Le gestionnaire sain et le gestionnaire pathologique

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bee
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Le gestionnaire sain et le gestionnaire pathologique

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Message par bee » 31 mai 2010, 13:37

Le gestionnaire sain et le gestionnaire pathologique
Premier volet
Le gestionnaire et la compétence des autres


Un gestionnaire qui doit soutenir et coordonner un groupe de techniciens ou de professionnels a l'opportunité de croiser des gens intelligents, instruits, expérimentés et compétents. Ceux-ci connaissent souvent mieux leur travail et leurs clients que ne le pourra jamais connaître un gestionnaire. Par ailleurs, un simple principe de statistique veut que plus le nombre de ses employés soit grand, plus le gestionnaire ait de probabilité de rencontrer des personnes aussi intelligentes que lui.

Le gestionnaire sain est conscient de sa valeur personnelle et de sa compétence. Il sait reconnaître l'intelligence et la compétence chez les autres et ne se sent pas menacé par elles. Au contraire, il se félicite d'avoir des personnes de grande valeur dans son équipe. Il tire donc le meilleur parti des ressources que lui offrent ces personnes. Il est à l'écoute de leurs commentaires et ajuste ses décisions de gestion en fonction de l'éclairage qui lui offrent leurs remarques. Il est soucieux de maintenir l'harmonie dans son équipe. Il aplanit les difficultés entre les personnes. Il règle les problèmes de ressources humaines par la conciliation, la diplomatie et les compromis sur la base d'une confiance mutuelle. Il ne fait pas un tapage des erreurs inévitables de ses employés. Il n'utilise les mesures disciplinaires et l'affrontement qu'en dernier recours. Les mesures disciplinaires sont pour lui comme un aveu d'échec lorsque les autres mesures n’ont pas fonctionné.

En contrepartie, les personnes intelligentes et compétentes sont généralement plus heureuses sous la direction d'un gestionnaire sain. Elles se sentent reconnues et donnent le meilleur d'elles-mêmes. Elles sont heureuses de venir travailler. Elles se sentent conjointement responsables du mandat de leur équipe. Elles consacrent leur énergie aux défis de la tache plutôt que de la perdre en affrontements. Elles dissimulent moins leurs difficultés ou leurs erreurs. Elles tombent moins souvent malades. Elles partagent généreusement leurs connaissances avec les autres.

Le gestionnaire pathologique, au contraire, cache souvent une blessure narcissique. Il est incertain de sa valeur et a constamment besoin de confirmations externes pour se réassurer. Il masque ses incertitudes en adoptant une façade de fausse force, de fausse confiance que l'on reconnaît par sa forme caricaturale. Le gestionnaire pathologique se sent menacé par les personnes dont la valeur pourrait lui faire ombrage. Il est autoritaire et inflexible dans ses décisions. Il ne se sent pas interpellé par les remarques constructives de ses employés et s'efforce de les effacer. Plus un de ses employés est intelligent et compétent, plus le gestionnaire pathologique a tendance à vouloir le neutraliser, le dévaloriser, l'écraser. Il se saisit de toutes les opportunités et de toutes les vulnérabilités de ses employés capables pour les prendre en faute et les humilier. Il est prompt à utiliser des mesures disciplinaires et tire grande satisfaction du sentiment de pouvoir que ces mesures lui confirment. Il divise pour régner. Il n'encourage pas le partage des compétences.

En contrepartie, les personnes intelligentes et compétentes sont généralement malheureuses sous la direction d'un gestionnaire pathologique. Elles ne se sentent pas reconnues. Elles devinent parfois que leur compétence est menaçante pour leur patron. Parfois, elles se gardent d'en faire étalage. Parfois, elles acceptent l'affrontement qui leur est imposé. Elles ne sont pas très heureuses de venir travailler et elles tombent souvent malades. Elles gaspillent beaucoup d'énergie à composer avec les symptômes de leur patron, les conflits entre employés ou à esquiver les dangers du terrain miné que le patron a construit autour d'elles. Elles cachent leur difficulté et leurs erreurs car elles savent qu'elles ne seront pas soutenues et que quelqu'un pourrait même les utiliser contre elles.



Qui suis-je comme gestionnaire ?


Si vous n'êtes pas certain du type de gestionnaire que vous êtes, considérez les symptômes de la liste qui suit. Aucun de ces symptômes ne suffit à diagnostiquer chez vous un gestionnaire pathologique, mais, plus il y a de signes, plus vous devriez vous interroger sur votre mode de gestion.


- Ai-je confiance dans la plupart de mes employés?
- Ai-je le sentiment que la plupart de mes employés partagent conjointement avec moi la préoccupation de
remplir notre mandat?
- Si je dois m'absenter pour plusieurs semaines, ai-je le sentiment que mes employés vont poursuivrent le
travail de façon satisfaisante?
- Pour chacun de mes employés, suis-je capable d'identifier une force distinctive qui m'apparaît un atout
pour l'équipe?
- Ai-je déjà reconnu chez un de mes employés une intelligence, une compétence ou d'autres ressources
qui me faisaient défaut?
Si oui, quel sentiment cette constatation a provoqué en moi?
- plaisir
- irritation
- menace
- humiliation
- Combien de fois ai-je ajusté une décision de gestion en fonction d'un commentaire constructif d'un de
mes employés?
- Changer ou ajuster une décision de gestion provoque quel sentiment en moi?
- plaisir
- irritation
- menace
- humiliation
- Combien de fois dans ma carrière ai-je utilisé des mesures disciplinaires contre un employé ? Est-ce
plus que la moyenne des autres gestionnaires de mon établissement?
- Utiliser des mesures disciplinaires provoque ou provoquerait quel sentiment ?:
- satisfaction
- échec
- Ai-je le sentiment que mes employés ont confiance en moi?
- Ai-je le sentiment que mes employés sont heureux de venir travailler?
- Un employé de mon équipe a-t-il obtenu un congé médical pour un trouble psychologique qui pourrait
être lié à son travail?
- Est-ce que la plupart des mes employés ont assez confiance en ma bienveillance pour venir me parler
de leurs difficultés et de leurs erreurs?
- Mes employés semblent-ils heureux de travailler ensemble?
- Mes employés sont-ils heureux de partager leurs connaissances les uns avec les autres?
- Suis-je surtout heureux d'être le patron ou surtout heureux d'être le patron de cette équipe?
- Au cours de 4 dernières semaines, combien de mes employés ai-je félicités pour leur travail ou leur
contribution?
- Mes employés sentent t-ils que je suis heureux de travailler avec eux?

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