médico-légale n’a été menée sur la dépouille du raïs et que des échantillons de sang et d’urine prélevés sur son corps ont été détruits. Encore faut-il souligner que Souha Arafat avait la possibilité d’autoriser une autopsie, ce qu’elle n’a pas souhaité faire alors même qu’elle criait publiquement au complot, sur la chaîne qatarie Al-Jazeera, plusieurs jours avant le décès clinique de son époux (2). Quant à la destruction des échantillons biologiques, elle est intervenue quatre ans après la mort du leader palestinien, au terme d’une procédure classique d’élimination des déchets de laboratoires, encadrée légalement, et sans que personne ne puisse présager à l’époque qu’une plainte pour assassinat serait déposé des années plus tard par sa veuve.

Reste l’hypothèse d’un empoisonnement au polonium-210, une substance hautement radioactive. Là encore, elle est loin d’être prouvée. Apparaissant pour la première fois dans un reportage d’Al-Jazeera diffusé en juillet 2012, cette piste s’appuie sur l’analyse des traces de fluides corporels présents sur plusieurs effets personnels d’Arafat (sous-vêtements, chapka, survêtement de sport, etc.) conservés par son épouse et confiés en 2012 à un laboratoire suisse, l’Institut de radiophysique de Lausanne. Plusieurs des échantillons soumis – mais pas tous – présentaient des quantités anormalement élevées de polonium de nature à suggérer une possible irradiation huit ans plus tôt. Cependant, le polonium est présent un peu partout à très faibles doses dans l’environnement (3) et plusieurs experts doutent de la validité scientifique d’une démarche consistant à essayer de retrouver des traces d’un empoisonnement au polonium après un tel délai compte tenu de la vitesse de dégradation de cette substance. Au demeurant, les analyses des prélèvements effectués lors de l’exhumation du corps en novembre 2012 ne sont pas conclusives.

En effet, les spécialistes de ces questions sont loin d'être unanimes. Si les uns considèrent que les symptômes provoqués par une intoxication au polonium sont encore trop mal connus pour permettre d’invalider un éventuel empoisonnement radioactif, les autres soulignent au contraire que l’absence de dommage causé à la moelle osseuse d’Arafat réduit à néant cette hypothèse. Laquelle ne serait pas davantage cohérente avec la courte période de rémission qu’a connu Arafat entre le 12 octobre et le 11 novembre. Enfin, il paraît à certains tout simplement improbable que le Service de protection radiologique des armées (SPRA), qui a procédé à des analyses radiotoxicologiques sur des échantillons urinaires du raïs, ait pu passer à côté du polonium, quand bien même il ne le cherchait pas spécifiquement (4) – ce qui, dans la perspective conspirationniste, allonge encore un peu plus la liste des comploteurs présumés.

Toute théorie du complot renferme une mise en accusation dont on sous-estime généralement les implications. Celle que défend Emmanuel Faux suppose que les médecins de l’hôpital d’instruction des armées Percy de Clamart, qui ont accompagné les derniers jours d’Arafat, auraient délibérément maquillé un assassinat en mort naturelle. Ces derniers ont délivré le permis d’inhumer. Faut-il rappeler que, dans le cas où un doute médical existe quant à l’éventualité d’un décès non naturel, un tel document ne peut être signé et que la justice doit être saisie ?

Il est vrai que, pour Emmanuel Faux, les trois juges d’instruction français chargés de l’enquête au Tribunal de Grande Instance de Nanterre sont également dans le coup.


Notes :
(1) Le 17 novembre 2004, Le Canard Enchaîné publie un article qui, s’appuyant sur les déclarations de médecins de l’hôpital Percy ayant eu accès au patient et à son dossier, affirme que le raïs est mort d'une cirrhose du foie. Or, aucune mention de la cirrhose n’est faite dans le rapport médical français. Comme le confie l’un des médecins à l’hebdomadaire, « pour un public non averti, cirrhose, ça veut dire alcoolo. Et dans le contexte, ça n'était pas possible ». L’hypothèse de la cirrhose – maladie qui peut être provoquée par la malnutrition ou d'autres infections mais que l’imaginaire collectif associe à l’alcoolisme – aurait pu salir l’image du leader palestinien.
(2) Le 7 novembre 2004, alors que Yasser Arafat est plongé dans un coma irréversible, Souha Arafat intervient en direct par téléphone sur Al-Jazeera pour lire une déclaration stupéfiante : « Ceci est un appel au peuple palestinien. Une bande de comploteurs veut enterrer Abou Ammar de son vivant… Mais il est en bonne santé et il reviendra. Je ne permettrai pas cela. Nous poursuivrons jusqu’à la victoire ! Allah wakbar, Allah wakbar ! ».
(3) Membre de l'Académie de médecine et spécialiste de la radioactivité, le professeur Roland Masse indique que « le polonium est partout à faibles doses dans l'environnement, dans la terre, la fumée de cigarettes. Quand on les cherche, on en retrouve facilement »Arafat : des médecins doutent de la thèse du polonium », Le Figaro, 31 juillet 2012).
(4) cf. Jean-Yves Nau, « Yasser Arafat, le retour de la théorie de l'empoisonnement », Slate.fr, 4 juillet 2012.

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
Source : Site du Centre national d’Accompagnement Familial et de Formation face à l’Emprise Sectaire (CAFFES), 16 novembre 2014, http://caffes.fr/?m=201411

LE DOIGT DANS L'ENGRENAGE INTÉGRISTE

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CIPPAD

le 16-11-2014 à 14:18 GMT
Dans le Marianne n° 915, il y a un article sur la victoire des « laïcs »en Tunisie. Ayant vécu dans ce pays, je suis content que les gens que j'ai connus soient de nouveau entendus et représentés.
 La question reste : combien de temps vont-ils contenir leurs divergences pour conserver un pouvoir
 fragile ? 

En France, notre ministre de l'Education nationale aurait pondu une circulaire suivant laquelle les femmes voilées pourraient participer
aux sorties scolaires 
pour accompagner les élèves... Pas un mot !
Ancien instituteur, je ne me 
vois pas sortir avec mes élèves avec une accompagnatrice voilée, un accompagnateur déguisé en lama, portant kippa ou turban sikh, ou des gens arborant des croix. 

Laissez la porte entrebâillée et elle s'ouvrira en grand à tout
ce que l'on veut, à tout ce que 
l'on peut redouter. Décidément, les socialistes ont du mal avec 
ce qui est un des fondements de notre Constitution ! 

Il a fallu attendre Chirac pour avoir une 
loi sur le voile à l'école, Sarkozy pour avoir une loi sur le voile intégral dans l'espace public.
 On comprend que le centenaire des lois de 1905 ait été célébré avec une discrétion de violette par le monde politique : il ne fallait heurter personne ! Moi, je suis choqué.  
GÉRARD PRÉVOST
Source : Marianne, 14 novembre 2014

À lire également :

La campagne de prévention contre les dérives sectaires dans le domaine de la santé a été lancée le 3 novembre. A l’initiative du Centre Contre les Manipulations Mentales (CCMM), le programme vise à sensibiliser les professionnels de santé et les patients face aux pseudo-pratiques médicales, en recrudescence en France.





Sectes et santé : lancement d'une campagne de prévention

Entretien avec Laure Telo, présidente du Centre contre les manipulations mentales d'Île-de-France

"Danger ! Attention aux traitements miracles et aux faux thérapeutes", tel est le message de mise en garde du Centre Contre les Manipulations Mentale. Pour lutter contre les dérives sectaires de certaines pratiques pseudo-médicales, l'association lance une campagne de prévention. Alors que ces méthodes sont en augmentation en France, les professionnels de santé ne sont pas encore assez sensibilisés à ces questions, selon la CCCM. La Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires (Miviludes) et le ministère de la Santé sont aussi partenaires de la campagne.

"On assiste à l'explosion d'une multitude de petites structures qui échappent aux gardes fous. Un terreau fertile pour capturer les proies faciles que sont les patients en souffrance" explique Laure Telo, présidente de CCMM Ile-de-France. Des pratiques qui représentent 22% de la totalité des dérives sectaires, et qui touchent en majorité les personnes âgées (plus de 80 ans).

Des escrocs qui mettent en danger les malades

De plus en plus de thérapeutes autoproclamés attirent les patients vulnérables. Sans aucune preuve scientifique, ils se basent sur des observations empiriques privées fondement pour établir un diagnostic. Parfois farfelus, les traitements peuvent malheureusement souvent être dangereux... Bon nombre de faux soignants préconisent par exemple l'arrêt total du traitement classique en discréditant la médecine traditionnelle. Un exercice illégal de la médecine qui met en péril la vie des patients.

Le marché alternatif de la guérison touche particulièrement deux domaines santé. D'une part : le coaching personnel (gestion du stress, des émotions). Près de 4.000 psychothérapeutes autoproclamés en France n'ont reçu aucune formation et ne sont inscrits sur aucun registre. D'autre part, les personnes atteintes de cancer, elles aussi très à risque de subir ces dérives. Des patients fragilisés par leur maladie, qui sont parfois poussés à arrêter leur chimiothérapie. Selon la Mivilude, 60% d'entre eux ont déjà eu recours à ces pratiques.

Par Léa Galanopoulo, avec AFP

Source : Allodocteur, France 5, 4 novembre 2014,
http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-sectes-et-sante-lancement-d-une- campagne-de-prevention-14759.asp?1=1
Certains articles ont déclaré qu'un étudiant sur cinq avait déjà pris du Modafinil, qui est un médicament considéré comme étant capable de stimuler leur aptitude à étudier et à améliorer leurs chances de réussite aux examens. Mais une récente recherche sur les effets du Modafinil a montré que les étudiants en bonne santé pouvaient en fait voir leurs performances empirer à cause de ce médicament. Cette étude du Dr Ahmed Dahir Mohamed de l'Université Nottingham Malaysia Campus et publiée dans le journal (...) - Suppléments / , ,
par Peggy Sastre - SPS n° 309, juillet 2014 Certaines différences sexuelles sont élémentaires et manifestes : les femmes ont un vagin, les hommes un pénis, les femmes portent les enfants dans leur corps, les hommes non. Mais il y en a d'autres, à la fois plus discrètes et fondamentales, nichées au cœur de nos cellules : les femmes ont deux chromosomes X quand les hommes ont un X et un Y. Le chromosome Y est le plus petit chromosome humain et ne contient qu'une centaine de gènes, tandis qu'on en (...) Articles
FIGAROVOX/TRIBUNE - La maire de Paris demande solennellement au président pakistanais Mamnoon Hussain de gracier Asia Bibi, jeune catholique condamnée à mort pour blasphème. Elle se dit prête à l'accueillir dans la capitale.
Le 16 octobre, la justice pakistanaise a confirmé la condamnation à mort par pendaison d'une mère de famille d'une quarantaine d'années, déjà emprisonnée depuis cinq ans. Son nom: Asia Bibi. De condition très modeste, vivant dans la province du Pendjab, elle n'a commis aucun crime, aucun délit.
Ce qui est reproché à cette femme, qui appartient à la petite minorité catholique pakistanaise, l'est aussi, régulièrement, à des centaines de musulmans de son pays: elle aurait blasphémé contre le prophète de l'islam. Cette accusation, proférée à son encontre par des voisines, Asia Bibi la nie farouchement. Certes, elle affirme publiquement sa foi chrétienne, comme d'ailleurs la loi pakistanaise l'y autorise. Certes, ses accusatrices sont musulmanes. Cependant, tout porte à croire que la véritable raison de ce qui lui arrive est une de ces vendettas qui, au nom de coutumes sans rapport aucun avec la religion musulmane, oppose des familles d'un même village. L'ignorance et l'obscurantisme sont les causes principales de son sort actuel.
Aujourd'hui Asia Bibi, soutenue dans son combat par son mari, n'a plus que deux chances d'échapper à l'inimaginable: être la première femme exécutée pour «blasphème» au Pakistan, une république parlementaire et pluraliste, une puissance économique et politique régionale, un État membre de toutes les instances internationales et lié à l'Union européenne, son premier partenaire commercial, par un plan quinquennal de coopération signé en 2012. La première possibilité de la faire échapper à la mort est que son cas soit réexaminé par la Cour suprême et que celle-ci casse le verdict. Il faut faire pression en ce sens mais sans s'illusionner: les magistrats en particulier, veulent sauver Asia Bibi, est d'obtenir que le président Mamnoon Hussain la gracie. C'est ce que je lui demande solennellement en mon nom personnel, en celui de Paris et des Parisiens. Tout comme le gouvernement français l'a exprimé par la voix du ministre des Affaires étrangères, je rappelle mon opposition absolue à la peine de mort, en tous lieux et en toutes circonstances. Je réaffirme aussi, contre ceux qui ont une conception culturaliste et relativiste des droits de l'homme que personne, nulle part, ne doit être poursuivi pour un supposé «délit de blasphème» qui porte atteinte à la liberté de religion ou de conviction, ainsi qu'à la liberté d'opinion et d'expression. En effet, autant il est légitime de réaffirmer le droit de croire et de pratiquer sa religion, autant il est indispensable de rappeler la liberté de ne pas croire et d'ignorer les dogmes, tous les dogmes, comme de changer librement de confession.
Soutenir Asia Bibi, demander sa libération immédiate et sans conditions, avec la liberté pour elle ensuite de choisir son lieu de résidence ne participe d'aucune volonté d'alimenter un présumé conflit de civilisations entre l'Orient et l'Occident, ni d'aucun combat contre l'Islam. Il s'agit au contraire de rappeler qu'au Pakistan comme ailleurs, des centaines de musulmans croyants et pratiquants, respectueux du message profond de leur religion, sont en butte aux persécutions, aux attentats et à la censure imposés par une minorité de fanatiques intégristes. C'est d'ailleurs le message que diffuse inlassablement Malala Yousafzai, qui vient de recevoir le prix Nobel de la paix et à qui les talibans ont voulu interdire de concilier sa foi affirmée, son identité musulmane, et le droit à l'éducation et à l'émancipation.
Malala et Asia Bibi sont toutes les deux confrontées au poids insoutenable de traditions aliénantes dénuées de tout fondement théologique sérieux. Au Pakistan aujourd'hui comme en Iran hier, les femmes sont encore dans toutes les régions du monde les premières victimes d'un ordre que les théocrates, qui détournent les messages de toutes les religions, tentent d'imposer. Celui-ci les réduit à demeurer des êtres inférieurs en s'honorerait dans la communauté des nations en rendant à Asia Bibi la liberté. Paris, capitale des droits humains s'engage, si elle le souhaite, à la recevoir de manière permanente, ainsi que ses proches.
Le temps presse. Aussi j'appelle les élus, les responsables politiques et la société civile à rejoindre la campagne qui, en France et partout ailleurs, pourra par sa détermination et son ampleur sauver Asia Bibi et la rendre à sa famille.
Anne Hidalgo
Source : Le Figaro, 14 novembre 2014,
http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2014/11/14/31002-20141114ARTFIG00302-l-appel-d-anne-hidalgo-pour-sauver-asia-bibi.php

Le blasphème tue encore

La plus mauvaise idée de sa vie, Asia Bibi l'a sans doute eue en 2009, le jour où elle a décidé de porter de l'eau fraîche à un groupe de femmes musulmanes de son village en guise de geste amical. Ces dames ont failli lui balancer son eau à la figure, refusant d'en boire car elle serait haram (« impure »). Normal pour ces bonnes femmes qui font de l'excès de zèle exégétique, car Asia est chrétienne. Blessée dans son amour-propre, elle leur rétorque que Jésus est mort sur la Croix pour toute l'humanité, tandis que Mahomet n'aurait jamais rien fait pour elles. Il n'en fallait pas plus pour mener une cabale contre Asia Bibi. Cette Pakistanaise trentenaire et mère de cinq enfants s'est depuis retrouvée dans les couloirs de la mort, et a vu ses deux avocats assassinés par des mouvances islamistes.
Condamnée à mort par pendaison en novembre 2010, elle a interjeté appel et sa peine vient d'être confirmée le 16 octobre. Son dernier recours, c'est la Cour suprême pakistanaise, la plus haute juridiction du pays, auprès de laquelle sa défense compte bien porter l'affaire. Peu dupe sur la justice de son pays, la communauté chrétienne pakistanaise s'attend à une nouvelle condamnation et ne compte guère plus que sur une éventuelle grâce présidentielle. Une large mobilisation se fait autour de la jeune femme et une pétition, qui a déjà réuni plus de 15000 signatures, continue de recueillir des soutiens. Une manifestation est organisée à Paris, ce mercredi 29 octobre à 18 heures, esplanade des Droits-de-1'Homme du Trocadéro.
Zineb El Rhazoui
Source : Charlie Hebdo, 29 octobre 2014
« Vous voulez savoir si vous aurez une promotion dans votre travail, si quelqu’un vous aime en cachette ou encore si vous allez réussir à votre prochain examen, appelez au 88 628 ****, on vous dira tout sur votre avenir ». Rares sont les auditeurs ou téléspectateurs qui n’ont pas, au moins, une fois entendu un tel spot à la radio ou vu à la télévision.
Les émissions de voyance ou "Guissané" en wolof ont envahi l’audiovisuel. Maintenant plus besoin de se déplacer chez le devin, pour connaitre son avenir. C’est la voyance qui vient à vous. Un téléphone portable, disposant d’un compte crédit bien fourni -car c’est le prix à payer- suffi pour savoir de quoi sera fait son futur.
Entre la voyance pure avec les cauris, la cartomancie et la numérologie, l’offre est large. La demande aussi. Et toute structure de presse qui se respecte, se doit désormais, de proposer un programme de voyance ou d’interprétation de rêves à son public. Ainsi les prédicateurs de l’audiovisuel rivalisent d’artifices, pour gagner la plus grande part d’audience possible, car leur survie médiatique, mais aussi et surtout le chiffre d’affaire de leur employeur en dépend.
De ce fait, les médias sont devenus le théâtre des révélations les plus
loufoques sur nos vies. Et les prescriptions d’offrandes les plus insolites
sont devenues monnaie courante comme « prendre le bout de la langue d’une chèvre, le mélanger avec sept (7) clous et se baigner avec » dans le but de préserver des mauvaises langues.
Nos problèmes de cœur, professionnels et financiers constituent en fait, un nouveau fonds de commerce. Un filon très lucratif que les médias, en complicité avec des «experts » des arts divinatoires, dont on ne peut vérifier l’authenticité de leurs compétences, ont su exploiter.
Les serveurs téléphoniques des radios et télévisions qui s’adonnent à ce nouveau business ne désemplissent pas. Il suffit de se brancher sur l’une de ces fréquences, à l’heure de ces émissions pour le constater.
La ménagère et la jeune fille en quête d’amour sont les cibles principales, pour ne pas dire "pigeons", de ces « marchands de rêves » qui avec seulement votre nom, votre âge et votre lieu de résidence sont « capables » de vous dévoiler ce que vous ignoriez sur vous-même.
Dans un jargon qu’eux seuls maîtrisent, leurs consultations sont en fait, des déballages d’évidences que, même un non-initié serait en mesure d’imaginer, avec un minimum d’informations sur la personne.
Tout est en fait une question de probabilité et de profilage. Sachant par exemple qu’il y a de très fortes chances qu’un homme, peu importe son âge et son sexe, qui habite à Touba, soit Mouride, lui dire « les cauris me disent que vous êtes un fervent disciple de Cheikh Ahmadou Bamba » ne relève guère de la prouesse. Le but de la manœuvre étant de vous retenir le plus longtemps possible à l’antenne pour pomper le maximum de votre crédit téléphonique.
En plus de la rentabilité du serveur, il y a aussi les publicités drainées par ces émissions à forte audience qui constituent une autre manne financière très importante. Les autorités publiques ainsi que les organes de régulations de l’audiovisuel, devraient laisser une attention particulière à ce phénomène, afin de l’encadrer pour éviter les dérives. S’il n’est pas encore tard.
Cheikh DIACK
Source : Pressafrik, 9 novembre 2014,
http://www.pressafrik.com/Voyance-dans-les-medias-Ce-business-autour-de-nos-soucis-de-coeur-professionnels-et-financiers_a129182.html

 

 

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