"Malaria business" documentaire sur France 24

Homéopathie, acupuncture, reiki, urinothérapie, etc. Des preuves???
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PhD Smith
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"Malaria business" documentaire sur France 24

#1

Message par PhD Smith » 11 juin 2020, 18:58

J'ai regardé sur la chaine "France O" le documentaire suivant: "Malaria business : les laboratoires contre la médecine naturelle ?" que l'on peut voir sur YouTube de "France 24": https://www.youtube.com/watch?v=W6TgP5RlsDQ

J'avais vu il y a des années un documentaire montrant l'état de la recherche médicale sur le paludisme. La recherche sur de nouveaux remèdes face au paludisme, manquait d'investissement face aux autres maladies des pays riches. Le paludisme était une maladie de pauvres (au regard des investissements sur les maladies des pays riches) et les résistances à la chloroquine de la part du parasite commençait dès les années 60 ou 70 et que les effets indésirables du DDT sur l'environnement étaient connus. Or les américains ont commencé à s'intéresser à l'armoise quand il a fallu trouver un remède contre le paludisme au moment de la guerre du Vietnam et l'armoise, remède traditionnel en Chine. Depuis les années 70, on a extrait l'artémisinine de l'armoise.

Or, les ventes de tisane d'armoise sont interdites en France et dans l'UE et l'OMS et "big pharma" semblent s'opposer (dans le documentaire) à cette vente de tisane pour ces raisons:
  • l'armoise cultivée en zone tropicale n'a pas la même contenance en principes actifs que d'autres armoises, ne garantissant pas une qualité thérapeutique
  • une résistance à l'artémisine pourrait se développer par l'ingestion massive des infusions par les populations
Les médecins africains font état des pressions des autorités de santé face à cette concurrence des multi-thérapies (ACP). Et pourtant les tenants de la tisane argumentent qu'une résistance est improbable car la tisane a des dizaines de produits actifs contre lesquels le plasmodium aurait du mal à développer une résistance.
L'OMS déconseille les monothérapies: https://www.who.int/malaria/areas/treat ... rapies/fr/
Le documentaire sur la RTBF: https://www.rtbf.be/info/societe/detail ... id=9760968
L'Artemisia, la plante anti-paludisme mise à l'honneur par le docu "Malaria Business", et Stromae
RTBF Publié le dimanche 12 novembre 2017 à 21h06
"Malaria Business" n'est pas encore sorti sur les écrans qu'il fait déjà parler de lui. En cause, un court extrait de ce documentaire réalisé par Bernard Crutzen qui fait le buzz. Quarante-cinq secondes, perdues au milieu d'un film de plus d'une heure dont elles ne sont pas la vraie vedette, mais quarante-cinq secondes choc issues de la bouche du chanteur Stromae.

"Je me serais sans doute suicidé cette nuit-là"

Tout débute en juin 2015, l'auteur-interprète de Papaoutai est en pleine tournée en Afrique. Le chanteur a pris du Lariam, un médicament pour lutter contre la malaria. Un médicament qui provoquera chez lui de graves effets secondaires, tellement importants que sa santé mentale s'en retrouve altérée, au point d'avoir envisagé le suicide.

"Mon frère a eu le déclic, il s'est rendu compte qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas. Et je pense que s'il n'avait pas été là, j'aurais.. je me serais sans doute suicidé cette nuit-là, c'était sûr. Je pèse bien mes mots quand je dis ça."

Depuis, Stromae est en pause carrière, et les effets secondaires du lariam ne sont pas encore tout à fait estompés.

Des gens prennent des risques pour faire connaître l'Artemisia

L'Artemisia, la plante anti-paludisme mise à l'honneur par le docu "Malaria Business", et Stromae
L'Artemisia, la plante anti-paludisme mise à l'honneur par le docu "Malaria Business", et Stromae - © Tous droits réservés
Un témoignage sur lequel toute l’attention s’est focalisée. Mais pour Bernard Crutzen, réalisateur, la vraie vedette de son documentaire, c’est l’Artemisia Annua, une plante aux vertus thérapeutiques, efficace dans le traitement du paludisme. "Et les scientifiques qui se battent pour que la plante soit connue. Il y a des gens qui prennent des risques, parfois énormes qui se battent pour que cette plante soit connue, des scientifiques aussi, tant européens qu'américains, qui se heurtent à l'avis dogmatique de certains de leurs confrères."

500 000 décès par an

Car il n’existe pas de vaccin contre la malaria. La seule solution reste donc les médicaments comme la malarone ou le lariam avec les effets secondaires qui vont avec. Ceux qui plaident pour une alternative naturelle avec l’Artemisia Annua, font donc face à une vive résistance, tant de la part de l’OMS que de l’industrie pharmaceutique. Et pourtant, chaque année, 500 000 personnes continuent de mourir de la malaria, principalement des enfants.
Edit: un article du "Quotidien du médecin" de 2019, qui parle des précautions de l'OMS sur les tisanes d'armoise:
La promotion de l'Artémisia contre le paludisme inquiète l'OMS
« L'usage répandu des décoctions d'Artemisia annua pourrait favoriser le développement et la diffusion des souches résistantes de Plasmodium résistantes à l'artémisinine » ! L'Organisation mondiale de la santé (OMS), tire la sonnette d'alarme dans une prise de position, consacrée à la prise de formes non pharmaceutiques d'artémisinine (c’est-à-dire les infusions, thés et décoctions directement faites à partir des feuilles séchées de la plante), publiée la semaine dernière à la suite d'une revue de la littérature.

Connue sous le nom d'armoise annuelle ou d'absinthe chinoise, l'Artemisia annua est la plante contenant l'artémisinine dont les dérivés sont indiqués dans le traitement du paludisme. Ces derniers sont utilisés par l'industrie pharmaceutique pour pour produire les CTA (Artemisinin-based Combination Therapy) telle que que l'artéméther ou l'artésunate. La découverte de l'artémisinine avait valu à la Chinoise, Dr Tu Youyou, le Prix Nobel de physiologie ou médecine, conjointement avec l'Irlandais William Campbell et le Japonais Satoshi Ōmura, découvreurs de l'ivermectine.

Les CTA, uniquement en combinaison

Depuis 2007, et face à l'augmentation des résistances, l'OMS ne recommande plus les monothérapies de CTA, mais demande la prise de thérapie combinée incluant au moins un CTA. « Le contenu des décoctions produites à partir d'Artémisia est souvent insuffisant pour parvenir à éliminer le parasite du paludisme et éviter les rechutes », précise l'OMS dans son avis. Pour être efficace, un traitement à base d'artémisinine, le principe actif contenu dans la plante et le médicament éponyme, doit être administré pendant 7 jours, avec des doses plus importantes à la fin du traitement qu'au début. En effet, les propriétés pharmacologiques de l'artémisinine font que cette posologie particulière doit être respectée pour s'assurer que les niveaux sanguins restent les mêmes tout au long du traitement.

Or, de telles conditions ne sauraient être remplies avec des décoctions d'Artemisia annua, surtout si cette dernière n'est pas cultivée à une échelle industrielle. L'OMS rappelle que la composition de ces dernières varie grandement selon les lieux, les récoltes, les procédés de fabrication et les conditions de culture. La qualité et le contenu des infusions d'Artémisia sont en outre très dépendants des dosages, de la température de l'eau et de la durée d'infusion. Lors de ses travaux dans les années 70, le Pr Tu Youyou avait d'ailleurs constaté la disparition de l'activité antipaludéenne des extraits d'Artémia à haute température, ce qui l'avait conduit à mettre au point un procédé d'extraction à basse température.

L'OMS n'est pas la première organisation à s'émouvoir de la popularité grandissante de l'artémia. En février dernier, l'Académie de médecine s'était également inquiétée de la promotion qui était faite de l'utilisation des feuilles séchées d'Artémisia dans le traitement du paludisme.

Les académiciens avaient alors dénoncé une campagne de promotion « Éliminons le paludisme à l’aide de feuilles d’Artémisia », menée par l'association française La maison de l’Artémisia. Cette campagne incitait à traiter les malades avec des tisanes ou des capsules de feuilles séchées de la plante. En 2015 et 2017, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de Santé (ANSM) la mise sur le marché de produits à base d’Artémisia, « susceptibles de présenter un danger pour la santé humaine ».
Le rapport de l'OMS: https://www.who.int/fr/publications-det ... -artemisia
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LePsychoSophe
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Re: "Malaria business" documentaire sur France 24

#2

Message par LePsychoSophe » 30 juin 2020, 08:57

Je viens de regarder le docu, intéressant.

La bonne vieille phytothérapie VS les comprimés...

ça rappelle étrangement le débat actuel sur la quinine...

Les enjeux financiers sont tels qu'il est impossible de connaitre la vérité.

J'ai trouvé ce docu équilibré en termes de points de vue et j'aime ça.
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Nicolas78
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Re: "Malaria business" documentaire sur France 24

#3

Message par Nicolas78 » 30 juin 2020, 15:10

Au delà du duel tisane VS BigPharma, les pseudo-traitements en Afrique sont monnaie courante, des faux médicament, ou des médicaments "ancestraux/magiques", vendus des fortunes (par rapport au ressources d'un ménage)...Ces pratiques d’escrocs expliquent en partie pourquoi la lutte contre la malaria dans les pays Africains est si difficile.
De l'autre coté, les traitements de la médecine scientifique, peut chère et peut lourd (comme la chloroquine) on été prescrit tellement longtemps que ces traitements deviennent de moins en moins efficace. Les médicaments remplaçants, efficaces actuellement, sont en revanche un tout petit peut plus chère...Mais pour des population très pauvres (ou n'ayant simplement pas vraiment besoin d'argent), c'est une différence non négligeable.

Ainsi, voir s'inquiéter l'OMS de voir des souches résistantes pour une tisane, c'est vraiment a double tranchants, étant donné les problèmes de résistances rencontré avec tout les produits existant ou potentiel...
Pas étonnant, donc, que certains se retourne vers des escrocs (escrocs qui sont largement responsable du maintient du paludisme dans ces régions) quand ils observent que l'OMS et les organisations diverses débattent d'une tisane alors que le paludisme est une véritable boucherie...Et sont incapable de trouver les moyens de faire baisser le prix des médicaments et de la recherche de la médecine scientifique...
Lepsy a écrit :La bonne vieille phytothérapie VS les comprimés...
C'est plus compliqué que cela, pas mal de comprimés sont issues des plantes :a1: C'est d'ailleurs le cas de la chloroquine...

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LePsychoSophe
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Re: "Malaria business" documentaire sur France 24

#4

Message par LePsychoSophe » 02 juil. 2020, 08:00

Nicolas78 a écrit :
30 juin 2020, 15:10

Lepsy a écrit :La bonne vieille phytothérapie VS les comprimés...
C'est plus compliqué que cela, pas mal de comprimés sont issues des plantes :a1: C'est d'ailleurs le cas de la chloroquine...
Certes mais il y a une différence entre pouvoir boire une tisane de l’armoise en question, et donc de façon libre et direct, ET passer par un labo qui estampille son droit sur le vivant et la nature, et demande à passer par les systèmes complexes socio-sanitaires.
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Lambert85
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Re: "Malaria business" documentaire sur France 24

#5

Message par Lambert85 » 02 juil. 2020, 09:21

A part que les tisanes n'ont pas toujours la même teneur en matière active qu'un médicament testé en laboratoire. Les plantes peuvent aussi contenir des résidus toxiques.
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Nicolas78
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Re: "Malaria business" documentaire sur France 24

#6

Message par Nicolas78 » 02 juil. 2020, 12:58

LePsychoSophe a écrit :
02 juil. 2020, 08:00
Nicolas78 a écrit :
30 juin 2020, 15:10

Lepsy a écrit :La bonne vieille phytothérapie VS les comprimés...
C'est plus compliqué que cela, pas mal de comprimés sont issues des plantes :a1: C'est d'ailleurs le cas de la chloroquine...
Certes mais il y a une différence entre pouvoir boire une tisane de l’armoise en question, et donc de façon libre et direct, ET passer par un labo qui estampille son droit sur le vivant et la nature, et demande à passer par les systèmes complexes socio-sanitaires.
Certes aussi ! ;) C'est sur que si la tisane prend 50% sur le marché a cause des labos, ca risque de ne pas marcher dans ce secteur ou les traitements sont déjà trop chères. Après ca serait con que tout le monde se défonce a la tisane et qu'ont recommence les erreurs faites avec la chloroquine mais encore plus vite...Quand les systemes socio-sanitaires pourrait traiter plus longtemps. On pourras toujours rétorquer que ca n'a pas été fait correctement avec la chloroquine... C'est possible. Mais du coup, entre ces deux systèmes de pensées imparfaits, se glisse dans les failles les escrocs de tout bords, qui sont, eux, encore pire que tout.
Il faudrait aussi appuyer sur l'hygiène et les infrastructures sanitaires...Mais sans moyens, c'est pas possible. Surtout dans des pays d’Afrique ou les infrastructures sont fragiles. Après, si on les aides en injectant de l'argent de façons + ou - mercantile dans le sens ou rares sont les gens qui donnent sans penser "investissement", on sera soupçonné de faire du néocolonialisme en transformant ces pays sur des modèles occidentaux. Mais le mal est fait...Et il va falloir que l'Afrique trouve des solutions qui lui appartienne, aussi.
Peut-être que chasser les escrocs plutôt que les laisser librement vendre leurs merde serait un bon début. Mais c'est pas aux laboratoires occidentaux de faire ca. La meilleurs chose que l'occident puisse faire, c'est d'aider ces pays sans tomber dans l’ingérence et les intérêts, comme c'est encore trop le cas de nos jours... Au-delà de cela, l’économie mondiale ne parait pas a l’avantage des pays pauvres (des pauvres tout courts)... Je ne me permet pas de fustiger la coopération entre pays, évidement que non, mais qu'une coopération se doit d’être équilibrée. Je doute que ca soit souvent le cas (je suis pas géopoliticien donc je ne peut pas affirmer ou entrer dans les détails, mais j'ai comme un doute voit-tu ? :a2: ). D'un autre coté, ce n'est pas vraiment du ressort (éthiquement) de l'occident de lutter contre les escots par lois interposées, ou de décider des politiques sociales et économiques de pays souverains. En cela, le problème de la malaria en Afrique est un problème vaste, très vaste. Qui ne vas pas s’arrêter magistralement a coups de médecine scientifique, et encore moins a coups tisanes...

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