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d'après une sélection de blogs sceptiques.

Pourquoi nous ne pourrons pas nourrir le monde sans OGM Tim Benton* Une chose dont je me souviens très bien de mon enfance est Le Jour des Triffides. Dans le roman apocalyptique de John Wyndham, les triffides étaient des plantes carnivores qui n'avaient...

Il n’y a rien de pire que de discuter avec quelqu’un qui refuse d’entendre la voix de la raison. Vous pouvez mettre autant de faits que vous voulez sur la table, il se contentera de s’enterrer plus loin encore dans ses croyances.

Cet article est une traduction de : How to debunk false beliefs without having it backfire

Dans les dernières décennies, des psychologues ont étudié pourquoi tant de gens sont comme cela. À ce qu’il s’avère, notre cerveau a des failles qui peuvent rendre difficile le fait de se rappeler d’un fait erroné qu’il l’est. Et tenter de débunker la désinformation peut souvent avoir l’effet inverse et renforcer la croyance. Le problème est pire encore lorsque les sujets abordés portent une charge émotionnelle – comme les vaccins ou le réchauffement climatique.

Alors, comment peut faire réellement changer quelqu’un d’avis ? J’ai été discuter avec le Pr Stephan Lewandowsky, un psychologue de l’université de Bristol et co-auteur du Debunking Handbook pour en savoir plus.

Susannah Locke : Il y a des preuves qui montrent que lorsque les gens s’accrochent à des faits erronés, ce n’est pas simplement de l’obstination – mais en fait une sorte de bug du cerveau. Pourquoi est-il si difficile de changer l’esprit des gens ?

Stephan Lewandowski : Ce n’est pas une tache facile de mettre à jour la mémoire de quelqu’un. C’est un résultat très clair qui s’avère vrai même pour des choses complètement anodines : notre appreil cogbitif a un problème fondamental lorsqu’il s’agit de modifier ce qu’on a dans la tête.

Ce que des gens ont suggéré – et dont je pense que c’est ce qui se passe – est que les gens se rappellent bien de l’information et qu’ils y attachent une étiquette « non, ce n’est pas ça ». Et le problème est que souvent cette étiquette peut être oubliée. Donc vous vous rappelez de l’information, mais pas du fait qu’elle est fausse.

Bon, une des façons de surmonter cela est de dire aux gens non seulement que quelque-chose est faux, mais aussi de leur dire ce qui est vrai. Une information alternative rend plus ffacile la modification de la mémoire.

Lors d’une étude devenue classique, on a dit à des gens qu’il y a eu le feu dans un hangar et que de la peinture à l’huile ou d’autres matériaux inflammables ont été trouvé dans un local électrique. Puis, plus tard, on leur dit qu’en fait le local était vide. Et si c’est tout ce que vous faites, les gens vont continuer à penser qu’il y avait de la peinture à l’huile dans le local. Se contenter de simplement dire que quelque-chose n’est pas vrai ne suffit pas.

Mais, si à la place, vous dites que le local était vide et que l’on a trouvé des chiffons imbibés d’essences ailleurs, alors les gens oublient le local car ils ont une explication alternative à l’incendie. Vous avez besoin d’une alternative pour que les gens puissent se débarrasser de l’information initiale.

Susannah Locke : Qu’est ce que les gens font le plus souvent mal lorsqu’il s’agit de faire changer les gens d’avis ?

Stephan Lewandowski : À partir du moment où vous abordez des situations qui sont chargées émotionnellement, qui sont politiques, qui sont des choses qui affectent les croyances fondamentales des gens – alors vous commencez à avoir des problèmes. Parceque ce qui risque d’arriver est qu’ils s’enferment dans leur croyance encore plus profondément et soient encore plus convaincues par des fausses informations.

Ce que l’on appelle « effet retour de flamme » peut survenir et ensuite les croyances sont encore plus ancrées.

Susannah Locke : Comment peut-on empêcher l’effet retour de flamme ?

Stephan Lewandowski : C’est très difficile. Ces choses font souvent parties de notre identité culturelle et de la façon dont nous concevons le monde. Et il faut prendre cela en compte et encourager doucement les gens à se départir de leurs croyances. Mais c’est un processus difficile.

Une solution est de commencer par donner aux gens une opportunité de réaffirmer leur croyance de temps en temps. Parlons des armes de destruction massive en Irak. Elles n’existent pas, non ? Après que l’Irak ait été envahi, personne n’en a trouvé. Et pourtant je pense qu’aujourd’hui environ 30 % du public croit encore à leur existence et avec une ligne de démarcation très nette entre bords politiques.

Si vous prenez des républicains et que vous les emmenez dans un labo pour leur dire qu’il n’y avait pas de ces armes en Irak, cela risque de renforcer leur croyance. C’est exactement l’étude que nous avons faite.

Il y a des preuves qui montrent que vous pouvez éviter cela si vous demandez aux gens de vous parler d’une occasion où ils étaient parfaitement à l’aise avec leur croyance en la libre entreprise (ou n’importe quelle autre chose importante pour cette personne). Alors seulement ils deviennent plus réceptif à un message correcteur.

Et la raison est que c’est moins menaçant dans ce contexte. Basiquement, je me mets à l’aise avec la façon dont je vois le monde, et alors à ce moment je peux supporter la contradiction car ça ne menace pas fondamentalement mon point de vue.

Une autre façon est d’avoir un messager qui parage vos idées : vous prenez un libéral pour parler aux libéraux et un conservateur pour parler aux conservateurs.

Susannah Locke : Les psychologues se sont-ils complètement débarrassé du modèle du déficit d’information – l’idée que l’on peut faire changer quelqu’un d’avis en lui donnant des informations correctes ?

Stephan Lewandowski : C’est un problème nuancé. Il y a quelques années, les gens disaient en gros que ce modèle était mort – en gros c’est un problème de culture. Mais je pense qu’il s’agit là d’une sur-simplification.

C’est une combinaison de deux facteurs. La culture est extrêmement importante, mais il est aussi vrai que dans certaines circonstances, fournir la bonne information est bénéfique. C’est ça : plus d’information permet aux gens de se rendre compte de ce qui se passe.

Après, le truc c’est qu’il faut que vous donniez aux gens l’opportunité de traiter l’information en profondeur. Si vous avez, par exemple, une salle de classe où les gens sont forcés de rester assis et de se concentrer, alors plus d’information est utile. On a de nombreuses preuves de ça en psychologie de l’éducation.

Mais le problème se pose dans le cas de situation de tous les jours, quand les gens écoutent la radio ou sont en train d’avoir une discussion de comptoir – alors le modèle de déficit d’information ne joue plus. Et, en gros, simplement balancer plus d’informations aux gens les fait décrocher. Dons il faut faire attention lorsqu’on évoque les discours publics que sont la radio, la télé ou les médias.

Susannah Locke : Disons que je passe mes vacances en famille et que j’ai un oncle qui ne croit pas au changement climatique. Comment est-ce que je peux le faire changer d’avis ?

Stephan Lewandowski : C’est difficile mais il y a quelques choses que je peux suggérer. La première est de donner à la personne le temps d’exprimer sa croyance. Affirmez que ce ne sont pas des idiots, des zozos ou des fous – qu’elle ne se sente pas attaquée. Et ensuite tentez de présenter l’information d’une façon qui ne rentre pas trop en conflit avec sa vision du monde.

L’un des problèmes sur lequel j’ai travaillé est justement l’attitude des gens sur le réchauffement climatique. Pour un bon nombre de personnes, à partir du moment où ils entendent les mots « réchauffement global », elles se braquent. Mais il y a des façons de contourner ça. Par exemple, il a été montré que si vous montrez les conséquences sur la santé de ce changement ou si vous présentez des solutions impliquant le marché, cela menace moins leur vision du monde.

Si vous dites aux gens qu’il y a une écrasante majorité de 97 % des climatologues qui s’accordent sur la notion de réchauffement anthropique global, il semble qu’il y ait une croyance liée aux « gardiens de la connaissance » qui permet aux gens de reconnaître l’importance du problème.

Dans la majorité des cas, c’est efficace avec les gens qui sont idéologiquement disposés à rejeter ce problème comme étant un fait. En général, les gens sont très sensibles à ce qu’ils perçoivent comme étant l’opinion majoritaire autour d’eux.

Susannah Locke : Si vous présentez trop d’information aux gens, sont-ils plus susceptibles de rejeter votre position ?

Stephan Lewandowski : C’est assez nuancé et cela dépend du temps que les gens sont prêts à investir pour réfléchir à ces informations. Si les gens s’assoient avec l’intention d’écouter et d’essayer de démêler le problème, alors il n’y a rien qui nous laisse penser qu’un effet retour de flamme monstrueux soit à prévoir.

Cependant, il y a de nombreuses preuves que dans un contexte informel – devant une télé allumée ou quelque-chose comme ça – vous risquez de diluer votre message si il contient trop d’information. Ce problème de la surcharge d’information est d’autant plus critique que le contexte est informel. Et c’est toujours à prendre en compte.

La plupart des recherches sur la désinformation ont mimé ces situations informelles. Les gens s’assoient simplement et lisent quelque-chose comme un article de journaux, et c’est comme ça que survient l’effet retour de flamme et que les gens s’ouvrent à la désinformation.

Susannah Locke : Qu’en est-il de « l’effet de familiarité », lorsque le simple fait de mentionner une fausse information fait que les gens s’ accrochent encore plus ?

Stephan Lewandowski : Jusqu’à il y a encore deux ou trois ans, j’aurais supposé qu’il existe. Maintenant, on commence à se dire que ce n’est pas si robuste que ça. Nous avons eu beaucoup de difficultés à essayer de le reproduire.

Il se produit de temps en temps, et d’autre fois non. J’ai tendance à penser que ça risque de s’avérer assez peu fréquent.

Susannah Locke : Quelle est votre expérience favorite montrant la difficulté du débunking ?

Stephan Lewandowski : Une des études que j’aime beaucoup est celle que j’ai conduite sur la guerre d’Irak qui a été publiée en 2005. Ce que nous avons fait était d’observer des gens à qui étaient soumis des informations sur la guerre et les armes de destruction massive. Nous avons mené l’étude dans 3 pays (États-Unis, Allemagne et Australie) au même moment.

Et ce que nous avons découvert est que les américains qui savait que tout cela était faux continuaient à y croire – ce qui n’a aucun sens. Nous disions « voilà une information » et nous leur demandions si ils savaient qu’elle avait été réfutée. Et une minute plus tard, on leur demandait si il croyait à cette information, et c’était le cas. Mais pas pour les allemands ni les australiens.

Bon, à première vue, cela pourrait laisser penser qu’il y a quelque-chose de bizarre chez les américains comparé aux deux autres nationalités. Mais ce qui est intéressant, c’est que ce n’est pas du tout le cas. Ce qui déclenchait cet effet était le scepticisme [sur les raisons ayant conduit au fait que la guerre soit déclarée].

Il s’est avéré que lorsque nous demandions aux gens si ils pensaient qu’à l’époque la guerre avait été déclarée pour aller chercher des armes de destruction massive, cela permettait de prédire si oui ou non ils allaient continuer à croire des choses fausses.

Lorsque vous prenez cet élément en compte, les différences entre australiens, allemands et américains disparaissent, il y avait cet variable cognitive sous-jacente. Il s’avérait juste qu’il y avait beaucoup plus de sceptiques en Allemagne et en Australie.

Susannah Locke : Comment la compréhension de la psychologie du débunking a-t-elle évoluée depuis que vous avez commencé à l’étudier ?

Stephan Lewandowski : Au cours des dix années que j’ai passé à travailler dans ce domaine, le rôle du point de vue culturel et de l’identification des gens à leur propre culture a été de plus en plus pris en compte. Et, dans le même temps, nous nous sommes rendus compte que le scepticisme est très important.

Les gens sont sceptiques envers les motivations de ceux qui leur disent quelque-chose – c’est très important et assez nouveau.

Une autre chose qui a émergé de plus en plus au cours du temps est l’existence de l’effet retour de flamme – que si vous dites une chose à des gens, ils croiront le contraire. Cette découverte semble très robuste.

Susannah Locke : Avez-vous vu des gens changer leur message en réponse à ces nouvelles recherches ?

Stephan Lewandowski : Le précis de réfutation [lien vers la version française sur le site du Cortecs, NDT]– il a été téléchargé au moins un demi million de fois. Donc le message se répand je pense. J’ai vu de nombreuses références à ce manuel, et je pense que des gens dans les médias sont maintenant conscients de la difficulté qu’il y a à retirer une information du discours public.

Je suis vaguement optimiste sur le fait que ces recherches aient un impact. Et vraisemblablement, si on en arrive aux gouvernements et grandes organisations, je crois qu’ils commencent à avoir un peu de jugeote sur ce qu’ils disent et la façon dont ils le disent, en partie du fait de ces recherches.

Susannah Locke : Y a t il autre chose d’important que les gens devraient savoir ?

Stephan Lewandowski : Une des choses que je voudrais mettre en avant est qu’il est très important pour les gens de rester sceptiques et d’anticiper le fait que des gens vont tenter de mentir au public. Certaines des désinformations actuelles ne sont pas accidentelles. Je pense qu’une part notable est introduite dans le discours public afin d’obtenir des effets politiques. C’est mal, mais efficace.

Ce que nos recherches montrent, c’est que si les gens sont au courant de la possibilité qu’on ait pu leur mentir, alors ils sont plus susceptibles d’accepter les corrections ultérieures.


Note de lecture de Kévin Moris *Mais tu mourras quand même ! (quatrième de couverture) C'est déjà le quatrième tome des aventures de la prof Moustache et la recette est inchangée. À nouveau, chaque épisode est introduit par une question sous la forme d'une vraie fausse carte postale et l'on suit alors la prof Moustache dans ses pérégrinations permettant d'apporter des éléments de réponse. Une précision importante : Nathanaëlle, la copine à barbe qui accompagne souvent la prof Moustache est en fait sa (...) Notes de lecture
Note de lecture de Kévin Moris - SPS n° 316, avril 2016 *Mais tu mourras quand même ! (quatrième de couverture) Cet ouvrage est le troisième tome des aventures de la prof Moustache. Et il est dans la lignée des précédents. Chaque séquence est à nouveau introduite par une carte postale posant une question naïve traitant d'un sujet scientifique. On trouvera des questions sur la physiologie humaine : C'est quoi les règles qu'ont les femmes ? Comment perdre son gras ? Pourquoi ça fait mal un coup dans (...) Notes de lecture
Il s'agit d'une bombe pour la scientologie. Encore une, me direz-vous, mais celle-ci est atomique d'un point de vue de relation publique.


Comme toute les sectes, la scientologie essaie d'exercer un contrôle serré sur l'information, surtout sur ce qu'on raconte sur elle. 

Encore une fois, la secte n'a pu empêcher la parution d'un livre qui met en lumière ses abus, en particulier sa politique de déconnexion.

Vous pouvez lire un extrait du livre ici.

Le réseau américain ABC (20/20) a diffusé une émission spéciale sur le sujet vendredi le 29 avril dernier:




En vente sur Amazon (voir ici).

Inutile de dire qu'il est interdit pour les scientologues de lire ce livre...


Pour nous joindre: joecalzaghe1[arobase]yahoo[point]fr



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EPA : « Le glyphosate est classé comme "probablement non cancérogène pour les humains" » Résumé du rapport – final – de la Commission d'examen de l'évaluation du cancer de l' EPA Avertissements : 1. Je ne suis pas toxicologue. Traduction sans garantie....
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Invitée : Xavier Ristat, Vulgarisateur et auteur du blog Cygnification.

Emission enregistrée le 23 février 2016.

Editorial

 

Parmi les obsessions humaines, celle de comprendre les autres humains occupe une place de choix. Et c’est heureux, car nous comprendre les uns les autres est ce qui rend possible de vivre en société. Mais, évidemment, tout désir de sens, de signification, nous met face au danger de la sur-interprétation, et nous avons ainsi vu passer au fil des siècles et des millénaires, les haruspices, les medium, les astrologues, les phrénologues, les graphologues et quantité d’autres personnes convaincues de lire dans tel détail négligé par les autres les signes qui permettent de décoder ce que pense autrui, ou ce qu’il désire.

L’idée n’est pas absurde, et de fait la science s’intéresse à la manière dont notre corps peut exprimer des choses à notre insu. Malheureusement ce champ disciplinaire est très peu vulgarisé, et on peut constater que ceux qui parlent du non-verbal sur le net ont tous quelque chose à vendre et tout plein de promesses comme vous apprendre à : « vous bâtir un impact irrésistible grâce à votre langage corporel. »

La méfiance est de mise, quand on sait que l’inventeur de la Synergologie, pseudoscience du non-verbal, ne se défend contre les critiques légitimes apportées à sa discipline que sur le terrain judiciaire, jamais sur celui des faits, des études, bref de la science. Cette manière de se défendre et de se victimiser n’est pas sans rappeler la manière dont les dérives sectaires s’organisent.

Petite parenthèse  : gardons-nous d’accuser sans preuve, de jeter l’anathème sur quiconque, car même les dérives sectaires peuvent avoir pour origine une démarche sincère, et le désir de bien faire. Il n’est donc pas question ici d’accuser les uns ou les autres d’escroquerie, de mensonge ou de manipulation, même s’il est légitime d’avoir des doutes à ce sujet.

Nous n’allons pas ici questionner l’honnêteté ou la psychologie des experts auto-proclamés du Non Verbal, mais leur méthode de travail et la manière dont ils apportent des réponses aux questions que pose leur pratique. Il est important de le faire car les pseudosciences sur le décryptage du comportement humain ont leurs entrées dans les tribunaux de certains pays, sont utilisées par certains recruteurs, et séduisent, évidemment, les individus en quête de plus d’estime d’eux-mêmes, et de sécurité. Bref, ces doctrines ont un réel pouvoir et elles sont potentiellement d’autant plus nocives qu’on ne peut pas en prouver ou en réfuter les principes.

Pour y voir un peu plus clair, nous recevons Xavier Ristat, qui connait bien le sujet pour avoir été synergologue lui-même avant de prendre du recul et d’appliquer la pensée critique à ce qu’il pensait savoir.

Cet article Verbiage & non verbal – Tronche en Live #21 (Xavier Ristat) est apparu en premier sur La Menace Théoriste.

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L'agenda parlementaire de ce début d'année 2016 a été marqué par l'examen de la loi sur la biodiversité au Sénat. Les discussions en séance plénière ont eu lieu la troisième semaine de janvier. Occasion pour le collectif Semons la biodiversité, essentiellement animé par Guy Kastler et la Confédération paysanne, d'effectuer un important travail de lobbying loin des caméras et de la presse.
Principalement focalisé sur les questions relatives à la « brevetabilité du vivant », le collectif a (...)

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Le docteur Dominique Belpomme, 73 ans, se présente lui-même comme un lanceur d'alerte en santé et environnement. Il s'est fait connaître du grand public dans les années 2000, en défendant l'idée que les pesticides organochlorés, notamment le chloredécone, étaient responsables de très nombreux cancers aux Antilles. Il considère, globalement, que l'environnement, au sens le plus large du terme, est la cause de l'essentiel des cancers. Un autre de ses combats est l'électrosensibilité. Le Dr Belpomme délivre (...) Dans les médias
« En Nouvelle-Calédonie et Outre-mer, les OGM prospèrent presque sans obstacle » ( Reporterre ) En métropole, c'est la désinformation – en Nouvelle-Calédonie aussi Superbe article de désinformation – un de plus –, mais finalement informatif, sur Reporterre...
Six conséquences réelles de l'étiquetage des OGM Mary Mangan* Ici, il s'agit d'une initiative privée et d'un étiquetage volontaire La question de l'étiquetage des aliments composés de plantes génétiquement modifiées ou en contenant, ou contenant des ingrédients...
Olivier Appert est délégué général de l'Académie des technologies. Diplômé de l'École polytechnique, ingénieur général des Mines, Olivier Appert a commencé sa carrière au service des Mines de Lyon, puis a occupé différents postes au Ministère de l'Industrie et au cabinet du Premier Ministre. En 1987, il a pris la responsabilité de l'activité radiocommunication mobile au sein de la société Télécommunications Radioélectriques et Téléphoniques (TRT). Nommé en 1989 directeur des hydrocarbures au Ministère de (...) Articles
SPS n° 315, janvier 2016 La carie est une maladie microbienne imputable à la présence de colonies de bactéries (la fameuse plaque dentaire) qui produisent, en présence du sucre venant de l'alimentation, des acides capables d'attaquer les tissus durs de la dent. Une bonne hygiène buccale, un apport en sucre modéré (en quantité et fréquence) et une exposition suffisante aux fluorures sont considérés, pris ensemble, comme des moyens de prévention efficaces. Est-ce suffisant ? Rien n'est moins sûr, à en (...) Sornettes sur Internet

J’aimerais vous parler aujourd’hui d’un problème classique tant pour le joueur de baseball que pour les gens en sciences cognitives. Et la façon dont le premier résout ce problème a aidé les seconds à mieux comprendre le rôle important du corps dans la cognition.

Le problème est le suivant : comment le joueur de baseball s’y prend-t-il pour attraper une balle frappée haut dans les airs ? Surtout quand celui-ci est au champ centre et que la balle franchit une longue trajectoire parabolique l’amenant à tomber à plusieurs mètres du joueur. Comment fait-il pour calculer cette trajectoire et aller se placer en quelques secondes au bon endroit pour l’attraper ? C’est ce que l’on désigne par l’expression consacrée anglaise le « outfielder problem » (bon, si vous êtes plutôt un fan de soccer comme moi, imaginez plutôt un joueur qui réussit à faire une tête sur le long dégagement d’un gardien de but…).

Quiconque se rappelle un peu de ses cours de physiques sait que si l’on connaît la vitesse de la balle qui quitte le bâton du frappeur et l’angle de sa trajectoire par rapport au sol, on peut, connaissant la force de gravité qui va s’exercer sur sa trajectoire, calculer l’endroit où elle va tomber (on négligerait ici l’effet du frottement de l’air et du vent sur la balle). Mais le joueur dans le fond de son champ centre ne peut pas connaître ces paramètres, et encore moins avoir le temps d’appliquer les formules mathématiques pour trouver la réponse et se déplacer au point de chute prévu de la balle.

Comment fait-il alors pour aller se positionner au bon endroit ? Il va utiliser un truc tout simple : il s’arrange pour que la balle reste à la même place dans le ciel de son point de vue ! Si la balle monte, il recule tant qu’elle monte. S’il la voit descendre, il avance vers elle jusqu’à temps qu’elle se stabilise au centre de son champ de vision. Même chose si elle va un peu à gauche : il bouge alors vers la gauche jusqu’à ce que la balle lui semble cesser son déplacement vers la gauche. Et vice-versa pour la droite.

Et dans les dernières fractions de seconde, s’il est au bon endroit, il n’a qu’à tendre le gant vers ce point de son champ visuel où il y a une balle qui ne bouge pas mais qui grossit de plus en plus (car elle se rapproche…). En anglais, on appelle cette opération « optical acceleration cancellation », dans le sens où la personne cherche constamment, par son déplacement, à annuler l’accélération de la balle perçue dans son champ visuel.

Si attraper une balle qui a été frappée très haut dans le ciel peut être considéré comme un acte cognitif relativement élaboré, force est d’admettre ici que ce n’est pas en manipulant des symboles abstraits que notre cerveau vient à bout du problème. En fait, notre cerveau seul ne viendrait pas à bout de ce problème. Il a besoin de s’aider de la perception de la balle dans notre champ visuel et surtout du mouvement de notre corps. Les deux interagissant en temps réel dans ce qu’on appelle un cycle perception-action. À tout moment, la perception dicte ainsi à la personne quelle action elle doit faire pour qu’il y ait adéquation entre certains stimuli et un modèle interne dont l’entraînement a validé au fil du temps l’efficacité (dans ce cas-ci, le fait de garder la balle immobile en un point de son champ visuel).

Deux remarques en terminant. La première concerne la nature éminemment incarnée de la cognition dans cet exemple. Le joueur ou la joueuse de baseball est un être humain avec une vision frontale et des jambes permettant de se déplacer rapidement, et ce sont ces caractéristiques corporelles qui sont partie prenante du processus cognitif nécessaire ici. Le cerveau seul échouerait lamentablement à cette tâche. Cognition incarnée, donc, mais aussi située dans un environnement que l’on utilise en temps réel (la position de la balle dans le ciel) pour réussir la tâche. On n’est pas loin non plus d’une conception à la Kevin O’Reagan où « la sensation est une façon d’interagir avec le monde ».

L’autre remarque concerne le caractère « prédictif » de cette tâche. En particulier le fait que la personne est toujours en train de « corriger des erreurs » par rapport à un « modèle interne » qu’elle s’est donnée. En effet, afin d’attraper la balle, on doit la garder immobile dans son champ visuel, et donc bouger pour annuler tout déplacement de la balle chaque fois que l’input visuel ne correspond pas à la prédiction de ce modèle où la balle ne doit pas bouger. Ce processus prédictif où, de manière générale, on va chercher à corriger l’erreur en provenance de nos sens, s’inscrit dans ce qu’on appelle le « codage prédictif » (« predictive coding », ou « predictive processing », en anglais).

C’est une approche ou, si l’on veut, un paradigme récent et très prometteur en sciences cognitives qui pourrait nous aider à mieux comprendre les lienss entre la perception, la cognition et l’action. Il puise toutefois ses racines dans une idée simple et plus ancienne, celle que notre cerveau est fondamentalement une machine à faire des prédictions (pour maintenir ultimement l’organisme en vie).

J’aurai l’occasion de vous en reparler ici dans quelques semaines puisque, ayant découvert cette littérature depuis peu, je me bats actuellement encore avec elle pour essayer d’en saisir la « substantifique moelle » et être capable de vous la présenter sans trop la trahir. Donc affaire à suivre…

i_lien The Embodied Cognition of the Baseball Outfielder
a_lien The outfielder problem: The psychology behind catching fly balls

Depuis 2005, le service éducation de la mairie de Vitry-sur-Seine organise chaque année, au mois de mai, un évènement destiné à promouvoir la culture scientifique : le festival Vitry-sur-Science. Durant toute une semaine, les élèves des classes de CM1/CM2 de la ville sont invités à participer à des ateliers thématiques proposés par une équipe de […]

Après avoir lu un article d'YvesBonnardel sur LMSI, j'ai essayé de me renseigner davantage sur cet auteur, et sur sa position sur les droits des enfants. J'ai trouvé cet article, chez Christine Delphy, celui-ci, sur Vendredis intellos, celui-ci, sur Questions de classe, . Sur son site, Yves Bonnardel développe des idées que je trouve aussi bien intéressantes que potentiellement problématiques. Pour cet article-ci, je vais me concentrer sur ses positions sur les droits des enfants.

En apparence, sa critique du statut de "mineur" possède, il est vrai, des aspects très pertinents, (quoique peut-être exagérés de mon point de vue) et l'auteur suggère d'abolir ce statut.

Sauf que.

Si l'on suit cette idée jusqu'au bout, cela aurait aussi pour conséquences la disparition de la majorité sexuelle, de tout âge légal pour fumer ou boire de l'alcool et surtout, et cela est explicitement indiqué (et c'est pourquoi je suis particulièrement étonné voire choqué de voir des personnes a priori de gauche en faire quasiment l'apologie), la légalisation du travail des enfants et la fin de l'éducation obligatoire. Pour le coup, c'est un discours très libéral (dans le mauvais sens du terme), puisque Murray Rothbard disait ni plus ni moins la même chose. 

Bien sûr, je pense qu'Yves Bonnardel est lui-même conscient des limites de cette idée, puisqu'il évoque l'idée de "ressources qui permettraient aux enfants de vivre sans travailler" ; mais, même en admettant qu'on ait résolu les questions d'inégalités sociales et les biais qui iront avec, reste entre autres le fait que cette idée amène à prendre des positions peut-être un peu trop cavalières, par exemple sur la capacité moyenne des enfants à pouvoir fonctionner en individus autonomes, à agir de façon responsable et à ne pas encourir plus de risques que les adultes s'ils venaient à jouir des mêmes libertés.

Ce que je n'ai pas trouvé non plus dans ses textes, c'est l'idée que les droits des adultes sur les enfants ont pour corollaire des devoirs envers eux, tels que les nourrir, les habiller, les éduquer, les maintenir en vie... Est-ce que ces obligations disparaîtraient également ? Là aussi, je le soupçonne de vouloir maintenir ces obligations et de les attribuer à la "communauté", mais ce n'est pas très clair, quoi qu'il en soit.

Yves Bonnardel a aussi abordé la question de la punition, de l'abolition des frontières nationales et, surtout, de l'antispécisme. J'aborderais peut-être ces sujets dans de prochains articles.

En décembre 2015, le JDD a révélé que Maud Fontenoy avait animé un séminaire chez le cigarettier Philip Morris. Ce qui a valu à la navigatrice blâmes et reproches sur les réseaux sociaux, ainsi que chez certains journalistes bien pensants, qui ont jugé cette activité incompatible avec un engagement en faveur d'une hygiène de vie écolo.
En revanche, aucun média français ne semble s'émouvoir de la proximité entretenue par le président-fondateur de Foodwatch, Thilo Bode, avec l'industrie du (...)

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Tu pratiques la zététique ? Défends l’esprit critique ? Tu es francilien ou de passage par Paris le 14 juin prochain ? Nous t’attendons de pied ferme, comme à notre habitude (excepté en mai, où nous faisons relâche), autour d’une chope, dès 19h30 dans le 3e arrondissement. Ambiance bienveillante, ouverte et curieuse… Attention, le nombre […]

 

 

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