L'école

Mythes, bouche-à-oreille et ragots populaires : séparons ici le vrai du faux.
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Aéroplaneur
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#1

Message par Aéroplaneur » 09 nov. 2007, 02:34

Un article dans La Presse d’aujourd’hui expliquait que le français, à travers la francophonie, n’est pas plus détérioré qu’avant (alors que la tendance générale est d’affirmer que la situation se dégrade).

Un test de français qui avait été passé dans les années 1860 (je crois) par des enfants français et été repassé dernièrement par des enfants français d’aujourd’hui, de même conditions socio-économiques que leurs ancêtres.

Les résultats des enfants d’aujourd’hui étaient similaires à ceux d’autrefois. Même les fautes avaient tendance à être les mêmes.

En réalité, l’auteur explique que le français est beaucoup mieux écrit qu’avant par une grande partie de la population. La raison en est simple : la proportion de gens ayant accès à la scolarité est beaucoup plus grande qu’il y a 150 ans.

Du même coup, l’auteur défait un autre mythe, à mon avis : celui des décrocheurs scolaires. Contrairement à la croyance populaire, beaucoup plus de gens obtiennent un diplôme de secondaire V aujourd’hui qu’il y a 100 ans, voir juste 50 ans.
Napoléon à Laplace :
– Laplace, votre travail est excellent mais il n'y a pas de trace de Dieu dans votre système.
– Sire, je n'ai pas eu besoin de cette hypothèse.

Zwielicht
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Re: L'école

#2

Message par Zwielicht » 09 nov. 2007, 14:02

Aéroplaneur a écrit :Un article dans La Presse d’aujourd’hui expliquait que le français, à travers la francophonie, n’est pas plus détérioré qu’avant (alors que la tendance générale est d’affirmer que la situation se dégrade).
Ce n'est pas un article, mais une lettre d'opinion.
Aéroplaneur a écrit :En réalité, l’auteur explique que le français est beaucoup mieux écrit qu’avant par une grande partie de la population. La raison en est simple : la proportion de gens ayant accès à la scolarité est beaucoup plus grande qu’il y a 150 ans.
Voilà, les auteurs disent qu'on est mieux qu'avant, car même si beaucoup de gens écrivent mal, au moins ils savent (peuvent) écrire. C'est une façon singulière de voir les choses. Moi je constate que mon père, qui a une 9e année, écrit beaucoup mieux que bien des cégepiens actuels. Peut-être que c'est anecdotique, je ne veux rien en conclure.

Mais la question se pose : doit-on mesurer la qualité du français seulement à la quantité de personnes qui peuvent l'écrire? Poser la question est y répondre : Non. Qualité n'est pas quantité. Beau sophisme, toutefois.
Aéroplaneur a écrit :Du même coup, l’auteur défait un autre mythe, à mon avis : celui des décrocheurs scolaires. Contrairement à la croyance populaire, beaucoup plus de gens obtiennent un diplôme de secondaire V aujourd’hui qu’il y a 100 ans, voir juste 50 ans.
Ce n'était pas un mythe, que je sache. J'ai toujours eu l'impression qu'il y avait plus de décrocheurs en 1950 et en 1900 qu'aujourd'hui! En fait, tout le monde sait qu'à l'époque, surtout au Québec, le travail (manuel) était plus important que les études. Il fallait quitter les études assez rapidement afin de contribuer à pourvoir aux besoins des grosses familles, en prenant un emploi. À moins d'être un génie, ou d'être un brin feluette.

Mais aujourd'hui, beaucoup employeurs exigent un secondaire V, et l'éducation aux adultes (accessible dès 16 ans) permet d'obtenir un D.E.S. relativement facilement. L'éducation obligatoire est un concept plutôt récent, aussi.

Quand mon grand-père a réalisé que j'étais encore aux études à 18 ans, il m'a demandé si je voulais faire curé ou docteur. Ça résume la mentalité.

Bref, c'est une lettre d'opinion qui m'apparaît plutôt médiocre.
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Re: L'école

#3

Message par Aéroplaneur » 10 nov. 2007, 12:03

Bon matin Zwielicht !

Merci de préciser que c'est une lettre d'opinion, en effet. La nuance est importante.

Je suis heureux de savoir que votre père, malgré une faible scolarisation, écrit bien. Ce n'est pas le cas de mon propre père, qui lui (avec aussi une 9e année) écrit assez mal. Quand à mon grand-père (Dieu ait son âme), avec sa 3e année primaire, il était quasiment analphabète (ce qui ne l'a pas empêché de développer sa propre entreprise et de devenir relativement prospère).

Mais, bon comme vous dites, cela est peut-être anecdotique.

J'ai travaillé, en début de carrière (les années 90), comme intervenant auprès des décrocheurs scolaires. L'impression que j'avais alors, l'idée qui était véhiculée, c'était que la situation était quasiment catastrophique, que le taux de décrochage (chez les garçons en particulier) allait avoir des impacts négatifs sur notre société.

Je croyais en mon travail, mais j'avais aussi l'impression que bien des intervenants ne mettaient pas les choses en perspective, qu'ils oubliaient que si on comparait le taux de décrochage de ce moment là avec ceux des générations précédentes, la situation s'était plutôt améliorée, globalement.

Pour en revenir à la qualité du français, est-ce qu'il vaut mieux la quantité ou la qualité ? À ce niveau, je pense aussi que les jeunes, si on les compare avec des jeunes de même conditions socio-économiques que les jeunes d'il y a un siècle, n'écrivent pas plus mal ou mieux qu'avant, comme le démontre l'étude citée par l'auteur de la lettre d'opinion.

Par contre, ce qui fausse peut-être un peu la donne, c'est que de plus en plus de jeunes se scolarisent. Il y a 150 ans, beaucoup d'entre eux n'auraient même pas atteind le secondaire. Aussi, c'est peut-être ce qui contribue à diminuer la moyenne.

Ainsi, comme vous le dite, jadis, lorsque vous aviez une classe de 12 années, la plupart d'entre eux se dirigeaient vers la médecine, le droit ou le clergé. C'était des individus d'une certaine élite et d'un certain calibre. Ils ne représentaient pas le reste de la population.

Aujourd'hui, la norme minimale est de terminer le secondaire V. Alors, forcément, le calibre ne peut pas être le même que jadis : nous sommes passé de l'élitisme à l'égalité d'accès.
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Re: L'école

#4

Message par Zwielicht » 10 nov. 2007, 12:11

C'est à peu près cela que je pense.

Aussi, le concept de décrochage est en soi plutôt récent, c'est-à-dire qu'il y a ~50 ans, arrêter l'école après sa 9e année n'était pas décrocher, c'était juste normal (dans bon nombre de régions et de classes familiales).
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