Le vide créateur de sens - Informer peut guérir

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LePsychoSophe
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Le vide créateur de sens - Informer peut guérir

#1

Message par LePsychoSophe » 23 mars 2018, 09:15

Tranquillement en train de lire une revue de littérature scientifique sur la psychologie cognitive du délire, je me suis dit qu'il y aurait des informations intéressantes à partager avec vous.

Toutes les personnes appelées ici les zozos, doivent avoir une mécanique psychologique un peu plus emprunt de fonctionnement psychotique sans parler de pathologie, de psychose même de schizophrénie.
En effet les biais cognitifs présents chez les patients schizophrènes existent chez nous mais à des niveaux légers. Je pense que pour les zozos (et je peux en faire parti selon les périodes de ma vie) il y a une mécanique psychotique une peu plus forte que chez les gens plus terre-à-terre.
Il y aurait donc un profil psychologique typique du zozo selon moi. Mais pas un profil psychologique au sens de la personnalité du zozo mais plutôt en termes de biais cognitifs.

Les distorsions cognitives que les auteurs ont repérées sont ce qu'on va appeler les inférences arbitraires (former des conclusions à partir d'une information inadéquate) et de tenir ses conclusions pour plus certaines que ne feraient d'autres personnes (source).

Bien sûr que dans mon raisonnement, j'extrapole les connaissances sur la schizophrénie au fonctionnement psychologique des personnes ayant des croyances n'ayant aucun support réel ou scientifiquement prouvé. Il est évident que pour les zozos il n'y a pas forcément de souffrance et donc de pathologie. La différence est donc à la fois dans l'intensité du phénomène psychologique mais surtout la notion de souffrance et d'équilibre mental.

Ce qui m'intéresse ici ce n'est pas de faire le distinguo entre le normal et le pathologique mais d'avoir une approche dimensionnelle est un continuum entre le normal et le pathologique sans chercher de seuil précis pour éviter d'être pris par un biais de raisonnement binaire.

Tout ça pour dire que les zozos manquent de connaissances et pour faire face aux douleurs de la vie, arrive à créer une sorte de délire culturellement syntone. Je veux dire par là, que le délire de zozos arrive quand même à s'ancrer dans la culture a minima car il peut être partagé avec d'autres personnes et être intelligible pour un minimum de gens composant la société dans laquelle ils vivent. Il peut même y avoir une acceptation au niveau de l'État, prenons par exemple l'efficacité de l'homéopathie qui très bon exemple.

La notion de rationalité est importante pour parler de pathologie (même si c'est surtout la notion de souffrance qui va primer) car des personnes comme Guillemand, Charbonier, Beauregard, Petit, Ransford... ou bien d'autres arrivent à rester ancrés a minima dans la réalité car leurs capacités intellectuelles leur permet de garder une certaine logique et accroche avec d'autres personnes (la réalité étend vue ici comme un partage inter subjectif).

L'étude que j'ai mise en source montrerai que le biais d'inférences arbitraires pourrait expliquer comment les zozos réduisent et simplifient l'information qu'ils ont eue et partent donc avec une très mauvaise base de fait. Cela est encore plus vrai que les notions mêmes sont floues (conscience, quantique, mort, subjectivité...). À partir d'une perception simpliste et partiellement erronée, ils en arrivent à des conclusions biaisées par un raisonnement logique très particulier que nous pourrions même qualifier dysfonctionnelle selon les niveaux). Néanmoins il se peut que ces zozos, en dehors des sujets "mystiques", ont un raisonnement logique d'une excellente qualité. Dans la schizophrénie, l'amendement des capacités cognitives de raisonnement logique les surtout dans le domaine concernant les délires. Et bien sûr pour les plus atteints, cela risque de concerner l'ensemble du raisonnement logique peu importe la formation qui est traitée mais ces cas sont rares.

Si on extrapole les résultats de cette étude, on pourrait imaginer que les zozos quand ils arrivent à leurs conclusions et à leurs croyances en sont plus sûrs et plus certains que les personnes plus terre-à-terre qui peuvent-elles aussi avoir des croyances mais avec un scepticisme un peu plus affinait. Ce niveau d'assurance présents chez les zozos quant à leur croyance (qui parfois peut rester en place malgré les évidences) doit être proportionnel au niveau d'anxiété relatif à leur expérience face à la dure réalité.
Cela crée donc des résistances très fortes et donc je pense qu'il ne faut pas chercher de façon brutale à les en détourner car soit la dissonance cognitive va leur faire énormément de mal, soit ça renforcera encore plus leur opposition.

Pour certains le fait de les informer sur leur fonctionnement psychologique et cérébral leur permettra de donner un autre sens à ce qu'ils perçoivent et ceux qui lisent et cela pourra les apaiser. Car aller chercher du sens de façon de plus en plus éloignés de la réalité et des autres peut être dangereux.
Pour d'autres, donner du sens un peu plus réaliste à leurs phénomènes intérieurs peut les déstabiliser de plusieurs façons, certaines étant plus neutre que d'autres. Cela peut aller de la forte résistance et donc à l'éloignement face à la source qui propose une version plus réelle des choses, soit pour les plus fragiles psychologiquement et si c'est fait de façon brutale, on peut imaginer que cela arrive dans les pires cas jusqu'à une vraie souffrance psychiatrique.
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LePsychoSophe
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Re: Le vide créateur de sens - Informer peut guérir

#2

Message par LePsychoSophe » 23 mars 2018, 09:18

Résumé de l'article en question:
Un modèle multifactoriel de formation et de maintien de l'illusion
incorporant un biais de collecte de données et un style d'attribution, ainsi que d'autres
facteurs (par exemple traitement perceptuel, méta-représentation) est cohérent avec
preuve actuelle. Il est recommandé d'incorporer ces facteurs dans
approches de thérapie cognitive. Cependant, il y a des limites à la recherche existante.
Les études futures devraient incorporer des plans longitudinaux et des études sur les premiers stades, et
ne devrait pas négliger la comorbidité des délires, y compris les processus affectifs, ou
la nature multidimensionnelle des délires.
Le scepticisme scientifique est donc une thérapie cognitive pour zozo, ni plus ni moins.
"ἕν οἶδα ὅτι οὐδὲν οἶδα" Σωκράτης

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