Agrégateur de flux RSS,

d'après une sélection de blogs sceptiques.

Pharmachien_JDQ_thumb

* CLIQUE SUR L’IMAGE POUR L’AGRANDIR *

Cette entrevue réalisée par Marie-France Bornais pour le Journal de Québec et de Montréal est tellement bonne que j’ai envie de la faire encadrer !

En effet, Marie-France a capturé à 100% ce que je tente de faire sur le site web Le Pharmachien et dans mon livre. Ça fait tellement plaisir à lire !!!

L’article suivant traite d’un sujet qui a été déjà abordé sur ce blog plusieurs fois. Pour rappel, il y avait deux histoires personnelles (ici et là), une analyse du nombre de morts évités grâce aux vaccins, une déconstruction générale de mythes sur les vaccins et une démonstration de la malhonnêteté intellectuelle de certains anti-vaccins qui manipulent […]

show enclosure

()

Parmi les choses les plus difficiles à expliquer quand on parle du cerveau, l’aspect tridimensionnel des structures cérébrales et le caractère dynamique de l’activité nerveuse trônent pas mal au sommet. On n’a qu’à penser à l’admiration qu’ont suscitée il y a 20 ou 30 ans les premières images de l’activité fonctionnelle du cerveau de sujets vivants ou des approches plus récentes rendant le cerveau transparent pour mieux l’explorer. Pas étonnant qu’une représentation tridimensionnelle de l’activité dynamique du cerveau humain d’un sujet en temps réel ait attiré l’attention durant la dernière année et ait laissée quelques bouches bées d’admiration !

Et de fait, le petit extrait d’un peu plus d’une minute présenté dans le lien ci-bas présenté par le Gazzaleylab de l’université de Californie à San Francisco est non seulement splendide visuellement, mais impressionnant par le nombre de techniques combinées qui l’ont rendu possible. On parle de résonance magnétique fonctionnelle pour générer le modèle 3D du cerveau de l’individu, d’imagerie de diffusion pour reconstruire ses grandes voies nerveuses, et d’autres techniques complexes pour appliquer aux bons endroits sur ce modèle anatomique les flux d’activité nerveuse captés avec un électroencéphalographe (EEG).

Cela est supposé nous montrer en temps réel les variations d’activité nerveuse du cerveau de cet individu en transposant en plus les différentes fréquences d’oscillation neuronales captées par l’EEG en différentes couleurs qui apparaissent de manière évanescente dans la représentation 3D. Les pulses de lumière qui se propagent le long des fibres nerveuses dorées correspondraient quant à eux à l’importance du transfert d’information le long de ces grandes autoroutes neuronales.

Le problème, pour certains commentateurs assidus de l’actualité des neuroscience comme Deric Bownds qui en parlait dans sa conférence présentée ici il y a quelques semaines, c’est que tout cela est un peu du charabia. Dans le sens où il n’y a pas de légende accompagnant l’animation pour y faire la moindre correspondance, ne serait-ce qu’avec les différentes couleurs censés représenter des fréquences d’oscillations déterminées. On aurait aussi demandé aux sujets d’ouvrir et de fermer leurs yeux ou leurs mains durant l’enregistrement. Encore ici, aucun repère temporel nous permettant d’identifier ces instants. Et surtout, pas de publication scientifique revue par les pairs ou de manuscrit soumis qui soit associé à ce travail.

Bonds en conclut qu’il s’agit là d’un autre exemple de ce que de nombreux laboratoires en sciences cognitives se sentent obligés de faire : sortir rapidement des images spectaculaires qui font parler d’eux, à défaut d’avoir toutes les précisions rigoureuses disponibles avec elles. La compétition est souvent féroce dans ces milieux où tout le monde s’arrache les budgets de subvention disponibles. Bonds, chercheur à la retraite, se demande ainsi avec un soupçon de nostalgie s’il est encore possible de simplement envoyer son article à une revue pour qu’on l’évalue et la publie.

Car aujourd’hui, il y a de plus en plus toute une machine de relation publique qui s’active dans une université lorsqu’une équipe annonce le moindre résultat. On publie alors immédiatement un communiqué de presse et l’on essaie d’avoir un article dans un grand média et dans des blogues scientifiques bien en vue, souvent avant même que l’article ne soit publié ou même soumis. Bref, la science est une activité humaine comme une autre, et en faire un peu la sociologie ne peut jamais nuire, à plus forte raison quand ce qu’elle produit nous laisse pantois d’admiration !

d_lien Glass brain flythrough – Gazzaleylab / SCCN / Neuroscapelab

Emprise - Piège à loups

-

CIPPAD

le 20-10-2014 à 11:53 GMT
L'édito du jour

Quelques semaines ? Quelques mois ? Combien a-t-il fallu de temps pour qu'un jeune homme «agréable et souriant» devienne menteur et agressif ?  

Comment un petit chauffeur routier s'est-il transformé en candidat au jihad ? Le témoignage de cette maman est terrifiant. Car il décrit dans le menu un scénario bien connu : celui d'une manipulation mentale réussie. Un lavage de cerveau en tout point semblable à celui pratiqué par les sectes.
Qui a «harponné» le jeune homme ? Qui lui a inoculé ce virus, pour l'instant bien plus meurtrier qu'Ebola ? Une nébuleuse indéfinie, une meute tapie dans l'ombre d'internet, une cohorte experte à détecter les égarés.
On imagine la descente aux enfers de cette jeune maman. Sans doute la première étape, la conversion à l'islam, a pu être consentie par amour. Mais elle a très vite compris que son mari glissait vers le radicalisme le plus obscur. Elle a tenté de résister, mais sa voix se perdait, tandis que Facebook et internet prenaient le dessus. On sent très bien que, petit à petit, le jeune chauffeur routier a été manipulé, formaté, dressé, conditionné. Au point de décider de partir pour le jihad : tel était le but de ses harponneurs.
Cette histoire, qui, pour l'instant, s'arrête à l'aéroport de Casablanca, confirme à l'envi que la fuite vers l'islam radical est en tout point semblable au recrutement des sectes. Il y a les mêmes recettes. On s'appuie sur les haines et les rancœurs du sujet pour qu'il renonce à ses valeurs et adopte celles des «gourous». On l'isole de son entourage, en lui assurant que c'est lui qui a raison contre le reste du monde. On redonne un sens, fut-il le pire, à une vie qui n'en avait pas... En somme on remplace une vie ordinaire par une folie ordinaire. On transforme des agneaux en fauves. Ce recrutement est un piège à loups.
Le pire, c'est que ces délires individuels sont destructeurs pour l'entourage. 

Comme les adeptes des sectes, ces zélateurs de l'extrême n'hésitent pas à mettre en danger leur famille pour aller jusqu'au bout de leur logique. Bien souvent, ce sont les parents, qui trinquent, voyant partir un fils ou une fille vers l'anéantissement. Mais de plus en plus, ce sont les enfants qui sont embrigadés de force dans cette espèce de sacrifice qui sera d'autant plus mystique qu'il sera collectif.
On devine l'engrenage : ces enfants risquent la mort. Et s'ils en réchappent, ils porteront toute leur vie le fardeau d'une tragédie familiale. Horrible héritage !
Dominique Delpiroux
Source : La Dépêche, 20 octobre 2014,
http://www.ladepeche.fr/article/2014/10/20/1975615-piege-a-loups.html
INFO METRONEWS - Selon nos informations, un couple de touristes du Golfe a été prié de sortir de l’Opéra Bastille en pleine représentation, début octobre. La femme portait un niqab. Le ministère de la Culture a envoyé des consignes pour prévenir un événement similaire.
Ces touristes du Golfe se souviendront longtemps de leur soirée parisienne à l’Opéra Bastille (12e arrondissement). Venu assister, le 3 octobre dernier, à une représentation de La Traviata de Verdi, le couple s’est assis au premier rang. "Ce sont les places les plus chères, c’est le maximum du maximum. 231 euros par personne", raconte un salarié.
"Je n'aime pas ça, mais c'est la loi"
Les amoureux n’auront toutefois pas eu l’occasion d’assister à l’ensemble de la représentation. Et pour cause : la femme portait un niqab. "Tous les spectateurs ont pu la voir, elle était en gros plan sur tous les écrans", explique-t-on, embarrassé, à l’Opéra Bastille. "Elle est rentrée sans que personne ne la remarque, je ne sais pas comment", se justifie le directeur adjoint, Jean-Philippe Thiellay.
Celui-ci confirme qu’il a du gérer "une situation délicate". "Je n’aime pas l’idée qu’on demande à un spectateur de sortir mais c’est la loi. En plus, nous sommes un service public", explique-t-il à metronews. Depuis avril 2011, se dissimuler le visage dans l’espace public peut être sanctionné par une amende de 150 euros et l’obligation de suivre un stage de citoyenneté.
"C'est une choriste qui m'a alerté"
Mais Jean-Philippe Thiellay a failli faire face à une suspension de la représentation, explique un responsable. A l’entracte, plusieurs choristes, qui ont aperçu la femme au visage voilé, auraient fait part de leur volonté de ne pas poursuivre le spectacle si la touriste ne se conformait pas à la loi.
Une version démentie par le directeur adjoint. "Ils sont plusieurs dizaines, ils n’ont pas le temps de faire une assemblée générale pour décider de ce genre de chose. Mais oui, c’est une choriste qui m’a alerté de la présence de la spectatrice voilée", narre Jean-Philippe Thiellay. Un syndicaliste confirme que des choristes ont souhaité se retirer. Quant au chef des chœurs, José-Luis Basso, il ne veut pas s’épancher sur le sujet : "Je veux bien parler musique avec vous mais ça, c’est administratif".
Opération séduction
Pour éviter tout problème, et un manque à gagner de plusieurs dizaines de milliers d’euros, le directeur-adjoint dit "avoir donné des instructions à un agent d’accueil pour demander à la spectatrice de se dévoiler ou de partir". Un syndicaliste témoigne : "L’agent d’accueil n’a pas pu parler directement à la femme concernée mais uniquement à son mari". Celui-ci a finalement décidé de partir "sans provocation". Le spectacle a repris normalement à la fin d’un précipité (un changement de scène pendant lequel le rideau est tombé). "Le couple n’a pas demandé à être remboursé", assure l’Opéra.
Selon nos informations, une note du ministère de la Culture a été envoyée aux Opéras Bastille et Garnier pour indiquer l’attitude à suivre si la situation se rééditait. Les syndicalistes ont eu l’occasion d’en discuter jeudi lors d’une réunion. Consigne est donnée d’être plus vigilant à l’entrée, d’appliquer la loi et de faire acte d’une "stricte politesse". Il faut dire que l’Opéra s’est lancé dans une opération séduction auprès des riches ressortissants du Moyen-Orient. Un salarié témoigne d’une forte augmentation des ventes des places les plus chères auprès de ces touristes au fort pouvoir d’achat.
TRISTAN QUINAULT MAUPOIL

Source : MetroNews, 20 octobre 2014,
http://www.metronews.fr/paris/une-riche-touriste-en-niqab-priee-de-quitter-l-opera/mnjs!EYsfQtSdTlagE/
Elle a échappé à l'emprise d'un père paranoïaque qui voulait faire d'elle une « supra-humaine ». Devenue thérapeute, Maude Julien livre un témoignage sidérant, mais plein d'espoir.
 
Rencontre
Son père aurait détesté ça : Maude Julien sourit. Pire, elle rit et revit, aime les gens, ne tarit pas d'amour pour ses filles, se régale de leurs câlins, savoure tout ce que Louis Didier s'est échiné à lui interdire jadis. Lui a passé sa vie à fomenter un projet diabolique : faire de sa fille une supra- humaine capable, le moment venu, de sauver le monde. Rien que ça.
Ce père, « mi-ogre, mi-gourou », Maude Julien l'étripe consciencieuse- ment dans Derrière la grille. Un livre glaçant, qu'elle veut « thérapeutique pour ceux qui vivent sous l'emprise d'un parent, d'un mari, d'un collègue ». Car Maude Julien est aujourd'hui une thérapeute reconnue, spécialisée dans... l'emprise.
Survivre à la folie
Le fruit d'un long cheminement : après quinze ans d'enfermement dans le lugubre manoir familial, dans le Nord, il lui faut des années pour se départir de son « manteau de honte ».
Son père, patron fortuné d'un grand garage lillois, franc-maçon respecté par ses pairs, embarque ses proches dans ses délires paranoïaques.
Son épouse est sa première victime. Il a 34 ans et convainc une famille démunie de lui confier Jeannine, leur petite de 6 ans, à qui il promet la meilleure éducation. Il tient parole. Mais la surveille en permanence. Et sitôt sa licence de philo en poche, Jeannine, totalement sous sa coupe, est contrainte de l'épouser pour lui donner un descendant. Maude naît, avec un destin déjà tout tracé.
Son père lui interdit tout contact avec l'extérieur. Il la veut « capable de résister à toutes les souffrances, de survivre à la torture », d'échapper aux tireurs d'élite qui, selon lui, guettent dehors le moment propice pour la kidnapper. Maude y croit et se sou- met, terrorisée.
À 3ans,elle se lève à 6h tous les matins. « Sans réveil, bien sûr, car il fallait que j'apprenne à maîtriser seule mon sommeil. Ma mère me disait : Si tu oublies de te réveiller, ton père mourra par ta faute. » Il lui faut ensuite assister au cérémonial du lever de son père ; ingurgiter quinze heures de cours ; aider aux travaux de la maison, « à mains nues, pour mieux m'endurcir ». Et maîtriser une dizaine d'instruments de musique car, soutient son père, « les musiciens sont les seuls à survivre dans les camps de concentration »...
Maude se plie à sa folie, culpabilise même quand l'odieux jardinier abuse d'elle, à maintes reprises : « Mon père répétait que je devais cacher mes émotions. Je m'en voulais de mon manque de résistance. C'est classique chez les gens sous emprise. On se sent minable. »
Les brimades sont quotidiennes. Un pas de travers et la voilà privée de parole pour un mois. Elle ne sait pas nager ? Sa mère la jette dans un trou d'eau froide creusé dans le jardin : « J'ai coulé, je suis remontée, elle m'a repoussée. Jusqu'à ce que j'apprenne à nager. » Elle a peur du noir ? La voilà enfermée la nuit dans la cave, parmi les souris, avec interdiction de bouger.
Ne pas bouger, non plus, lors des « exercices d'impassibilité ». Dix minutes, puis une heure sans ciller, face à son père qui peste : « Ton visage doit rester inexpressif pour déstabiliser tes adversaires. » Il pousse le vice plus loin, la fait boire vin et whisky : « Je dois apprendre à tenir l'alcool. »
18 ans et tout à apprendre
Maude doit sa survie à des « petits riens ». À des lectures qui l'aident à comprendre qu'elle n'est « pas folle ». À sa « désobéissance muette » : penser à des choses interdites par son père et « découvrir qu'il n'était pas dans mon esprit. »
Elle doit aussi son salut à deux poneys, un chien et un canard ! « Ils m'ont rendue humaine en me don- nant mes premiers câlins. » Mais c'est un professeur de musique à domicile qui brise ses fers, en convainquant son père de lui faire intégrer son école.
Un premier pas dehors. Puis tout s'enchaîne : Maude succombe à un jeune homme. Son père cède, convaincu qu'elle divorcera très vite. Il se trompe : « J'ai commencé à me libérer. »
Il lui faut tout apprendre : marcher dans la rue, tenir ses couverts au restaurant... se laisser aimer. C'est Marie-Jeanne, la mère de son deuxième époux (elle s'est mariée trois fois) qui brise la glace : « Je n'avais jamais raconté mon histoire. Elle n'a rien demandé, elle a juste posé ses mains sur mes épaules et j'ai fondu. » Ses deux filles, puis ses petits-enfants, achèvent de la « rendre humaine ».
Le bonheur, enfin, malgré les séquelles : « J'ai un foie d'alcoolique », des cicatrices plein le corps, des peurs irrationnelles. « J'ai dû surmonter toutes sortes de phobies, de crises de panique, de Toc », des troubles obsessionnels compulsifs.
Elle essuie aussi l'incrédulité de ses interlocuteurs. Ne serait-elle pas affabulatrice ? « Une personnalité normale n'a pas envie de penser que ça existe. Dans mon cabinet, à Paris, je côtoie les victimes d'êtres comme mon père. Ils sont nombreux. »
Son père, lui, est décédé en 1979. Sa mère, 85 ans, vit « toujours sous son emprise. Je suis thérapeute, je comprends. Mais la petite fille que j'étais reste blessée. Elle me dit que je suis une déception vivante. »
Cécile RÉTO
Derrière la grille, Stock, 312 pages, 19,50 €.
Source : Ouest-France, 19 octobre 2014

Chers lecteurs,

Imposteurs a fêté le 16 octobre 2014 son 7ème anniversaire.

Bilan d’activité :

  • 633 articles à ce jour
  • 448.020 « visiteurs uniques »
  • 1.209.616 pages visitées.

Si j’ ai rédigé la majorité des articles, j’ai pu compter sur plus d’une douzaine de contributeurs de talent qui ont permis d’élever la qualité du site et de l’enrichir. Le succès de ce site est donc en grande partie le leur, merci encore à eux.

Pour connaitre le nombre de commentaires déposés par les lecteurs, il me faudrait les compter un par un. Ce qui est certain, c’est qu’il y en a des milliers, le nombre de commentaires dépassant parfois la centaine pour un seul article. De mémoire enfin, une dizaine de commentaires ont été supprimés depuis les débuts du site.

On continue !

Anton Suwalki

À L’OCCASION du passage hier soir à la salle des fêtes de Belleville-sur-Meuse de Serge Blisko, président de la « Milviludes » (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), a été installé, en préfecture de Bar-le-Duc, le sous-groupe « Prévention des dérives sectaires » ; lequel est rattaché au Conseil départemental de prévention de la délinquance.

Présidé par Isabelle Dilhac et co-présidé par Rémi Coutin, procureur de Bar-le-Duc, ce sous-groupe a pour objectif de faire interagir les différents services de l’État avec l’autorité judiciaire et des associations en possession d’un savoir sur le phénomène des dérives sectaires, comme « Secticide » à Verdun.

Son but premier étant de rester vigilant sur les dérives sectaires car si, sur la question, la Meuse n’est pas en première ligne, « ce n’est pas pour cela qu’il faut l’ignorer. Un jour, cela peut arriver, notamment à l’heure des réseaux sociaux où l’information passe plus vite et parfois plus insidieusement », a expliqué Juliette Coutolleau, chef du bureau du cabinet de la préfète.

Serge Blisko a, quant à lui, rappelé hier soir à Belleville-sur-Meuse que « Secticide est l’une des associations régionales les plus dynamiques dans la lutte contre les dérives sectaires ». L’association verdunoise créée par Lucienne et Michèle de Bouvier de Cachard a fêté hier son 20e anniversaire.

Enseignement non dualiste

« La Miviludes est basée à Paris », rappelle Serge Blisko. « Elle a pour mission de détecter les dérives sectaires, de les prévenir mais aussi d’informer. Or, si elle n’a pas de contacts avec des correspondants associatifs dans un maximum de départements et ne peut s’appuyer des cellules de prévention des dérives sectaires, elle se retrouve alors trop éloignée du terrain. Secticide fait preuve d’une grande vigilance dans l’Est de la France. »

Le président de la Miviludes a ainsi animé dans la soirée une conférence consacrée aux missions et aux objectifs de l’organisme qu’il dirige.

Outre Serge Blisko, « Secticide » a aussi invité Valérie Blanchard, avocate au barreau de Paris qui combat l’enseignement non dualiste. Lequel s’appuie sur la méditation de pleine conscience, qui a elle-même pour origine le bouddhisme tibétain : « Cet enseignement envahit les entreprises et le monde de l’éducation et nous manipule sournoisement », avance-t-elle. 

Pascal ISCH et Mathieu BONIS

Source : L’Est Républicain, 18 octobre 2014
Serge Blisko, le président de la Miviludes, qui lutte contre les dérives sectaires, est venu en Meuse vendredi.
BAR-LE-DUC
Serge Blisko, le président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) est venu vendredi en Meuse installer un sous-groupe « Prévention des dérives sectaires » à la préfecture de Bar-le-Duc, mais aussi commémorer les 20 ans de l’association Secticide à Belleville-sur-Meuse près de Verdun. Une association qui lutte contre les dérives sectaires en Lorraine et dans l’Est de la France.
Qu’est-ce que la Miviludes et quelles sont ses missions ?
« La Miviludes est un organisme d’État composé d’une quinzaine de personnalités issues principalement de la fonction publique, mais aussi de l’Education nationale et des affaires sociales. Elle a trois missions.
Elle est chargée de détecter la présence de dérives sectaires en France. Elle doit aussi faire de la prévention pour éviter que se développent de telles dérives et elle doit informer le public sur les agissements d’individus ou d’organisations qui auraient de telles pratiques. »
Comment la Miviludes détecte les dérives sectaires ?
« La Miviludes est basée à Paris. Elle a donc besoin de relais dans les régions et les départements. Outre les cellules départementales de “Prévention des dérives sectaires“, nous nous appuyons sur des correspondants associatifs dans un maximum de départements. C’est le cas de Secticide à Verdun et des sœurs Lucienne et Michèle de Bouvier de Cachard. Une association très dynamique qui s’est notamment battue contre la scientologie. Il y a aussi le Centre laïque de prévention du sectarisme à Vesoul qui intervient souvent dans les Vosges. Un département où il y a eu de grosses affaires, notamment ce gourou très dangereux qui a été condamné il y a deux ans à 17 ans de réclusion criminelle pour avoir abusé d’une mineure de moins de 15 ans à La Bresse. Ou encore cet important centre des Témoins de Jéhovah qui devait être implanté à Deyvillers près d’Épinal. »
Quelles sont les dérives sectaires qui vous préoccupent le plus en France ?
« Il y en a deux types. Le premier est lié à la santé avec l’existence de pseudo-psychothérapies qui s’attaque au cerveau des personnes et en font des êtres fragiles. Le deuxième concerne la dérive des jeunes radicalisés vers le Jihad. Comme cette adolescente de Béthoncourt (25) qui vient de partir en Syrie. »
Que faire pour endiguer ces départs vers la Syrie ?
« On fait de la formation dans les préfectures. Il faut détecter, comprendre les circuits. C’est difficile. Les jeunes qui partent là-bas sont des robots. Lorsqu’ils rentrent en France, ils ont besoin d’une prise en charge judiciaire par rapport à la gravité de leurs actes. Puis d’une rééducation pour réapprendre à vivre avec leurs familles et reprendre leurs études. C’est un programme très lourd qui fait appel aux psychologues, aux psychiatres, aux travailleurs sociaux, aux éducateurs. »
 
Propos recueillis par Pascal ISCH, Pascal ISCH
Source : Vosges Matin, 19 octobre 2014
Sœurs de sang et de secte
En 1991, Michèle et Lucienne de Bouvier de Cachard, poursuivies par leur fille et nièce, se lançaient dans un bras de fer judiciaire avec la Scientologie. Aujourd’hui, le combat continue avec l’association Secticide, qui a 20 ans.
«Michèle, laisse-moi finir, je vais perdre le fil de ma pensée », s’agace Lucienne. Michèle de Bouvier de Cachard s’interrompt et laisse sa sœur cadette aller au bout de son raisonnement. Elles se connaissent sur le bout des doigts. Elles vivent sous le même toit dans un quartier paisible de Verdun et partagent depuis vingt ans le même combat : protéger les familles contre les sectes. « C’est le sens de notre vie », confesse Lucienne, 70 ans, professeur de lettres à la retraite. Des deux sœurs que l’on pourrait croire jumelles, elle est la plus pondérée. Michèle, 72 ans, ancienne infirmière anesthésiste, est « la volcanique », celle qui met le feu aux audiences des tribunaux saisis d’affaires de manipulation mentale. « Les responsables de sectes nous connaissent et nous redoutent », assure Michèle, que l’on croit sans peine.
Michèle et Lucienne, par contre, n’ont peur de rien. Le nom de « Secticide » créé en 1994, figure sur la boîte aux lettres de la maison. Elles sont le visage et l’âme de leur association. Elles donnent leur temps, leur adresse, leur argent et leur numéro de téléphone. Elles n’ont installé aucun filtre entre leur vie et leur combat pourtant périlleux. « Pendant de longues années, notre téléphone sonnait plusieurs fois par nuit et c’était le silence au bout du fil », s’amuse Michèle, pas intimidée pour un sou. Quand la question de l’origine de cet engagement total est posée, Lucienne évoque une tradition familiale de « défense de la liberté de penser ». Quand on aborde son histoire personnelle, qui a défrayé la chronique, elle se cabre et perd son sourire. « Rien à voir, aucun lien avec notre association, Secticide a son existence propre », évacue-t-elle.
Histoire personnelle
Les sœurs de Bouvier de Cachard ont fait une entrée tonitruante dans l’univers sectaire en 1991. Cette année-là, Michèle ne reconnaît plus sa fille Anne-Catherine, brillante élève à Normale sup. Elle y voit la marque de son mari, qui serait un militant zélé de la Scientologie. La mère inquiète et sa sœur inséparable auraient organisé un enlèvement et une séquestration pour soustraire la jeune femme à l’influence néfaste. La guerre de tranchées judiciaire va durer de longues années pour finir, en 1999, sur une extinction de l’action publique contre Lucienne et Michèle, qui ont gagné leur surnom de « sœurs anti-sectes ».
Depuis, elles n’ont jamais faibli. Secticide a pris du galon dans la galaxie de la lutte contre les manipulations mentales. En 2013, consécration, l’association verdunoise fait son entrée à la fédération européenne des centres de recherches et d’information sur le sectarisme.
Les sous-sols de la maison familiale se sont remplis de cartons au rythme des dossiers suivis. Aucune affaire ne leur échappe. Chaque jour, Lucienne ou Michèle collectent les témoignages de familles égarées. Cette épouse qui voit son mari négliger ses enfants et signer de gros chèques pour des stages improbables ou encore ces parents, impuissants face à la dérive de leur fille brillante qui quitte tout pour suivre en Inde une guérisseuse aux allures de prêtresse... Les sœurs de Bouvier de Cachard écoutent, conseillent, orientent, informent, consolent avec une empathie indéfectible et une disponibilité sans faille. Jusque quand un tel dévouement ? « « Jusqu’à la mort », sourit Lucienne. Michèle approuve.
P. R.
Source : Le Républicain Lorrain, 19 octobre 2014
La crise a parfois des effets surnaturels. Notamment sur les finances des professionnels de l'ésotérisme. Au Portugal, c'est une astrologue, Maria Helena, qui explose littéralement. Elle qui se présente comme — ça ne s'invente pas — "sociologue" et "cristalothérapeute" est partout : à la télévision chaque matin, sur Internet où son commerce est florissant et jusque dans les supermarchés !
Quel est votre dilemme ? » demande l’astrologue, une coquette peroxydée de 60 ans, avant de tirer les cartes à une téléspectatrice, jointe par téléphone, en direct à la télévision, sur l’une des principales chaînes privées du Portugal, la SIC.
« Je vis actuellement avec un homme et aimerais savoir quels sont ses véritables sentiments, je le trouve distant… » raconte la bonne femme, de 63 ans, dont l’appel, (surtaxé évidemment), s’élève au minimum à 0,60 centimes la minute auxquels il faut ajouter la TVA. (1,35 euros + 0,34 cts pour la communauté portugaise installée en France).

« L’idéal ma chère serait d’aller consulter un médecin qui vous recommandera ensuite un psychiatre… Suivez bien mon conseil, cela va s’améliorer. » L’homme en question « vous aime. »
L’échange, ne dure que quelques minutes mais qu’importe, la téléspectatrice, ravie de la réponse, remercie la voyante chaleureusement. Qui lui envoie, à son tour, de « gros bisous ».
 
La scène, surréaliste, dure depuis presque un an. Chaque matin, Maria Helena livre ses conseils avisés, dans une émission, « A vida nas cartas », qui lui est entièrement dédiée. Après n’avoir occupé que de courts espaces dans les programmes phares du matin, toute chaîne confondue, depuis le début des années 2000, le succès de l’astrologue, à la télévision portugaise, explose. Au même moment que la crise...
« Cristalothérapeute » à votre service

Rien d’étonnant à cela. Faute de réponse politique à leurs problèmes — et ils sont nombreux —, une partie des Portugais, notamment les plus isolés, se tourne vers la voyance. Si la tendance n’est pas nouvelle, les moyens employés par la télévision, qui fait désormais de ce public une cible privilégiée, eux, ont considérablement évolué. Ainsi l’habituel horoscope du matin est-il devenu, en quelques années, un puissant appât marketing. Au détriment de toute éthique. En la matière, il faut le reconnaître, Maria Helena dépasse ses concurrentes, et notamment la populaire tarologue, Maya, qu'elle a remplacée. 
 
Jamais religions et superstitions ne s’étaient si bien vendues, à la télévision. Aux traditionnels chapelets, figures de saints, anges et autres croix du Christ (en or) qu’elle porte d’ailleurs en pendentif, l'astrologue ajoute donc amulettes et gris-gris porte-bonheur, à travers d’incroyables appels à la prière, qui lui est d’ailleurs arrivé d’écrire elle-même sur le service public, La RTP, en 2009, pour chacun des signes du zodiaque.

Depuis, la voyante qui ne cesse d'invoquer Dieu et de se dire « sociologue »ainsi que « cristalothérapeute », s’est professionnalisée et a ouvert sa boutique en ligne. Y est offert pour quelques dizaines d’euros toutes sortes de « kits » faits de bougies ou encore d’encens, vendus entre 55 et 125 euros tout de même, pour aider son prochain essentiellement à devenir riche ou accessoirement à trouver l’âme sœur.
 
Sur Facebook cependant, ses conseils sont gratuits. De même que l’auto-promotion qu’elle y fait des revues auxquelles elle participe mais surtout de ses livres dont l’avant dernier était, pendant plusieurs semaines, à l'automne dernier, en top des ventes. Des dizaines de milliers d’exemplaires, près de 35 000, écoulés à 14,99 euros l’unité. Un succès non pas de librairies, mais de supermarchés qu’elle arpente d’ailleurs du Nord au Sud du pays. Infatigable. Pendant que les 14 % de chômeurs portugais remplissent difficilement leurs paniers... 


PATRICIA NEVES

Source : Marianne,  19 octobre 2014,
http://www.marianne.net/L-astrologue-star-de-la-tele-portugaise-peut-dire-Merci-la-crise-_a241916.html
C'est une affaire peu banale qui a été présentée jeudi dernier devant le Tribunal correctionnel de Caen. Un médium improvisé y était jugé pour avoir littéralement assujetti un couple auquel il a en prime extorqué 100 000 euros.
Installé à Caen en 2004, Erwan a pour voisin un couple de trentenaires, en mal d'enfant, avec lequel il devient ami. L'homme, qui travaille alors dans une grande enseigne, s'invente une profession de mage et devient proche de la femme, elle-même attirée par les pratiques occultes. Il réussit à persuader ses nouveaux amis de ses prétendus pouvoirs divinatoires. Erwan organise pour la victime des séances de prières magiques, véritables messes noires dans lesquelles le mage tient le rôle principal. Après de nombreuses tentatives infructueuses, la femme tombe enceinte. Erwan prétend alors qu'elle a eu un enfant grâce à son intervention magique.
100 000 EUROS EXTORQUÉS
Nous sommes en 2006 et l'homme est désormais totalement immiscé dans la vie du couple. Il leur réclame de l'argent, ce que la femme commence par refuser. Il menace de reprendre la vie de l'enfant, fragile, sa victime le croit. En tout, le mage aurait soutiré 100 000 euros au ménage. Plus encore, Erwan provoque la séparation de ses deux voisins et commence une relation avec le mari.
Il comparaissait jeudi dernier pour abus frauduleux de l'ignorance ou de la faiblesse d'une personne en état de sujétion psychologique. Le Tribunal a pu apprécier la personnalité hors normes de ce trentenaire, médium improvisé et dont les penchants manipulateurs avaient déjà été mis en avant. Pour le ministère public, Annabelle Le Texier requiert deux ans de prison avec sursis. Le tribunal condamnera Erwan à deux ans de prison dont un ferme. Il devra également payer près de 40 000 euros à sa victime.
Source : Liberté, Bonhomme Libre, 16 octobre 2014

Sur le même sujet :
Agrégé de philosophie, enseignant à Mendès-France jusqu'à 2006, le Yonnais Yvon Quiniou (69 ans) vient de sortir son livre Critique de la religion, au sous-titre provocateur : une imposture morale, intellectuelle et politique.
Le Journal du Pays yonnais : Quelles positions défendez-vous dans ce livre ?

Yvon Quiniou : Ce n'est pas une propagande de l'athéisme. L'objet n'est pas de savoir si on est pour ou contre les religions mais plutôt de renouer avec une critique des religions comme l'ont fait les Lumières ou les grands penseurs, en raison des méfaits qu'elle produit sur l'homme.
D'un côté, on assiste à une forme de déchristianisation des masses en occident et à un retour en force politique des Eglises réactionnaires malgré des avancées du Pape François. Je rappelle que les trois religions monothésistes se sont battues contre le mariage pour tous.

Votre livre est une défense de la laïcité ?
Oui, de la laïcité intransigeante et rigoureuse ; de la laïcité qui prend conscience des défauts des religions ; de la laïcité comme éducation à la liberté de pensée et de conscience. Aujourd'hui, on observe un retour du religieux dans les sphères intellectuelles. Alors j'insiste : la raison a la priorité sur les croyances.

Que signifie ce retour ?

Il symbolise une inquiétude : face à un monde qui bouge, on se repli sur une identité. Il a aussi un sens politique, avec une utilisation politique de la religion à des fins conservatrices.

En quoi est-ce dangereux ?

Cela contribue à empêcher les citoyens de porter un regard lucide sur le monde qui les entoure. J'émets trois axes principaux de critique : la religion est hostile à la connaissance scientifique, elle n'a par exemple reconnu la théorie de l'évolution de Darwin qu'en 1996 ; elle est une puissance anti-vie promouvant une vie supraterrestre au mépris de la vie du corps ; elle a joué un rôle politique négatif dans l'Histoire en se mettant toujours du côté de l'ordre établi. Elle était, je le rappelle, contre la Révolution française et n'a reconnu la République que tardivement dans le XIXe siècle. La religion n'est pas progressiste.

Critique de la religion, une imposture morale, intellectuelle et politique, de Yvon Quiniou aux éditions la Ville Brûle. 15 euros.
Propos recueillis par Manuel Rodriguez
Source : Le Journal du Pays Yonnais, 16 octobre 2014
par Marie-Claude Malboeuf, avec la collaboration de Charles et Félix, 12 ans, et de Vincent, 10 ans - SPS n° 309, juillet 2014 Cet article fait partie d'un reportage réalisé par nos collègues canadiens, avec l'aimable autorisation de la rédaction de La Presse, et en particulier celle de l'auteure principale, Marie-Claude Malboeuf. Tous droits de reproduction réservés (LaPresse.ca). Le nouveau dada des gourous est d'investir le marché des enfants. Ateliers, contes, bandes dessinées, jeux : tout est (...) Articles
Avec Thierry Collet, magicien et manipulateur connecté, le monde de « Big brother » devient une réalité un peu flippante. Les spectateurs ont pu en faire l'expérience, jeudi soir, à la MJC de Kerfeunteun. Invités par Thierry Collet à participer au campus Google dont il abhorre la casquette multicolore, les spectateurs sont très vite mis dans le bain et prennent part à des expériences interactives assez bluffantes. « Google devient un ami qui vous veut du bien », souligne le comédien qui nous tient au courant des dernières avancées de ce moteur de recherche sur la personnalisation des données permettant d'aiguiller nos choix qu'il s'agisse de notre destination de vacances ou de répondre à telle ou telle offre d'emploi. Et d'évoquer le géant Amazon avec ses 150.000 drones pour livrer ses commandes à travers le monde qui va bientôt préparer vos commandes avant même que vous n'ayez réalisé votre achat ou ce détecteur de mensonges dont l'application est en cours de développement.
Réalité et fiction se mélangent
En une heure de spectacle, où le public installé à de petites tables est amené à utiliser son téléphone portable ou sa tablette, il fait la démonstration du rôle de plus en plus intrusif joué par les nouvelles technologies dans notre vie privée. Craquer les codes Pin devient un jeu d'enfant, tout comme savoir où va partir en vacances telle spectatrice ou le métier qu'a toujours rêvé de faire tel autre. Rapidement, réalité et fiction se mélangent. Avec des tours de magie et de manipulation mentale dont il a le secret, Thierry Collet nous fait perdre nos repères, nous fait douter de nos propres connaissances pour mieux nous amener à réfléchir sur les dangers de l'intelligence artificielle quand elle porte atteinte à nos libertés individuelles ou qu'elle est uniquement guidée par le profit. Les messages distillés avec beaucoup d'humour passent, même si les voies de l'internet restent encore pour beaucoup impénétrables.
Source : Le Télégramme, 18 octobre 2014,
http://www.letelegramme.fr/finistere/quimper/theatre-et-magie-thierry-collet-manipule-le-reel-18-10-2014-10391061.php?utm_source=rss_
telegramme&utm_medium=rss&utm_campaign=rss&xtor=RSS-21

Note du CIPPAD : une approche à faire connaître – Le site de Thierry Collet
L'élue UMP Isabelle Balkany a été placée en garde à vue mercredi 15 octobre puis relâchée dans une enquête ouverte sur des soupçons d'emploi fictif à la mairie de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), où elle est première adjointe, a appris l'AFP de source judiciaire.
A la suite de cette garde à vue, qui a duré toute la journée, l'épouse du maire de Levallois Patrick Balkany a été remise en liberté sans être déférée devant le juge d'instruction en charge du dossier et elle n'a donc pas été mise en examen. Elle a été interrogée par la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE), a précisé la source judiciaire.
Jean Testanière, dit "le Mage"
En juillet 2012, le parquet de Paris avait ouvert une information judiciaire pour détournement de fonds publics. L'enquête porte notamment sur l'emploi à la mairie de Levallois-Perret entre 2006 et 2010 de Jean Testanière, un magnétiseur-guérisseur surnommé" le
Mage" et connu pour avoir été l'un des gérants de fait du cercle de jeux Wagram à Paris.
Lors du procès des anciens dirigeants de ce cercle, qui avait révélé l'implication du banditisme corse dans son fonctionnement, Jean Testanière avait été condamné en novembre 2013 à deux ans de prison dont un avec sursis.
Les audiences avaient révélé la personnalité de cet homme, à qui certains prêtent des pouvoirs divinatoires et qui a longtemps fréquenté des vedettes ou des décideurs politiques et économiques.
Dans ce dossier sur des soupçons d'emploi fictif, aucune personne n'a été mise en examen, a précisé la source judiciaire à l'AFP.
Dans une autre affaire instruite à Paris par le juge Renaud van Ruymbeke, Isabelle Balkany a été mise en examen pour blanchiment de fraude fiscale. L'enquête porte notamment sur les véritables propriétaires de deux villas où le couple Balkany réside régulièrement et d'éventuelles dissimulations au fisc.
Source : Nouvel Observateur avec AFP, 16 octobre 2014,
http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20141016.OBS2300/emploi-fictif-isabelle-balkany-et-le-magnetiseur-guerisseur.html?xtor=RSS-24
Source : OnVaSortir Nantes, 14 octobre 2014,
http://nantes.onvasortir.com/atelier-1575491.html

Note du CIPPAD : dans la formation proposée à Nantes, M. Jean-Christophe Benas anime une journée de Constellations Familiales Energétiques. Quelques éléments d’explication. La technique des Constellations Familiales, comme l’indique M. Benas dans son propre site, a été développée par M. Bert Hellinger. 

Le rapport 2007 de la Miviludes précise : « la pratique des constellations serait une « thérapie spirituelle », des praticiens affirment que la méthode Hellinger est un « outil simple et puissant parce qu’on détourne l’approche intellectuelle et que l’on est obligé de constater que le corps a d’autres ressources et qu’il est relié à l’univers ».

D’autres affirmations ou objectifs assignés aux utilisateurs de la «méthode» renforcent le besoin de vigilance. «Nos vies seraient portées par une intelligence plus grande où une harmonie de résonances plus collectives dirigerait chaque mouvement. Cela aide à voir l’aspect dérisoire, parce que répétitif et automatique de nos stratégies, dépendantes de nos mémoires ».
« Toucher les couches les plus profondes de nos identités : là où ça rumine moins et où nous pouvons être reliés aux élans vivifiants de nos vraies dynamiques ».
«L’aspiration à appartenir au groupe constitue dans des couches très profondes de l’inconscient, le principal moteur de nos agissements. Ma conscience c’est le groupe : c’est lui qui décide pour moi ce qui est bon ou mauvais » (Bert Hellinger).
Pour la partie Energétique de l’activité, M. Jean-Christophe Benas  propose dans  sa documentation un travail se référant à Mickael Barnett. Ajoutant concernant cette même personne :  « Il a initié une méthode de clarification intérieure émotionnelle puissante. Elle aide à atteindre plus rapidement notre centre, et à mieux ancrer dans la vie les solutions issues des constellations. »

Cela peut surprendre. En effet, Mickael Barnett, ancien disciple du gourou Osho, créa son propre groupe du nom d’ENERGY WORLD (connu aussi comme WILD GOOSE), implanté au domaine du Fan en Haute-Vienne. Ce mouvement sera pointé pour la nature sectaire de ses activités dans le rapport de l’Assemblée Nationale fait au nom de la Commission d’enquête sur les sectes de 1995, ce qui, probablement, incitera Mickael Barnett à le relocaliser en Suisse et à le rebaptiser ONE LIFE.

Le Domaine du Fan accueillait il y a peu encore des activités sporadiques du groupe, mais plus généralement héberge aujourd'hui des formations et stages liés au mouvement du Potentiel humain / Gurdjieff.

On notera aussi que les activités de M. Jean-Christophe Benas  sont recommandées par le site Méditation France, actuelle vitrine francophone du mouvement Osho.
SANTIAGO DU CHILI - Un influent prêtre irlandais, responsable pour le Chili des Légionnaires du Christ, puissante congrégation catholique éclaboussée par des crimes pédophiles, a été condamné mercredi pour abus sexuels répétés sur une fillette.
Le prêtre, John O'Reilly, 68 ans, a été reconnu coupable d'abus sexuels répétés sur une mineure entre 2010 et 2012 dans une école huppée de Santiago, où le prêtre exerçait comme guide spirituel.
Selon le verdict, lu mercredi par la juge Maria Teresa Barrientos, il existe suffisamment de preuves pour établir que O'Reilly a abusé d'une petite fille aujourd'hui âgée de neuf ans.
«Le tribunal a établi, qu'au-delà de tout doute raisonnable, O'Really a commis des actes de nature sexuelle impliquant des contacts physiques avec une élève de cette école», a déclaré la juge.
Cette affaire touche un des prêtres les plus influents au Chili, proche des milieux d'affaires et de la classe politique, à qui le Congrès a accordé la citoyenneté chilienne en 2008.
Les faits se sont produits au sein de l'établissement scolaire Colegio Cumbres, fréquenté par les enfants de l'élite chilienne.
Le prêtre irlandais, arrivé dans le pays en 1984, a été le représentant de la puissante Congrégation des Légionnaires du Christ, fondée en 1941 au Mexique par le père Marcial Maciel, qui l'a dirigée avec poigne jusqu'à sa mort et qui a été accusé de nombreux abus et maltraitance de mineurs durant des décennies.
Le prêtre 0'Reilly avait été également accusé d'avoir molesté la soeur aînée de la victime mais, dans cette affaire, le tribunal l'avait acquitté, considérant qu'il n'existait aucune preuve.
Le verdict sera annoncé par une Cour pénale de Santiago le 11 novembre prochain.
Le procureur a demandé une peine de 10 ans de prison pour le prêtre pédophile.
Pendant les deux mois qu'a duré le procès, le prêtre a refusé de faire toute déclaration.
Mercredi il s'est limité à dire à la presse: «Dieu dira.»
Source : Canoë avec AFP, 15 octobre 2014,
http://fr.canoe.ca/infos/international/archives/2014/10/20141015-162337.html
Un physiothérapeute comparait fin octobre devant le Tribunal pénal rhénan pour avoir abusé de quatre enfants. Malgré cela, l'homme continue à exercer, avec l'aval des autorités.
Au moins quatre filles et garçons ont été victimes d'un physiothérapeute pédophile. La grande majorité des sévices ont eu lieu entre novembre 2008 et janvier 2009. Un des cas remonte à l'automne 2007. Le prévenu est accusé d'avoir abusé des enfants dans son cabinet de Liestal (BL).
Selon l'acte d'accusation, l'homme aurait touché l'entrejambe des petits alors qu'il leur faisait un massage. Dans certains cas, il aurait placé sa main sur le sexe des fillettes pendant plusieurs secondes. Il serait même allé jusqu'à introduire son doigt dans le vagin d'une de ses victimes. Le physiothérapeute a également pris des photos de ses patients nus pendant qu'il leur caressait les fesses, écrit jeudi la «Basler Zeitung».
L'accusé a été arrêté en janvier 2009 et a passé près de 3 mois en détention préventive. Au cours de l'enquête, les policiers ont retrouvé chez lui des centaines de photos à caractère pédophile et zoophile, ainsi que des films pornos mettant en scène des enfants. Le prévenu - qui nie les faits - devra comparaître fin octobre de cette année devant le Tribunal pénal de Bâle.
Exceptions possibles
Une fois sorti de détention préventive, l'accusé a été forcé de quitter le cabinet qu'il dirigeait avec son père. Les lieux sont désormais occupés par deux autres thérapeutes. Mais, depuis près d'un an, le prévenu travaille à nouveau en tant que physiothérapeute dans un cabinet qu'il a ouvert, en parfaite légalité, à Liestal. Les autorités bâloises lui ont en effet accordé toutes les autorisations nécessaires pour travailler de manière indépendante.
D'habitude, ces autorisations ne sont pas accordées aux personnes qui ont une inscription dans le casier judiciaire en lien avec leur métier. Or, dans le cas présent, l'accusé n'a pas encore été condamné. La présomption d’innocence doit donc être observée. La «Basler Zeitung» rappelle néanmoins qu'il existe des exceptions à cette règle. Ainsi, les autorisations en question peuvent être retirées ou tout simplement ne pas être attribuées si les faits mettent en cause la position de confiance de la personne concernée. Le Ministère public est d'ailleurs tenu d'informer les différentes autorités qu'une procédure pénale est en cours à condition que cette information soit nécessaire pour l'exécution d'une tâche légale.
Physioswiss veut la centralisation des informations
Pour l'association suisse de physiothérapie, Physioswiss, la situation légale actuelle n'est pas satisfaisante, du moment que l'octroi des autorisations est réglée par les cantons. Tant qu'une condamnation n'a pas été inscrite dans le casier judiciaire, il est très difficile de savoir dans quelle mesure des informations concernant une personne sont communiquées aux autres cantons, regrette Bernhard Kuster, secrétaire général de Physioswiss. «Nous demandons la création d'un registre central.» L'association, rappelle Bernhard Kuster, peut uniquement exclure ses membres en cas de problème. Mais une exclusion ne peut pas mener à une interdiction d’exercer la profession. Celle-ci peut uniquement être prononcée par un tribunal pénal.
Source : 20 Minutes, Suisse, 16 octobre 2014,
http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/12983779
L’avocat général a requis la confirmation de la culpabilité de ce père de famille condamné en son absence à 7 ans de prison pour des atteintes sexuelles sur ses filles et belle-filles entre 1999 et 2001. L’homme, qui se revendique témoin de Jéhovah et naturiste, justifie sa récente disparition par un kidnapping au Kenya, et crie au complot.
SAINT-BENOÎT

Avec Lucien W., 51 ans, c’est toujours la faute des autres. Il a été condamné pour escroquerie en 2003 à Montpellier. « C’est parce qu’un escroc m’avait volé ma carte Bleue ». Condamné pour abandon de famille en 2006. « Je versais la pension alimentaire en liquide et mon ex en a profité pour m’attaquer. » Son absence devant la cour d’appel en mai dernier. « J’ai été kidnappé au Kenya », affirme sans se démonter ce commercial de profession, qui a visiblement réponse à tout.
Aussi, quand il s’agit de s’expliquer sur des atteintes sexuelles sur mineures par ascendant commises entre 1999 et 2001 et qui lui ont valu une condamnation à 7 ans de prison avec mandat d’arrêt, c’est avec le même aplomb que l’homme se dit victime d’un complot. « Comme 80 % des personnes accusées des mêmes faits que vous », pointe le président de la chambre des appels correctionnels Jacques Rousseau.
Complot de qui, pourquoi ? Sa propre fille, âgée de 9 ans au moment des faits, a dû attendre 2005 pour dénoncer « des massages suivis de masturbation ». Sa mère ne voulait pas la croire, jusqu’à ce qu’elle tente de se suicider à l’âge de 15 ans. Les faits s’étaient déroulés alors qu’elle était en vacances chez son père à Bordeaux.
"JEU DU SUPPLICE"
Une petite voisine du même âge, convoquée par la justice, raconte la même histoire. Et ce même « jeu du supplice », consistant à faire s'allonger les fillettes nues et yeux fermés sur un lit avec interdiction de les ouvrir, pendant que Lucien W. se livrait à des attouchements.
Entendues dans le cadre de l’enquête, les belles-filles plus âgées de Lucien W., qui avait une nouvelle compagne déjà mère de trois enfants, racontent d’autres scènes tout aussi troublantes. Séances d’épilation collective du pubis « pour se purifier ». Des trous percés dans le mur de la salle de bain pour les épier nues sous la douche. Ce beau-père en peignoir en train de se masturber devant la porte de leur chambre. « J’avais le sexe desséché, je mettais seulement de la crème et elles m’ont vu, c’est tout », se défend le quinquagénaire qui résidait à Saint-Benoît quand l’affaire a éclaté.
L’homme, qui n’a pas toujours déféré aux convocations de la justice, se drape dans sa qualité de témoin de Jéhovah pour prouver son innocence. « Ces faits sont incompatibles avec mes valeurs », assure-t-il. La proximité physique avec les enfants au foyer ? « Nous étions naturistes ma femme et moi, nous nous promenions nus dans la maison », explique-t-il droit dans ses bottes.
Pour l’expert psychiatre qui l’a examiné, Lucien W. est un personnage « narcissique, doué d’une potentialité à exploiter autrui et ayant tendance à nier la qualité de sujet aux autres. » « Et alors, un expert peut se tromper, il n’est pas Dieu », rétorque le prévenu avec morgue.
"MAÎTRE DE L’ESQUIVE"
Une attitude « insupportable » pour l’avocate de la partie civile, Me Anna Ferrer. « Comment peut-il crier au complot alors qu’il a brisé la jeunesse de sa fille ? Celle-ci n’a jamais chargé la barque, elle parle juste de deux soirées qui ont dérapé lors de ces vacances. Les témoignages des autres filles viennent éclairer sur les circonstances et donner du crédit à ces accusations », pointe l’avocate.
L’avocat général Bruno Badré se dit quant à lui « inquiet » devant l’attitude de ce « maître de l’esquive et du mensonge, qui reste caché derrière des excuses fantaisistes. » La thèse du complot ne tient pas non plus selon lui. « Les victimes ne sont pas venues toutes ensemble, il a fallu aller les chercher alors qu’elles ne voulaient plus entendre parler de lui. » Égrenant la litanie des faits reprochés à Lucien W., l’avocat général l’accuse d’avoir « traité ces enfants comme des objets, pour des jeux sexuels d’adultes. » Il requiert à nouveau une peine comprise entre six et sept ans de prison.
En défense, Me Laurent Schwartz dénonce « le caractère imprécis des faits reprochés et le manque d’éléments matériels. » Et s’il concède que son client a « une personnalité qui ne laisse pas indifférent » et « des mœurs
étranges », il explique ses réactions parfois surprenantes par « la gravité des faits reprochés, qui le poussent dans ses retranchements. » Plaidant la relaxe, il demandera toutefois à titre subsidiaire une peine moins lourde que les sept ans déjà prononcés, « une peine pour des faits de viol ».
Appréhendé il y a quelques semaines à la frontière à son retour d’Afrique, Lucien W. attendra en prison l’issue de ce nouveau procès. Délibéré le 6 novembre prochain.

Sébastien Gignoux

Source : Clicanoo, 17 octobre 2014,
http://www.clicanoo.re/444174-condamne-a-7-ans-pour-inceste-le-pere-naturiste-et-temoin-de-jehovah-crie-au-complot.html
Le portofolio du Mag "Le Monde" du 20.01.12 avait déjà publié un article de Laure Gasporoto "Il est bio mon vignoble" dans lequel elle faisait l'apologie de la biodynamie dans les vignobles du nord de la vallée du Rhône en ne faisant aucune distinction entre la culture biologique de la vigne qui s'appuie sur des innovations, des expérimentations et l'intelligence des viticulteurs et la biodynamie qui est obscurentiste, sectaire, totalitaire et qui impose des pratiques chamaniques à des producteurs infantilisés.

Et voilà que Télérama remet ça dans son N°3374 du mois de septembre dernier sous la signature de Vincent Rémy avec pour titre "Biodynamie viticole : quel bon vin vous amène".

J'ai donc écrit à Télérama et à l'auteur les "Réactions" jointes ci-après mais qui sont restées sans réponses et qui n'ont pas été publiées, même tronquées, au courrier des lecteurs.

C'est l'ambition du texte ci-dessous qui répond à l'article scandaleux de Télérama.

Sur 7 pages ! Ca ne va pas, Télérama de faire l’apologie de la biodynamie ; qu’est-qui t’a pris ?
Quelle mouche a piqué Vincent Rémy, rédacteur en chef, excusez du peu et qui vient de publier un livre autour des questions du savoir et de la transmission.
Quel savoir transmis par cet article qui entretient systématiquement et volontairement la confusion entre la culture biologique qui est l’avenir d’une agriculture démocratique appuyée sur l’innovation et la biodynamie qui est totalitaire, obscurantiste, fascisante.
Malgré Sciences-Po, il présente la biodynamie et ses pratiques ésotériques comme la seule alternative à la « culture chimique » alors qu’elle est un syncrétisme de pratiques obscurantistes et magiques, la négation de l’agronomie qui une science de la complexité. Il devient le complice des charlatans qui voudraient nous faire croire que tout est simple dans leur monde fantasmé et qu’il devrait, au contraire, dénoncer.
Les promoteurs de la biodynamie se comportent comme une secte organisée pratiquant un lobbying efficace auprès des média et agissant sur les adeptes désinformés en déformant le réel pour les enfermer dans une divination des pratiques dispensées par un gourou et nécessitant l’achat de produits ou de matériels exclusifs.
C’est comme si, en médecine, on proposait de revenir aux sorciers, aux chamanes sous prétexte que ses dérives parfois constatées nous condamnaient à jeter aux orties des siècles de recherches et de pratiques médicales.
Pour lire l’article en entier, activer le lien ci-dessous:
Source : MEDIAPART, Le blog de chol.pierre, 14 octobre 2014,
http://blogs.mediapart.fr/blog/cholpierre/141014/lescroquerie-biodynamique
Mise en examen pour abus de faiblesse début septembre, Éliane Deschamps nous a ouvert sa porte hier à Petit-Noir, dans le Jura avec ses ‘‘amis’’. Ensemble, ils nous livrent ‘‘leur’’ version des faits.
Petit-Noir, village jurassien de 1 300 âmes niché à la lisière de la Côte-d’Or et de la Saône-et-Loire, c’est là, au fond d’une impasse et réfugiés sous une tente de camping, que nous attendent Éliane Deschamps et ses ‘‘amis’’, prêts à vider leur version des faits. Une ‘‘communauté’’ qui s’est souvent cachée face aux médias. Mais cette fois, les membres de l’ex-association Amour et Miséricorde ont pris les devants en invitant eux-mêmes la presse. « Pour rétablir la vérité », selon eux, notamment après la diffusion d’un reportage dans l’émission Sept à Huit , le 6 octobre dernier sur TF1.
Une femme malade
Mise en examen début septembre pour abus de faiblesse, Éliane Deschamps ‘‘préside’’ la séance. Assise dans un fauteuil roulant, celle que tout le monde appelle la ‘‘gourelle’’ depuis quinze ans n’a plus vraiment l’allure d’un leader spirituel. « Je souffre de la maladie de Crohn, d’un éventrement intestinal et j’ai fait une embolie pulmonaire. Vous croyez sérieusement que je suis en mesure de faire du mal à qui que ce soit ? », questionne la sexagénaire, qui vit aujourd’hui dans une villa anonyme, avec son époux et deux de ses enfants, juste en face du terrain sur lequel est plantée la tente. « On me redoute ? Mais je tiens à peine debout. Si on me souffle dessus, je tombe... Jamais je n’ai contraint qui que ce soit à faire quelque chose qu’il ne voulait pas. Ici, tout le monde est libre. Et je n’ai d’ailleurs jamais présidé, ni même été membre de l’association Amour et Miséricorde. Trop de mensonges ont été répandus dans les médias. Mais que voulez-vous ? Si tous les cons avaient des ailes et pouvaient voler, on ne verrait plus le soleil. »
Autour d’elle, ceux qui se considèrent aujourd’hui comme ses plus fidèles amis. Dominique, une femme qui a vécu « dans une grande précarité durant de longues années à Recey-sur-Ource » avant de rejoindre le groupe de prière d’Éliane Deschamps. L’épouse d’un ancien pharmacien, qui souhaite rester discrète mais assume son amitié avec celle qui fait tant débat. Bruno, quinquagénaire dijonnais. Anne-Isabelle, mère de famille qui, il y a quelques années, avait trouvé refuge chez les Deschamps après avoir recouvré la foi sur le tard. Et Julien Guyader, qui vit justement, depuis deux jours, sous la tente transformée ce mardi matin en salle de réunion.
Un groupe victime de discrimination ?
« Nous ne sommes pas une secte et nous ne l’avons jamais été », martèle-t-il. « Si nous sommes face à vous aujourd’hui, c’est parce que cette affaire est allée beaucoup trop loin et cela influe directement sur nos vies privées. Dans le village, nous sommes stigmatisés. Même les enfants, quand ils nous voient passer devant l’école, crient : ‘‘C’est eux la secte !’’ Nous n’en pouvons plus ! Nous avons tous un point commun : notre foi en Dieu. Après, chacun a vécu un parcours personnel plus ou moins chahuté et à un moment donné, Éliane nous a ouvert ses portes quand toutes les autres sont restées fermées. »
Lorsque l’on évoque les motifs ‘‘spirituels’’ qui les ont rassemblés, et notamment les fameuses apparitions de la Vierge dont la Dijonnaise serait témoin chaque 15 du mois à 0h06 précise, la discussion tourne court. « Nous ne vous avons pas appelé pour parler de cela ! », répond du tac au tac Éliane Deschamps, alors qu’on lui fait remarquer que seule une quinzaine d’apparitions, au cours des vingt derniers siècles, ont été officiellement reconnues comme telles par l’Église. Nous n’en saurons pas davantage sur sa conversion tardive au catholicisme. Ni sur le contenu des ‘‘réunions de prière’’ qu’elle a longtemps présidées. Tout juste nous dévoilera-t-elle sa situation financière.
« Et d’un, je ne veux pas entendre parler d’adepte, ou de fidèle. Ensuite, je n’ai jamais rançonné personne. Avec mon mari, nous vivons avec 1100 € par mois. Pour le reste, c’est la débrouille. Nous faisons tout nous-mêmes : de la confiture, des compotes, des légumes... Lorsque j’hébergeais quelqu’un, je lui réclamais simplement 300 € par mois, pour la nourriture. Sur 30 jours, ça fait 5 € par repas. On faisait même cadeau du petit-déjeuner, c’est dire si on abusait... », ironise-t-elle.
Au final, le sentiment est assez partagé en quittant la demeure. Si la sincérité des témoins que nous avons rencontrés ne fait aucun doute, reste leur mode de vie marginal qui attire forcément les regards et pose de nombreuses questions. D’autant plus dans un milieu rural où la discrétion est toujours de mise.
Bertrand Lhote
Source : Le Journal de Saône-et-Loire, 15 octobre 2014,
http://www.lejsl.com/saone-et-loire/2014/10/15/une-femme-malade
Vingt-trois heures. Les ténèbres sont tombées depuis quelques heures déjà sur Plombières. Dans la forêt voisine, une quinzaine de croyants n’est pas près de s’endormir. Au rythme de leurs prières, de leurs incantations et de leurs chants, ils bénissent à peu près tout le monde et tentent de se défendre face aux forces maléfiques qui sévissent quelques mètres plus loin, à la porte du diable.
Nous montons la rude pente et nous parviennent alors aux oreilles de vagues psalmodies étouffées par ce monde d’encre qui nous entoure. Puis nous apercevons des lampes torches et quelques silhouettes. Les prières sont un peu plus fortes. Nous nous rapprochons petit à petit d’une chaude bulle de lumière orangée qui se reflète sous la voûte des arbres. Un vif rayon laiteux de lampe torche nous éblouit. Quelqu’un nous a vus au loin. Nous terminons les derniers mètres qui nous séparent du groupe en nous faisant attentivement observer. Les prières ne se sont pas arrêtées.
Tout Dijonnais connaît de réputation la porte du diable, placée au bord d’une route entre Daix et Plombières-lès-Dijon. Le lieu déchaîne les passions depuis des décennies. Chacun y allant de sa légende personnelle. De nuit, le haut pan de mur a une couleur blanchâtre, quasi cadavérique, qui se découpe très nettement des ténèbres de la forêt. Impossible de passer à côté. Sur le linteau, une tête érodée aux oreilles pointues et une apparence féline peut faire penser à celle d’un diablotin. Au-dessus d’elle, un bonnet phrygien. Tout sauf un hasard quand on sait que l’ancien propriétaire de la porte s’appelait Hias... Bonnet !
Dame blanche
C’est très certainement lui qui fit construire la porte, récupérant les pierres d’une des immenses cheminées de l’hôtel Bernardon de Dijon. Après la période révolutionnaire, ce dernier fut mis à sac, tout comme de nombreux édifices religieux. Ce filou de Bonnet récupéra les débris pour en faire cette porte particulière, posée sur le chemin reliant la ferme de Champmoron, qu’il possédait, au prieuré de Bonvaux. Aujourd’hui, on raconte qu’il faut la traverser par l’ouverture de gauche, celle où le chevron est fatigué. Et gare à vous si vous choisissez l’autre option. C’est un monde démoniaque qui vous attend : manifestations paranormales, bruits étranges et même apparition de la Dame blanche...
Ce soir-là, c’est un tout autre type de Dame en blanc que nous rencontrons. Au pied de la porte Bonnet, nous avons aperçu au loin des voitures parquées le long de la sinueuse route. Quelques-unes ont allumé leurs feux de détresse. Il y a plusieurs années, la secte Amour et Miséricorde se réunissait chaque mois en ces lieux. Plus précisément, dans la nuit du 15 au 16 du mois. À son apogée, le mouvement comptait une cinquantaine d’adhérents. Dans un premier temps, tous se retrouvaient dans les bois de Plombières, avant que “la voyante” Eliane Deschamps, cerveau du groupe, commence à voir la vierge Marie en d’autres endroits. Récemment, la responsable de l’association a été rattrapée par la justice dans le Jura. Elle est soupçonnée d’abus de faiblesse. Pourtant, ce 15 septembre, il y avait bien une réunion nocturne.
Arrivés à la lumière, nous tombons sur Pierre, qui nous demande ce que nous cherchons.

Valentin Euvrard

Source : Le Miroir, 16 octobre 2014,
http://www.miroir-mag.fr/64754-notre-nuit-avec-une-secte-a-plombieres-les-dijon/
Serge Blisko, 64 ans, président de la Miviludes, est né et a fait ses études de médecine à Nancy.

Le Nancéien Serge Blisko dirige la lutte anti-sectes en France depuis 2012. Il met en garde contre les mensonges des pseudo-thérapeutes.

Pouvez-vous faire un rapide état des lieux de la menace sectaire en France ?
Nous recevons environ 2 500 signalements par an à la Mission interministérielle de luttes contre les dérives sectaires (Miviludes). Évidemment, dans le lot, tout n’est pas suspect. Il peut s’agir d’attirer notre attention sur des pratiques douteuses, comme celles de certains thérapeutes aux propositions miraculeuses.

Vous êtes médecin de métier. Quels sont les dangers de ces thérapies parallèles ?
Il y a un peu de charlatanerie, un peu d’escroquerie, un peu de poudre de perlimpinpin. Au milieu de tout cela, il y a de véritables prédateurs, qui mettent des gens gravement malades, comme des patients atteints de cancer, en danger. De plus, ils proposent des remèdes miracle capables de soigner toutes les maladies : cancer, VIH, Parkinson, maladies neurologiques, Alzheimer… On joue avec le désespoir et a vulnérabilité des gens.

On parle moins de grandes sectes avec gourous et néo-sauveurs de l’humanité et micro-églises ?
Oui, c’est une évolution du paysage des dérives sectaires. Philosophies, spiritualités de groupe sont un peu en retrait. Aujourd’hui, la préoccupation de l’individu, c’est de se sauver soi-même, ses proches.

La formation professionnelle et le coaching sont-ils toujours très prisés par les sectes ?
Oui, il s’agit encore d’un vecteur important mais son action est insidieuse, difficile à appréhender. Avec le coaching et les formations psychologisantes, il est difficile de faire la part des choses. Évidemment, les gens qui sont bernés, stagiaires ou responsables de ressources humaines, ne s’en vantent pas trop après.

Les sectes profitent-elles de la crise, des difficultés des entreprises ?
Oui, on le constate ces dernières années, elles ciblent les sociétés qui ont du mal, où l’angoisse monte, lorsque les résultats ne sont pas bons. Celles également qui ont besoin de remotiver leur personnel au moment d’un plan social.

Internet est-il un paradis pour les escrocs manipulateurs ?
Oui, et la contre-offensive est compliquée car n’importe qui peut créer sa page, son blog et attirer quelques personnes. Avant, Moon ou Hare Krishna et ces grands mouvements étaient identifiables. Aujourd’hui, chats et forums de discussion sont des espaces de conviction très forts. De ce point de vue, internet est un continent idéal pour les sectes. Chacun doit puiser dans toutes les ressources de son sens critique.

Serge Blisko est à Verdun aujourd’hui pour les 20 ans de l’association Secticide.

Recueilli par Alain MORVAN.

Source : Le Républicain Lorrain, 17 octobre 2014
QUINZE ANNÉES D’ENFERMEMENT

Toujours très sympathique en interview malgré sa propension à décrocher des rôles de méchante au cinéma, Glenn Close a révélé au Hollywood Reporter qu’elle a été élevée dans une secte.

Vous vous demandiez comment Glenn Close était parvenue à jouer Cruella avec un tel talent ? Peut-être tout simplement parce que la comédienne a passé une partie de son enfance sous l’influence d’un tyran. A 67 ans, et après des décennies de silence, Glenn Close a accepté d’aborder une facette méconnue de son enfance. Ces 15 années passées au sein d’une secte, au beau milieu des paysages suisses.
Glenn Close a beau être une citoyenne américaine, la majeure partie de son enfance s'est déroulée à 20 kilomètres de la frontière française. La comédienne n’a que 7 ans lorsque son père, le docteur William Taliaferro, décide de rallier la confédération helvétique. Adorateur du mouvement  Réarmement Moral, il décide de s’installer avec sa famille dans le quartier général de la secte, à Caux.
Au sein de cette institution, Glenn apprend à vivre sous le contrôle permanent du révérend Franck Buchman, un gourou fondamentaliste évangélique. « Nous n’étions pas autorisé à faire quoi que ce soit, se souvient-elle. On nous faisait culpabiliser sur tout désir qui pourrait sembler non naturel. » A 22 ans, après avoir passé plus de la moitié de sa vie enfermée dans cette secte, Glenn Close prend son courage à deux mains et parvient à s’échapper. « Je n’avais aucun outil pour partir mais je l’ai fait, confie-t-elle. Je ne vais pas en raconter les détails, on ne peut pas le faire dans une interview ».
Glenn Close finit par rallier les Etats-Unis et se met à étudier le théâtre et l’anthropologie dans une université de Virginie. Des années après, elle est considérée comme l’une des plus grandes actrices hollywoodiennes, nommée à 6 reprises aux Oscars.
Aujourd’hui, elle dit avoir pardonné à son père. « Sans
 pardon, explique-t-elle, on continue de perpétuer
ce qui a été fait avant. Je me suis dit, 'Ça doit s’arrêter avec moi' ».
Nicholas DESCHAMPS
Source : Gala, 17 octobre 2014,
http://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/glenn_close_raconte_son_enfance_au_sein_d_une_secte_327631


RÉARMEMENT MORAL

ORIGINE - Fondé par le pasteur luthérien d'origine suisse, Frank Buchman (1878-1961), né en Pennsylvanie. En 1938, depuis l'Allemagne, où la guerre se fait menaçante, il lance l'idée d'un réarmement moral et spirituel des peuples, avec quatre objectifs : conversion des cœurs pour un renouvellement de la société, recherche de la volonté divine, des valeurs morales, guérison des préjugés et des haines en étant présents auprès des responsables de la société, réunion des hommes de toutes croyances dans un combat pour la justice et la paix. En 1946 ouverture du Centre de Caux (Suisse), et développement en France. Durant l'été de la même année, 4 000 Allemands (dont le futur chancelier Adenauer) et 2000 Français s'y retrouvent. Le mouvement apporte une pierre importante à la réconciliation franco-allemande (et avec le Japon). Fragilisation du RM à la mort du fondateur, reconstitution à partir des années 1980.
DOCTRINE - Principe : la refonte de la société ne peut s'opérer en définitive que par la transformation des hommes. Pratique : une école du changement ; des équipes agissantes s'efforçant d'établir un dialogue fécond là où règne l'antagonisme, dans l'arène sociale et politique comme dans les relations internationales. Conçue et poursuivie par des personnes animées par l'idéal chrétien, l'action du Réarmement moral se veut ouverte à des hommes de toutes croyances dans un respect mutuel et en vue d'un combat commun pour un avenir meilleur.
DIFFUSION - Dans le monde entier avec 600 permanents. Centre internatio- nal en Suisse. Une revoie bimestrielle : Changer.
Source : extrait du Dictionnaire des groupes religieux aujourd’hui, Jean Vernette et Claire Moncelon, Presses Universitaires de France, 1995

 

 

Feed on Feeds