Laïcité, esprit critique, construction du futur citoyen, ... obscurantisme et fanatisme...

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nikola
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#1001

Message par nikola » 16 déc. 2020, 03:10

Ah, Boucq signe maintenant de son nom, plus par un pseudonyme (que j’avais capté depuis un bail).
L’homme descend du singe, or l’homme est fait à l’image de Dieu. Donc Dieu est King Kong.

-+- Cavanna, François -+-

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Dominique18
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Re: Laïcité, esprit critique, construction du futur citoyen, ... obscurantisme et fanatisme...

#1002

Message par Dominique18 » 16 déc. 2020, 04:30

Pour ses dessins dans Charlie, oui.
Depuis le début du procès.
J'ai commandé le livre qui sera publié à son issue, sortie prévue courant janvier.

https://charliehebdo.fr/2020/12/proces- ... s-paroles/

J'apprécie les journées de ce procès historique, racontées par Yannick Haenel.
Ses interrogations, ses doutes, son humanité.

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Dominique18
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Re: Laïcité, esprit critique, construction du futur citoyen, ... obscurantisme et fanatisme...

#1003

Message par Dominique18 » 19 déc. 2020, 02:01

Jean Birnbaum
- "Les maoccidents"
- "Un silence religieux" lecture en cours
suivi de "La religion des faibles", pas encore lu

Où on (re)fait connaissance avec certains grands "penseurs" de gauche historiques...
Peut-on être intellectuel (de gauche) et avoir un sérieux "pet au casque"?
Au passage, le gratin mao fréquentait les salons psychanalytiques, du temps des grandes heures de la gauche prolétarienne. Ce qui, outre la collusion, permet de comprendre la place accordée à la psychanalyse dans l'espace de réflexion français, via le monde et les filières universitaires. Les maos et les psychanalos. Ça devait phosphorer fort.
Où on apprend également qu'un nombre de ces intellos se sont orientés vers le sacré, d'après l'enquête de Jean Birnbaum. Une sainte révélation tardive, sans doute...
Le débat reste ouvert...

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nikola
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Re: Laïcité, esprit critique, construction du futur citoyen, ... obscurantisme et fanatisme...

#1004

Message par nikola » 19 déc. 2020, 04:40

Image
L’homme descend du singe, or l’homme est fait à l’image de Dieu. Donc Dieu est King Kong.

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Dominique18
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Re: Laïcité, esprit critique, construction du futur citoyen, ... obscurantisme et fanatisme...

#1005

Message par Dominique18 » 19 déc. 2020, 06:04

Pas mal vu!
Ce qui me permet de constater (surdimensionnement de l'égo...) que mon anglais n'est pas si à la ramasse...
Pourtant...

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Re: Laïcité, esprit critique, construction du futur citoyen, ... obscurantisme et fanatisme...

#1006

Message par Dominique18 » 23 déc. 2020, 12:53

Une mise au point nécessaire d'Henri Pena-Ruiz au sujet de l'expression de la laïcité:

https://www.marianne.net/agora/henri-pe ... gis-debray

A lire, comprendre et méditer. Cela évitera assurément de se fourvoyer.

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Re: Laïcité, esprit critique, construction du futur citoyen, ... obscurantisme et fanatisme...

#1007

Message par DictionnairErroné » 23 déc. 2020, 15:17

Dominique18 a écrit : 23 déc. 2020, 12:53 Une mise au point nécessaire d'Henri Pena-Ruiz au sujet de l'expression de la laïcité:
https://www.marianne.net/agora/henri-pe ... gis-debray
Il débute avec,
Cher Régis, La lecture de ton "tract" intitulé "France Laïque" (Gallimard) me laisse perplexe et triste. Permets-moi d'abord un commentaire sur le titre. France laïque? Soit. Mais la laïcité n'est-elle que française ? Je ne peux imaginer que tu l'assignes ainsi à résidence. D'ailleurs la France n'est pas laïque à cent pour cent...
J'ai arrêté là, je croyais lire un texte de Cinnroc _9...
Lorsque je ferme les yeux, je vois qui m'habite.

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Dominique18
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Re: Laïcité, esprit critique, construction du futur citoyen, ... obscurantisme et fanatisme...

#1008

Message par Dominique18 » 23 déc. 2020, 18:51

C'est un forum de sceptiques et heureusement.
La suite de l'article est plus heureuse.
Référence :

https://www.laicite-republique.org/

En ce moment, ce n'est peut-être pas le moment de faire la fine bouche.

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Dominique18
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Re: Laïcité, esprit critique, construction du futur citoyen, ... obscurantisme et fanatisme...

#1009

Message par Dominique18 » 25 déc. 2020, 12:24

Folie de quelques-uns...

1
L’expérience des Khmers Rouges est évoquée ici, on l’aura compris, au titre de l’homme social et non de l’homme biologique. L’exemple tragique du régime qui, sous le nom de Khmers Rouges, a gouverné le Cambodge de 1975 à 1979, a semblé pertinent pour illustrer une réflexion sur la fabrication de l’humain en politique. En effet, dessiner un homme nouveau a été au cœur de ce projet monstrueux et son observation conduit à une interrogation essentielle : tout projet de fabrication de l’humain ne recèle-t-il pas en réalité une tendance à la destruction de celui-ci ? Alors, le choix de ce cas extrême, dont d’aucuns pourraient penser que par son caractère démesuré il n’est pas utile à la réflexion, apparaît en réalité comme de nature à nous obliger à sonder les recoins les plus énigmatiques de la question du politique, donc de la liberté. Le retour sur cette expérience permet de surcroît de désenclaver la réflexion des problèmes proprement occidentaux.

2
Le scientifique qui pousse ses recherches et aborde ou croit aborder le secret de la vie, est en position d’éliminer la contingence ou, avec les thérapies germinales, de la réduire de manière spectaculaire. Les doctrinaires de l’Angkar au Cambodge, éliminaient autrement la contingence, par le caractère caricatural de la planification qui les amenait à régler les destins de manière implacable.

3
Il y a derrière le choix de cet exemple une expérience concrète, celle d’un voyage au Cambodge au début du mois d’avril 1979, c’est-à-dire trois mois après la chute des Khmers Rouges provoquée par l’intervention vietnamienne. Cette expérience a laissé des images insubmersibles, celles d’une ville déserte et de lianes exubérantes ayant pris possession des vérandas abandonnées, celles de personnes hagardes errant sur les routes des environs de Phnom Penh à la recherche d’autres survivants, celle des salles du Lycée qui avait servi de centre de tortures et des odeurs de sang séché qui y régnaient alors. Toutefois, dans la volonté de tenir les affects à distance, il faut porter ici l’attention sur deux questions : d’une part, celle des fondements de la doctrine de l’homme nouveau et d’autre part, celle qui conduit, à partir de cette expérience dévastatrice, à reconsidérer et analyser l’interaction de la société et des individus, c’est-à-dire le rôle des normes sociales, des normes juridiques, du projet global et des moyens de le mettre en œuvre dont se dote une société. Autrement dit, comment pouvons-nous renouveler la question complexe des rapports du groupe et de l’un face à la liberté ?

4
Pour ce qui est des éléments et des fondements de l’homme nouveau, on relèvera tout d’abord que ce projet est présent dans de nombreux courants religieux et dans toutes les doctrines politiques révolutionnaires. Affiché dans les religions traditionnelles (n’affirme-t-on pas dans la religion catholique que Jésus transforme ceux qui croient en lui ?), il s’amplifie dans les religions dites charismatiques où le bain complet qui tient lieu de baptême est censé renouveler la personne (qui est ainsi « born again »). Et il devient extrêmement dangereux dans les sectes.

5
Dans les doctrines politiques, l’expression homme nouveau n’est pas absente de certaines pensées respectables, celle de Franz Fanon ou de Salvador Allende par exemple [1]
[1]Voir notamment Franz Fanon, Les Damnés de la terre, F. Maspero,…
. Mais alors il s’agit simplement de sortir l’homme de la position réifiée que lui confère la plupart des systèmes sociaux et de lui donner des moyens de gagner en conscience politique et d’entrer dans l’action.

6
La doctrine de l’homme nouveau est plus marquée et plus opaque dans le développement idéologique de la Chine communiste [2]
[2]Pour un exposé général, voir Edmond Jouve, Relations…
. Si pour Liu Chao Chi le perfectionnement individuel est central, la compatibilité avec la ligne de masse reste problématique. Et la tendance alors dominante (contre celle de Liu Chao Chi) consiste à abandonner toute posture individualiste et à ne plus chercher à s’améliorer que dans l’amour du peuple. « Servir le peuple », tel était le mot d’ordre radical et simpliste des années où le maoïsme était en vogue. Toutefois, dans la plupart des doctrines révolutionnaires, non seulement en Chine, mais aussi à Cuba ou au Vietnam, l’homme nouveau est un homme engagé dans une entreprise de conscientisation, donc de désaliénation. Il y a alors une recherche d’émancipation par la culture qui a pris ici ou là des formes diverses, mais a tenté de s’exprimer par le cinéma, la littérature ou le théâtre, même si ces formes artistiques ont été prises dans un étau dogmatique.

7
A cet égard, l’expérience des Khmers Rouges est une exception dans la mesure où le rejet de la culture y était central. En effet, dès 1975, la population est partagée en plusieurs catégories qui subissent des traitements différents [3]
[3]Voir François Ponchaud, Cambodge, année zéro, Julliard, Paris,…
. L’élite que constituent la nouvelle administration et des guerriers du régime, s’appuie sur ce que l’on appelle l’ancien peuple : formé des paysans originaires des provinces occupées par les Khmers Rouges dès la première période, ce dernier est considéré comme étant resté pur et pouvant constituer l’appui de la Révolution. A l’autre extrême, le sous-peuple est formé des partisans du régime précédent, le régime Lon Nol, mais surtout de toutes les professions libérales, les cadres, les intellectuels, les médecins, les enseignants. Ceux-là ne sont pas rééducables et sont appelés à disparaître ou sont soumis à un régime de travaux forcés. Ce fut le cas de Pin Yathay qui, rescapé par miracle, écrivit ensuite le récit de ce qu’il avait vécu sous le titre L’Utopie meurtrière : un rescapé du génocide cambodgien [4]
[4]France Loisirs, 1980.
. Après des études d’ingénieur au Canada, il était devenu fonctionnaire au ministère des Travaux publics du Cambodge. Il raconte comment, dans le départ forcé de Phnom Penh organisé par le nouveau régime, il avait été contraint d’abandonner tous les livres et comment s’exerçaient les contrôles sur les routes : « Jetez cela, disait-on à ceux qui avaient conservé quelques ouvrages ou documents, c’est de la pensée impérialiste, de l’écriture impérialiste ». Avant de réussir sa fuite vers la Thaïlande, le plus grand risque qu’il courait, raconte-t-il, était d’être reconnu par hasard par l’un ou l’autre de ses anciens collègues ou ouvriers, car pour survivre il fallait cacher la formation que l’on avait reçue et jeter ses lunettes, signe révélateur d’un penchant intellectuel condamnable en soi.

8
Ceux qui n’étaient pas éliminés comme appartenant au sous-peuple, faisaient partie du peuple de base ou peuple nouveau, objet de la rééducation. Celle-ci était sommaire et plus pratique que théorique. Formé majoritairement d’anciens ouvriers ou paysans, ce peuple nouveau va alors être dispersé par la force à travers tout le pays et déplacé sans cesse. Il est soumis à dix à douze heures de travail par jour, femmes, vieillards et même enfants à partir de 5-6 ans compris. Le but annoncé est d’édifier une société communautaire égalitariste fondée sur un retour à la civilisation agricole, très inspirée des communes populaires chinoises. A ce titre, toutes les commodités modernes sont abandonnées et jetées. Dans le Cambodge de ces années-là, il ne s’agissait encore ni d’ordinateurs, ni de téléphones portables, mais de radios, de bicyclettes, de machines à coudre qui sont alors radicalement interdites. La monnaie est éliminée. La Banque Centrale du Cambodge est restée abandonnée pendant ces quatre ans. Ses locaux ayant été ouverts à tous les vents, les réserves de billets (devenus inutiles) étaient accessibles et livrées aux intempéries. Les services de la poste avaient été supprimés, comme les écoles. La cuisine privée était interdite. Les enfants étaient séparés de leurs parents. Les sanctuaires furent saccagés. On sait que la cathédrale de Phnom Penh fut détruite. Tout mariage était soumis à l’autorisation de l’Angkar. Les cartes d’identité n’existaient plus.

9
Privation radicale de liberté, déportation, travaux forcés et famine caractérisèrent ainsi l’ère meilleure qui avait été annoncée. Vingt-cinq pour cent du peuple cambodgien paya de sa vie cette entreprise insensée. L’Angkar (mot qui signifie l’Organisation) était le moteur anonyme de ce projet. Toujours désigné sous ce terme, le pouvoir fonctionnait sans visage, sans référence à des personnes précises. Là a sans doute été la clef du fonctionnement de ce système meurtrier pendant quatre ans. Dès lors qu’il y avait ceux que l’on utilise et ceux que l’on élimine et que le tout se jouait sur la terreur, le face-à-face humain entre les organisateurs du système et ses victimes n’était pas possible. Il y avait cette médiation impalpable de l’Angkar, cette abstraction, investie théoriquement d’une sollicitude sans limites pour le peuple, détentrice à elle seule de la connaissance de ce qui était bon pour lui.

10
Aujourd’hui, nous nous heurtons à l’impossibilité de réintroduire une rationalité explicative dans cette expérience totalitaire. Le jeu des qualifications n’est d’aucune utilité. Marek Sliwinski s’y est employé dans sa contribution au livre Parler des camps, penser les génocides [5]
[5]Sous la direction de Catherine Coquio, Albin Michel, Paris,…
. Le génocide tel que les conventions internationales le définissent ne trouve pas ici à s’appliquer car les exterminateurs appartenaient à la même communauté humaine que les victimes. Il faudrait parler alors d’un « auto-génocide ». Au sein de cette communauté, c’est le sous-peuple des « inutiles » qui est visé, ceux qui sont déclarés inaptes à participer à l’homme nouveau. Mais très vite les premiers critères se sont effacés en raison de l’impossibilité de distinguer les utiles des inutiles. La terreur accentue l’individualisme. Et la famine conduit à adhérer au système. La qualification n’est-elle pas d’ailleurs dérisoire face à des événements de cette nature ?

11
Cette question en amène en réalité une autre, celle de la liberté comme enjeu du politique. Il faut toutefois faire d’abord un constat inquiétant : l’expérience Khmer Rouge a bénéficié de beaucoup de complicités et elle n’a pas été isolée, même s’il est vrai de dire que chacun de ces chantiers de l’horreur est unique. Il est nécessaire à ce propos de rappeler qu’après leur départ forcé de Phnom Penh en 1979, les Khmers Rouges continuèrent pendant des années à occuper le siège du Cambodge aux Nations Unies et qu’il fallut attendre le début des années quatre-vingt-dix pour que le pouvoir qui s’était substitué aux Khmers Rouges après leur chute, le Conseil national suprême, soit enfin le titulaire du siège officiel. Pourtant, ce qui s’était passé dans ce pays pendant quatre ans était parfaitement connu. Et cette question symbolique du siège à l’ONU, donc de la place reconnue dans la communauté internationale avait un sens très clair : celui de la complicité des grandes puissances à l’égard du crime contre l’humanité. Cette complaisance s’est retrouvée ensuite sous des modalités différentes en Serbie ou au Rwanda ou encore en Sierra Leone. Mais dans ces derniers cas, des interventions collectives finirent par être envisagées (il n’est pas question ici d’en faire l’évaluation) et des Tribunaux pénaux spéciaux furent mis en place. Rien de tel ne fut proposé ou décidé pour le Cambodge des années Pol Pot après 1979. En sorte que nous sommes fondés à soutenir que cette expérience-là a ouvert la voie à la banalisation de l’horreur. Aujourd’hui, dans une démarche tardive et extrêmement limitée, une juridiction se met en place par une coopération laborieuse entre les Nations Unies et le pouvoir cambodgien actuel sous forme de chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens pour juger les dirigeants d’alors [6]
[6]Cf. Photini Pazartzis, « Les chambres extraordinaires des…
. Mais un quart de siècle s’est écoulé, les survivants sont rares et la procédure amorcée très incertaine.

12
Qu’y avait-il donc de fondamentalement pervers dans le projet cambodgien et sa prétention à fabriquer un homme nouveau ?

13
Il faut tout d’abord récuser l’expression « homme nouveau », aussi bien en biologie qu’en politique. L’humain comme le vivant n’est ni stable, ni défini. Il doit être analysé comme un ensemble de processus impliqués dans un réseau de relations avec les autres humains et le reste du milieu, à travers une dynamique toujours renouvelée. Aussi tout humain est-il toujours nouveau parce qu’il est nécessairement différent de ceux qui l’ont précédé et aussi parce qu’il se renouvelle lui-même à chaque instant. En revanche, il est pertinent de se demander si, par rapport à une réalité elle-même évolutive, la société peut ou doit intervenir pour accélérer, freiner ou améliorer les changements. Cette intervention est-elle évitable ? Sinon, comment la contrôler ? Comment mesurer ou évaluer ses résultats ? Personne ne conteste dans le cas des Khmers Rouges que l’homme nouveau évoqué reflétait une considérable régression. Toutefois, l’intervention sociale ne produit pas toujours ce résultat et la question reste centrale.

14
On soulignera ici la difficulté à distinguer la volonté de changer l’homme et le projet de société, c’est-à-dire de relations entre les humains. La volonté de changement social est présente dans la plupart des projets politiques, mais cette volonté est plus ou moins inquiétante selon qu’elle comporte un changement de l’homme lui-même et selon les méthodes employées. Sans aucun doute les sociétés modernes sont en proie à des conditionnements politiques très forts. A tel point que les fondements du capitalisme libéral : démocratie formelle, marché et puissance des médias, peuvent apparaître comme produisant une forme de totalitarisme. Toutefois, il faut souligner que si ce capitalisme est source de déshumanisation, le processus est insidieux. On peut rejoindre ici ce qui a déjà été soutenu : tout n’est pas mauvais, même si tout est dangereux [7]
[7]Voir dans ce numéro de Tumultes, l’article de Martine Leibovici.
. Et l’on ne peut proposer la même analyse critique des systèmes totalitaires policiers et militarisés ou des systèmes en voie de totalitarisation idéologique.

15
Par ailleurs, les sociétés sont hétérogènes et la question de la fabrication de l’humain ou de sa « reconstruction » se pose en termes radicalement différents selon les situations. Que faire, quel projet politique entrevoir après des périodes de régression qui laissent derrière elles un grand nombre d’âmes fêlées ? Lorsque toute trace d’humanité a été bannie, détruite, qu’un groupe s’est désocialisé à travers des massacres engendrant la terreur, peut-on reconstruire de l’humain et à quelles conditions ? Comment réintroduire du politique là où la violence barbare a occupé tout l’espace relationnel ?

16
Certains exemples précis permettent de mesurer l’ampleur de la difficulté : au Nicaragua, après la chute du régime de Somoza en 1979, le nouveau gouvernement sandiniste avait été confronté à l’existence d’un important groupe d’enfants ou de jeunes adolescents analphabètes qui, comme enfants des gardes somozistes, avaient accompagné leurs pères dans leurs opérations de répression et auxquels était confiée l’énucléation des prisonniers à l’aide de petites cuillères. Le ministre des Affaires sociales du nouveau gouvernement avait été chargé de mettre en place une structure adaptée à ces enfants et de tenter leur « réhumanisation ». Malheureusement, ce cas n’est pas isolé. Bien des soldats serbes, des Rwandais ayant participé aux massacres de 1994, ou ces très jeunes Sierra-Léonais pratiquant d’insupportables exactions sont dans des cas comparables. Le mot de rééducation est-il encore adapté ? Ce mot, connoté en raison de son emploi par des régimes totalitaires, peut-il désigner ici des opérations nécessaires de « sauvetage » de l’humain ? L’action sociale s’inscrit alors dans un autre champ de valeurs et charge ainsi le mot de signification différente.

17
Qu’il s’agisse d’éducation ou de rééducation, l’essentiel est que la liberté en soit le centre, une liberté dans l’apprentissage indispensable de la responsabilité. En effet, l’humain ne se fabrique jamais puisque l’essence de l’humain est sa liberté, seul ou en groupe, ou plutôt la conscience de sa liberté, l’interrogation permanente sur l’usage de sa liberté. Là est le critère du projet politique. Si un projet encourage la liberté, y compris dans son volet éducatif, il peut être qualifié de politique, accompagnant l’humain, non le fabriquant. Mais dès lors qu’il fabrique par la contrainte, il déshumanise.

18
Viennent encore deux questions : celle des relations entre la liberté et la contingence et celle des limites à la liberté des uns pour assurer celle des autres.

19
La volonté scientifique de réduire la contingence rejoint la volonté politique. Les hommes et femmes politiques sont sollicités à tous moments pour maîtriser tous les risques. Mais dans ce mouvement indéfini de réduction de la contingence, nous finissons par approcher d’une zone trouble. Comme s’il y avait quelque chose d’impudent en termes de valeur à vouloir la réduire à zéro. Ce n’est pas là, semble-t-il, quelque révérence secrète à un créateur qui nous dépasse et qui serait présent à l’insu de tous, même des athées les plus irréductibles. Non, c’est que beaucoup plus humainement, la contingence, c’est l’autre. C’est la liberté de l’autre qui, parce qu’elle est liberté, est imprévisible et représente alors pour chacun d’entre nous la contingence. Vouloir l’éliminer totalement, c’est tendre à supprimer la liberté de l’autre. D’ailleurs, lorsque le clonage humain se réalisera, espoir fou de suppression du hasard dans la naissance, on verra bien que le cloné s’écartera de son modèle par l’usage même de sa liberté. Illustration de la réduction achevée de la contingence, il en réintroduira par là-même.

20
De là, nous pouvons revenir au projet politique qui est organisation des libertés et rapport d’altérité. Au centre de nos préoccupations, se trouve le principe de consentement qui est la sauvegarde de la dignité humaine et le dernier rempart de la liberté individuelle. Mais l’exercice du consentement dépend étroitement des conditions sociales qui en deviennent la clef. Or ces conditions sociales s’expriment dans la loi. Mais la loi peut-elle être la condition de la liberté ? Ne porte-t-elle pas en elle une charge d’ambiguïté qui fait d’elle aussi l’instrument de la répression ? La loi n’est qu’une forme, une forme juridique, mais surtout une forme symbolique. Ce sont les valeurs qu’elle véhicule qui peuvent être répressives ou libératrices. Mais dans l’histoire politique moderne, la loi est liée à la souveraineté, laquelle est chargée de la même ambivalence que la loi. L’expérience des Khmers Rouges met bien en lumière comment la symbolisation de la loi, expression de la souveraineté comme indépendance des sujets qui forment un peuple, pouvait céder la place à une autre symbolisation, celle du non-humain, s’appliquant à des cohortes anonymes ayant perdu le caractère de sujets, celle de la souveraineté confisquée par ceux qui ont liquidé la loi. Car la loi, par sa publication, est l’affichage de la norme qui exprime le lien social, ce qui en permet le contrôle. Lorsque la souveraineté liquide la loi, lorsqu’elle s’exerce sans cette médiation contrôlable, elle ouvre la porte à l’état d’exception, elle peut être, elle a souvent été, pouvoir de vie et de mort. Elle quitte alors le versant positif de sa fonction, celui qui pouvait la légitimer. Elle n’est plus ce lien communicationnel entre les membres du groupe qui met en relation chacun avec chacun [8]
[8]Georges Bataille, Œuvres complètes, tome VIII, Gallimard,…
. Ce lien peut s’exprimer par des procédures qui sont l’instrument de la démocratie, non la substance, mais l’instrument.

21
Il est vrai qu’aujourd’hui, la loi souveraine doit d’abord identifier qui est ce chacun, y compris en s’interrogeant sur les embryons hors projet parental ou les chimères. Et cela renouvelle considérablement son rôle, d’autant plus qu’il ne suffit plus que la loi souveraine de telle ou telle communauté politique, donc Etat, réponde à cette question. Il faudra bien poser le problème de la loi souveraine de la communauté des hommes. Seule cette communauté des humains, en s’instaurant politiquement, pourra interrompre la banalisation de la déshumanisation.
Notes

[1]
Voir notamment Franz Fanon, Les Damnés de la terre, F. Maspero, Cahiers Libres n° 27-28, Paris, 1961, et le chapitre : « Sur la culture nationale », pp. 153 sq.
[2]
Pour un exposé général, voir Edmond Jouve, Relations internationales du Tiers-Monde et droit des peuples, Berger-Levrault, Paris, 1979, 2e édition, pp. 91 sq.
[3]
Voir François Ponchaud, Cambodge, année zéro, Julliard, Paris, 1977.
[4]
France Loisirs, 1980.
[5]
Sous la direction de Catherine Coquio, Albin Michel, Paris, 1999.
[6]
Cf. Photini Pazartzis, « Les chambres extraordinaires des tribunaux cambodgiens », Annuaire Français de Droit International, 2003, pp. 646-648.
[7]
Voir dans ce numéro de Tumultes, l’article de Martine Leibovici.
[8]
Georges Bataille, Œuvres complètes, tome VIII, Gallimard, Paris, p. 286. Voir aussi Jean-Michel Besnier, La Politique de l’impossible, La Découverte, Paris, 1988, pp. 89 sq.

Mis en ligne sur Cairn.info le 01/01/2011
https://doi.org/10.3917/tumu.025.0065

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#1010

Message par Dominique18 » 25 déc. 2020, 13:31

Il arrive des moments où on se sent las...
Il ne faut pourtant pas baisser les bras.
Ce qui me fait renvoie à une tête d'oeuf qui n'avait pas l'air de comprendre grand chose.

La première dauphine de Miss France garde la tête froide face aux insultes qui la visent. Derrière elle, la famille des Miss fait corps d'un seul bloc. Par Marc Fourny
Modifié le 21/12/2020 à 09:59 - Publié le 21/12/2020 à 08:50 | Le Point.

Elle n'est pas passée loin de la couronne, mais n'a pas échappé aux propos haineux sur les réseaux sociaux. La raison ? Avoir dévoilé ses racines juives, via son père, lors de la soirée de l'élection des Miss France. « J'ai moi-même des origines assez variées, confiait April Benayoum lors la présentation des candidates sur TF1. Ma mère est serbe-croate, et mon père israélien-italien. » Des propos qui ont provoqué une vague d'injures xénophobes et antisémites inacceptables sur les réseaux sociaux…

Miss Provence, 21 ans, originaire d'Aix-en-Provence, qui a fini première dauphine à l'issue du concours, a tenu à réagir elle-même dans les colonnes de Nice-Matin. « Je n'ai bien sûr rien vu en direct, j'ai appris l'existence de ces propos par mes proches. C'est triste d'assister à de tels comportements en 2020, juge-t-elle. Je condamne bien évidemment ces propos, mais ça ne me touche absolument pas », conclut-elle sur le sujet. Bonne camarade, elle se dit fière d'avoir décroché la seconde place derrière Amandine Petit, Miss Normandie. « Je suis extrêmement heureuse du parcours que j'ai accompli, poursuit-elle. En réalité, rien qu'en participant à cette belle aventure, on a toutes gagné. Je garde de très bons souvenirs de cette soirée. »
« Je suis complètement choquée »

Si Miss Provence reste digne et ne souhaite pas polémiquer, ses consœurs ont eu des réactions très fermes pour condamner cette violence antisémite, à l'image de sa patronne, Sylvie Tellier, directrice du comité. « Je vous avoue, je suis complètement choquée, a-t-elle confié à ses fans sur Instagram. Malheureusement, on est encore obligé en 2021 de dénoncer ce genre de propos… Je pensais que cette année 2020 nous avait apporté un tout petit peu de tolérance et de respect les uns des autres. Eh bien non, c'est raté, merci les réseaux sociaux… »

Lire aussi Racisme : le calvaire de Miss France 2000

Autre coup de gueule, celui de Sonia Rolland, sacrée Miss 2000, qui fut elle-même en son temps la cible d'attaques racistes en raison de sa couleur de peau. Née d'un père français et d'une mère rwandaise, elle avait raconté le déferlement de haine subi après son élection : plus de deux mille lettres d'insultes, excréments et crachats sur le pas de sa porte, voiture abîmée… En voyant la machine à broyer se remettre en marche contre la première dauphine son sang n'a fait qu'un tour : « Soutien à April Benayoum, a-t-elle tweeté. La discrimination n'a aucune place dans notre société. Stop au racisme, stop à l'antisémitisme. »

« Mais à quelle époque sommes-nous ? »

De son côté, le présentateur du sacre Jean-Pierre Foucault s'est dit « totalement consterné » sur RTL par ces attaques « scandaleuses ». « Mais à quelle époque sommes-nous ? Cette jeune fille, très naïvement, a dit très logiquement quelles étaient ses origines et cela a joué contre elle. Et surtout, ça a été au-delà de tout ce qu'on aurait pu imaginer… » Même consternation chez la productrice Alexia Laroche-Joubert, conseillère artistique du show, qui a dénoncé des propos haineux : « Miss France représente à travers toutes les Miss la richesse de nos diversités et nous en sommes fiers », a-t-elle écrit sur Twitter.

Un antisémitisme qui a également largement été dénoncé par des ténors politiques dans les 24 heures après l'élection, notamment par Éric Dupond-Moretti, Gérald Darmanin, Marlène Schiappa, Manuel Valls ou Clémentine Autain… Des poursuites devraient être engagées, notamment sous l'impulsion de la Licra, la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme.


Miss Provence insultée, ou le signe d'un antisémitisme banalisé
TRIBUNE. Selon les auteurs de ce texte, la haine des juifs prospère du fait de la complaisance de la gauche, voire de son implication active. Par Rafaël Amselem*, Lucien Guyon**, Thomas Leroux*** et Alana Daraï****
Modifié le 23/12/2020 à 14:23 - Publié le 23/12/2020 à 10:00 | Le Point.fr

En ce samedi 19 décembre 2020, April Benayoum – alias Miss Provence – aurait dû demeurer dans l'histoire anecdotique des concours de beauté. C'est cependant pour des raisons autrement plus tristes que son nom devint pour une nuit le symbole effervescent d'une incurable engelure française : l'antisémitisme.

Sa constance est marmoréenne et il n'est jamais las de ses arguments : « les Juifs dominent le monde », « les Juifs sont intéressés », et de conclure après ces anathèmes, sans lien sinon la haine, qu'Hitler aurait dû en finir ou que la nature a fait du Juif et de la corruption une seule et même déviance. Ce samedi, donc, un simple concours de beauté voyait ressurgir, en raison des origines israéliennes d'une candidate, le brûlot d'hostilités envers les Juifs via une litanie de tweets nauséabonds.

La modernité a accouché d'une situation paradoxale, mise en lumière par l'actualité de Miss France : les populations juives françaises, initialement les cibles historiques de l'extrême droite – dans le sillage de Maurras et Barrès – subissent désormais un silence venu de la gauche quant à leurs souffrances.

Certes, rien de nouveau sous le soleil. « L'antisémite de gauche reproche aux Juifs d'être les géants du capitalisme », disait Herbert Pagani. C'est ainsi qu'une nouvelle hostilité envers les Juifs naquit simultanément avec l'émergence de certains mouvements ouvriers, associant le peuple juif à l'accaparement des ressources. Pour se souvenir, Proudhon, père du socialisme, écrivait : « Juifs. Faire un article contre cette race qui envenime tout. » On pense encore à Jules Guesde, ministre socialiste, qui inventa la représentation des Juifs en pieuvre. Jusqu'à aujourd'hui, la même association des Juifs au grand capital persévère dans certains mouvements à gauche, avec un ajustement qu'on ne saurait négliger : le chantage à la Shoah.
Compromissions

Cet effet de manche convient d'une rhétorique prosaïque. Les Juifs collaboreraient avec l'État français pour la sauvegarde de leurs intérêts, et recevraient par là même un traitement de faveur en réparation des sévices subis durant la Seconde Guerre. Houria Bouteldja, figure incontournable des sphères indigénistes, de déclarer : « Les Juifs sont les boucliers, les tirailleurs de la politique impérialiste française et de sa politique islamophobe. » Héritière par ces propos du négationnisme né après-guerre sous la plume de Paul Rassinier, alors membre de la SFIO, qui postulait une thèse similaire d'alliance entre les Juifs, l'Argent et l'État.

La gauche contemporaine ne se prive pas de telles compromissions. Maboula Soumahoro, universitaire gravitant dans les milieux antiracistes, affirmait sur un plateau ne pas voir le problème à constituer une liste électorale aux municipales de Sarcelles avec pour seul motif de remplacer un maire juif. Rokhaya Diallo, à son tour, écrivit que les Juifs ne furent pas ciblés en tant que groupe par les nazis. Les membres de La France insoumise, eux, manifestent régulièrement avec les Indigènes de la République, dont l'ancienne présidente, la même Houria Bouteldja, tint une conférence intitulée : « Mohammed Merah, c'est moi. »

Pour finir, des figures politiques ont récemment pris la défense de l'association Baraka City, alors que son directeur ne manquait pas de rendre hommage à Sayyid Qutb, un des théoriciens de l'extermination des Juifs d'Orient. Une fois de plus, cette gauche se fourvoyait en méprisant l'évidence, pour ne pas avoir à l'étudier. Comprenons alors que les anecdotiques communiqués par les mêmes à l'égard d'April Benayoum ce samedi passent pour de feintes indignations. La gauche antiraciste, pourtant, en revendiquant l'héritage de Frantz Fanon, devrait se souvenir de son conseil : « Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l'oreille, on parle de vous. »
Rhétorique postmoderne

Les errements énumérés d'une partie de la gauche à propos de la question antisémite sont aussi nourris sur le plan théorique. Reprenant à leur compte la « théorie critique », des groupes militants et des partis politiques adhèrent à la position selon laquelle les diverses oppressions seraient la conséquence de systèmes de domination historiquement construits. Ainsi, de la constitution de structures de pouvoir basées sur des critères matériellement perceptibles (la couleur, le genre, l'orientation amoureuse…) dépendrait la continuité des discriminations exercées par les personnes majoritaires, dites privilégiées.

Les Juifs s'inscrivent dans ce processus comme un cas limite, ceux-ci n'étant pas reconnaissables en tant que Juifs dans l'espace public. Ils ne souffrent pas, à ce titre, de discriminations basées sur un critère matériel. Aux différents degrés de la vie sociale, qu'il s'agisse de la recherche d'un logement, de l'obtention d'un emploi ou de la poursuite des études, il est vraisemblable que les Juifs ne soient pas inquiétés pour leur appartenance ethnique ou religieuse. Considérant les oppressions sous cet unique rapport, cette gauche fait fi de l'antisémitisme au motif que les Juifs n'entrent pas dans les catégories raciales dominées institutionnellement du fait de l'absence d'expression de la judéité au travers de leur corps.

Cette rhétorique postmoderne trouve aussi une source dans la question israélienne. Dans un rapport de 2004, Jean-Christophe Rufin dénonçait déjà « une nouvelle et subtile forme d'antisémitisme dans l'antisionisme radical », que l'on pouvait aisément situer dans les branches de la gauche radicale. L'Israélien devient in fine l'illustration parfaite du schéma dominateur-dominé : le colon juif qui pille et massacre en terres palestiniennes. Par un habile exercice de déformation de la réalité, le sionisme n'est plus un projet d'autodétermination pour un peuple, mais devient synonyme du pire asservissement, comparé le plus souvent à l'impéralisme européen ou au suprémacisme blanc. La seule lecture des messages de ce samedi soir démontre les résultats de l'infusion d'une telle idéologie, dont l'étendue semble nous avoir échappé.

Pour résumer, la jonction entre une aile traditionnellement antisémite, les regards détournés de certains et une incapacité théorique à intégrer le particularisme de cette forme de haine, devrait au moins interroger certaines personnalités sur les discours qu'elles légitiment par mansuétude ou par complaisance.

* Rafaël Amselem, diplômé d'un master du département de droit public de l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne

** Lucien Guyon, diplômé en philosophie à l'université Bordeaux-Montaigne

*** Thomas Leroux, président de l'Union française contre l'antisémitisme

**** Alana Daraï, secrétaire générale de l'Union française contre l'antisémitisme


J.-P. Sakoun : "Mila, Mennel, April… Le bréviaire de la haine" (lepoint.fr , 23 déc. 20)

Jean-Pierre Sakoun, président du Comité Laïcité République. 23 décembre 2020

"En 1979, la révolution ultrareligieuse et conservatrice de l’Iran des ayatollahs, tant vantée par les pères de nos islamogauchistes, avait, entre autres, fait découvrir à la France incrédule la violence morale et physique exercée sur les femmes par l’islam radical : voilement forcé, minorité légale éternelle, contrôle des corps et des esprits. Ces manifestations violentes de l’obscurantisme, déjà, inquiétaient les laïques et les féministes.

Mais elles faisaient l’objet, de la part des communautaristes de tout poil, des différentialistes et des « excusistes », au mieux d’un silence gêné, au pire d’une défense affirmée au nom des « différences culturelles » et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, transmuté en droit des hommes à disposer des femmes. Ce joug religieux et patriarcal s’accompagnait – bien sûr, serait-on tenté d’écrire – d’une haine radicale des juifs.

Au même moment, les principautés du Golfe sous la bannière de l’Arabie saoudite déversaient leurs pétrodollars sur le reste du monde « ad majorem Wahab gloriam » et contribuaient à la régression intégriste de tous les pays musulmans et des communautés musulmanes du monde entier.

Quarante ans après ces inquiétants débuts, le bilan est effrayant, même dans notre pays. Comme dans le Pakistan fanatisé, des hordes de barbares haineux et violents, insultent, menacent et vont jusqu’à agresser, violenter, mutiler, assassiner, au pays des droits de l’Homme et du Citoyen, au pays des rapports d’égalité entre les hommes et les femmes, celles qui ne baissent pas la tête. Ces comportements sont évidemment démultipliés par le grand égout collecteur des réseaux sociaux, l’anonymat et l’impunité qu’ils ménagent, les effets de meute qu’ils suscitent.

Mila, pour avoir rejeté la drague obscène d’imbéciles, pour avoir affirmé sa liberté sexuelle, pour avoir en réponse à des messages de haine, dit ce qu’elle pensait de la religion qu’exhibaient comme un étendard ses agresseurs, est désormais à 18 ans, un paria. Comme Salman Rushdie, visé par une fatwa iranienne qui l’oblige à se cacher depuis trente ans, elle vit dans la crainte et sans horizon, sous la menace permanente d’un assassinat par le même genre de triste représentant de l’espèce humaine qui a égorgé et dépecé Samuel Paty. Mila que l’État tout entier ne peut protéger, et dont les persécuteurs fréquentent toujours le lycée dont elle a été exfiltrée.

Mennel, cette divine surprise des islamistes et de leurs idiots utiles, qui voyaient dans cette belle jeune femme enturbannée âgée de vingt ans, l’ambassadrice rayonnante et consentante de leur supériorité sur les femmes, a décidé de se libérer, probablement influencée par cet air de liberté qui flotte encore sur la France et les femmes de ce pays. Depuis, parce qu’elle a « trahi », pour s’être soustraite aux codes de la soumission et avoir préféré sa liberté au triste asservissement auquel elle se pliait, elle reçoit, à son tour, des tombereaux de menaces, d’injures et d’insultes venant des mêmes voyous qui veulent violer, torturer, tuer Mila.

April, quant à elle, a dévoilé ses origines dans un exercice obligé, comme toutes les autres candidates au titre de Miss France 2021. Elle s’est immédiatement trouvée en butte à la même marée nauséabonde, de haine aveugle et destructrice. Française avant tout, représentant la Provence, mais aussi un peu serbo-croate, italienne, israélienne, elle a prononcé le mot interdit. Nous savons lequel. Époustouflante de beauté, libre de son corps et juive, même un peu, c’en était trop. « Hitler n’a pas fini le travail ». Alors qu’elle était en tête du classement des personnalités et du public, son score s’effondrait du fait d’un vote massif pour son adversaire, accompagné là encore de toutes les insultes les plus ignobles, promettant viol, meurtre, démembrement, four crématoire.

Et tout cela, dans une quasi-impunité qui encourage les vomisseurs et les assassins en puissance. Certes, une justice impuissante finira bien, dans un an, ou deux, ou trois, par épingler quelques petites frappes qui auront droit à un rappel à la loi ou à des travaux d’intérêt général qu’ils n’accompliront même pas… Les politiques, malgré quelques ministres et élus sincères dont nous saluons le combat, auront bien vite troqué leur indignation pour la chasse au vote, quand ils ne se seront pas déshonorés, même des femmes et pas des moindres, en trouvant que Mila est allée trop loin, que les insultes contre Mennel ne sont que l’effet d’une déception et qu’April n’aurait pas dû se livrer à cet exercice si vulgaire de l’élection de Miss France… La plupart se tairont, par peur ou calcul électoraliste.

Voilà où en est notre pays, soumis à son tour à la violence morale et physique exercée sur les femmes par l’islam radical, à leur voilement forcé, à leur maintien dans une minorité éternelle, au contrôle de leurs corps et de leurs esprits. Et il se trouve des partis qui se disent de gauche, des militantes qui se disent féministes, pour ne rien dire, ou pire, pour justifier ces crimes contre la liberté des femmes.

Mila, Mennel, April, femmes de France, femmes libres, citoyennes, vous êtes notre étendard.


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Re: Laïcité, esprit critique, construction du futur citoyen, ... obscurantisme et fanatisme...

#1012

Message par MaisBienSur » 31 déc. 2020, 05:02

Dominique18 a écrit : 25 déc. 2020, 13:31 Il arrive des moments où on se sent las...
Il ne faut pourtant pas baisser les bras.
Ce qui me fait renvoie à une tête d'oeuf qui n'avait pas l'air de comprendre grand chose.
[...]
Dominique, pourrais tu changer ta mise en page ?

Perso, j'ai du mal à faire la différence entre les textes que tu copies et ce que tu exprimes. Utilises des balises "quote" peut-être ? Ou en italique, ou une couleur différente...

C'est dommage, du coup on ne sait pas faire le tri de ce que tu penses et de ce que tu cites :?
Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d'alu.

Avant, j'étais indécis, maintenant je n'en suis plus très sûr...

Les marmottes qui pissent au lit passent un sale hiver (Philippe Vuillemin)

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Dominique18
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Re: Laïcité, esprit critique, construction du futur citoyen, ... obscurantisme et fanatisme...

#1013

Message par Dominique18 » 31 déc. 2020, 06:07

Merci pour les conseils de mise en page.
Il est vrai que j'utilise deux appareils, l'un étant plutôt limité quant à sa maniabilité. Ou c'est que je ne sais toujours pas m'en servir correctement, ce qui est du domaine du possible. Je prends bonne note et ferai plus attention dans mes rédactions et citations.

L'une des dernières infos en France, très préoccupante pour la suite :

https://www.marianne.net/societe/laicit ... -de-france

Personnellement, je pensais qu'une avancée serait possible. L'islam version turque actuelle est l'un des courants les plus réactionnaires et rétrogrades (professionnellement, j'ai pu "apprécier" la chose, en simple spectateur). Les imams turcs, déclarés, connus, on suppose qu'il en existe d'autres, actifs, représentent une bonne moitié des imams officiant en France. Le progressisme n'a jamais été à l'ordre du jour, surtout depuis l'émergence d'Erdogan.
Il faut se replonger dans l'histoire de la Turquie pour tenter de saisir les agitations et tentations géopolitiques.
C'était un premier point.
Le deuxième, c'est Houria Bouteldja et ses dernières frasques, suite à l'affaire de la dauphine de Miss France dont j'ai parlé dans un précédent post.
Jack Lang botte en touche et dénie le moindre souci. C'est un habitué de la langue de bois.

https://www.marianne.net/societe/medias ... -bouteldja

Quand on a commis un livre intitulé "Les blancs, les juifs et nous", il paraît évident qu'on ne doit pas verser dans la naïveté concernant les actions, engagements et vociférations orales et écrites d'Houria Bouteldja.
Ce pourrait ne représenter qu'un fait parisianiste ou urbain. Le constat est que ses positions rencontrent un écho dans des trous reculés de campagne où sont encore ancrés des mouvements à tendance gauchisante. Ces derniers, même peu représentatifs, occupent beaucoup l'espace sans rencontrer d'opposition constructive, réfléchie, active. On ne soupçonne pas la porosité et la perniciosité de ces dérives.
Une aberration intellectuelle, républicaine, démocrate et laïque.

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Re: Laïcité, esprit critique, construction du futur citoyen, ... obscurantisme et fanatisme...

#1014

Message par LoutredeMer » 31 déc. 2020, 06:16

@ Dominique

Concernant les Miss France, ce n'est pas nouveau. Atttaques racistes en 2000 contre Sonia Rolland, à la peau noire. 15 ans avant, contre Suzanne Iskandar, de parents libanais ; en 2014, contre Flora Coquerel, dont la mère est béninoise ; en 2016, contre Morgane Edvige, Martiniquaise ; en 2017 contre la Guyanaise Alicia Aylies ; contre Evelyne de Larichaudy d'origine asiatique, etc.

source : https://www.francetvinfo.fr/culture/tv/ ... 21853.html

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Dominique18
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Re: Laïcité, esprit critique, construction du futur citoyen, ... obscurantisme et fanatisme...

#1015

Message par Dominique18 » 31 déc. 2020, 08:35

Les réseaux sociaux draînant les lots de connards habituels... Je ne pensais pas, historiquement, que nous en étions à ce point.
C'est à désespérer...

jean7
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Re: Laïcité, esprit critique, construction du futur citoyen, ... obscurantisme et fanatisme...

#1016

Message par jean7 » 01 janv. 2021, 00:41

Dominique18 a écrit : 31 déc. 2020, 08:35 Les réseaux sociaux draînant les lots de connards habituels... Je ne pensais pas, historiquement, que nous en étions à ce point.
C'est à désespérer...
Ce désespoir n'est-il pas la simple expression du biais de confirmation ?
Après tout, la proportion de personnes ayant injurié les miss France à cause de leur couleur est quasi homéopatique.

Facts matter or not matter.
That is the question.
;)
Le libre arbitre est à la causalité ce que le corps est à la physique

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Dominique18
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Re: Laïcité, esprit critique, construction du futur citoyen, ... obscurantisme et fanatisme...

#1017

Message par Dominique18 » 01 janv. 2021, 05:08

Vrai !
Mais cette dose insignifiante, homéopathique, a une fois de plus pris un espace et un volume démesuré, avec le relais de tout un tas de média.
Certains plus complaisants que d'autres.
On ne peut pas passer sous silence l'émergence, dans ce genre de situation, d'abrutis finis, qui occupent également un espace conséquent.
Une bonne partie de l'extrême gauche en arrivé à tenir un discours rétrograde et réactionnaire qui était encore le fait de l'autre bord il y a quelques années. Il suffit d'aller faire un tour sur le site du NPA, entre autres. Il y a pire...
Biais de confirmation, certainement, mais il faut monter au créneau, encore et encore pour défendre des valeurs fondamentales. De miss Provence à Samuel Paty, ce sont les mêmes décervelés qu'on retrouve. Et là, ce n'est assurément pas un biais de raisonnement de plus. C'est une constatation au simple examen des faits. Ils en laissent des tas d'écrits et des déclarations, derrière eux. Rien ne les arrête.

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PhD Smith
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Re: Laïcité, esprit critique, construction du futur citoyen, ... obscurantisme et fanatisme...

#1018

Message par PhD Smith » 03 janv. 2021, 20:33

Présentation du documentaire d'Yves Azeroual sur l'islamo-gauchisme: https://youtu.be/V6uu0to2xnc
"Islamogauchisme, la trahison du rêve européen":
https://youtu.be/0TsZx7I-iGY
Pourquoi et comment une poignée d'intellectuels et de politiques de gauche et d'extrême gauche, peu nombreux mais très influents dans les médias et dans la mouvance des droits de l'homme, ont-ils imposé une véritable sanctuarisation de l'islam dans l'espace politique français au point d’en devenir complaisant avec l’islamisme au nom du #PasDAmalgame? Pourquoi ces intellectuels et ces politiques, pour la plupart agnostiques et libertaires ont ils sombré dans l’#IslamoGauchisme avec son idéologie victimaire et sa culture de l’excuse ?
Dans son documentaire choc, Yves Azéroual identifie les racines du mal, pointe les agissements troubles de personnalités politiques, médiatiques, associatives et intellectuelles, les complicités idéologiques, et, in fine, met en exergue les risques, pour notre démocratie européenne, de voir l’islam politique et radical s’imposer au détriment de l’Islam des Lumières. Dans un face à face inquiétant avec l’extrême droite.

Intervenants : Jean-Luc BENNAHMIAS ; Jean BIRNBAUM ; Zorah BITTAN ; Christophe BOURSEILLER ; Laurent BOUVET ; Pascal BRUCKNER ; Jean-François COLOSIMO ; Raphaël ENTHOVEN ; Caroline FOUREST ; Jacques JULLIARD ; Djorje KUZMANOVIC ; Christophe MADROLLE ; Céline PINA ; François PUPPONI ; Mohamed SIFAOUI ; Dany TROM ; Philippe VAL ; Judith WAINTRAUB ; Marc WEITZMANN ;

Yves Azeroual est journaliste, essayiste, romancier, créateur de plusieurs chaines de télévision dont i télé et d’émissions dont « Secrets d’Histoire ». Il a écrit et réalisé une quinzaine de documentaires.
Ça complète le comportement de Mélanchon que j'ai donné ici (message n. 988): viewtopic.php?f=20&t=16231&p=584694&hil ... on#p584694
Dernière modification par PhD Smith le 03 janv. 2021, 20:48, modifié 2 fois.
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Re: Laïcité, esprit critique, construction du futur citoyen, ... obscurantisme et fanatisme...

#1019

Message par Spartacus » 03 janv. 2021, 20:47

Si on le regarde comme une compile des guignole de l'info c'est très plaisant :a2: :a2: :a2:

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Re: Laïcité, esprit critique, construction du futur citoyen, ... obscurantisme et fanatisme...

#1020

Message par Dominique18 » 04 janv. 2021, 02:55

Pour Jean Birnbaum, on peut compléter par son livre "Les maoccidents". Ce qui donne une filiation avec ses deux derniers, implacables.
J'en ai déjà parlé. Pour les autres intervenants, c'est du bon, c'est du fiable. Rien à voir avec les agités vociférants. Quant une bande d'allumés de l'extrême-gauche en vient à défendre des idées qui étaient l'apanage de l'extrême-droite... cf. Houria Bouteldja. L'affaire de Miss Provence est révélatrice, celle de Mila également. On peut ne pas aimer Pascal Bruckner. Il s'est payé Rhokaya Diallo dur le plateau de 28 minutes (Arte) en rappelant quelques paroles et vérités bien senties.
Pour Spartacus, je ne sais pas si tu fais de l'humour décalé. Les intervenants cités dont tout sauf des guignols.
Il ne reste plus qu'à regarder pour se faire mal.

Quelques heures plus tard...
Ça fait mal. Merci Phil pour cette découverte, qui ne fait que confirmer et illustrer nombre de sujets que j'ai traités. J'avais encore quelques doutes, je n'étais pas très sûr. Maintenant, il faudrait être décidément bien aveugles..

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Dominique18
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Re: Laïcité, esprit critique, construction du futur citoyen, ... obscurantisme et fanatisme...

#1021

Message par Dominique18 » 06 janv. 2021, 09:36

Charlie Hebdo a commis un article dans sa dernière livraison et sur son site.

Dans le détail, tout est dans le titre...

https://jean-jaures.org//nos-production ... eparatisme

Compte-tenu des derniers évènements en cours, on ne peut pas dire que ça s'arrange.
Je constate une régression. Ce n'est pas la peine de tourner autour du pot et de prétexter tout et n'importe quoi.

Infographie:

https://jean-jaures.org/sites/default/f ... phieok.pdf

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Re: Laïcité, esprit critique, construction du futur citoyen, ... obscurantisme et fanatisme...

#1022

Message par PhD Smith » 06 janv. 2021, 09:56

On en a parlé dans le journal de 12 h 30 sur France-Culture.

Un truc dans l'infographie * "Des contestations des repas de Noël, des arbres de Noël ou des galettes des rois au nom de leur caractère chrétien" m'a amusé sur l'hypocrisie religieuse. Et à Abu Dabhi, en 2010, on a installé le plus cher sapin de Noël du monde :lol: :
Image
Le libre penseur a écrit : Il est des fêtes de Noël plus scintillantes que d’autres. A Abou Dhabi, dans les Émirats, l’un des palaces de la ville a par exemple édifié pour ses clients l’arbre de Noël «le plus cher du monde», avec des décorations exceptionnelles, pour une valeur de onze millions de dollars. C’est en tout cas le chiffre qu’a cité lors de l’inauguration Hans Olbertz, directeur général de l’Emirates Palace, qui revendique sept étoiles.

L’arbre de 13 mètres de haut a été installé dans la rotonde de l’hôtel de luxe. Il est décoré avec des arcs d’argent et brille de mille et une lumières. Mais ce qui fait sa valeur, ces sont les bijoux qui le drapent. Au total, 181 pièces en diamant, perles, émeraudes, saphir et autres pierres précieuses y ont été accrochées, a précisé Khalifa Khouri, propriétaire de la bijouterie qui a fourni cette décoration.
«L’arbre coûte environ 10.000 dollars mais les bijoux plus de onze millions, quelque 11,4 ou 11,5 millions de dollars, je pense», a confié Hans Olbertz. «C’est probablement un record», a-t-il ajouté, indiquant avoir l’intention de contacter le Guinness World Record pour l’homologuer.
Un distributeur d’or dans les couloirs

Selon le patron du palace, l’arbre restera en place jusqu’à la fin de l’année. Hans Olbertz ne pense pas qu’il puisse offenser la population musulmane locale : «C’est un pays très libéral». L’Emirates Palace dresse depuis trois ans un arbre de Noël mais, a-t-il expliqué, «cette année on a voulu quelque chose de différent». Ce palace massif, surmonté de dômes et entouré de fontaines, avait proposé en février des séjours de sept jours à un million de dollars avec majordome, voiture de luxe avec chauffeur, et même avion privé pour les déplacements dans les pays de la région.
En mai, l’hôtel avait installé un distributeur d’or, une machine qui permet d’acheter sur le mode automatique des lingots d’or, une première mondiale selon la compagnie allemande Ex Oriente Lux AG, qui est derrière cette nouveauté.
* « Étude Ifop pour Fondation Jean Jaurès et Charlie Hebdo réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 10 au 17 décembre 2020 auprès d’un échantillon de 801 personnes, représentatif des enseignants des 1er et 2e degrés en France métropolitaine.
Dernière modification par PhD Smith le 06 janv. 2021, 10:11, modifié 3 fois.
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Re: Laïcité, esprit critique, construction du futur citoyen, ... obscurantisme et fanatisme...

#1023

Message par Dominique18 » 06 janv. 2021, 10:01

Je suis en retard, alors...
Ce qui donne?

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Re: Laïcité, esprit critique, construction du futur citoyen, ... obscurantisme et fanatisme...

#1024

Message par PhD Smith » 06 janv. 2021, 10:10

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