crimes sataniques

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LePsychoSophe
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Re: crimes sataniques

#51

Message par LePsychoSophe » 02 févr. 2018, 08:55

Cogite Stibon a écrit :
02 févr. 2018, 06:38




Vous avez des exemples ? Le seul dont j'ai entendu parlé, c'est le transfert, dans cette video de Psykocouak. Et, à ce que je comprends, si l'utilité thérapeutique est bien là, la théorie sous-jacente est fausse.
Et sinon, pour pinailler, on ne "prouve" pas scientifiquement un "phénomène". On observe des phénomènes, et on prouve une théorie qui prédit ces phénomènes.

On pourrait parler pour commencer de l'inconscient. Je ne vais pas rentrer dans le débat avoir une notion qui a été créée par Freud ou par les psychanalystes mais toujours est-il que c'est bien les psychanalystes qui diffusent au maximum et qui utilise cette notion comme une base importante tout ce qu'il raconte.
Les sciences cognitives utiliseront le terme d'inconscient cognitif ou de non conscient. C'est quoi la différence? Certains répondre que la différence c'est le contenu de ce qu'on met dedans. Oui mais le contenu souffre des mêmes problèmes...

Parlons par exemple du surmoi. Je prends volontairement des théories les plus répandus afin de faciliter la comparaison. Le surmoi est les moyens de contrôle de nos actes et de nos pensées, bref tout ce qui émane de notre petit cerveau en termes psychologiques. Lorsque l'on a envie de hurler comme un poney parce que notre patron nous enlève la taxe de ch'ai pas trop quoi... nous nous retenons et nous devons contrôler qu'il y a en nous pour exprimer quelque chose qui sera adaptée. En psychologie cognitive, nous appelons cela l'inhibition. Les processus d'inhibition sont évalués scientifiquement et théorisés de la même sorte par des vrais scientifiques.
La notion du ça va faire référence en partie à des besoins archaïques (dont la plupart sont inconscients) qui tournent souvent autour du sexuel. Lorsque vous avez des lésions cérébrales certains endroits du lobe frontal, vous allez retrouver une impossibilité à inhiber des pulsions archaïques qui sont souvent d'ordre sexuel, alimentaire et on n'en revient au fameux stade de développement de l'enfant et aux pulsions. La neuropsychologie est une science pour de vrai va faire état des lieux de la même façon puisque il y a beaucoup de patients avec des lésions cérébrales qui n'ont plus vraiment de surmoi (inhibition) et qui se mettent à avoir des comportements hyper sexuels, desadaptations sociales (sexuelles notamment), hyperphagie... ce qui montre que si l'on prend le point de vue de la neuroscience nous avons telle terminologie et que si nous prenons le point de vue de la psychanalyse nous avons telle terminologie... mais au final on parle du même phénomène. Que ce soit un problème psychiatrique ou neurologique, c'est la même chose... mais pas pour les mêmes causes.

Il y a énormément de ponts à faire...
LePsychoSophe a écrit :
02 févr. 2018, 06:08
Le problème c'est que les guerres de chapelles font que les psychologues non psychanalystes utilise un jargon et une terminologie différente pour parler de phénomènes se ressemblant mais voulant garder le bébé pour eux-mêmes refuse d'avouer cette réalité.
Ca se limite au vocabulaire, ou le modèle sous-jacent et ses prédictions diffère aussi ?
Question vague et large.

Prenons la dépression par exemple. Les psychanalystes vont parlé d'absence d'investissement libidinal d'objet... ou d'impossibilité.
D'autres psychologues parleront de perte de motivation, perte d'élan vital, manque d'initiation...

Pour la psychopathie par exemple: le psychologue neuro scientifique va évoquer le manque d'empathie car les structures limbiques et préfrontal gérant le ressenti de l'autre ne s'active pas à l'imagerie lors des évaluations laboratoire.
Le psychanalyste parlera d'impossibilité à lier les affectes autrement que narcissiquement c'est-à-dire qu'il ne peut pas ressentir d'émotions autrement que pour lui-même.

Dans la perversion, on aura ressenti d'émotion de l'autre mais on fera prédominer son ressenti et on adaptera au niveau de ses croyances à fin de ce faire croire à soi-même que la victime était elle aussi dans un ressenti agréable face à l'horreur qu'il a commise. Ça c'est une théorie psychanalytique qui est plus vieille que les découvertes en psychologie ou en neurologie sur la question.
En psychologie cognitive nous allons à peu près dire la même chose c'est juste des termes qui diffèrent. Le pervers est également une personne qui a des biais cognitifs lui permettant de déformer la réalité de l'autre pour convenir à ses besoins propres. La réalité du pervers et quelque part délirante au sens où il interprète la réalité qu'il perçoit à ses fins propres. Contrairement au psychopathe, il est capable d'un lien à l'autre par le ressenti émotionnel qu'il se construit de façon à répondre à des besoins égocentriques.

La mécanique interne et donc finalement décrite de la même façon. La seule différence est que les psychanalystes n'ont pas eu besoin de la science au sens strict pour prouver leur théorie. Les neuroscientifique sont allés sonder le mental avec des imageries et avec des tests psychologiques en laboratoire.

Il y aurait beaucoup d'exemples à fournir pour coordonner des disciplines différentes et j'espère trouver le temps et la force de venir en présenter d'autres.

Il y a également sur un plan plus thérapeutique, la guérison du stress post-traumatique.
Vous avez d'un côté les protocoles EMDR et TCC qui explique la résolution du problème par la confrontation à l'acte traumatique de façon répétée jusqu'à éteindre la réaction émotionnelle. Et il est vrai que les études scientifiques là-dessus sont assez claires: ça marche plutôt pas mal est le modèle théorique sous-jacent est plutôt d'ordre neurobiologique.

De notre côté nous avons la théorie psychanalytique, qui s'accapare ces résultats de façon à "valider" la théorie de la verbalisation et donc de la mentalisation de phénomène inconscient qui permettront de soulager le patient. Pour eux, il est logique que l'EMDR (d'ailleurs beaucoup de psychanalystes s'y sont formés) et la TCC fonctionne pour le stress post-traumatique car effectivement lors des séances nous demandons aux patients de raconter (de mettre en mots) ce qu'il s'est passé pour eux... lorsque les gens prennent la parole de façon libre dans un cadre de confiance, il révèle davantage de détails et s'implique beaucoup plus psychologiquement au niveau de la reviviscence du trauma. Il parle beaucoup plus de ce qu'il s'est passé, car on leur demande les détails et le ressenti de l'expérience (l'un allant avec l'autre). Le fait d'amener la personne à parler de son traumatisme va l'obliger à mentaliser, c'est-à-dire faire revenir dans sa conscience des images, des scènes, des émotions... qu'il va passer par les mots en exprimant thérapeute. Le fait de parler oblige à structurer sa pensée et a ramené de son inconscient (mémoire à long terme) les éléments et à les mettre dans l'ordre pour un tout cohérent qui sera au plus proche de ce qui a été vécu.
Le fait de parler est une activité psychologique qui inclut énormément de processus mentaux. Pour les psychanalystes, ce phénomène de liaison, comme si le patient était en train de tricoter un pull avec une pelote de laine désorganisée dans sa tête, va lui permettre de faire échapper les affectes de ses représentations. En quelque sorte ils déchargent les émotions qui n'ont pas été traitées sur le moment. Ce qui permet après coup, de garder le minimum de ressenti en lien avec le souvenir traumatique. Les gens se rappellent du traumatisme comme il pourrait se rappeler de n'importe quel souvenir.

Lorsqu'on est sur le divan, on ressent bien cette décharge d'émotion lorsque l'on évoque certaines choses... mais décharger les émotions qui se sont emmagasinées de travers peut prendre du temps.

Nous avons donc d'un côté des théories qui se basent sur la décharge émotionnelle pure, ce qu'on appelle l'habituation.
De notre côté nous avons un phénomène plus intellectuel car plus verbal finalement.
De mon point de vue il s'agit exactement la même chose, certains regardent au niveau émotionnel et d'autre niveau du langage.

Néanmoins ce que l'on peut reprocher à la psychanalyse, c'est la méthode visant à laisser libre cours totale aux patients. J'imagine bien qu'il peut résoudre son traumatisme, mais si l'on attend qu'il le fasse de lui-même sur le divan, on peut attendre toute une vie.
Là où l'EMDR et la TCC sont intéressantes, c'est que le patient est guidé pas à pas et que certains parlent de psychanalyse accélérée ce qui selon moi correspond tout à fait à la réalité. Peu importe le modèle théorique, on pourrait tout à fait lier les deux même si la question du langage propre à la psychanalyse et peut-être plus difficile à prouver scientifiquement. Moi j'ai la conviction qu'il faut simplement attendre pour avoir des résultats scientifiques probants.
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Re: crimes sataniques

#52

Message par Cogite Stibon » 02 févr. 2018, 09:13

LePsychoSophe a écrit :
02 févr. 2018, 08:55
Les sciences cognitives utiliseront le terme d'inconscient cognitif ou de non conscient. C'est quoi la différence? Certains répondre que la différence c'est le contenu de ce qu'on met dedans. Oui mais le contenu souffre des mêmes problèmes...
Qui sont ?
LePsychoSophe a écrit :
02 févr. 2018, 08:55
Parlons par exemple du surmoi. Je prends volontairement des théories les plus répandus afin de faciliter la comparaison. Le surmoi est les moyens de contrôle de nos actes et de nos pensées, bref tout ce qui émane de notre petit cerveau en termes psychologiques. Lorsque l'on a envie de hurler comme un poney parce que notre patron nous enlève la taxe de ch'ai pas trop quoi... nous nous retenons et nous devons contrôler qu'il y a en nous pour exprimer quelque chose qui sera adaptée. En psychologie cognitive, nous appelons cela l'inhibition. Les processus d'inhibition sont évalués scientifiquement et théorisés de la même sorte par des vrais scientifiques.
Les prédictions des modèles "cognitifs" de l'inhibition et "psychanalytiques" du surmoi sont-elles les mêmes ? Ou la ressemblance n'est-elle que superficielle ?
LePsychoSophe a écrit :
02 févr. 2018, 08:55
La notion du ça va faire référence en partie à des besoins archaïques (dont la plupart sont inconscients) qui tournent souvent autour du sexuel. Lorsque vous avez des lésions cérébrales certains endroits du lobe frontal, vous allez retrouver une impossibilité à inhiber des pulsions archaïques qui sont souvent d'ordre sexuel, alimentaire et on n'en revient au fameux stade de développement de l'enfant et aux pulsions. La neuropsychologie est une science pour de vrai va faire état des lieux de la même façon puisque il y a beaucoup de patients avec des lésions cérébrales qui n'ont plus vraiment de surmoi (inhibition) et qui se mettent à avoir des comportements hyper sexuels, desadaptations sociales (sexuelles notamment), hyperphagie... ce qui montre que si l'on prend le point de vue de la neuroscience nous avons telle terminologie et que si nous prenons le point de vue de la psychanalyse nous avons telle terminologie... mais au final on parle du même phénomène. Que ce soit un problème psychiatrique ou neurologique, c'est la même chose... mais pas pour les mêmes causes.
Même question
LePsychoSophe a écrit :
02 févr. 2018, 08:55
Il y a énormément de ponts à faire...
Ben soit on fait de la vérification expérimentale de la psychanalise, ce qui est une bonne démarche. Soit on fait du concordisme, qui est de l'onanisme intellectuel.
LePsychoSophe a écrit :
02 févr. 2018, 08:55
Il y a énormément de ponts à faire...
Ca se limite au vocabulaire, ou le modèle sous-jacent et ses prédictions diffère aussi ?
Question vague et large.
[/quote]
Large oui, mais c'est extrêmement précis. C'est la différence dont je parle avant. Bon, je ne vais pas reprendre tous vos exemples qui suivent pour vous poser à chaque fois la même question, un seul me suffira.

Cogite
Pour les échantillons statistiques, comme dans d'autres domaines, il n'y a pas que la taille qui compte.
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Re: crimes sataniques

#53

Message par PhD Smith » 07 févr. 2018, 13:58

LePsychoSophe a écrit :
02 févr. 2018, 05:58
L'auteur du livre est un professeur de psychopathologie clinique lacanien. Cela signifie qu'il comprend le mental de l'être humain essentiellement au travers des théories lacaniennes.
J'ai attendu avant de te répondre et j'ai l'argument pour Lacan. Le fait que Maleval soit lacanien n'invalide pas son livre et les arguments qu'il apporte. C'est ce que dit JMA à la 31 mn de l'épisode n°397 de "scepticisme scientifique" à propos de "scepticisme et anti-féminisme".
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