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Victime du régime Feingold

Le régime Feingold peut forcer les enfants à devenir des menteurs, détruire les relations parents-enfants et, en fin de compte, les amener à s'automédiquer parce qu'on leur refuse le traitement approprié pour leur TDA/H. Je le sais parce que j'étais l'un d'eux.

À l'âge de 4 ou 5 ans, j'ai été mis sous méthylphénidate et ça m'a très bien réussi. A 7-8 ans (second grade), on a débattu de la possibilité que je saute une classe parce que j'avais plusieurs années d'avance sur mes camarades en lecture et au moins un an d'avance en mathématiques.

Mais quand j'avais 9 ans, ma mère a vu le Dr Feingold à l'émission Donahue et est devenue instantanément une vraie croyante. Elle a immédiatement arrêté mon traitement au méthylphénidate et m'a mis au régime Feingold, qu'elle a annoncé comme une cure instantanée. Mes notes ont chuté, mais au lieu de chercher la raison la plus logique de tout cela (c'est-à-dire l'arrêt de mon traitement), elle m'a traitée comme si j'étais moralement impure parce que j'avais osé défier sa décision de me guérir. Elle vérifiait avec obsession ce que je mangeais chez des amis, chez des éclaireuses et ailleurs. Elle me punissait si elle découvrait que j'avais mangé quelque chose auquel ce charlatan avait décrété que j'allais réagir. Boire un Pepsi, me valait d'être humiliée et punie. D'autres enfants pensaient que j'étais vraiment bizarre et m'ont rejetée. J'avais quelques amis, surtout d'autres parias. Heureusement, certains parents sont devenus « co-conspirateurs » et m'ont permis de manger librement chez eux.

J'ai fini par être forcée de mentir des dizaines de fois par semaine à mes parents (en niant que j'avais mangé des choses agréables). En conséquence de quoi j'ai été convaincue pendant des années que j'irais en enfer pour avoir violé à plusieurs reprises deux des dix commandements à propos du mensonge et de la désobéissance à ses parents. Il a fallu attendre la fin d'année scolaire de mes 14 ans (eighth grade) pour que mes parents cessent de me forcer à suivre ce régime d'enfer et me permettent de manger ce que je voulais (bien qu'ils me désapprouvaient toujours et me lançaient des regards de rejets quand je mangeais quelque chose avec lequel Feingold n'aurait pas été d'accord).

De mes 9 ans à mes 14 ans, mes notes étaient horribles, parce que je n'arrivais pas à me concentrer sur ce qui était dit. Mon attention se focalisait et s'estompait constamment et je n'arrivais pas à me concentrer sur la moindre phrase. J'entendais une partie d'une phrase, puis j'étais distraite par autre chose. Comment peut-on apprendre l'algèbre, la chimie ou la physique dans ces conditions ? À 15 ans (high school), heureusement, j'ai découvert que les amphétamines me permettaient de me concentrer, et mes notes ont grimpé en flèche. (Ironiquement, la dextroamphétamine est mon traitement de choix, mais je n'ai compris comment elle fonctionnait que beaucoup plus tard). Mon automédication m'a permis d'obtenir mon diplôme très tôt et d'obtenir une mention élogieuse du National Merit Scholar. À l'âge de 19 ans, j'ai cessé de prendre des amphétamines par crainte des poursuites juridiques si je me faisais prendre. Ma concentration s'est détériorée, j'ai abandonné mes études et, pendant plusieurs années, j'ai occupé des emplois comme chauffeur de camion et ouvrière en usine, puis j'ai recommencé à prendre du méthylphénidate et j'ai pu obtenir un diplôme universitaire et terminer mes études de droit. Quand je suis sous méthylphénidate, je n'ai aucune difficulté à me concentrer et à prêter attention au tribunal. En 2003, j'ai suivi un procès d'une semaine extrêmement complexe devant jury, portant pour partie sur l'état mécanique d'un aéronef.

Mes relations avec mes parents restent médiocres. Elles auraient pu être juste mauvaises parce que ma mère a des idées bizarres et que mon père semble considérer que son premier devoir est de la couvrir. Mais du fait de mon expérience avec le régime Feingold et d'être privée des soins médicaux appropriés, mes relations avec eux ne sont pas seulement mauvaises, elles sont épouvantables. Je ne leur pardonnerai jamais de m'avoir forcée à leur raconter des milliers de mensonges à propos de ce que je mangeais et de refuser de reconnaître leur erreur.

Ma mère, qui croit aussi à toutes sortes de foutaises sur la candidose, l'homéopathie, la chiropratique et d'autres pseudo-sciences insiste toujours sur le fait que l'efficacité du régime a été prouvée et que mon échec a été causé par le fait de manger en douce les autres aliments que j'aimais. Elle refuse de prendre en considération les résultats des études en double aveugle. En fait, elle refuse de croire que la méthode scientifique et les études en double aveugle sont le moyen approprié pour tester des hypothèses. Au fil des ans, elle a gaspillé des dizaines de milliers de dollars à passer d'un charlatan à l'autre pour traiter des problèmes imaginaires. Quand elle me rend visite, je ne peux pas faire fonctionner le lave-vaisselle ou la machine à laver, et je dois débrancher les ordinateurs, les horloges électroniques et mon réfrigérateur parce qu'elle croit être hypersensible aux courants électriques.

Mon expérience illustre comment le régime Feingold peut détruire une relation parent-enfant et détruire l'image de soi d'un enfant. (Quel enfant possédant un sens moral se sent à l'aise de dire tous ces mensonges à propos de ce qu'il mange ?) Si je n'avais pas repris le méthylphénidate, j'aurais probablement eu un emploi subalterne. La médecine moderne m'a menée là où je suis maintenant. Je crois que les parents qui refusent un traitement efficace à leurs enfants tda/h devraient être poursuivis pour négligence et se voir retirer leurs enfants...

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L'auteur, qui souhaite garder l'anonymat, est avocate et pratique dans le Midwest aux États-Unis.

 

Traduction en français le 13 avril 2019 par Marion Vankersschaver.

Dernière mise à jour le 14 avril 2019.

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