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d'après une sélection de blogs sceptiques.

Conspirationnisme : Tariq Ramadan assume
Un rapport embarrassant pour les Etats-Unis, de prétendues « zones d'ombres » montées en épingle, des informations non vérifiées ou sorties de leur contexte, le tout énoncé sur un ton péremptoire et sarcastique : Tariq Ramadan est passé maître dans l'art de la théorie du complot.

« Attention "conspirationnisme" dangereux » : c'est le titre d'un texte de 1500 signes mis en ligne sur les réseaux sociaux par Tariq Ramadan lundi 21 juillet. L'islamologue suisse y qualifie d'« accablant » un rapport publié le même jour par Human Rights Watch (HRW) sur les pratiques américaines en matière de lutte antiterroriste. Evidemment, personne ne peut sérieusement accuser HRW d’entretenir « les délires conspirationnistes », et Ramadan prend bien soin de le souligner. Sauf que ce rapport n’accuse à aucun moment le gouvernement américain d’avoir été à l'initiative de véritables attentats terroristes comme le suggère Ramadan qui n'hésite pas, dans son articulet, à établir un lien entre les pratiques douteuses dénoncées par HRW et... l'affaire Merah !

En faisant référence à l'enquête d'un « journaliste italien de la Stampa » sur les « zones d'ombres » des meurtres de Toulouse et Montauban, Ramadan laisse en effet entendre que le jeune djihadiste n’aurait été qu’une créature des services de renseignement français. C'est la thèse qu'avait avancé, à l'époque - et, rappelons-le, sur la base d’une source anonyme -, un journaliste italien qui, d'ailleurs ne travaillait pas à La Stampa, comme l’écrit par erreur Ramadan, mais à Il Foglio. Une thèse qui a fait long feu depuis qu'ont été rendus publics, en juillet 2012, les échanges de Mohamed Merah avec les forces de l'ordre lors du siège de son appartement (1).

Mais Ramadan ne s’arrête pas en si bon chemin. Pour lui, ce n’est pas seulement le terrorisme, et singulièrement le terrorisme islamiste, qui serait ainsi « fabriqué ». L’antisémitisme aussi serait, selon lui, l'objet de toutes les manipulations.

Que nous dit-il ? Que les slogans antisémites entendus à l’occasion des manifestations pro-palestiniennes organisées au cours des derniers jours pourraient bien avoir été proférés... par de faux manifestants infiltrés, voire par « des groupuscules étrangers, types LDJ » (2). Mieux, les propos à caractère antisémite publiés sur le web proviendraient pour l'essentiel d'une vaste campagne d'intoxication mondiale orchestrée par des officines opérant « depuis Israël et ailleurs » afin de discréditer les sites pro-palestiniens. Et Ramadan de dénoncer, pour terminer, « les vrais conspirateurs et comploteurs des USA, d'Israël ou d'ailleurs ».

En mai dernier, Tariq Ramadan avait soutenu que le caractère antisémite de la tuerie de Bruxelles ne pourrait relever que d’une «manœuvre de diversion» et demandait à ce qu’on cesse «de nous prendre pour des imbéciles». Là encore, l’islamologue avait recyclé le matériel qui essaimait sur la complosphère pour transformer deux des quatre victimes de l’attentat en agents des «services secrets israéliens» et faire de ce drame un épisode d'une guerre larvée entre services de renseignement. C’était avant que l’identité du principal suspect, le djihadiste Medhi Nemmouche, ne soit découverte.


Notes :
(1) Entre le 22 et le 26 mars 2012, le journaliste italien Daniele Raineri publie dans Il Foglio une série d’articles intitulés respectivement « Le meurtrier de masse français d'Al-Qaïda est une opération des services secrets qui a mal tourné », « Combien y avait-il de choses que les services de renseignement français "ne savaient pas" à propos de leur homme à Toulouse ? », et « Le meurtrier de masse de Toulouse voyageait à l’étranger avec une couverture des services ». Selon lui, Merah était un indic et voyageait à l’étranger probablement sous couverture de la DGSE. Les services de renseignements français auraient aidé Merah à infiltrer des réseaux terroristes avant que ce dernier n'échappe à leur contrôle. Ces « révélations » – que la DGSE qualifiera de « grotesques » – sont reprises dès le 27 mars par de nombreux titres de presse comme Slate.fr, Les Inrocks et Arrêt sur images. La traduction en français d’un article de Raineri est également publiée sur le site de Courrier International. La vérité est que Merah a bien été placé sous surveillance, et convoqué par la DCRI le 14 novembre 2011, peu après son retour du Pakistan, pour s'expliquer sur ses séjours au Moyen-Orient ; toutefois, les journalistes Eric Pelletier et Jean-Marie Pontaut (L’Express) rapportent dans leur livre, Affaire Merah, l'enquête (éd. Michel Lafon, 2012, pp. 205-206), que leurs investigations ne corroborent pas les allégations de Daniele Raineri, et soulignent que celles-ci reposent depuis le début sur des sources sur lesquelles Raineri n’a, du reste, jamais accepté de communiquer.
(2) Ligue de Défense Juive, groupuscule juif extrémiste actif en région parisienne (lire « Au fait, c’est quoi, la Ligue de défense juive ? », LeMonde.fr, 23 juillet 2014).

Voir aussi :
* Tuerie de Bruxelles : ils crient au complot
* Terrorisme : pour Tariq Ramadan, il est urgent de questionner les services de renseignement

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot

Lazarus revient...Lazarus Pour faire suite à l'initiative de culture scientique Lazarus-Mirages, viennent d'apparaître de petits films (moins de trois minutes chacun) de Lazarus mis en ligne hebdomadairement. Nous vous invitons donc à aller les visionner à sur YouTube user/France4 Avons-nous un destin ?.

P.S. : Pour ceux qui découvrent aujourd'hui Lazarus-Mirages (la toute première expérience transmedia de diffusion de la culture scientifique réalisée concrètement), voici l'adresse de son magnifique et vraiment extraordinaire site : http://www.lazarus-mirages.net/

acupuncture_header

Si tu as un doute quelconque au sujet de l’efficacité de l’acupuncture, efface ça immédiatement de ton esprit. Car l’acupuncture ça fonctionne pour de vrai.

Bon, c’est sûr que si tu fais des recherches pour comprendre par quel mécanisme elle fonctionne, là tu vas avoir de sérieuses difficultés. Tu vas devoir patauger dans une tonne de théories ésotériques et d’études cliniques mal construites.

L’acupuncture provient de la médecine traditionnelle chinoise et est utilisée depuis des millénaires. Il s’agit d’une forme de thérapie énergétique : le but est de rétablir une énergie appelée « Qi » qui circule à travers des canaux appelés « méridiens », qui existent dans la version invisible de notre corps. Généralement, l’acupuncteur insère des aiguilles très fines à des points précis du corps, le long des méridiens, afin de rétablir l’équilibre énergétique.

Tu auras bien sûr compris que rien de tout ça n’est scientifique et/ou n’a été démontré. L’acupuncture est une approche spirituelle à la guérison, pas un traitement médical.

Mais ça ne change rien au fait que l’acupuncture est efficace. Cette bande dessinée explique pourquoi.

 

Manon est stressé et fatiguée , elle a des migraines et des douleurs au couManon va en acupuncture et c'est tellement différent de voir son médecinLes aiguilles en acupuncture sont optionnellesManon fait des changements dans sa vieManon amène son chat en acupunctureConclusion et exercice philosophique

P.S. Dans les commentaires ci-dessous, je PRÉDIS une avalanche de citations d’études cliniques interprétées tout croche et/ou dont les conclusions seront extrapolées abusivement, des références obscures aux récepteurs des opiacés et une série de remarques du genre « Moi je n’y croyais pas mais je l’ai essayé et ça marche ». Et je ne suis même pas médium !

 

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RELIGIONS - Cette association internationale laïque est notamment implantée à Lisieux
Dans un rapport rédigé par une association d'aide aux victimes de dérives sectaires, une douzaine d'anciennes Travailleuses Missionnaires dénonce les conditions de vie et de travail au sein de leur communauté, implantée notamment à Lisieux.
Un sentiment de malaise règne au sein des Travailleuses Missionnaires. Une douzaine d'anciennes membres de cette communauté religieuse livre des témoignages édifiants sur leurs conditions de vie et de travail dans un rapport publié par l'AVREF (Association d'aide aux victimes des dérives de mouvements religieux en Europe et à leurs familles) sur son site Internet. Travail effréné et non rémunéré, climat autoritaire, soins limités, communication restreinte avec leurs proches, diabolisation du monde extérieur... Ces femmes décrivent toutes les mêmes difficultés rencontrées durant leur passage chez les TM. Le rapport, d'une cinquantaine de pages et intitulé “Le livre noir des Travailleuses Missionnaires de l'Immaculé”, a été transmis à la Conférence des évêques de France. “Nous avons recueilli un premier témoignage il y a 18 mois. Depuis, les langues se délient et d'autres anciennes TM ont pris contact avec notre association. Le dossier n'est pas terminé”, indique le président de l'AVREF, Aymeri Suarez-Pazos.
“Lisieux est un pôle important”

Fondée en 1950 par l'abbé Roussel, la communauté a des missions dans les cinq continents. Elle est connue pour sa chaîne internationale de restaurants “L'Eau Vive” où les TM assurent le service et travaillent en cuisine. Présentes à Lisieux depuis 1995, les Travailleuses Missionnaires tiennent le foyer Louis et Zélie Martin (centre d'accueil spirituel, hébergement et restauration) et participent à la vie liturgique du pèlerinage. “Elles sont une quarantaine à Lisieux, qui est un pôle important de la communauté, presque un passage obligé, explique Aymeri Suarez-Pazos. Les TM fondent une grande partie de leur spiritualité sur l'œuvre de Sainte-Thérèse. Leur première branche masculine a d'ailleurs été créée à Lisieux en 2001”.
Le recrutement se fait essentiellement en Afrique (Burkina Faso, Cameroun), dans les îles du Pacifique et en Amérique latine. Les jeunes filles sont issues de familles modestes. “Elles sont motivées par un appel à la vie religieuse assorti d'une promesse de formation en Europe. Elles n'ont pas la moindre idée de ce qu'elles vont vivre en raison du triple engagement de pauvreté, de chasteté et d'obéissance que l'on va exiger d'elles”, souligne le président de l'AVREF.
“Leur système est étouffant”

Outre les conditions de vie et de travail, plusieurs anciennes TM déplorent un manque de considération de la part des responsables de la communauté. “Même après 16 ans chez les TM, j'étais toujours considérée comme la petite nouvelle qui n'a pas son mot à dire” raconte Gracia. “Leur système est étouffant, on reste bébé toute sa vie et on n'est pas capable de sortir une parole de soi-même” ajoute Emilienne. Toutes reconnaissent pourtant avoir eu du mal à quitter les TM. Et pour cause. “Lorsqu'elles quittent la communauté, elles n'ont plus rien. Pas de papier, pas d'argent, pas de logement. Et de toute façon, le retour au pays serait ressenti comme une honte par leurs familles” explique Aymeri Suarez-Pazos.
Aucune action en justice n'a pour le moment été engagée. Les anciennes TM ne semblent pas animées d'un esprit de vengeance. Elles souhaitent surtout tourner la page, se reconstruire et inciter l'Eglise à réformer la communauté.
Julien LAGARDE
Source: Le Pays d’Auge, 25 juillet 2014
Par Gilles Bouvaist
Mouvement pacifiste transversal ou manifestations conspirationnistes aux forts relents d’extrême-droite ? Chaque lundi, les "Montagsdemos" réunissent en Allemagne une foule disparate mobilisée contre la guerre, les Etats-Unis, et la "désinformation".

Samedi dernier, au cœur de Berlin, à Potsdamer Platz, là où vingt-cinq ans plus tôt se dressait le Mur dont on aperçoit encore les reliques à quelques mètres de là, se tenait un rassemblement fédérale des “Veillées pour la paix”. Sous un soleil écrasant, environ 2000 personnes ont répondu à l’appel des “Montagsdemos” (Les Manifs du lundi), un mouvement qui, depuis le printemps, fait entendre une petite musique dissonante aux marges de la politique allemande. (...)

Lire la suite sur le site des Inrocks.

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
Dans les années 1960, un chiropracteur américain crée une thérapie inspirée de la médecine chinoise, pour gérer le stress notamment : la kinésiologie.
Apparue en France dans les années 1980, elle est aujourd'hui dispensée par une petite dizaine de personnes à Orléans. Une discipline non médicale, « qui nécessite 500 heures de formation, selon Catherine B., qui l'exerce depuis 8 ans en ville. C'est un travail sur soi qui passe par le corps, et permet de débloquer des choses dans l'inconscient, d'être plus fort face au stress. » Comment ? « On interroge le muscle, ça peut être par le massage d'un point, ou l'application d'une huile essentielle » détaille-t-elle.
« Au pire, ça ne fait rien »
Mais la kinésiologie et ses partisans font l'objet de critiques depuis plusieurs années, accusés de prôner une rupture radicale avec certaines habitudes de vie, délaissées pour d'autres plus « authentiques » comme la médecine douce ou les thérapies non médicamenteuses.
Au point d'être surveillés par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). « La radicalisation de certains adeptes a conduit à des dérives à caractère sectaire », disait-elle en 2010.
Et d'avancer le souvenir de ce fait divers où deux parents, adeptes de la kinésiologie et d'autres pratiques, avaient adopté un régime végétalien, causant des carences chez leur nourrisson, qui est décédé. « La kinésiologie n'interdit pas du tout de manger de la viande, proteste Catherine B. . Comme dans toute discipline, il y a des moutons noirs. L'inconnu fait peur. Au pire, ça ne fait rien, au mieux, ça fait du bien. »
Aucun signalement de dérive sectaire n'a été réalisé à Orléans, mais le Centre contre les manipulations mentales Centre Val-de-Loire reste vigilant. « Ça n'a rien d'avéré scientifiquement et l'ordre des kinésithérapeutes condamne cette pratique », précise-t-on à Bourges.
Source : La République, Loiret, 23 juillet 2014
Elle a beau être visée par une nouvelle enquête pour « harcèlement moral » et « abus de faiblesse » dans les Yvelines, l'Eglise de scientologie continue de mener sa vie comme si de rien n'était. Hier, et aujourd'hui encore, elle organise des « portes ouvertes » à son siège parisien implanté au 69, rue Legendre (XVIIe). Des affichettes ont été posées un peu partout dans le voisinage et jusqu'à la ville d'Asnières (Hauts-de-Seine) pour annoncer cette opération de prosélytisme.
Hier matin, dans ce grand bâtiment blanc, la foule ne se pressait pas pour autant. Les livres de Ron Hubbard, placés bien en évidence dans la vitrine n'attirent pas vraiment les regards. Mais chez les riverains, la présence de ce mouvement classé parmi les sectes par plusieurs rapports parlementaires, agace.
Les dirigeants parisiens de l'Eglise déjà condamnés
« Je ne comprends toujours pas comment ils peuvent continuer à avoir pignon sur rue », grince Sophie, qui habite quelques rue plus loin et refuse catégoriquement les tracts régulièrement distribués par l'Eglise aux sorties du métro. D'autant que les dirigeants parisiens ont été condamnés en février 2012 pour « escroquerie en bande organisée ». Une condamnation confirmée par la Cour de cassation à l'automne dernier. Le « Celebrity Centre » et sa librairie doivent payer des amendes de 200 000 et 40 000 €.
La maire (UMP) du XVIIe, Brigitte Kuster, avait d'ailleurs saisi l'opportunité de cette condamnation pour demander au ministre d l'Intérieur la fermeture du centre. En vain.
En attendant, les habitants restent vigilants. « Maintenant que mes enfants vont seuls à l'école, j'ai pris le temps de leur expliquer ce qu'était la Scientologie et je leur ai formellement interdit de s'arrêter au centre », explique Jeanne, une mère de deux garçons de 12 et 14 ans.
Source : Le Parisien, 27 juillet 2014

Magnétisme animal

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CIPPAD

le 27-7-2014 à 07:28 GMT
C'est à la fin du XVIIIe siècle que les scientifiques et la société commencent à se passionner pour les phénomènes électriques et magnétiques. L'Autrichien Franz Anton Mesmer développe la théorie du magnétisme animal, selon laquelle on peut soigner les malades par l'action d'un magnétiseur. Il postule l'existence d'un fluide universel, dont la mauvaise répartition dans le corps humain serait à l'origine des maladies. Après avoir d'abord travaillé avec un aimant, Mesmer s'aperçoit qu'il est aussi efficace en agissant avec ses mains. Il obtient un grand succès public, mais la Société royale de médecine finit par condamner la pratique. Une commission où figuraient Benjamin Franklin et Lavoisier, après examen de la méthode Mesmer, attribue les effets du « mesmérisme » à l'imagination des patients, tout en constatant l'influence de cette imagination sur le corps.
Source : Le Parisien, 26 juillet 2014

C. BarretteAux racines de la science – Propos d’un scientifique sur la philosophie de la science. Par Cyrille BARRETTE, biologiste, professeur émérite de l’Université Laval. Ouvrage paru en juillet 2014. Étant donné l'hégémonie de la science moderne, il est d’autant plus surprenant que sa nature fondamentale soit si largement méconnue. Dans ce livre, l’auteur veut justement tenter d’exposer de l’intérieur quelques-uns des aspects fondamentaux de cette méthode particulièrement puissante et utile, de cette manière de penser et de comprendre le monde que l’on nomme la science. Note : il sera notre conférencier du 13 septembre 2014 (voir annonce au haut de la page).

On peut se procurer ce livre aux éditions book-e-book – une collection sur le scepticisme : www.book-e-book.com – de nombreux autres titres disponibles.

Le parquet de Versailles a ouvert une enquête préliminaire visant l'Eglise de Scientologie pour "harcèlement moral" et "abus de faiblesse" à la suite d'une plainte déposée en juin par 12 salariés d'une société située à Voisins-le-Bretonneux (Yvelines).
Douze salariés de la société Arcadia, dont le siège est situé à Voisins-le-Bretonneux, dans les Yvelines, ont déposé plainte le 3 juin 2014. Ce groupe spécialisé dans l'aménagement de combles et l'extension de maisons compte 90 salariés en France.
Les salariés affirment qu'ils ont été forcés de suivre des formations dispensées par des membres supposés de la Scientologie, "omniprésente" selon eux dans la société depuis plusieurs années. La plainte vise l'association spirituelle de l'Eglise de Scientologie (Celebrity centre), plusieurs formateurs ainsi que le PDG de l'entreprise.
L'enquête a été confiée à la cellule d'assistance et d'intervention en matière de dérives sectaires, qui dépend de l'office central de répression des violences aux personnes.
"Les formateurs scientologues ont infiltré la société dans le seul but de la piller financièrement, pour leur profit personnel et celui de la Scientologie", a expliqué à l'AFP l'avocat des salariés Me Olivier Morice. Au total, entre 1 et 2 millions d'euros auraient ainsi été détournés, selon lui.
"Sujétion psychologique", "dénigrement de l'équipe commerciale" comparée à des "enfants gâtés" ou des "pisseuses en chaleur"... "Déstabilisés et constamment sous pression, les salariés doivent coopérer ou sont définitivement écartés de l'entreprise", estiment les salariés dans la plainte.
Parmi les exercices imposés, les salariés devaient suivre un "training routine" de base : "l'auditeur doit s'asseoir face à face avec une autre personne (en l'occurrence un autre étudiant) (...) et ne plus bouger (...) pendant une durée de deux heures".
Dans la plainte, un salarié témoigne que des employés ont dû lire "Alice aux pays des Merveilles", "choisir certaines phrases, les dire comme si cela venait" d'eux et ensuite répéter: "les poissons nagent et les oiseaux volent"..."Ces exercices ont été imposés non pas pour que les salariés travaillent mieux mais dans le but de les asservir et de les inféoder", a ajouté l'avocat.
Pour les employés, c'est le décès brutal en 2000 de l'un de ses enfants qui aurait conduit le PDG de la société "à se tourner vers la Scientologie". Dès 2008, le patron aurait réorganisé sa société en bénéficiant des conseils de formateurs appartenant selon eux à la Scientologie.
La Cour de cassation a confirmé en octobre 2013 la condamnation des deux 
structures parisiennes de la Scientologie, le Celebrity Centre et sa librairie SEL, à des amendes de respectivement 200.000 et 400.000 euros, pour "escroquerie en bande organisée". 
Classée en France parmi les sectes par plusieurs rapports parlementaires, l'Église 
de scientologie est considérée comme une religion aux États-Unis et dans quelques pays européens, comme l'Espagne, l'Italie, la Hollande ou la Suède.
Fondée par l'écrivain américain de science-fiction Ron Hubbard, elle revendique 12 millions d'adeptes dans le monde et 45.000 dans l'Hexagone.
Source : FR3 Ile-de-France avec AFP, 25 juillet 2014,
http://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/2014/07/25/yvelines-l-eglise-de-scientologie-visee-par-une-enquete-pour-harcelement-moral-et-abus-de-faiblesse-522601.html
Marles-les-Mines- Un Marlésien sexagénaire a été interpellé mardi matin par la police. Une jeune femme a porté plainte contre cet homme qui se dit guérisseur et voyant : elle dénonce des agressions sexuelles, alors qu’il explique avoir voulu « chasser les mauvais esprits de son corps ».
Natacha (1) n’avait que 13 ans quand ses parents l’ont emmené, pour la première fois, chez ce Marlésien connu dans le secteur pour avoir des dons de guérisseur, de magnétiseur et de voyance. C’était en 2003. Il consultait visiblement gratuitement, pour aider son prochain. Elle y est retournée régulièrement pour soigner des petits bobos, sans trop réfléchir aux méthodes utilisées. Il expliquait qu’il devait poser la main sur la partie du corps douloureuse pour la soigner : sur le sexe pour des règles douloureuses, sur la poitrine si le mal touchait les poumons, etc. Avec un signe de croix fait avec le pouce, qui déviait parfois à ce qui ressemble à des attouchements.
Natacha a consulté le Marlésien durant dix ans. Accompagnée de ses parents, quand elle était mineure, puis seule, même après avoir quitté le secteur pour emménager dans le Nord. L’an dernier encore, elle est allée voir son guérisseur pour des problèmes de couple. L’homme, aujourd’hui sexagénaire, lui a proposé de « chasser les mauvais esprits de son corps ». Avec un remède surprenant : avoir une relation sexuelle avec lui. La jeune femme s’est exécutée et a eu cette relation sexuelle, de façon consentante.
« Dans un but bienfaiteur »
Mais Natacha a visiblement pris conscience que le Marlésien avait profité d’elle et a finalement poussé la porte du commissariat pour porter plainte pour agressions sexuelles commises entre 2003 et 2013. Interpellé mardi matin par les policiers marlésiens et placé en garde à vue, le sexagénaire a reconnu les pratiques dénoncées : la main posée sur la partie du corps malade et le signe de croix mais « dans un but bienfaiteur », comme il l’a fait sur d’autres personnes. Il a également reconnu la relation sexuelle, justifiée selon lui par la nécessité de « prendre son âme et éviter le recours à la sorcellerie pour sauver son couple »...
Le parquet de Béthune a finalement décidé de lever la mesure de garde à vue et a ordonné une expertise psychologique du guérisseur, qui sera réalisée le 9 septembre, avant de décider d’éventuelles poursuites judiciaires à engager.
(1) Prénom d’emprunt
STÉPHANE DEGOUVE
Source : La Voix du Nord, 24 juillet 2014,
http://www.lavoixdunord.fr/region/marles-les-mines-le-guerisseur-chassait-le-mal-ia32b54016n2289880?xtor=RSS-2
Pour sortir quelqu'un de l'emprise d'un gourou, la méthode dite de "l'exit counseling", venue des Etats-Unis, se veut radicalement efficace.
Il y a aurait 700 sectes en France, selon le dernier recensement de l'Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu victimes de sectes (Unadfi). Et même si le pays dispose depuis 2002 d'une loi réprimant l'abus de faiblesse de personnes placées en "état de sujétion psychologique", les professionnels s'interdisent toute ingérence au nom de "la liberté de croyance". Alors comment lutter ?
Aux Etats-Unis, dans les années 1970, des familles désespérées avaient recours à la "déprogrammation, un lavage de cerveau controversé. Un ancien adepte de la secte Moon, Steven Hassan, a ensuite créé une autre méthode : "l'exit counseling", fondée non sur la contrainte mais le dialogue.
Une méthode qui a déjà fait ses preuves
"L'exit counseling", existe en Italie et a été introduit en France par Me Picotin. Il a été utilisé notamment avec une partie des "reclus de Monflanquin", une famille de notables du sud-ouest manipulée pendant près de dix ans par un seul homme qui l'a dépossédée de plus de 4,5 millions d'euros.
"Ma femme avait tenté de m'ouvrir les yeux et je n'ai rien entendu. J'étais tel un zombie", raconte Charles-Henri de Védrines, une des victimes du manipulateur Thierry Tilly, aujourd'hui en prison.
Son épouse, Christine de Védrines, a finalement travaillé avec une "équipe" d'exit counseling, composée de cinq personnes : un détective, deux psychologues, un psychanalyste et un avocat, pendant presque neuf mois. L'équipe, qui refuse tout contact avec la presse, travaille actuellement sur une douzaine de "dossiers".
Comment ça marche ?
Le détective doit tout apprendre sur la victime et son gourou. Les psychologues, eux, sont chargés de déterminer comment "accrocher" la victime après avoir étudié des mémoires complets fournis par la famille sur sa vie. Le tout sous la supervision de l'avocat, pour que le cadre légal soit respecté. Puis on détermine un jour, un lieu, pour "l'intervention" visant à entrer en contact avec la victime. Elle "se monte comme une interpellation dans le milieu judiciaire", raconte un gendarme en contact avec le groupe.
Parfois, l'enjeu peut être lourd et urgent, comme pour cette jeune victime qui avait cessé tout traitement alors qu'elle était atteinte d'un cancer et, faute "d'exfiltration", risquait sa vie.
"Tout le travail d'exit consiste à réaliser des encoches pour percer la couche de fausses informations qui brouille la personne", en faisant par exemple réapparaître "des gens du passé, des souvenirs heureux", explique Me Picotin, en précisant que ce travail peut démarrer par l'envoi de messages ou de lettres.
Quand ils sont sous emprise, "les gens vivent des mensonges et des contradictions", explique aussi Steven Hassan : ils sont programmés pour s'interdire les pensées négatives.
Lors de l'intervention, on tente donc de les remettre en contact avec le souvenir enfoui de cette réalité, dit-il. Ensuite, lorsqu'ils ouvrent les yeux, en cinq minutes ou plusieurs heures, ils sont "débriefés", parfois pendant des jours, au cours desquels ils évoquent leur vécu avec un psychologue qui les aide à assimiler.
Un traitement à plus de 20.000 euros - qui ne fait pas l'unanimité
Le "conseil en sortie" reste très peu connu en France. Il est coûteux (plus de 20.000 euros parfois) car mobilisateur d'une équipe pendant des semaines et suscite la méfiance de certaines associations de victimes.
Une spécialiste du sujet, fait part de sa réserve craignant que "l'exit counseling" ne puisse déboucher sur des actions illégales (l'enlèvement de la victime), ce dont se défend l'équipe française. Cette experte critique aussi la mise en oeuvre de techniques de psychologie comportementale "pas toujours efficaces", selon elle.
Serge Blisko, président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, refuse lui de se prononcer pour ou contre la méthode, mais estime qu'en France les victimes sont souvent trop seules après leur "sortie" et qu'il faudrait des lieux où elles se mettraient à l'abri et leur offrir un "suivi psychologique" pour leur redonner "le goût de vivre".
Source : Nouvel Observateur, 16 juillet 2014,
http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20140716.OBS3843/l-exit-counseling-ou-comment-exfiltrer-les-adeptes-des-sectes.html?xtor=RSS-25

Sur le même sujet :
Jean-Pierre Muller/AFP L'avocat Daniel Picotin présente son "Manifeste"
contre les sectes,le 4 octobre 2012 à Bordeaux
Sortir quelqu'un de l'emprise d'un gourou en cinq minutes après des mois de travail comprenant même des filatures: c'est la méthode dite de "l'exit counseling", importée des Etats-Unis et qui arrive discrètement en France.
Selon l'Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu victimes de sectes (Unadfi), il y a au moins 700 sectes en France. Elles font de nombreuses victimes difficiles à sauver, les professionnels s'interdisant toute ingérence au nom de "la liberté de croyance", même si la France dispose depuis 2002 d'une loi qualifiée d'exemplaire, réprimant l'abus de faiblesse de personnes placées en "état de sujétion psychologique".
Beaucoup de familles aussi échouent, note Daniel Picotin, avocat spécialisé dans les dérives sectaires et président d'Info sectes Aquitaine. "Bien intentionnés, les proches vont tenter de raisonner la personne", dit-il en soulignant cependant que "les reproches", fréquents, ont en réalité pour effet de "déifier" le gourou, généralement doté d'une grande capacité d'empathie l'ayant aidé à capter les victimes.
Aux Etats-Unis, dans les années 1970, des familles désespérées avaient recours à la "déprogrammation", un lavage de cerveau controversé.
- une douzaine de dossiers -
Un ancien adepte de la secte Moon, Steven Hassan, a ensuite créé une autre méthode, "l'exit counseling", fondée non sur la contrainte mais le dialogue.
"L'exit counseling", introduit en France par Me Picotin et existant aussi en Italie, a été utilisé notamment avec une partie des "reclus de Monflanquin", une famille de notables du sud-ouest manipulée pendant près de dix ans par un seul homme qui l'a dépossédée de plus de 4,5 millions d'euros.
Mehdi Fedouach/AFP Christine de Vedrines dont le mari
a été victime de manipulation mentale, présente son
 livre racontant son combat le 29 juin 2013 à Bordeaux
"Ma femme avait tenté de m'ouvrir les yeux et je n'ai rien entendu. J'étais tel un zombie", raconte Charles-Henri de Védrines, une des victimes de ce manipulateur, Thierry Tilly, aujourd'hui en prison.
Son épouse, Christine de Védrines, a finalement travaillé avec une "équipe" d'exit counseling, composée de cinq personnes: un détective, deux psychologues, un psychanaliste et un avocat, pendant presque neuf mois. L'équipe, qui refuse tout contact avec la presse, travaille actuellement sur une douzaine de "dossiers".
Son détective doit tout apprendre sur la victime et son gourou, les psychologues sont chargés de déterminer comment "accrocher" la victime après avoir étudié des mémoires complets fournis par la famille sur sa vie, le tout sous la supervision de l'avocat pour que le cadre légal soit respecté. Puis on détermine un jour, un lieu, pour "l'intervention", visant à entrer en contact avec la victime, "qui se monte comme une interpellation dans le milieu judiciaire", raconte un gendarme en contact avec le groupe.
Parfois, l'enjeu peut être lourd et urgent, comme pour cette jeune victime qui avait cessé tout traitement alors qu'elle était atteinte d'un cancer et, faute "d'exfiltration" risquait sa vie.
"Tout le travail d'exit consiste à réaliser des encoches pour percer la couche de fausses informations qui brouille la personne", en faisant par exemple réapparaître "des gens du passé, des souvenirs heureux", explique Me Picotin, en précisant que ce travail peut démarrer par l'envoi de messages ou de lettres.
Mehdi Fedouach/AFP Un ancien adepte de la secte Moon Steven Hassan,
lors d'une conférence de presse à Bordeaux le 29 juin 2013
"Ils savent appuyer sur le bon bouton au bon moment", témoigne Charles-Henri de Védrines, revenu à la réalité après une "intervention" à Oxford en Grande-Bretagne où il avait suivi Thierry Tilly.
Quand ils sont sous emprise, "les gens vivent des mensonges et des contradictions", explique aussi à l'AFP Steven Hassan: ils sont programmés pour s'interdire les pensées négatives.
Lors de l'intervention, on tente donc de les remettre en contact avec le souvenir enfoui de cette réalité, dit-il. Ensuite, lorsqu'ils ouvrent les yeux, en cinq minutes ou plusieurs heures, ils sont "débriefés", parfois pendant des jours, au cours desquels ils évoquent leur vécu avec un psychologue qui les aide à assimiler.
Le "conseil en sortie" reste très peu connu en France. Il est coûteux (plus de 20.000 euros parfois) car mobilisateur d'une équipe pendant des semaines. Et suscite la méfiance de certaines associations de victimes.
Une spécialiste du sujet, fait part de sa réserve craignant que "l'exit counseling" ne puisse déboucher sur des actions illégales (l'enlèvement de la victime) ce dont se défend l'équipe française. Cette experte critique aussi la mise en oeuvre de techniques de psychologie comportementale "pas toujours efficaces", selon elle.
Serge Blisko, président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, refuse lui de se prononcer pour ou contre la méthode, mais estime qu'en France les victimes sont souvent trop seules après leur "sortie" et qu'il faudrait des lieux où elles se mettraient à l'abri et leur offrir un "suivi psychologique" pour le redonner "le goût de vivre".
Au sein même de la police, la Cellule d'assistance et d'intervention en matière de dérives sectaires (CAIMADES) met pour sa part aussi en oeuvre une approche psychologique visant à ramener les victimes à la réalité. "Notre but est qu'elle se rende compte de l'emprise dont elle a été victime. À ce moment-là, l'emprise mentale peut s'effondrer d'elle-même et il peut y avoir un revirement assez important chez la personne entendue", a témoigné sa chef, Aurélie Martin, dans un entretien publié sur le site du ministère de l'Intérieur.
Source : La République, 16 juillet 2014,
http://www.larep.fr/france-monde/actualites/a-la-une/national/2014/07/16/exit-counseling-une-methode-discrete-pour-exfiltrer-les-adeptes-des-sectes_11082425.html
Soupçonné d'avoir une responsabilité dans le naufrage, il faisait l'objet d'une véritable chasse à l'homme. Les circonstances et les causes de sa mort de ce milliardaire, ex-gourou, artiste exposé notamment en France, restent énigmatiques.
C'était le milliardaire le plus recherché des autorités sud-coréennes. Le riche propriétaire du ferry Sewol dont le naufrage a fait 300 victimes en avril dernier est mort. Son corps a été retrouvé il y a plus d'un mois dans un verger en Corée du Sud mais vient seulement d'être identifié grâce à des tests ADN. Yoo Byung-Eun, 73 ans, avait brusquement disparu après le drame pour échapper à la justice.
Soupçonné d'avoir une responsabilité dans le naufrage, il faisait l'objet depuis plusieurs semaines d'une véritable chasse à l'homme dans le pays du Matin calme. Une récompense équivalente à 360.000 euros avait été offerte pour son arrestation. Mais le milliardaire en cavale courrait toujours. Pour le pousser à se rendre, les autorités sud-coréennes étaient allées jusqu'à interpeller plusieurs membres de sa famille, notamment sa fille, Yoo Som-Na, arrêtée en France en mai dernier. Soupçonnée de fraude fiscale, elle est incarcérée à la prison de Fresnes dans l'attente de son extradition vers la Corée du Sud, décision qu'elle conteste avec ses avocats.
«Le milliardaire sans visage»
Les circonstances et les causes de sa mort restent énigmatiques. Meurtre ou suicide? Pour l'heure, impossible de la savoir. La date de son décès reste également inconnue, le corps étant décomposé à plus de 80%. Près de sa dépouille, les enquêteurs ont retrouvé un livre que Yoo avait écrit, ainsi qu'une bouteille d'un produit fabriqué par une société de la famille. Sa mort est d'autant plus étrange que son état ne pouvait, a priori, pas lui permettre de se déplacer facilement. D'après l'un de ses fils, il était paralysé. Comment alors ce vieil homme s'est-il retrouvé dans un verger à Suncheon, une ville située à 300 km au sud de Séoul?
Il faut dire que l'homme d'affaires a toujours su entretenir le mystère. Celui que les Coréens appellent «le milliardaire sans visage» en raison de ses rares apparitions publiques n'a jamais accordé d'interview. Présenté comme un «inventeur» sur son site officiel, ce businessman aurait fait fortune grâce au dépôt de divers marques et brevets, dont certaines inventions auraient reçu des récompenses internationales. Au cours de sa carrière, il aurait conçu des «articles ménagers», «des produits liés à la santé» et des «bateaux et petits navires de haute mer», indique encore sa biographie officielle. Mais son parcours ne s'arrête pas là. On y apprend aussi qu'il est ceinture noire de Takwondo et «hautement qualifié en judo». Ardent défenseur de la nature, il serait également «artiste peintre», «philanthrope», «sculpteur», «poète» et «photographe».
Une double identité
Dans les médias, les révélations vont bon train. On y apprend que l'homme d'affaires a fondé une secte dans les années 1960 et qu'il a fait quatre ans de prison pour avoir détourné des fonds financés par les membres de sa secte. Mais c'est surtout la révélation de sa double identité qui va avoir l'effet d'une bombe en Corée du Sud. Après avoir enquêté pendant des mois, Bernard Hasquenoph, animateur d'un site d'informations dédié aux musées, découvre à l'été 2013 que le milliardaire Yoo Byung-Eun est aussi un artiste qui commence à se faire connaître en France, sous le pseudonyme «Ahae».
Tout commence en 2012. Le photographe est exposé pour la première fois au Jardin des Tuileries, rattaché au musée du Louvre à Paris. Mais pas forcément pour ses talents d'artistes. Le rapport d'activité du Louvre de 2013 montre en effet que Ahae a tout simplement loué le carré des sangliers pour y exposer son travail baptisé «Through my windows» («De ma Fenêtre», en Français). Montant de la location? 500.000 euros, d'après Hervé Barbaret, son administrateur général, interrogé par L'Express .
Généreux mécène du Louvre et de Versailles
Et l'ancien président du musée ne tarissait pas d'éloges à son sujet. Dans la préface du catalogue paru à l'occasion, Henri Loyrette écrivait que «l'oeuvre» de Ahae était «extraordinaire». Même réaction dithyrambique de la part de Catherine Pégard, présidente du Château de Versailles, qui a accueilli les clichés de l'artiste en 2013. Cette fois-ci, l'exposition s'installe à l'orangerie. Du jamais vu. Pourtant dans le milieu de la photographie, son travail n'est pas particulièrement connu, ni reconnu.
Mais pour les institutions culturelles françaises, Ahae est avant tout un généreux mécène. Son nom est à ce titre gravé à l'intérieur du musée du Louvre. Il aurait ainsi versé plus d'un million d'euros au musée du Louvre via son fonds de dotation et financé à lui seul la rénovation du bosquet du Théâtre d'Eau dans les parcs du Château de Versailles pour un montant de 5 millions d'euros, selon une source citée par Le Journal du Dimanche . Montant dont il n'aurait versé que la moitié, les financements s'étant arrêté après le naufrage du ferry.
Laurent Fabius monte au créneau
C'est précisément cette double casquette d'artiste-mécène qui dérange le bloggeur Bernard Hasquenoph.«D'un côté, il finance les grands musées et de l'autre, on l'autorise à louer de prestigieux espaces qui lui permettent de s'acheter une reconnaissance. D'un point de vue moral et éthique, c'est un peu tendancieux», commente le journaliste.
Depuis que la Corée du Sud, sous le choc du naufrage, a découvert que la France travaillait étroitement avec l'homme qu'elle recherchait, le Quai d'Orsay a dû rapidement intervenir pour éviter tout incident diplomatique. C'est ainsi que le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a demandé à ce que les photos d'Ahae ne soient pas exposées lors du Festival des forêts à Compiègne début juillet, selon Bernard Hasquenoph qui a publié la lettre du ministre adressée au président du festival. De même, la Philarmonie de Paris a annulé une exposition de ses photographies prévue en 2015.
Questions autour du village abandonné
Plus surprenant, l'ennemi public numéro 1 de la Corée était également connu dans la région du Limousin en tant que propriétaire d'un hameau abandonné sur la commune de Courbefy, en Haute-Vienne. En mai 2012, il avait acquis ce village aux enchères pour 520.000 euros. A l'origine de cette étrange acquisition surmédiatisée, un projet. Ce coin de verdure devait devenir un centre culturel censé accueillir des artistes du monde entier. Rassuré pour l'avenir du patrimoine et pour l'économie de sa commune, le maire de Courbefy était enchanté. Bernard Guilhem n'a néanmoins jamais rencontré le riche propriétaire. Seuls ses fils supervisaient les travaux de restauration des 21 bâtisses plantées sur cette parcelle de 10 hectares. Le décès de M. Yoo aura-t-il des conséquences sur le village limousin? Joint par téléphone, sa société, Ahae Press France, n'a pas souhaité faire de commentaire et le maire de Courbefy n'était pas joignable ce mardi.
Source : Le Figaro, 22 juillet 2014,
http://www.lefigaro.fr/international/2014/07/22/01003-20140722ARTFIG00278-coree-du-sud-la-mysterieuse-mort-de-m-yoo-l-etonnant-proprietaire-du-ferry-sewol.php
Crédit photo : www.potomitan.info
Le regroupement des principales religions actives dans le pays, baptisé Religion pour la paix - dont fait partie l'église catholique romaine en Haïti - se déclare attristé par les récents propos tenus par le Cardinal haïtien Chibly Langlois à l'encontre du vaudou, rapportés par le quotidien britannique The Guardian.
 
Les propos du Cardinal sont de nature « à intensifier la confusion dans l'esprit du peuple », à « exacerber les tensions » et à détruire encore plus les liens entre les citoyennes et citoyens haïtiens, estime "Religion pour la paix".
« Le vaudou ne sauvera pas Haïti ». Il constituerait « un problème social », écrit The Guardian, citant le Cardinal Langlois. Pour argumenter sa position, le Cardinal a surtout avancé le grave problème d'instruction dans le pays. Si « une personne est bien éduquée, elle ira voir un médecin, à la place d'un houngan (célébrant du vaudou)... », ou elle irait devant un tribunal pour trouver justice, au lieu d'un péristyle (temple vaudou), pour consulter et se venger des erreurs commises par les autres à son égard, ajoute le prélat.
Quant à la question du syncrétisme, souvent évoquée par les chercheurs, pour traiter des influences entre les deux religions, Chibly Langlois tente de dogmatiser qu'on ne saurait être « vaudouisant et catholique » à la fois.
D'un côté, dans la réalité quotidienne et dans l'exercice des croyances, le catholicisme romain semble emprunter le tambour, le rythme et les danses folkloriques du vaudou, ce que reprend The Guardian. De l'autre, les croyantes et croyants vaudouisants continuent d'assimiler les énergies du vaudou, appelées Loas, à celles des saintes et saints catholiques romains.
La note de protestation, transmise à la presse, est paraphée par l'évêque catholique romain, Pierre André Dumas, membre de Religion pour la paix, ainsi que par l'évêque catholique anglican Zaché Duracin.
Un représentant du vaudou, la manbo Euvonie Auguste (prêtresse du vaudou), deux représentants de l'Église protestante, dont le secrétaire général de Religion pour la paix, le pasteur Clément Joseph, et un délégué de la communauté islamique en Haïti, l'imam Abou Jahman, ont aussi signé le document.
En 1935, Sténio Vincent avait fait passer une loi déclarant superstitieuses les pratiques du vaudou.
De 1939 à 1942, beaucoup de religieux catholiques romains ont été à la base d'opérations de vandalisme de temples du vaudou et de campagnes anti-superstitieuses, connues sous le nom de kanpay rejte (campagne de rejet), qui avaient fait plusieurs victimes parmi la population haïtienne et détruit plusieurs péristyles du vaudou.
Source : Une Semaine en Haiti - L'hebdomadaire du Collectif Haïti de France /AlterPresse

Source : Métropole Haïti, 22 juillet, 2014,
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=24564
Saisie par la Direction générale de la santé en 2010, après la révélation de
15 cas d’infections cutanées à mycobactéries atypiques, en 2007, la Haute Autorité de la santé (HAS) devait livrer une cartographie des risques liés à la pratique de la mésothérapie à visée esthétique (MVE) en France, qu’ils soient infectieux, pharmacologiques, ou liés à des contextes psychopathologiques.
C’est la cartographie d’un territoire accidenté et perdu dans le brouillard qu’elle livre aujourd’hui, dans un rapport d’évaluation technologique de plus de 230 pages, qui s’appuie sur l’analyse critique des données de la littérature scientifique, des rapports de l’Institut national de veille sanitaire (InVS), de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des agences régionales de santé, ainsi que sur le recueil de positions d’experts.
« Bases mal connues et incertaines »
Selon la HAS, « la pratique de la mésothérapie est fondée sur des bases mal connues ou incertaines ». La Haute Autorité souligne qu’il n’existe pas de définition consensuelle de la MVE, que les pratiques sont hétérogènes et les protocoles non standardisées, que les conditions réelles de la pratique ne sont pas connues, et qu’aucun encadrement juridique n’existe. En outre, les données acquises de la science ne constituent pas un fondement solide, selon l’evidence based-medicine. Et la qualification des professionnels repose sur la déclaration des universités, sans que cette formation universitaire soit un pré-requis.
La HAS identifie plusieurs types de risques. Les risques infectieux (par bactéries typiques ou mycobactéries atypiques) sont avérés : la MVE s’est rendue responsable de 15 % des 92 cas de mycobactérioses cutanées entre 1986 et 1992 ; de 16 cas d’infections à mycobactéries non tuberculeuses, entre 2006 et 2007 et de 7 cas d’infections cutanées à mycobactéries atypiques en 2009.
Des risques pharmacologiques (réactions granulomateuses, systémiques et allergiques) ont été rapportés. Les études publiées de faibles niveaux de preuve ne permettent pas de conclure sur la compatibilité des mélanges utilisés en MVE. En revanche, des événements indésirables liés à certains contextes psychopathologiques n’ont pas été identifiés mais paraissent possibles.
Utilisation de médicament hors AMM
Beaucoup de données manquent néanmoins quant à la gravité et la fréquence des complications. « Les systèmes de vigilance ne sont pas fonctionnels », accuse la HAS, qui juge par ailleurs impossible d’évaluer le coût pour la collectivité des effets secondaires de la MVE.
Elle met en lumière les points critiques des séances de mésothérapie : mélanges extemporanés, multiplicité des injections, qui aggrave le risque infectieux, utilisation hors AMM des médicaments en dehors de toute balance bénéfice-risque. Elle rappelle notamment que la préparation extemporanée de mélanges de produits médicaux ne peut se faire qu’en pharmacie et non en cabinet et que l’utilisation hors AMM, si elle n’est pas interdite, doit être encadrée et connue du patient.
La HAS conclut donc sur l’impossibilité de quantifier les risques et d’établir des comparaisons avec d’autres gestes de médecine esthétique. « Les très nombreuses inconnues encore existantes concernant la MVE rendent impossible une information suffisante du public lui permettant des choix éclairés. »
Coline Garré
Source : Le Quotidien du Médecin, 24 juillet 2014,
http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualite/sante-publique/mesotherapie-des-risques-infectieux-averes-selon-la-has-qui-deplore-un-manq
Il y a quelques mois, le pasteur Emmanuel Gordon de l'Église adventiste a été condamné à 8 ans de prison pour des atteintes sexuelles sur l'une de ses fidèles. Aujourd'hui cette dernière tente de se reconstruire. Si la justice a reconnu son statut de victime, au sein de sa communauté, cela fut un parcours semé d'embûches.

A la simple évocation des faits, Vanessa (1) se retient pour ne pas fondre en larmes. La jeune femme veut parler, elle veut raconter son calvaire. On aurait pu penser que la lourde condamnation infligée en février dernier à Emmanuel Gordon par le tribunal correctionnel allait enfin la libérer... il n'en est rien.
Car la jeune femme a dû faire face au silence et parfois même au dénigrement de certains membres de sa communauté.
Et pourtant elle n'a aucune rancoeur et n'a aucun esprit de revanche. « Je veux que l'on sache que j'ai été la victime d'un pasteur qui a abusé de sa fonction. Je veux que cela se sache, faire connaître la vérité doit me permettre de tourner la page », explique Vanessa. Comme depuis le début de l'affaire, elle est très entourée par ses proches et plus particulièrement par ses parents. Elle n'avait qu'une dizaine d'années lorsque l'homme censé lui apporter une éducation spirituelle a franchi la ligne jaune.
Le quinquagénaire très charismatique au sein de cette communauté du sud de l'île avait réussi à séduire tout son monde. Il proposait son aide pour le soutien scolaire, car il prétendait avoir enseigné par le passé. C'est lors de ces moments où il pouvait se retrouver seul avec l'adolescente qu'il a eu des gestes plus que déplacés.
« Je pense que d'autres enfants ont subi le même sort que moi, mais qu'ils n'ont rien dit. Je pensais revivre après la condamnation, cette histoire a gâché ma vie. Il n'est pas là et c'est moi qui continue à souffrir ».

IL S'EST SOUSTRAIT À LA JUSTICE DES HOMMES
« Souffrance », c'est le mot qui revient constamment lors de cet entretien avec Vanessa. Lorsqu'en 2010 ils ont déposé plainte contre ce ministre du culte, les parents et la jeune femme ont été traités de menteurs et les soutiens n'étaient pas très nombreux. On leur a reproché de vouloir salir l'intégrité et l'honorabilité d'un homme apprécié de tous. « Je ne me suis jamais placée dans la peau d'une victime, j'étais devenue celle qui avait détruit la vie de cet homme et de sa famille ». Jusqu'à aujourd'hui, le quinquagénaire continue à bénéficier d'un sentiment de sympathie auprès de certains fidèles sur les réseaux sociaux. Mais beaucoup d'entre eux ont vite déchanté quand le jugement du tribunal correctionnel de Fort-de-France a confirmé les déclarations de la jeune femme.
Et surtout condamné le pasteur à 8 ans de prison ferme. Elle se remémore un procès où elle a dû faire face à un banc des prévenus qui est resté désespérément vide. En effet, c'est par défaut que le pasteur Emmanuel Gordon a été jugé. L'homme qui avait été placé sous contrôle judiciaire avec l'interdiction de quitter le département n'a pas attendu la date de son procès. Depuis le 25 avril 2013, il fait l'objet d'un mandat d'arrêt international. Les proches de la jeune femme continuent de penser que le mis en cause qui est d'origine haïtienne a bénéficié de complicité pour fuir le département.
« JE NE VEUX PAS DÉTRUIRE LA COMMUNAUTÉ ADVENTISTE »
« On s'était rendu compte qu'il était bizarre, il avait parfois des excès de colère. On nous a dit qu'il avait été envoyé en Martinique pour lui accorder une seconde chance ». Elle veut qu'au sein de sa communauté on reconnaisse que c'est elle qui a été la victime et non le contraire.
« Mes parents et moi-même, nous n'avons pas toujours été seuls dans ces moments difficiles... certains nous ont exprimé leur soutien et leur gratitude. Je veux aujourd'hui dire à ceux qui ont douté de ma parole et qui n'ont pas cru que j'ai été victime de cet homme qui s'est présenté comme le bon pasteur », souffle Vanessa. La jeune femme sait que sa démarche ne sera pas comprise de tous. « Je ne veux pas détruire la communauté adventiste ». Elle veut surtout inciter à la prudence face à certains ministres du culte qui veulent se placer au-dessus de Dieu. « Je ne souhaite pas pour ceux qui ne m'ont pas crue d'avoir à vivre ce que j'ai vécu et encore moins à leurs proches. Continuer ce genre de choses est en totale contradiction avec les valeurs de notre église », indique encore Vanessa.

(1) Le prénom de la victime a été modifié  

H.Br.
Source : France – Antilles, 19 juillet 2014,
http://www.martinique.franceantilles.fr/actualite/faitsdivers/j-ai-ete-la-victime-d-un-predateur-263940.php
La Réunion - « L’ethnomédecine remet le patient au centre du sujet »
À l’occasion de la remise de ce premier Diplôme Universitaire Européen d’Ethnomédecine, la Docteure Alice R., la seule médecin thésée qui prépare une thèse en Anthropologie a publié un texte où elle souligne que cet enseignement d’ethnomédecine ne vient pas concurrencer la médecine allopathique ; elle vient en complément, en particulier quand la médecine occidentale « ne trouve rien » alors que le patient ne se sent pas bien et passe de médecin en médecin, de spécialiste en spécialiste, de scanner en IRM... Voici son texte.
Quand ni la clinique, ni les examens para-cliniques — que ce soit la biologie, le scanner, l’IRM ou la scintigraphie — ne racontent rien et que le mal persiste, quelle est l’autre ressource ? C’est, entre autres, à cette question que veut répondre l’ethnomédecine, une discipline qui vient agrandir le champ opératoire du personnel soignant et affiner sa capacité d’écoute, afin de décoder ce désordre qu’est la maladie et permettre une prise en charge plus globale de la personne souffrante en tenant compte de sa culture, de son environnement et de sa spiritualité.
On y apprend l’anthropologie, science de l’humanité, ainsi que les autres médecines savantes telles que la médecine ayurvédique, chinoise, chamanique, l’usage, la toxicité et l’efficacité des plantes avec l’ethnobotanique et l’ethnopharmacologie. C’est une pratique qui vient enrichir notre médecine classique et non pas lui faire concurrence comme voudraient l’insinuer les adeptes des polémiques.
Tout bon soignant s’est un jour heurté à une certaine impuissance, face aux limites de la médecine occidentale, et, au nom du bien-être du patient, s’est posé la question de solutions alternatives. Il est intéressant de noter que les deux pays les plus peuplés au monde disposent de leurs médecines savantes qui sont millénaires et il est légitime de voir comment elles sont aussi bien préventives que curatives.
L’Etchnomédecine remet le patient au centre du sujet car il est en effet souvent le seul à pouvoir donner un sens au désordre que constitue la maladie. Les quatorze étudiants nouvellement diplômés d’ethnomédecine ont bénéficié durant deux ans de l’expérience des meilleurs experts en leur matière. À noter que l’UFR Santé de notre île, véritable creuset de la multi-culturalité, est la première à avoir mis en place ce diplôme en Europe.
Docteure Alice R.
Source : Témoignages, Journal fondé en 1944, La Réunion, 23 juillet 2014,

Note du CIPPAD : Mme Pourchez responsable du Diplome Universitaire Européen d’Ethnomédecine intervient de façon suivie auprès de l'association d’anthropologie AMADES. Association dont les thèmes de congrès vont, en fonction des pays d’accueil, porter sur les mouvements guérisseurs, la prédiction dans le diagnostic médical, ou le système de santé s’agissant de la France. L’ancienne présidente de  l'association, dont l’adresse est aussi celle du siège social de l’AMADES, est également érudite en Décodage biologique, publiant dans la revue Anthropologie et Santé, éditée par l'association.

Ici, le programme du Diplôme Universitaire d’Ethnomédecine animé par Mme Laurence Pourchez, responsable pédagogique de la formation.

Sur le même sujet :
(Cet article paraît dans le pus récent numéro de la revue québécoise Préscolaire. J’ai été très heureux de répondre à […]
Crash du MH17 : Aymeric Chauprade et la théorie du complot
Pour l’eurodéputé frontiste Aymeric Chauprade, le vol MH17 de la Malaysia Airlines a été abattu par «le camp ukraino-américain».

Il revient à un collaborateur du journal nationaliste et royaliste Action Française 2000, Grégoire Dubost, de signaler sur son blog le tout dernier dérapage complotiste d'Aymeric Chauprade.

Le géopolitologue préféré d'Alain Soral et ReOpen911 a mis en ligne mercredi un court article dans lequel il affirme que « le drame du vol MH-17 en Ukraine ne profite pas à la Russie mais bien aux gouvernements de Kiev et de Washington ». « A l’évidence, poursuit Chauprade, le camp ukraino-américain avait un réel intérêt à abattre cet appareil ».

Etablissant un lien entre la bavure du 17 juillet dernier - attribuée aux forces séparatistes pro-russes - et les attentats du 11-Septembre, le député européen explique que « depuis 2001, régulièrement, un événement dramatique provoque une accélération de l’Histoire qui profite à l’agenda américain. Pourquoi ? La réponse est évidente. Pour sauver les suprématies monétaire et géopolitique américaines et faire ainsi échec au nouveau monde multipolaire ».

Appelant de ses vœux la constitution, autour de la Russie de Vladimir Poutine, d’une « Internationale de ceux qui aiment leur identité », Chauprade fit partie, au mois de mars dernier, de la délégation qui s’est rendue en Crimée pour « observer le processus du référendum » sur un rattachement de la péninsule ukrainienne à la Russie. Un voyage organisé à l’initiative de Moscou via l’Observatoire eurasien pour la démocratie et les élections (OEDE), une ONG fondée par l’ancien néo-nazi belge Luc Michel, dirigeant du Parti Communautaire National européen (PCN), un groupuscule d’inspiration nationale-bolchévique.


Voir aussi :
* Le double discours d’Aymeric Chauprade sur le 11-Septembre

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
INSOLITE – Suite à un procès, une gérante d'un salon de massage tantrique allemand devra payer l’impôt au même titre que les maisons de passe.
La gérante du salon de massage qui avait saisi la justice passera bien à la caisse.
Elle devra payer sa dîme comme tous les autres lupanars. La gérante avait intenté une action en justice après s'être vue réclamer 840 euros au titre d'un impôt local "sur le divertissement" réclamé par la ville de Stuttgart (sud-ouest de l’Allemagne) pour les mois de janvier et février 2012.
Las, les autorités locales ont considéré – après avoir testé ? – que les massages tantriques procuraient un "plaisir sexuel" et qu’ils étaient à ce titre soumis aux mêmes taxes locales que les maisons de passes, légales en Allemagne. Cette taxe communale s'applique aux maisons de paris, à certains saunas ainsi qu'aux salles de machines de jeux ou aux clubs montrant des films pornographiques ou des stripteases. L'imposition est de 10 euros par mètre carré.
La "conscience globale de soi"
Balayés, les arguments de spiritualité. La requérante qui avait reconnu que le massage des parties intimes faisait partie du "trip" plaidait que "le but principal du traitement n'est pas le plaisir sexuel" mais "bien plus le bien-être complet" du corps et la "conscience globale de soi". Conformément aux préceptes tantriques, ces rituels ésotériques venus de l'Inde ancienne.
Mais comme en première instance, en novembre 2013, la Cour administrative d'appel du Bade-Wurtemberg a estimé que le "plaisir sexuel" restait bien l'objectif premier de cette prestation... La soumettant de fait à l'impôt. Reste l’avis du Tribunal administratif fédéral, devant lequel elle peut encore se pourvoir en cassation... Plus prompt à la "conscience globale" peut-être ?
Source : Metro News, 22 juillet 2014,
http://www.metronews.fr/info/allemagne-le-massage-tantrique-considere-comme-un-vulgaire-plaisir-sexuel/mngv!62DCDlSqBtz7/
Par Slate.fr
La fatwa d'EIIL sur l'excision était un faux
Il est facile de croire que l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), organisation terroriste islamique qui a pris possession depuis juin de plusieurs villes en Irak et en Syrie, est l’auteur des pires exactions. C’est l’une des raisons pour lesquelles certaines informations qui circulent à son propos sur les réseaux sociaux semblent vraies. Et c'est pour cela qu'il faut d'autant plus se méfier... Une rumeur qui circule depuis deux jours vient encore d’illustrer ce phénomène.

Tout a commencé par la déclaration de Jacqueline Badcock jeudi 24 juillet, correspondante de l’ONU en Irak en charge de l’humanitaire, lors d’une conférence de presse à Genève donnée en visioconférence depuis Irbil, capitale de la province kurde. (...)

Lire la suite sur Slate.fr.


Voir aussi :
* Offensive djihadiste en Irak : le Guide suprême iranien accuse la CIA

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
En France, un cabinet de consultants scientologues est la cible d'une enquête judiciaire pour avoir infiltré une entreprise. (voir ici)

Oui, les scientologues sont connus pour leur utilisation de groupes de façades, c'est-à-dire des groupes constitués de scientologues mais qui ne portent pas le nom de scientologie.

Plus particulièrement, WISE (World Institute of Scientology Enterprises) est une constellation d'entreprises qui utilisent les méthodes de management de la scientologie dans leurs entreprises. (voir
ici)



Voici un documentaire de Canal D, «Le pouvoir caché», sur le sujet:




À Québec, on trouve SAGE (Système Avancés de Gestion d'Entreprises inc.) (voir ici), dirigé par Denis Côté, un scientologue de longue date (voir ici) et qui dirige aussi un autre groupe de façade de la scientologie, la CCDH (Commission des Citoyens pour les Droits de l'Homme) de Québec, qui est une entité scientologue qui combat la psychiatrie.

On trouve aussi, dans le Parc Technologique de Québec,  le groupe Conseil McDuff, dirigé par Sylvain McDuff et sa famille (voir ici). McDuff est aussi un scientologue de longue date (voir ici).

J.E. avait filmé une de ses conférences en caméra cachée:



On peut voir qu'il essaye d'embrouiller les gens quand on lui demande s'il s'agit de scientologie.

Il s'agit bien de scientologie. Se sont les méthodes de base d'endoctrinement de la scientologie qui sont appliquées sur les employés.

Voici ce qui peut se produire quand on fait affaire au Groupe Conseil McDuff:






Pour nous joindre: joecalzaghe1[arobase]yahoo[point]fr
le=
Lundi 21 juillet 2014, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a publié un rapport accusant le FBI et le ministère de la Justice américains d'avoir effectué des opérations d’infiltration abusives consistant à « encourager, pousser et parfois payer » des musulmans pour qu’ils préparent des actions terroristes. Ce faisant, les autorités américaines auraient « dans certains cas transformé en terroristes des individus respectueux de la loi ».

HRW ne conteste pas que ce type d’opérations sous couverture, développées pour lutter contre le crime organisé et étendues au terrorisme après les attentats du 11-Septembre, soient parfaitement licites aux Etats-Unis. Contrairement à des pays comme la France, la police fédérale américaine peut, sous le contrôle de la justice, inciter au crime afin de réunir le maximum de preuves pour confondre un suspect et le mettre hors d’état de nuire.

HRW est pleinement dans son rôle en dénonçant les abus auxquels une pratique aussi douteuse peut conduire. Ainsi, en étudiant 27 exemples concrets sélectionnés parmi les quelque 500 affaires de terrorisme passées devant les tribunaux américains depuis 2001, l’ONG a pu établir que les autorités américaines auraient ciblé des citoyens sur la base de critères confessionnels et/ou ethniques - ce dont se défendent catégoriquement le FBI et le ministère de la Justice (1) - ou bien encore des personnes vulnérables, issues de milieux défavorisés ou souffrant de troubles psychiques.

« On vous l’avait bien dit ! »

Mais si les cas mis en exergue par HRW posent une question éthique et interrogent sur les moyens admissibles en matière de lutte antiterroriste, ils ne remettent pas en cause la réalité des attentats exécutés, au cours des dernières années, dans le monde et sur le sol américain. Sur les réseaux sociaux, les conspirationnistes croient pourtant tenir, avec le rapport de HRW, la preuve que le terrorisme islamiste, est une « fabrication » des Etats occidentaux n'ayant pour autre objectif que de perpétuer l'illusion d'une menace artificielle. D’Egalité & Réconciliation à Mondialisation.ca en passant par Le Grand Soir, AlterInfo ou le Réseau Voltaire, le web complotiste abonde de textes présentant les services secrets américains ou israéliens comme les véritables marionnettistes du terrorisme international. Les démons de l’antiaméricanisme et du soupçon communient dans la même certitude triomphale : « On vous l’avait bien dit ! »

Et pourtant. Plutôt que comme un indice de la compromission des appareils d’Etat dans la fabrication d’une menace fictive, le rapport de HRW ne peut-il pas tout aussi bien être considéré comme la démonstration qu’aux Etats-Unis, les contre-pouvoirs fonctionnent correctement et sans entrave ?

L'idée selon laquelle le terrorisme est une invention étatique a une histoire. Dans son Court Traité de complotologie (2013), le politologue Pierre-André Taguieff rappelle ainsi que c'est Guy Debord qui a le premier théorisé, en France, ce modèle « démystificateur » du terrorisme, élaboré en référence aux « années de plomb ». Ce modèle conspirationniste, poursuit Taguieff, a par la suite été « appliqué par l’extrême gauche, au cours des années 1990, pour nier la réalité du terrorisme islamiste en Algérie, puis par les antiaméricains radicaux pour nier l’existence d’Al-Qaida, réduite à un épouvantail créé par les services secrets états-uniens, et, pour finir, par les dénonciateurs de la "conspiration interne" dont aurait résulté le 11-Septembre (tel Webster G. Tarpley, théoricien du "terrorisme fabriqué") ».


Notes :
(1) Selon Michael P. Kortan, directeur adjoint du Bureau des affaires publiques du FBI, « le FBI ne vise pas des individus ou des groupes sur des bases raciales, ethniques ou religieuses et sensibilise les diverses communautés à la lutte contre toutes les activités criminelles, y compris le terrorisme ». Marc Raimondi, porte-parole du ministère de la Justice, a déclaré quant à lui que « le Department of Justice a été un allié indéfectible des groupes de défense des droits civiques depuis des décennies. Le rapport lui-même reconnaît que le processus judiciaire utilisé dans les cas cités est non seulement légal mais aussi expressément approuvé par les juges fédéraux… Nous ne ciblons pas et ne pouvons cibler des individus sur la seule base d’activités qui sont protégées par le Premier Amendement, lesquelles comprennent la liberté d’expression et de religion » (source : The Washington Post, 21 juillet 2014).

Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot
Ceci est la transcription de l'épisode #51: Roswell : Rencontre du premier mythe du balado Scepticisme scientifique. Il s'agit d'une interview de Gilles Fernandez. Cette transcription a été légèrement éditée au niveau du contenu. Un tout grand merci à Jérôme pour avoir réalisé cette transcription.


Jean-Michel Abrassart :
Aujourd’hui je suis avec Gilles Fernandez qui est l’auteur d’un tout nouveau livre qui s’intitule : « Roswell : Rencontre du premier mythe », qui est comme son nom l’indique un ouvrage consacré au crash de Roswell.
Bienvenu !
Gilles Fernandez :
Bonjour Jean-Michel, merci.
Jean-Michel Abrassart :
Avant qu’on attaque la discussion autour de l’affaire Roswell, tu pourrais un peu te présenter ? Je sais que tu es psychologue, donc tu as un peu ta carrière de ce côté-là, avant que tu ne deviennes un auteur consacré à ce genre de sujet.
Gilles Fernandez :
Eh bien, je suis titulaire donc d’un doctorat en psychologie cognitive, j’ai beaucoup travaillé sur le surdon, les représentations mentales, jusqu’en 2006. Et puis effectivement depuis 4 ans je me consacre à d’autres activités en tant qu’indépendant, donc du consulting, et puis je rédige des articles et je m’intéresse beaucoup au paranormal, mais de façon sceptique.
Et donc durant mes études autour de 2004-2005, on m’a proposé un projet qui était de réaliser une batterie de tests pour le GEIPAN, enfin pour le CNES, mais c’était essentiellement de soumettre ce projet. Donc l’idée c’était d’utiliser une batterie de tests pour tester la crédibilité des témoins, en utilisant par exemple des échelles pour voir si les personnes sont enclines à la fantaisie ou non, quel est leur milieu ambiant, est-ce qu’ils sont intéressés par la science-fiction, et puis d’autres tests de personnalité etc.
Et puis ce projet a été abandonné parce que je me suis vite rendu compte qu’il y avait un espèce de glissement qui était fait, c'est-à-dire qu’à partir du moment où on prouvait par ces instruments que la personne était crédible, cela voulait dire que l’observation était crédible aussi, au sens extraterrestre. Et ça, ça m’a beaucoup embêté, et donc je n’ai pas voulu m’engager sur ce projet plus avant.
Jean-Michel Abrassart :
Et donc tu en es venu à écrire un livre sur l’affaire Roswell. Evidemment Roswell c’est quasiment le cas le plus connu de la casuistique. Qu’est-ce qui t’a particulièrement intéressé ? Pourquoi Roswell ?
Gilles Fernandez :
Pourquoi Roswell ? Oh eh bien c’est toujours un petit peu par rapport à ce que je disais avant, en discutant il m’est arrivé, à l’époque en 2005, de faire une critique assez violente du livre de Jean-François Parmentier, qui est : « Ovni : 60 ans de désinformation ». Et puis nous avions échangé en privé par e-mails et c’est vrai qu’il m’a montré que je ne connaissais pas suffisamment la casuistique pour juger. Donc j’ai commencé à lire, mais surtout du côté anglo-saxon, et puis bien entendu, ce qui apparaît le plus souvent c’est l’affaire Roswell, et donc de fils en aiguille, j’ai lu, j’ai lu, et j’ai commencé à écrire, et mon entourage m’a dit : « On n’a pas grand-chose en France, pourquoi n’écrirais-tu pas un ouvrage ? », voila. Mais au départ mon idée c’était de faire un petit ouvrage à la maison, le faire circuler aux amis etc., et puis, de fil en aiguille on m’a un petit peu motivé à voir un petit peu plus grand, c'est-à-dire une publication avec numéro ISBN etc., pour les librairies.
Jean-Michel Abrassart :
Avant qu’on rentre dans l’explication un peu sceptique du cas, tu peux raconter quelle est la version un peu standard ?
Gilles Fernandez :
C’est sûr que quand on me pose cette question j’ai envie de répondre : « Quelle version vous voulez ? », parce qu’il y a tellement d’articles, d’ouvrages etc. L’incident de Roswell, dans la mémoire collective en tout cas, c’est donc ce que tu as introduite précédemment, c’est cette idée que l’armée des États-Unis aurait récupéré un engin, ses occupants ou des débris et qu’elle conserverait ce secret encore aujourd’hui, donc depuis 63 ans, dans des hangars ou je ne sais quoi.
Et donc l’histoire en elle-même, c’est un évènement qui s’est produit en juin-juillet 1947 quand un rancher, un éleveur, du nom de William Mac Brazel a signalé au shérif local, qui s’appelait Georges Wilcox, qu’il aurait récupéré l’une de ces fameuses soucoupes volantes dont les médias à ce moment-là parlent avec une grande intensité depuis l’observation de Kenneth Arnold, donc le 24 juin 1947, sachant que l’affaire est publiée le 25 juin dans les journaux.
Jean-Michel Abrassart :
Il y a quelque chose comme deux mois entre l’observation de Kenneth Arnold et l’affaire de Roswell ?
Gilles Fernandez :
Ah non, il y a 10-12 jours.
Jean-Michel Abrassart :
Ah, 10-12 jours ?
Gilles Fernandez :
L’observation de Kenneth Arnold est publiée dans la presse, j’insiste on va voir pourquoi, le 25 juin dans les éditions, il donne d’abord une interview à un journaliste, Bill Bequette, puis ce journaliste décide de diffuser la chose sur le réseau local de l’« Associated Press », c’est un petit peu l’AFP de là-bas, et puis la personne qui se trouve à l’agence locale qui est importante décide de diffuser ça sur tout le réseau national. Ça intéresse tout le monde, et puis tout d’un coup les gens se mettent à voir ces fameuses soucoupes volantes. Et la chose intéressante que les sceptiques connaissent est que Kenneth Arnold n’a jamais vu, lui, en tout cas dans ce qu’il a décrit, les objets en forme de soucoupe, il décrivait plutôt que ces objets se déplaçaient comme des soucoupes qui ricocheraient sur l’eau. Pourtant les gens vont voir des objets en forme de soucoupe.
Alors donc la question que je me suis posée c’est : « Comment les extraterrestres ont-ils pu changer la configuration de leurs engins pour plaire finalement aux journalistes, à une erreur journalistique ? ». Et donc l’affaire Roswell c’est le 5-6-7-8 et 9 juillet, c'est-à-dire très peu de temps après, ce qui est intéressant je pense, en tout cas ce qui m’a intéressé, c’est d’essayer de comprendre cette vague avant tout, avant de m’intéresser à l’affaire Roswell. Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Qu’est-ce que les gens entendaient à l’époque par « soucoupe volante», et ça c’est particulièrement intéressant parce que quand on lit les coupures de journaux, quand on s’intéresse à des études qui ont été faites, on se rend compte que le terme « soucoupe volante» n’a pas du tout la même connotation que l’on a nous aujourd’hui. C'est-à-dire qu’on associe ça toujours, presque directement à engin extraterrestre venu d’autre planète, engin venu du futur ou des choses comme ça, mais à l’époque ça n’était pas du tout le cas, c'est-à-dire que les hypothèses qui était émises étaient, par exemple, des engins soviétiques secrets ou des projets secrets américains. C'est-à-dire que, dans la tête des gens si je peux dire, penser soucoupe volante c’est certainement d’abord penser à des choses prosaïques, de là, tout objet un petit peu insolite, qu’on trouve dans son jardin, comme du matériel ballon, des cibles radar etc., c’est un bon candidat pour les soucoupes volantes parce qu’elles n’ont rien d’extraterrestre dans la tête des gens. Et il faut savoir aussi que dans cette toute petite période, à partir du 4 juillet 1947 on offre une prime, dans tous les états, pour qui rapporterait ces soucoupes volantes ou un débris, et ce sont des primes de l’ordre de 1 000 $ jusqu’à 3 000 $, ce qui est une somme très importante à l’époque, on sort de la guerre etc…
Et c’est à partir de ce moment-là que l’affaire va commencer. Il y a beaucoup de polémiques là-dessus, je ne peux pas tout résumer comme ça oralement, mais apparemment, enfin c’est ce que je pense, dont je suis sûr et c’est bien documenté. Quelque chose est tombé dans le champ de ce fermier mi-juin, c'est-à-dire apparemment le 14 juin 1947, pourtant le 14 juin 1947, ce qui est tombé dans son champ ne l’intéresse pas, il le laisse dans son champ.
Jean-Michel Abrassart :
(Rires).
Gilles Fernandez :
C'est-à-dire que ce n’est vraiment pas si spectaculaire que ça. Mais, alors pareil il y a plusieurs versions et c’est difficile de remonter dans le temps, mais le 4 juillet 1947, on est dans le weekend de l’indépendance, il y a donc ces primes qui sont offertes à qui rapporterait les débris ou un débris de ces fameuses soucoupes volantes ; alors c’est un fermier, il n’a pas le téléphone, il n’a pas la radio, il n’a pas accès à la presse, etc., le 5 juillet il va à la ville de Corona qui est proche de là où il travaille, il entend parler des soucoupes volantes, et il semble même qu’il rencontre ses voisins, des ranchers, la famille Proctor qui lui explique bien que dans la presse on parle de soucoupes volantes et qu’on offre une prime de 3 000$, et là ces débris, tout d’un coup, prennent une autre connotation, une autre valeur, c’est seulement à partir de ce moment-là que ça va l’intéresser. Et là donc il décide d’aller à la ville de Roswell dont il contacte le shérif, Georges Wilcox qui lui à son tour décide d’appeler l’armée. On notera que le shérif décide d’appeler l’armée, ce qui nous ramène toujours à cette idée que le terme soucoupe volante est quand même associé à du militaire, américain, russe, mais en tout cas on appelle la base de Roswell, on n’appelle pas les journalistes, on ne va pas voir par soi-même, non, on appelle la base. Et là est diligenté le Major Marcel avec une petite équipe, alors on est quasiment sûr qu’il y avait une deuxième personne qui s’appelle Sheridan Cavitt et peut-être une troisième personne, le sergent Rickett. Et puis, bien c’est pareil, Marcel, ces débris l’intéresser, c'est-à-dire qu’ils sont insolites pour lui et donc il retourne à la base avec des débris, il s’est arrêté chez lui, les a montré à son fils, c’est toute une chronologie qui est très longue et très détaillée. Et stupéfaction, la base décide de publier un communiqué de presse comme quoi nous sommes entrés en possession d’un disque volant, d’une soucoupe volante, en aucun cas nous sommes entrés en possession d’un engin extraterrestre, mais d’une soucoupe volante contextualisée, c'est-à-dire que pour moi, pour beaucoup de sceptiques c’est comme ça qu’il faut interpréter cette affaire, c'est-à-dire que l’armée n’a jamais dit : « Nous sommes entrés en possession de restes d’un engin extraterrestre », mais : « Nous sommes entrés en possession de l’une de ces soucoupes volantes ». Donc c’est quelque chose, comme on en a discuté tout à l’heure, il faut voir que les soucoupes volantes existent depuis 12 jours, ça crée beaucoup d’excitation, il y a certainement eu un petit peu comme on dit en anglais un « rush », c'est-à-dire cette base où il y a peu de protagonistes finalement dans cette histoire, il y a Marcel, Haut, Blanchard qui est le commandant de la base, etc. ;  ils décident de publier, et les recherches outre-atlantique montrent également quelque chose d’assez curieux finalement, que le commandant de la base, Blanchard, le 8 au soir, il part en vacances…
Jean-Michel Abrassart :
(Rires).
Gilles Fernandez :
Il part en vacances, oui, et ça c’est documenté, parce que si vous lisez les ouvrages comme celuide Gildas Bourdaisqui est l’exégète de Roswell en France, le commandant de la base serait occupé à récupérer les débris sur au moins 3 sites, selon la littérature on peut en trouver 11 ou 12, mais bon, les documents de l’époque prouvent que Blanchard part le soir même en vacances et pour également faire proclamer l’Air Force Day qui est la fête anniversaire de l’Air Force. Donc si on imagine 5 min qu’il y a eu un évènement d’une telle magnitude, c'est-à-dire la récupération d’un engin extraterrestre, il faudrait qu’on m’explique pourquoi le commandant de la base ne décide pas d’annuler ses vacances et d’envoyer quelqu’un pour faire signer cette fête de l’Air Force Day et organiser l’évènement.
Donc voila en gros l’affaire Roswell, en tout cas en 1947.
Jean-Michel Abrassart :
Donc après ça il y a eu toute une période où même les ufologues ont oublié cette histoire, et puis c’est Berlitz qui arrive et qui relance tout le bazar…
Gilles Fernandez :
Tout à fait, pendant 30 ans, il y a un silence post évènementiel qui permet aussi de nous interroger, parce que si on lit les livres d’aujourd’hui, il y a des centaines de témoins qui sont le plus souvent de seconde main. Mais pendant ces trente années on ne trouve aucun journal personnel, pour un évènement d’une telle magnitude, on ne trouve aucune lettre des familles en discutant entre-elles. C’est la période après guerre, il y a plein d’institutions ufologiques amateurs, privées qui sont crées, l’APRO, le NICAP etc., alors qu’on a plein de témoins qui viennent pour tout un cas d’autres cas, la casuistique est très riche, il n’y a aucun de ces témoins de Roswell d’aujourd’hui qui vient frapper à la porte de ces associations ufologiques. Le cas n’est même pas mentionné dans les projets officiels comme Blue Book, Sign, Grudge, par l’armée et les autorités pour étudier le phénomène ovni. Roswell est un non évènement pendant 3 décennies, et effectivement c’est en 1978 que l’ufologue Stanton Friedman entend parler à l’occasion d’une conférence qu’il y aurait quelqu’un qui aurait touché une soucoupe volante. Et donc, bien entendu Friedman pense qu’il tient là une star pour ouvrir un débat, et donc il va interroger Marcel, et il faudra attendre 2 ans pour que le premier livre soit publié, parce que quand on suit un petit peu l’affaire on s’aperçoit que quand Friedman va voir Jesse Marcel, il ne se rappelle même plus de la date de l’évènement, il n’a rien conservé, c'est-à-dire que pour un évènement d’une telle magnitude, il aurait trouvé quelque chose d’extraterrestre ou je ne sais quoi, il n’a rien gardé ce monsieur, il n’a pas gardé de coupure de presse alors qu'il a figuré dans les premières pages dans les journaux de 1947, il n'a rien gardé du tout. C'est quand même curieux je pense, pour un évènement d'une telle magnitude. Donc effectivement l'affaire, après ce silence post évènementiel qui peut poser question, ressurgit à partir de 1978. Et la 1ère partie de ce que j'appelle le "mythe de Roswell" c'est d'abord toute une période où on ne parle que de débris extraordinaires, et là, la chose qui peut surprendre c'est que quand on regarde ce qui est décrit, on nous parle quand même de balsa, mais ce n'est pas comme du balsa, on nous parle de feuilles métalliques et papier mais ce ne sont pas tout à fait des feuilles métalliques et papier... Et quand on creuse un petit peu s'aperçoit qu'il y a un très bon candidat prosaïque à tout cela, sauf que des propriétés extraordinaires sont rajoutées, mais bon, en tant que psychologue etc., quand on étudie l'affaire on voit que progressivement se construit un mythe, il y a des embellissements, des choses comme ça sur quelque chose de très ordinaire au départ.
Donc pour faire un petit résumé, je pense que ce qui est important et c'est ce que j'ai essayé de faire dans le livre, c'est de re-contextualiser le terme de soucoupe volante en 1947 et ne pas être biaisé par ce que nous entendons aujourd'hui par soucoupe volante ou disque volant.
Jean-Michel Abrassart :
Abordons l'explication prosaïque que proposent les sceptiques pour Roswell. Quel est l'objet qui s'est écrasé (rire) dans le ranch de Mac Brazel ?
Gilles Fernandez :
Bien pareil, comme beaucoup le savent, la thèse officielle c'est la thèse des ballons Mogul. Donc les ballons Mogul c'était un projet top secret, de priorité 1A, c'est à dire au même niveau que la bombe atomique qui a dû débuter en 1946 jusqu'en 1949 et, contrairement à ce qu'on dit, les personnes qui ont proposé cette hypothèse prosaïque n'est pas l'armée. Souvent on lit sur les forums ou dans les livres que cette explication prosaïque est une invention de l'armée. Pas du tout, ce sont deux ufologues dont l'un qui est portant pro extraterrestre, c'est à dire qu'il croit en l'existence d'engins qui nous visitent, un certain Karl Pflock, il participe à exhumer des documents sur ce projet parce qu'il tombe parallèlement avec Robert Todd qui lui est par contre un ufologue qui n'est pas très convaincu par la réalité extraterrestre des objets. Donc c'est plutôt Robert Todd qui exhume tout d'abord un cas où un fermier, alors on a un mini Roswell où un fermier de Danforth (Illinois) trouve du matériel et ce cas est répertorié dans Blue Book, et on voit que dans Blue Book on identifie cela comme provenant d'un projet qui s'appelle Mogul, et c'est lui, Robert Todd qui demande, avec Karl Pflock, déclassification de ces documents et là on s'aperçoit que Mogul est peut-être le fameux candidat qui va expliquer Roswell.
Alors pourquoi est-ce un bon candidat ? Bien c'est à dire que la première des choses c'est que le projet est concomitant dans le temps et dans l'espace de l'évènement de Roswell, c'est à dire que ces ballons étaient lancés en juin 1947 depuis Alamagordo (Nouveau-Mexique) qui est à une centaine de miles de Roswell. Donc le projet Mogul c'est en fait des ballons gigantesques qui volent à altitude constante, enfin qu'on envoie pour qu'ils restent à altitude constante, ce sont des ballons qui, assemblés, sont plus grand que la Tour Eiffel. Quand on exhume les journaux du physicien qui s'est occupé de ce projet puis d'autres documents des organismes qui avaient en charge ce programme Mogul c'est à dire l'Université de New York, l'Air Force Materiel Command, et puis les laboratoires Watson, on s'aperçoit que justement en juin 1947 on a un excellent candidat qui est le vol n°4. Pourquoi excellent candidat ? Parce que d’après le rapport de l’Us Air Force et d’autres examens indépendants on s’aperçoit que ce vol avait une configuration assez particulière, il emportait plusieurs cibles radars ou déflecteurs radars. Alors qu’est-ce que c’est que ces déflecteurs radars ? Ce sont des cibles avec du balsa, des feuilles d’aluminium, des feuilles laminées qui sont attachées sur le train de ballons, de 3 à 5, pour que le ballon soit tracté par radar au sol. Et quand on lit les témoignages dénués des qualités exceptionnelles des matériaux, on nous parle de balsa, de feuilles laminées, bref de cibles radars. Donc c’est pour ça que ce candidat Mogul est un excellent candidat. Mais alors là-dessus, bien entendu les ufologues en faveur de l’explication extraterrestre on fait tout un mic mac, j’en parle beaucoup dans l’ouvrage, pour affirmer et marteler que ce vol a été annulé et qu’ils en ont la preuve justement dans le journal du géophysicien qui s’est occupé du projet, ce qui est un mensonge assez fabuleux que je montre dans le livre puisqu’il est clairement indiqué que ce vol a bien eu lieu…
Jean-Michel Abrassart :
Oui je voulais juste rajouter que le ballon Mogul, c’était réellement un projet top secret, il y avait quand même quelque chose qui était dissimulé à l’époque même si ce n’était pas les vaisseaux spatiaux extraterrestres. L’objet du projet Mogul c’était, si je ne m’abuse, de détecter l’éventuelle utilisation de bombes atomique lors de tests en Russie c’est ça ?
Gilles Fernandez :
Tout à fait, même les essais de missiles balistiques. L’idée c’était de placer dans l’aire un sonar qui est habituellement dans l’eau, on s’était aperçu qu’un sonar dans l’eau pouvait détecter des signaux acoustiques des explosions à des centaines de miles, donc l’idée c’était de dire : « Est-ce que l’on peut faire dans le ciel ce que l’on est capable de réaliser sous l’eau ? », afin justement de savoir si les Russes ont la bombe atomique ou non, et si ils essayent des missiles balistiques de type V2 comme le faisaient les américains à l’époque. C’est ça le projet Mogul. Alors c’est beaucoup plus compliqué que ça au niveau top secret si non ça ne serait pas marrant, c'est-à-dire que le but du projet est secret, les données que l’on recueille sont secrètes, mais les matériels qu’ils utilisent ne sont pas du tout top secret, d’ailleurs l’étude n’est pas confiée à des militaires mais à l’Université de New York. Donc ça c’est pareil, c’est un gros travail, un petit peu technique, de bien faire la part des choses parce que les ufologues comme Gildas Bourdais vont vous expliquer que ça n’est pas du tout top secret, qu’on trouve sa mention dans des documents de niveau inférieur à ce que le projet serait lui-même, mais ce n’est pas du tout ça, on a un mémorandum de 1946 sur le projet qui montre que ce qui est top secret, ce qui est classé priorité 1A c’est le but du projet, donc ça ne doit pas être révélé, et les données, mais le matériel, le nom, etc., n’ont rien de très top secret.
Jean-Michel Abrassart :
C’est pour ça que quand les militaires vont donc mettre la main sur les débris ils n’arrivent pas à identifier ce que c’est puisque le projet lui-même est secret donc…
Gilles Fernandez :
Oui, c’est pour ça que l’affaire est compliquée sinon ça ne serait pas marrant, mais il faut bien se dire que les matériels utilisés sont des matériels banaux, très très prosaïques. Mais quand on se remet dans le contexte de l’époque on voit bien que c’est quand même un objet insolite et c’est un très bon candidat pour ces soucoupes volantes ; et le détail, c’est ce qui met à mon avis la théorie extraterrestre échec et math, c'est que parmi ces débris est mentionné quelque chose qu'on ne peut pas inventer, c'est un ruban scotch. Donc c'est un détail qui figure dans le rapport de l'US Air Force qui fait presque mille pages, quand on se procure le plan d'assemblage d'une cible radar, il y a une toute petite note de bas de page qui indique qu'il faut renforcer les baguettes de balsa avec du scotch comme on en trouve dans l'industrie du jouet. Donc quand on continue à s'intéresser à cette affaire et qu'on se demande : « Mais qui a fabriqué ces cibles radars ? » Eh bien c'est une fabrique de jouets. Et donc à cette époque, pour assembler ces cibles radar, il fallait absolument consolider l'ensemble avec du ruban adhésif, et, qu'est ce qu'on retrouve chez les témoins ? La mention : « Il y avait une sorte de ruban avec des motifs roses et mauves en forme de fleur », on trouve ça chez plein de témoins. Donc comment ces témoins ont pu inventer un détail qui ne s'invente pas comme ça ?
Jean-Michel Abrassart :
C'est de l'écriture extraterrestre voyons (rires).
Gilles Fernandez :
Oui à travers le temps, mais à l'époque on ne trouve aucune mention « extraterrestre » dans les journaux, dans cette affaire le terme n'existe pas, on parle de disque et de soucoupe volante, il n'y a aucune mention d'« extraterrestre ». Il y avait un ruban avec de l'écriture, mais il n'y a pas marqué et on ne trouvera jamais « écriture extraterrestre », mais « il y avait de l'écriture dessus ». Le concept, la connotation « extraterrestre » à « soucoupe volante », en 1947, je ne dirais pas qu'elle n'existe pas mais ça n'est absolument pas ce qui vient à l'esprit des gens.
D'ailleurs je ne pense pas que ce soit une anecdote mais en août 1947, donc juste après la vague qui se termine mi-juillet, a été réalisé un sondage par l'institut Dial Up, donc c'est un document d'époque où la question posée était : « Que pensez-vous que sont les soucoupes volantes ? » Eh bien quand on regarde les réponses qui sont données, mais également les réponses qu'a choisit le sondeur, il n'y a pas la mention « extraterrestre » dedans. Même le sondeur n'a pas pensé à mettre comme proposition : « Des engins extraterrestres ». C'est à dire que les contemporains de l'époque, quand ils agissent, pensent sur les soucoupes volantes, ne pensent pas à des engins extraterrestres, ils pense à des choses insolites, peut-être des armes secrètes américaines ou soviétiques, mais le sème, l'unité sémantique ou linguistique « extraterrestre » en 1947, elle est absente, et je pense que c'est avec cette grille de lecture qu'on peut comprendre Roswell, c'est à dire en remettant le terme « soucoupe volante » ou « disque volant » dans son contexte de l'époque, et je pense que si on se dit : « Comment ces gens-là, les protagonistes de Roswell ont-ils pu prendre des débris de ballon pour des débris d'engin extraterrestre ? » C'est vraiment se poser la mauvaise question. C'est pas du tout la question, et j’appelle ça un biais, mais c'est un des arguments que présente souvent Gildas Bourdais à savoir que c'était des militaires, disant : « Comment ont-il pu prendre des baguettes de balsa et des choses très prosaïques pour quelque chose d'extraterrestre ? » Mais c'est lui qui confond, ils n'ont jamais confondu ce qu'ils ont trouvé avec des débris extraterrestres, non, avec une soucoupe volante re-contextualisée.
Jean-Michel Abrassart :
Il y a une célèbre photo qui a été prise où on voit les débris.
Gilles Fernandez :
Tout à fait. Tout à l'heure j'ai expliqué que Jesse Marcel avait été à la Une du journal local et justement il y a une photo de lui posant avec les débris. En fait on en a retrouvé d'autres après, il y en a 6 qu'on a réussi à exhumer. Donc ces photos des débris ce sont celles qui ont été faites à une conférence de presse quand l'armée a démenti qu'elle avait trouvé une soucoupe volante en expliquant que c'était un débris de ballon météorologique. Elle n'allait pas expliquer en 1947 qu'en réalité ce qui avait été retrouvé était des composants du projet Mogul, c'est inacceptable, elle ne pouvait pas dire ça, elle ne pouvait pas révéler son projet top secret.
Donc effectivement il y a ces fameuses photos et, ce que j'appelle « le boulet » dans mon livre, c'est que Jesse Marcel, de son vivant (il décède en 1986 alors qu'on n'a pas encore toutes les photos), il dit : « Les photos sur lesquelles je pose sont celles avec les débris que j'ai ramenés du ranch, par contre les photos où il y a le général Ramey (dans la série il y a plusieurs personnes qui posent avec) ont été prises avec de faux débris, on a fait un remplacement, mais moi les photos sur lesquelles je suis ce sont des photos avec les débris que j'ai ramenés du ranch Foster.» Or quand, après sa mort on a découvert toute la série de photos, ce sont les mêmes débris qui sont sur les photos avec ou sans Marcel et se sont des débris de cibles radars. Alors bien entendu, là-dessus, les conspirationnistes expliquent qu'il y a eu une manipulation etc.
Et pareil pour les documents d'époque, il y a quelque chose dans l'affaire qui est très important, on n'a pas beaucoup de documents mais au moins on en a un, ce sont 2 interviews à 2 endroits indépendants concernant l'affaire. C'est à dire qu'on a 2 journaux d'époque, les conspirationnistes disent que les interviews ont été dictées par l'armée mais le problème est que ces interviews proviennent de 2 sources indépendantes. Il y a une interview qui est réalisée à Forworth et l'autre à Roswell, il y en a une qui tient sa source de Brazel et l'autre de Marcel, or quand on s'amuse à mettre en parallèle les 2 articles on a une concordance parfaite dans la chronologie des évènements, dans ce qui est mentionné, et on s’aperçoit que ce qui est décrit de ces composants sont des ballons plus cibles radars et il y a encore une fois la mention de ce fameux scotch à fleur qui trahit, c'est la marque « ADN » de la cible radar en question.
Jean-Michel Abrassart :
D'abord ce qui est incroyable, et il y a un effet un peu d'incrédulité de la part des ufologues, ce sont tous les témoins qui sont apparus plusieurs décennies après. Évidemment ces témoins-là on rajouté qu'ils avaient vu des corps d'extraterrestres etc., tous les détails qui ne sont pas expliqués par l'explication Mogul. Qu'est-ce que tu penses de tous ces témoins ? Tu peux nous en parler ?
Gilles Fernandez :
Bien sûr oui, ça c'est très important parce que quand on y regarde de près, les témoins qui ont introduit cette idée de corps extraterrestres, voire d'un engin, on ne parle plus de débris, mais d'un engin et de corps extraterrestres, il y en a 4, ce sont Glenn Dennis, Ragsdale, Kaufmannet Anderson. Or alors que ce sont eux les géniteurs des corps et de l'engin extraterrestre, ils ont tous été confondus, c'est à dire qu'on a prouvé par A+B que c'était des menteurs, c'est ce que je montre dans le livre et qui est très méconnu je pense en France. Et pourtant, par la suite, l'histoire qu'ils ont raconté, par exemple un des protagonistes de cet engin extraterrestre indique que l'engin a été vu aussi par une équipe d'archéologues, c'est lui qui introduit cette histoire d'archéologues, et pourtant dans la chronologie récente, alors que les ufologues en faveur de l'hypothèse extraterrestre nous disent : « Oh beh maintenant on ne tient plus compte d'Anderson », enfin bref, de tous ces gens qui ont été confondu, or on a toujours la présence des archéologues alors que ceci a été introduit par des gens qui ont été pris en flagrant délit de mensonge. Donc ce que je voulais dire c'est que nous, on a comme ancré cette histoire de présence de corps extraterrestres mais ça a été introduit par 4 personnes qui se sont toutes révélés être comme on dit en anglais des hoaxeurs, des canuleurs.
Et pourtant, effectivement il y a d'autres témoins qui vont se manifester après, souvent de seconde main, qui vont se mettre à dire : « Oui mon père, mais il est décédé malheureusement, m'en avait parlé... » etc. La piste du faux souvenir, de la falsification introspective, on pourrait peut-être en reparler, elle est de mise ici. On arrive même, alors que de leur vivant le major Jesse Marcel et le fermier Brazel n'ont jamais parlé de corps… Marcel de son vivant n'a jamais parlé de corps, n'a jamais parlé d'engin extraterrestre, c'est un témoin de première main, on arrive, une fois qu'ils sont morts à trouver des témoins de seconde main qui vont dire que Marcel leur avait parlé des corps. Vous voyez ce que je veux dire ? Alors que pour Marcel, son fils est encore vivant et il a toujours affirmé que son père ne lui avait jamais parlé de corps extraterrestres. Il y a tout un pan de 1978 à aujourd'hui où on voit la construction progressive d'un mythe où on ajoute des détails, notamment cette phase des corps extraterrestres et de l'engin extraterrestre, mais quand on y regarde de près, ce qui est introduit l'a été par des menteurs et pourtant ça subsiste dans le mythe. C'est ça que je trouve incroyable et j'essaye d'expliquer dans le livre comment marche une falsification introspective et surtout le faux souvenir qui est complètement absent de la littérature ufologique pro extraterrestre dans cette affaire.
Jean-Michel Abrassart :
Oui évidemment maintenant Roswell est devenu une icône qu'on retrouve dans la culture, parce que tu parles de mythe au niveau de la manière dont le narratif s'est construit, aujourd’hui c'est même dans les films, dans la science fiction etc. Maintenant que tu t'es vraiment plongé sur le cas, quand tu regardes, je ne sais pas si tu es un fan de science fiction, mais si tu regardes des films, comment tu perçoit l'aspect un peu culturel de l'affaire Roswell qui apparaît dans tellement de films, de séries TV ou de romans de science fiction ?
Gilles Fernandez :
A mon niveau, personnellement, je dis : « C'est dommage que ce ne soit pas vrai ! » Ça c'est sûr, on aurait tous envie d'y croire, mais bon voilà, il faut se rendre à l'évidence. Alors comment je regarde ? Bien, j'essaye de faire la part des choses, c'est à dire, je regarde un film de science fiction et puis voilà, je ne vais pas couper la télé. Mais lorsque je regarde ça je suis toujours en train de penser, j'en discutais avec mon entourage pour voir justement qu'est-ce que ces personnes ont d'associé aujourd'hui alors que quand on connais la réalité, sans prétention, ma modestie mise à part, c'est assez fascinent de voir justement comment dans notre mémoire collective rentrent des choses qui finalement sont falsifiées, sont fausses, etc.
Et puis il y a tout une industrie derrière Roswell aussi dont je discute dans le livre, on a des témoins de la dernière minute ou des dernières années qui participent à la thèse extraterrestre, et en analysant un petit peu, ça n'est absolument pas mentionné en France, on s'aperçoit que cette personne c'est le directeur du musée de Roswell, donc ça amène à se poser des questions quand même.
Jean-Michel Abrassart :
(Rires)
Gilles Fernandez :
Oui c'est… Je ne l'ai jamais trouvé dans un livre de Gildas Bourdais, mais bon j'explique dans le livre que Gildas Bourdais reprend le livrede Tom Carrey et Schmitt et le cœur de ce livre c'est un affidavit, un affidavit c'est un papier que l'on écrit devant un notaire pour jurer que ce qui est contenu dedans est vrai, que l'on n'a pas touché d'argent etc. Et donc le cœur du nouveau livre c'est cet affidavit de Haut qui était l'attaché de presse de la base de Roswell et qui déclare avoir vu dans le hangar les corps etc. Mais on s’aperçoit que lui, pendant pas mal d'années, de 1979 à 1992 il dit que tout ça c'est des foutaises, qu'il n'y a jamais eu d'engin ou tout ça, mais en 1992, au moment où on lui propose de devenir le président du deuxième musée de Roswell, il change sa version. Bon, sans tomber dans l'attaque ad hominem etc., ça invite à se poser certaines questions. Et puis il y a plein de petites choses comme ça, je n'ai pas voulu trop insister là-dessus, je n'ai pas vraiment voulu me placer dans l'ad hominem, mais quand on s’aperçoit de certains enquêteurs qui font encore la Une aujourd'hui, on se rend compte qu'ils ont menti, qu'ils ont utilisé l'argument d'autorité, c'est à dire en se présentant avec des diplômes de criminologie etc., alors qu'ils n'avaient pas du tout ces diplômes-là.
Alors voilà, moi, encore une fois, je ne cherche à convaincre personne, j'ai présenté mon enquête, mon immersion là-dedans, et puis bon, c'est au lecteur d'en juger, mais je pense qu'il n'y a pas photo tout de même entre la thèse extraterrestre et la thèse prosaïque, et encore une fois avec l’ADN qu'est le ruban, il faut voir toutes les explications ad hoc, c'est à dire pour rester conforme à l'explication extraterrestre qu'on va chercher, c'est de moins en moins économique, des « et si » qui s’ajoutent à des « et si », mais bon, on a toujours rien, c'est ce que j'essaye de montrer dans l'ouvrage. Lorsque l'argumentaire de la thèse prosaïque est posé, l'argumentaire de la thèse extraterrestre consiste toujours à proposer du plus compliqué. Ce que j'essaye de montrer au lecteur c'est qu'il faut arrêter de faire des spéculations, à un moment donner il faut s'arrêter. Ce processus est bien connu, à chaque fois qu'on présente une évidence, je ne parle pas de preuve, comme la marque ADN, ce fameux ruban etc., on voit à l'oeuvre des : « Oui, mais euh, en fait Brazel avait déjà trouvé des ballons dans son champ », ce qui est vrai, « Donc il confond peut-être avec ceux-là, ou on l'a forcé à parler des ballons qu'il avait trouvé avant », des choses comme ça, tout plein de thèses conspirationnistes, mais ça non plus ça ne colle pas puisque les Proctor, ses voisins, se rappellent quand il vient leur expliquer qu'il a trouvé quelque chose et que ceux-ci lui apprennent l'existence de la prime de 3 000$ et les soucoupes volantes, qu'il mentionne dans les débris ce fameux ruban. Donc la thèse du cover up, qu'on lui aurait dicté etc., ne tient pas la route. Et puis cette thèse du cover up (étouffement) qui dit que Brazel aurait été forcé dans son interview à dire ce qu'il a dit, ce qui est assez marrant c'est que pour que cette thèse marche il faudrait qu'on explique au lecteur pourquoi à la fin de son interview il dit : « Ce que j'ai trouvé n'était pas un ballon météorologique », alors que ça va être la thèse de l'armée après. Ça veut dire qu'on lui aurait dicté tout le contraire de l'étouffement qu'on est en train d'asseoir, ça ne tient pas non plus. Il y a plein de petites anecdotes comme ça et je pense que ça invite le lecteur même peut-être pas forcément intéressé par l'ufologie à voir les dessous de l'affaire puis de se faire une raison.
Jean-Michel Abrassart :
Oui c'est vrai que c'est un bon exemple de comment les théories de la conspiration fonctionnent, à partir de toutes sortes de détail, il y a toutes sortes de…
Gilles Fernandez :
Tout à fait, j'en parle très souvent dans mon livre, la façon dont les choses évoluent, c'est à dire que cette affaire est un petit peu quelque part un dialogue entre des sceptiques et des personnes qui proposent l'hypothèse extraterrestre, mais il faut voir comment cet argumentaire évolue, on parlait du conspirationnisme, ça consiste finalement à chaque fois à réfuter un argument qui est présenté mais en présentant un argument ad hoc, c'est à dire pour avoir à tout pris l'explication à laquelle on tient. Quand il y a eu cette explication Mogul et le ruban à fleur, c'est une invention de l'armée aussi, c'est à dire que les témoins de première main qui participaient à la construction de ces cibles radars ou qui aidaient à les assembler et qui se rappellent très bien de ce ruban, eh bien ça fait parti de la conspiration aussi. Du tri sélectif de témoin quoi.
Jean-Michel Abrassart :
Juste pour préciser pour les auditeurs, il y a quand même des publications de l'armée, enfin c'était Roswell case closed où ils avançaient l'explication. En gros l'approche conspirationniste c'est de dire puisque les militaires endossent, supportent ou tiennent à cette explication, forcément ça ne peut pas être la bonne (rires).
Gilles Fernandez :
Voilà. Mais là où j'essaye d’alerter le lecteur également c'est que contrairement à ce qui est écrit ça n'est pas l'armée qui sort cette explication d'un chapeau, ce sont les enquêteurs privés. Un sénateur décide de s'intéresser à l'affaire et saisit le GAO, c'est un groupe d'audit de l'armée, et le GAO fait une injonction à l'US Air Force pour étudier le cas, mais l'US Air Force n'a rien demandé. L'US Air Force s'exécute, elle produit son propre rapport, et puis, qu'est-ce qui en ressort ? C'est Mogul, mais Mogul ça n'a pas été une invention de l'armée pour couvrir l'affaire, au départ cette thèse prosaïque vient d'ufologues dont un Carl Pflock qu'on ne peut pas accuser de conspirationnisme puisque lui croit en la réalité d'engins qui visitent notre terre, mais dans les livres, les forums ou dans les résumés de l'affaire qui sont présentés on fait comme si c'était l'armée qui avait inventé cette explication Mogul. Elle n'a rien inventé du tout, et puis ce n'est pas elle qui a dit : « Tiens, on va parler de l'affaire Roswell », non pas du tout. L'US Air Force, a été forcée d'enquêter là-dessus, et cette enquête, j'en parle un petit peu dans l'ouvrage, a révélé, de la part des enquêteurs en faveur de la thèse extraterrestre, des dissimulations de témoins qui étaient beaucoup trop prosaïques, qui ont étés approchés par ces enquêteurs, mais dans leur livre ils n'en ont pas parlé, et c'est, le terme est peut-être un petit peu fort, ce que je dénonce dans l'ouvrage, il y a tout un tas de témoins de première main, ce n'était pas des témoins de seconde main, ce n'était pas « le fils de » ou « quelqu'un qui m'a dit que », non c'était des gens qui étaient là dans le temps et l'espace de l'évènement. Ils ont été approchés par les enquêteurs mais ils sont absents des livres, en faveur de la thèse extraterrestre, ce qui est pour moi un signe qui ne trompe pas, je pense.
Jean-Michel Abrassart :
Je sais que tu viens de terminer l'ouvrage, que tu es en train de faire sa promotion, mais bon…
Gilles Fernandez :
Oh ma promotion… Tu fais ma promotion.
Jean-Michel Abrassart :
Quels sont un peu tes projets futurs maintenant que tu as travaillé énormément sur ce sujet-là, est-ce qu'il y a déjà d'autres sujets qui t'intéressent ?
Gilles Fernandez :
Oui il y a d'autres sujets qui m'intéressent, bon, il y a le fait que j'ai la chance et l'honneur, entre guillemets, de discuter avec Kevin Randle qui est un écrivain à succès sur l'affaire Roswell, mais lui de la première période. Il est un petit peu sceptique dans l'âme, mais bon, ce n'est pas facile. J'ai la chance de discuter avec lui d'autres choses sur Roswell qui ne sont pas dans le livre donc pourquoi pas faire quelque chose là-dessus, sous forme de document pdf ou autre. Si non il y a la vague d'airship de 1897 qui m'intéresse beaucoup
Aussi le projet qui me tiendrait le plus à cœur en ce moment c'est de réaliser un petit ouvrage à l'usage des ados ou des pré ados justement sur les grands mystères, soi-disant, donc les Crop Circles, le Triangle des Bermudes, des choses comme ça pour présenter de façon très pédagogique l'autre approche que l'on peut avoir, c'est à dire l’approche sceptique, l'approche prosaïque, c'est à dire commençons par envisager des explications ordinaires avant d'envisager des explications extraordinaires. Ce serait un projet que j'aimerai bien réaliser.
Jean-Michel Abrassart :
C'est une super idée, faut le faire !
Gilles Fernandez :
Je ne sais pas.
Jean-Michel Abrassart :
(Rires)
Gilles Fernandez :
On va me la prendre, faut couper ça !!
Jean-Michel Abrassart :
Peux-tu nous rappeler comment on peut faire pour se procurer ton livre ?
Gilles Fernandez :
Le livre est maintenant sur Amazon.fr, il est sur Chapitre.com, et si non l'éditeur est Books On Demand . Mais bon, tu parlais de promotion, déjà je remercie beaucoup de monde, je mets ça dans l'ouvrage, mais vraiment pour moi c'est un ouvrage « À la maison » comme je dis, je ne cherche pas plus que ça… Et pour avoir eu pas mal d’échos sur la littérature sceptique, je sais qu'on ne fait pas beaucoup de vente là-dessus, ça n'intéresse pas beaucoup les gens je pense.
Jean-Michel Abrassart :
Oui mais on va changer ça (rires).
Gilles Fernandez :
Je ne sais pas, ça va être difficile. Mais bon, j'ai appris des chiffres de vente, encore une fois ça n'est pas pour parler finance, mais quand on voit les tirages des ouvrages de Gildas Bourdais par exemple, ou la traduction d'ouvrages sur les soucoupes volantes… Le peu d'effet sceptique, on a donc La rumeur de Roswell de Lagrange, on a la traductionde l'ouvrage de Pflock… On a presque envie d'abandonner, je ne comprend pas bien… Enfin si je comprend très bien.
Jean-Michel Abrassart :
Oui je sais, j'ai fait une interview de Marc Hallet récemment, donc lui il a passé sa carrière à publier des plaquettes à compte d'auteur avec des tirages dérisoires…
Gilles Fernandez :
Oui, et justement cette chance que j'ai aujourd'hui c'est que cet éditeur Books On Demand n'est pas à compte d'auteur, c'est à dire que vous leur envoyez, pour un coût vraiment très modique, votre sujet et comme le dit le nom le livre est imprimé à la demande, il n'y a rien à avancer, et c'est vrai que des personnes comme Marc Hallet dont j'ai lu justement ses fameuses plaquettes etc., peut-être qu'il pourrait essayer, et puis plein d'autres, je pense à tout ceux que je côtoie sur le forum Sceptiques-Ovnis, il y a beaucoup de choses à faire, je crois qu'il ne faut pas hésiter, je me suis souvent exprimé là-dessus en privé, c'est vraiment une chance je pense pour les enfants etc. d'avoir cette approche-là, d'envisager les choses ordinaires avant d'envisager les choses extraordinaires parce que je pense que c'est très important pour l'enfant et puis pour l'adulte aussi.
Jean-Michel Abrassart :
Encore merci d'être venu nous parler de l'affaire Roswell.
Gilles Fernandez :
C'est moi qui te remercie.
Jean-Michel Abrassart :
Au revoir.
Gilles Fernandez :
Au revoir Jean-Michel.

 

 

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