zozo ≠ (non-zézé ^ non-zozo) ≠ zézé

Section dédiée aux utilisateurs du forum, nouvellement inscrits, qui souhaitent se présenter.
La présentation des nouveaux membres n'est pas obligatoire.
Répondre
Avatar de l’utilisateur
LionelAubin
Messages : 29
Inscription : 07 juil. 2014, 10:57

zozo ≠ (non-zézé ^ non-zozo) ≠ zézé

#1

Message par LionelAubin » 18 août 2014, 10:13

[ou : «de l'empirique nécessité de formaliser un "post-scepticisme collaboratif"»]

"Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs"

C'est difficile de l'admettre, pourtant ça me saute aux yeux en relisant tout ça à froid : mais oui, "on récolte ce qu'on sème", et malgré ma sincère bonne volonté de départ j'avoue que sur la durée j'ai personnellement eu beaucoup de mal à accepter la "scepti(cé)cité" telle quelle, sans être ouvertement critique de ce qui m'apparait comme un manque évident de nuance, de subtilité ; critique de cette recherche perpétuelle d'une polarisation excessive des points de vue "en 0 ou 1" alors que la vie, l'art, la beauté, les émotions, c'est analogique, continu, réel ! D'ailleurs, toute la magie du langage est là : car par définition, entre tous deux réels a et b -- e.g. 0 et 1 -- il existe une infinité (!) de réels c tels que a < c < b -- e.g. 1/2, 1/3, etc. Faire le choix explicite d'en rejeter l'utilisation dans le dialogue me laisse curieux et perplexe, car l'approximation binaire «ou ça existe et c'est démontré, ou ça n'existe pas» n'a pour moi de sens que dans un absolu abstrait, déconnecté de la réalité présente, idéalement dans un futur hypothétique où on aurait "laissé tourner" la méthode scientifique pendant des "centaines" d'années jusqu'à atteindre la "convergence de l'algorithme" de manière sinon mesurable idéalement, disons au moins indubitablement consensuelle, ce qui n'est clairement pas aujourd'hui le cas : non, certainement pas, pas un siècle à peine après le dernier "saut" majeur de nos connaissances dites "modernes", très riche, avec l'émergence principalement de la théorie de l'évolution, de la relativité et de la mécanique quantique, qui ont bouleversé la pensée scientifique héritée du XIXème siècle ; "saut" dont une grande majorité de nos concitoyens, d'où qu'on soit, n'a encore au mieux qu'une conscience vague, approximative voire, au pire, une ignorance complète pour encore considèrer le monde comme un ensemble de "briques" dont chacune est comme un "système solaire" en miniature ainsi que l'enseignaient les manuels scolaires jusqu'à (au moins) la fin du XXème siècle*.

D'où le "retour de bâton", très logique finalement, qui vient d'avoir lieu alors que je cherchais justement à l'éviter en préférant maintenir la cordialité de l'échange --mais c'est tout ou en grande partie de ma faute je l'admets volontiers !-- et avec lequel je suis en train de composer ce changement de cap. Je prends ainsi acte des retours négatifs à mon sujet spécifiquement et non en rapport avec la discussion d'origine. D'une part pour tenter de satisfaire le besoin d'exprimer et faire comprendre "dans les coins" mon point de vue, loin des faciles stéréotypes "de groupe", loin des luttes rhétoriques stériles et sans fin. D'autre part, pour arriver à retrouver le sens de mon intuition initiale qu'il faut savoir laisser chacun libre de son point de vue, l'intuition que c'est vain, pour ne pas dire stupide, de faire autre chose que composer avec qui est l'autre dans sa spécifité, dans son entièreté, dès lors qu'il consent à faire de même avec soi. Par curiosité. Pour l'échange. Parce que l'humain est décidément une drôle de bestiole dont il est juste impossible de réduire la population à deux catégories uniquement.

D'où aussi le titre de la présente "performance", dont je laisse "l'audience" complètement libre de sa réaction car tout cela aura eu lieu longtemps avant qu'ils y assistent : je suis loin de me reconnaître dans la croyance traditionnelle "aveugle" qui fait inévitablement imploser toute possibilité de débat rationnel ; pour autant je suis d'avis que l'histoire des sciences depuis la Grèce antique montre qu'il est important de conserver (au moins) un état intermédiaire entre "c'est vrai" et "c'est faux", plutôt que de rejeter intégralement toute hypothèse actuellement "non consensuelle" au sein de la communauté scientifique. Et en même temps, je trouve ça très sain de laisser s'exprimer intégralement tout doute, vis à vis de quoi que ce soit ! Seulement il faut accepter ensuite de "déraciner" ce doute, le cas échéant, en reconnaissant son affinité de nature avec la croyance, avec la subjectivité, et ce malgré la stricte scientificité de son objet : attitude qu'il me vient, au moment d'écrire ces mots, comme première tentative de définition d'un "post-scepticisme", un scepticisme "éclairé"**, à trois états au moins --vrai, faux, "ni vrai ni faux à l'heure actuelle"-- qui fait la part belle à l'échange entre "cultures" scientifique et "profane" (sacrée !), à l'enrichissement réciproque, non au clivage et à l'affrontement quasiment "clanique", "tribal".

Pour conclure il est vrai, et c'est là je pense un point de vue qui n'a pas souvent été exprimé sur ce forum, que la réaction "épidermique" du groupe "zézé", dont il est si désagréable de faire les frais, semble à ma grande surprise une action passive, de défense, provoquée, plutôt qu'active, revendicative : j'invite donc tout un chacun du "zozo" (resp. "zézé") le plus auto-proclamé au "non-zézé" (resp. "non-zozo") le moins étiquetable, à faire part de leur expérience personnelle sur ce sujet, que ce soit pour en attester, en toute honnêteté, ou bien preuves à l'appui contredire cela et ainsi "élargir le débat". Pour ma part, j'ai déjà lar-ge-ment explosé mon "quota" d'expression sur le sujet, je pense donc rester silencieux un long moment pour observer et prendre encore davantage de recul sur la question.

Cordialement.

PS : avant de laisser la parole à qui que ce soit, je ne résiste pas à un petit exemple indicatif rapide de "taxonomie" possible des futurs contributeurs à cette enfilade et d'ailleurs au reste du forum :
  • zozo : croyant qui ne cherche pas le dialogue mais l'affrontement, dans le but de s'auto-glorifier en affirmant la supériorité stricte de ses propres opinions personnelles sur celles des autres
  • non-zozo : croyant ouvert à l'échange avec les autres, soucieux de partager et de se cultiver sans pour autant être prêt à remettre en question ses références "culturelles" qu'il place indubitablement "au dessus", "à part" de celles des autres
  • zaza : ni croyant ni sceptique, mi-croyant mi-sceptique, "vieux sage", "ancien", pour qui toute "sagesse populaire" est d'abord potentiellement un réservoir heuristique de bien-être, qu'il ne faut pas refuser de faire explorer à la méthode scientifique qui n'a à ce jour qu'à peine commencé à le vider
  • non-zézé : sceptique curieux et ouvert aux "vérités intuitives" d'origine autre que la stricte méthode scientifique, incapable cependant de "s'extraire du système" des connaissances scientifiques modernes pour explorer par lui-même, de première main, ce qui n'y est ni n'y sera probablement jamais répertorié
  • zézé : sceptique qui ne doute pas de ses opinions personnelles déjà bien tranchées mais qui, par dogmatisme** et/ou maladresse de ses interlocuteurs, refuse tout début de possibilité d'hypothèse de remise en question de ses propres valeurs

* : Apparemment, les choses vont heureusement dans le bon sens au moins de ce côté-là :

Image

** : Je cite, un peu prématurément certes vu ce que j'en ai lu, mais juste pour marquer le début d'un nécessaire "état de l'art" sur le sujet qui va probablement être pour moi d'un redoutable intérêt :
Dans «[i][url=http://sif2013.org/encontros/17/trabalhos/2013%20-%20fr%20-%20Texte%20S.%20Charles%20(francais).pdf]Le scepticisme des Lumières entre pyrrhonisme raisonnable et scepticisme radical[/url][/i]», [url=http://www.usherbrooke.ca/philosophie/nous-joindre/personnel-enseignant/charles-sebastien/]Sébastien Charles[/url] a écrit :Le sceptique moderne n’est plus en quête de vérité comme pouvait encore l’être le zététique de l’Antiquité, son scepticisme n’est pas un acte de doute mais de refus, dogmatisme qui est contradictoire avec le scepticisme qu’il prétend professer.
Dans [i][url=http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/phlou_0035-3841_1949_num_47_16_4214]Le rôle du théorème de Gödel dans le développement de la théorie de la démonstration[/url][/i], p.486, [url=http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Ladri%C3%A8re]Jean Ladrière[/url] a écrit :
Toute formule appartenant à un système n'est pas nécessairement déductible des axiomes de ce système.

On aurait pu s'attendre cependant à ce que l'on ait l'alternative suivante : étant donné une formule constructible dans un système, ou bien elle y est déductible, ou bien, si elle ne l'est pas, sa négation y est déductible.

Or Gödel montre que l'on peut construire des formules qui sont indécidables, c'est-à-dire qui ne sont pas déductibles et dont la négation n'est pas déductible non plus dans le système considéré.

Damien26
Messages : 1015
Inscription : 17 déc. 2007, 08:00

Re: zozo ≠ (non-zézé ^ non-zozo) ≠ zézé

#2

Message par Damien26 » 18 août 2014, 10:41

LionelAubin a écrit :[...]je pense donc rester silencieux un long moment pour observer et prendre encore davantage de recul sur la question.[...]
Ouf je n'aurais donc plus le risque de perdre mon temps à lire des longs pavés "postmodernistes". Vos redéfinitions mélioratives et péjoratives de "zozo" et "zézé" sont assez ridicules.
Adieu

Avatar de l’utilisateur
BeetleJuice
Messages : 6567
Inscription : 22 oct. 2008, 16:38

Re: zozo ≠ (non-zézé ^ non-zozo) ≠ zézé

#3

Message par BeetleJuice » 18 août 2014, 17:05

En gros, c'est un indigeste pavé pour, comme plein d'autres avant vous, venir chouiner sur le fait que certains membres du forum, parce qu'ils ont des critères d'évaluation qui disqualifient ce en quoi vous croyez, refusent d'y adhérer.

Comme beaucoup d'autre, vous préférez tenter de casser le thermomètre plutôt que d'admettre que c'était une mauvaise idée de sortir nu dans la neige.

Ca ne valait pas la peine de faire un tel discours, au final, un petit "vous êtes qu'une bande de fermé d'esprit" aurait suffit à porter le même message, sans tenter d'enfumer le lectorat avec de la rhétorique masquant un bel homme de paille.
This is our faith and this is what distinguishes us from those who do not share our faith.

(John Flemming, Évêque irlandais, 3ème dan de tautologie, ceinture noire de truisme, champion des lapalissades anti-avortement.)

Mireille

Re: zozo ≠ (non-zézé ^ non-zozo) ≠ zézé

#4

Message par Mireille » 18 août 2014, 17:54

LionelAubin a écrit :PS : avant de laisser la parole à qui que ce soit, je ne résiste pas à un petit exemple indicatif rapide de "taxonomie" possible des futurs contributeurs à cette enfilade et d'ailleurs au reste du forum :

zozo : croyant qui ne cherche pas le dialogue mais l'affrontement, dans le but de s'auto-glorifier en affirmant la supériorité stricte de ses propres opinions personnelles sur celles des autres
non-zozo : croyant ouvert à l'échange avec les autres, soucieux de partager et de se cultiver sans pour autant être prêt à remettre en question ses références "culturelles" qu'il place indubitablement "au dessus", "à part" de celles des autres
zaza : ni croyant ni sceptique, mi-croyant mi-sceptique, "vieux sage", "ancien", pour qui toute "sagesse populaire" est d'abord potentiellement un réservoir heuristique de bien-être, qu'il ne faut pas refuser de faire explorer à la méthode scientifique qui n'a à ce jour qu'à peine commencé à le vider
non-zézé : sceptique curieux et ouvert aux "vérités intuitives" d'origine autre que la stricte méthode scientifique, incapable cependant de "s'extraire du système" des connaissances scientifiques modernes pour explorer par lui-même, de première main, ce qui n'y est ni n'y sera probablement jamais répertorié
zézé : sceptique qui ne doute pas de ses opinions personnelles déjà bien tranchées mais qui, par dogmatisme** et/ou maladresse de ses interlocuteurs, refuse tout début de possibilité d'hypothèse de remise en question de ses propres valeurs
Vous avez oublié une catégorie : les Zoés, Lionel : https://www.youtube.com/watch?v=JAQRWmAcmW4 Ici personne ne m'a laissé tomber, et pourtant...

Jean-Francois
Modérateur
Modérateur
Messages : 21796
Inscription : 03 sept. 2003, 02:39

Re: zozo ≠ (non-zézé ^ non-zozo) ≠ zézé

#5

Message par Jean-Francois » 19 août 2014, 06:03

LionelAubin a écrit :j'avoue que sur la durée j'ai personnellement eu beaucoup de mal à accepter la "scepti(cé)cité" telle quelle, sans être ouvertement critique de ce qui m'apparait comme un manque évident de nuance, de subtilité ; critique de cette recherche perpétuelle d'une polarisation excessive des points de vue "en 0 ou 1" alors que la vie, l'art, la beauté, les émotions, c'est analogique, continu, réel !
Je ne comprends pas la logique qui sous-tend votre réflexion. Vous amenez un exemple scientifique que nous considérons comme de la très mauvaise science, et on dit pourquoi, mais vous nous reprochez de ne pas faire dans la subtilité artistique. Sauf que la science n'est pas de l'art/beauté/émotions.

Faudrait quoi pour vous plaire, qu'on admette que la "mémoire de l'eau" est possiblement potentiellement vraie même si on ne voit aucune raison sérieuse que ce soit le cas? Comme le signale Beetlejuice, si notre réaction sceptique vous heurte, c'est en grande partie parce que nous ne reconnaissons pas quelque chose auquel vous accordez subjectivement du crédit car elle s'insère dans un système de pensée plus large (i.e., des croyances qui englobent l'homéopathie).

Vous vous réclamiez de l'objectivité mais votre message défend pas mal qu'il faut accorder beaucoup d'importance à la subjectivité.
Faire le choix explicite d'en rejeter l'utilisation dans le dialogue me laisse curieux et perplexe, car l'approximation binaire «ou ça existe et c'est démontré, ou ça n'existe pas»
À mon avis, votre perplexité est à modulation variable. Pour laisser de côté mon exemple de la dette, vous ne verriez certainement aucun problème à rejeter des idées comme celle du "dragon dans le garage", que vous trouveriez comme non-étayées. L’"approximation binaire", elle peut quand même être bien utile pour ne pas prendre des vessies pour des lanternes.

Car l'absence de preuve est indéniablement la preuve de l'absence dans l'état des connaissances actuelles. Et c'est particulièrement vrai dans le cas de la mémoire de l'eau version numérisable, thèse qui va à l'encontre de pas mal de principes scientifiques bien établis. En ceci, le problème n'est pas vraiment qu'elle soit "non consensuelle", c'est surtout qu'elle est peu rationnelle en regard de ce qui est connu et bien démontré.

Moi, ce qui me rend perplexe dans ce que vous dites c'est: comment pouvez-vous trier les idées vraies des fausses si vous acceptez tout à priori? Parce que se maintenir dans un état d'indécision constant ("un état intermédiaire entre "c'est vrai" et "c'est faux") me semble demander qu'on passe pas mal plus de temps à tenter de préserver cet d'équilibre que d'envisager la véracité/fausseté des idées en question. Et qu'est-ce qui permet d'en arriver à une éventuelle prise une position: par exemple, lorsque vous dites accepter l'évolution comment pouvez-vous triez les "alternatives" comme le créationnisme-qui-se-veut-scientifique? Et si c'est en vous vous tenant aux faits connus, pourquoi cela vous choque-t-il qu'on fasse la même chose dans le cas de la mémoire de l'eau?

Sur le plan scientifique, votre relativisme "conciliant" est une foutue perte de temps. Tenir compte de toutes les idées, sous le prétexte qu'elles pourraient éventuellement être vraies si elles sont émises, ne permet pas de structurer des théories bien solides. Cela ne veut pas dire de tout rejeter mais de ne pas considérer vrai ce qui n'est que simplement émis.
non, certainement pas, pas un siècle à peine après le dernier "saut" majeur de nos connaissances dites "modernes", très riche, avec l'émergence principalement de la théorie de l'évolution, de la relativité et de la mécanique quantique, qui ont bouleversé la pensée scientifique héritée du XIXème siècle
Ces avancées reposent toutes sur l'idée que les faits soient objectivement vérifiés et doivent solidement appuyer les thèses pour que ces dernières acquièrent le statut de théories.
Par curiosité. Pour l'échange. Parce que l'humain est décidément une drôle de bestiole dont il est juste impossible de réduire la population à deux catégories uniquement
Vous sur-réagissez, là. Parce que, sauf dans des cas bien précis, personne ne se qualifie comme 100% zozo ou 100% zézé et nous en sommes parfaitement conscients. Par certaines idées quelqu'un peut être plus "zozo" et par d'autres plus "zézé". Par contre, quelqu'un qui est capable de raisonner sera certainement plus du côté zézé même s'il défend des idées zozoes. Mais, au final, la catégorisation est loin d'être stricte.

Jean-François
“The more implausible the hypothesis — telepathy, aliens, homeopathy — the greater the chance that an exciting finding is a false alarm, no matter what the P value is.” (Nuzzo R (2014) Nature 506:150)

Avatar de l’utilisateur
Cogite Stibon
Messages : 3135
Inscription : 16 févr. 2012, 08:19
Localisation : Vulcain

Re: zozo ≠ (non-zézé ^ non-zozo) ≠ zézé

#6

Message par Cogite Stibon » 19 août 2014, 06:10

Il n'y a plus qu'à ajouter les zizi, et ça aura tout d'une Lacanerie...
Pour les échantillons statistiques, comme dans d'autres domaines, il n'y a pas que la taille qui compte.
Raisonner a l'instinct sur des problemes de probabilites, c'est le desastre assuré. (Spin Up)
Une graphe sans échelle, c'est bon pour la poubelle

Avatar de l’utilisateur
NEMROD34
Messages : 4540
Inscription : 21 mars 2008, 10:45

Re: zozo ≠ (non-zézé ^ non-zozo) ≠ zézé

#7

Message par NEMROD34 » 19 août 2014, 13:41

NEMROD34 S.A.R.L de démolition minutieuse de foutaises.
Siret : 123456789
Capital 3 millions de brouzoufs
Certifié sans chat.

Militant du: " MITCH S'en Fout "= Milite pour Images, Trucs à la Con, Humour, Sur le Forum.

Avatar de l’utilisateur
spin-up
Modérateur
Modérateur
Messages : 4278
Inscription : 23 févr. 2012, 07:01

Re: zozo ≠ (non-zézé ^ non-zozo) ≠ zézé

#8

Message par spin-up » 20 août 2014, 05:00

Beetlejuice, comme souvent, formule mes pensées mieux que je l'aurais fait.
LionelAubin a écrit :non, certainement pas, pas un siècle à peine après le dernier "saut" majeur de nos connaissances dites "modernes", très riche, avec l'émergence principalement de la théorie de l'évolution, de la relativité et de la mécanique quantique, qui ont bouleversé la pensée scientifique héritée du XIXème siècle ; "saut" dont une grande majorité de nos concitoyens, d'où qu'on soit, n'a encore au mieux qu'une conscience vague, approximative voire, au pire, une ignorance complète pour encore considèrer le monde comme un ensemble de "briques" dont chacune est comme un "système solaire" en miniature ainsi que l'enseignaient les manuels scolaires jusqu'à (au moins) la fin du XXème siècle*.

[...]
[*]non-zézé : sceptique curieux et ouvert aux "vérités intuitives" d'origine autre que la stricte méthode scientifique, incapable cependant de "s'extraire du système" des connaissances scientifiques modernes pour explorer par lui-même, de première main, ce qui n'y est ni n'y sera probablement jamais répertorié
C'est vraiment un cas typique de comportement pretentieux causé par l'ignorance et (mal) masqué par une rethorique qui tente de le faire passer pour neutre, objectif et ouvert d'esprit.
On retrouve la croyance tres zozo que les grandes decouvertes scientifiques ne peuvent se faire qu'en "sortant du systeme scientifique", le fameux "think out of the box", et donc interprété completement a tort comme la necessité de mettre de coté la methode scientifique.
Hors ces 3 exemples ( la theorie de l'evolution, la relativité, et la mecanique quantique) sont nés de l'application de la methode scientifique (observation, modelisation, confrontation avec le reel, raffinement, etc..).

Quant a l'enseignement des differents types de modèles atomiques a l'ecole, c'est encore une marque d'ignorance pretentieuse, LionelAubin doit imaginer que les profs de sciences des annees 1990 ne connaissaient pas la physique quantique.... LionelAubin se vante de connaitre l'existence de la mecanique quantique, mais qu'est il capable de faire de ces connaissances? Connait il seulement en detail le modèle de Bohr, son champ d'application et ses limites?

Florence
Messages : 9504
Inscription : 03 sept. 2003, 02:48
Localisation : Directement au dessus du centre de la Terre

Re: zozo ≠ (non-zézé ^ non-zozo) ≠ zézé

#9

Message par Florence » 20 août 2014, 05:23

LionelAubin a écrit :

PS : avant de laisser la parole à qui que ce soit, je ne résiste pas à ...
"exposer la méthode qui me permet de me croire supérieur à mes éventuels contradicteurs, à savoir prétendre que je n'appartiens à aucune des catégories critiquables que j'ai arbitrairement définies selon mon bon plaisir." :mrgreen:


Quant au reste de votre insipide pavé, il se résume à la fameuse complainte "Vous êtes tous des crétins bornés si vous ne montrez pas une parfaite complaisance envers moi et mes marottes". Elle est bien connue, elle fait partie de la scène II ou III de l'Acte I de la fameuse pièce "Je Veux Jouer au Tennis mais le filet doit être abaissé lorsque JE renvoie la balle"* et a été chantée rien que sur ce forum par, à vue de nez, 38'787 zozos avant vous. :roll:

* tiré de Daniel Dennett, "Darwin's Dangerous Idea".
Je dis lâche et traître celui qui se plaint des fautes d'autrui ou de la puissance de ses ennemis A. de Saint-Exupéry, "Citadelle".
"I do not always enjoy winning an argument. Losing an argument fairly makes you both end up winners."
Le bonheur est un festin de miettes. Jacques Faisant, "Rue Panse Bougre"

Avatar de l’utilisateur
BeetleJuice
Messages : 6567
Inscription : 22 oct. 2008, 16:38

Re: zozo ≠ (non-zézé ^ non-zozo) ≠ zézé

#10

Message par BeetleJuice » 20 août 2014, 06:22

spin-up a écrit :On retrouve la croyance tres zozo que les grandes decouvertes scientifiques ne peuvent se faire qu'en "sortant du systeme scientifique", le fameux "think out of the box", et donc interprété completement a tort comme la necessité de mettre de coté la methode scientifique.
C'est d'autant plus mal interprété que ça dénote une méconnaissance crasse de l'histoire des sciences. Les adeptes de l'idée que le génie ne s'exprime qu'en dehors d'un establishment forcément hostile ont une vision romanesque de la science, faites de quelques héros éclatants, comme autant de saints patrons du progrès.
Ils sont en science à l'image de ceux qui résument la littérature à quelques grands auteurs et l'histoire de leur pays aux grands chefs d'Etat et aux généraux victorieux.

La réalité est évidement différente et un Einstein n'aurait jamais révolutionné la physique sans l'apport de décennies de questionnement scientifiques antérieurs sur les lacunes de la physique classique et sans la cohorte de collègues scientifique qui se sont acharné à mettre sa théorie à l'épreuve de la méthode pour voir si elle tenait la route. Le génie n'est pas qu'une question d'intelligence, c'est aussi une question de contexte et c'est précisément quand l'époque est à la mise en avant de la raison et de l'étude des faits que les génies s'exprime le mieux.

Darwin a connu le succès parce qu'un siècle de travaux d'éminents biologistes le précédaient et avait déjà imposé l'idée qu'une observation rigoureuse de la nature valent mieux pour la connaître que la lecture assidue des canons liturgiques. Pas sûr qu'il aurait eu la chance de même développer sa théorie comme il l'a fait s'il n'était pas né dans l'Angleterre coloniale et impérialiste, principale représentante d'une Europe qui a décidé de faire l'inventaire d'un monde qu'elle s'estime en droit de dominer.
This is our faith and this is what distinguishes us from those who do not share our faith.

(John Flemming, Évêque irlandais, 3ème dan de tautologie, ceinture noire de truisme, champion des lapalissades anti-avortement.)

Avatar de l’utilisateur
eatsalad
Messages : 5204
Inscription : 25 mars 2009, 10:43

Re: zozo ≠ (non-zézé ^ non-zozo) ≠ zézé

#11

Message par eatsalad » 20 août 2014, 06:35

A ce propos, j'ai lu cet article sur le site du cnrs :

Einstein et Poincaré, une affaire de principes

"Dans le milieu international de l’histoire des sciences, on n’a pas attendu l’année 2005 pour associer les noms de Poincaré, et Lorentz !, à celui d’Einstein en tant
qu’« auteurs » de ce parachèvement de l’électromagnétisme qu’est la théorie de la relativité restreinte. Dès les années 60 – et même avant2 – paraissaient dans les revues spécialisées d’histoire des sciences3, des articles qui, en analysant l’origine de la théorie de la relativité restreinte, textes à l’appui, portaient un sérieux coup à l’image d’Épinal du jeune Einstein produisant tout seul, dans son coin, un « travail [qui] semble surgir tout armé » (de son génial cerveau, probablement) et dont « la genèse paraît entourée de mystère4 »."

A lire !
"N’a de conviction que celui qui n’a rien approfondi."

Emil Michel Cioran

Avatar de l’utilisateur
Dash
Messages : 3548
Inscription : 06 mai 2009, 08:40
Localisation : Montréal

Re: zozo ≠ (non-zézé ^ non-zozo) ≠ zézé

#12

Message par Dash » 20 août 2014, 08:41

BeetleJuice a écrit :Les adeptes de l'idée que le génie ne s'exprime qu'en dehors d'un establishment forcément hostile ont une vision romanesque de la science, faites de quelques héros éclatants, comme autant de saints patrons du progrès.
Je confirme, c'est exactement la vision que j'avais plus jeune (avant que je n'm'intéresse et me mette à lire à propos de l'histoire de la philo et des sciences). Faut dire aussi que ceux qui manquent d'instruction (comme ce fut mon cas) tirent leurs « cultures scientifiques » principalement de ce qu'ils voient à la télévision (depuis quelques décennies au moins. Et ne parlons même pas du Net et de tous les sites douteux, depuis quelques années). Combien de films ai-je vus dont le personnage principal découvre quelque chose (invention, crime, complot, pouvoir psy, phénomène paranormal E.T, etc.) tout en faisant face à la « fermeture » et au scepticisme des « institutions officielles » et de ses différents acteurs? Le hic, c'est que c'est pratiquement toujours le personnage principal qui a raison. Bref, à défaut de s'instruire convenablement, ça finit par avoir une influence même si elle est subtile (et que nous savons que ce ne sont que des films et des histoires).
BeetleJuice a écrit :Ils sont en science à l'image de ceux qui résument la littérature à quelques grands auteurs et l'histoire de leur pays aux grands chefs d'Etat et aux généraux victorieux.
Parce que ce ne sont que les faits « frappants » qui « frappent l'imaginaire » et donc, retiennent l'attention. Les détails et les trucs qui ne sortent pas de l'ordinaire sont moins intéressants.
Penser savoir est une chose, savoir penser en est une autre !

Avatar de l’utilisateur
BeetleJuice
Messages : 6567
Inscription : 22 oct. 2008, 16:38

Re: zozo ≠ (non-zézé ^ non-zozo) ≠ zézé

#13

Message par BeetleJuice » 20 août 2014, 09:28

Dans l'absolu, c'est pas particulièrement surprenant, toutes les sociétés humaines se sont révélée, à un moment ou un autre, friande d'exemple à suivre et de héros, ça permet de personnifier un sujet et de provoquer l'empathie.
Le problème, c'est qu'une telle technique ne relève que de la propagande et jamais d'une volonté de véracité et c'est amusant de voir que ceux qui sont les plus prompt à adopter une telle vision du monde sont en général aussi les plus prompt à dénoncer la décadence et l'abrutissement des masses.

Cela dit, je ne crois pas beaucoup à la possibilité de remédier à ça, c'est un réflexe trop profondément ancré dans les habitudes humaines que de chercher des figures héroïques et des mythes, parce que ça permet de justifier son propre point de vue par ce biais, alors que la réalité ne se laisse pas si facilement dompter pour servir de caution.
This is our faith and this is what distinguishes us from those who do not share our faith.

(John Flemming, Évêque irlandais, 3ème dan de tautologie, ceinture noire de truisme, champion des lapalissades anti-avortement.)

Répondre

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit