La médecine scientifique et les médecines alternatives

Homéopathie, acupuncture, reiki, urinothérapie, etc. Des preuves???
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Poulpeman
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La médecine scientifique et les médecines alternatives

#1

Message par Poulpeman » 17 sept. 2008, 12:18

Bonjour à tous,

J'écris ce bout de texte en guise de réponse partielle à la confrontation perpétuelle entre la médecine scientifique moderne et les médecines alternatives.
C'est une analyse assez superficielle mais qui me semble facilement abordable et compréhensible.
Toute réaction sera la bienvenue. (Ce post-it est verrouillé : les discussions se passent sur cette enfilade)

Alors voici :

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En sciences, nous voyons fréquemment des théories qui naissent, s'opposent, s'affrontent, fusionnent, prennent ou perdent de l'ampleur en fonction des dernières découvertes, jusqu'à ce que finalement, l'une d'entre elles finisse par prédominer et s'imposer comme meilleur modèle explicatif dans le domaine en question.

C'est valable en physique, en chimie, en astronomie, en biologie.

Et c'est aussi valable en médecine.

Mais quelles grandes théories avons-nous aujourd'hui en médecine ?
Il y a la bien entendu la médecine scientifique moderne, ou médecine fondée sur les faits.
Mais il y a aussi l'homéopathie, la médecine traditionnelles chinoise (MTC), la médecine tibétaine traditionnelle, la classe des médecines douces (qui regroupe de nombreuses thérapies diverses : aromathérapie, auriculothérapie, radiesthésie, etc...) et quelques autres médecines locales, comme les médecines chamaniques, dont l'utilisation se limite souvent à un groupe ethnique. Le liste présentée ici n'a pas pour but d'être exhaustive
Chacune de ces médecines possède ses fondements et son histoire. Loin de pouvoir les décrire dans le détail, je me contenterai ici des grandes lignes nécessaires à l'illustration qui s'ensuivra.

A médecines différentes, principes fondateurs différents

La médecine traditionnelle chinoise est fondée sur le Chi (ou qi), une énergie vitale circulant dans l'organisme via des méridiens. Selon la MTC, les pathologies sont dues à des problèmes de circulation du Chi. D'où l'acupuncture, thérapie phare de la MTC, qui consiste à planter des aiguilles en des points précis du corps afin de rétablir la circulation du Chi et ainsi soigner le patient.

L'homéopathie, souvent associée à tort à la médecine scientifique moderne, est fondée sur le principe de dilution. Selon ce principe, la dilution d'un principe actif le rend à la fois plus efficace est moins nocif (en terme d'effets secondaires). Les dilutions utilisées en homéopathies sont telles que, souvent, le produit homéopathique ne contient aucune trace physique du principe actif.

La médecine traditionnelle tibétaine (MTT) est fondée sur l'équilibre de trois élément (ou humeurs). La MTT se rapproche de la MTC par l'intégration à ses principes d'une énergie non-physique, le ressemblant au Chi. Elle utilise beaucoup les plantes et l'application de minéraux, ces derniers servant à faciliter la circulation de l'énergie non-physique.

Les médecines douces comprennent diverses sous-médecines qui seraient longues à détailler. En général, elles consistent à utiliser la nature ou des principes naturels pour soulager les maux : la phytothérapie utilise les plantes, la sophrologie utilise le contrôle de la ventilation. La radiesthésie, comme la MTC et la MTT, se base sur une énergie non-physique (souvent qualifiée de magnétique, mais sans lien avec le magnétisme des sciences physiques) dont dépendrait l’homéostasie.

La médecine scientifique moderne est issue des sciences fondamentales. Elle se base ainsi sur une méthodologie scientifique de type observation - expérimentation – déduction. Elle comprend plusieurs sous-théories dont la plus connue est l’allopathie : l’utilisation de composés naturels, semi-synthétiques ou synthétiques agissant sur des cibles biologiques et corrigeant ainsi un disfonctionnement de l’organisme.

Pour simplifier le reste du discours, je vais regrouper la MTC, la MTT, l’homéopathie et les médecines douces sous l’appellation commune de « médecines alternatives » (au risque de dénaturer légèrement leurs définitions)

Au final, on pourra remarquer deux choses :
- les médecines alternatives (MTC, MTT, homéopathie, médecines douces) intègrent toutes une composante non-physique à leurs fondements : une notion d’énergie vitale, spirituelle ou psychique.
- De par leurs fondements respectifs, la médecine scientifique moderne et les médecines alternatives proposent forcément des explications et des remèdes différents pour les mêmes pathologies


Différents points de vue sur la pathologie


Comment ces médecines expliquent-elles l’origine d’une pathologie ?

Une grippe par exemple ?
La médecine scientifique moderne vous dira que l’introduction dans votre corps d’un micro-organisme est à l’origine de l’infection.
La MTC vous dira que l’infection est la conséquence d’une mauvaise circulation de votre Chi.

L’hypertension artérielle ?
La médecine scientifique expliquera la pathologie comme un excès de pression dans la circulation sanguine, pouvant avoir diverses origines.
Pour les médecines alternatives, il s’agit d’un problème lié à votre énergie non-physique.

Et un cancer ?
La médecine scientifique vous dira qu’il s’agit d’une prolifération anormale de certaines cellules.
Les médecines alternatives parleront ici aussi de déséquilibre énergétique, qu’elles tenteront de rétablir.

Arrivé ici, on commence à se demander qui a tort et qui a raison.

Et comme il y a rarement deux bonnes réponses à une seule question, il va falloir choisir entre la solution universelle (l’énergie vitale) des médecines alternatives et les solutions au cas par cas de la médecine conventionnelle.


Des théories qui ne vont pas ensemble

Derrière la médecine scientifique moderne se cachent bien des théories échafaudées au fil du temps : la circulation des fluides corporels, le métabolisme cellulaire, le système endocrinien, le système nerveux, etc… chaque système étant lié à l’autre et formant un ensemble cohérent. Et ce tout repose sur des bases solides qui se renforcent chaque jour des dernières découvertes en matière de sciences.

A l’opposé, les médecines traditionnelles prennent racines dans la tradition et les rites anciens issus d’époques où les connaissances concernant le corps humain étaient fortement limitées. Ainsi, il n’y a pas d’ensemble cohérent mais une hypothèse, unique, expliquant les causes des troubles et donnant la marche à suivre, unique (ou presque), pour les soigner.

Un peu à part, l’homéopathie suggère d’utiliser ce qui cause les mêmes symptômes que le mal pour le soigner ce mal. Hypothèse contre-intuitive, doublée d’une hypothèse contre-logique qui consiste à diluer le remède pour le rendre moins nocif mais plus efficace contre le mal en question.

On ne peut pas accepter à la fois que la Terre tourne autour du Soleil et que la Terre soit le centre de l’Univers.
La chimie et l’alchimie non plus ne vont pas ensemble : leurs fondements sont diamétralement opposés.

En médecine, c’est pareil. On ne peut pas accepter qu’une infection ait une origine biologique et une origine énergétique. Tout comme il n’est pas logique de penser que le cancer est à la fois une anomalie cellulaire et un désordre énergétique. Et il est également contradictoire de penser que diluer (homéopathie) ou concentrer (médecine moderne) un remède le rend plus efficace dans les deux cas.
Et comme c’est souvent le cas en sciences et ailleurs, ce sont généralement les théories les mieux documentées et en accord avec les dernières découvertes qui l‘emportent sur les autres.
Alors il faut choisir entre la réalité biologique de notre organisme ou l’hypothèse insensée de l’énergie vitale à l’origine de tous nos maux.

Avec un peu de logique, le choix est vite fait.


En guise de conclusion : les essais cliniques, pilier central de la médecine moderne

Car il est un autre atout indéniable de la médecine scientifique : ses méthodes d’évaluation des thérapies, connues sous le nom d’ « essais cliniques ».

Non infaillibles, ils sont cependant le meilleur outil existant pour évaluer toute thérapie potentielle. Oui, toutes. Car contrairement à ce qu’affirment les tenants des médecines alternatives, ils permettent de mettre en évidence n’importe quel effet de n’importe quelle thérapie. Ils peuvent évaluer l’efficacité du dernier antihypertenseur comme celle de l’acupuncture ou de l’homéopathie, en passant par les techniques chirurgicales et l’influence des facteurs environnementaux sur l’incidence des pathologies. C’est d’ailleurs par cette méthode que bien des produits naturels (antibiotiques, morphine, colchicine, etc…), dont certains issus de la phytothérapie, sont devenus des médicaments reconnus et efficaces. En gros, la médecine moderne fait aujourd’hui le tri dans les médecines alternatives afin d’en intégrer les pratiques efficaces.

Fini la « pensée unique », la « médecine officielle » ou les « grands groupes pharma qui cachent la vérité ». De nos jours, toute thérapie potentielle est évaluable. Et évaluée : le NCCAM, initiative du gouvernement des USA, dépense chaque année des millions de dollars pour passer les médecines alternatives au crible des essais clinique. Et tout y passe, de l’effet de l’acupuncture sur les maladies cardiovasculaires à l’efficacité du Reiki sur les tumeurs cérébrale.

Contrairement aux médecines alternatives, basées sur la tradition et non remises en cause (du moins par elles-mêmes) depuis leur apparition (remontant pour certaines à plusieurs millénaires), la médecine scientifique se remet en cause perpétuellement : abandon de vieux médicaments au profit de molécules plus récentes, moins nocives et/ou plus efficaces, amélioration des pratiques chirurgicales, identification d’hygiènes de vie protectrices, etc…

La médecine scientifique est ainsi de nos jours une pratique efficace en continuelle amélioration. Bien sûr, rien n’est jamais parfait. On ne soigne pas tout, on subit les effets indésirables des médicaments. Mais quand même certaines personnes émettent de vives critiques concernant la médecine, elles n’hésitent pas à passer au bloc opératoire plutôt que par l’acupuncteur pour faire traiter leur appendicite.

Cherchez l’erreur…
Si Dieu existait, il faudrait s'en débarrasser. (Michel Bakounine)
Mon blog : critique de l’idéologie dominante et promotion de la philosophie libertaire

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